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 Altimètres militaires et Royal Flying Corps watch de Zenith

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ZEN
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MessageSujet: Altimètres militaires et Royal Flying Corps watch de Zenith    11/1/2012, 21:05

Zenith Royal Flying Corps, 30 Hours, Non Luminous, Mark V




Les avions biplans Avro 504 furent largement utilisés par les Flying Corps de la Royal Navy






En moins de 10 ans, l'aviation balbutiante dans la première décennie du 20ième siècle fait une avancée immense lorsqu’éclatent les premiers combats de la première guerre mondiale. De sport d’hurluberlus en mal de sensations fortes, l’aviation devient l’outil de héros d’un nouveau genre projetés dans une guerre sanglante d’une forme qui est à la croisée des guerres des deux siècles antérieurs et de la seconde guerre mondiale à venir.

A partir de 1916, Zenith devient fournisseur de la Royal Air Force pour des montres de bord qui vont s’intégrer aux tableaux de bord rudimentaires des avions et en particulier des biplans Avro 504 qui équipent beaucoup d'armées européennes. Dotées de cadrans noirs non luminescents, les montres « Royal Flying Corps, 30 Hours, Non Luminous » sont fabriquées pour être lues facilement par les pilotes dans des laps de temps très courts à une époque où le pilotage se fait au vu. La mention de la réserve de marche de 30 heures est là pour rappeler aux pilotes que l’heure précise dont ils disposent dépend du remontage de la montre dans des espaces temps qui ne doivent pas excéder 30 heures entre chaque armage complet du barillet.



Si les premières livraisons comportent des cadrans noirs mats avec des chiffres arabes non luminescents et des aiguilles épaisses peintes en blanc, c’est parce que ces montres sont de véritables instruments de navigation dont la destination est de s’intégrer pleinement dans les tableaux de bord des aéronefs. Cette intégration s’opère selon les modèles d’avions de plusieurs manières :
-par une sorte de griffe fixée au tableau de bord
-soit par un support en cuir qui protège la montre
-soit par un support en bois
-soit encore par un procédé de bague d’adaptation qui se superpose à la montre et est vissé sur le tableau de bord
-soit par intégration dans un boitier en laiton rhodié qui s’ouvre par l’arrière et laisse découvrir le cadran par une ouverture de la dimension de ce dernier

Ce dernier type de support et le système en bois ont également une autre utilité pour l'heurage des photographies des avions de reconnaissance.

La plupart du temps selon les premiers modes d'intégration aux tableaux de bord, la montre ne comporte pas de bélière. Elle est dotée d’un pendant plus haut que sur les montres classiques pour une préhension plus aisée avec des gants lors du remontage où de la mise à l'heure. Les montres comportent également sur le cadran une référence d’inventaire commençant par deux lettres qui identifient la manufacture dont la montre est issue puis 4 chiffres. Les lettres CB correspondent par exemple à Zenith.


L’aviation évolue de manière fulgurante dans les années de guerre et très rapidement la Royal Air Force met en place des vols nocturnes pour surprendre davantage l’ennemi dont les modes de repérage des avions sont essentiellement visuels et ainsi mieux protéger ses pilotes. Les bombardiers ainsi engagés dans les combats doivent disposer de montres luminescentes, lisibles pendant les vols de nuit. Les instruments de bord sont alors adaptés en appliquant dans un premier temps sur les cadrans des montres des points de peinture luminescente à base de radium et en peignant avec cette matière les aiguilles. Ce sont directement les services responsables de la maintenance des montres de l’armée de l’air qui se chargent de ces adaptations sur les premières versions luminescentes. Ils le font parfois de manière rustique, simplement en ajoutant cette peinture et en dissimulant d’un trait de peinture noire la mention « Non Luminous » et la référence de la montre.

Ces montres dotées de calibres de type 19 lignes et 15 rubis étaient remarquables pour leur précision et pour leur résistance tant aux vibrations dues aux décollages et aux atterrissages des avions sur des pistes herbeuses qu’aux chocs consécutifs aux atterrissages souvent assez brutaux. A l’époque, les antichocs, qui ne verront le jour qu’à la fin des années 30, ne peuvent équiper ces pièces et donc en protéger l'axe de balancier. Malgré tout peu de montres ont montré des signes de faiblesse dans des conditions d’utilisation pourtant extrêmes qui ne ménageaient pas non plus les mouvement soumis à l’humidité et au froid de l’altitude.

Les montres de la Royal Flying Corps avaient parfois un usage particulier en ce qu'elles servaient de mode d'identification de l'heure sur les clichés pris par les appareils de repérage photographiques des avions de reconnaissance. Ce fut le cas en 1918 pour certaines pièces faites par Zenith dotées d'aiguilles épaisses y compris la trotteuse pour mieux marquer les négatifs des plaques argentiques des appareils photo. La photo de la montre appraissait ainsi en bas à droite des clichés. La trotteuse épaisse assurait une visibilité sur la photo parfois un peu flou à cause du "bougé" imposé par les vibrations de l'avion. Il était en effet essentiel de disposer d'une heure précise pour évaluer les distances parcourues par l'ennemi et calculer ses vitesses de déplacement.



Ces pièces horlogères pouvaient aussi côtoyer sur les tableaux de bords des avions Avro 504 de la Royal Air Force d’autres instruments de navigation dont Zenith avait fait sa spécialité. La manufacture en effet, fabriqua dès le début des années 10 des altimètres très réputés dans l’univers de l’aviation. Un atelier complet de la manufacture fut dédié jusqu’à la seconde guerre mondiale à la fabrication de ces pièces très particulières qui étaient livrés avec des disques en pieds ou en hectomètres selon les pays destinataires et selon leur adoption ou non du système métrique. Les premières versions des altimètres Zenith ne comportent évidemment aucun marquage militaire.


En effet, les premiers avions des armées étaient souvent des appareils civil recyclés et en tous les cas mal préparés à la guerre. La vocation militaire des instruments de bord suivit celle des avions eux-mêmes. Par la suite la Broad Arrow fait son apparition sur des pièces qui, comme les montres, passent de l’absence de luminescence à la luminescence de l’aiguille et de quelques chiffres. Les cadrans des altimètres des Flying Corps anglais sont en outre marqués d'une mention "Mark V" et d'un numéro d'inventaire. Ainsi, lors des vols de nuit, les pilotes continuent à lire leurs instruments qui deviennent leurs références ultimes. Ces altimètres sont dotés d'une aiguille à tête rectangulaire qui n'est pas sans rappeler celle que les chronographes El Primero utiliseront en 1969.


L'armée anglaise fit fabriquer pendant la seconde guerre mondiale 58 144 avions dont 35 973 avions furent abattus. Les pièces passaient parfoit d'un aéronef à l'autre. Malgré tout, les volumes requis par la Navy furent très importants. Pour cette raison, la Royal Air Force eut recours à plusieurs manufactures horlogères pour ses montres d'aviation. Zenith fut l'une des rares à fabriquer les pièces livrées à 100%. La plupart des autres maisons durent emboîter outre leurs cailbres, des mouvements divers disponibles sur le marché suisse.



On trouve aujourd’hui assez facilement des versions des montres en état moyen et plus rarement en parfait état et encore plus exceptionnellement avec des systèmes d'emboitage ayant servi sur les aéronefs de l'époque. Pour les altimètres, ceux fabriqués par Zenith ont connu une demande exponentielle et sont recherchés autant pour leur histoire que pour leur intérêt technique. Beaucoup furent détruits avec les avions dans lesquels ils volaient.




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Altimètres militaires et Royal Flying Corps watch de Zenith
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