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 La saga Zenith - La manufacture Zenith à travers le temps - 150 ans d'histoire

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ZEN
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MessageSujet: La saga Zenith - La manufacture Zenith à travers le temps - 150 ans d'histoire    Lun 24 Oct - 21:04






Ici, sur Forumamontres et nulle part ailleurs, retrouvez de novembre 2011 à janvier 2015, 150 sujets sur la manufacture Zenith. 150 thèmes qui ont fait l'histoire de Zenith, une histoire qui s'est écrite jour après jour, comme une saga historique avec des informations inédites sur les créations de la manufacture et des images jamais publiées.

Zenith a sur un siècle et demi noué avec plusieurs générations d'amateurs de belles montres un lien unique qui fait encore palpiter les coeurs.

Nous retrouverons ici ensemble les 150 événements, montres, publicités, faits historiques, inventions, concepts qui ont un a un construit l'histoire de la manufacture Zenith ... Une histoire tissée fil à fil pour une immense toile aussi technique qu'artistique faite de rebondissements et de sursauts.

Pour la première fois, une histoire complète présentée comme un puzzle dont chaque pièce viendra s'emboiter pour nous offrir une image complète de cette manufacture hors du temps.


Pour nous offrir une meilleure lisibilité et un attrait sans cesse renouvelé nous présenterons cette histoire sous forme de sujets sans respect chronologique des épisodes et nous rassemblerons in fine l'ensemble des thèmes en 2015 en respectant cette fois le déroulement chronologique des évènements. Chaque sujet sera précédé de l'année auquel il se rapporte...

Attention ! Ces sujets sont fermés aux échanges et les fils de discussion sont ouverts dans les sujets du forum

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Dernière édition par ZEN le Lun 31 Oct - 9:37, édité 2 fois
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ZEN
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MessageSujet: Episode 1 La genèse de Zenith . L'avant création de la manufacture .    Lun 31 Oct - 8:45

La genèse - L'avant création de la manufacture


Les Billodes en 1807, 58 ans avant l'implantation de la manufacture


Le terrain fertile de l'horlogerie


Le Locle est au début du dix-huitième siècle un village perché à 950 mètres d’altitude, peuplé de paysans qui subissent le climat sévère des hivers sans fin et profitent du temps radieux des étés trop courts. Au Locle, il ne pleut jamais un peu, il ne neige jamais quelques flocons et quand le beau temps arrive, le soleil a vite fait d’échauffer les âmes et les cœurs. Comme dans beaucoup de ces espaces au climat ingrat, les hommes ont pris l’habitude de tourner le dos à la terre quand le temps ne se prête pas à la travailler. Les hommes savent tailler le bois, les femmes excellent dans la dentelle et on maîtrise le travail des métaux précieux. Ces « montagnons » vivent de leurs cultures, de leurs élevages, de la vente du bétail mais aussi de la forge et de l’or qu’ils ont dans les mains. Très religieux, les Loclois du siècle des lumières sont aussi instruits et savent diversifier leurs activités. Leur sens de la famille les pousse à travailler ensemble. L’horlogerie, métier de l’intérieur par excellence et ne craignant pas les affres du climat ne leur pose aucune difficulté. Par intérêt sûrement, par passion aussi, par curiosité encore et parce que dans les montagnes du Jura l’homme ne peut rester inactif plusieurs mois dans l’année quand la terre se refuse à lui, l’horlogerie se développe. On fabrique au Locle comme dans tout l’Arc Jurassien des horloges, des pendules, des montres de poche et des automates. Les mécanismes complexes n’ont pas de secret et le savoir faire se partage de génération en génération du maître à l’élève, du père au fils et parfois de l’horloger au paysan.
En 1760, le Locle ne recense pas moins de 303 horlogers. Ils sont 702 en 1800 et 3053 en 1860. Leur savoir faire est recherché et quand la fabrication des montres passe des maisons des paysans aux ateliers des manufactures naissantes, le savoir faire horloger est déjà entre les mains des ouvriers. Il reste toutefois à adapter le travail aux contraintes de la production en série et de persuader tout un chacun que l’aptitude à travailler dans une logique rationalisation des tâches est un atout et non une régression pour des gens habitués à être leur propre chef.
Voir le jour dans ce berceau horloger conditionne sans nul doute l’avenir. Quand chacun a dans son entourage proche ou immédiat un horloger soit à domicile, soit quelqu’un qui a pris la tête d’un petit atelier de quelques ouvriers, il ne faut pas s’étonner que la passion le gagne et lui donne des ailes pour à son tour embrasser le métier d’horloger.
1843 - Les racines de la passion

Georges Favre est né le 12 décembre 1843, cinq ans avant son unique frère, James - Emile Favre - Fallet. Ils sont les fils de Jules-Louis Favre Bulle né au Locle en 1816, lui-même horloger et d'Albertine Matthey de l'Endroit née à Ponts-de-Martel. Georges n’est pas le premier chaînon d’une dynastie d’horlogers, il vécut dès ses plus jeunes années dans l’univers de l’horlogerie et entouré d’horlogers. Des deux voies qu’il aurait pu emprunter soit dans l’agriculture soit dans l’horlogerie, c’est celle de l’horlogerie qu’il poursuit. C’est sans aucun doute les premières années de son éducation et les pièces de qualité qu’il a vu naître autour de lui qui ont poussé Georges Favre à embrasser ce métier.
Des montres fabriquées à cette époque dans la famille de Georges sont encore propriété des descendants. Elles datent du milieu du 19ème siècle et l’un des modèles à répétition des heures et des quarts porte comme inscription sur le cadran le nom de Jule -Louis Favre - Bulle. Si l’on peut établir que d’autres pièces du même niveau furent fabriquées par cet horloger, on en ignore la destinée. Vendues à l’étranger, emportées par les guerres, gisant au fond d’un tiroir, se communiquant de génération en génération au gré des successions ou blotties dans la collection d’un amateur éclairé, le sort des montres est, depuis qu’elles existent, ainsi fait d’histoires intimes tant l’objet fusionne avec son propriétaire qui n’en est qu’un gardien temporaire.

On connaît une autre pièce signée du nom de James Favre–Bulle, plus tardive et postérieure à la création de la manufacture par Georges Favre.
On retrouve dans la généalogie de Georges Favre d’autres horlogers illustres et notamment son grand oncle né aux alentours de 1770, Frédéric Louis Favre. Ce dernier inventeur d’instruments de précision fut Horloger de la Marine et illustra son talent par des pièces de qualité et notamment des chronomètres de marine, des spiraux et entre autres, une montre minuscule de 5 lignes de diamètre livrée en 1842 à la Reine de Prusse. Cet horloger ne limita pas son art à l’horlogerie et s’ingénia également dans celui des télescopes. L’un de ceux-ci lui valut d’ailleurs une bague en récompense du Roi de Prusse, Frédéric Guillaume III et comme l’homme n’hésitait pas à enseigner son art, on lui doit la formation d’autres horlogers célèbres dont Sylvain Mairet Abraham -Louis JeanRichard (descendant de Daniel JeanRichard).


Assurément doté d’un esprit indépendant et autoritaire, le très jeune Georges Favre entre en apprentissage de pivoteur et de planteur d'échappements à l’âge de 9 ans. Il quitte alors l’école en ayant à peine eu le temps d’apprendre à lire et écrire. Le jeune homme, stimulé par un milieu familial où l’horlogerie était omniprésente, brûle d’envie dès l’adolescence d’être son propre patron. Après son apprentissage et dit-on suite à un différend avec son maître de stage, il s’installe à 13 ans dans ce métier en indépendant. En 1863, il épouse à 20 ans alors qu’il n’est pas encore majeur, Louise-Philippine Jacot-Descombe, horlogère et fille de Frédéric lui-même horloger.
Déjà Georges Favre Jacot se démarque par son sens de l’encadrement d’une équipe en formant lui-même des apprentis à peine plus jeunes que lui.
Cinq filles et un garçon naîtront de cette union. Les registres d’état civil de Pont-de-Martel ne mentionnent que 3 enfants issus de ce mariage mais peut-être deux des naissances sont-elles intervenues sur un autre lieu.
Leur premier enfant Berthe - Alice, naît en 1865 et la seconde fille, Fernande - Amélie, voit le jour en 1870. Elle épouse par amour en 1904, James - Albert Favre - Bulle, c'est-à-dire son cousin germain qui succédera en 1911 à Georges Favre Jacot à la tête de ZENITH. Ils auront eux même deux enfants, Georges - James, en 1905 et Marcelle en 1908. Le troisième enfant du couple Georges - Adrien né en 1872 mourra en 1916. On crût longtemps ce mariage arrangé entre cousins pour préserver les caractéristiques familiales de l’entreprise. Il n’en était rien. De petits signes telles cette photo dissimulée dans le double fond de la montre de Fernande - Amélie et retrouvée il y a peu, démontrent autant que des courriers échangés par celle-ci avec son fiancé, qu’elle a voulu plus que tout partager ses jours avec lui et qu’elle l’a défendu auprès de son père y compris dans les moments où la famille aurait pu se disloquer.
On sait que si Georges n’avait pas approuvé ce mariage, il avait fini par l’accepter pour le bonheur de sa fille faisant mentir sa réputation de dureté extrême. Georges Favre Jacot le patriarche, avait un cœur et portait lui-même une énorme affection à sa femme et sa famille.


La manufacture Georges Favre Jacot à la toute fin du 19ème siècle



1865 – Une étoile est née

Grâce à la dot de la jeune Louise-Philippine Jacot-Descombe qu’il épouse, Georges Favre Jacot réalise son rêve en fondant en 1865, rue des Billodes à l’ouest de la petite cité du Locle à quelques enjambées de la frontière avec la France, déjà réputée pour ses horlogers, un atelier de fabrication d’ébauches à son nom.





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MessageSujet: Episode 2 : Les premiers pas et la naissance du concept de manufacture    Mar 8 Nov - 13:19

1865 – Episode 2 : Les premiers pas et la naissance du concept de manufacture



Une étoile est née


Grâce à la dot de la jeune Louise-Philippine Jacot-Descombe qu’il épouse, Georges Favre Jacot réalise son rêve en fondant en 1865, rue des Billodes à l’ouest de la petite cité du Locle à quelques enjambées de la frontière avec la France, déjà réputée pour ses horlogers, un atelier de fabrication d’ébauches à son nom.
Georges Favre Jacot n’imagine probablement pas, à ce moment, l’extraordinaire devenir de son idée. Le jeune créateur d’entreprise n’a alors que 22 ans mais dispose de toute la maturité et de l’enthousiasme indispensables pour faire la promotion de ses montres bien au-delà des frontières suisses.
L’histoire a déjà bâti au Locle une certaine notoriété horlogère notamment depuis qu’Abraham Louis Breguet y est passé et y aurait même, dit-on, créé un atelier avant de rejoindre Neuchâtel pendant ce qu’on appelle en France « la terreur » révolutionnaire. Le terrain y est fertile en talents horlogers et les jalons d’un grand centre horloger sont déjà posés au regard du nombre sur place de praticiens de ce métier qui ne cesse de croître.
Dès 1869, la petite fabrique évolue vers une ébauche de complexe industriel qui se rapproche davantage de l’ambition du créateur de la manufacture. Toutes les pièces qu’elles produit ne sont pas encore d’une grande qualité et certaines sont fabriquées sur des bases achetées à l’extérieur et que la fabrique assemble.
Déjà Georges Favre Jacot est très inspiré par le modèle américain des manufactures d’horlogerie fondé sur l'interchangeabilité des pièces et l’abaissement des coûts de production. Il a donc hâte de voir constuire la première usine modélisée à son idée.
Il faudra toutefois attendre 1881 pour que le premier bâtiment important sorte de terre. Cette première bâtisse s’entourera de nouvelles constructions au gré des extensions dues aux besoins et ambitions de la manufacture et de son créateur. Bâtisseur dans l’âme, le créateur de la manufacture construira plus de 20 bâtiments périphériques rue des Billodes.






En 1882, Georges Favre Jacot embauche James Favre son neveu, pour travailler à ses côtés dans la partie commerciale de l’entreprise.
Personnage autoritaire, Georges Favre Jacot est aussi paradoxalement un homme de dialogue social qui s’affranchit de l’opposition de ceux qui l’entourent et n’hésitera pas par exemple à reconnaître l’existence des syndicats ouvriers qui sont la bête noire des patrons de manufactures dans le début du 20ème siècle. Malgré son adhésion personnelle au syndicat patronal, cet esprit d’ouverture le protégera des crises rencontrées au sein d’autres marques qui n’ont pas eu la même habileté pour gérer les relations sociales dans l’entreprise.

Atypique à un moment où les banques s’imposent partout, Georges Favre Jacot est encore convaincu des avantages de l’autofinancement de son entreprise et en préserve une part non négligeable tant qu’il le peut. Il comprend très tôt les préceptes qui peuvent conduire sa manufacture au succès international. Il se fixe un objectif que d’autres maisons adoptent à la même époque qui est de faire des montres de gousset avec des techniques élaborées de rationalisation des tâches afin de proposer les prix les plus bas pour des gardes temps précis. Il abandonne donc très vite le simple assemblage de pièces achetées à l’extérieur et opte pour la voie de la manufacture avec des mouvements entièrement fabriqués dans ses ateliers. Cette orientation stratégique est fondamentale non seulement au plan technique mais aussi au plan économique au regard de la concurrence effrénée que se livrent les marques pour la plupart naissantes.



La manufacture des Billodes en 1890



Pour Georges Favre Jacot, il n’est pas envisageable de ne pas tout maîtriser. C’est pourquoi au delà de la fabrication des mouvements de montres et pendules, les ateliers du Locle fabriqueront plus tard les cadrans en émail ou peints dans la partie basse du bâtiment où sont installés les fours. Les boîtiers de montres feront également très vite partie du savoir faire développé en interne et les coulées d’or et d’argent, les étampages de boites n’auront aucun secret pour la manufacture. L’idée est de réunir en un même lieu tous les artisans horlogers qui contribuent au produit final en leur offrant le même confort de travail de lieux chauffés, bien éclairés et exempts de poussières.

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MessageSujet: Episode 3 - 1865 De la manufacture à la diversification    Mar 15 Nov - 11:53

Episode 3 - De la manufacture à la diversification





1865 – Une étoile est née

Grâce à la dot de la jeune Louise-Philippine Jacot-Descombe qu’il épouse, Georges Favre Jacot réalise son rêve en fondant en 1865, rue des Billodes à l’ouest de la petite cité du Locle à quelques enjambées de la frontière avec la France, déjà réputée pour ses horlogers, un atelier de fabrication d’ébauches à son nom.
Georges Favre Jacot n’imagine probablement pas à ce moment, l’extraordinaire devenir de son idée. Le jeune créateur d’entreprise n’a alors que 22 ans mais dispose de toute la maturité et de l’enthousiasme indispensables pour faire la promotion de ses montres bien au-delà des frontières Suisses.
L’histoire a déjà bâti au Locle une certaine notoriété horlogère notamment depuis qu’Abraham Louis Breguet y est passé et y aurait même, dit-on, créé un atelier avant de rejoindre Neuchâtel pendant ce qu’on appelle en France « la terreur » révolutionnaire. Le terrain y est fertile en talents horlogers et les jalons d’un grand centre horlogers sont déjà posés au regard du nombre sur place de praticiens de ce métier qui ne cesse de croître.
Dès 1869, la petite fabrique évolue vers une ébauche de complexe industriel qui se rapproche davantage de l’ambition du créateur de la manufacture. Toutes les pièces qu’elles produit ne sont pas encore d’une grande qualité et certaines sont fabriquées sur des bases achetées à l’extérieur et que la fabrique assemble.
Déjà Georges Favre Jacot est très inspiré par le modèle américain des manufactures d’horlogerie fondé interchangeabilité des pièces et l’abaissement des coûts de production. Il a donc hâte de voir constuire la première usine modélisée à son idée.
Il faudra toutefois attendre 1881 pour que le premier bâtiment important sorte de terre. Cette première bâtisse s’entourera de nouvelles constructions au gré des extensions dues aux besoins et ambitions de la manufacture et de son créateur. Bâtisseur dans l’âme le créateur de la manufacture construira plus de 20 bâtiments périphériques rue des Billodes.


En 1882, Georges Favre Jacot embauche James Favre son neveu, pour travailler à ses coté dans la partie commerciale de l’entreprise.
Personnage autoritaire, Georges Favre Jacot est aussi paradoxalement un homme de dialogue social qui s’affranchit de l’opposition de ceux qui l’entourent et n’hésitera pas par exemple à reconnaître l’existence des syndicats ouvriers qui sont la bête noire des patrons de manufactures dans le début du 20ème siècle. Malgré son adhésion personnelle au syndicat patronal, cet esprit d’ouverture le protégera des crises rencontrées au sein d’autres marques qui n’ont pas eu la même habileté pour gérer les relations sociales dans l’entreprise.

Atypique à un moment où les banques s’imposent partout, Georges Favre Jacot est encore convaincu des avantages de l’autofinancement de son entreprise et en préserve une part non négligeable tant qu’il le peut. Il comprend très tôt les précepts qui peuvent conduire sa manufacture au succès international. Il se fixe un objectif que d’autres maisons adoptent à la même époque qui est de faire des montres de gousset avec des techniques élaborées de rationalisation des tâches afin de proposer les prix les plus bas pour des gardes temps précis. Il abandonne donc très vite le simple assemblage de pièces achetées à l’extérieur et opte pour la voie de la manufacture avec des mouvements entièrement fabriqués dans ses ateliers. Cette orientation stratégique est fondamentale non seulement au plan technique mais aussi au plan économique au regard de la concurrence effrénée que se livrent les marques pour la plupart naissantes.

Pour Georges Favre Jacot, il n’est pas envisageable de ne pas tout maîtriser. C’est pourquoi au delà de la fabrication des mouvements de montres et pendules, les ateliers du Locle fabriqueront plus tard les cadrans en émail ou peint dans la partie basse du bâtiment où sont installés les fours. Les boîtiers de montres feront également très vite partie du savoir faire développé en interne et les coulées d’or et d’argent, les étampages de boites n’auront aucun secret pour la manufacture. L’idée est de réunir en un même lieu tous les artisans horlogers qui contribuent au produit final en leur offrant le même confort de travail de lieux chauffés, bien éclairés et exempts de poussières.


La fille de Georges Favre Jacot et James Favre son neveu qui deviendra son gendre


Cette diversification calculée touchera aussi bien les réveils que les montres de bord, les chronomètres à usages divers ou encore plus tard des accessoires comme les cadrans de téléphone, les baromètres, les tachymètres pour automobiles, les instruments de précision à usage militaire, les lampes à huile et plus tard dans les années 20 on verra même le nom de la marque de l’entreprise sur des projecteurs de cinéma et des machines à coudre.
Pour être toujours davantage performant et réactif, c’est le personnel de la manufacture qui fabrique les outillages servant à fabriquer les pièces des montres et pendules. Georges Favre Jacot oeuvre pour rester en pointe de la technologie n’hésitant pas à renouveler ses machines et à moderniser ses installations. Il impose au personnel des cadences précises de travail et veille à la productivité des ouvriers.



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MessageSujet: Saga Zenith - Episode 4 - Qui est Georges Favre Jacot    Mar 22 Nov - 18:16

Episode 4 - Georges Favre Jacot : L’homme qui faisait briller son étoile


Georges Favre Jacot est un vrai « patron », un homme solide un peu rustique, autodidacte, décrit comme une force de la nature à l’esprit volontaire qui au-delà d’être un entrepreneur prospère, est un homme d’affaires avisé qui connaît bien ce qu’on appelle à l’époque le « monde de la finance ». C’est probablement son souci quasi obsessionnel permanent d’assurer la distribution de ses produits qui contribuera à son succès car il a assurément un sens du commerce hors du commun.
Il n’est pas seulement un brasseur d’affaires, il est aussi celui qui a créé de nouvelles relations sociales avec le personnel qu’il emploie et n’a pas hésité à faire construire des logements locatifs pour les ouvriers dans le quartier des Eroges et de la Molière.
Le Locle ne peut accueillir les personnalités qu’il fait venir pour visiter ses ateliers et négocier ses contrats ? Alors, il fait construire un hôtel restaurant dans la cité sur la route du Col des Roches lieu où il exerce également le métier de l’extraction de pierres dans une carrière qu’il achète sur le site. De même, il investira dans un grand centre hôtelier de qualité au Grand-Sommartel.




Les constructions de Georges Favre Jacot ne sont pas toujours en rapport direct avec l’horlogerie. On voit ainsi ses activités de constructeur porter sur des scieries, des forges aux Billodes, une fabrique de plots de ciment, un moulin à sable parfois sur la base de plans qu’il dessine lui-même.
Il deviendra également propriétaire d’une imprimerie qui fabrique les brochures ou dépliants publicitaires de la marque. Georges Favre Jacot s’assure par ailleurs une réserve foncière importante au sein du canton en achetant par exemple les domaines du Petit et du Grand Sommartel et des Grandes-Coeuries qui couvrent des centaines d’hectares qu’il aimait à parcourir dans son tilbury. Il est en 1900, à l’âge de 57 ans à la fois l’homme le plus éminent du Locle et aussi le plus riche en étant parti de rien.
La société du début du siècle est une société de mutation. La technologie évolue grâce à la fée électricité qui en une dizaine d’années renvoie à la casse les machines à vapeur consommatrices d’énergie coûteuse et importée, les moyens de transport se développent et le train qui s’arrête au Locle depuis 1857 réduit les distances en facilitant les échanges avec le reste de l’Europe de mieux en mieux desservie. Ce début de siècle amène certaines formes de confort aux peuples et génère la contrainte de nouvelles organisations de travail induites par l’économie libérale et basées sur la rentabilité. Comme bon nombre d’industriels de cette époque, le créateur de la manufacture est curieux de tout et avisé en de nombreux domaines. Homme de son temps, il s’adapte, anticipe les marchés, va vers les affaires qu’il développe hanté par la crainte de la crise et des conséquences impitoyables et irréversible de la chute du chiffre d’affaires.

L’industrie suisse, faute de ressources propres en matière première, est d’une manière générale une industrie de transformation. L’évolution de la société l’oblige à s’adapter rapidement au contexte et aux demandes nouvelles. Cette réactivité oblige dans certains secteurs à des reconversions difficiles. Par la diversité des productions des ateliers du Locle, Georges Favre Jacot s’est quelque peu protégé des affres qui du jour au lendemain frappent certaines industries. Le textile très développé en Suisse subit ainsi les conséquences des crises qui commencent à frapper l’économie. Pourtant l’offre d’emploi reste supérieure à la demande tant et si bien que les prix de revient augmentent obligeant encore et toujours à davantage de rationalisation pour tenter de tirer les coûts de production vers le bas tout en faisant preuve d’excellence, seule issue pour se démarquer sur des marchés concurrentiels. L’industrie mécanique qui fait appel aux technologies de pointe et à une main d’œuvre qualifiée est donc au premier rang des secteurs en danger en cas de crise, Georges Favre-Jacot et ses actionnaires le savent, l’erreur de gestion n’est pas permise, qu’elle se situe du coté du risque non calculé ou de celui de l’inertie qui dans ce domaine se confond rapidement avec le naufrage.





1889 - L’ouverture des premiers marchés internationaux


Georges Favre Jacot engage au milieu des années 1880 un programme de développement qui passe par des créations d’ateliers et d’unités de production à l’extérieur de la manufacture. Lui qui a développé l’idée de regrouper toutes les activités de l’horlogerie en un même lieu caresse aussi l’idée d’une expansion que les murs de la manufacture limitent nécessairement. Bien au-delà des limites territoriales du Locle, il faut à la manufacture des développements mondiaux pour élargir sa distribution et de vrais professionnels pour relayer le dynamisme de Georges Favre-Jacot. Une équipe doit donc se constituer autour de lui et le patron du Locle va devoir rechercher des collaborateurs et des alliés extérieurs susceptibles d’appuyer ses objectifs conquérants.
Parmi les marchés les plus ouverts de l’époque, il y a déjà la Chine pour laquelle ZENITH créera des publicités mémorables mais il y a bien entendu aussi la Russie où une clientèle très riche n’hésite pas à investir dans les bijoux et l’horlogerie.
Le rayonnement international de Zenith ne va dès lors plus jamais s'arrêter ...

A suivre


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MessageSujet: Saga Zenith épisode 5 Zenith de l'indépendance à la soumission aux actionnaires    Ven 2 Déc - 12:04

Saga Zenith Episode 5 - Georges Favre Jacot : de l'indépendance à la soumission




Parmi les marchés les plus ouverts de l’époque, il y a déjà la Chine pour laquelle ZENITH créera des publicités mémorables mais il y a bien entendu aussi la Russie où une clientèle très riche n’hésite pas à investir dans les bijoux et l’horlogerie.
Georges Favre-Jacot sera associé un temps à Heinrich Moser qui avait fondé en 1829 une horlogerie au Locle pour fabriquer des montres exclusivement dédiées au marché européen et surtout russe. Moser connaît très bien ce marché pour avoir ouvert en 1828 « Heinrich Moser & Co ». à Saint-Pétersbourg où il a misé sur la qualité des produits, sélectionnant les meilleures marques et les meilleures montres et n’hésitant pas à opérer un ultime contrôle sur place avant la vente, afin d’assurer à ses clients la qualité optimale de ses produits. Heinrich Moser fera fortune et doublera son activité de fabricant de montre par celle de négociant de gros et une activité d’import/export pour l’horlogerie. Il est, en 1848, l’un des plus gros exportateurs et lorsque Georges Favre Jacot le rencontre après avoir créé la manufacture à son nom. Ce dernier entrevoit les perspectives que peut lui ouvrir Heinrich Moser. Faire distribuer ses montres par quelqu’un qui est déjà implanté de longue date, jouit d’une excellente réputation et est un brasseur d’affaires patenté est un avantage certain. Moser fournisseur de la cour du Tsar distribue donc les montres de Georges Favre Jacot au même titre que les meilleures marques suisses dont les montres LeCoultre.


Un calibre Moser vendu sous la marqe Zenith



Moser contribue à porter la marque du Locle en Russie et à asseoir sa réputation. Sans qu’il puisse être établi comment, il n’est pas exceptionnel encore aujourd’hui, de retrouver des montres de goussets avec des cadrans signés ZENITH et des mouvements faits par Moser. Est-ce le fruit d’un accord particulier, d’assemblages sauvages par des personnels de l’époque, des montres révisées qui ont eu leurs mouvements échangés ? Il semble en tous les cas que certains de ces montages soient d’origine et en tous les cas aussi courants qu’anciens.
Georges Favre Jacot et son neveu s’associeront avec d’autres distributeurs par la suite pour une expansion de la distribution en Russie, marché en expansion permanente même s’il connaît des progressions irrégulières.
Le marché turc est également très ciblé par les marques suisses d’horlogerie. Réputée pour une consommation sans cesse renouvelée d’objet de luxe justifiant pleinement l’exportation massive de pièces en or ou en argent, la Turquie nécessite malgré tout une certaine prudence et la connaissance du terrain.
Pour la conquête de ce marché, ZENITH s’attache le concours de la maison Serkisoff, à laquelle la marque concède en 1889 la distribution de ses montres sur tout le pays.
Serkissoff sera particulièrement important pour ZENITH dans cette période puisque la marque ne lui livrera pas moins de 90 580 pièces soit plus de 1 907 993 francs suisses (francs courants) dès la première année de collaboration.


Serkissof signait les boites des montres Zenith soit sur le cadran soit sur le fond.



Même si les dernières années connaissent une certaine décroissance, le marché russe conserve également un fort potentiel pour la manufacture qui y recherche des implantations solides. Celles-ci impliquent une plus grande capacité de production et des investissements que Georges Favre Jacot ne pourra trouver qu’au prix du sacrifice de ses prérogatives dans l’entreprise et d’un changement de statuts laissant aux banques et aux financiers les arbitrages stratégiques.
Cette expansion des marchés étrangers salutaires pour toutes les entreprises horlogères de l’époque n’est en effet pas gérable sans des apports de capitaux auxquels les actionnaires ne consentent que si de solides banques s’engagent elles-mêmes auprès des entreprises.

Pour conquérir ces marchés, il faut des volumes de montres importants, des prix attractifs et une précision des instruments qui justifie que les clients ne s’orientent pas vers les montres à remontage à clé, à cylindres et anonymes assemblées par des ouvriers à domicile pendant les hivers rigoureux de la vallée du Joux.
La capacité exceptionnelle de Georges Favre Jacot à assurer le développement de la distribution de ses montres l’oblige dès la fin des années 1880 à entreprendre d’accroitre la capacité de production de son entreprise. Disposant de peu de fonds propres à force de tout investir immédiatement, l’entrepreneur du Locle comprend rapidement que l’expansion de la manufacture va passer par des concessions faites aux banques afin de lui consentir des prêts. Il doit investir davantage pour faire évoluer son outil de production et l’autonomie de décision à laquelle il est attaché plus que tout va immanquablement souffrir de la relation que la réalité économique du terrain lui impose d’avoir avec les banquiers. Les besoins financiers deviennent d’autant plus importants que l’entreprise grossit jusqu’à ce qu’en 1892, sa banque du Locle ne lui offre pas les prêts qui sont nécessaires à son expansion. Il transfère alors ses intérêts dans une banque de Neuchatel, la « Banque Cantonale Neuchâteloise ».


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MessageSujet: Saga Zenith Episode 6 - De Georges Favre-Jacot à Zenith    Jeu 8 Déc - 12:57

Saga Zenith Episode 6 - De Georges Favre Jacot à Zenith



1898 Le Calibre ZENITH et l’ouverture sur le monde


La concurrence entre les grandes manufactures est dans le dernier tiers du 19ème siècle extrêment sévère. Omega est sur tous les marchés avec une force de frappe commerciale très bien rodée. Longines, davantage sur les marchés d'Amérique du Sud, connait aussi une progression qui impose à Zenith d'avancer dans la qualité de ses produits et le positionnement des prix sur les marchés. La manufacture de Georges Favre Jacot présente enfin en 1898 un nouveau calibre qui va pouvoir rivaliser avec les produits phares de la concurrence. Ce dernier, de conception plus moderne s’avère être d’un meilleur rapport car sa fabrication plus économique n’a pas nui à sa fiabilité loin s’en faut et sa conception moderne le rend très compétitif. Il supplante dès les deux dernières années du siècle ses deux rivaux et frères. La production du mouvement est très vite insuffisante pour faire face à la demande du marché.



Le calibre Zenith d'origine modifié en 1904 avec une raquette à disque excentrique


Georges Favre Jacot veut privilégier la livraison de ce mouvement qui n’est produit qu’à un volume de 8 à 10 cartons par jour (un carton comprend six montres) quand il en faudrait au moins 24 cartons soit un peu plus de 150 montres. La manufacture produit à cette époque, toutes pièces confondues, près de 800 unités quotidiennes. Le mouvement, dans le droit fil des noms de baptême superlatifs Diogène et Terminus, reçoit le nom de ZENITH. La légende voudra que ce soit en regardant les constellations d’étoiles, un soir, que Georges Favre Jacot ait eu cette idée. On retiendra que toutes les marques ou presque donnent à l’époque un nom à leurs mouvements et que la surenchère emporte les imaginations.
En 1898, c’est d’abord vers le marché de la France et de ses colonies ainsi que vers la Belgique que l’attention se porte grâce à un représentant qui devra y garantir le développement des ventes. La France avec ses colonies représente un marché à fort potentiel. Georges Favre Jacot nomme un représentant à Paris. Il est chargé des ventes pour la France, la Belgique, l’Algérie et toutes les exportations partant de France à destination de l’Outre-Mer. La désignation de ce représentant est complétée en 1899 par l’ouverture d’une agence dont la mission est d’élargir la vente des produits aux horlogers français qui seront systématiquement démarchés sans que d’ailleurs on se soucie de savoir s’il faut implanter un ou plusieurs détaillants de la marque dans une même ville de province. L’agence Parisienne a pour mission d’être l’interlocuteur des détaillants et de faciliter les transactions.


Zenith a beaucoup participé aux expositions universelles


L’Exposition Universelle de 1900 sera l’évènement populaire et retentissant au plan mondial qui marquera l’entrée dans le siècle et bien évidemment, cette perspective n’est pas indifférente à la décision prise de fixer à Paris une implantation stratégique. La ville sera en effet pendant le temps de cette exposition la ville phare vers laquelle les regards du monde entier se tourneront.
L’agence Parisienne doit contribuer au succès très préparé de la marque à cette occasion. La manufacture y obtient un grand prix qui sera rappelé sur des dizaines de milliers de fonds de boîtiers de montres de goussets. Cette inscription, même si d’autres marques en font également usage au regards du saupoudrage de prix distribués lors de l’exposition, atteste de l’importance donnée par le fabricant de « la Zenith » à cette manifestation et à la publicité qui en découle au travers des articles des gazettes et journaux sur lesquels tout le monde se précipite à l’époque.

Georges Favre Jacot accorde une extrême importance à ces manifestions dont le rayonnement exceptionnel permet de gagner en notoriété internationale et de nouer des contacts en vue d’exportations ultérieures et d’implantations à l’étranger. Les Expositions Universelles constituent des occasions uniques pour les industriels d’exposer leur production au plus grand nombre et leur écho médiatique très important auprès du public, des industriels et des marchands ouvre des perspectives parfois inespérées de transactions vers des contrées lointaines. C’est donc en toute logique que les exposants mettent un soin tout particulier à sélectionner leurs plus belles réalisations et enregistrent durant ces expositions des commandes quand ils n’écoulent pas sur place une bonne partie de leurs produits.
Les montres de Georges Favre Jacot sont très remarquées lors de l’Exposition Universelle de 1900 d’abord parce qu’elles reçoivent le premier prix de précision au concours ouvert pendant l’exposition mais aussi en raison des dessins très plats des boîtes de ses montres. Georges Favre Jacot profite de la manifestation pour écouler une partie des anciens stocks et de récupérer de la trésorerie. Il présente, en outre, des modèles précieux. Son modèle ZENITH décliné en quatre décorations correspondant aux saisons représentées et gravées par Mucha sur des boîtiers en argent niellé ou en taille douce contribue tout particulièrement à la notoriété de ses modèles.




Il s’avère, dans la foulée de l’exposition, que l’agence parisienne, probablement mal gérée, ne génère pas de bons résultats commerciaux malgré des perspectives prometteuses. Son maintien dès lors semble difficile et malgré des recherches de solution pour mieux installer la marque en France, l’agence est finalement fermée en 1904 et transformée en société en commandite pour cause de non rentabilité.
Ce demi-succès ne décourage pas Georges Favre Jacot qui continue d’accentuer ses efforts pour conquérir de nouveaux marchés. Novateur et visionnaire, il n’a en tête que d’élargir la diffusion des montres pour financer des nouveaux parcs de machines, moderniser la production et agrandir les locaux de la manufacture.



La montre du grand prix 1900 avec son coq gravé sur le couvercle


En cette même année 1900, le journal suisse d’horlogerie présente le concours de chronométrie de Neuchâtel et relate les pièces présentées lors d’une exposition locale par la manufacture qui y expose des pièces et explicite son savoir faire. L’article rapporte que la manufacture installée sur 4000 mètres carrés occupe plus de 600 ouvriers, outre les saisons d’après Mucha a présenté un modèle de montre décoré d’un Christ, reproduction de la célèbre médaille « Campo dei fiori », d’une série portant sur les mois de l’année, et d’un autre modèle orné d’un coq « jetant fièrement au soleil son chant matinal » d’une belle exécution. L’auteur précise que « le coté artistique » a retenu autant l’attention que la technique du mouvement attestée par de nombreux bulletins de l’observatoire. Précision intéressante, l’article fait état d’une vitrine sériant par pays destinataires les modèles décorés spécifiquement notamment pour les marchés français, russe, anglais et turc.
Une autre vitrine est consacrée aux méthodes de fabrication, signe du souci sous-jacent de communiquer auprès du public et de la population locale. Chaque pièce détachée est présentée aux différentes étapes de sa fabrication et un grand dessin de coupe du mouvement « Zénith » en fait apprécier l’ingéniosité. Cet esprit de communication sur le savoir-faire accompagnera les implantations de la manufacture à travers le monde.

Avant 1900, Georges Favre Jacot aura réussi à implanter la diffusion de ses montres à l’étranger de manière significative en France, au Bénélux, en Allemagne et en Russie. ZENITH est un nom qui connaît une notoriété grandissante et grâce notamment au Grand Prix de l’exposition, la position de la manufacture de la rue des Billodes se trouve confortée et le conseil de surveillance doit reconnaître à Georges Favre Jacot la qualité de sa vision prospective.
Ce dernier, stimulé par son succès, veut augmenter encore les exportations vers la Russie où la concurrence s’installe comme si ce marché était un nouvel Eldorado. Le conseil de surveillance freine son engouement en analysant ce marché comme incertain au regard de la dette qui pèse sur la Russie. Cette prudence sera payante puisqu’en 1900, les ventes chutent rapidement et les créances, bien vite impayées, déstabilisent les exportateurs les moins prudents qui avaient tout misé sur le marché russe en y opérant des livraisons massives et en y ouvrant des crédits qui resteront impayés. La manufacture évite la crise mais les exportations tombent à quasiment rien sur le mois de février sur ce secteur et il faut rechercher d’autres débouchés, d’autant que l’outil de production tourne à plein rendement et qu’il ne semble pas y avoir de cohérence trouvée entre la production qui demeure constante ou évolue et la diffusion commerciale soumise aux aléas économiques et politiques des marchés.


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MessageSujet: Saga Zenith - Episode 7 - L'histoire d'amour cachée au sein de la manufacture   Dim 11 Déc - 16:38

Saga Zenith - Episode 7 - Une page d'histoire d'amour cachée



Georges Favre Jacot est né le 12 décembre 1843 dans une famille sans fortune peuplée d'horlogers. Très tôt à l'âge de 9 ans, on lui fait quitter l'école et affronter la vie par l'apprentissage du métier de tourneur pivoteur. De l'enfant élevé avec dureté, naitra un adolescent indépendant au caractère trempé quand à l'âge de 13 ans, il commande déjà d'autres apprentis et impose ses vues à un patron dont il claque la porte pour cause de désaccord. Sa décision est prise, il travaillera "en indépendant".

Sa force de caractère, son tempérament d'entrepreneur et son charisme séduisent une jeune horlogère, fille elle-même d'horloger qu'il épouse à 20 ans en 1863 alors qu'il n'est pas encore majeur. De cette union, naîtront 5 filles et un garçon, Adrien, qui disparaîtra très jeune en 1916.

Fernande, la seconde fille du couple voit le jour en 1870. Son caractère est tout à l'opposé de celui de son père. Ce dernier a créé en 1865 une fabrique horlogère sur le lieu-dit des Billodes. D'abord assembleur de mouvements achetés à des sous-traitants, il conceptualise rapidement ce que sa manufacture doit devenir et met au point des calibres qu'il fabrique de manière autonome.

Le concept même de manufacture, il le tient d'expériences naissantes en Suisse et de l'exemple américain qui occupe les conversations des horlogers suisses qui découvrent des montres très bien finies par des manufactures qui maîtrisent l'interchangeabilité des pièces.

Georges Favre Jacot n'est pas un gestionnaire d'entreprise, c'est en fonceur qui avance, jouant de son instinct pour orienter son entreprise vers le succès. Le patriarche qu'il est, régne sur le canton de Neuchatel où il accumule les propriétés foncières et aime à réunir toute la famille le dimanche, unique jour de repos de la semaine.

Des enfants qui jouent, il ne voit pas grand chose, pas plus qu'il ne s'aperçoit que sa fille adolescente a l'oeil qui s'illumine quand elle retrouve son cousin germain James Favre à l'occasion des rencontres familiales. Les deux adolescents s'ouvrent en même temps à la vie et du tendre sentiment qui les unit naît un amour profond qui en fait fusionner les âmes.

Georges Favre Jacot embauche en 1882 son jeune neveu au sein de la manufacture. Il est à l'époque d'usage de faire travailler toute la famille auprès de soi. Georges Favre Jacot ignore tout de ce qui relie James et Fernande et quand il l'apprend de la bouche même de sa fille, c'est la fureur qui l'envahit. Il n'est pas question que sa propre fille, celle qu'il chérit par dessus tout, épouse son cousin. On est dans les dernières années du siècle et les mariages entre cousins sont déjà des choses que la société tend à refuser. On ne sait pas grand chose des échanges entre James et Georges sinon que la colère a dominé leurs rapports et que James a contenu beaucoup de sa personnalité elle aussi trempée pour éviter la rupture avec son oncle dont il craignait qu'elle ne l'éloigne de Fernande.

Le couple se voit en secret et échange de tendres lettres dans lesquelles Fernande déclare inlassablement sa flamme à James qui supporte de plus en plus difficilement l'autoritarisme de son oncle.

« Mon attachement devient si grand pour vous que la séparation sera toujours plus pénible, ma seule consolation est de penser qu’un jour je vous appartiendrai…./ …Vous connaissez maintenant mes sentiments, que mon seul but est de vous rendre heureux, je serai pour vous la femme aimante et dévouée, je supporterai toutes les peines et me sacrifierai entièrement pour vous, ayez confiance en l’avenir, toute votre affection vous sera rendue. Je suis à vous pour la vie et vous donne ma parole la plus sacrée !! » (C’est Fernande qui souligne elle-même ses propos). Le 6 février, soit 5 jours plus tard, elle laisse sur un carton ces quelques mots «N’abandonnez jamais celle qui vous aime et qui n’attend plus le moment de pouvoir créer une nouvelle vie à son bien aimé ! Votre fidèle Fernande. »

Georges Favre Jacot refuse de partager un quelconque pouvoir sur la manufacture avec son neveu. Malgré tout, il se préoccupe davantage de la production et délègue à son neveu la charge de développer la diffusion commerciale des montres de la manufacture.

Il est plus que probable que le souci de Georges fut d'éloigner James de Fernande. En envoyant son neveu parcourir le monde à une époque où les voyages sont longs et où les délais d'acheminement du courrier rendent impossibles d'épistolaires échanges romantiques, Georges a la certitude que sa fille oubliera cet amour et que son neveu à l'autre bout du monde aura en tête d'autres idées que l'amour de sa cousine.

Le couple a pourtant décidé de se rapprocher et, dans une fronde amoureuse, de s'aimer malgré tout, malgré un contexte familial hostile, malgré un environnement sociétal défavorable et un lien de sang réputé, rendre cette union insurmontable.

Ni le silence imposé par la séparation organisée par Georges, ni la distance due aux voyages qu'entreprend James ne vont séparer le couple. On croit souvent à tort que le silence et la distance éloignent les êtres alors qu'il n'en est rien, bien au contraire, ils les rapprochent jusqu'à la fusion des esprits.






En 1904, c'est à Francfort puis aux Etats-Unis que Georges expédie son neveu pour y explorer et développer le marché allemand puis américain et y observer les techniques de travail des manufactures d'outre Atlantique. Ce voyage marquera un tournant dans l'histoire de Zenith car James en raménera des techniques de fabrication et un agencement des ateliers améliorant sensiblement la rationalisation des tâches et donc la rentabilité de l'outil industriel développé par Georges.

Ces voyages sont durement vécus par le couple que la longue séparation affecte. Fernande écrit à James ...

« Billodes 21 mars 1904, Lundi soir

Mon James !! Mon seul amour !!
Les heureux moments passés ensemble avant votre départ restent gravés dans mon cœur, le tendre souvenir de votre premier baiser est ineffaçable… Je vis heureuse du doux sentiment de votre amour lequel me soutient et me donne du courage. De plus en plus, je sens combien je dois apprécier votre âme noble, votre bon coeur ; vous êtes toute ma joie et mon bonheur ! je vous dois toute ma reconnaissance de posséder votre amour !
Votre dernière parole en me quittant était : nous nous aimons bien.
James !! mon cœur, je ne pourrai plus vivre sans vous. La mort seule peut nous séparer, votre vie est la mienne… je veux vous aimer comme votre tendre mère désirait que son cher fils soit aimé !! vous pouvez compter sur moi, je vous donne ma parole la plus sacrée.
Je ne puis me faire à l’idée que vous êtes loin de moi ; je sens que j’en souffrirai beaucoup, ma seule consolation est de toujours penser à vous, à vous amour.
Je n’attends plus le moment de pouvoir causer à papa, quel soulagement ce sera pour moi de lui faire connaître nos sentiments ; dieu veuille que papa consente à notre union, je veux lui parler très ouvertement ; je veux que papa reconnaisse tous les torts qu’il a eus vis-à-vis de vous ; par moi il entendra tout [sic] l’estime que vous devez mériter, enfin comptez sur moi, je veux tout sacrifier pour vous...

Dans l’espoir que vous recevrez ma lettre à temps et que vous aurez fait bon voyage jusqu’à Francfort, votre pauvre isolée vous envoie le plus doux, le plus tendre baiser.
Votre fidèle Fernande. »



L’idée du mariage de James avec sa plus jeune fille Fernande vient très vite après 1904 et provoque la colère de Georges Favre Jacot non seulement parce qu'il a échoué dans la tentative de séparation des jeunes amoureux mais encore parce qu'il sait qu'il ne refusera pas à sa fille le bonheur qu'elle trouve avec James qu'il voit prendre du poids dans la gestion de la manufacture face à un conseil d'administration qui entend de plus en plus les recommandations du jeune homme et de moins en moins les colères du fondateur de la maison horlogère.

De refus en tergiversations, Georges finira par accepter cette union pour le bonheur de sa fille sans nul doute et aussi probablement avec la perspective de mieux cerner au sein de la famille les intérêts de la manufacture.

En 1911, James succédera à son oncle à la tête de Zenith dans un tonnerre de déchirements d'intérêts divergents et dans une dispute familiale que seule cette belle et exceptionnelle histoire d'amour permet d'effacer.

Cette histoire totalement tirée des faits de l'époque permet de constater que l'amour triomphe de tout et même de la raison des autres quand le coeur prend les commandes et laisse à leur juste place ce que les sentiments doivent ignorer.

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MessageSujet: Zenith à la conquète de l'Amérique    Sam 17 Déc - 18:24

Saga Zenith - Episode 8 - Zenith à la conquête de l'Amérique




En 1904, James Favre, neveu de Georges Favre Jacot, en voyage aux Etats-Unis, est chargé de lancer la marque sur le territoire américain. Le marché y est difficile d’une part, en raison des mesures protectionnistes et des taxations qui en découlent pour les importations d’horlogerie et d’autre part, en raison de la vive concurrence que représentent des marques comme Hamilton, Elgin ou Waltham qui sont en plein essor. Cela n’arrête pas la dynamique expansionniste de la manufacture. Les montres ZENITH sont distribuées sur le marché américain dès 1905. Leurs mouvements sont améliorés spécialement pour ce marché et les finitions en sont adaptées.


Les marques américaines fondent pour beaucoup leur communication sur la présentation des mouvements qui tranchent visuellement avec le laiton des calibres suisses. La clientèle américaine a été habituée par les marques traditionnelles américaines comme Waltham, Hamilton ou Elgin à des calibres rhodiés très décorés, damassés ou finement gravés et guillochés et bien empierrés. Si la production de la manufacture du Locle est d’un niveau de qualité incontestable pour la précision de ses montres, il lui faut se placer au « niveau visuel » de la concurrence.

Les mouvements livrés sur place sont donc « décorés à l’américaine » avec des motifs décoratifs aussi variés que divers et des pièces d’une qualité supérieure pour « tirer » les collections. Les mouvements les plus haut de gamme dits de type prima, bénéficient d’un large empierrement barillet compris et de pas moins de 8 « adjustments » dont deux opérés en fonction de la température. Une raquetterie plus « tape à l’œil » et parfaitement efficace fait la même année, l’objet d’un dépôt de brevet. Elle restera très longtemps inscrite dans la fabrication des montres et sera même adoptée pour les montres bracelets jusqu’aux années 60.








La conquête de l’Amérique passe par la qualité, des prix d’attaque et une distribution auprès de revendeurs ayant pignon sur rue. Edmond E Robert « a Maiden Lane » sera à New York l’un des détaillants les plus actifs de la marque multipliant les publicités dans la presse pour vanter ZENITH notamment en 1909 après que la marque eut reçu le plus grand palmarès de récompenses dans les concours de l’observatoire de Neuchâtel.



James Favre bien entendu ne s’arrêtera pas à l’aspect esthétique des calibres et aux améliorations techniques. S’il revient notamment impressionné par la qualité des montres fabriquées outre Atlantique, il l’est aussi par leurs prix et le niveau élevé d’implantation des firmes horlogères américaines. Fasciné par l’organisation qu’il a constatée, il en déduit que les locaux du Locle ne sont pas adaptés à une distribution rationnelle des tâches et qu’il faut donc construire de nouveaux bâtiments, il souhaite ensuite se pencher sur le rendement. Les Américains chronomètrent les tâches des ouvriers et des ouvrières et les obligent à des volumes de travail en un temps donné. La méthode permet des gains de productivité et une baisse des coûts indispensable pour conserver sa position sur les marchés.

Il y voit une concurrence sérieuse et un frein potentiel au développement de l’entreprise. Il propose de réagir au plus vite et repart aux Etats-Unis avec le directeur technique de la manufacture pour visiter les usines des grandes marques.

Le calibre Zenith manifestement bien conçu, moderne et fiable permet de conquérir des marchés et d’affronter la concurrence tant suisse qu’américaine qui à travers le monde a entamé et parfois conforté une implantation massive. La manufacture doit s’adapter à ces marchés et démontre une capacité d’innovation qui lui assure une présence mondiale et une stature de grande manufacture. Elle n’hésite pas à faire évoluer son mouvement fétiche et à le protéger par des brevets qui viennent d’ailleurs s’afficher sur les ponts du mouvement. Ce mouvement d'exception va transformer l'histoire de la manufacture ...


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MessageSujet: Saga Zenith - Episode 9 - La manufacture change de siècle - 1900   Dim 25 Déc - 11:16

Saga Zenith - Episode 9 - L'étoile de Zenith éclaire le monde


Grâce à la première ligne de chemin de fer inaugurée au Locle le 1er juillet 1857, la commune est « rattachée au reste du monde » et tel Michel Strogoff, le voyageur impénitent rallie les capitales de la planète pour promouvoir cet instrument qu’est la montre et que le siècle va banaliser. Il fait ainsi plusieurs voyages dans les toutes dernières années du siècle et les premières années du 20ème dans des pays encore peu connus. Il parcourt l’Europe, la Chine, la Mandchourie, le Japon, les deux Amériques, les Iles Philippines, et même les Indes Anglaises et Néerlandaises.

Georges Favre Jacot recherche des partenaires Suisses avec lesquels il est plus facile de négocier compte tenu de leur proximité géographique. En outre, la prospection de marchés inconnus implique une certaine prudence dans le choix de ses associés.
En 1901, il collabore pour ces nouveaux marchés avec Favre-Leuba S.A. La collaboration est d’autant plus facile que le fondateur de la manufacture est parent d’Henry Favre. Il se chargera de vendre les pièces ZENITH en Indes et Birmanie, en particulier à Bombay, Rangoon et Karachi. Les cadrans des montres comporteront soit la double signature de ZENITH et Favre Leuba soit la seule signature de Favre Leuba. On voit dans le même temps des montres sous la marque « Reform Watch »distribuées sur le marché avec des mouvements en tous points identiques à certains modèles ZENITH. La marque d’Alfred Schild et Cie semble bien avoir distribué des produits manufacturés au Locle rue des Billodes. Etait-ce le fruit d’un accord ponctuel pour écouler des stocks ou un accord de plus grande portée, cela semble difficile à établir car parfois ces accords reposaient sur de simples ententes verbales.



Le marché russe reste pour les mauvais mois à un niveau supérieur à 30% du chiffre d’affaires et pour la manufacture locloise, il n’est pas question d’être absente lors de la reprise des affaires sur ce marché. En fin commerçant, Georges Favre-Jacot imagine de donner à un représentant installé en Russie, le monopole de la diffusion de ses montres sur le marché Russe moyennant constitution par celui-ci d’une caution de garantie déposée au Locle au profit de la manufacture, en cas d’impayés. Ce représentant dans le schéma imaginé serait intéressé aux quantités vendues. Le conseil de surveillance retient cette idée mais veut absolument que des débouchés soient trouvés pour les vieux stocks dépréciés et charge Georges Favre-Jacot d’aller prospecter sur place tant pour délester les stocks que pour mettre en place la diffusion des nouveaux produits.

Les perspectives du marché russe retrouvées quelques mois après la crise, les autres marchés ne doivent pas être oubliés et beaucoup de marques déçues par leur déconvenues en Russie se sont repliées sur le marché allemand plus stable et en plein essor. Il faut à la manufacture combler son retard sur ce secteur ce qui, la proximité géographique aidant, semble d’autant plus facile. Longtemps, le marché allemand restera toutefois pour la marque du Locle, un marché difficile.



1902 L’étoile éclaire le monde

Nous sommes en 1902 et le calibre Zenith fiable et performant supplante les autres mouvements fabriqués par la manufacture qui veut privilégier sa diffusion. La manufacture de Georges Favre Jacot édite un livret destiné à ses distributeurs afin d’expliquer simultanément en russe, en français, en allemand, en anglais et en espagnol, ce qu’est la montre « ZENITH ». Celle-ci est présentée comme étant « par excellence la montre de l’heure exacte » et comme se situant à la pointe du « progrès de la mécanique moderne ». Sont mis en avant « le prix raisonnable, la précision et solidité de la construction, le réglage parfait et l’élégance des formes et de la décoration ». Le livret conclut « Nous n’aurions pas baptisé notre nouvelle montre du mot « ZENITH » (point culminant) si nous n’étions certains de la voir mériter ce nom et être placée par tous les connaisseurs au ZENITH de la construction technique et du goût artistique. »
Ce mouvement présenté en 1898 et très concurrentiel, notamment face à ceux d’OMEGA, sera parfaitement adapté au marché germanique qui suppose le déploiement de pas moins de sept représentants.
Le marché anglais est dans le même temps prospecté après avoir trop longtemps été oublié afin de couvrir au final, la majeure partie de l’Europe.
L’année 1902 fait à nouveau traverser une crise au marché russe décidément instable. Il faut donc conforter la position de la manufacture par le développement d’autres marchés. Les marchés de la Chine, de la Mandchourie et du Japon sont de plus en plus explorés par les marques suisses et James Favre est envoyé sur place pour y installer et rechercher des partenaires.


Cette année est une année charnière dans la recherche de partenaires et dans la diversification des marchés. L’expérience russe a démontré que l’on ne pouvait faire reposer une trop grand part des exportations sur un seul marché sans fragiliser toute l’entreprise en cas de crise sur celui-ci. La montre Zénith rencontre un franc succès partout où elle passe et l’Amérique du Sud semble offrir des perspectives intéressantes. Les manufactures américaines y sont déjà très présentes et les fabricants suisses y ont pris l’habitude de diffuser leurs produits à bas prix sous des noms de marques « de circonstance » propres à ces marchés émergents. Omega par exemple s’y diffuse sous la marque notamment « Régina » ou Juvénia sous la marque « Priorita ».

De son coté, le marché turc animé par Serkissoff qui écoule régulièrement les produits de la manufacture du Locle semble malgré tout devoir être stimulé et devient avec le marché russe une source de préoccupations par les incertitudes qu’il véhicule. Grâce à James Favre, la manufacture va bientôt partir à la conquète de l'Amérique...


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MessageSujet: Saga Zenith - Episode 10 - Zenith à la conquête des USA    Lun 2 Jan - 19:50

Saga Zenith - Episode 10 - Zenith à la conquête des Etats-Unis



Les relations se pacifient


Un mode de relations relativement « pacifié » a pu se mettre en place entre Georges Favre-Jacot et les actionnaires. Il en sera ainsi jusqu’en 1904 et pendant ces années, le gérant/actionnaire, d’abord assez « docile », semble se soumettre de bonne grâce aux décisions du conseil de surveillance. Celui-ci veut limiter les risques notamment de voir passer les actions de Georges Favres Jacot entre des mains extérieures. Toutefois la confiance reste limitée entre le gérant et le conseil de surveillance. Petit à petit, chez ce dernier, mûrit le projet d’une cogérance accentuant la tutelle qui semble ne pas avoir freiné les velléités d’autonomie de son propriétaire qui se joue de plus en plus de toute autorité et de tout contrôle.


Pendant cette période de cohabitation, la manufacture mène de fructueux projets couronnés de succès et d’autres, moins florissants, sous la coupe de Georges Favre Jacot. Celui-ci réussit des « coups » par des exportations négociées à l’emporte pièces avec des distributeurs d’ici ou là. Les montres sont parfois payées en nature avec des denrées ou produits revendus par des intermédiaires. Si la méthode de vente n’est pas d’une orthodoxie toujours exemplaire, il n’en reste pas moins qu’elle assure des entrées de trésorerie et des ventes pour la fabrique. Avec le temps, il apparaît de plus en plus ouvertement au gérant de la manufacture que les statuts de la société sont un handicap aux projets expansionnistes.


Son neveu et beau-fils James Favre formé par son oncle à favoriser l’expansion de l’entreprise en parcourant le monde pour assurer la prospérité de la marque est de plus en plus omniprésent dans la gestion de l’entreprise. Plus pondéré que son mentor, il séduit de plus en plus les membres du conseil de surveillance qui décèle en lui un gérant alternatif au créateur de la manufacture desservi par son impulsivité. Il n’est pas certain que Georges Favre-Jacot ait vu avant cette époque la rivalité de pouvoir qui va s’installer avec son gendre mais il ne fait aucun doute que dans l’esprit des actionnaires ce dernier prenne une place de plus en plus importante.
Pourtant Georges Favre-Jacot obtient de bons résultats même si la création de certaines agences et notamment celle de Paris en 1900 n’est pas d’un grand rapport, au moins peut-il se targuer de son omniprésence dans le monde et en particulier à Moscou après une période difficile en 1900 époque de baisse sensible de la demande sur le marché russe et surtout d’incertitude quant à la fiabilité financière à l’égard de ce pays.
On note à compter de 1904, de la part du conseil de surveillance qui souhaite de plus en plus contrôler la gestion de l’entreprise au plus près, des demandes ressenties par le créateur de la manufacture comme autant d’humiliations à son égard.

Il est ainsi demandé à Georges Favre Jacot de réduire les volumes de production et de rompre ainsi avec les années de pleine production quel que soit l’état du marché. Une telle demande induit pour réduire les charges, de se séparer d’une partie du personnel. Cette exigence du conseil de surveillance se voit opposer un refus catégorique par le créateur de la manufacture qui sait que ses ouvriers seront immédiatement embauchés par la concurrence locale, notamment celle de Tissot et que la pénurie d’horlogers qualifiés ne lui laissera, s’il les laissent partir, plus aucune chance ultérieure de retrouver les personnels qu’il a formés dans son entreprise. Georges Favre-Jacot sait toutefois qu’il ne peut se contenter de formuler un refus de cette nature sans offrir de solution alternative à ses interlocuteurs.
Il faut donc repartir à la conquête du marché russe et non réduire la production car le potentiel de diffusion y demeure sous réserve que la consommation y soit stimulée.
La crise sur le marché russe est passagère, comme les précédentes, et, en quelques mois, celui-ci retrouve le niveau élevé antérieur absorbant ainsi une partie des stocks accumulés au Locle. Les affaires progresseront en Russie par la suite de manière assez régulière, ce qui confortera la position de Georges Favre-Jacot. Cette évolution rassure les actionnaires qui finalement cèdent aux pressions du gérant de la société et acceptent les projets d’agrandissements qui vont permettre de développer de nouveaux calibres. La prospérité garantie permet aux actionnaires de céder à une augmentation de capital qui passe de 1 250 000 francs à 1 600 000 francs.

La conquête de l'ouest


C’est en 1904 que James Favre, en voyage aux Etats-Unis, a décidé de lancer la marque sur le territoire américain. Le marché y est difficile d’une part, en raison des mesures protectionnistes et des taxations qui en découlent pour les importations d’horlogerie et d’autre part, en raison de la vive concurrence que représentent des marques comme Hamilton, Elgin ou Waltham qui sont en plein essor. Cela n’arrête pas la dynamique expansionniste de la manufacture. Les montres ZENITH sont distribuées sur le marché américain dès 1905. Leurs mouvements sont améliorés spécialement pour ce marché et les finitions en sont adaptées.



New-York Wall Street en 1904


Les marques américaines fondent pour beaucoup leur communication sur la présentation des mouvements qui tranchent visuellement avec le laiton des calibres suisses. La clientèle américaine a été habituée par les marques traditionnelles américaines comme Waltham, Hamilton ou Elgin à des calibres rhodiés très décorés, damassés ou finement gravés et guillochés et bien empierrés. Si la production de la manufacture du Locle est d’un niveau de qualité incontestable pour la précision de ses montres, il lui faut se placer au « niveau visuel » de la concurrence.
Les mouvements livrés sur place sont donc « décorés à l’américaine » avec des motifs décoratifs aussi variés que divers et des pièces d’une qualité supérieure pour « tirer » les collections. Les mouvements les plus haut de gamme dits de type prima, bénéficient d’un large empierrement barillet compris et de pas moins de 8 « adjustments » dont deux opérés en fonction de la température. Une raquetterie plus « tape à l’œil » et parfaitement efficace fait la même année, l’objet d’un dépôt de brevet. Elle restera très longtemps inscrite dans la fabrication des montres et sera même adoptée pour les montres bracelets jusqu’aux années 60.

La conquête de l’Amérique passe par la qualité, des prix d’attaque et une distribution auprès de revendeurs ayant pignon sur rue. Edmond E Robert « à Maiden Lane » sera à New York l’un des détaillants les plus actifs de la marque multipliant les publicités dans la presse pour vanter ZENITH notamment en 1909 après que la marque eut reçu le plus grand palmarès de récompenses dans les concours de l’Observatoire de Neuchâtel.


Affiche de l'Exposition Universelle & Internationale de St. Louis (États-Unis) du 30 Avril au 30 Novembre 1904


James Favre bien entendu ne s’arrêtera pas à l’aspect esthétique des calibres et aux améliorations techniques. S’il revient notamment impressionné par la qualité des montres fabriquées outre Atlantique, il l’est aussi par leurs prix et le niveau élevé d’implantation des firmes horlogères américaines. Fasciné par l’organisation qu’il a constatée, il en déduit que les locaux du Locle ne sont pas adaptés à une distribution rationnelle des tâches et qu’il faut donc construire de nouveaux bâtiments, il souhaite ensuite se pencher sur le rendement. Les Américains chronomètrent les tâches des ouvriers et des ouvrières et les obligent à des volumes de travail en un temps donné. La méthode permet des gains de productivité et une baisse des coûts indispensable pour conserver sa position sur les marchés.
Il y voit une concurrence sérieuse et un frein potentiel au développement de l’entreprise. Il propose de réagir au plus vite et repart aux Etats-Unis avec directeur technique de la manufacture pour visiter les usines des grandes marques.


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MessageSujet: Saga Zenith Episode 11 : La fin du règne de Georges Favre Jacot   Dim 8 Jan - 13:23

Saga Zenith - Episode 11- La fin du règne de Georges Favre Jacot




Une évolution qui souffle le chaud et le froid

De 1904 à 1911, Georges Favre Jacot développe avec son neveu les marchés internationaux. Il implante des filiales et des succursales dans de nombreux pays et scelle des accords commerciaux qui vont durablement protéger Zenith des crises quand certains concurrents n'auront développé que le marché russe.

Pour autant, la gestion de la manufacture inquiète les actionnaires. La manufacture a pris l’habitude de produire plus qu’elle ne vend et l’écoulement de la production à prix « sacrifiés » est une condition posée par les nouveaux associés. Pendant les dernières années précédant 1911 et jusqu’à la décision d’un nouveau changement de statuts, les relations vont être particulièrement tendues entre le conseil de surveillance et le gérant de la manufacture qu'est Georges Favre Jacot. Les réunions du conseil retracent des discussions enflammées dont il ne fait pas de doutes qu’elles édulcorent des échanges sensiblement plus directs. Georges Favre-Jacot n’avait pas la réputation de « mâcher » ses mots. Là où le conseil de surveillance attend des amortissements, Georges Favre Jacot répond par des investissements tant immobiliers que consacrés aux machines. Agacé par la lourdeur de la prise de décisions par le conseil de surveillance et par l’enthousiasme mesuré à l’égard de ses idées, Georges Favre Jacot passe outre les orientations données par celui-ci jusqu’à ce que la cohabitation deviennent impossible et que les statuts soient remis en cause en 1911. Cette situation cesse de le lasser pour le fâcher et petit à petit, le divorce se consomme. Les deux parties finissent par ne plus pouvoir dialoguer et le changement de statuts devient inéluctable.

Le Corbusier, muse de Georges Favre Jacot avant l'heure

Georges Favre Jacot est attaché au Locle plus que jamais et toujours animé par un esprit d’entreprise que ni les années ni les luttes intestines au sein de l’entreprise n’ont altéré, fait réaliser pour y habiter une superbe villa par un jeune architecte Charles-Edouard Jeanneret qui deviendra célèbre dans les années 20 sous le pseudonyme de Le Corbusier. Les plans d’origine de la villa conservés à la bibliothèque de la Ville de La Chaux de Fonds comportent un atelier et on sait que les projets furent élaborés en 8 jours.
Les travaux sont engagés en 1911, moins de 12 jours après la première entrevue entre l’architecte et Georges Favre-Jacot ébloui par le talent de ce jeune architecte dont il voulait s’attacher les services. La villa dans laquelle son propriétaire s’installera en 1913, comporte des colonnades parées de statues de Léon Perrin.
C’est probablement peu après cette période que la manufacture fera appel à Laverrière, célèbre architecte romand, pour dessiner ses usines, boutiques, emballages et produits. Ainsi est né le principe du concept global que nos designers modernes défendent parfois.




Depuis 1896, le statut de l’entreprise est celui d’une société en commandites et ce statut demeure jusqu’en 1911. Dans la douleur de conflits internes, la manufacture devient une société anonyme et le restera jusqu’en 1925. La période de 1911 reste une période charnière dans une Europe qui se transforme, dont l’industrie se renouvelle et dans une économie qui, personne ne le sait encore, aura à affronter la guerre, 4 ans plus tard.


Si la production a pu être privilégiée sous l’impulsion de Georges Favre-Jacot, c’est la position de son neveu, second gérant qui reçoit l’assentiment général pour faire face à l’avenir : il faut pousser les ventes et s’attacher au développement de la partie commerciale. James Favre démontre avoir des idées rassurantes pour les actionnaires et ne rate pas une occasion de se démarquer de son oncle. Le point de désaccord sur l’élargissement du dispositif commercial voulu par James quand Georges préconise de renforcer l’outil de production n’est certainement pas le seul à pouvoir justifier d’une mésentente qui s’est transformée en intolérance réciproque entre les deux hommes. James Favre alors âgé de quarante ans n’hésite pas à arguer auprès du conseil de son départ potentiel de l’entreprise et à soulever le climat de discorde qui s’est installé avec son oncle. Ce chantage au départ sera pour lui payant car il obligera le conseil à prendre une position non équivoque à son égard dans une période qui est très défavorable à son oncle.
Le peu d’estime du patriarche envers son gendre a valu a ce dernier les humiliations d’une mise en sommeil de ses idées et l’attribution d’une position sous contrôle permanent de son beau-père. Georges Favre-Jacot supporte peu la contradiction et fort de ses succès en partage la gloire avec ses ouvriers plus qu’avec ses associés et son neveu.
Il n’a jamais toléré un quelconque contre pouvoir et de fait a soumis son beau-fils à un dispositif d’organisation qui l’a réduit au rang de subordonné ce qui a, depuis 1904 date à laquelle il fut nommé cogérant, réduit à peu de choses la promotion que le conseil a entendu lui accorder. Les tentatives du conseil pour segmenter les domaines respectifs de compétences des deux hommes, l’un à la production et l’autre à la commercialisation, sont restées sans effet. Dans ces conditions, le ton et les conflits latents n’ont cessé de monter jusqu’à l’explosion du conflit qui ne peut se solder que par le départ de l’un des deux hommes...

A suivre

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MessageSujet: Saga Zenith - Episode 12 - La manufacture prend le nom de Zenith    Ven 20 Jan - 18:44

Saga Zenith - Episode 12 - La manufacture prend le nom de Zenith



Lors de sa réunion du 30 octobre 1911, l’assemblée générale des actionnaires décide la dissolution de la société en commandites, dissolution dont la banque Cantonale Neuchâteloise sera l’opérateur. L’affaire est tout à fait dans la stratégie générale de la banque qui multiplie, depuis le début du siècle, les opérations de prises de participations dans des affaires familiales qu’elle transforme en sociétés anonymes où elle siège au sein du conseil d’administration.

La nouvelle société anonyme créée au Locle n’oublie pas Georges Favre Jacot et lui demande des indemnités pour des constructions mal faites et placées sous sa responsabilité. L’ampleur des malfaçons est parfois telle que les immeubles devront être rasés.

Mais ce 30 octobre 1911 est avant tout le jour de la fondation de la « Fabrique de Montres Zénith SA succ. de Georges Favre-Jacot et Cie » au capital de 1 500 000 francs.
La nouvelle société passe de 83 à 92 actionnaires. La marque qui devient l’emblème de la société est déjà connue puisque le nom de ZENITH figure depuis plusieurs années aux cotés de celui de Georges Favre Jacot qui avait déjà tout compris de l’importance de la communication préalable à tout changement de marque commerciale. On retrouve la trace du nom dès 1896. Ce changement sera le point de départ d’une véritable politique de marque et d’une communication fondée sur la valeur du nom ZENITH et des caractéristiques de qualité que cette marque véhicule.



L’expansion de la manufacture est passée par la conquête des capitales et les dix premières années du siècle sont marquées par un déploiement mondial de la marque.
Le talents des ingénieurs et horlogers qui ont su donner au mouvement Zénith les qualités indispensables pour s’affirmer au plan international face à une concurrence féroce des Américains mais aussi des marques suisses dont en particulier Omega et Tissot.

Les lourds investissements pas toujours mis en oeuvre dans une logique consensuelle mais rigoureusement indispensables à la compétitivité des produits fabriqués, la pondération du conseil d’administration, le déploiement de la distribution menée sur tous les fronts géographiques, la pugnacité de Georges Favre Jacot et le savoir faire commercial de James Favre auront été salutaires à la survie de la marque dont il est probable qu’ elle n’aurait pas résisté sans ces efforts aux crises internes et externes que la manufacture a dû affronter. Si le départ de Georges Favre Jacot s’est opéré dans un contexte conflictuel, nul ne peut lui contester le génie d’avoir su porter son rêve de grande manufacture et d’avoir hissé ZENITH au premier rang des firmes horlogères suisses prêtes à affronter le siècle et les embûches d’une économie en mutation. Bien sûr ZENITH n’est pas orphelin d’avoir perdu Georges Favre Jacot mais au sein du personnel de la manufacture, l’homme a laissé des amitiés et les conditions de son départ affectent l’esprit de l’entreprise.

Grâce à une stratégie commerciale fondée sur l’omniprésence de la marque sur tous les continents, ZENTH connaît à partir de 1912 une période prospère. La stabilité politique internationale aidant, les carnets de commandes sont pleins et la manufacture peine à livrer les commandes. Son outil de production n’a pas suivi l’expansion de la marque et il apparaît clair que les recommandations d’enrichissement de l’outil de production prônées par Georges Favre-Jacot jusqu’au moment de son départ sont une obligation incontournable.

Les filiales installent une bonne diffusion des produits de la manufacture et dès 1913, il faut consolider leur capital et renforcer le stock disponible notamment à Vienne. En outre, fort des bons résultats enregistrés au sein des trois premières filiales, il est décidé d’en installer une du même type à Londres.
La notoriété internationale de ZENITH fait désormais partie des acquis. Une fois le changement de nom opéré, la manufacture présidée par James Favre décide que c’est vers l’Allemagne que l’effort de communication doit être accentué. Des campagnes de réclame dans les revues et magazines allemands avec l’appui des distributeurs locaux sont lancées en 1912 sur tout le pays et marquent le début de la généralisation de la distribution dans ce pays. Le marché turc, l’un des premiers conquis par Georges Favre-Jacot reste très actif et Serkissoff y multiplie en 1913 les campagnes de promotion à travers la presse.



ZENITH, par une omniprésence dans les journaux, élargit ses parts de marchés et donc son implantation. En cela la manufacture rattrape son retard vis-à-vis de la concurrence suisse qui a multiplié les messages publicitaires dans les magazines et revues depuis 1907/1908. Les encarts publicitaires sont ludiques et font largement appel à la couleur en fondant les slogans sur la précision et la fiabilité.


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MessageSujet: Saga Zenith Episode 13 - Les plus belles réussites de Georges Favre Jacot    Jeu 26 Jan - 9:41

Saga Zenith Episode 13 - Les plus belles réussites de Georges Favre Jacot - Alfons Mucha Inspirateur Horloger ...





Vers 1890 naît un nouveau concept, une tendance, un mouvement artistique qui va faire fureur pendant un quart de siècle jusqu’à ce que la guerre occupe les esprits à d’autres sujets et que la période qui suivra oriente les esprits sur l’Art Déco. A cette époque, tous les secteurs industriels préparent la grande exposition universelle de Paris et la recherche de modèles phares est plus qu’une préoccupation, une nécessité pour se faire remarquer dans un monde dont l’industrie commence à banaliser les objets manufacturés.
L’Art Nouveau est partout de la peinture à l’architecture, de la sculpture à la gravure et il envahit même la publicité tant la passion positive ou négative qu’il déchaîne attire les regards. Georges Favre Jacot comme nombre d’industriels se passionne pour la mode de l’Art Nouveau et ira même jusqu’à faire réaliser en 1911, une superbe villa par un jeune architecte, Charles-Edouard Jeanneret, qui deviendra célèbre dans les années 20 sous le pseudonyme de Le Corbusier.

En cette fin de siècle, les regards des publicitaires, des journaux et des affichistes se tournent vers un jeune talent qui fait une belle unanimité. Alphonse Mucha porté au pinacle par les affiches faites en 1894 pour «Gismonda», une pièce de théâtre jouée par Sarah Bernhardt, illustre les affiches de nombres de marques de produits de toutes natures. Nombreuses sont les marques et les industriels qui font appel à Alphonse Mucha pour dessiner ici leurs affiches, leurs publicités, ou bien encore leurs étiquettes. On demande même à l’artiste des pièces de joaillerie, des couverts, des meubles et bien entendu des prestations de décoration et d’architecture. Le biscuitier Lefèvre Utile, Job, Perfecta, font notamment partie des entreprises que Mucha séduira par son talent. Les états vont jusqu’à lui demander de dessiner des timbres et des billets de banque.



Alfons Mucha vers 1897


A la veille de l’exposition universelle de 1900, Georges Favre Jacot rêve de faire dessiner les boîtiers de ses montres de poche par Mucha. La participation de l’artiste n’est pas acquise et le créateur de la manufacture doit négocier lui-même le droit d’utiliser les oeuvres. Georges Favre Jacot aurait certainement voulu pour ses montres des dessins originaux mais quand en 1896, Alphonse Mucha a signé une série de 4 lithographies en couleurs intitulées "Les Saisons" et comprenant : Printemps, Eté, Automne et Hiver, c’est pratiquement un concept de collection qu’a mis au point l’artiste, concept que l’horloger va décliner pour ses montres.




Mucha vient d'ariver à Paris depuis une dizaine d'année afin de poursuivre ses études à l'Académie Julian et à l'Académie Colarossi. Parallélement, il réalise des revues et des affiches souvent à vocation publicitaire. La "Réclame" est en pleine expansion. Mucha impose son style et devient ainsi célébre. Il se met en place une boulimie de ses oeuvres pour faire vendre. Plus qu'un style, Mucha apporte un concept et après plusieurs oeuvres très parisiennes, il participe à l'Exposition du Cirque de Reims et réalise l'affiche du Salon des Cent à Paris. Il produit en série des peintures, aquarelles, posters et des affiches publicitaires de style Art nouveau. Reims adopte Mucha pour son champagne et Mucha devient l'illustrateur des affiches de Ruinart et Moët et Chandon mais aussi Heidsieck et Mercier. Dans ses dessins, devient récurrente une jeune femme en robes néoclassiques dotées de drapés flottants, couronnée de fleurs. Mucha devient un symbole du bon goût et de la mode...Il se rendra ensuite aux États-Unis de 1906 à 1910.








Georges Favre Jacot est très sensible à l'art nouveau et il passe contrat avec Mucha au terme duquel Georges Favre Jacot peut en 1900, présenter à Paris lors de l’exposition universelle, une collection précieuse et originale à la hauteur de ses ambitions. Les modèles de la collection admirée à l’exposition de 1900 seront proposés en argent en trois versions avec une gravure en taille douce oxydée, niellés mats ou lisses et en émaux demi-tons. La publicité de 1900 insiste sur le caractère unique de l'autorisation.

Les exemplaires de ces montres dont les cadrans sont signés ZENITH sont rares et la série complète est inespérée des collectionneurs. Il ne furent jamais réédités et pour cause, le contrat passé avec Mucha semble avoir été d’une portée limitée dans le temps. C'est Huguenin, médailler et fabricant de boites qui réalisa les 4 boites des saisons...




















Droits réservés - Texte déposé- Joël Jidet - Forumamontres Octobre 2011

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MessageSujet: Saga Zenith - Episode 14 - Zenith à la conquête de l'aviation    Dim 29 Jan - 8:42

Saga Zenith - Episode 14 - Zenith à la conquête de l'aviation



Zenith Royal Flying Corps, 30 Hours, Non Luminous, Mark V




Les avions biplans et biplaces Avro 504 furent parmi les premiers avions équipés par des altimètres Zenith à être largement utilisés par les Flying corps de la Royal Navy







En moins de 10 ans, l'aviation balbutiante dans la première décennie du 20ième siècle fait une avancée immense lorsqu’éclatent les premiers combats de la première guerre mondiale. De sport d’hurluberlus en mal de sensations fortes, l’aviation devient l’outil de héros d’un nouveau genre projetés dans une guerre sanglante d’une forme qui est à la croisée des guerres des deux siècles antérieurs et de la seconde guerre mondiale à venir.

A partir de 1916, Zenith devient fournisseur de la Royal Air Force pour des montres de bord qui vont s’intégrer aux tableaux de bord rudimentaires des avions et en particulier des biplans Avro 504 qui équipent beaucoup d'armées européennes. Dotées de cadrans noirs non luminescents, les montres « Royal Flying Corps, 30 Hours, Non Luminous » sont fabriquées pour être lues facilement par les pilotes dans des laps de temps très courts à une époque où le pilotage se fait au vu. La mention de la réserve de marche de 30 heures est là pour rappeler aux pilotes que l’heure précise dont ils disposent dépend du remontage de la montre dans des espaces temps qui ne doivent pas excéder 30 heures entre chaque armage complet du barillet.



Si les premières livraisons comportent des cadrans noirs mats avec des chiffres arabes non luminescents et des aiguilles épaisses peintes en blanc, c’est parce que ces montres sont de véritables instruments de navigation dont la destination est de s’intégrer pleinement dans les tableaux de bord des aéronefs. Cette intégration s’opère selon les modèles d’avions de plusieurs manières :
-par une sorte de griffe fixée au tableau de bord
-soit par un support en cuir qui protège la montre
-soit par un support en bois
-soit encore par un procédé de bague d’adaptation qui se superpose à la montre et est vissé sur le tableau de bord
-soit par intégration dans un boitier en laiton rhodié qui s’ouvre par l’arrière et laisse découvrir le cadran par une ouverture de la dimension de ce dernier

Ce dernier type de support et le système en bois ont également une autre utilité pour l'heurage des photographies des avions de reconnaissance.

La plupart du temps selon les premiers modes d'intégration aux tableaux de bord, la montre ne comporte pas de bélière. Elle est dotée d’un pendant plus haut que sur les montres classiques pour une préhension plus aisée avec des gants lors du remontage où de la mise à l'heure. Les montres comportent également sur le cadran une référence d’inventaire commençant par deux lettres qui identifient la manufacture dont la montre est issue puis 4 chiffres. Les lettres CB correspondent par exemple à Zenith.



L’aviation évolue de manière fulgurante dans les années de guerre et très rapidement la Royal Air Force met en place des vols nocturnes pour surprendre davantage l’ennemi dont les modes de repérages des avions sont essentiellement visuels et ainsi mieux protéger ses pilotes. Les bombardiers ainsi engagés dans les combats doivent disposer de montres luminescentes, lisibles pendant les vols de nuit. Les instruments de bord sont alors adaptés en appliquant dans un premier temps sur les cadrans des montres des points de peinture luminescente à base de radium et en peignant avec cette matière les aiguilles. Ce sont directement les services responsables de la maintenance des montres de l’armée de l’air qui se chargent de ces adaptations sur les premières versions luminescentes. Ils le font parfois de manière rustique, simplement en ajoutant cette peinture et en dissimulant d’un trait de peinture noire la mention « Non Luminous » et la référence de la montre.

Ces montres dotées de calibres de type 19 lignes et 15 rubis étaient remarquables pour leur précision et pour leur résistance tant aux vibrations dues aux décollages et aux atterrissages des avions sur des pistes herbeuses qu’aux chocs consécutifs aux atterrissages souvent assez brutaux. A l’époque, les antichocs qui ne verront le jour qu’à la fin des années 30, ne peuvent équiper ces pièces et donc en protéger l'axe de balancier. Malgré tout peu de montres ont montré des signes de faiblesse dans des conditions d’utilisation pourtant extrêmes qui ne ménageaient pas non plus les mouvements soumis à l’humidité et au froid de l’altitude.

Les montres de la Royal Flying Corps avaient parfois un usage particulier en ce qu'elles servaient de mode d'identification de l'heure sur les clichés pris par les appareils de repérage photographiques des avions de reconnaissance. Ce fut le cas en 1918 pour certaines pièces faites par Zenith dotées d'aiguilles épaisses y compris la trotteuse pour mieux marquer les négatifs des plaques argentiques des appareils photo. La photo de la montre appraissait ainsi en bas à droite des clichés. La trotteuse épaisse assurait une visibilité sur la photo parfois un peu floue à cause du "bougé" imposé par les vibrations de l'avion. Il était en effet essentiel de disposer d'une heure précise pour évaluer les distances parcourues par l'ennemi et calculer ses vitesses de déplacement.




Ces pièces horlogères pouvaient aussi côtoyer sur les tableaux de bord des avions Avro 504s de la Royal Air Force d’autres instruments de navigation dont Zenith avait fait sa spécialité. Zenith équipera également des Sopwith Camels, Sopwith Pups, SE5As et des Bristol Fighters...


La manufacture, en effet, fabriqua dès le début des années 10 des altimètres très réputés dans l’univers de l’aviation. Un atelier complet de la manufacture fut dédié jusqu’à la seconde guerre mondiale à la fabrication de ces pièces très particulières qui étaient livrées avec des disques en pieds ou en hecto-mètres selon les pays destinataires et selon leur adoption ou non du système métrique. Les premières versions des altimètres Zenith ne comportent évidemment aucun marquage militaire.



En effet, les premiers avions des armées étaient souvent des appareils civils recyclés et en tous les cas mal préparés à la guerre. La vocation militaire des instruments de bord suivit celle des avions eux-mêmes. Par la suite la Broad Arrow fait son apparition sur des pièces qui, comme les montres, passent de l’absence de luminescence à la luminescence de l’aiguille et de quelques chiffres. Les cadrans des altimètres des Flying Corps anglais sont en outre marqués d'une mention "Mark V" et d'un numéro d'inventaire. Ainsi, lors des vols de nuit, les pilotes continuent à lire leurs instruments qui deviennent leurs références ultimes. Ces altimètres sont dotés d'une aiguille à tête rectangulaire qui n'est pas sans rappeler celle que les chronographes El Primero utiliseront en 1969.



L'armée anglaise fit fabriquer pendant la seconde guerre mondiale 58 144 avions dont 35 973 avions furent abattus. Les pièces passaient parfoit d'un aéronef à l'autre. Malgré tout, les volumes requis par la Navy furent très importants. Pour cette raison, la Royal Air Force eut recours à plusieurs manufactures horlogères pour ses montres d'aviation : Zenith fut l'une des rares à fabriquer les pièces livrées à 100%. La plupart des autres maisons durent emboîter outre leurs cailbres, des mouvements divers disponibles sur le marché suisse.




On trouve aujourd’hui assez facilement des versions de montres en état moyen et plus rarement en parfait état et encore plus exceptionnellement avec des systèmes d'emboitage ayant servi sur les aéronefs de l'époque. Pour les altimètres, ceux fabriqués par Zenith ont connu une demande exponentielle et sont recherchés autant pour leur histoire que pour leur intérêt technique. Beaucoup furent détruits avec les avions dans lesquels ils volaient.




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