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 Interview de Jérôme Lambert Président de Jaeger LeCoultre

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ZEN
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MessageSujet: Interview de Jérôme Lambert Président de Jaeger LeCoultre   Mar 20 Mar 2007 - 13:45

Les interviews exclusives

Proposées par Joël Jidet





Jérôme Lambert

Président de Jaeger-LeCoultre


Filiale du groupe Richemont, Jaeger-LeCoultre est sans nul doute l’une des marques horlogères les mieux ancrées dans la mémoire collective. Forte de son passé et du chemin parcouru depuis la création par Antoine LeCoultre de son atelier au Sentier en 1833, la Manufacture s’apprête à ouvrir son musée et à faire découvrir un patrimoine jusqu’ici mal connu du public. L’histoire de Jaeger-LeCoultre est riche et Jérôme Lambert, l’un des plus jeunes présidents de marque horlogère, a su impulser à la Manufacture une dynamique qui en fait l’une des plus grandes créatrices de complications et l’une des marques les plus enviées pour son savoir faire et sa créativité.


Le catalogue de Jaeger-LeCoultre est parmi les plus riches de toutes les manufactures par la diversité des mouvements et des complications que la marque propose aujourd’hui au public. Comment conciliez-vous cette multiplicité de mouvements avec les impératifs de rationalisation des coûts dans un secteur aussi sensible que celui de l’horlogerie ?

JL : La Manufacture Jaeger-LeCoultre existe depuis plus de 170 ans. Les mouvements produits aujourd’hui bénéficient de toutes ces années d’expertise dans le domaine horloger. C’est également cette expertise qui nous permet aujourd’hui de proposer un mouvement tourbillon à un prix très compétitif.


Est-ce que Jaeger-LeCoultre est totalement autonome dans la conception et la fabrication de ses mouvements ou avez-vous recours à des sous-traitants pour certaines tâches ou fournitures de pièces ?

JL : La Manufacture Jaeger-LeCoultre est totalement autonome dans la conception des mouvements et dans la maîtrise des savoir-faire de production. Nous somme une Manufacture complètement intégrée ce qui signifie que Jaeger-LeCoultre est capable de produire tous les éléments qui composent la boîte et le bracelet de la montre pour autant qu’il soit métallique. Néanmoins, la Manufacture fait appel à des fournisseurs externes pour environ 10% de sa production en particulier pour les composants d’habillage comme la glace ou les cuirs.


Dans la Vallée de Joux Jaeger-LeCoultre est un opérateur économique essentiel, combien d’employés travaillent aujourd’hui pour vous et quel est le pourcentage d’horlogers ?

JL : La Manufacture compte actuellement 1'000 employés, tous basés sous un même toit à la Vallée de Joux. Parmi ces 1'000 collaborateurs, 250 horlogers travaillent au montage de pièces horlogères exceptionnelles.

Les collaborateurs de la Manufacture semblent y être très attachés et vous insistez assez souvent sur cette fidélité des personnels à la marque qui a pourtant changé d’actionnaire sans rompre avec ces principes. Comment expliquez-vous cette singularité à l’heure où la pénurie d’horlogers tend à donner une certaine mobilité aux collaborateurs des marques ?

JL : En intégrant la Manufacture Jaeger-LeCoultre, les collaborateurs intègrent une seconde famille, un groupe fortement lié dans lequel des valeurs fortes existent.
La fidélité tient également au fait que la marque évolue et se projette dans l’avenir tout en gardant son identité, elle reste fidèle à elle-même. Elle crée et se renouvelle sans cesse. Cette innovation est très attractive pour les jeunes générations. Par la multiplicité des métiers, elle offre de vraies perspectives de carrière.



Le fait d’être très jeune et pourtant au sommet de la Manufacture ne vous pose-t-il pas parfois des problèmes vis-à-vis des anciens de la marque ?

JL : Avant d’être C.E.O. de Jaeger-LeCoultre, j’ai passé 6 ans au sein de la Manufacture dans une ambiance toujours propice aux échanges et où règne une véritable cohésion de groupe. L’age n’a jamais été un problème, à la Manufacture, ou vous faites partie de la famille ou pas.


Portrait D'antoine LeCoultre


Quelle est selon vous la singularité de Jaeger-LeCoultre parmi les marques du marché horloger ? Si vous deviez définir la personnalité de Jaeger-LeCoultre qu’en diriez-vous ?

JL : La Marque Jaeger-LeCoultre s’exprime à travers un patrimoine exceptionnellement riche combiné à un outil de production hors normes. C’est ce qui nous permet d’être la marque la plus innovante aujourd’hui.


Beaucoup de marques on le regard fixé sur l’horizon et sur les perspectives de développement du marché et dans le même temps, Jaeger-LeCoultre prépare l’ouverture prochaine d’un musée. Pensez-vous que c’est dans ses racines que l’on puise ses ressources pour l’avenir ?

JL : Exactement, dans ses racines mais pas seulement. En ce qui concerne Jaeger-LeCoultre, la marque puise ses ressources dans son ancrage géographique, la Vallée de Joux, et également dans ses équipes jeunes et créatives.


La ferme/atelier datant de 1833 où sera installé le musée


Qu’allez-vous présenter dans ce musée ?

JL : Ce qui compose les racines identitaires de la Marque c'est-à-dire une collection unique de 300 calibres conçus et réalisés par la Manufacture, 200 brevets et également ce qui fait de Jaeger-LeCoultre un acteur majeur de la haute horlogerie suisse c'est-à-dire la plus belle collection de garde temps anciens et actuels de la marque.


JL : Les collectionneurs et amateurs de montres anciennes sont très attachés à Jaeger-LeCoultre. La ressource en pièces détachées n’est pas inépuisable. Comment dans l’avenir envisagez-vous de continuer à permettre la maintenance des montres anciennes ? La refabrication ponctuelle de pièces est-elle envisagée ?

JL : La Manufacture dispose d’une collection d’environ 6'000 étampes. Elles permettent la production de pièces anciennes à tout moment. De plus, un atelier de restauration se consacre à la remise en état de pièces horlogères de plus de 50 ans. La Manufacture est très au fait de la vie de ses produits à long terme. On ne présente pas de nouveauté sans s’assurer de son entretien et de sa restauration.



Alarm Compressor 46


Vous avez habitué le public ces dernières années à multiplier les nouveautés et les complications. Tenons en pour preuve la Reverso grande complication à triptyque. Ces montres ne sont-elles pas là essentiellement pour attirer l’attention sur la marque ? Quel est le volume annuel fabriqué pour ce type de modèle ?

JL : Les série limitées telles que le Gyrotourbillon 1 ou encore la Reverso Grande Complication à triptyque sont produites à 75 exemplaires à un rythme d’environ 10 montres par an. A la Manufacture, seuls 2 ou 3 horlogers sont formés au montage et au réglage très exigeant de ces pièces d’exception. Ces gardes temps uniques sont effectivement emblèmes de la marque dans l’univers horloger mais également pour nos équipes génératrice d’une grande motivation. Elles sont le résultat d’une vraie cohésion de groupe.


Le Gyrotourbillon 1


Les investissements consentis pour réaliser de tels mouvements sont probablement très importants. Est-ce réellement rentable d’investir dans leur conception et leur fabrication ? Combien faut-il en distribuer pour équilibrer votre investissement ?

JL : Les frais de recherche et développement investis pour ces projets sont toujours précieux pour le développement de montres plus standard. Ainsi, la rentabilité s’effectue sur du long terme. Ils constituent de vrais concepts !


La situation économique est tendue et même si l’horlogerie est actuellement dans une bulle, un échec technologique, un retard de fabrication est-il de nature à compromettre tout l’équilibre de la marque ? Comment anticipez-vous ou vous protégez-vous ce genre de situation ?

JL : Un retard et ou un échec ne compromettraient pas l’équilibre de la marque. Les produits vivent longtemps à la Manufacture et la marque n’est pas dépendante d’un seul produit.


Le responsable du développement d’une grande marque évoquait un délai de 7 ans entre les premières études et la commercialisation d’un nouveau calibre. Quelle est la durée moyenne de développement d’un nouveau mouvement par Jaeger-LeCoultre ?

JL : Chez Jaeger-LeCoultre la durée moyenne de développement d’un nouveau calibre est de 4 ans mais, en effet, elle peut atteindre 7 ans pour les mouvements plus compliqués.

Beaucoup considèrent la mode des tourbillons comme relevant du passé. Quelles sont selon vous les complications qui aujourd’hui correspondent le mieux aux tendances du marché présent et à venir ?

JL : Actuellement on observe un réel engouement pour les montres à sonnerie telles que la répétition minute lancée l’an dernier. Jaeger-LeCoultre met un point d’honneur à conjuguer innovation et design de nouvelle génération.


Vous avez fait le pari assez audacieux de proposer des designs résolument modernes sur certaines collections voire de relooker boîtiers, cadrans et aiguilles sur des modèles considérés comme emblématiques. C’est le cas notamment de la Memovox. Quel bilan faites-vous de ces changements ?

JL : La force de Jaeger-LeCoultre est de faire exister des mouvements emblématiques des décennies passée en réinventant leur habillage et parfois leurs fonctionnalités afin qu’ils continuent de raconter la marque en combinant histoire et inventivité. Ces changements sont nécessaires pour intégrer à chaque génération les dernières avancées. C’est une réelle force de la Manufacture que de pouvoir assurer cette créativité.


Jaeger-LeCoultre livre certain de ses mouvements à d’autres marques. Quelle est la politique que vous entendez suivre dans le futur en la matière ?

JL : Notre politique est en phase avec les valeurs qui règnent au sein de la Manufacture : continuer à respecter des partenariats existant de longue date avec des marques amies et avec lesquelles nous avons instauré une vraie relation de travail.


Le groupe Richemont compte d’autres marques horlogères qui sont dans une cible de clientèle très proche de Jaeger-LeCoultre. Lange & Söhne par exemple, est pour certains produits en concurrence assez directe avec certains de vos modèles. Cela ne pose-t-il pas des problèmes de positionnement parfois ?

JL : On trouve dans une montre Jaeger-LeCoultre l’invention technique et une intégrité unique, de la conception à la réalisation, c’est ce qui la différencie d’une montre d’une autre marque. Le monde est assez vaste pour que, finalement, chaque marque se développe. Nous n’avons pas de vocation généraliste, notre production est limitée. Cela permet de rester assez spécifique.


Peut-on parler de synergie des marques horlogères de Richemont ou les marques jouissent-elle d’une totale autonomie au sein du groupe ? Qu’apporte Richemont à Jaeger LeCoultre ?

JL : Le groupe Richemont apporte une structure très organisée dans les domaines juridiques, informatiques, comptables, logistique… et chaque marque peut en bénéficier. Ce management favorise les initiatives individuelles de chaque marque.


A quelques semaines du SIHH, pouvez-vous nous lever un coin du voile sur les nouveautés que vous y présenterez ?

JL : Oui, nous pouvons dores et déjà vous présenter la Master Compressor Extreme W-Alarm 46 née du partenariat avec Valentino Rossi. (Voir DP et visuel joint).


Si vous ne portiez pas une Jaeger-LeCoultre, quelle montre choisie dans les catalogue de vos concurrents aimeriez-vous porter aujourd’hui ?

JL : Une Panerai vintage ou une Vacheron Patrimony.


Jaeger-LeCoultre est une marque qui s’intéresse manifestement au développement d’Internet. Envisageriez-vous la commercialisation à terme des montres de la marque par ce support ?

JL : Non, la commercialisation de nos montres par le bais de notre site Internet n’est pas envisagée pour le moment. Notre club présente des modèles en avant-première ainsi que la possibilité de réserver une pièce limitée. Aujourd’hui le développement commercial de la marque réside dans son réseau de boutiques et de détaillants.


Consultez-vous parfois les forums de discussions entre collectionneurs ou amateurs et ont-ils une influence sur les orientations que vous prenez et quelles sont les méthodes que vous exploitez pour connaître les attentes de votre clientèle ?

JL : Oui, nous consultons régulièrement les forums de discussion consacrés à l’horlogerie. Cela nous permet d’avoir une vision internationale de la façon dont sont perçues nos montres même si cela ne dicte pas les décisions prises par la marque.


Au nom des lecteurs de Forumamontres et de Worldtempus, merci infiniment monsieur Lambert d’avoir répondu à ces questions et à très bientôt.

Forumamontres - Joël JIDET mars 2007 -Droits de reproduction réservés ©

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