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 Interview de Richard Mille

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ZEN
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MessageSujet: Interview de Richard Mille   Mar 26 Juin 2007 - 5:13

Interview : Richard Mille


Par Jecko







Natif de Draguignan Richard Mille suit des études de marketing à Besançon. Il débute dans l‘horlogerie comme responsable du groupe Matra horlogerie (Yema, Jazz et Cupillard Rieme) puis part chez Mauboussin. En 1999, il décide de lancer sa propre marque, en collaboration avec Audemars Piguet. En 2001, présentation de la première montre de la collection : la RM001. Quinze autres modèles suivront. Toutes ces montres bénéficient de techniques et des matériaux innovants, tout en conservant une finition manuelle représentant le meilleur de la culture horlogère. Six ans à peine ont suffit à la marque pour se faire une place dans le milieu de la haute horlogerie.
C’est un peu court je sais. Aussi, je vais laisser Richard Mille vous raconter tout ça.


Le 30 avril 2007, M Richard Mille me téléphone. Je l’avais contacté quelques jours plus tôt pour lui demander de m’accorder une interview à l’occasion du 25e anniversaire du premier vol de Jean-Loup Chrétien dans l’espace.
Et là pendant plus d’une heure Richard Mille allait se raconter, me parler de sa carrière, avec franchise, avec son franc parler, sans détour. Il allait diffuser sa passion.C’est pourquoi j’ai pris le parti-pris de vous présenter intégralement les 68 minutes avec Richard Mille




Merci Mr Mille d’avoir accepté cette interview. Le 24 Juin 1982, à bord du vaisseau Soyouz T6, Jean –Loup Chrétien s’élance vers la station Saliout 7. Il est le premier Français à partir dans l’espace.
A cette date M Mille vous êtes à la tête du pôle Matra Horlogerie au quel appartient Yema.


Alors je ne sais même plus, comment ça c’est goupillé parce que moi j’avais pris le train en marche. En fait, la saga des spationautes avait été lancée avant même que je rejoigne Matra horlogerie. Je suis arrivé quasiment au début mais c’était M H-J Belmont qui avait lancé ça alors qu’il était propriétaire de Yema, avant de vendre à Matra horlogerie.
On avait plusieurs fers au feu en matière de développement. J’aimais bien les développements extrêmes, donc j’avais fait aussi une montre pour Nicolas Hulot qui avait fait le pole nord en ULM, j’avais lancé une montre pour Titouan Lamazou quand il avait gagné le Vendée Globe Chalenge et puis les montres à Etienne, la North-Pole et une montre qu’on avait appelé Antartica quand il avait fais son bateau pour faire la traversé de l’antarctique avec toute une équipe internationale, un Américain, un Russe, un Japonais, un Anglais etc.
Comme les boussoles ne fonctionnent pas à proximité des pole on a eu l’idée avec Etienne d’utiliser un mouvement 24h. Une fois l’aiguille calée sur l’heure locale non administrative, en heure locale réelle, il suffit de pointer votre aiguille vers le soleil et vous avez immédiatement la direction du nord. Avec une montre normale vous pouvez très bien le faire avec la bissectrice, vous arrivez à parfaitement vous repérer de manière très précise, pour peu qu’il y ait un simple halo de soleil, ce qui arrive toujours. J’avais fais une montre réversible, que j’avais appelé Bipole. Elle pouvait fonctionner aussi pour le pole sud, l’aiguille allait dans le sens inverse d’une montre traditionnelle pour voir la direction sud. Le tout avec une précision assez extrême. C’était les produits qu’on avait développés à coté des produits spationautes.



Vous n’aviez pas de problèmes de piles avec le froid ?

Contrairement à la montre d’Etienne, on n’avait pas trop travaillé les éléments de protection. On s’était contenté de travailler sur le cahier des charges du CNES, qui était plutôt tourné vers les problèmes d’accélération, décélération, les problèmes de bris de glace, de résistance au choc etc. etc. Mais en définitive on n’avait pas sorti une usine à gaz. Pour la simple et bonne raison qu’il était difficile à l’époque de bidouiller, de travailler sur des mouvements à quartz. Pour la montre d’Etienne, la North-Pole, j’avais fait un container en téflon qui protégeait la pile, mais le problème n’est pas venu de là. Il est venu du fait que l’on avait une aiguille assez grande donc assez lourde, en fait elle pompait énormément d’énergie et au bout de 6 mois il fallait changer la pile. Ce problème à été amplifié par le froid extrême, on était sur des températures moyennes de moins 50 la durée de la pile à été de 4 mois. Ma grande inquiétude était que la pile lâche en cour de route, donc on avait tout fait pour la protéger de façon a ce qu’elle soit atteinte par le froid le plus tard possible. Après au de la de ça il avait toujours au poignet, mais il avait sa parka qui venait la recouvrir étant donné qu’il faisait sa position toutes les 2 ou3 heures et il la faisait le soir avec sa balise Argos.
Sur les navettes, ils ont tellement d’instrument a leur disposition, que le discourt était : «Vous voulez nous faire des montres, faites vous plaisir, mais que ça vienne pas nous casser les pieds. Le problème essentiels c’était qu’en cas de chocs il n’y ait pas, comme je l’ai dit tout à l’heure, des débris de verre qui se baladent partout dans la cabine et une bonne fiabilité des informations chrono. Ce qui ne posait pas de problème puisque avec du quartz on a affaire a des informations très très précise sans grand soucis.



Ce n’était pas des montres prévues pour sortir dans l’espace ?

Non, non c’était franchement des produits assez rustiques, très biens étudiés, très solides parfaitement adaptés et développés. Mais pas usine à gaz, l’objectif était de donner des informations très fiables et surtout ne pas causer de problème. Utilisation de velcro à la place des bracelets métalliques l’objectif étant toujours de ne pas se blesser, pas d’angle vif, sur les poussoirs bien que saillant ont avais pris la précaution d’arrondir tous ça, comme pour la couronne, pas d’arrête vive pour qu’il n’y ait pas de risque de se blesser


Vous aviez fait le choix de changer la spationaute à chaque mission.

Oui, ça c’était plus tôt du marketing. Parce qu’à chaque fois on faisait de séries limitées donc on faisait vivre la gamme. Je dirais que c’est une tradition aujourd’hui qui se répète dans l’horlogerie, l’an dernier j’ai fait une série massa mes copains d’Audemars Piguet ont fait une série Montoya après une série Barichello. Nous avions aussi de nouveaux calibres qui intervenaient, on était content de mettre de nouveaux développements ou des produits plus pointus ou moins consommateur d’énergie car à l’époque, c’était ce sur quoi travaillaient tous les gens qui développaient des mouvements à quartz. On travaillait sur la réduction de la consommation l’amélioration des performances etc. etc. Donc on faisait profiter de ces évolutions et en même temps, nous on en profitait pour faire des séries commercialisables.


Vous aviez des retours sur l’utilisation de vos montres sur les vols ?

Oui, c’était une bonne collaboration, c’était une collaboration, je dirais amicale. C’était l’occasion de se revoir… De faire souvent … des bringues. C’était le même style que je retrouve avec Massa avec qui j’ai travaillé de manière plus approfondie, mais ça c’est peut être avec l’âge, sur ces besoins personnel etc.
Habituellement les pilotes ne courent pas avec leurs montres. J’ai voulu qu’il coure avec sa montre. Je n’aime pas le terme d’ambassadeur, c’est quelque chose qui m’énerve que je trouve très superficiel. J’aime les montres en situation. Ce qui m’a intéressé avec Massa, c’est de mettre au poignet d’un pilote de formule 1 une montre tourbillon qui est par réputation fragile. On conseille, jamais de golf, jamais de tennis avec une montre tourbillon. J’ai voulu éprouver avec la mienne, (comme j’avais travaillé sur des tas de paramètres techniques la rigidité d’un coté, la résistance aux chocs de l’autre, la fiabilité d’un tourbillon en situation,) sur un pilotes de formule 1 avec des vibrations des chocs des accélérations des décélérations qui sont terribles qui sont des tueuses de montres. J’ai aimé garder cette approche produit en situation, et non pas produit de pur marketing.

Je pense que la pièce avec laquelle on c’est le plus marré, est la montre de Nicolas Hulot. Pour son expédition au pole nord Parce que je lui avais fait un bracelet avec des containers, il avait 3,4 containers de chaque coté avec des mini allumettes. C’était assez rigollot c’était une pièce qui d’ailleurs est resté unique.
Les spationautes étaient entre guillemets, plus commerciale. Elles étaient plus originaires du commerce.
La pole nord d’Etienne était faite en titane puisque son cahier des charges était simple poids minimum, résistance au froid, travail sur l’ergonomie, la douceur, pas d’angles vifs etc. etc. Parce que comme vous le savez le moindre problème dans un univers hostile prend des dimensions terribles. L’anecdote d’Etienne qui faisait chauffer de l’eau le soir avec son unique rouleau de papier toilette à coté. L’eau tombe sur le papier toilette qui gèle instantanément et qui est inutilisable. Dehors il fait mois 50, mais sous la tente c’est pratiquement Pareil. Impossible de se nettoyer les fesses, des boutons, qui s’infectent, vous voyez le truc anodin qui dans un univers normal serait totalement anecdotique et là prend une dimension folle. Pareil dans l’espace c'est-à-dire que le moindre problème la moindre blessure peut prendre des dimensions catastrophiques. Une évolution avec des montres de plus en plus soft avec des bracelets velcros, facile à mettre sur une combinaison, facile à enlever. On faisait des variations en bracelet métal parce que c’était plus commercial.



Quels ont été les retombés pour Yema ?

Yema a eu une cote terrible pendant des années a cause de cette dimension technique. Bon, malheureusement, Matra, son métier n’était pas du tout l’horlogerie. Matra ne savait pas trop quoi faire à l’époque de toutes ces marques. Matra avait récupéré ces marques en 81 quand la gauche est arrivée au pouvoir. Jean Pierre Chevènement, qu’on appelait le député de l’horlogerie dans le territoire de Belfort, a voulu et c’était une idée louable, fédérer toute l’horlogerie française qui était complètement morcelée, constituée de tas de société indépendantes qui d’ailleurs gagnaient de l’argent.
Et je ne sais pas si ça vous dit quelque chose mais en 81 le premier ministre P Mauroy a nationalisé toute l’industrie d’armement. Dassault a été nationalisé etc. Et Matra était sur la liste des nationalisations et en faite Matra contre, on va dire sa non nationalisation, Lagardère était un fin négociateur, prend en main l’horlogerie française.
Sur le papier c’était séduisant parce qu’on avait un groupe spécialisé. Matra était spécialisé dans l’électronique la micromécanique ect. Mais il s’agissait là de développer des marques donc il y avait un aspect, entre guillemets, beaucoup plus markéting, une stratégie complètement différente et c’était pas du tout le métier de Matra et Matra c’est retrouvé avec ça. Donc il c’est retrouvé avec des fleurons de l’industrie française, il y avait Yema, Jazz, Cupillard Rieme dont il n’a pas su très bien quoi faire et au bout de quelques années, il s’en est défait et a revendu ça à Seiko. Lui n’en à rien fait non plus et c’est très dommage de voir une marque comme Yema qui était très pointu, qui avait une personnalité forte, qui on peu dire avait été précurseur en matière de montres extrêmes avec Oméga. Il y avait peu de marques qui travaillaient sur de tels développements à l’époque. Et malheureusement ça en est resté là. Je sais que Yema renait un peu de ces cendres. Mais c’est une marque qui a été laissé à l’abandon pendant des années et des années. Alors qu’elle était très très liée à l’aventure en générale, l’aventure spatiale, l’aventure avec Etienne, sur les mers. En plus Yema était très spécialisé dans les montres plongées. On fournissait les nageurs de combats et l’armée avec des produits très spécifiques, très pointus, là aussi très spéciaux et des cahiers des charges draconiens.
Il est clair que lorsque vous faites une montre de plongée, elle a intérêt à marcher, quand vous avez des gents qui doivent poser des mines, se retrouver à tel endroit à telle heure, il ne s’agit pas que la montre s’arrête. Donc des produit très pointu et tout ce capital est un peu tombé à l’eau et puis je sais que ces derniers temps ils avaient fait des produits mais très commerciaux mais sans tirer la quintessence, c’est bien dommage de ce qui a été fait précédemment.



Comment voyez-vous l’évolution de la gamme Yema ?

Paradoxalement je n’ai absolument plus suivi tout ça.
En discutant avec vous ça me fait revenir plein de souvenir. Mais comme je ne suis pas du tout quelqu’un de nostalgique, j’ai un peu bâché tout ça. C’est vrai que c’était d’excellent moment avec des développements assez géniaux. Je me souviens même par exemple pour la Pole Nord d’Etienne, je l’ai faite contre l’avis du PDG de l’époque Jaques Meyer qui était fou de rage et qui voulait me virer et puis lorsqu’Etienne a fait son Pole Nord je suis devenu d’un seul coup un héros.



Donc après Yema vous avez créé Richard Mille, la manufacture. C’est une réussite fulgurante, vous êtes devenu une figure incontournable de l’horlogerie, vous êtes dans toutes les revues et pourtant vous avez une production très confidentielle ?

J’ai une production limitée que je tiens à conserver.
En fait toutes ces racines dont on à parlé tout à l’heure, toutes ces pièces, j’ai toujours adoré faire des usines à gaz des moutons à 5 pattes des grosses bêtes, j’adore parce que je ne suis pas technicien ni horloger mais je suis un fou de technique.
Et puis bon après Yema j’ai été patron de Chez un joaillier place Vendôme qui s’appelle Mauboussin. Je ne m’entendais pas sur la stratégie’ Chaque fois que j’ai quitté c’était pour des raisons de stratégie. J’ai quitté Seiko parce que je ne m’entendais pas sur la stratégie parce que j’était furax justement qu’on laisse tomber des marques comme Yema, Jazz, Cupillard Rieme, qu’on abandonne ces marques qui étaient quand même des fleurons, parce que je considérait qu’on avait une chance historique d’imposer des marques françaises et donc ça n’a pas été fait.
Après Mauboussin, c’est pareil des problèmes en fait de rivalités familiales entres les 2 frères, bref, et puis des différences sur la stratégie.
Depuis longtemps, j’avais envie de créer ma marque. A force de travailler pour des gens et de donner des recommandations que les gens ne suivent pas, vous finissez par dire tous ces préceptes et concepts je vais les appliquer à moi-même. Donc j’ai décidé de faire le saut et de faire ce que j’avais purement envie de faire. Donc je suis parti d’un concept qui consistait à dire en définitive que la haute horlogerie, je ne dis pas tourne en rond, mais je trouve un peu bizarre qu’on utilise des machines du 21e siècle pour fabriquer des montres du 19e. C’est come si on utilisait dans l’automobile, des machines outil d’aujourd’hui pour faire des Dedion-Bouton, des Delage, des Delahay, ça ressemble un peu à des répliques.

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Dernière édition par le Mar 26 Juin 2007 - 5:25, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Interview de Richard Mille   Mar 26 Juin 2007 - 5:14

Une conception qui suit 3 critères.

Je me suis dit la technique a beaucoup évoluée depuis le 19e siècle et bien je veux faire des montres fondées sur un espèce de triptyque. La première partie du triptyque c’est dire je veux une technique poussée à son paroxysme même au-delà des limites avec de innovations fortes.
Je veux une montre qui soit forte architecturalement très identifiable.
Mais aussi facile à vivre très ergonomique. Donc tous les éléments dont on a parlé tout à l’heure pour Etienne, les spationautes etc. Facile à lire l’heure, facile à remonter, un bon compagnon au poignet.
Et la troisième partie du triptyque, le meilleur de la culture horlogère. C'est-à-dire que je veux que tout soit fini à la main comme ça ne se fait plus ou plus guère aujourd’hui dans l’horlogerie puisque tout le monde utilise des machines pour faire les anglages pour faire des polissages etc.
J‘ai voulu redonner toutes les lettres de noblesse à la haute horlogerie. J’ai d’un coté une énorme modernité de l’autre coté le meilleur de la culture horlogère.
Je n’avais pas de légitimité puisque je n’étais pas de 1800 et quelques, et je ne suis pas horloger. Mais je me disais, je ne suis pas plus horloger qu’Enzo Ferrari est ingénieur automobile, toutes proportion gardée bien sur. Ce n’est pas parce que je ne suis pas horloger en définitive que je ne peux pas faire des montres. Simplement partant aussi du principe que je suis un fou de technique, j’adore la technique, la technique me passionne, les matériaux me passionne, l’automobile, l’aviation, l’espace tout ça me passionne. Donc il n’y a aucune raison pour que je ne fasse pas un produit implacable. Je suis parti du principe aussi de me dire pendant toute ma carrière j’ai appris au gens de travailler avec des études de positionnement, des études de marcher, de prix, de la concurrence etc. etc. Tout ce que j’ai appris, je ne vais pas l’appliquer à ma cause, je ne vais pas me l’appliquer, je vais faire le produit tel que je le rêve tel que je le voudrais et puis je verrai bien s’il se vend. Donc le prix sera la résultante de mes choix technique et non pas le contraire.
Parce que à l’heure actuelle tout le markéting, ça c’est un peu ma guerre avec le markéting, est fondé sur des espèces de compromis. C’est à dire que vous faites votre prix public que vous essayez d’avoir le plus compétitif possible, vous retournez en arrière avec les marges arrière puis à l’intérieur d’un budget vous vous débrouillez. Simplement quand vous partez sur la base d’un budget tous vos choix technique sont compromis par le fait que vous n’allez pas jusqu’au bout. Et je me suis dit, je veux aller jusqu’au bout de chaque secteur technique. Donc encore aujourd’hui, chaque fois que j’ai une option technique, je prends la meilleure sans regarder le prix, ce qui a paru à l’origine, à beaucoup, comme une aberration parce que ça ne parait pas du tout être économique, mais en définitive ce qui représentait pour beaucoup de gens une faiblesse, est devenu une force, puisque j’ai sorti un produit implacable, un produit bien sur extrêmement chère mais qui c’est avéré gagnant. Parce que justement à l’époque ou tout le monde faisait des compromis et encore aujourd’hui fait des compromis sur tout, J’ai sorti un produit extrême. Au même titre que j’aimais avant dans toutes ma carrière sortir des produits extrêmes, sans concession, dont le seul but était de remplir un cahier des charges, technique.
Alors bien sur, ce que je n’avais pas fait sur des pièces comme les spationautes. La pièce d’Etienne, j’avais explosé les devis, ça je m’en souviens parce que à l’époque, c’était très difficile d’usiner le titane, le boitier était sorti à un prix de folie. En plus j’avais voulu, ce qui à l’époque coûtait une fortune, des glaces saphirs. Par exemple, pour la Bipole, j’avais mis des glaces saphirs dessus dessous, traité antireflet de plus. Ce qui ne se faisait pas. Encore aujourd’hui de grandes marques n’ont même pas des glaces antireflets.
Donc tout ça j’ai continué à le faire pour moi, mais alors là sans limite. La seule limite étant la technique et encore, je me suis aperçu qu’on pouvait repousser très largement les limites de la technique.

J’ai fait un produit pour moi.
Ce que j’ignorais avant de démarrer c’est quel serait le succès éventuel du produit. Quelle réception aurait cette montre. Et ça à dépasser complètement me souhaits les plus fous, parce que, bon, quand j’ai démarré, j’avais de l’argent de coté, je me suis dit si ça marche pas ce n’est pas grave, je me serais fait plaisir et si je vends quelques dizaines de montres, je serais un home heureux. L’an dernier j’ai livré un peu lus de 1500 montres, cette année je pense que ça va être autour de 2000 montres et puis je n’arrive pas à suivre, j’ai des commandes sur certains modèles jusqu’en 2016, 2017. Je ne suis pas dépassé par les opérations, mais simplement la demande à complètement, complètement explosée. Ce qui est merveilleux. Je ne me plains pas. Mais ce qui prouve aussi qu’aujourd’hui, déjà avant mais plus aujourd’hui, des produit extrême sans restriction trouvent preneur. A condition qu’il n’y ait pas mensonge sur la marchandise. C’est à dire que les données techniques qui sont réunies soient vraiment implacables, soient vraiment fortes.
On s’aperçoit même aujourd’hui qu’il y à une sorte de dichotomie entre les attentes des clients finaux, qui sont de plus en plus connaisseurs, de plus en plus exigeant, de plus en plus pointu au fait de la technique, et beaucoup de marque qui ne se soucis que de faire du marketing. Ils s’occupent plus de faire du contenant que de faire du contenu.


Elles offrent de beau boitier mais sans innovation technique à l’intérieur ?

Oui, même, on a des beaux écrins, mais on a des produits qui sont médiocres, mais ça ce n’est pas grave.


Vous êtes partenaire de « Le Mans Classique » et de la Perini Navi Cup, avez un modèle aux couleurs de Felipe Massa.
Le partenariat avec le monde du sport mécanique a une grande importance pour vous ?


« Le partenariat avec Perini Navy »

L’automobile a toujours été un grand amour, sous ses abords purement mécaniques.
Par ailleurs Perini Navy, ça m’a intéressé pas pour leur notoriété car ils ont une notoriété pas très forte. Mais ils sont leaders mondiaux en matière de grands clippers, et ce qui m’a surtout intéressé, c’est le produit qu’ils développaient, le « Faucon Maltai » qui est une véritable révolution en matière de Nautisme. C’est un voilier de 889m et de 1200 tonnes chaque mat pèse 22 tonnes et toutes les voiles peuvent sortir en quelques minutes avec un simple joystick. C’est tout ce que j’aime, c’est à la fois un monstre de technique, c’est un bateau qui est esthétiquement magnifique, qui a une magnifique architecture et puis comme mes montres, tout est fini à la main, tout est anglé à la main, les pièces sont absolument merveilleuses. Chaque pièce détachée de ce bateau est une œuvre d’art et en plus techniquement c’est une révolution, puisque les mats sont rotatifs, ils tournent en fonction du vent, vous ne verrez aucuns câbles sur ce bateau, toutes les voiles sont rentrées dans le mat et elles sortent automatiquement.
Donc c’était une véritable révolution qui n’était pas évidente à mettre au point, Perini a pris un risque et Tom Perkins, le propriétaire du bateau, a pris un risque. Ça lui a coûté, à Tom Perkins, la bagatelle de 100 millions de dollar. Mais là aussi tout était tourné vers le résultat
.


« Le partenariat avec Felipe Massa »

J’avais été contacté par Nicolas Todd, qui est le fis de Jean Todd. Nicolas souhaitait que je sois sponsor de son protégé, Felipe Massa. Je lui avais dit, moi ça ne m’intéresse pas, parce que les ambassadeurs ça ne m’intéresse pas. On a discuté, j’ai réfléchi et j’ai rappelé en lui disant : « Ecoute, moi la seule chose qui m’intéresse, c’est de lui mettre une montre au poignet. Dans ces conditions, ça peu m’intéresser.».
Je luis ai mis sur le poignet une montre tourbillon la RM 006, qui avait la première platine en fibre de carbone. Tout le monde m’a dit ça va pas tenir plus de 10 minutes. Tu es complètement fou. Une montre tourbillon ça ne marchera jamais. Etc. Etc.
Et la montre a fonctionné, pendant 2ans, parfaitement sur son poignet et quand on a fait la maintenance, on c’est aperçu qu’elle marchait parfaitement avec des très bonnes performances.
Mon concept technique, sans vous casser les pieds avec la technique, c’était de dire sur une montre traditionnelle, vous avez un mouvement qui est souvent rond, dont la platine est en mailleshor ou en or qui sont des matériaux meubles et vous avez un cercle d’emboitage qui rentre dans le boitier. Donc la montre est tenue, je vais schématiser, par sa tige. En fait elle flotte dans le boîtier. Ce qui n’est vraiment pas bon. C’est une espèce d’empilage, je ne dis pas de bric et de broc, parce que c’est bien fait. Mais qui n’est pas à mes yeux, très technique.
Sur mes montres, le mouvement est en titane ou en fibre de carbone. La fibre de carbone c’est encore mieux, car en plus d’être un matériau amorphe, elle est extrêmement rigide et le mouvement, lui, est vissé au boitier. Donc une très grande stabilité, pas de problème de choc thermique, le matériau ne bouge pas, ce qui est quand même pas mal quand vous avez des rouages au micron. Avoir une matière qui prend de l’ampleur ou qui rétréci selon la température à la qu’elle vous vous trouvez, j’ai toujours trouvé ça un peu gênant.
Après j’ai travaillé sur d’autres paramètres qui sont par exemple la réduction de la friction. Puisque le problème des montres mécaniques, c’est le frottement. En travaillant sur la réserve de marche. Un des grands thèmes de l’horlogerie c’est la réserve de marche. Moi, la réserve de marche, je m’en fou complètement parce que une montre qui fait 100heures de réserve de marche aura généralement 70 ou 80 heures avec une performance tout à fait médiocre. Vous avez généralement un grand ressort et le barillet. Le barillet, c’est le container denté dans le quel se trouve le ressort, qui tourne le plus lentement possible, par plus il tourne lentement plus vous avez de la réserve de marche. Le problème est que les spires du ressort ont tendance à se coller les unes aux autres et elles se relâchent, un peu comme des plaques tectoniques, ce qui est très, très mauvais pour la régularité de la marche. Donc j’ai décidé de faire un barillet à rotation rapide qui donne une bien meilleur régularité de marche puisque les spires du ressort n’ont pas le temps de ce coller les unes aux autres, le barillet tournant relativement vite. Jai une réserve de marche qui est moins importante, bien que sur un tourbillon elle n’atteigne pas loin de 80 heures. Mais surtout avec une performance qui dure. Et au lieu d’avoir une courbe qui chute régulièrement, on a une ligne pratiquement plate et quand la performance chute, elle tombe pratiquement à la verticale. Mais je préfère avoir une performance très très bonne, même si le total de la réserve de marche est inférieure.
Après j’ai travaillé sur des tas d’autres éléments en particulier la résistance aux chocs. Généralement la tendance est d’avoir des ponts très, très rigide. C’est tellement rigide que quand la montre tombe, il y a tout qui casse à l’intérieur. Donc j’ai dessiné mes ponts comme des triangles de suspensions de voitures avec des rondelles en caoutchoucs. On a une excellente absorption des chocs. Quand on a mis la montre au poignet de Massa ça a permis d’avoir une résistance aux chocs phénoménale.
Avec Massa par la suite j’ai développé des tas d’autres produit. Ces critères c’est l’ergonomie, la fiabilité, la légèreté. Là j’ai choisi un matériau aéronautique, j’ai mis toute ma filière du CNRS à fonctionner. J’ai fini par trouver un matériau qui me plaisait beaucoup l’alusic. Matériau utilisé dans l’espace, en particulier pour les antennes de satellites. C’est un matériau très rigide beaucoup plus léger que le titane. C’est un magma d’aluminium dans le quel sont noyé des molécules de carbure de silicium et qui est réalisé par centrifugation. Utilisé que dans l’espace haut de gamme, comme il coute une fortune. Donc pour des éléments destiné à durer, puisque le cout est directement lié à la longévité du satellite ou la longévité du satellite a des impactes de coup immédiat. Là, j’ai réussi à faire une boite en alusic, ça à pris plus de 2 ans pour trouver le matériau idéale. Aujourd’hui vous avez énormément d’alliages possible et selon l’utilisation finale que le matériau est déterminé. Donc la il fallait que j’ai un matériau qui soit léger qui soit anallergique qu’on puisse usiner. Là on a eu beaucoup de mal à l’usiner. On n’a pas réussi à l’usiner de façon 100 pour 100 traditionnelle, il a fallu faire de l’électro érosion. Il fallait aussi rendre cette montre étanche etc. etc. Donc c’était particulièrement marrant. Mais le résultat était spectaculaire puisque la tête de montre, c'est-à-dire la montre et son mouvement fini, tout fini, pesait moins de 29 grammes. Donc extrêmement léger et absolument magnifique. Mon ami massa a couru aussi avec l’an dernier et cette année il coure avec la nouvelle montre qu’on a développé.



« Le partenariat Le Man Classique. »

Le Man Classique c’est différent c’est mon amour pour l’automobile. L’organisateur est un copain et là c’est beaucoup plus marketing et passionnel, parce que j’aime bien les voitures anciennes aussi. J’avais envie de faire quelque chose qui soit en rapport avec ma marque. Pour l’édition de l’an dernier il y avait au total 400 voitures engagées, plus les voitures club. La valorisation totale du plateau était supérieure au milliard d’euro. Donc on peu dire grosso modo que j’avais beaucoup de mes clients présents ou à venir qui étaient là. C’était surtout une belle opération de relation publique. Et pour ne pas paraitre faux cul c’était du plaisir personnel quoi.


Quels sont vos prochains chalenges ?

Oh il y en à pleins j’ai beaucoup de développement dans les pipe lines. J’adore aussi travailler sur des développements foncier quitte à remettre en cause tous les acquis horlogers. Donc il y a un certain nombre de développement fonciers sur les quelles on travaille avec le bureau d’études de mes petits camarades d’Audemars Piguet. On travaille sur des développements assez pointus dont je ne peu pas parler, parce que c’est vrai que c’est confidentiel. Mais il y a des développements assez importants sur les quelles ont travaille.
Je n’ai pas travaillé sur une montre, entre guillemets, aéronautique, mais ça viendra. Parce que je suis un fou d’aviation aussi. Donc c’est quelque chose que je ferai certainement. Le seul problème, je n’aime pas ce qui est mimique, j’aime bien donner du sens à ce que je fais.
Donc si je fais quelque chose, il faudra qu’il y ait du sens, il faudra que ça ait vraiment une signification une utilité etc.etc.


Nous pouvons donc attendre un nouveau mouvement richard mille.

Oui oui, tout à fait, même plusieurs.

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MessageSujet: Re: Interview de Richard Mille   Mar 26 Juin 2007 - 5:15

Avec des nouveautés horlogères ?

Oui Oui.


Si vous ne deviez garder une seule montre ?

Oh je pense la RM 012.
Parce que pour moi, elle représente ce qu’on peu faire de mieux en matière de technique.
Ça a été une usine à gaz. Une platine de mouvement comme son nom l’indique, c’est une platine dans laquelle on fait des trous, je schématise, on met des chatons on met des rouages.
Là, le chalenge consiste à mettre des tubes, les joindre les uns aux autres dans trois dimensions avec un angle de levé avec des pivots. Avec des axes rigoureusement perpendiculaires et des tolérances du micron. Et à cette taille là, je peu vous dire que ça a été une folie à réaliser. Donc cette montre je l’adore, Elle a été très longue, très difficile à réaliser, d’ailleurs, on a pratiquement un an de retard dans les livraisons et elle représente pour moi le meilleur de l’architecture et de l’esthétique. Elle est très aérée, elle est magnifique et a le meilleur de la technique. J’aime bien ce symbole.
Je les adore toutes et j’ai adoré la RM 009. Pour moi c’est le summum du luxe un truc qui pèse 29 grammes. C’était ma guerre contre le marketing la RM009. Dans toutes les notions de marketing, on vous parle de valeur perçue, les gens du marketing n’on que sa en tête. Par exemple un montre doit peser lourd pour qu’elle valle de l’argent. J’ai voulu prouver qu’une montre qui pèse 29 gramme ça peut être un exploit de la réaliser et elle peu valoir 100 fois plus que ce que peu coûter une montre en platine et se vendre comme des petits pains.
En fait c’est exactement ce qui c’est passé. Tout le monde m’a dit t’en vendra pas une, qui va acheter des montres aussi légères à ce prix là. Quand vous la prenez dans la main c’est tellement choquant, 29 grammes c’est la folie et avec un prix inversement proportionnel au poids. J’avais fait une série limitée numéroté de 25 pièces. On a du avoir 150 pièces en commande avec 125 frustrés qui n’ont pas pu avoir cette montre.
Ce qui prouve que là aussi, les gens aujourd’hui sont capable d’accepter des produits qui sont des usines à gaz, qui sont extrêmement pointue, qui sont complètement décalée par rapport à la terminologie marketing traditionnelle, de payer des fortunes et d’être heureux avec.
Par exemple le roi d’Espagne a une RM 009 au poignet, il l’adore, il me dit: « moi je ne porte plus que ça », alors qu’il a une collection fabuleuse de montres. Il doit avoir trois, quatre cent pièces. Et cette montre, il ne la quitte plus, il me dit : « Elle fait partie de ma peau je l’adore ». Parce que il a dépassé le stade de la reconnaissance sociale, il est capable de comprendre qu’une montre de 29 grammes peut coûter une fortune à développer (pour faire 25 boitiers il a fallu en faire une soixantaine, on a eu un tau de déchet de folie là-dessus) et que le prix n’est pas forcément lié au poids.
J’ai connu des marques que je ne citerai pas faire des aberrations du style, fabriquer un montre en titane, un peu sportive et rajouter du poids pour la valeur perçue. On fabrique en titane et on rajoute du poids pour que les gens prennent la montre au sérieux. Ce sont des critères qui me hérissent.
Les vrais critères, c’est la réalité des choses. Si votre objectif c’est de faire une montre très légère, vous allez jusqu’au bout de votre truc. Le chalenge est aussi difficile qu’en formule 1 pour faire une voiture très légère, aller chercher les derniers centièmes, c’est le plus compliqué.
Ça c’est la recherche de la performance, j’ai toujours aimé ça et ce n’est pas prêt de me lâcher.



Votre plus grand moment horloger ?

Alors ça j’en sais rien ! J’en sais rien parce que je n’ai que des suggestions de bons moments
Je réfléchis à ce que j’ai fait, j’en ai certainement des mauvais mais je ne m’en souviens pas. Je ne suis pas du tout nostalgique, je suis toujours tourné vers l’avenir, donc je ne me souviens jamais des mauvais moments et je fais en sorte de n’avoir qu’une succession de bons moments. Comme je multiplie les créations, je multiplie les bons moments. En fait je n’ai qu’une suite et quand je dis ça, je ne plaisante pas, je n’ai qu’une suite de satisfactions. Parce que peut être aussi que j’ai tout fait pour ça. D’abord pour que ça marche, mais aussi pour ne faire que ce que j’aime. Et j’ai la chance merveilleuse de ne faire que ce que j’aime et ça marche du feu de dieu. Donc vous imaginez que je ne passe que des bons moments. Bien sur que j’ai des soucis, de production, parce que j’ai des tas de gens qui passent des commandes et qui ne peuvent pas être livré comme ils le voudraient donc ils s’énervent, ils mettent la pression etc. etc. Mais je pense que comme problème il y a pire à résoudre donc j’en fais mon affaire.
Et les soucis que j’ai ne sont pas vraiment des soucis, car je me mets à la place de quelqu’un qui lance un truc et ça marche pas du tout, c’est bien d’autres soucis vous voyez. C’est pour ça que je dis vraiment, je n’ai que des satisfactions, je ne vis qu’une succession de bons moments, avec des énervements, comme tout le monde.
Des grands moments horlogers, j’en ai pleins et je m’en crée en plus, vous voyez c’est ça qui est génial. Quand j’ai fini un dessin ou d’imaginer le cahier des charges d’une montre, je suis déjà parti sur la suivante. Après j’ai beaucoup de plaisir quand je vois le proto, j’ai beaucoup de plaisir quand je vois les prés séries, quand je vois les séries et puis j’ai beaucoup de plaisir quand je vois le dessin de la suivante. C’est ça qui étonne les gens car dans la très haute horlogerie Généralement c’est un model tous les trois quatre ans, moi je sorts deux models par ans. C’est pas parce que je m’y oblige, c’est parce que j’adore ça. Je n’ai pas de problème de créativité, j’ai dix mille idées en tête. Il faut plus tôt que je me fasse parfois violence pour me calmer et limiter mes, entre guillemets, élucubrations. Si je m’écoutais ce n’est pas deux ou trois nouveaux modèles par ans que je ferais c’est plus tôt cinq ou dix
.

Je vous remercie Mr Mille de nous avoir accordé cet entretien.
Et je vous souhaite de continuer encore longtemps de n’avoir que de bons moments.



Interview réalisée par Jecko

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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).
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