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 Actu : Biver LE TEMPS QUI PASSE, LE TEMPS QUI RESTE

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ZEN
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ZEN

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MessageSujet: Actu : Biver LE TEMPS QUI PASSE, LE TEMPS QUI RESTE   Actu : Biver LE TEMPS QUI PASSE, LE TEMPS QUI RESTE EmptySam 10 Mar - 14:22

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LE TEMPS QUI PASSE, LE TEMPS QUI RESTE

Cette semaine à Bâle, il fera le show comme à son habitude. Il y a pourtant quelque chose de changé chez Jean-Claude Biver. Après avoir passé sa vie à donner du sens à ses marques horlogères, il souhaite transmettre son savoir pour donner du sens à sa vie.


Par Laurent Favre - Mis en ligne le 07.03.2012



Quoi, encore Biver? Oui, mais ce n’est pas un article avec Jean-Claude Biver, plutôt un article sur Jean-Claude Biver. Car que sait-on de lui, au fond? «Biver? Un génie du marketing!» vous répond-on immédiatement. Bon, c’est entendu. Mais après? Que connaît-on de l’homme? De ses doutes, de ses échecs? Quel est son moteur? Qu’estce qui le pousse encore à se lever (à 4 heures) le matin? Il fallait aller au-delà de Biver en bredzon, Biver avec son fromage, Biver éclairant la place Vendôme ou serrant la louche à Maradona, bref de toute cette écume qui exaspère le public et sans doute ses concurrents.

Cette envie est née le 14 décembre 2011 à Nyon, au siège de Hublot. Ce jour-là, le big boss présentait sa nouvelle vision: un alliage or et céramique, conçu avec l’EPFL, baptisé Magic Gold et certifié impossible à rayer. Comme à l’accoutumée, Biver avait fait le show, n’hésitant pas, par une fulgurance dont il a le génie, à tracer une ligne directe entre Toutankhamon et lui. Il avait beaucoup parlé de ses maîtres, de sa vision de l’entreprise. Dans ce qui ressemblait plus à une master class qu’à une conférence de presse, il avait envie de faire partager quelque chose, de transmettre. «No past, no future», répétait-il comme un mantra punk.

DOUBLE PNEUMONIE

Il venait de passer douze nuits à l’hôpital pour une double pneumonie. Il en était ressorti «convaincu de ne pas être malade» mais accusait quand même un peu le coup. Il avait sans doute promis à sa famille de lever le pied et s’apprêtait à céder la direction exécutive de Hublot à son fidèle Ricardo Guadalupe. Bref, on le sentait différent. C’était le moment d’essayer de lui faire parler d’autre chose. D’aller voir derrière le sourire inoxydable.

L’avantage, avec Bibi, c’est qu’il est toujours ouvert et disponible. C’est même l’une de ses principales caractéristiques. Lorsque la famille Hayek est inaccessible, lui donne son numéro de portable au premier venu, répond à ses mails de 6 à 22 heures, n’élude aucune question – même s’il répond parfois à côté –, semble toujours partant pour une interview, un débat, une soirée caritative. Et, comme il semble avoir du temps de libre, il poste encore des commentaires sur le forum de discussion d’(au moins) un site horloger (902 messages depuis novembre 2006), qu’il signe de son nom, évidemment.

L’homme qui dit oui à tout nous a pourtant dit non lorsque nous lui avons proposé de le recouvrir d’une peinture dorée pour la photo. Nous y voyions une triple légitimité: son actu (Magic Gold, qui pourrait être une vraie trouvaille industrielle), son parcours de roi Midas de l’horlogerie (il a spectaculairement relancé Blancpain puis Omega puis Hublot) et son style, puisqu’à Nyon, mi-décembre, il avait ri de ses outrances de bateleur haut de gamme en avouant: «Je dis la vérité mais avec un peu de peinture…»



«Celui qui part avec tout ce qu’il possède part pauvre»

Jean-Claude Biver



Il a dit non. Non car il y voyait une triple imposture. «Ce serait donner une fausse image. Je ne suis pas un patron omniscient. La plus grande surprise de mes nouveaux collaborateurs, ce sont mes changements de direction. Je suis envahi de doutes. La deuxième idée fausse, c’est de croire que j’ai réussi tout seul. Il faut être aidé, il faut apprendre à être aidé. J’écoute les autres, parfois à 100%, parfois à 10%, mais cela compte.» Troisième objection: il n’a pas tout réussi. Il définit le courage comme le fait de «vouloir prendre le risque de se tromper». Il s’est trompé. «Sponsoriser Jetman, Yves Rossy, ne correspondait pas à Hublot; il a arrêté rapidement. Avec Alinghi, il a fait un aller-retour. On n’entend plus parler non plus des skis ou des vélos Hublot», énumère le journaliste spécialisé Grégory Pons, directeur de Business Montres&Joaillerie, une newsletter sur les marchés horlogers.

LE DAUPHIN DE HAYEK

Le vrai manque dans la carrière – et peut-être dans la vie – de Jean-Claude Biver sera de ne jamais avoir eu sa propre marque horlogère. Non pas pour posséder, mais pour laisser une trace. «Il a passé sa vie à se faire baiser par ses actionnaires, lâche Grégory Pons. Chez Blancpain, c’est Jacques Piguet qui a voulu vendre, pas lui. Chez Omega, il était le dauphin et il a eu le tort de croire qu’il serait désigné, mais Hayek a privilégié les liens du sang. Enfin, Carlo Crocco s’est servi de lui pour faire monter le prix de la vente de Hublot au groupe LVMH.»

Jacques Piguet, resté un ami, conteste cette version pour ce qui concerne Blancpain. «C’est plus compliqué que cela… Jean-Claude vivait une période difficile.» Sur l’épisode – et l’épilogue – Swatch, Jean-Claude Biver répond lui-même. «M. Hayek a dit une ou deux fois que j’étais son fils spirituel. Cela m’a fait plaisir, mais je n’ai jamais été naïf, j’ai toujours su que j’étais chez Swatch un accompagnant pour une durée de temps limitée. Hayek père avait cet attachement au clan qui est le rêve de tout patriarche.»

Il avoue qu’il en aurait fait de même. Qu’il aurait aimé en faire de même, «si Hublot [lui] avait appartenu». Son fils Loïc et sa fille Delphine travaillent pour Hublot, lui à Shanghai, elle à Nyon. «Enfants, il nous emmenait très souvent avec lui dans ses voyages», se souvient Delphine. S’il avait pu racheter, «c’eût été parfait». Mais avec des si… «Me plaindre de mon sort serait indécent. Disons que c’est un regret relatif.» «C’est sûr, il en a souffert», observe Jacques Piguet. Jusqu’à quel point? «C’est simple, tranche Grégory Pons, il a une tendance folle à somatiser. La courbe de son état de santé suit celle de ses états d’âme au boulot.»

En ce moment, cela doit aller plutôt moyen. Il a grossi, son visage s’est encore empourpré, un léger souffle voile ses phrases. «Pendant six mois, il n’a pas pu faire de sport», explique Sandra, son épouse, assise non loin. En retrait mais pas effacée. La famille est le socle de Jean-Claude Biver. Si femme et enfants ont pu lui demander d’en faire moins, c’est plus pour lui que pour eux. «C’est sa passion, souligne sa fille Delphine Mira Biver. Sur la plage, il a son ordinateur.» Ont-ils le sentiment d’avoir passé après le travail? «Non, parce qu’il est toujours là. Après le divorce de mes parents, il partait au travail à 4 heures du matin pour être rentré à 17 heures.» Sa (seconde) épouse, Sandra, hésite avant de répondre. «Il serait tentant de répondre oui, nous avons passé après. Mais la vérité est plus subtile que ça. Jean-Claude est entier, honnête et fidèle dans tout ce qu’il fait. Je ne peux pas admirer son éthique et son implication et lui reprocher de travailler le dimanche.» Une anecdote résume le personnage. «Quand j’étais enceinte de notre fils Pierre, il est rentré tous les soirs de Baselworld et repartait tous les matins à l’aube. Mais la veille de l’accouchement, il est revenu à la maison avec quinze Japonais pour dîner.» «Mon travail passe avec la famille, ni avant ni après, plaide l’accusé. J’ai besoin de paix et d’harmonie pour m’exprimer dans la plénitude.»

Dans la salle à manger de son château de Poneyre, malgré les tableaux de maître et la vaisselle fine, règne autour de la table ovale la simplicité et l’authenticité d’une tablée à la ferme. Il ne manque, comme dans la chanson de Brel, que la pendule d’argent, qui dit oui qui dit non, qui dit «je t’attends». Attention, Biver pense plus à la vie – il sera grand-père pour la première fois cet été – qu’à la mort! Mais, poussé par ce qu’il hésite à appeler «l’instinct» ou «un mûrissement intérieur», il veut désormais «transmettre». Ses expériences, ses doutes, son savoir. Après avoir passé sa vie à donner du sens à des marques, il souhaite donner du sens à sa vie. «Celui qui part avec tout ce qu’il possède part pauvre.» Il multiplie les conférences dans les écoles et les universités, 50 à 60 par an, parfois trois par jour. «A la fin, les étudiants viennent le saluer comme une rock star», témoigne Grégory Pons, qui estime qu’aujourd’hui «Jean-Claude Biver a remplacé Hayek. Les quadras le considèrent comme le parrain.»

Le parrain III, alors. «Il y a quatre temps dans la vie, énumère Jean-Claude Biver: apprendre, faire, transmettre et partir.» Pas sûr que l’on assiste au quatrième volet.



http://www.illustre.ch/Jean-Claude-Biver-Baselworld_151518_.html

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MessageSujet: Re: Actu : Biver LE TEMPS QUI PASSE, LE TEMPS QUI RESTE   Actu : Biver LE TEMPS QUI PASSE, LE TEMPS QUI RESTE EmptySam 10 Mar - 14:23

Bravo pour la mention indirecte de FAM ! thumright

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MessageSujet: Re: Actu : Biver LE TEMPS QUI PASSE, LE TEMPS QUI RESTE   Actu : Biver LE TEMPS QUI PASSE, LE TEMPS QUI RESTE EmptySam 10 Mar - 14:31

ça laisse un goût bizarre de rangement/mise en ordre avant départ...

En espérant que sa santé soit bonne et lui permette de continuer une activité qui lui tient visiblement à coeur


Chinois
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FranZois
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MessageSujet: Re: Actu : Biver LE TEMPS QUI PASSE, LE TEMPS QUI RESTE   Actu : Biver LE TEMPS QUI PASSE, LE TEMPS QUI RESTE EmptySam 10 Mar - 14:41

Bel article sur ce monstre de travail qui nous impressionne tous, la naissance de sa petite fille le poussera peut être naturellement a "transmettre" encore un peu plus ?
Quant a "partir(de l'entreprise hein !)" ce n'est pas encore l'heure j'espère .
Merci JCB.
François
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MessageSujet: Re: Actu : Biver LE TEMPS QUI PASSE, LE TEMPS QUI RESTE   Actu : Biver LE TEMPS QUI PASSE, LE TEMPS QUI RESTE EmptyDim 11 Mar - 19:44

jcb est une légende vivante de l'horlogerie. En lui souhaitant mes meilleurs voeux de rétablissement.
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TICTALCOOLIQUE
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MessageSujet: Re: Actu : Biver LE TEMPS QUI PASSE, LE TEMPS QUI RESTE   Actu : Biver LE TEMPS QUI PASSE, LE TEMPS QUI RESTE EmptyDim 11 Mar - 20:01

le truc de vrai, c'est qu'il m a laché son num de portable Chinois qui ne me sert a rien...
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