FORUMAMONTRES
AccueilAccueil  PortailPortail  CalendrierCalendrier  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  
| |
Partagez | 
 

 L’histoire exceptionnelle des premiers chronographes de série

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
ZEN
Rang: Administrateur
avatar

Nombre de messages : 48323
Date d'inscription : 05/05/2005

MessageSujet: L’histoire exceptionnelle des premiers chronographes de série    Mer 26 Fév - 5:45

Les premiers chronographes de série étaient américains
 

La manufacture Waltham fut créée en 1850
 
 
 
L’exposition universelle de Philadelphie en 1876 avait donné le spectacle d’une industrie horlogère en ordre de marche et de processus industriels de fabrication des montres parfaitement maîtrisés par les Américains. Sous les yeux de ses concurrents américains et des maisons suisses qui ont dépêché des émissaires afin de s’inspirer des méthodes de fabrication américaines, Waltham expose sa première machine totalement automatique servant à produire des vis de précision et une chaîne complète de production horlogère.
 
 
 
 
Waltham, pionnier de la montre de grande série
 
 
 
La démonstration de force est absolue. Waltham obtient à Philadelphie la Médaille d'Or du premier concours international de précision horlogère organisé pour l'évènement. La firme américaine présente la production réalisée en six jours de travail à raison de dix heures par jour. Le résultat est éloquent avec plus de 2200 montres or ou argent et calibres, le tout produit à près de 50% du prix des produits suisses.
Les Américains ont une propension quasi intuitive à aller vers la fabrication de modèles de montres « rentables » et de bien connaître les goûts et attentes du public et de leur clientèle militaire ou des milieux industriels.
Les balbutiements du chronographe industriel.
 
 
Chacun de leur coté, Suisses et Américains travaillent sur une demande qui se fait jour avec l’industrie, l’armée mais pas encore le développement de l’automobile qui n’en est qu’à ses premiers balbutiements. La demande porte sur des instruments destinés à mesurer de manière précise des temps très courts. En Suisse, l’horloger Alfred Lugrin pour Longines, travaille sur un mouvement de chronographe simple, le calibre 20 H qui sera breveté par l’horloger et verra le jour en 1878. Les grandes manufactures suisses qui s’illustreront plus tard dans la fabrication d’excellents chronographes, mettront dans le meilleur des cas, une dizaine d’années pour aboutir dans leurs conceptions chronographiques. Ainsi Charles Reymond est en 1887 l’artisan d’ébauches de chronographes dits « Valjoux » achetés par de nombreuses firmes qui les revendent sous diverses marques. La fabrication de chronographes est si spéciale, que certaines maisons demandent à des finisseurs de calibres  de « maquiller » les ébauches pour que l’origine des mouvements ne puisse être établie et que visuellement, leur mouvement ne ressemble à ceux d’aucun autre. Breiltling dépose sous son nom le 22 mai 1889, un brevet n°927 pour un chronographe simple. Nicolet et fils propose en 1895, 6 ans plus tard, un chronographe original et il faut attendre 1898 pour qu'Omega présente son propre chronographe appelé à l'époque Chronoscope, désignation plus appropriée d'ailleurs. C'est un calibre 19 chro LOA de 15 rubis au pont "cassé" qui illustre le début de la production des chronos par Omega.
 
 
 
 
Quel chemin parcouru depuis l’invention du chronographe par Rieussec en 1821 ou celle de ce compteur de Tierces de Louis Moinet en 1816. Evidemment, l’invention originelle d’un instrument est un pas immense mais sa mise en production industrielle pour une fabrication en série implique de maîtriser la dite fabrication et donc de pouvoir former la main d’œuvre nécessaire, et de simplifier la construction du mouvement pour en réduire le prix de revient tout en préservant la qualité d’exécution des pièces.
Les Anglais excellent dans la fabrication de montres chronographes à trotteuse centrale sans totalisateur à l’inverse des calibres suisses et souvent sans trotteuse de secondes. Si la mesure de temps courts avec ces pièces reste dans des normes acceptables pour l’époque, la mesure de l’heure est en revanche, un peu moins efficace et sauf quelques pièces soignées, ces chronographes ne peuvent rivaliser de qualité avec les chronographes suisses.
 
 
Un chronographe très « étudié »
 
 
 
 
Les Américains semblent assez peu intéressés par les montres à complications. Waltham fait en la matière office de pionnier. Les chronographes ne font pas encore l’objet d’une forte demande et d’ailleurs, hormis l’industrie, qui pourrait bien avoir besoin de figer des temps courts ? Dans le milieu de l’horlogerie, déjà en 1876, ce qui est pensé par l’un peut rapidement être imaginé par un autre. Sans parler d’espionnage industriel, le mimétisme mécanique pousse les Américains à travailler sur les projets que les Suisses entendent développer et inversement, les Suisses ne perdent pas une miette du travail accompli par les Américains. La concurrence est aiguisée et les voyages des uns et des autres, d’un continent à l’autre, ne se font pas sans quelques échanges d’informations. Ainsi Elgin se laisse volontiers visiter par les Suisses et des accords se nouent au point que certaines marques appellent certains de leurs mouvements « Elgin » comme ce fut le cas pour Omega.
 
 
Waltham travaille déjà en 1876 depuis 2 ans sur un calibre de chronographe. La firme américaine qu’on appelle encore American Watch C° - Waltham, imagine un mouvement de chronographe susceptible de recevoir une fonction rattrapante en option, un système avec départ, arrêt et remise à zéro par la couronne alors que la mise à l’heure demeure à l’américaine, c'est-à-dire accessible par une targette à une heure, placée sur le bord de la platine et accessible en soulevant la lunette. Ce mouvement d’une taille assez grande de 14 S (mesure américaine) soit 41,48 mm ou 18 3/8 lignes est très caractéristique de l’application mise par les Américains à réduire les coûts de fabrication. Sans négliger la qualité du mouvement quant à sa fiabilité, sa précision et sa finition, le système repose sur un pont de chronographe unique traversant toute la platine et porteur des trains de rouages. La finition est soignée et de grade variable au choix du client, entre 13 et 17 rubis, avec terminaison rhodiée ou dorée et raquette plus ou moins élaborée.  
 
 
 
Le mouvement ne comporte pas de totalisateur des minutes. Il sera breveté le 28 septembre 1880. Le cadran ne comporte pas de tachymètre, au moins pour les premières versions. La voiture automobile n’a pas encore pris l’ampleur qu’elle connaîtra 20 ans plus tard. Le cadran comporte, outre les paramètres de lecture de l’heure, un découpage des minutes/secondes en 60 unités sur lesquelles pointent les aiguilles des minutes et celle de la trotteuse de chronographe.
 
A la différence des mouvements souvent complexes fabriqués en Suisse, le calibre de Waltham simplifié au maximum est basé sur une ébauche avec demie platine et un pont de balancier de type cassé. Sans aucun doute l’absence de totalisateur contribue-t-il à la faisabilité de ces simplifications. Le mouvement comporte des rubis sur chatons vissés et selon la finition, une raquetterie plus ou moins élaborée. La plus simple d’entre elles est malgré tout articulée et peu courante.
 
Une diffusion restreinte
 
 
Destiné essentiellement au marché anglais afin d’y concurrencer un chronographe à trotteuse centrale qui connaît un beau succès, notamment chez les amateurs de courses de chevaux, il ne sera fabriqué qu’en assez peu d’exemplaires. Les chronographes américains à trotteuse centrale sont probablement sortis trop tôt. Sans totalisateur des minutes, les armées et les automobilistes leur préférèrent soit des montres classiques chronomètres, soit des chronographes pouvant enregistrer des temps un peu plus longs jusqu’à 30 ou 45 minutes. En outre, les tachymètres et télémètres des chronographes suisses leurs donnaient une indéniable caution technique. De fait, Waltham ne put diffuser massivement ces chronographes et dut adapter son offre à la demande. Hamilton, plus patient dans le développement de cette complication, en fit une plus large diffusion d’autant que l’armée américaine en adopta le modèle.
 
Le chronographe Waltham était d’une excellente tenue et sa précision ne variait pas lors du déclenchement de la fonction chrono ou de sa remise à zéro. Le mouvement était assez fort pour tirer toutes les roues et la fonction chronographique suffisamment légère pour ne pas amputer la force motrice délivrée par le barillet pendant les mesures. Très peu distribué en Europe en dehors de l’Angleterre, le modèle ne fut même pas répandu sur le territoire américain, ce qui en soit lui aurait donné un potentiel de diffusion considérable.
 
Ce chronographe de 130 ans est l’un des plus vieux ancêtres de la chronographie moderne conjuguée à l’échelle industrielle pour une diffusion de masse. Si son succès fut limité, c’est indéniablement par défaut d’utilité parce qu’il était en avance sur son temps. Il reste aujourd’hui quelques pièces rescapées entre les mains des collectionneurs, et rares sont les modèles livrés à la vente dans leur état d’origine.
 
Voir aussi  http://forumamontres.forumactif.com/t117027-waltham-une-manufacture-hors-du-temps
 
Droits réservés - Reproduction interdite- Joël Jidet Février 2014

_________________
Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).


Dernière édition par ZEN le Jeu 27 Fév - 6:25, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
https://sites.google.com/site/hourconquest/
nietsnie
Membre référent
avatar

Nombre de messages : 5631
Localisation : Pays des Sangliers
Date d'inscription : 21/01/2012

MessageSujet: Re: L’histoire exceptionnelle des premiers chronographes de série    Mer 26 Fév - 10:31

Cela fait plaisir de retrouver ce genre d'articles.....ils se faisaient rares.

Merci pour le travail que tu as effectué afin de nous faire partager ces belles histoires.
Revenir en haut Aller en bas
laphroaig007
Membre éminent.
avatar

Nombre de messages : 21854
Localisation : Côte d'Azur, France
Date d'inscription : 14/12/2009

MessageSujet: Re: L’histoire exceptionnelle des premiers chronographes de série    Mer 26 Fév - 10:39

Toujours aussi passionnant à lire.
 Chinois 
Revenir en haut Aller en bas
http://forumamontres.forumactif.com/t85151-revue-de-ma-collectio
rogerw650
Puits de connaissances
avatar

Nombre de messages : 4772
Age : 53
Localisation : strasbourg
Date d'inscription : 29/12/2007

MessageSujet: Re: L’histoire exceptionnelle des premiers chronographes de série    Mer 26 Fév - 11:15

très intéressant article, bravo.  Chinois 
normal que cette pièce attire autant les collectionneurs.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.ashoda.fr
ZEN
Rang: Administrateur
avatar

Nombre de messages : 48323
Date d'inscription : 05/05/2005

MessageSujet: Re: L’histoire exceptionnelle des premiers chronographes de série    Jeu 27 Fév - 1:37

Cette pièce est assez méconnue. C'est un paradoxe car Waltham a vraiment fondé l'ère de la montre industrielle .

_________________
Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).
Revenir en haut Aller en bas
https://sites.google.com/site/hourconquest/
Alfaborg
Animateur
avatar

Nombre de messages : 894
Date d'inscription : 15/02/2010

MessageSujet: Re: L’histoire exceptionnelle des premiers chronographes de série    Jeu 27 Fév - 1:39

Très chouette article. Merci  Chinois 
Revenir en haut Aller en bas
SkyWeb
Membre Hyper actif
avatar

Nombre de messages : 517
Age : 29
Localisation : 94/68/26
Date d'inscription : 04/10/2013

MessageSujet: Re: L’histoire exceptionnelle des premiers chronographes de série    Jeu 27 Fév - 2:03


Merci pour le partage, l'article est super  thumleft 
Revenir en haut Aller en bas
http://500px.com/gweber26
Rebib
Animateur Chevronné
avatar

Nombre de messages : 1376
Age : 49
Date d'inscription : 21/12/2011

MessageSujet: Re: L’histoire exceptionnelle des premiers chronographes de série    Jeu 27 Fév - 20:59

Merci !  thumleft 
Revenir en haut Aller en bas
lowendalblades
Membre référent
avatar

Nombre de messages : 6458
Localisation : ...
Date d'inscription : 16/10/2009

MessageSujet: Re: L’histoire exceptionnelle des premiers chronographes de série    Jeu 27 Fév - 21:26


Merci infiniment.

 Chinois 
Revenir en haut Aller en bas
http://www.moonwatchonly.com
Mogul
Membre Hyper actif
avatar

Nombre de messages : 516
Age : 29
Localisation : Bordeaux
Date d'inscription : 29/11/2012

MessageSujet: Re: L’histoire exceptionnelle des premiers chronographes de série    Jeu 27 Fév - 21:44

Très bel article ! Vraiment passionnant.
Merci  thumleft 
Revenir en haut Aller en bas
rogerw650
Puits de connaissances
avatar

Nombre de messages : 4772
Age : 53
Localisation : strasbourg
Date d'inscription : 29/12/2007

MessageSujet: Re: L’histoire exceptionnelle des premiers chronographes de série    Jeu 27 Fév - 21:58

ZEN a écrit:
Cette pièce est assez méconnue. C'est un paradoxe car Waltham a vraiment fondé l'ère de la montre industrielle .

J'avais bien noté ce paradoxe...
ce qui rend encore plus enviable d'avoir une pièce comme celle-ci.
 Wink 
Revenir en haut Aller en bas
http://www.ashoda.fr
ZEN
Rang: Administrateur
avatar

Nombre de messages : 48323
Date d'inscription : 05/05/2005

MessageSujet: Re: L’histoire exceptionnelle des premiers chronographes de série    Dim 15 Jan - 6:49

Chinois

_________________
Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).
Revenir en haut Aller en bas
https://sites.google.com/site/hourconquest/
 
L’histoire exceptionnelle des premiers chronographes de série
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Les premiers chronographes montres-bracelet Zenith (in italiano)
» Histoire d'un objet culte : le canapé
» L'histoire de Marcel, bébé chevreuil élevé au biberon.
» Mes premiers coraux mous
» Histoire d'animaux à Wasquehal

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
FORUMAMONTRES :: Forum général de discussions horlogères :: Les Grandes Heures de FAM-
Sauter vers: