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 Actu: «Je suis allé en Perfecto chez M. Fillon»

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ZEN
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Date d'inscription : 05/05/2005

MessageSujet: Actu: «Je suis allé en Perfecto chez M. Fillon»    Dim 2 Avr - 0:20

Citation :
«Je suis allé en Perfecto chez M. Fillon»
LausannePablo Dana, qui a offert une montre à 13 000 fr. au candidat à la présidentielle française, raconte l’épopée de sa marque horlogère fondée en 2005.

L’homme vers qui les médias français ont braqué leur curiosité ces dernières semaines attend au Lausanne Palace accompagné d’un de ses cinq enfants, son avant-dernier fils, âgé de 13 ans. Il s’appelle officiellement Victor Pablo Dana mais le premier prénom, venu de son père et de son grand-père, s’oublie et on l’appelle simplement Pablo Dana.
En 2005, ce passionné d’horlogerie et d’automobile avait fondé une marque à la destinée aussi surprenante qu’éphémère, Instruments & Mesures du Temps (I & MT), à Carouge (GE) et à Lausanne, où elle avait installé son siège au chemin du Muveran. Entre 140 et 160 pièces sont sorties des mains de l’horloger genevois Christophe Golay, associé à ce que Pablo Dana nomme lui-même une magnifique aventure. Qui s’est mal terminée. Victime de difficultés de gestion, de l’incendie de l’atelier qui livrait les cadrans et de la crise financière de 2008, au moment où la jeune société horlogère cherchait à lever des fonds, la marque a sombré définitivement le 10 juillet 2014. «Liquidation selon les dispositions applicables à la faillite, procédure suspendue faute d’actif», dit froidement le registre du commerce.
«Chaque montre I & MT était unique et portait le nom de son propriétaire», se souvient Pablo Dana, 50 ans. L’une d’elles est estampillée du nom de François Fillon, le candidat à la présidentielle française éclaboussé par une affaire d’emplois fictifs impliquant son épouse et deux de ses enfants. L’histoire du cadeau au politicien, alors premier ministre du président Nicolas Sarkozy, remonte à 2008. Dans la bouche de l’homme d’affaires, elle résonne comme une aventure à elle toute seule. «Nous allions remettre une montre à David Hallyday, qui se produisait à La Cigale, à Paris. Avant d’aller l’écouter, nous sommes allés à Matignon, moi, ma femme et deux de mes enfants. Nous étions en perfecto et jeans déchirés, nos habits du concert.»
La passion des voitures
Quel engouement, en dehors des montres, peuvent bien partager un homme d’affaires d’origine italienne, né à Ferrare, qui a ensuite mené des études de gestion d’entreprise à Lausanne, un premier ministre français et un chanteur, fils de deux stars, Johnny Hallyday et Sylvie Vartan? La passion des courses automobiles, répond Pablo Dana. «J’avais croisé François Fillon au Mans, lors d’une course de voitures anciennes, sur le circuit des 24 heures du Mans. C’était la même chose pour David Hallyday. Ce n’est pas au chanteur que j’ai remis une montre, mais au passionné de course automobile. Avec lui, j’avais participé au rallye historique de Monte Carlo.»
La montre offerte à François Fillon appartient à la série Scuderia 22, un nom qui trouve aussi son origine dans le monde de l’automobile: «Je participais à des courses de voitures anciennes. Il fallait faire partie d’une écurie. Ce nom m’a suivi pendant des années.» En fait, toute l’histoire d’I & MT est liée aux voitures. «L’idée était née avec l’horloger Christophe Golay. Nous avions conçu quelques pièces pour les tableaux de bord de voitures. Nous avons fait une pièce à porter au poignet, puis une petite série pour des amis, dont Michael Schumacher, le pilote de Formule 1. Ce n’était pas mon métier, même si j’adore l’horlogerie. Ma profession, c’était d’aider des entrepreneurs à lever des fonds pour des sociétés», raconte Pablo Dana.
Et la politique? Des intérêts partisans ou économiques ont-ils influencé le désir d’offrir une montre à François Fillon? Pablo Dana l’a toujours nié dans les médias français et il persiste haut et fort à Lausanne: «La politique ne m’intéresse pas. Elle me fait même peur. J’ai commencé à travailler chez Fininvest, la société de Silvio Berlusconi. Nous avions ouvert un bureau à Lausanne. Dès que Berlusconi est entré en politique (ndlr: il a été élu député en 1994), je l’ai quitté. Ce que je partage surtout avec François Fillon, ce sont des valeurs familiales. Il a cinq enfants, comme moi.»
Pablo Dana se présente en homme d’affaires mû par d’autres valeurs, notamment charitables. «Lors du tsunami du 26 décembre 2004, en Asie, une amie vaudoise avait perdu deux de ses quatre enfants. Elle a créé la Fondation Jan & Oscar. Nous avons décidé de reverser entre 1000 et 1500 fr. à la fondation par modèle vendu, en fonction du prix. D’autres pièces ont été vendues aux enchères. Nous avons levé entre 400 000 et 500 000 fr. destinés à des œuvres caritatives. Au début de la marque, nous avons travaillé dans cet esprit-là.»
L’horloger Christophe Golay, lui, a laissé des plumes dans l’aventure d’I & MT. «J’ai perdu quelques dizaines de milliers de francs. Mais ce n’était rien comparé à une autre perte de plusieurs centaines de milliers de francs, au même moment, provoquée par un autre client.» Il n’en veut pas pour autant à Pablo Dana: «C’était une personne enthousiaste, il mettait les gens en relation de manière incroyable. Mais la gestion, pour lui, ce n’était ni drôle ni amusant. J’en ai souffert financièrement, mais il est impossible de lui en vouloir. J’aurais envie de publier un manifeste à l’intention des politiciens. Il dirait: «Portez avec fierté les montres qu’on vous offre; des dizaines de milliers de personnes vivent de l’horlogerie en Suisse, en France et en Allemagne.»
L’histoire de Pablo Dana ne s’arrête pas aux montres de luxe. Certaines des affaires qu’il a montées par la suite lui ont valu des ennuis plus sérieux que la fin d’I & MT. L’an dernier, le magazine économique Bilan révélait que l’homme d’affaires était impliqué dans une enquête pénale. Il était soupçonné de complicité de faux dans les titres avec des partenaires financiers argentins. «A tort», lance-t-il aujourd’hui, sans faire davantage de commentaire. Le 27 mars dernier, le Ministère public vaudois a classé l’affaire.
L’Olympique de Marseille ciblé
En 2010, Pablo Dana s’est installé à Dubaï, aux Emirats arabes unis. Sa famille l’y a rejoint en 2011. «J’ai travaillé pour la Banque nationale de Dubaï, qui voulait développer le private banking. J’ai ensuite fondé ma propre société, Heritage, dont le but était de soutenir des entreprises qui cherchaient à s’installer à Dubaï», explique-t-il. Avant que les médias français ne s’intéressent à la montre de François Fillon, ils avaient associé, en 2016, le nom de Pablo Dana à un des plus célèbres clubs de football de l’Hexagone, l’Olympique de Marseille, mis en vente par sa propriétaire, Margarita Louis-Dreyfus. Celui qui était présenté comme un «mystérieux banquier italo-suisse», à la tête d’un fonds alimenté par plusieurs investisseurs, s’apprêtait à reprendre l’OM. Mais l’affaire ne s’est pas réalisée: «Des clients voulaient acquérir des équipes de football. Les anciens patrons du groupe Louis-Dreyfus m’ont demandé de fédérer des investisseurs. Au moment où tout était prêt, les propriétaires ont transformé le club en une coquille vide. Ils ont trouvé un autre pigeon, aux épaules plus solides (ndlr: le milliardaire américain Frank McCourt). J’ai alors décidé de me tourner vers des clubs de deuxième et de troisième division en Espagne, en Italie, en France et dans les pays scandinaves.»
Après son court séjour lausannois, Pablo Dana s’envole ce week-end pour Gibraltar: «C’est signé», annonce-t-il. Et les clubs suisses? «Nous essayons, mais les propriétaires attendent des valorisations qui n’ont rien à voir avec leur situation. Ils ont des dettes, ils sont sous la menace d’une relégation et il manque une ligne directrice sportive», déplore l’homme d’affaires. Renouera-t-il avec l’horlogerie? Ce n’est pas impossible. Un de ses fils en rêve. Mais il faut réunir des fonds.




Les montres de luxe, un marché qui fait rêver mais qui se paie très cher

L’aventure, brève et terminée en capilotade, d’Instruments & Mesures du Temps (I & MT), la marque lancée par Pablo Dana, est loin d’être unique. Depuis le renouveau de la montre mécanique, dans un marché qui n’a vraiment cessé de croître que l’an dernier, nombre d’hommes d’affaires amateurs de belles choses ont investi dans l’horlogerie haut de gamme, autant attirés par le prestige du secteur que par les promesses de marges confortables. Sauf que la réalité est moins simple.
«Les marges réalisées sur la vente d’une montre mécanique sont importantes, c’est vrai, mais c’est aussi un leurre pour qui ne connaît pas le marché, explique le Neuchâtelois Michel Jeannot, journaliste spécialisé. Les gens se disent qu’en investissant 5 millions, on pourra lancer une marque et percer, alors qu’il en faudrait peut-être dix fois plus. Le ticket d’entrée est très cher.»
Ceux qui s’y essaient s’entourent souvent d’excellents fournisseurs. Au Locle, par exemple, la société Chronode SA développe de magnifiques mouvements pour toute une série de marques plus ou moins confidentielles, à la réussite économique variable. Car là encore, ce n’est pas un gage de succès. Dans un marché très concurrentiel, dominé par des marques installées depuis des décennies et bénéficiant pour la plupart de la puissance économique des grands groupes auxquels elles appartiennent, pas facile de faire sa place. Le coût du marketing est extravagant: avant même d’avoir vendu son premier garde-temps, il faut allonger les billets.
Et une fortune personnelle ne garantit même pas de résister. Ces dernières années, plusieurs marques ont périclité en Suisse romande. Michel Jeannot en cite quelques-unes: «Breva Genève, lancée en 2010 par Vincent Dupontreué, est aujourd’hui en faillite, et son président s’est tourné vers les enceintes acoustiques sans fil à énergie solaire. Les montres Villemont ont englouti pas mal de capital en peu de temps, avant de disparaître. Idem pour Ladoire Genève, dont un des fondateurs, Richard Piras, a relancé une autre marque au design original et positionnée dans une gamme de prix plus accessibles.» Ces échecs n’empêchent pas chaque année de voir de nouvelles marques éclore, car l’attrait de la belle montre ne semble pas connaître de ralentissement. A Baselworld, cette année, deux Français passionnés ont présenté sous la marque Reservoir des montres Swiss made inspirées des cadrans de jauges d’avion, de voiture ou de plongée.
Une marque sort du lot pour s’être résolument imposée ces deux dernières décennies: Richard Mille. Le Varois s’est associé au savoir-faire jurassien pour lancer des montres à la technique, au design et au prix très exclusifs (son premier modèle coûtait 200 000 francs). Mais à la différence de nombreux investisseurs, il venait du monde horloger (groupes Matra et Mauboussin). T.M. (TDG)

http://www.tdg.ch/people/perfecto-m-fillon/story/20164005

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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).
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