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 Un Clin d'oeil à Monseigneur Diego né un 10 novembre

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Mosbilo
Passionné absolu
Mosbilo

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Date d'inscription : 01/12/2005

Un Clin d'oeil à Monseigneur Diego né un 10 novembre Empty
MessageSujet: Un Clin d'oeil à Monseigneur Diego né un 10 novembre   Un Clin d'oeil à Monseigneur Diego né un 10 novembre EmptySam 8 Nov 2014 - 22:40

Citation :
Continuité

Chaque Jeudi se réunissaient pour leur partie de carte Pierre, Paul, Georges et Jules. Une véritable institution cette partie de cartes ! Dès 20 heures dans le café de la Bonne Espérance, la table leur était réservée pour taper le carton et ils étaient tous là précis comme l'horloge de la mairie qui sonnait ses huit coups infailliblement.
Le jeudi 9 septembre d'il y a maintenant cinq années, Jules fut absent pour la première fois. C'est un coup de téléphone qui prévint ses condisciples de la mort brutale de leur ami.
La partie ce soir là fut abandonnée et le jeudi suivant Robert qui du coin de l'oeil les regardait jouer se proposa non pour prendre la place de Jules ni pour le remplacer mais pour lui succéder. La formule fut heureuse et le groupe l'accepta à l'unanimité.
Il faut dire que sans quatrième, la belote n'avait pas sa place.
Bien vite Robert, Paul, Pierre et Georges devinrent les quatre meilleurs complices du village, heureux de se retrouver une fois par semaine pour cette interminable partie de carte ...
Il ne se passa pas plus de trois mois quand à son tour pendant la partie Pierre ne soit terrassé par un arrêt cardiaque fatal.
Une belle mort pour ce coeur d'artichaut comme le surnommaient ses amis ...Lui qui avait tant aimé de femmes qu'il en oubliait le prénom de celle qu'il avait épousée.
Charles, un intermittent du café remplaça Pierre, ça lui donnerait un prétexte pour sortir et échapper à sa femme qui lui reprochait chaque jour son inactivité.
Charles, Robert, Paul et Georges se retrouvèrent ainsi chaque jeudi avec un plaisir partagé que chacun leur enviait ...
C'est à la fin de l'hiver un an plus tard que Paul oublia définitivement de se réveiller, tranquillement dans son lit mais pas dans les bras d'une belle fille comme il en avait rêvé toute sa vie durant, lui qui n'avait jamais connu de femme disait-il, et qui les avait seulement fréquentées.
Maurice prit sa chaise autour de la table à peu prés 2 mois avant que Georges ne disparaisse en allant tenter sur son toit de repositionner cette tuile qui depuis 15 ans avait été déplacée par un coup de vent et qu'aucun couvreur n'avait jamais accepté d'aller lui remettre.
René devint ainsi le quatrième partenaire de cette partie de carte que ses protagonistes avaient l'impression de jouer chaque jeudi depuis des années ...
Demandez leur pourquoi le jeudi ? Ils n'en savent rien, par contre ce dont ils sont certains, c'est de se connaitre depuis si longtemps que leur rencontre, ils l'ont tous oubliée ...

Maurice ,Charles ,Robert et René sont bien là depuis ....Jules ? Non, ils ne connaissent pas de Jules ...un étranger peut-être ....mais ça ne leur dit rien ! On ne peut pas connaitre tout le monde ....



Une autre histoire de Monseigneur Diego



Citation :
Le juge Assenrond


Le temps de ce dimanche de novembre 2005 était gris avec cette humidité fraîche et cette brume désagréable qui fait coller le temps au visage de celui qui s’aventure à l’extérieur.

Dans son fauteuil club en cuir au coussin éventré, le juge Assenrond relisait les notes qu’il avait préparées pour interroger la veuve Thérése Hunsaic.

La conviction du magistrat était faite, elle était coupable.

Son verre de scotch dans une main, les notes sur les genoux, le juge leva la tête pour regarder la Neuchateloise qui sonnait 6 heures du soir. Machinalement, le magistrat jeta en même temps un œil sur sa Navitimer pour confirmer que la sonnerie qu’il entendait marquait une heure exacte.

Etait-ce par déformation professionnelle ou manque de confiance, le juge recoupait toujours ses informations.

Dix-huit heures était l’horaire auquel chaque jour le magistrat nourrissait imperturbablement son chat, fidèle compagnon depuis 17 ans.

Le juge vivait seul depuis la disparition de son épouse dans la crevasse d’un glacier du Mont Blanc.

Ce soir, le juge appela en vain son chat doucement éteint dans le canapé. Comme la bête avait  relâché son sphincter le juge dut lui-même nettoyer dans une odeur âcre d’excrément félin, les coussins salis par la bête.

Emballant le corps délicatement dans une serviette éponge, il le porta jusqu’au vide ordures. Sans perdre de temps, il jeta les restes de nourriture qu’il avait encore en réserve et la litière qui encombrait son placard.

Il n’était pas encore dix-neuf heures quand le téléphone sonna rompant le silence de l’appartement rythmé par le mécanisme de la pendule.

Le procureur s’excusa de perturber la soirée du juge mais il tenait à l’informer que la veuve Thésése Hunsaic venait d’être retrouvée morte, imbibée de rhum dans son appartement.



Ce coup de téléphone achevait 18 mois d’enquète, 17 interrogatoires, 7 gardes à vue inutiles et des centaines d’heures de travail.

Le juge remercia le procureur de cette information et passa à table pour dîner, une boite de sardines « la Scintillante »  et  une ration de pâtes cuites dans l’eau salée avec une cuillère d’huile d’olives.

Les repas du juge ne duraient jamais plus de 25 minutes montre en main, le juge faisait toujours sa vaisselle immédiatement pour s’éviter le matin cette odeur de vaisselle sale qui le dégoûtait.  


Chaque dimanche soir, le magistrat lisait pendant deux heures avant de se coucher dans une chambre austère et froide.

Plongeant la main dans sa table de nuit, il ressortait  toujours le dimanche cette revue pornographique saisie lors d’une enquête et  aimait à se masturber en regardant cette jeune femme photographiée en 1971 en train de se caresser avec un artichaut de Bretagne.



Le magistrat oubliait indéniablement que cette Peguy Lime qui devait avoir 30 ans sur la photo en 71 en avait 34 de plus aujourd’hui.


Le juge s’endormit ensuite pour se préparer à de confrontations à cette société qui lui exposait chaque semaine son lot de déséquilibrés et de marginaux.


Il est incroyablement rassurant de savoir  que ce sont des gens normaux qui évaluent leurs contemporains.
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P@ul
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P@ul

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MessageSujet: Re: Un Clin d'oeil à Monseigneur Diego né un 10 novembre   Un Clin d'oeil à Monseigneur Diego né un 10 novembre EmptyMar 11 Nov 2014 - 8:27

Ah merci.

Les billets de Monseigneur Diego sont des pépites dont je ne me lasse pas.
Dommage, qu'elles se soient taries. Un temps, peut-être ?  I love you
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