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 Actu: A Bâle, des horlogers en quête de reprise

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ZEN
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Date d'inscription : 05/05/2005

MessageSujet: Actu: A Bâle, des horlogers en quête de reprise   2017-03-27, 08:14

Citation :
Tout est prêt, réglé comme du papier à musique. Les stands géants des marques de luxe, comme les vitrines plus étriquées des horlogers de bas ou de moyen de gamme, rivalisent d’imagination pour mettre en valeur les nouveautés. Le moindre grain de poussière a été traqué. Jusqu’à l’ultime minute, les employés des marques horlogères se sont activés pour que la fête soit belle, au moins jusqu’au 30 mars. Ce sera alors le moment de dresser le bilan de la plus importante foire horlogère du monde.

Car, sur le front conjoncturel, le ciel ne s’est pas encore éclairci. La valeur des exportations a ainsi baissé de 10% en une année, retrouvant le niveau de 2011 et effaçant quatre années (2012-2015) euphoriques. Cela s’est traduit sur le nombre d’exposants: 1300 cette année, soit 200 de moins que l’an dernier et environ 700 de moins qu’en 2011. Cette baisse n’a pas affecté Eric Bertrand, président des exposants, qui a relevé que «les marques qui ont travaillé correctement et ont des bases solides» sont au rendez-vous, contrairement à certains nouveaux venus qui sont en difficulté «lorsque les vents contraires se lèvent». Côté suisse, 220 entreprises ont fait le déplacement, dont 183 horlogers. Toutes vont tenter de séduire les dizaines de milliers de visiteurs attendus, dont leurs plus gros clients, distributeurs ou détaillants. Beaucoup d’entre elles devront aussi intégrer les évolutions – ou révolutions – technologiques et commerciales en cours, de la montre connectée à la vente en ligne.

Si la montre connectée n’a pour l’heure ni tué ni même blessé l’industrie, elle a l’avantage, comme un coup de pied dans une fourmilière, d’obliger les grands fabricants de montres à se déterminer face à cette technologie, chacun à sa manière.

Car la Suisse romande, et ses deux arcs – lémanique et jurassien – en particulier, abrite un savoir-faire historique en la matière, l’horlogerie dopant aussi de nombreux métiers artisanaux, mais également des PME spécialisées dans l’électronique, la miniaturisation ou le traitement des matériaux. Des technologies qui, par ailleurs, peuvent très bien être utilisées au service d’autres industries, à l’exemple des technologies médicales.

Reste une question, fondamentale si la Suisse entend maîtriser le plus possible ces changements dans les années ou les décennies qui viennent: quelles activités seront maintenues entre Genève et Schaffhouse ou entre Bâle et Sion? Cette question est même d’une importance quasi vitale pour la Suisse romande, qui fut le berceau de l’industrie horlogère et en demeure le terreau.

Mais ce n’est pas la première fois que cette branche s’est trouvée en difficulté. Dans les années 70, la fin des Trente Glorieuses fut marquée par les chocs pétroliers et l’arrêt brutal d’une croissance que certains pensaient éternelle. Cette crise énergétique, couplée avec l’irruption de la montre électronique, frappa alors durement cette industrie.

Entre 1975 et 1985 disparurent les deux tiers des établissements et des employés de cette branche, comme le rappelle l’historienne Laurence Marti dans son livre Le renouveau horloger. De 1600, le nombre d’entreprises passa à 600. Quant au nombre de salariés, ce fut la saignée: 90 000 employés en 1970, environ 30 000 dans les années 80.

La reprise fut d’abord lente, après l’intégration des deux groupes moribonds – ASUAG et SSIH – qui, fusionnés, donnèrent naissance à l’actuel Swatch Group. Les grands noms historiques, de Patek Philippe à Rolex, en passant par Audemars Piguet et les marques du groupe Richemont (Jaeger-LeCoultre, Vacheron Constantin, Cartier, IWC, Piaget…), se redéployèrent. Chez Swatch, des marques historiques et prestigieuses furent relancées, et un pôle industriel raffermi. Les géants français du luxe, LVMH – et, dans une moindre mesure, Kering – investirent les terres romandes. Aujourd’hui, ce sont les titans asiatiques, chinois et japonais qui tournoient au-dessus des marques helvétiques, prêts à fondre sur elles dès qu’un rachat leur semble possible.

De nouveaux acteurs sont ainsi apparus, donnant une seconde vie à cette industrie. Le bilan est pour l’heure excellent. L’emploi a doublé, occupant aujourd’hui 60 000 personnes. Et la disparition de firmes, par absorption, a été compensée par les créations. La branche regroupe désormais 700 acteurs. «Nous avons su nous réinventer constamment», a expliqué Sylvie Ritter, directrice générale de Baselworld. Ce qui est valable pour cette manifestation rhénane, qui fête son centenaire, l’est bien tout autant pour toute la branche à laquelle elle sert de vitrine.

http://www.tdg.ch/economie/entreprises/A-Ble-des-horlogers-en-quete-de-reprise/story/13212302

_________________
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