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 La saga Zenith - La manufacture Zenith à travers le temps - 150 ans d'histoire

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ZEN
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MessageSujet: Saga Zenith - Episode 25 - Georges Favre Jacot cède le pouvoir à James Favre    Ven 2 Mar - 23:42

Saga Zenith - Episode 25 - Georges Favre Jacot cède le pouvoir à James Favre


1911 - Le départ de Georges Favre Jacot

En janvier 1911, les actionnaires excédés par les facéties du gérant de la manufacture qu'est Georges Favre Jacot lui notifient sévèrement la fin de toute prérogative pour réaliser la moindre construction ou transformation immobilière, contracter les emprunts ou déléguer ses responsabilités sans assentiment préalable du conseil. Georges Favre Jacot refuse cette décision mais le conseil de surveillance pour la première fois soutient son neveu contre son oncle et ne se laisse pas impressionner par les menaces de dissolution de la société qui lui sont adressées par le créateur de la manufacture. Le premier accuse le second d’avoir comploté contre lui et la cohabitation devient impossible au point que les deux hommes ne peuvent même plus siéger ensemble lors des réunions du conseil qui doit les écouter alternativement. La famille se déchire.

Le conseil de surveillance est en opposition quasi permanente depuis plus de 5 ans avec le créateur de la manufacture et maintenant un point de non retour est atteint dans les relations entre le créateur de l’entreprise et l’ensemble des autres actionnaires qui se sont ralliés au second gérant .
Pour le bien de l’entreprise, excédé, poussé vers l’extérieur par son neveu, Georges Favre Jacot décide sans toutefois capituler de se retirer et de proposer que la société en commandite se transforme en Société Anonyme. La volonté de pérenniser l’affaire qu’il a créée a sans doute contribué à cette décision probablement assortie au moins dans un premier temps de l’espoir de conserver certaines prérogatives dans le sort de l’entreprise. Les deux parties s’en remettront à des hommes de lois pour régler l’opération après qu’une assemblée des actionnaires détenteurs d’actions de catégorie A réunis à l’extérieur de l’entreprise se soit tenue. Ces derniers tenus à l’écart du conflit depuis des années, découvrent pour les moins bien informés à la fois l’ampleur des désaccords et les solutions préconisées.



L’entreprise a en outre connu une expansion phénoménale pendant les 15 ans qui viennent de s’écouler et la forme d’une société anonyme semble mieux adaptée à la pérennité de celle-ci. Paradoxalement, Georges Favre-Jacot et le conseil de surveillance font corps pour préserver l’âme de l’entreprise attachée à la précision et à la qualité des produits manufacturés. Les tentatives d’appropriation par des financiers opportunistes au détour des oppositions qui divisent les actionnaires et provoquent la transformation des statuts de l’entreprise échouent et on peut véritablement parler de Gentlemen's Agreement entre le créateur de la manufacture et les coactionnaires pour faire échec à toutes les tentatives d’intrusions dans le capital par des personnes extérieures.

Le fondateur de ZENITH se trouve ainsi chassé sans gloire de l’entreprise qu’il a fait naître et prospérer pendant 45 ans. L’homme est assurément blessé mais il est considérablement riche d’un patrimoine foncier qui n’a cessé de croître et embellir. Il peut s’adonner à son plaisir de parcourir à cheval les 246 hectares qui ne constituent qu’une partie de sa propriété et qui symbolisent la réussite de l’enfant déscolarisé à 9 ans et né 68 ans plus tôt dans un milieu modeste...

L'aventure Zenith va continuer sans lui mais avec le souvenir d'un créatif avisé qui aura conduit son entreprise au bout de son rêve.




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MessageSujet: Saga Zenith - Episode 26 L'installation sur les marchés avant guerre    Sam 28 Avr - 22:30

Saga Zenith - Episode 26 L'installation sur les marchés avant guerre




La marque Zenith devient l’emblème de la société est déjà connue puisque le nom de ZENITH figure depuis plusieurs années aux cotés de celui de Georges Favre Jacot qui avait déjà tout compris de l’importance de la communication préalable à tout changement de marque commerciale. On retrouve la trace du nom dès 1896. Ce changement sera le point de départ d’une véritable politique de marque et d’une communication fondée sur la valeur du nom ZENITH et des caractéristiques de qualité que cette marque véhicule.





L’expansion de la manufacture est passée par la conquête des capitales et les dix premières années du siècle sont marquées par un déploiement mondial de la marque.
Le talents des ingénieurs et horlogers qui ont su donner au mouvement Zénith les qualités indispensables pour s’affirmer au plan international face à une concurrence féroce des Américains mais aussi des marques suisses dont en particulier Omega et Tissot.

Les lourds investissement pas toujours mis en oeuvre dans une logique consensuelle mais rigoureusement indispensables à la compétitivité des produits fabriqués, la pondération du conseil d’administration, le déploiement de la distribution menée sur tous les fronts géographiques, la pugnacité de Georges Favre Jacot et le savoir faire commercial de James Favre auront été salutaires à la survie de la marque dont il est probable qu’ elle n’aurait pas résisté sans ces efforts aux crises internes et externes que la manufacture a dû affronter. Si le départ de Georges Favre Jacot s’est opéré dans un contexte conflictuel, nul ne peut lui contester le génie d’avoir su porter son rêve de grande manufacture et d’avoir hissé ZENITH au premier rang des firmes horlogères Suisses prêtes à affronter le siècle et les embûches d’une économie en mutation. Bien sûr ZENITH n’est pas orphelin d’avoir perdu Georges Favre Jacot mais au sein du personnel de la manufacture, l’homme a laissé des amitiés et les conditions de son départ affectent l’esprit de l’entreprise.



Grâce à une stratégie commerciale fondée sur l’omniprésence de la marque sur tous les continents, ZENITH connaît à partir de 1912 une période prospère. La stabilité politique internationale aidant, les carnets de commandes sont pleins et la manufacture peine à livrer les commandes. Son outil de production n’a pas suivi l’expansion de la marque et il apparaît clair que les recommandations d’enrichissement de l’outil de production prônées par Georges Favre-Jacot jusqu’au moment de son départ sont une obligation incontournable.

Les filiales installent une bonne diffusion des produits de la manufacture et dès 1913, il faut consolider leur capital et renforcer le stock disponible notamment à Vienne. En outre, fort des bons résultats enregistrés au sein des trois premières filiales, il est décidé d’en installer une du même type à Londres.
La notoriété internationale de ZENITH fait désormais partie des acquis. Une fois le changement de nom opéré, la manufacture présidée par James Favre décide que c’est vers l’Allemagne que l’effort de communication doit être accentué. Des campagnes de réclame dans les revues et magazines allemands avec l’appui des distributeurs locaux sont lancées en 1912 sur tout le pays et marquent le début de la généralisation de la distribution dans ce pays. Le marché turc, l’un des premiers conquis par Georges Favre-Jacot reste très actif et Serkissoff y multiplie en 1913 les campagnes de promotion à travers la presse.




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Dernière édition par ZEN le Sam 28 Avr - 22:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Saga Zenith - Episode 27 La guerre prospère    Sam 28 Avr - 22:36

Saga Zenith - Episode 27 La guerre prospère



L’industrie suisse et la première guerre

Les premiers mois de la grande guerre sont quasiment sans incidence sur la production de l’industrie suisse qui voit même ses affaires prospérer du fait de l’occupation de ses concurrents étrangers à produire pour les armées. Les puissances alliées profitérent de la neutralité suisse pour imposer que soit créé un consortium de 51 syndicats d’importation et d’exportation baptisé « Société Suisse de Surveillance » et chapeauté par un réseau de bureaux installés dans les pays alliés. Cet organisme surnommé « Société de la Souveraineté Suspendue » en raison des influences extérieures auxquelles il soumet la Suisse a pour objectif de faire en sorte que le commerce extérieur contribue à renforcer la capacité offensive des pays alliés. La Suisse sous surveillance voit les mois passant son économie perturbée par la guerre qui fait rage à ses frontières. Il est demandé à son industrie de fabriquer et livrer des systèmes de mise à feu d’obus et des fusées d’obus, grenades, uniformes militaires et des denrées alimentaires pour les rations des soldats ainsi que des produits chimiques. Le Conseil Fédéral doit sous la pression économique des alliés, reculer par rapport aux principes de neutralité et finit par fournir aux armées anglaises, françaises ou russes les munitions qui leur font défaut dès les premiers mois de guerre. L'ensemble des marques horlogères est embarqué dans la guerre ...



L’«US Signal Corps»


Aux alentours de 1917, ZENITH équipe notamment l’armée américaine. Plusieurs marques américaines et suisses sont sollicitées pour doter la British Royal Flying Corps et l’« US Signal Corps ». La manufacture du Locle fournit à cette occasion des montres bracelet avec trotteuse à six heures sur cadran en émail blanc. Les cadrans de ces montres, rendus luminescents par une peinture au radium, permettaient une lecture nocturne de l’heure facilitée également par les aiguilles Mercedes également luminescentes.


Les boites d’une taille d’environ 33 mm ou plus sont en «métal blanc» et les calibres, en général des 13 lignes de 15 rubis, sont dotés d’une raquette à disque excentrique. Leur construction et leur architecture sont très proches de celle des mouvements des montres de poche, dont ils sont la duplication sous diamètre réduit. D’une précision absolue, ces montres disposent d’un balancier Guillaume à vis, coupé et bimétallique, ainsi que d’un spiral Breguet. Près d’un siècle après leur fabrication, les montres des « Signal Corps » passent aisément l’épreuve de contrôle de réglage sur les vibrocomparateurs électroniques modernes.

Elles furent portées par les soldats américains chargés des communications par radio, télégraphe ou téléphone et en particulier par des reporters propagandistes du corps expéditionnaire américain qui s’engagea à coté des alliés dès 1918. Ce marché fut partagé, pour ce qui concerne les firmes suisses, notamment avec Omega et Longines, concurrents historiques de ZENITH. Les boites sont parfois "grillagées" pour en protéger la face antérieure des chocs tout en préservant la lisibilité de l’heure.




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MessageSujet: Saga Zenith - Episode 28 : 1917 - Le marché Russe s'effondre    Ven 18 Mai - 23:31

Saga Zenith - Episode 28 : 1917 - Le marché Russe s'effondre


La guerre terminée, les concurrents de la marque consentent des efforts de communication et focalisent leur production sur les pratiques sportives. Le choix n’est pas dû au hasard, il est évidemment porteur de recherche de précision de par l’activité mise en avant et il est aussi consensuel dans un monde encore déchiré par les rancoeurs de la guerre meurtrière passée. Les sociétés annexes Russe et Autrichienne de ZENITH sont réduites à chez les montres et même si elles ont été amorties pendant les années de guerre, c’est la distribution qui va subir les conséquences de ces pertes de potentiel commercial. L’entreprise sort économiquement et stratégiquement renforcée de la guerre par la diversification de ses activités mais la crise qui l’attend est à la hauteur des succès qu’elle a connus.

L’année d’après guerre est aussi l’année de la pénurie de personnel au Locle, une année de mobilisations multiples et évidemment celle de la grande épidémie de grippe espagnole qui décime l’Europe et une grande partie du monde en tuant plus de 20 millions de personnes. Le personnel qualifié en horlogerie fait cruellement défaut au Locle et l’encadrement est insuffisamment représenté. La production devra donc être limitée à la capacité du moment et orientée vers ce qui est réputé se vendre le mieux. ZENITH commet à ce moment une erreur stratégique en orientant sa production sur des pièces à complication notamment grâce à la maison Le Phare rachetée en 1915.



La marque se lance ainsi dans la production de montres à répétitions et dans la diffusion de chronographes également développés en interne par la manufacture. La fabrique produit encore plusieurs sortes de compteurs. Ces fabrications sont inadaptées aux attentes des consommateurs qui en matière d’horlogerie s’attachent énormément au concept de marques auquel les renvoie la publicité qui s’est considérablement développée.

1917 sera aussi l'année de la disparition de Georges Favre Jacot. Il n'est plus rien dans l'entreprise mais il demeure omniprésent dans les mémoires...

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MessageSujet: Saga Zenith - Episode 29 1920 La diversification   Ven 18 Mai - 23:36

Saga Zenith - Episode 29 - 1920 La diversification




Dans les années d’après guerre ZENITH complète ses implantations à travers le monde et y ajoute notamment l’Italie, la Yougoslavie, la Roumanie, le Chili et l’Australie. En 1920, ZENITH est omniprésent à travers le monde et aucun continent n’échappe à la distribution des montres. Le capital social passe de 2 100 000 à 3 150 000 francs. Le développement trop rapide des activités impose de nouvelles immobilisations qui menace sérieusement la pérennité de l’entreprise.
L’année 1919 est difficile car les firmes Américaines multiplient les implantations en Europe et produisent à grande échelle des montres de qualité et bon marché. L’image Américaine est en outre assez bonne dans l’opinion et les parts de marchés gagnées par la concurrence sont autant de ventes en moins pour la manufacture. La distribution des montres est difficile en Europe et l’après guerre est une période économique difficile. Les frontières tardent à se rouvrir et les exportations posent problème.


La semaine des ouvriers est longue pour des salaires modestes d’autant que les années de guerre ont profité à la manufacture et la pression monte au sein de l’entreprise en vue d’une réduction du temps de travail.
Une lettre d’information interne à l’entreprise intitulée « La ZENITH nouvelle » datée de 1919 rappelle qu’en 1917, la semaine de travail était de 58,50 heures et qu’elle est descendue à 55 heures. La lettre annonce qu’elle sera dès le 1er octobre de 48 heures suite à un accord intersyndical malgré un contexte très concurrentiel. Les syndicats revendiquent par ailleurs une égalité des salaires antérieurement différenciés en fonction de l’ancienneté et des mérites individuels.

En 1920, la manufacture a produit depuis sa création, plus de 2 millions de montres et fait partie des plus importantes manufactures horlogères suisses.
Malgré ces résultats ZENITH est à ce moment structurellement surdimensionné en terme de moyens de production et la diversification n’est plus un choix mais une obligation. Une fois de plus la souplesse et l’adaptabilité de l’outil de production sont au centre des préoccupations. Les filiales de ZENITH deviennent rapidement déficitaires et sont portées à bout de bras par James Favre qui convaincu d’une reprise prochaine, en défend la survie qui passe selon lui par la diversification de la production.

Citation :
Dans les années 20, Zenith produit des réveils discrets et de qualité qui fixent la marque dans tous les foyers jusqu'à la table de nuit. Les décorations de ces réveils sont variées et le catalogue Zenith est l'un des plus riches plaçant la manufacture en concurrent dynamique de Jaeger LeCoultre ou Bayard.
Ces réveils sont précis et l'un des mondèles, le Rondor est diffusé soit sur un support en bronze, soit sur un support en marbre...

Le Rondor reste aussi précis 90 ans après sa diffusion ...






ZENITH se lance donc dès 1919 dans la production de réveils et pendulerie de petite et grande taille ainsi que de compteurs d’électricité et un appareil appelé la magneto qui est une sorte de dynamo électrique utilisée notamment pour l’automobile afin d’assurer l’allumage. On voit même le nom de Zenith apparaître sur des machines à coudre semble-t-il fabiquées à Morteaux.
Un peu plus tard, la manufacture produira des compteurs de vitesse pour automobiles et des montres de bord de voitures, taxis et autobus et des appareils destinés à l’automatisation de la téléphonie qui représente un énorme potentiel. Toutes ces productions se développèrent en demie teinte et certaines même furent de cuisants échecs.


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