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 ZENITH

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ZEN
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MessageSujet: ZENITH   Dim 23 Avr - 4:31

Sujets Zenith

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ZEN
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MessageSujet: Les plus beaux mouvements de montres de poche de Zenith    Dim 23 Avr - 4:57

Les plus beaux mouvements de montres de poche de Zenith


Au début du 20ème siècle, les ingénieurs de Zenith multiplient les conceptions de nouveaux calibres. Concrètement la manufacture produit d'énormes séries et fabrique plus de 150 000 mouvements, à jeu égal avec Omega chaque année, ce dont elle se glorifie sur les devantures des plus grandes boutiques. La montre de poche à mouvement à ancre est en train de conquérir le monde et avec elle l'heure juste devient accessible à tous. Auparavant, les montres à cylindre souvent assemblées par des horlogers voire des ouvriers à domicile plus ou moins impliqués dans l'horlogerie à partir de pièces achetées chez des fournisseurs, permettaient d'accéder de manière aléatoire à l'heure avec des variations qui pouvaient dépasser largement le quart d'heure sur la journée.

La détention individuelle de l'heure juste devient essentielle avec le développement de l'industrie car elle conditionne le temps de travail en commun des équipes et donc la productivité. La grande force de l'horlogerie est d'avoir convaincu chacun que posséder une montre de qualité est un besoin mais aussi un plaisir. La publicité, on dit alors "la réclame", ne cesse de marteler le message du plaisir avec la montre "cadeau" et référence du bonheur partagé.

Au sein du bureau d'étude de la manufacture, on dessine des mouvements qui vont équiper les montres de demain. Les objectifs assignés sont de cultiver l'interchangeabilité des pièces, ce qui allège le coût des services de maintenance des montres et en facilite la fabrication en volumes mais aussi d'abaisser les coûts de revient des calibres.

On voit ainsi des mouvements apparaître avec un pont en moins mais des demi-platines, plus de numéro de série, une décoration allégée, etc. Zenith est en mesure dès le début du siècle de produire 1000 mouvements consécutifs tous chronomètres ! C'est une performance industrielle exceptionnelle.


En 1906, le bureau d'étude conçoit un calibre référencé 68. Doté d'un large balancier, ce 19 lignes, soit 41,30 millimètres, vise la précision ultime. Les ingénieurs aimeraient bien en faire une bête à concours. Hélas les chronométriers de Zenith chargés de préparer les montres pour les concours internationaux de chronométrie notamment de l'Observatoire de Neuchâtel, voient les choses autrement et préfèrent travailler sur des calibres de 20 1/2 lignes dont le réglage est plus facilement domesticable. Coincé "entre le calibre dit "Zenith" 18-28 et le 20,5 lignes, ce 19 lignes ne sera pas finalement fabriqué immédiatement et va rester près de 40 ans dans les cartons ! En effet, la manufacture va lancer seulement en 1943 la fabrication d'une petite série de ces mouvements haut de gamme sous la référence 69. Quelques montres en sont équipées notamment pour l'exportation vers les marchés nord-américains. Le mouvement est ensuite ré-enfoui dans les cartons et il faudra attendre 13 ans pour qu'il rentre en grâce.

Mouvement de 20 lignes "Supérior" livré aux chemins de fer américains



Il faut en effet attendre le milieu des années 1950 pour que Zenith se détermine à exploiter ses ébauches après que les Chemins de fer canadiens aient passé une commande à la manufacture du Locle. A la fin de l’année 1955 plus précisément, Peter Kushnir alors représentant de Zenith au Canada qui deviendra en 1964, responsable de la chronométrie pour les chemins de fer canadiens, se trouve confronté à une pénurie de mouvements pour l'assemblage des montres réglementaires de la compagnie de transports du pays.

Aucun stock n'est suffisant au sein des manufactures américaines dont le devenir commence à laisser perplexe, pour répondre aux besoins de la compagnie des chemins de fer canadiens. Peter Kushnir sollicite donc auprès de la manufacture une transformation du calibre 69 pour s'adapter au cahier des charges de la compagnie de chemins de fer. Il se souvient en effet que ZENITH a déjà fourni les chemins de fers canadiens avec des calibres de 19 lignes dits "Superior" grade de 21 rubis ajustés en 5 positions. Il est alors installé à Hamilton dans la province de l’Ontario et transmet la demande au Locle en vue de l’adaptation du calibre 69.

La manufacture a déjà fourni à des compagnies de chemins de fer des montres avec des calibres de haute qualité. On la retrouve ainsi en 1928 parmi les marques agréées par les compagnies américaines aux côtés de 8 autres manufactures américaines et deux autres suisses, à savoir Omega et Longines. La plupart des mouvements sont des 19 lignes. Les marques américaines les livrent dans des versions de 17 à 23 rubis, Longines propose des pièces de 19 à 23 rubis tandis qu'Omega et ZENITH versent essentiellement des 21 et 23 rubis.

Les calibres fournis par ZENITH dans les années 20 étaient des 19 lignes de type "Superior" mais parfois aussi qualifiés de "Extra" et dotés de 23 rubis. En 1956, ZENITH demeure la seule manufacture suisse agréée par les chemins de fers américains. Elle livre des calibres de qualité Extra en 23 rubis et en 21 rubis.

Sans doute Peter Kushnir espérait-il pouvoir livrer ce même calibre Extra dans les boites spécifiques imposées par les chemins de fers canadiens. Les horlogers du Locle ont toutefois fait évoluer leurs mouvements depuis les années 20 et ont fabriqué en 1943 des ébauches de calibre 19 lignes dans une version en finition haute d’un mouvement 19 N antérieur. Ce mouvement de 41,30 mm de diamètre pour 6,45 mm de hauteur est référencé 69 dans la manufacture. Il est de qualité Extra avec 21 rubis, un réglage Breguet et un système dit régulateur de raquette. Doté d’une finition de type côtes de Genève, il a subi un réglage dans 6 positions et températures et bat à 18 000 alternances par heure. Si les ébauches datent de la première moitié des années 40, c’est bien en 1956 que les mouvements sont achevés. ZENITH met donc en fabrication ce RR56 et passe commande le 18 février 1956 de cadrans à la société Flickiger et Cie de Saint Imier, de jeux d’aiguilles chez H et M, et des mouvements terminés à ses propres ateliers. Les cadrans seront livrés en juin et les calibres en novembre par boites de 10



Les deux versions de cadrans livrés par Flickiger et Cie de Saint Imier


La mise à l’heure se fait en dévissant la lunette, par une  targette (levier) placée sur le bord et sous le cadran à 2 heures. Le mouvement "anti-magnetic" sans pare-choc, ce qui est surprenant pour une pièce du milieu des années 50, est doté d’une plaque de contre pivot à l’échappement en acier qui dénote un souci du détail particulièrement poussé. Il est difficile d’établir pourquoi la manufacture n’a pas livré ce mouvement en 23 rubis en empierrant le barillet ce dont elle était capable. Toutefois, ZENITH ne poursuivait pas une surenchère à l’empierrement de ses mouvements et il est probable que cette caractéristique ne relève pas d’un choix économique mais davantage d’une option technique. Autre dispositif particulier, la raquette de type classique simple flèche élargie est dotée d’un col de cygne classique.

Le magnifique calibre RR 56


ZENITH n’a donc pas opté pour sa raquette à disque excentrique brevetée en 1903 et exploitée par la manufacture jusque dans les années 60. Ce 19 lignes est un 21 rubis fabriqué spécialement pour cette commande exceptionnelle. Surnommé « Le Canadien» dans les ateliers ZENITH, le RR56, qui est son nom de diffusion auprès des chemins de fer canadiens, est considéré comme l’un des plus beaux mouvements de la manufacture au plan esthétique. La qualité de sa finition n’y est certainement pas pour rien.


Le cadran est lui aussi exceptionnel. Conforme au cahier des charges des chemins de fers canadiens, il en existe deux types, celui dit Montgomery*, c'est-à-dire avec chaque minute en périphérie marquée en chiffres arabes de 1 à 60 et celui de type classique sans ce marquage. C'est la société Flickiger et Cie de Saint Imier qui a fabriqué et livré les deux versions.

ZENITH a livré 1100 exemplaires de son mouvement en version RR56 a priori en 2 séries dont l’une de 500 pièces et l’autre de 400 chacune avec un des deux types de cadrans. Les livraisons s'étalent de cette manière :


- 500 mouvements courant 1956,

- 150 fin 1956

- 450 en 1957

- Le solde fut réservé



La manufacture réserva donc une grande partie des mouvements fabriqués soit au SAV, soit sans doute dans le cadre d'une anticipation de commande ultérieure sans doute suite à un accord probable qui prévoyait l’échange pur et simple des calibres en cas de réforme ou de panne. La très grande majorité des montres emboitées au Canada avec plusieurs modèles de boites (au moins 6 différents) fut distribuée aux personnels navigants et aux chef de gare. Les montres étaient remises avec un écrin à l'intérieur duquel était imprimé sur la toile le logo de la compagnie de chemins de fer. Celle-ci réserva quelques montres terminées dans l'hypothèse d'un besoin d'échange de la pièce suite à une panne, un vol ou la casse d'une montre après un choc. Même s'il est difficile de comptabiliser les pièces ainsi conservées neuves, on ne peut imaginer qu'il y en ait eu plus d'une vingtaine.

Ces montres relativement récentes sont restées assez rares. On sait que statistiquement la perte d'un modèle est potentiellement de 10% par décennie.  Pourtant, s'agissant de modèles réglementaires la "perte" est probablement inférieure mais ce sont là des suppositions car il n'existe aucun recensement possible. Cette RR 56 des chemins de fer canadien est une véritable légende dans l'histoire de l'horlogerie, une légende portée par Zenith que nulle autre firme horlogère n'a pu égaler. La RR 56 est sans aucun doute aussi une porte d'entrée dans la mémoire collective nord-américaine de ce qu'une manufacture suisse a pu avoir de plus glorieux là-bas.

Le mouvement 68, frère de sang du RR 56 réapparait plus tard sous la référence 68-2 en 1961 cette fois en 6000 exemplaires livrés en 1961 et 1962 sur la base des ébauches de 1943. Avec les version RR 56 c'est un peu plus de 7000 exemplaires qui sont au total distribués. La finition du calibre 68 est lisse, rhodiée et le mouvement est doté d'un antichoc. Sa plaque de contre-pivot à l'ancre est quasi dans sa surface originelle, à peine ajustée sur le bord de la demie platine. On y retrouve le même col de cygne que sur la version du RR 56 mais de Prima qualificatif affecté au RR 56, le mouvement est devenu Extra Prima, c'est à dire le plus haut de gamme dans le référencement Zenith.


Le calibre 68 en version Extra Prima - 21 rubis


Plutôt rare, ce calibre 68-2 toutefois plus aisé à trouver que le RR56 partage avec son mouvement frère, une précision extrême et une beauté architecturale particulière. Malgré cela en 1962, les montres de poche se vendent beaucoup moins bien et Zenith en conservera un nombre conséquent dans ses réserves. En 1983, ZENITH est revenu depuis 5 ans, sous capitaux suisses depuis que les Américains ont revendu la marque à un consortium de trois industriels suisses dont Paul Castella propriétaire de DIXI.  C’est sans conteste pour ne pas voir une marque qui fait partie du patrimoine national, contrôlée par un groupe étranger que ses nouveaux propriétaires ont cédé à la tentation d’en reprendre possession.

La production d’un modèle de prestige renouant avec la tradition est à l’époque pour ZENITH, une excellente occasion de prouver qu’après des années noires au plan horloger, la marque a conservé tout son savoir faire. C’est Thomas Engel qui va donner à la manufacture l’occasion de faire une grande démonstration de celui-ci. Cet ingénieur chimiste spécialisé dans les polymères et dont les montres sont le hobby de longue date pratique l’horlogerie de haut niveau en amateur averti. Thomas Engel s’est essayé à diverses complications dont le tourbillon et propose cette fois à ZENITH d’adapter un calibre de montre de poche pour réaliser une petite série, sur une base de calibre 68 en version 17 rubis. Zenith puisse toujours dans sa réserve qui n'est que de seulement 6 000 exemplaires du mouvement conçu rappelons-le, en 1906.




Thomas Engel travaillera sur le projet avec Jean-Pierre Guerber directeur technique de la manufacture que l’arrêt de la production de mouvements mécaniques ordonné par les Américains avait rendu impatient de retrouver des pièces à la hauteur de son engagement dans l’horlogerie. Cette production de pièces en nombre limité sera d’ailleurs un avant goût de la relance d’une activité de production de pièces mécaniques avant que le mouvement de chronographe El Primero ne soit lui-même, à nouveau remis en fabrication.



Sans cette série de montres qui fait le lien entre les années « quartz » et la relance de l’horlogerie mécanique, il est fort à craindre d’ailleurs que la manufacture n’aurait plus bénéficié du savoir faire de Jean-Pierre Guerber dont d’autres manufactures n’auraient pas hésité à s’attacher le talent. Les trois petites séries de 25 pièces de haute horlogerie par la technicité qu’elles mobilisent sont donc probablement salutaires quant à la suite de l’histoire de ZENITH.


Les pièces non assemblées des  calibres 68 sont ainsi ressorties des réserves où elles dormaient depuis plusieurs années pour bénéficier d’une nouvelle finition avec côtes de Genève et d’une raquetterie avec col de cygne et antichoc. Thomas Engel passionné par les complications horlogères et par les montres ZENITH dont il apprécie la qualité des mouvements est très inspiré par les dessins des montres Breguet d’où un design qui rappelle la production de l’illustre horloger dont on dit qu’il séjourna au Locle avant de rejoindre Neuchâtel lorsqu’il dut se réfugier en Suisse après la Révolution. Le style Breguet est d’ailleurs revendiqué haut et fort dans les dépliants qui font la promotion des modèles. Au total la collection comportera trois séries de 25 montres dont les clients sont prévenus dès la commande qu’elles se feront attendre au moins trois mois. Une version simple à phase de lune, une version phase de lune, jours de la semaine et thermomètre et une version heure décentrée, phase de lune et jour de la semaine. Boites en or et cadrans en argent massif équipent ces montres magnifiques qui sont livrées dans un coffret en acajou numéroté comme les montres et qui contiennent, raffinement suprême, un ressort de barillet et des aiguilles de rechange « comme autrefois ».




Chaque fond est différent, unique et chaque cadran est doublement signé par ZENITH et Thomas Engel. Boites et cadrans sont guillochés grâce à des machines ancrées dans la tradition et de plus de 150 ans d’âge. Les fonds des boites en or 18 carats sont au choix guillochées et le cas échéant émaillées avec ou sans incrustations de décors or. La patine des boites irrésistible et exceptionnelle n’a d’équivalent que celle des cadrans gravés à la main. Tous les calibres sont non seulement certifiés chronomètres et réglés dans 5 positions mais bénéficient en plus de la mention exceptionnelle de « Résultats particulièrement bons », une véritable performance en 1983 pour des mouvements fabriqués 20 ans plus tôt mais de conception bien plus ancienne.    
Ces montres vendues dans un processus proche de la souscription ont évidemment remporté un grand succès et sont aujourd’hui dispersées dans les collections d’amateurs éclairés. L’histoire ne dit pas si lors des révisions ces derniers feront usage des aiguilles de rechange mais reconnaissons la grande intelligence et la finesse de l’idée qui a consisté à doter les propriétaires de ces montres des moyens d’en assurer l’entretien  en leur évitant le souci de retrouver des aiguilles conformes au modèle originel. Certainement ces montres sont-elles avant tout des modèles de pure collection et sortent-elle de l’esprit qui a présidé à la destinée de la manufacture de toujours produire des pièces fonctionnelles mais elle furent pour la marque un moyen habile de se replacer dans la course des manufactures auxquelles « les années quartz » n’ont pas fait perdre la main.

Le calibre 68 est finalement l'un des plus beaux mouvements de montres de poche, brillant par son esthétique et sa fiabilité. La version RR 56 des chemins de fer Canadiens est la plus rare mais les autres versions ne manquent pas d'intérêt au regard du savoir faire accumulé par plusieurs générations d'horlogers qui ont contribué à élaborer ce calibre.





*Le cadran Montgomery tient son nom de son inventeur, Henry S. Montgomery, qui fut inspecteur général du matériel horloger pour la compagnie américaine de chemins de fers Santa Fe Railway de 1896 à 1923. Ce type de cadrans vise à sécuriser la lecture de l’heure à la minute près, sans risque d’erreur sur les minutes. Le cadran identifie par ailleurs la qualité Extra du mouvement et outre le nombre de rubis, ses caractéristiques antimagnétiques. Il mentionne enfin, la référence RR56 qui renvoie expressément à la fabrication spéciale faite par ZENITH de ce calibre. La montre est évidemment un chronomètre capable d’une précision sans faille et faisant preuve d’une fiabilité à l’image de celle portée par ZENITH pour ses montres de poche réputées parmi les plus précises et solides. 



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MessageSujet: La montre de bord des sous-marins anglais de la 2ème guerre était une Zenith   Dim 23 Avr - 4:59

La montre d'observation des sous-marins de la Navy britannique




En 1938, l'armée anglaise se prépare à la guerre dont le monde entier imagine l'imminence. La Navy britannique, grande consommatrice de montres notamment avec les pièces pour les services hydrographiques, est très satisfaite des mouvements prima 17 rubis qui les équipent. Toutefois, la marine anglaise a besoin de pièces très particulières pour ses sous-marins. Il s'agit de chronomètres d'une précision absolue et d'une fiabilité sans faille. La Navy s'enquiert auprès de Zenith quant à la faisabilité d'une montre dans une boite très plate et un verre plat et un mouvement de très haute précision.  La manufacture propose son fameux 22,5 lignes qui a battu des records de précision mais cela ne satisfait pas la marine anglaise qui tient absolument à une montre plate et d'un diamètre discret.  


Ce qu'il faut à la marine anglaise est en fait un calibre de 19 lignes et de 21 rubis. Zenith dispose d'ébauches fabriquées le 22 janvier 1931 et stockées dans la manufacture pour des pièces prestigieuses en or.  La quantité est très limitée mais la commande de l'armée porte sur un nombre de pièces réduit. Zenith fait savoir que la manufacture ne dispose pas des boites mais cela importe peu car le fabricant anglais Dennison fabrique des boites réglementaires pour cette catégorie de mouvement. L'armée souhaite en effet des boites spéciales pour des mouvements de 19 lignes à fond vissé plat et couronne anglaise (boule). Les boites pour ces montres sont un peu spéciales à cause de la hauteur du mouvement qui n'est pas commune.
Il reste à la manufacture des Billodes à terminer les mouvements, ce qu'elle réalise le 30 mars 1938 et le dorage qui lui, sera achevé le 6 mai 1938. Les montres apparaissent dans la catégorie des "commandes spéciales", c'est-à-dire de pièces en très petites quantités faites pour une armée et les livraisons sont faites par boîtes de 6. Zenith livrera une vingtaine de kits calibre/cadran/aiguilles. Les autres montres serviront ailleurs.  




 

Dès la première boîte, chaque cadran produit, peint et assemblé par Zenith reçoit un numéro autonome par rapport au reste des montres faites par ailleurs pour l'armée anglaise que ce soit par Zenith ou une autre manufacture.  De cette commande spéciale, tout le monde croyait qu'il ne restait aucune pièce tant leur nombre initial fut limité. Ce n'est pas le cas et de manière tout à fait exceptionnelle, l'une d'elles s'est égarée depuis Londres ... Le cadran porte la célèbre Broad Arrow et ce numéro symbolique de l'unicité des pièces. Loin des calibres 7 rubis ou même des 15 rubis des GSTP, ce mouvement est celui de la plus belle qualité jamais livrée à l'armée anglaise par son nombre de rubis et sa finition dorée, un calibre très rare dans une pièce militaire qui ne se justifie que par un besoin spécial lié à celui de la vie dans les sous-marins et le besoin d'avoir une montre ultimement précise afin de doubler les instruments de bord susceptibles de donner l'heure.      
   










Trouver l'une de ces montres était une chance extraordinaire mais le hasard a mis, 6 ans après la première, un second exemplaire de cette micro-série sur mon chemin. La numéro 6 trouvée en 2011 est dorénavant accompagnée de sa petite soeur, la numéro 4. Le numéro du mouvement est quasi consécutif à 2 près.




Une recherche plus approfondie démontre que la Marine anglaise accordait une extrême importance à la précision de ces montres qui, lorsque les moyens radio étaient coupés pour rendre moins détectables les navires par l'ennemi, restaient à bord le moyen privilégié de conserver une heure de référence fiable. L'armée anglaise faisait donc subir à ces pièces des tests qui débouchaient sur un tri où n'étaient sélectionnées que les montres les plus précises. Les tests ont conduit à choisir ces Zenith parmi les premières puis quelques IWC et Elgin à seconde centrale. La marine anglaise préféra en effet ensuite des pièces à seconde centrale, semble-t-il plus lisibles pour les armées.

Ces 6 Zenith sont donc des pièces d'une exceptionnelle rareté avec des calibres "spéciaux" dont les hauteurs de pont sont différentes des autres mouvements de la manufacture ce qui aujourd'hui rend leur maintenance plus complexe quand il faut remplacer un axe. Deux pièces, cela correspond à un tiers de la production et il sera sans nul doute difficile d'aller plus loin.  


Droits réservés - Forumamontres - Mars 2017

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MessageSujet: Les montres Zenith de l'armée de terre anglaise et allemande    Dim 23 Avr - 5:18

Des montres pour les armées de terre anglaise et allemande






Au détour de la Seconde Guerre Mondiale, les armées de tous les pays s’équipèrent en quantités importantes auprès des fabricants de montres pour des modèles qui, répondant à un cahier des charges, ont une esthétique constante et commune. Bulla, Cronos, Doxa, Felsing, Glycine, Grana, Hanhardt, Helios, Heuer, Huber, IWC, Junghans, Laco, Lancet, A. Lange & Söhne, Revue, Schätzle & Tschudin, Schieron, Siegerin, Stowa, Tutima, Wagner, Wempe et Zentra ont notamment fait partie des fournisseurs des deux camps, parfois simultanément.
Ce fut en outre le cas de Buren, Cyma, Eterna, Invicta, Jaeger-LeCoultre, Lemania, Longines, Omega, Record, Rolex, Rotary, Ulysse Nardin, Vacheron et Constantin, Vertex et Zenith.



Pour Zenith, les modèles livrés à l'armée anglaise comportent la plupart du temps la broad arrow sur le cadran blanc ou noir et parfois en rappel ce même repère sur le fond de la montre. Les montres livrées par Zenith, à la différence de la plupart des autres marques, furent rarement emboitées dans des boites en laiton chromé mais plus souvent dans des boites en nickel ou en métal blanc. Zenith indiquait en outre le millésime de ses montres sur les cadrans. Certaines livraisons notamment pour les colonies anglaises furent opérées avec des pièces de 7 rubis.











Pour l'armée de terre allemande, les cahiers des charges étaient un peu plus exigeants. Boites massives fraisées dans la masse, fonds épais vissés, cache poussière, joint d'étanchéité, mouvement en qualité chronomètre de 15 ou 17 rubis, rien ne fut négligé dans la commande passée aux marques.
Longines notamment livra le même type de modèles. 


Sur ce cadran, chiffres au radium à 9, 12 et 3 heures







Le calibre 193-P-6 avec son antichoc conçu par Zenith ce qui est une rareté horlogère




L’armée anglaise fut particulièrement consommatrice d’instruments de mesure et de montres dont elle multiplia les fournisseurs.
Quelles que fussent les armées clientes, ces montres étaient toujours d’assez belle facture et d’une exécution soignée avec des mouvements fiables, de qualité et des boîtes pour lesquelles des efforts d’étanchéité avaient été consentis.

Dans les livraisons faites à la Wehrmacht de montres bracelets ou de montres de poche, on retrouve des caractéristiques communes conformes au cahier des charges allemand.
Pour ce qui concerne la version de poche, la montre est remarquable pour son cadran noir marqué de chiffres arabes inscrits comme les aiguilles, au radium puissamment luminescent à chaque quart. Le mouvement précis est protégé dans une robuste boîte en acier Staybright faite par ZENITH, à lunette dessinée dans la carrure mais faisant corps avec le boîtier. L’épais fond vissé à trois encoches s’ouvre sur un antipoussière qui enferme le mouvement par ailleurs garanti par un fin joint en plomb écrasé lors du vissage du fond. Le cadran donne à lire en lettres dorées le nom de ZENITH que l’on retrouve avec le logo rond étoilé dans le fond intérieur de la boite, fond qui sur la face externe est gravé des lettres D pour Dienst (uhr) suivi de 7 chiffres et de la lettre H pour Heer correspondant au recensement militaire allemand des montres de service en dotation de l’armée de terre (Wehrmacht). Le calibre de 15 rubis, un 193-P-6 de 19 lignes (41,3 mm x 6,45mm) à petite seconde est doté d’un antichoc à griffe pour protéger l’axe de balancier ce qui est rare dans les montres de poche en 1942/1943 période de production des mouvements.

Lourdes et massives, ces montres semblent insensibles aux éléments extérieurs et leur étanchéité réelle les a garanties des affres du temps.



Zenith répondit à des cahiers des charges proches de celui élaboré par la Wermarcht pour d'autres armées. Les modèles sont différents par les cadrans dont tous les chiffres sont peints au radium à la différence du modèle de l'armée de terre et dont le boitier plus épais encore est différent notamment au niveau de la bélière.



Ici tous les chiffres sont recouverts de radium



Pièces de choix des collectionneurs, elles symbolisent pour la marque une production de masse dont la qualité rivalise avec celle des montres américaines servies aux soldats américains et anglais. L’évaluation des volumes en reste complexe mais 5000 à 6000 exemplaires par année de 1938 au début des années 50, semble correspondre à la réalité des commandes de l’époque.

A côté de la version de poche, de nombreuses marques ont livré une version bracelet, construite avec la même rigueur. Il s’agit de la Military Heeres DH - II WK. d’un diamètre de 34,5 mm. Pour Zenith, la boite en inox signée ZENITH brevetée est tout aussi massive. Le fond en est vissé et marqué aux références de la Wermacht (D 7chiffres H). Une fois ce fond enlevé, un cache poussière en acier léger protège encore le mouvement. La lunette épaisse dégage une impression de solidité. Le mouvement embarqué est un 12-4-6 à ancre de 12 lignes à remontage manuel, produit de 1944 à 1947 en 3600 exemplaires, évoluant à 18 000 alternances par heure, à petite seconde et pare-chocs. Le cadran noir est peint de chiffres arabes au radium. Il comporte une petite seconde à 6 heures. Très lisible, la montre est équipée d’aiguilles heures et minutes également recouvertes d’une peinture au radium. La trotteuse blanche est sans contrepoids.



Ici tous les chiffres sont peints au radium


On retrouve le principe du cache poussière de la version de poche 




La montre bracelet est un peu plus rare que la version de poche car produite en plus faible quantité et dans un cadre plus concurrentiel que la version de poche déjà en voie de production restreinte dans beaucoup de manufactures au milieu des années 40.


Droits réservés - Textes déposés - Joël Jidet - Reproduction interdite - Septembre 2011

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MessageSujet: Comment une montre de la Royale Navy est devenue la montre de l'OTAN   Dim 23 Avr - 5:19

La montre du département hydrographique de la Royal Navy britannique
 
Les montres d'observation sont des instruments précieux pour les armées. Donnant une heure de référence, elle permettent d'accompagner des missions qui supposent des calculs horaires et des relevés les plus précis. On leur demande fiabilité et solidité. En 1941, la Royale Navy britannique décide de s'équiper de montres de ce type et en recherche d'importantes quantités en vue d'un débarquement sur les côtes françaises. Elle souhaite par ailleurs d'autres modèles pour ses sous-marins. Dans le même temps, la Royal Air Force passe commande de montres de poche à cadrans noirs, modèles dont l'armée anglaise a longtemps équipé ses troupes dans les colonies notamment indiennes. Naturellement, les Anglais se tournent d'abord vers les Américains pour lesquels Elgin et Hamilton tournent à quasi 100% de leurs capacités de production. Hamilton va mettre au point en 2 ans des chronographes et des chronomètres de marine qui seront fabriqués dans des volumes que les firmes suisses additionnées ne peuvent servir. 
 
Hamilton répond négativement aux Anglais et ne peut leur servir que des volumes réduits de pièces. Waltham également sollicité ne pourra davantage répondre à l'immensité des besoins. La Navy se tourne alors vers les firmes suisses. La demande est spéciale et mentionne des pièces de poche à seconde centrale. Les mouvement doivent être de "haut grade" et donc d'au moins 16 rubis et avec un empierrement central. Ils doivent être "chronomètres" avec une précision de 2 secondes au maximum par jour. 
 
Tavannes/Cyma, Zenith et Ulysse Nardin seront parmi les principaux fournisseurs. Zenith adapte un de ses calibres de 19 lignes et livre une superbe montre qui va avoir une singulière histoire. La Navy exige des lunettes et fonds vissés jugés plus étanches et une boite de type anglais pour profiter d'une couronne plus préhensible. Ces montres étaient logées dans des boites en bois à couvercle monté sur charnière spécialement étudiées pour laisser apparaître le cadran par une zone évidée. La montre d'observation est une pièce dite de bord (Deck watch). La plupart des mouvements de ces montres, tous des 19 lignes (41,3 mm) de type 19-34-3-T, bâtis sur une base proche du 193, dotés d’un pont et d’une roue de renvoi de seconde centrale, furent fabriqués à partir de 1938 et figuraient donc dans les réserves de la manufacture, ce qui explique une capacité de livraison rapide de grands volumes. ZENITH réalisait en effet ses calibres par séries et les stockait avant emboitage après parfois plusieurs mois ou années. 
 
 
 
Dotés de 16 rubis, ils bénéficiaient d’un balancier bimétallique à vis micrométriques de compensation et de la raquette à disque excentrique brevetée en 1903. Ce calibre n’a pas d’antichoc à la différence du 193 qui équipe l’armée allemande. L’armée anglaise avait déjà une expérience certaine de la qualité des mouvements ZENITH puisque c’est sur des bases de mouvements quasi identiques que la Royal Flying Corps fut dotée en montres en 1916.       
Remarquables pour leur précision extrême et la qualité soignée de la finition des mouvements, les boites étaient fabriquées par ZENITH en staybright, acier inoxydable de l’époque. Les fonds et lunettes vissées de ces modèles étaient dotés d’une cannelure périphérique en facilitant le vissage et le dévissage. Le fond des montres était gravé de la mention « HS/|\3 », signe d’appartenance au service hydrographique de la Royal Navy. Le cadran émaillé à chiffres arabes et indication intermédiaire des minutes par un index, comportait à midi la marque ZENITH suivie du numéro individuel de la  montre et juste en dessous, la Broad Arrow de l’armée britannique. Tous les cadrans étaient par ailleurs, estampés Swiss made à 6 heures.
 
 
 
A la fin de la guerre, la Navy récupère ses montres auprès des militaires et au lieu de les réformer, elle les envoie dans les réserves du département Hydrographique de la Royal Navy avec les autres chronomètres stockés au château de Herstmonceaux dans le Sussex. Les montres sont conservées dans des cartons avec des fiches recensant les numéros des pièces, numéros qui sont peints sur chaque cadran. Cette peinture était apposées par la Navy. Les montres sommeillent avec plusieurs fois des projets de reventes que le conservateur militaire des lieux fait échouer. 
 
Au début des années 1950, le département Hydrographique remet ces montres en service au profit de l'OTAN. Il faut toutefois les adapter à leur nouvelle destination. Les cadrans sont alors soigneusement remplacés par des cadrans décimaux brevetés par L.B. Ferguson, divisant en périphérie les secondes en 10 sections de 10 unités. La lecture de l’heure est alors considérée comme accessoire puisque les montres vont être destinées au chronométrage ce qui justifie de privilégier la lecture de la trotteuse. Les nouveaux cadrans peints sont divisés en trois zones avec à l’extérieur les secondes. Un disque rouge plus petit définit les minutes notées cinq par cinq avec un index unitaire et un cercle noir concentrique intérieur permet la lecture des heures. La trotteuse et l’aiguille des heures sont de couleur noire tandis que celle des minutes est rouge à l’identique de la zone du cadran sur laquelle elle se lit.
 
 
Ces montres, ainsi équipées d’un cadran au mode de lecture spécifique, permettaient un calcul mathématique plus rapide des temps mesurés et de leur expression sous une forme décimale. Les nouveaux cadrans sont anonymes et ne comportent plus de marquage ZENITH. Les fonds des montres font l’objet d’un nouveau gravage avec la nouvelle référence de stockage de l’OTAN et quatre chiffres de référence individuelle de la montre reportés à l’intérieur du fond de la boite. Une nouvelle gravure de Broad Arrow en rappelle la propriété de l’armée Britannique. La mention initiale HS/|\3 est alors barrée de deux traits horizontaux afin de signifier le changement d’affectation.
 
Dans les années 1960, les montres sont réformées et vendues par lots lors d'enchères gérées par les armées.
 
 
 
 

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MessageSujet: Les montres d'aéronef Type 20 de Zenith   Dim 23 Avr - 5:23

Zenith dispose d'un long passé militaire...

La manufacture produisit notamment les premiers altimètres qui dès la grande guerre servirent aux avions qui allaient photographier les lignes adverses...  En 1939, Zenith reçoit une commande spéciale de montres de bord destinées aux tableaux de bord des avions de l’armée de l’air Française. Ces pièces dites « Montres d’aéronefs » font l’objet d’un cahier des charges précis qui les placent dans la catégorie des Type 20.



D’un diamètre global de 65 mm, elles sont équipées d’une trotteuse à 6 heures et d’un cadran noir mat disposant de chiffres arabes peints avec une matière incluant du radium pour en optimiser la lecture de nuit. Les aiguilles larges et également revêtues de radium confortent cette lisibilité instantanée indispensable en vol. Les pilotes lors du check-up précédant le vol, remontent le mouvement en tournant la lunette crantée dans le sens des aiguilles d’une montre puis soulèvent celle-ci pour la mise à l’heure en prenant soin de placer le repaire situé sous le verre plat de manière à identifier l’heure de départ afin de sécuriser par un instrument supplémentaire, l’autonomie de leur appareil. D’une simplicité évidente l’instrument a été conçu avec une infinie intelligence pour les pilotes qui peuvent le manipuler avec leurs gants et disposer instantanément d’une lecture fiable de l’heure. Les mouvements auraient pu être certifiés chronomètres tant ils sont précis mais pas question d’encombrer le cadran avec des mentions inutiles.





Au dos de la pièce horlogère, la mention Zenith Type 20 est rappelée ainsi que le numéro de série et la date de fabrication. La plupart des pièces sont datées des mois d’octobre et novembre 1939 mais on en rencontre avec d’autres dates. Ce sont ces montres de bord Type 20 qui équipaient les bombardiers français et les Dewoitine de l’armée de l’air française.

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MessageSujet: La Milgauss avant l'heure   Dim 23 Avr - 5:27

La seconde guerre mondiale a créé dans l'horlogerie un phénomène unique d'aspiration. Du jour au lendemain, toutes les armées sont devenues demanderesses de pièces d'horlogerie dans des volumes atteignant les 2 millions de pièces. L'armée américaine s'est d'abord tournée naturellement vers les firmes américaines et Waltham, Hamilton ou Elgin ont dû fabriquer jour et nuit pour suivre la demande. Hamilton s'est même engagé dans des fabrications jamais réalisées comme les chronomètres de marine, les chronographes à saut instantané et la marque a réussi en moins de 18 mois à mettre au point des produits de qualité équivalente à ceux des firmes suisses qui maîtrisaient cette fabrication depuis des années. En 1942, Hamilton livrait ces deux types de pièces qui n'existaient même pas à l'état de projet 2 ans plus tôt. En attendant qu'Hamilton soit prêt, l'US Navy s'est équipée de chronomètres de marine 8 jours fabriqués par Zenith avec la firme Vail de Chicago.

L'armée anglaise va profiter en partie des produits américains mais va se tourner, au vu de l'ampleur de ses besoins, vers des marques suisses comme Omega, Zenith qui depuis plusieurs années fournissaient les Anglais pour leurs colonies indiennes, et Tavanes ainsi que Longines et à titre plus accessoires d'autres maisons.

L'armée allemande va solliciter les marques suisses outre les maisons allemandes. La liste des manufactures suisses qui ont livré les allemands est longue. La particularité des Allemands est sans doute d'avoir eu des exigences techniques très précises et d'avoir exigé des fabrications quasi spéciales. Longines va ainsi servir aux Allemands de la Wermarchrt des chronomètres de très belle facture.

 



Zenith, qui fabriquait également ses boites, va livrer des montres assez exceptionnelles d'abord parce qu'elles sont équipées d'une griffe antichoc dont le brevet d'usage libre était assez peu usité et parce que la manufacture va aller jusqu'à fabriquer en série ce mouvement en qualité chronomètre avec seulement 15 rubis.





La boite est aussi exceptionnelle. Proposée en 2 versions elle est en 2 parties et la carrure très épaisse est fraisée dans la masse. Le mouvement 193-P-6 est protégé par un cache poussières amovible qui sert également à le préserver du magnétisme. Certains calibres sont exceptionnellement dotés d'un col de cygne notamment pour les montres d'Etat-Major.





Quasi insensibles aux champs magnétiques et très étanches du fait de l'absence de lunette amovible, ces montres sont dotées d'un joint de fond en plomb et d'un joint en cuir sous la couronne. Les verres étaient par ailleurs très épais pour protéger la montre des chocs.

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MessageSujet: Les Zenith de l'armée anglaise   Dim 23 Avr - 5:29


Les 3 montres de cette photo illustrent la variété des montres militaires Zenith faites pour l'armée anglaise.

La plus grosse en bas est une montre d'officier éclaireur. Larges aiguilles et trotteuse élargie, aiguilles blanches mais pendant court, cette montre marquée sur le fond, le cadran et la carrure a servi pour les officiers anglais en Indes et aussi en France. C'est une pièce qui contrairement aux apparences (elles se ressemblent toutes) n'est pas courante ni avec cette boite, ni avec ces aiguilles. La boite taillée dans la masse dispose d'une carrure qui réduit le diamètre du calibre (18 lignes et 15 rubis) qui peut être implanté. La carrure visait par son épaisseur à parer les chocs et le magnétisme.

Caractéristique plutôt rare, la montre est gravée sur le fond (Broad Arrow et numéro), le calibre est marqué de la Broad Arrow et la carrure est elle aussi gravée. Cette montre est exceptionnellement solide et servait comme mentionné plus haut aux officiers éclaireurs qui allaient donc sur le terrain essentiellement par voie de parachutage. La montre devait tenir le choc.





En haut à gauche, c'est une montre marquée 1927 dotée de chiffres et aiguilles au radium (très chargé) . Cette montre est également une pièce d'officier (15 rubis et non 7) qui en théorie n'a pas servi en Indes mais était destinée à l'observation nocturne. Les montres envoyées en Indes étaient assez peu dotées de cadran avec chiffres au radium. Ce n'est pas une GSTP mais une montre d'observation pour l'armée de terre. Pièce elle aussi assez rare car livrée en peu d'exemplaires.

La dernière pièce est la surprise. Livrée à l'armée anglaise sans être marquée et pour ne pas l'être, elle était destinée aux officiers chargés de la reconnaissance au sol. Les unluminous 50 hours qui servaient aux flying corps, elles non plus n'étaient pas marquées pour l'hypothèse où ces militaires qui entraient en territoire ennemi au sol se feraient prendre et donc pour retarder les identifications. Toutes les armées ont eu des montres non marquées mais celle-ci est plus amusante car 100% conforme au cahier des charges et sans indication ni broad arrow. Cette pièce est d'autant plus rare qu'en général elle était dotée d'un calibre de 7 rubis. Ici c'est un 15 rubis classique.



Ces trois montres, toutes chronomètres, sont en parfait état. Tout juste le radium a-t-il fait quelques traces sur le cadran mais le calibre est neuf car la montre avait la pince cassée (cette pièce permet de soulever la couronne et de positionner la montre pour la mise à l'heure puis de la repositionner pour le remontage). Cela a dû lui arriver alors qu'elle était quasi neuve.



Si on résume cette production militaire de Zenith, on trouve donc pour l'armée anglaise :

Mer

-Montre de bord sous-marin avec heure de référence (21 rubis - Prima)

-Montre des services Hydrographiques de la navy (2 versions à trotteuse centrale) qui finirent leur carrière horlogère auprès des forces anglaise de l'OTAN

Air

-Montre de reconnaissance des Flying corps utilisées pour les photos de reconnaissances militaires en 1914

-Montre bracelet à large couronne dite Special Pilot (fin des années 20)

Terre

-Montre d'observation au sol sans marquage militaire afin de réduire les risques pour les officiers chargés de cette reconnaissance.

-Montre des troupes en Indes version Officiers (15 rubis) et version armée coloniale (7 rubis) (cadran et fond marqués)

-Montre à cadran noir et radium pour les états majors anglais (marquage sur le fond par la broad arrow) - montre d'observation nocturne.

-Montre bracelet de petit diamètre marquée ou non pour les officiers (vers 1941)

Les montres d'officiers sont en général à 15 rubis et plus et les montres de bord à 17 et 21 rubis

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MessageSujet: Zenith dans les premiers avions militaires de l'histoire de l'aviation    Dim 23 Avr - 5:33

Zenith dans les premiers avions militaires de l'histoire.









En 1908, l'aviation applaudissait le premier kilomètre de Farman, en 1909, Blériot traversait la Manche... En 1914, l'aviation entrait dans l'instrumentation militaire pour le repérage des lignes ennemies. En 1916, elle devenait un instrument porteur d'armement... A la fin de la guerre, rien que l'armée anglaise avait engagé plus de 54 000 avions dont plus de 35 000 avaient été abattus.



Dès les débuts de l'aviation, les pilotes eurent besoin d'instruments de bord fiables et précis, capables de résister à des chocs parfois assez violents lors notamment des atterrissages sur des pistes herbeuses. Les pionniers à bord de leurs aéronefs purent découvrir que Zenith s'était vite fait une place majeure sur les tableaux de bord de leurs engins volants. Georges Favre Jacot puis James Favre étaient en effet à l'affût de ce qui pouvait offrir à leur manufacture le moyen de prospérer. Zenith s'imposa donc comme l'un des fournisseurs essentiels des armées anglaise, américaine, belge et française avec des montres qui se comportaient imperturbablement en donnant une heure précise dans toutes les conditions.

L'armée de l'air anglaise, celle des Flying Corps de la Royal Navy élargit sa confiance en Zenith en installant à bord de ses avions Avro 504s, Sopwith Camels, Sopwith Pups, SE5As et Bristol Fighters des altimètres que la manufacture lui fabriquait spécialement. Dès 1911, la manufacture s'était installé un atelier spécialisé dans les tachymètres et les altimètres ce qui lui permit de très rapidement être opérationnelle pour répondre aux besoins importants de l'armée de l'air quand, en 1914, éclata la première guerre mondiale. D'abord chargés de missions de repérage, les avions furent ensuite envoyés au combat.

Les altimètres Zenith étaient reconnus pour leur précision et surtout leur immense résistance sans besoin particulier d'entretien. Ainsi, aux côtés des autres instruments de navigation, ils trouvèrent une place essentielle au pilotage et à la sécurité des pilotes. Les montres de bord, d'abord des montres de poche à peine transformées essentiellement au niveau des cadrans et aiguilles prenaient place à côté de ces instruments. Ces montres n'avaient pas vocation à rester statiquement sur les tableaux de bord et les pilotes auxquels elles étaient affectées en usaient comme des montres individuelles en les détachant des supports en laiton, acier ou cuir qui les adaptaient sur les tableaux de bord.



Il existe très peu d'images d'époque des tableaux de bord de ces avions mais en voici deux qui mettent en situation de manière exceptionnelle ces instruments.


L'altimètre Zenith ici à bord d'un Avro 504S


L'avion AVRO 504Ss


L'altimètre est ici adossé à un tableau de bord de Bristol Fighter


Le Bristol Fighter B2

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MessageSujet: Zenith Type B de 1935   Dim 23 Avr - 5:35

Nous avons déjà rencontré la Type 20 de 1939 mais avant cela, l'Armée Française a commandé en 1935 des montres de bord à Zenith (entre autres) et en particulier un modèle dit type B.

Les aiguilles et le cadran sont différents de celui de la type 20 et la finition est ici en bronze rodhié. La pièce est lourde et au delà de la présence de radium plus massive que la Type 20, on note que les aiguilles sont très ouvragées et quasi uniques sur ce type de modèle.





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MessageSujet: Altimètres militaires et Royal Flying Corps watch de Zenith   Dim 23 Avr - 5:38

Zenith Royal Flying Corps, 30 Hours, Non Luminous, Mark V




Les avions biplans Avro 504 furent largement utilisés par les Flying Corps de la Royal Navy 






En moins de 10 ans, l'aviation balbutiante dans la première décennie du 20ième siècle fait une avancée immense lorsqu’éclatent les premiers combats de la première guerre mondiale. De sport d’hurluberlus en mal de sensations fortes, l’aviation devient l’outil de héros d’un nouveau genre projetés dans une guerre sanglante d’une forme qui est à la croisée des guerres des deux siècles antérieurs et de la seconde guerre mondiale à venir.

A partir de 1916, Zenith devient fournisseur de la Royal Air Force pour des montres de bord qui vont s’intégrer aux tableaux de bord rudimentaires des avions et en particulier des biplans Avro 504 qui équipent beaucoup d'armées européennes.  Dotées de cadrans noirs non luminescents, les montres « Royal Flying Corps, 30 Hours, Non Luminous » sont fabriquées pour être lues facilement par les pilotes dans des laps de temps très courts à une époque où le pilotage se fait au vu. La mention de la réserve de marche de 30 heures est là pour rappeler aux pilotes que l’heure précise dont ils disposent dépend du remontage de la montre dans des espaces temps qui ne doivent pas excéder 30 heures entre chaque armage complet du barillet.  



Si les premières livraisons comportent des cadrans noirs mats avec des chiffres arabes non luminescents et des aiguilles épaisses peintes en blanc, c’est parce que ces montres sont de véritables instruments de navigation dont la destination est de s’intégrer pleinement dans les tableaux de bord des aéronefs. Cette intégration s’opère selon les modèles d’avions de plusieurs manières :
-par une sorte de griffe fixée au tableau de bord
-soit par un support en cuir qui protège la montre
-soit par un support en bois
-soit encore par un procédé de bague d’adaptation qui se superpose à la montre et est vissé sur le tableau de bord
-soit par intégration dans un boitier en laiton rhodié qui s’ouvre par l’arrière et laisse découvrir le cadran par une ouverture de la dimension de ce dernier

Ce dernier type de support et le système en bois ont également une autre utilité pour l'heurage des photographies des avions de reconnaissance.  

La plupart du temps selon les premiers modes d'intégration aux tableaux de bord, la montre ne comporte pas de bélière. Elle est dotée d’un pendant plus haut que sur les montres classiques pour une préhension plus aisée avec des gants lors du remontage où de la mise à l'heure. Les montres comportent également sur le cadran une référence d’inventaire commençant par deux lettres qui identifient la manufacture dont la montre est issue puis 4 chiffres. Les lettres CB correspondent par exemple à Zenith.


L’aviation évolue de manière fulgurante dans les années de guerre et très rapidement la Royal Air Force met en place des vols nocturnes pour surprendre davantage l’ennemi dont les modes de repérage des avions sont essentiellement visuels et ainsi mieux protéger ses pilotes. Les bombardiers ainsi engagés dans les combats doivent disposer de montres luminescentes, lisibles pendant les vols de nuit. Les instruments de bord sont alors adaptés en appliquant dans un premier temps sur les cadrans des montres des points de peinture luminescente à base de radium et en peignant avec cette matière les aiguilles.  Ce sont directement les services responsables de la maintenance des montres de l’armée de l’air qui se chargent de ces adaptations sur les premières versions luminescentes. Ils le font parfois de manière rustique, simplement en ajoutant cette peinture et en dissimulant d’un trait de peinture noire la mention « Non Luminous » et la référence de la montre.

Ces montres dotées de calibres de type 19 lignes et 15 rubis étaient remarquables pour leur précision et pour leur résistance tant aux vibrations dues aux décollages et aux atterrissages des avions sur des pistes herbeuses qu’aux chocs consécutifs aux atterrissages souvent assez brutaux. A l’époque, les antichocs, qui ne verront le jour qu’à la fin des années 30, ne peuvent équiper ces pièces et donc en protéger l'axe de balancier. Malgré tout, peu de montres ont montré des signes de faiblesse dans des conditions d’utilisation pourtant extrêmes qui ne ménageaient pas non plus les mouvement soumis à l’humidité et au froid de l’altitude.

Les montres de la Royal Flying Corps avaient parfois un usage particulier en ce qu'elles servaient de mode d'identification de l'heure sur les clichés pris par les appareils de repérage photographiques des avions de reconnaissance. Ce fut le cas en 1918 pour certaines pièces faites par Zenith dotées d'aiguilles épaisses y compris la trotteuse pour mieux marquer les négatifs des plaques argentiques des appareils photo. La photo de la montre apparaissait ainsi en bas à droite des clichés. La trotteuse épaisse assurait une visibilité sur la photo parfois un peu floue à cause du "bougé" imposé par les vibrations de l'avion.  Il était en effet essentiel de disposer d'une heure précise pour évaluer les distances parcourues par l'ennemi et calculer ses vitesses de déplacement.  


 
Ces pièces horlogères pouvaient aussi côtoyer sur les tableaux de bords des avions Avro 504 de la Royal Air Force d’autres instruments de navigation dont Zenith avait fait sa spécialité. La manufacture en effet, fabriqua dès le début des années 10 des altimètres très réputés dans l’univers de l’aviation. Un atelier complet de la manufacture fut dédié jusqu’à la seconde guerre mondiale à la fabrication de ces pièces très particulières qui étaient livrées avec des disques en pieds ou en hectomètres selon les pays destinataires et selon leur adoption ou non du système métrique. Les premières versions des altimètres Zenith ne comportent évidemment aucun marquage militaire.


En effet, les premiers avions des armées étaient souvent des appareils civils recyclés et en tous les cas mal préparés à la guerre. La vocation militaire des instruments de bord suivit celle des avions eux-mêmes. Par la suite la Broad Arrow fait son apparition sur des pièces qui, comme les montres, passent de l’absence de luminescence à la luminescence de l’aiguille et de quelques chiffres. Les cadrans des altimètres des Flying Corps anglais sont en outre marqués d'une mention "Mark V" et d'un numéro d'inventaire. Ainsi, lors des vols de nuit, les pilotes continuent à lire leurs instruments qui deviennent leurs références ultimes. Ces altimètres sont dotés d'une aiguille à tête rectangulaire qui n'est pas sans rappeler celle que les chronographes El Primero utiliseront en 1969.


L'armée anglaise fit fabriquer pendant la seconde guerre mondiale 58 144 avions dont 35 973 avions furent abattus. Les pièces passaient parfois d'un aéronef à l'autre. Malgré tout, les volumes requis par la Navy furent très importants. Pour cette raison, la Royal Air Force eut recours à plusieurs manufactures horlogères pour ses montres d'aviation. Zenith fut l'une des rares à fabriquer les pièces livrées à 100%. La plupart des autres maisons durent emboîter outre leurs calibres, des mouvements divers disponibles sur le marché suisse.  

 
 
On trouve aujourd’hui assez facilement des versions des montres en état moyen et plus rarement en parfait état et encore plus exceptionnellement avec des systèmes d'emboitage ayant servi sur les aéronefs de l'époque. Pour les altimètres, ceux fabriqués par Zenith ont connu une demande exponentielle et sont recherchés autant pour leur histoire que pour leur intérêt technique. Beaucoup furent détruits avec les avions dans lesquels ils volaient.


   

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MessageSujet: Une rare montre militaire Zenith pour l'armée polonaise    Dim 23 Avr - 5:39

Ministerstwo Spraw Wojskowych "M.S.Wojsk" est le nom du ministère des armées polonaises de 1921 à 1939.

Redevenue indépendante à la fin de la Première Guerre mondiale, l'armée polonaise lutta contre l'Armée Rouge lors de la guerre russo-polonaise et réussit à empêcher la chute du nouvel état face à l'URSS. Des conseillers français y ont été présents. Charles de Gaulle fut envoyé en Pologne (de 1919 à 1921) pour participer à la formation de la nouvelle armée polonaise.
En septembre 1939, l'armée polonaise succomba durant la campagne de Pologne face à la Wehrmacht de l'Allemagne nazie à l'Ouest et fut achevée par l'invasion soviétique à l'Est.

La France fut très impliquée dans la formation de l'armée polonaise et cette armée se fournit en montres Zenith fabriquées dans la filiale de Besançon. Zenith livra des chronographes et des montres de très haute qualité spécialement marquées lors de la fabrication dans la manufacture.

Ces montres sont très rares car marquées d'un affectif fort, leurs détenteurs les gardèrent comme un symbole de leur lien avec la démocratie.

Les montres transitaient par la société Z Jeznacki de Varsovie (Warszawa), fournisseur officiel de l'armée polonaise qui inscrivait sa marque sur le cadran pour donner à l'objet sa validation de pièce militaire.

Place aux images pour cette montre trappue, avec un cadran en émail ou sont rappelées les 24 heures. On notera la lisibilité des aiguilles bleuies plus habituelles sur les montres d'artilleurs. L'aiguille des minutes marquées "en chemin des fers" a sa pointe qui marque précisément la minute à lire.




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MessageSujet: La Weems de Zenith mise en scène au cinéma.    Dim 23 Avr - 5:40

On est en 1942. Les studios Universal Pictures UK participent à l'encouragement des armées alliées et en particulier de l'armée anglaise à l'effort de guerre. Le cinéaste anglais John Glyn Haggard raconte l'histoire d'un pilote de la Royale Air Force dont l'avion manque à l'appel... Au poignet de ce pilote incarné par Hugh Burden une Zenith Weems.
One of ou aircraft is missing est considéré comme l'un des meilleurs films anglais de l'époque.




L'affiche du film de 1942



Arrêt sur image ...


La Weems est un modèle peu courant chez Zenith et fut spécialement conçue pour les pilotes de l'armée anglaise. Le fait d'utiliser cette montre est symbolique et valorisant aujourd'hui pour Zenith.  

Le thème du film ...

Le film commence avec le krach de "B pour Bertie», un drone RAF bombardier Vickers Wellington. Son équipage a été contraint de se réfugier aux Pays-Bas après qu'un de leurs moteurs a été endommagé lors d'un raid nocturne sur Stuttgart. Cinq des six aviateurs se retrouvent, le sixième est porté disparu .... Comment va se comporter la population néerlandaise? ...

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MessageSujet: Ma Zénith de poche et son calibre exceptionnel   Dim 23 Avr - 20:44

Ma Zénith de poche et son calibre exceptionnel


Depuis plusieurs années et grâce à l'expansion d'internet, les amateurs européens ont appris à apprécier les montres américaines et leur décoration, leur finition, leurs qualités tout à fait exceptionnelles.  

De la fin du dix-neuvième siècle jusqu'à la première guerre mondiale, les grandes firmes d'horlogerie américaines avaient su apprendre des Suisses la technique puis apporter leur propre savoir-faire dans des montres aussi précises qu'agréables à regarder face cadran ou côté calibre.

Au delà d'une décoration de haut niveau, ces montres bénéficiaient pour les versions haut de gamme d'un empierrement généreux, de châtons, de raquetteries élaborées et d'un ajustage du réglage dans 3, 5 ou 6 positions qui leur assurait une régularité de marche hors norme.

L'horlogerie suisse, en particulier après la révolution russe et la fermeture du marché des pays de l'Est dut orienter ses ventes vers d'autres contrées dont la Chine, les colonies, la Turquie et l'Amérique du nord.

La conquête du marché nord américain supposait pour les manufactures suisses d'offrir à cette clientèle désormais habituée à une horlogerie de luxe, des montres de qualités comparables tant au plan esthétique que mécanique.

La remise en question pouvait être d'autant plus sévère que nombre d'horlogers de l'époque ne voyaient pas par exemple dans l'empierrage du barillet un avantage technique qui justifiait le surcoût de fabrication de la montre.

Les montres suisses produites en masse sont souvent, à l'époque, de grande qualité mais les calibres haut de gamme sont réservés aux modèles en or et encore, sous réserve que lors de sa commande, le client ait manifesté son souhait d'un tel niveau de mouvement. Généralement dans les cultures européennes de cette première moitié de siècle, la qualité de la boite et l'usage d'un métal précieux se faisait donc au détriment du calibre sur lequel on recherchait l'économie.

ZENITH au début des années 20 décidé de mettre en production sur une toute petite série, des calibres 17 3/4 en leur offrant ce que la technique horlogère faisait de mieux à l'époque.

Ces montres sont certainement dans l'esprit de leurs créateurs destinées au marché américain. Les mouvements parfois emboîtés en raison du protectionnisme américain, directement aux Etats-Unis comportent la mention "ZENITH WATCH C°".

Cette mention est infiniment plus rare sur les cadrans...

 

Le calibre en est simplement somptueux de qualité et atteint un niveau tout à fait exceptionnel.




Le calibre est un 17 3/4



La montre n'est pas réglée dans 3, 5 ou 6 positions mais 8, le barillet est empierré, les rubis sont montés sur châtons, les ponts et platines anglés, le mouvement rhodié, l'axe central empierré, la raquetterie en col de cygne, etc.

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ZENITH WATCH C°"

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ZEN - 09.2005

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MessageSujet: Léon Morane au Zenith    Dim 23 Avr - 21:10

Léon Morane au Zenith
 
 
 
L'un des pionniers les plus représentatifs de la conquête de l'air est sans doute Léon Morane. Des frères Morane, il est l'aîné, d'un an de plus que son frère Robert. Léon est né le 11 avril 1885. Enfant, il s'intéresse à la technique, aux mécanismes ... A 10 ans, il bricole des tricycles et traine son frère derrière lui dans une petite charrette accrochée à son "vélo". Le terme viendra plus tard.

Morane n'est pas vraiment un casse-cou mais il a l'ivresse de la mécanique et est fasciné par ce qui vole. Il obtient à 25 ans en 1910, le brevet de pilote numéro 54. Porteur de montres Zenith, il va sur un avion Blériot, autre adepte de la manufacture du Locle, battre les premiers grands records du monde de vitesse en dépassant les 108 km/heure, puis la même année, le 3 septembre, il va à Trouville, battre le record mondial d'altitude en faisant monter son avion à 2584 mètres.


Il faut se souvenir que 10 ans plus tôt, les avions faisaient des bonds de quelques centaines de mètres et ceci en basse altitude. A peine un mois plus tard, le 5 octobre 1910, les deux frères sont en avion, en compétition pour la course du trophée Michelin entre Paris et le Puy de Dôme. Leur avion s'écrase durement les blessant grièvement.

Il en faudrait beaucoup plus pour que ces deux pilotes passionnés renoncent et Léon va s'associer à Raymond Saulnier pour créer la Société Morane-Saulnier le 10 octobre 1911. Cette société fabriquera des avions. Robert devient pilote d'essai de la nouvelle compagnie. La guerre va transformer l'aviation dans un premier temps cantonnée aux missions de repérage. Les pilotes revendiquent de pouvoir se battre. Les premiers combats aériens se font avec des armes classiques que le pilote tient d'une main en conservant de l'autre main les commandes de l'appareil.

Ensuite des mitrailleuses sont placées à l'avant et les balles passent entre les hélices blindées pour la circonstance afin de ne pas provoquer d'incident de vol. Lorsque les balles ricochent, cela peut être très dangereux pour le pilote et plus d'un sera blessé de cette manière. La première guerre mondiale verra tomber des centaines de pilotes et verra naitre une poignée de héros qui construisent leur notoriété sur le nombre d'avions abattus dans le camp ennemi et la difficulté des missions accomplies.

En 1918, Léon Morane a 32 ans, la vie devant lui et des projets pleins la tête. La Grippe espagnole va pourtant le faucher le 9 octobre 1918 comme des millions d'Européens. Son frère mourra 50 ans plus tard après une vie d'aviateur héroïque pionnier des airs.

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MessageSujet: ZENITH El primero: L'histoire n'est pas un conte de fée   Dim 23 Avr - 21:17

L'histoire de la préservation du El primero de ZENITH


En 1971, ZENITH à bout de souffle et financièrement exsangue devient la propriété de la firme américaine ZENITH Radio Data corporation de Chicago. Contrairement à l'idée reçue la firme ne s'empare pas de la manufacture mais celle-ci est heureuse de trouver les nouveaux actionnaires que les dirigeants de ZENITH sont allés chercher dès lors que toute l'industrie suisse en crise ne démontre aucune solidarité à son égard malgré des tentatives de rapprochement recherchées par les dirigeants de la marque.
La firme américaine fait rapidement le constat que ses ambitions de créer un grand pôle horloger avec la manufacture du Locle seront compromises dès lors que celle-ci est peu engagée dans la production de calibre à quartz et les achète à l'extérieur.
Les Américains tentent rapidement de limiter la casse et leurs pertes sont telles qu'ils annoncent la fin dès 1975 de toute production mécanique.
Charles Vermot est découragé à cette idée et prend seul l'initiative sans en référer à sa hiérarchie d'écrire à la nouvelle direction son désaccord profond et tente d'expliquer que la crise est temporaire. Il risque sa place mais probablement perçu comme un marginal, ne recevra pas directement de réponse si ce n'est un ordre répercuté par sa hiérarchie de livrer à la destruction machines, étampes et outillages dédiés aux montres mécaniques pendant que la Direction de ZENITH est chargée de revendre les ateliers du Pont de Martel où sont produits depuis 1969 les El Primero dans les anciens ateliers de Martel Watch.





Charles Vermot


Les ateliers sont vendus à une entreprise agro-alimentaire.  
N'écoutant rien de l'ordre donné, Charles Vermot (dit Charly) entreprend de classer, étiqueter et ranger avec précaution toutes les étampes du El Primero et d'écrire dans des cahiers tout le processus de fabrication du mouvement et toutes les recettes qui en font les secrets de préparation. Les plans, les fiches techniques sont également répertoriés et classés avec soin.

La manufacture du Locle est grande et personne ne vient contrôler si les locaux vendus sont pleins ou vidés alors Charly range dans un des greniers autrefois atelier au moment des heures de gloire , quand il y avait 1000 personnes qui animaient la manufacture et la transformait chaque jour en une fourmilière.

Chaque décision des Américains est commentée vertement par Charly qui défend l'horlogerie mécanique auprès de ses collègues résignés même s'ils caressent tous l'espoir d'un retour à la propulsion mécanique des montres.

Le domaine d'activité est peu prospère et en 1978, les Américains ne voient plus l'intérêt de posséder cette manufacture quand l'électronique impose d'autres investissements. Il revendent ZENITH aux Suisses...
ZENITH peine à relancer son outil de production et à se refaire une place malgré toute la passion de la nouvelle équipe de direction. En 1982, Ebel s'intéresse au mouvement dans sa version avec phase de lune pour ses propres collections et en assemble quelques dizaines sortis des stocks disponibles depuis 1975.

"Un intermédiaire" présente le El Primero à Rolex en version classique qu'il a fait assembler sur des modèles qu'il commercialise après avoir racheté les stocks restants chez Zenith. Rolex en possession de cette montre en examine le mouvement et les ingénieurs de la marque dressent un cahier des charges des adaptations qu'ils voudraient y voir si la Direction choisit ce mouvement pour ses Daytona.

La Direction de ZENITH se tourne vers Jean-Pierre Gerber, directeur Technique, pour étudier la faisabilité d'une remise en fabrication. C'est à ce moment que Charles Vermot vit l'un des plus beaux moments de sa vie et les larmes aux yeux explique tout ce qu'il a mis en oeuvre en 1975 pour qu'un jour, son protégé soit à nouveau fabriqué...

Il faudra 2 ans pour "relancer la machine" et c'est en 1984 que les premiers El Primero sortent des ateliers du Locle... Un atelier spécial travaille pour Rolex qui, conciliant, a "payé d'avance" certaines livraisons et offert sa garantie donnant à la marque du Locle les moyens des investissements indispensables à la remise en fabrication de son mouvement mythique.

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MessageSujet: Petite Histoire de la ZENITH Rainbow   Dim 23 Avr - 21:21


C’est en 1993 que ZENITH présenta pour la première fois la Rainbow et en lança en fin d’année la commercialisation. La marque étoilée reprenait les recettes éprouvées avec son modèle dit « De Luca » du nom d’un distributeur Italien qui en avait commandité une réalisation adaptée à son propre marché et dont ZENITH avait généralisé la distribution.
Le modèle "étanche " préexistant datait d'avant l'arrêt de la production du el Primero en 1975. Le cadran en était différent avec des index de forme rectangulaire au tritium, des aiguilles "lance", des poussoirs classiques non protégés et la simple mention « Automatique » sur le cadran sans référence au El Primero.
Avec la Rainbow, ZENITH voulait tirer vers le haut sa collection en offrant un nouveau boitier sportif à son calibre prestigieux, boitier équipé d’un verre saphir, d’une lunette tachymétrique fixe ou tournante pour des modèles de plongée puis propres aux pratiques aéronautiques et susceptibles de bénéficier d’une étanchéité adaptée à tous les usages.
La boite n’abritait pas d’ailleurs que le El Primero mais aussi des calibres classiques dont à partir de 1995, le fameux Elite élu calibre de l’année par la presse spécialisée Allemande l’année de sa sortie en 1994.
Au-delà du boitier caractéristique ZENITH a offert à sa montre outre des bracelets cuir des bracelets acier dont le confort demeure une référence rarement égalée.


Le modèle démarre le nouvel esprit de ZENITH pour repartir à la conquête du milieu de gamme de qualité. En 1993, les responsables de l'époque de ZENITH, sous la Direction de François Manfredini et Didier Leibundgut, sont convaincus que la montre mécanique va connaitre un nouvel essor et qu'il faut jouer la carte de la manufacture au travers de modèles misant sur la qualité. ZENITH sort donc de sa timidité et des modèles produits à coût limité comme pouvait l'être la De Luca.
Avec la Rainbow, ZENITH soigne la finition, le choix du bracelet massif et confortable. Le choix de la boite se fait en cohérence avec celle des Chronomaster qui seront la version chic d'une collection totalement redessinée dès le catalogue 1994. L'objectif est de purger la collection des ses dessins de boites passées et de se placer en rupture totale avec les années quartz. L'opération n'est pas simple car à cette époque les détaillants ont de gros stocks de montres à quartz dont Zenith les a inondés pendant des années.
Tout le monde retrousse les manches. Les détaillants jouent à fond le jeu du renouvellement, ZENITH leur offre des tarifs préférentiels dans son catalogue professionnel "Bonnes affaires" pour vider les stocks de montres à quartz.


La Rainbow immédiatement adoptée par le public et par la presse connait un vif succès notamment pour certains modèles plus particulièrement encore sur les marchés nord-américains ou italiens. Tel fut par exemple, le cas du modèle de plongée acier et or à cadran bleu dont les rares modèles encore en stock ou d’occasion chez quelques revendeurs s’arrachent entre collectionneurs.

La présentation à la foire de Bâle en 1997 puis la production en novembre de cette même année du modèle Fly-back après un appel d’offres lancé par l’armée Française en 1995 paracheva le succès de la collection Rainbow.
La montre remarquable par ses couleurs d’abord distribuée sur un bracelet acier puis sur cuir et enfin en version à cadran et lunette noirs reçut l’adhésion rapidement des amateurs de calibres haut de gamme dans des montres faites pour résister aux sports extrêmes avant d’être prisée aujourd’hui des collectionneurs qui la laissent rarement s’éterniser sur les présentoirs…

Les stocks sont importants, la régulation de la production est un peu un problème à l'époque et ce depuis la création de la marque.

ZENITH se refait une image et prépare dans l'ombre des "coups" médiatiques avec sa Rainbow Fly-back mais courant 1998, Paul Castella le propriétaire décide de céder ZENITH. Il se confie à François Manfredini et à certains collaborateurs de la marque. Les groupes du luxe sont en pleine moisson de firmes horlogères. LVMH s'est fait griller pour IWC et Jaeger LeCoultre. ZENITH n'a pas tenté Richemont qui au vu du prix, de l'outil de production et de son ancienneté a reculé. LVMH saisit l'affaire ...

Le groupe découvre l'horlogerie, la manufacture, et apporte ses équipes de Direction, Thierry Nataf arrivera un peu plus tard. L'analyse faite par LVMH débouche sur la conclusion qu'il faut pousser l'image vers le haut de gamme car le calibre est vendu sous sa vraie valeur comparativement aux autres marques. Par ailleurs, il faut investir rapidement pour un renouvellement complet de l'outil de production. Comme toujours dans ces cas là, chacun croit avoir la solution...

La Rainbow est considérée comme scotchant l'image de ZENITH vers le milieu de gamme, le modèle est arrêté car en outre, son dessin est analysé comme ayant vieilli. La Fly-back passe à la trappe avec le modèle principal. La décision est subite et les stocks seront lâchés sur tous les marchés pour donner de la trésorerie et rééquilibrer les stocks. On est en 2001.

Ventes privées, marchés asiatiques et américains sont indirectement ou directement inondés de montres qui sont discountées. Certains hurleront à l'erreur mais comment avancer avec 2 ans de stock ?

La Rainbow reste au catalogue jusqu'en 2002 et sera affichée avec les augmentations de prix que ZENITH doit appliquer pour équilibrer sa situation financière. Le réseau de distribution est modifié, réduit pour éviter que des montres ne dorment en vitrine des mois et ne cassent l'image de la marque. Les revendeurs haut de gamme qui auparavant refusaient ZENITH car pas assez haut de gamme, se mettent à courir pour obtenir la distribution car c'est LVMH qui a pris les commandes.
Les petits détaillants qui avaient fait le tissu de la distribution sont abandonnés, le nombre de points de vente réduit, les marchés étrangers fouillés et cap est mis sur le haut de gamme ...

Ce sera le début d'une autre aventure...

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MessageSujet: Zenith - Une page d'histoire d'amour cachée   Dim 23 Avr - 21:23

Zenith - Une page d'histoire d'amour cachée






Georges Favre Jacot est né le 12 décembre 1843 dans une famille sans fortune peuplée d'horlogers. Très tôt à l'âge de 9 ans, on lui fait quitter l'école et affronter la vie par l'apprentissage du métier de tourneur pivoteur. De l'enfant élevé avec dureté, naitra un adolescent indépendant au caractère trempé quand, à l'âge de 13 ans, il commande déjà d'autres apprentis et impose ses vues à un patron dont il claque la porte pour cause de désaccord. Sa décision est prise, il travaillera "en indépendant".

Sa force de caractère, son tempérament d'entrepreneur et son charisme séduisent une jeune horlogère, fille elle-même d'horloger qu'il épouse à 20 ans en 1863 alors qu'il n'est pas encore majeur. De cette union, naîtront 5 filles et un garçon, Adrien, qui disparaîtra très jeune en 1916.

Fernande, la seconde fille du couple voit le jour en 1870. Son caractère est tout à l'opposé de celui de son père. Ce dernier a créé en 1865 une fabrique horlogère sur le lieu-dit des Billodes. D'abord assembleur de mouvements achetés à des sous-traitants, il conceptualise rapidement ce que sa manufacture doit devenir et met au point des calibres qu'il fabrique de manière autonome.

Le concept même de manufacture, il le tient d'expériences naissantes en Suisse et de l'exemple américain qui occupe les conversations des horlogers suisses qui découvrent des montres très bien finies par des manufactures qui maîtrisent l'interchangeabilité des pièces.

Georges Favre Jacot n'est pas un gestionnaire d'entreprise, c'est en fonceur qu'il avance jouant de son instinct pour orienter son entreprise vers le succès. Le patriarche qu'il est règne sur le canton de Neuchâtel où il accumule les propriétés foncières et aime à réunir toute la famille le dimanche, unique jour de repos de la semaine.

Des enfants qui jouent, il ne voit pas grand chose, pas plus qu'il ne s'aperçoit que sa fille adolescente a l'oeil qui s'illumine quand elle retrouve son cousin germain James Favre à l'occasion des rencontres familiales. Les deux adolescents s'ouvrent en même temps à la vie et du tendre sentiment qui les unit naît un amour profond qui en fait fusionner les âmes.

Georges Favre Jacot embauche en 1882 son jeune neveu au sein de la manufacture. Il est à l'époque d'usage de faire travailler toute la famille auprès de soi. Georges Favre Jacot ignore tout de ce qui relie James et Fernande et quand il l'apprend de la bouche même de sa fille, c'est la fureur qui l'envahit. Il n'est pas question que sa propre fille, celle qu'il chérit par dessus tout, épouse son cousin. On est dans les dernières années du siècle et les mariages entre cousins sont déjà des choses que la société tend à refuser. On ne sait pas grand chose des échanges entre James et Georges sinon que la colère a dominé leur rapports et que James a contenu beaucoup de sa personnalité elle aussi trempée pour éviter la rupture avec son oncle dont il craignait qu'elle ne l'éloigne de Fernande.

Le couple se voit en secret et échange de tendres lettres dans lesquelles Fernande déclare inlassablement sa flamme à James qui supporte de plus en plus difficilement l'autoritarisme de son oncle.

     « Mon attachement devient si grand pour vous que la séparation sera toujours plus pénible, ma seule consolation est de penser qu’un jour  je vous appartiendrai…./ …Vous connaissez maintenant mes sentiments, que mon seul but est de vous rendre heureux, je serai pour vous la femme aimante et dévouée, je supporterai toutes les peines et me sacrifierai entièrement pour vous, ayez confiance en l’avenir, toute votre affection vous sera rendue. Je suis à vous pour la vie et vous donne ma parole la plus sacrée !! » ( C’est Fernande qui souligne elle-même ses propos). Le 6 février soit 5 jours plus tard, elle laisse sur un carton ces quelques mots «N’abandonnez jamais celle qui vous aime et qui n’attend plus le moment de pouvoir créer une nouvelle vie à son bien aimé ! Votre fidèle Fernande ».

Georges Favre Jacot refuse de partager un quelconque pouvoir sur la manufacture avec son neveu. Malgré tout, il se préoccupe davantage de la production et délègue à son neveu la charge de développer la diffusion commerciale des montres de la manufacture.

Il est plus que probable que le souci de Georges fut d'éloigner James de Fernande. En envoyant son neveu parcourir le monde à une époque où les voyages sont longs et où les délais d'acheminement du courrier rendent impossibles d'épistolaires échanges romantiques, Georges a la certitude que sa fille oubliera cet amour et que son neveu à l'autre bout du monde aura en tête d'autres idées que l'amour de sa cousine.

Le couple a pourtant décidé de se rapprocher et dans une fronde amoureuse de s'aimer malgré tout, malgré un contexte familiale hostile, malgré un environnement sociétal défavorable et un lien de sang réputé rendre cette union insurmontable.

Ni le silence imposé par la séparation organisée par Georges, ni la distance due aux voyages qu'entreprend James ne vont séparer le couple. On croit souvent à tort que le silence et la distance éloignent les êtres alors qu'il n'en est rien, bien au contraire, ils les rapprochent jusqu'à la fusion des esprits.




En 1904, c'est à Francfort puis aux Etats-Unis que Georges expédie son neveu pour y explorer et développer le marché allemand puis américain et y observer les techniques de travail des manufactures d'outre Atlantique. Ce voyage marquera un tournant dans l'histoire de Zenith car James en ramènera des techniques de fabrication et un agencement des ateliers améliorant sensiblement la rationalisation des tâches et donc la rentabilité de l'outil industriel développé par Georges.

Ces voyages sont durement vécus par le couple que la longue séparation affecte. Fernande écrit à James ...

« Billodes 21 mars 1904, Lundi soir

Mon James !! mon seul amour !!
Les heureux moments passés ensemble avant votre départ restent gravés dans mon cœur, le tendre souvenir de votre premier baiser est ineffaçable… Je vis heureuse du doux sentiment de votre amour lequel me soutient et me donne du courage. De plus en plus je sens combien je dois apprécier votre âme noble, votre bon coeur ; vous êtes toute ma joie et mon bonheur ! je vous dois toute ma reconnaissance de posséder votre amour !
Votre dernière parole en me quittant était : nous nous aimons bien.
James !! mon cœur, je ne pourrai plus vivre sans vous. La mort seule peut nous séparer, votre vie est la mienne… je veux vous aimer comme votre tendre mère désirait que son cher fils soit aimé !! vous pouvez compter sur moi, je vous donne ma parole la plus sacrée.
Je ne puis me faire à l’idée que vous êtes loin de moi ; je sens que j’en souffrirai beaucoup, ma seule consolation est de toujours penser à vous, à vous amour.
Je n’attends plus le moment de pouvoir causer à papa, quel soulagement ce sera pour moi de lui faire connaître nos sentiments ; dieu veuille que papa consente à notre union, je veux lui parler très ouvertement ; je veux que papa reconnaisse tous les torts qu’il a eu vis-à-vis de vous ; par moi il entendra tout
[sic] l’estime que vous devez mériter, enfin comptez sur moi, je veux tout sacrifier pour vous...

Dans l’espoir que vous recevrez ma lettre à temps et que vous aurez fait bon voyage jusqu’à Francfort, votre pauvre isolée vous envoie le plus doux, le plus tendre baiser.
Votre fidèle Fernande. »



L’idée du mariage de James avec sa plus jeune fille Fernande vient très vite après 1904 et provoque la colère de Georges Favre Jacot non seulement parce qu'il a échoué dans la tentative de séparation des jeunes amoureux mais encore parce qu'il sait qu'il ne refusera pas à sa fille le bonheur qu'elle trouve avec James qu'il voit prendre du poids dans la gestion de la manufacture face à un conseil d'administration qui entend de plus en plus les recommandations du jeune homme et de moins en moins les colères du fondateur de la maison horlogère.

De refus en tergiversations, Georges finira par accepter cette union pour le bonheur de sa fille sans nul doute et aussi probablement avec la perspective de mieux cerner au sein de la famille les intérêts de la manufacture.

En 1911, James succède à son oncle à la tête de Zenith dans un tonnerre de déchirements d'intérêts divergents et dans une dispute familiale que seule cette belle et exceptionnelle histoire d'amour permet d'effacer.
Cette histoire totalement tirée des faits de l'époque permet de constater que l'amour triomphe de tout et même de la raison des autres quand le coeur prend les commandes et laisse à leur juste place ce que les sentiments doivent ignorer.


http://forumamontres.forumactif.com - Texte déposé - Droits de reproduction réservé - ZEN - Octobre 2008 -

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MessageSujet: Le temps d'avant... Fanny est si belle   Dim 23 Avr - 21:26

On est en 1913. Certains croient encore que la guerre n'est qu'une rumeur et que le siècle apportera la paix. En Suisse, les manufactures d'horlogerie tournent à plein régime comme leurs concurrentes américaines qui vendent de mieux en mieux leurs productions en Europe et en particulier en Grande Bretagne.
Ce 21 janvier est en France une année de forte pluviométrie. Le bassin Parisien et tout le Nord-Est sont encore gorgés d'eau et après les grandes inondations de 1910, la population s'angoisse à l'idée de devoir abandonner les maisons et nettoyer les dégâts. "On a de l'eau jusqu'aux genoux" écrit un Auvergnat exilé près de Paris." Nous ferons notre affaire de toute cette eau..."
Poincaré va céder la place à Aristide Briand. L'hiver est glacial et on n'arrive pas à réchauffer les maisons. Les ateliers d'horlogerie sont éparpillés sur le territoire suisse car faute de moyens de transport, il faut les installer à proximité des zones où vivent les ouvriers. On a recours au travail à domicile et les manufactures regroupent les travaux les plus complexes ou nécessitant des machines coûteuses et indispersables.
Fanny travaille au Locle chez ZENITH, on y est bien avec des semaines à 58 heures rythmées par la sirène. Les samedis sont travaillés mais quoi faire quand le sol est gelé ? C'est à pied que l'on vient parfois de plusieurs kilomètres prendre son travail. La neige, ici on connait alors on sait isoler ses pieds avec des chaussettes de laine ou du journal. Le froid ne fait pas peur. Fanny travaille au polissage des boites qu'elle termine et fréquente depuis quelques mois Philippe à l'atelier d'outillage.
Ils se voient pendant les pauses et le soir il la raccompagne chez elle. Ils discutent et suprême récompense, elle l'embrasse tendrement sur la joue à l'arrivée. Ce moment délicieux vaut bien les 4 kilomètres à pieds du détour.
Un 21 janvier 1913 finalement comme les autres jours se profile sauf que le contremaitre a dit aux filles de se faire belles car un photographe doit venir immortaliser leur travail. Le photographe fige les images et les oblige à se statufier le temps de charger la plaque de la chambre en bois de la lumière qui va l'impressionner.
Fanny est belle, elle rayonne à l'établi comme dans la vie et illumine la photo autant que le soleil qui éclaire la pièce. Coiffée avec une élégance folle d'un chapeau pour protéger ses jolis cheveux châtains des poussières d'argent. Son profil séduit le photographe qui fixe pour l'éternité la beauté de ses 24 ans sur la plaque. C'est aujourd'hui l'anniversaire de Fanny et ce soir, elle fera a Philippe la promesse de passer un peu plus de temps avec lui dimanche prochain.


 

L'insouciance des êtres, le romantisme de Fanny et son amour pour Philippe ne seront que très peu altérés par la guerre qui se prépare. Non leur combat à eux viendra juste à la fin de la guerre pendant laquelle ils uniront leurs destins. C'est d'Espagne que soufflera le rappel aux réalités du malheur. La grippe espagnole décime entre 1918 et 1919, 30 à 40 millions d'Européens officiellement et probablement plus de 100 millions de personnes dans le monde, chiffre qu'on dissimule aux populations pour cause de fin de guerre. On y perd Guillaume Apollinaire.
Fanny et Philippe protègeront comme ils peuvent l'enfant né de leur union et voient disparaître leurs parents et un frère. Pas une famille n'échappe à une disparition. On se compte chaque semaine comme pour se rassurer et on se méfie de tout le monde car le virus est partout, ignorant le froid et le chaud.
La vie ensuite ne sera jamais plus pareille. L'insouciance d'avant a disparu cédant la place à la conscience que le bonheur est forcément furtif et provisoire. Fanny reste magnifique sur cette image qui finalement n'a pas figé plus que son reflet et a conservé la fraicheur et le bonheur de cette année 1913.
On est forcément toujours avant ou après quelque chose. C'est après que l'on sait si c'était mieux avant, un avant dont on n'est pas toujours maître. Fort heureusement, il arrive aussi que ce soit mieux après...
Le temps ne joue pas nécessairement contre nous mais il joue avec nous en partenaire ou adversaire. Nos montres ne font que le mesurer en contribuant à nous convaincre de l'apprivoiser.
Merci à Fanny d'avoir partagé avec nous un siècle plus tard, l'image de son temps d'avant...

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MessageSujet: Chronomètre spécial   Dim 23 Avr - 21:27

On est en 1916. Charles Rosat (celui qui a fait la raquette de mon avatar) est directeur de l'atelier de ZENITH à Boudry et il enseigne à l'école d'horlogerie de Saint Imier.
Ses loisirs, il les consacre à la recherche sur la précision et depuis qu'il a obtenu le prix Guillaume, il souhaite réaliser une expérience sur un calibre ZENITH d'exception.
Son choix se porte sur le chronographe mis au point par la manufacture en 1914 et fabriqué depuis 1915. C'est le premier calibre de chronographe que la manufacture a mis au point en interne. D'habitude, elle recourait à des mouvements Valjoux et comme elle n'avait pas encore acheté la manufacture Le Phare avant 1915, le choix était donc limité.

Sur ce mouvement de chronographe de poche, Charles Rozat fait le serment d'adapter un balancier monométallique fait avec cet elinvar inventé par Guillaume. D'habitude dans ces montres, on utilise un balancier bimétallique coupé à vis afin de compenser les écarts de température. Le balancier quand il n'est pas coupé subit une déformation à la chaleur comme au froid due à la dilatation des métaux et cela le déséquilibre en faisant perdre à la montre sa précision. Charles Rosat a le sens du défi. Lui, ce qu'il veut c'est un balancier non coupé fait d'un seul métal et comme tous les horlogers lui prédisent l'échec, il assure qu'il pourra même obtenir un bulletin de marche de son chronographe et en faire un chronomètre.

Un chronographe chronomètre avec un balancier monométallique en 1916, cela semble osé. Les essais antérieurs se sont faits sur des montres classiques avec des larges balanciers mais leur certification au rang de chronomètre reste plus qu'exceptionnelle. Sans doute l'a-t-il évoqué à ses élèves qui restent perplexes mais Rosat est opiniâtre. Il a gardé de son passé de régleur de précision chez LeCoultre puis Zenith, cette passion du parfait, ce goût immodéré d'aller plus loin juste pour faire reculer les limites du possible. Depuis 1913, il s'exerce chez Zenith sur la mise au point de ce balancier qu'il a déjà monté dans quelques montres classiques avec succès. Sur un chronographe de poche, l'expérience est nouvelle et incertaine. Il ne faudrait pas que s'ébruite un échec au cas où, car c'est toute la manufacture qui en subirait les conséquences.

La tentative se fait sur 2 cartons de 6 pièces soit 12 montres au total.





12 pièces qui, au delà de leur rareté, témoignent de l'esprit de recherche permanente qui animait la manufacture. Les 12 pièces reçurent bien un certificat de chronomètre attestant de la régularité de leur marche. L'expérience toutefois s'arrêta là, car la mise au point de ces balanciers coûtait cher et les balanciers Guillaume plus sûrs quant aux résultats avaient encore de beaux jours devant eux.
Ces 12 pièces furent éparpillées sur les marchés conquis par la marque et la demande de chronographes fut telle pendant la grande guerre qu'aucun ne fut conservé par Zenith. Remettre la main sur celui-ci fruit d'un hasard incroyable, relève de la probabilité zéro. Les mentions du cahier qui a enregistré dans la manufacture, les traces de cette pièce stipulent simplement qu'il fut fabriqué le 21 décembre 1915 pour l'ébauche, sorti de sertissage le 10 janvier 1916 et en montre le 11 avril 1916.

Ah, j'allais oublier, il y a une mention marginale pour 12 pièces parmi la série de mouvement listés "Chronomètre spécial"...

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MessageSujet: La "vraie" histoire des ZENITH DEFY   Dim 23 Avr - 21:29


En 1965, ZENITH appartient à un groupe d'actionnaires dont la banque DUPAMO. C'est Jean-Pierre de Montmollin qui, associé de cette banque, préside à la destinée de ZENITH et avec une vraie dynamique tire la marque vers le haut. ZENITH est à l'époque interdit de séjour aux Etats-Unis à cause de la ZENITH Radio Data Corporation qui a protégé ce nom de marque sur le territoire américain (sans imaginer qu'en 1972, elle en deviendra propriétaire). Le président de ZENITH opte malgré certaines propositions de ses coactionnaires pour pousser la marque vers le haut de gamme et réfute les arguments de certains actionnaires qui au contraire souhaiteraient situer la marque dans des produits bon marché. En 1959, la manufacture a absorbé Martel Watch C° qui fabrique de superbes calibres notamment des chronographes pour Universal Genève.
Depuis 3 ans, un nouveau directeur commercial a été nommé et celui-ci veut dynamiser la marque et revoir les collections de fond en comble. ZENITH s'est lancé dans la conception d'un calibre de chronographe à remontage automatique intégré mais le projet qui devait aboutir en 1965, année anniversaire des 100 ans de ZENITH, piétine.
Les modules électroniques à la conception desquels Jean-Pierre de Montmollin voudrait voir la marque s'intéresser depuis 1954 n'ont pas vu le jour et c'est Movado qui en ce domaine a pris des longueur d'avance...
C'en est trop pour le président de ZENITH qui veut un projet nouveau, qui soit en rupture avec l'image un peu vieillote de la marque et ce projet passe par le El Primero (appelé alors 3019 PHC) et par la collection DEFY. Il faudra attendre 1967 pour que cette collection voit enfin le jour dans sa version "ultra-sports" de l'extrême.    
La tendance des collections des firmes horlogères dans la seconde moitié des années 60 est d'aller vers des montres sportives, "professionnelles" et le plus souvent faites pour la plongée. Par catalogues interposés, les marques se lancent le défi de la conquête des profondeurs.

Jacques Mayol place la plongée au centre de l’intérêt du public en réussissant sa première plongée à 60 mètres, ce qui fait grand bruit dans la presse et à la télévision dont les émissions phares relatent les plus grands exploits sportifs, sujets lisses et non teintés de politique.

Le commandant Cousteau parcourt les océans et la télévision qui entre en force dans les foyers fascine petits et grands en diffusant les documentaires réalisés par l’équipe de la Calypso. Les fonds marins et le goût de l’exploit sont dans les esprits. L’horlogerie pour ne pas être en reste présente des modèles réputés accompagner les héros dans leurs aventures subaquatiques. La fiabilité des mouvements est déjà acquise et il reste à offrir à la mécanique de précision des emboîtages capables de transporter celle-ci partout et longtemps.


ZENITH produit sur les bases de cet environnement médiatique et de cette tendance, une ligne résolument sportive et signe des temps, la baptise DEFY, nom qui sera à nouveau d’actualité quand en 2006 sera lancée une nouvelle collection dans la perspective des sports extrêmes.

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Plusieurs apports technologiques qui fondent la différence avec un modèle classique justifient le nom de baptême de cette collection dans les années 60. D’abord, le choix du calibre automatique 2562 PC produit dans l'unité ZENITH de Martel Watch qui préserve le joint d’étanchéité de couronne par rapport au mode manuel de remontage du mouvement. L’efficacité du remontage est améliorée par l’introduction de deux roulements à billes.

Afin de parer aux chocs induits par les pratiques sportives le mouvement est entouré d’un cercle amortisseur avec brides et vis de fixation doté d’une élasticité qui absorbe les chocs sans les diffuser. Ce système de suspension élastique consiste à doter chaque mouvement d’un cercle serré lors de la fermeture de la boite entre la carrure et le fond qui assure une liaison élastique entre le mouvement et la boite.






La boite rendue étanche à 300 mètres dotée d’une couronne vissée sur le tube, plus épaisse qu’à l’accoutumée est particulièrement robuste et se voit équipée d’un verre minéral trempé qui sans atteindre la résistance des verres saphir contemporain est adapté pour résister aux chocs et rayures.


   



Par ailleurs, le verre est fixé par un écrou de blocage combiné à la lunette qui permet de changer le verre sans déboîter le mouvement et l’étanchéité est garantie par un joint spécifique de grande dimension. Ultime astuce, la lunette et le fond sont dévissables avec la même clé. Cette caractéristique fera prendre au modèle le surnom de « DEFY Boulon ». La publicité de l’époque la présente positionnée sur un gant de boxe.

Pour sa version spéciale « plongeur », ZENITH porte l’étanchéité à 600 mètres et ajoute une lunette tournante à crans par demi-minute avec un système de sécurité empêchant que celle-ci ne tourne accidentellement. La couronne est placée près de la date à 4 heures trente et ZENITH affirme que les aiguilles dotées comme le cadran de matière luminescente ne produisent aucun rayonnement dangereux. Le bracelet acier extensible permet le port de la montre au dessus de la combinaison de plongée. Présentée avec cadran noir et zone orange  ou cadran argenté rencontre un franc succès.




ZENITH produira par ailleurs un modèle étanche à 1000 mètres très massif et très convoité des professionnels de l'époque.  


La collection DEFY disparaîtra avec le quartz jusqu'à ce qu'en 2006, ZENITH la fasse revivre avec le même esprit que celui qui a guidé la marque 40 ans plus tôt et les mêmes principes de défi technologique adaptés cette fois aux possibilités du 21ème siècle. C'est sur le calibre que ZENITH se penche cette fois en introduisant un matériau appelé le ZENITHIUM à base de Titane, aluminium et nobium utilisé dans l'aérospatiale pour sa mémoire de forme. Cet alliage va servir à fabriquer le pont de balancier, le pont de rouage et d'inverseur. D'une moindre inertie que le laiton, ce matériau exclusif et breveté permet en cas de choc de réduire sensiblement les effets de chocs subis par la montre lors des pratiques sportives. Des tests de près de 3 ans faits en laboratoire attestent des gains ainsi opérés.

A terme, toutes les pièces en laiton sont susceptibles d'être ainsi modifiées et en particulier la platine. Le El Primero approche des quarante ans mais n'a gardé de ses premières années que la conception architecturale géniale et une fiabilité qui n'a d'équivalent que la modernité.
La mode a conduit ZENITH a proposer deux gammes de modèles, les DEFY Xtrème aux cadrans ajourés qui inspirent maintenant nombre d'autres marques et des modèles DEFY classic plus traditionnels. En tout état de cause, les DEFY d'aujourd'hui ont des gènes dans les années 60 et il serait injuste et inexact d'imaginer qu'elles ne sont sorties de nulle part.[/b][/color]

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MessageSujet: L'histoire vraie de la création de la marque ZENITH   Dim 23 Avr - 21:30

Citation :
Un soir, Georges Favre-Jacot met au point un mouvement qui lui apparaît comme le plus parfait. Il sort alors dans la nuit argentée et lève les yeux vers la voûte céleste. Et le Cosmos lui parle. Il y voit une gigantesque mécanique organisée autour de l’étoile Polaire, semblable dans sa complexité au jeu des pivots et des roues autour de leurs axes. Il décide alors de baptiser son nouveau mouvement, puis sa Manufacture, du nom désignant le plus haut point de l’univers : ZENITH.


Je ne voudrais pas jouer les "Alain Castelot raconte" mais je viens de trouver sur un site ce texte et comme j'ai rarement lu autant d'inexactitudes en si peu de lignes sur ZENITH, il me semble nécessaire de rectifier.

D'abord le nom de ZENITH fut bien dans un premier temps l'un des noms de calibres créés par la maison de Georges Favre-Jacot. La création de ce mouvement semble dater de 1896, mais il n'apparait pas immédiatement dans sa version définitive et subira nombre d'améliorations tant au plan intrinsèque que sur celui de ses modalités de fabrication.

L'idée du nom du modèle vient du fait qu'à l'époque on donnait un nom et pas une simple référence aux calibres. Georges Favre-Jacot avait un goût immodéré des superlatifs, lui qui n'était parti de rien, était autodidacte et qui avait travaillé dès l'âge de 13 ans comme pivoteur. Diogène, Terminus étaient les noms qu'il avait donnés à ses précédents mouvements qui présentaient l'inconvénient d'un coût de fabrication élevé. Le ZENITH eut rapidement l'avantage d'être précis et fiable et d'avoir un coût de fabrication abaissé ce qui était important face à la concurrence.

Jusqu'en 1892, la manufacture de GJF pratiquait l'autofinancement et bénéficiait d'un appoint bancaire d'une banque du Locle mais les exigences du marché imposaient que la production fut plus importante et donc que l'outil de production s'adapte avec notamment un agrandissement de l'usine. Il fallut donc changer de banque et en 1896, les statut de l'entreprise changèrent au profit d'une société en commandite dont GFJ était le gérant et l'actionnaire aux côtés de la banque qui apportait les fonds. L'actionnaire GJF était toutefois doté d'actions à droit de vote limité qui dénotaient un déséquilibre entre son investissement et ceux des coactionnaire au regard des dividendes tirés de l'entreprise et de l'influence sur les décisions. Les autres associés se méfiaient du patriarche au ton direct, au caractère trempé et aux décisions prises à l'emporte-pièce.
A cette époque la manufacture ne s'appelle toujours pas ZENITH et le calibre qui porte ce nom continue à être amélioré...
En 1904, le neveu et gendre de Georges Favre Jacot, James Favre qui parcourt le monde pour placer la marque revient des USA et en importe des méthodes de travail qui sont considérées par les actionnaires comme de nature à accroitre la production et à générer à leur profit des dividendes supplémentaires sans trop toucher à l'outil de production quand dans le même temps Georges Favre-Jacot veut les pousser à investir toujours plus dans l'outil de production et donc réduire leurs profits. De 1904 à 1911, le neveu et l'oncle fonctionnent dans un climat de discorde et tandis que James est nommé cogérant, il réussit à dresser le conseil de surveillance contre son oncle qui sera purement et simplement éjecté de l'entreprise en 1911 année au cours de laquelle les statut de la société sont transformés au profit d'une Société anonyme qui à la demande des associés prendra le nom de "Manufacture des montres ZENITH successeur de GFJ"

On est très loin du conte de fée et l'histoire de ZENITH est beaucoup plus complexe que ce qui s'est jusqu'à présent raconté ici et là. La manufacture a une histoire riche, très riche faite de moments euphoriques et de périodes noires...

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MessageSujet: ZENITH Celui qui aime le 135 aime forcément le 5011K.   Dim 23 Avr - 21:31

A la fin des années 50, le calibre le plus marquant chez ZENITH est sans contestations le 135. Calibre chronomètre bracelet finement décoré et caractérisé par un empierrement généreux et un balancier surdimensionné tout comme son barillet.
ZENITH décide par ailleurs d'ajouter à sa collection de calibres de montres de poche encore abondante avec des mouvements de très grande qualité comme le 18-28, le 68 ou le 177, un nouveau mouvement qui sera au plan de la finition, de la conception et des caractéristiques chronométriques, le pendant du 135.

Ce calibre doit être mixte à la fois pour les montres de poche et les chronos de bord que ZENITH continue à fabriquer et livre encore en sous-traitance à Ulysse Nardin.

Le choix après quelques hésitations se porte sur un calibre de 22 lignes (50 mm) et 11 mm de hauteur. Il sera donc chronomètre et mixte et comportera dans sa version de base un indicateur de réserve de marche indispensable pour les chronos de bord.

100% conçu et fabriqué au sein de la manufacture, il restera un calibre d'exception décliné en de petites quantités parfois (souvent) moins de 50 unités par an. D'un coût de revient élevé, le 5011 k est une merveille quant à son aptitude à demeurer précis en toutes positions. Ses bulletins de marche de l'observatoire de Neuchâtel le qualifient de "Chronomètre aux résultats particulièrement bons." En 1967, il remporte le record absolu ultime et inégalé de chronomètre le plus précis jamais présenté.

ZENITH a préservé ce mouvement et le catalogue 2002 lui consacre encore une place. Il est toujours livrable sur commande en poche à boitier or ou argent avec ou sans la complication phase de lune et en chrono de bord dans son boitier en acajou.

C'est évidemment un grand luxe, un privilège que de se l'offrir neuf aujourd'hui quand rares sont ceux qui sont prêts à investir davantage dans un gousset que dans une montre bracelet. Mais le plaisir de pouvoir manipuler cette montre est incomparable.

La boite est dotée d'un fond guilloché et d'un second fond intérieur clipsé transparent en verre saphir qui permet de ne rien perdre de la beauté de ce mouvement sans le laisser accessible aux poussières hostiles. Je pensais ne jamais l'avoir et puis... J'ai craqué.

Folie diront certains, excès, fantaisie etc. Je réponds plaisir, juste plaisir...

Celui qui aime le 135 aime forcément le 5011K. Celui qui comprend ce qu'il y a derrière ces mouvements ne peut éviter de craquer pour celui-ci. J'avoue être séduit. Je ne l'avais jamais vu qu'en photo, il est impossible de rendre ce qu'il est en "vrai" mais tout de même...

Bienvenue à bord !














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MessageSujet: Je vous présente mon graal ZENITH ...   Lun 24 Avr - 3:35

Samedi 10 janvier 2009, le El Primero aura 40 ans ... Cette année sera une année au ZENITH pour ce qui me concerne et ce sur beaucoup de plans. Voilà ce que l'on peut appeler un sujet plaisant sur un forum horloger Wink .

Pour bien démarrer l'année, je vais présenter cette montre dont j'ai déjà parlé maintes fois et que j'ai appelée mon Graal ...

Pourquoi le graal ? Parce qu'en principe cette montre est une pièce à laquelle on n'accède jamais. Réservées aux musées des marques ou aux musées, les montres de concours sont extrêmement rares dans les ventes et les échanges. On voit bien des chronomètres avec des bulletins de marche ou même des montres de prix mais des montres qui par deux fois furent 1er prix de chronométrie, ça n'arrive jamais. Et pour cause, ces montres étaient soit conservées par les chronométriers qui les préparaient pour les concours, soit conservées par les manufactures, soit enfin vendues chères à des clients spéciaux.

Celles qui furent conservées par les manufactures n'étaient pas plus en "sécurité" que les autres car dans les années quartz, beaucoup de manufactures ont vidé les armoires et mis à la casse certaines de ces montres parfois laissées au personnel...

Autant dire qu'il y en a peu en circulation voire très peu.

Sur cette pièce très grosse (le calibre est un 20 1/2 lignes), rien ne laisse paraître un tel parcours historique, parcours d'autant plus exceptionnel que la montre fut placée entre les mains de plusieurs chronométriers et qu'elle remporta non pas un seul premier prix mais deux ...

Par ailleurs, cette montre fut à titre expérimental équipée d'une raquette qui n'avait pas été conçue pour ce calibre mais pour un autre mouvement réservé aux concours et qui était le calibre 260. Un 20 1/2 lignes avec cette raquette est exceptionnel chez ZENITH car même les autres pièces présentées au concours simultanément furent équipées de raquettes normales ...

La montre est donc non seulement unique par son histoire mais aussi par sa construction. Elle n'est pas spectaculaire au sens ou souvent les amateurs d'horlogerie l'entendent. Elle ne comporte pas de complications car les montres de concours n'en avaient pas mais elle dispose d'une finition caractéristique des pièces de très haut niveau et surpasse tout ce que j'ai toujours vu en montres de poche par la finesse des olivages des pierres ou le polissage de chaque axe.

Il faut pour bien comprendre le contexte, savoir que les pièces de concours proviennent d'une sélection des meilleurs calibres parmi les meilleurs, une sorte de tri ultime dans des petites séries et une pièce soignée à chaque étape de sa fabrication et des réglages qui totalisent des centaines d'heures pendant des mois par des chronométriers qui se mettent à la disposition de leurs pièces de concours 7 jours sur 7.  

Cette montre est donc non seulement une montre d'observatoire mais encore un premier prix récurrent ...

Le rappel de l'histoire ...      


Citation :
Le Graal est-il magique ?



Le contexte


Des années de quêtes horlogères m'avaient fait caresser l'idée d'avoir un jour un chronomètre de poche. Bien sur ce n'était pas si compliqué et j'en avais déjà plusieurs. Non, la montre désirée était différente et ma recherche portait sur une pièce que l'on puisse qualifier de "meilleure". L'idée était de pouvoir entrer en possession d'un chronomètre de concours, mais pas un simple candidat, un chronomètre gagnant, un premier prix.
Ces chronomètres sont en général dans des coffrets vitrés en bois ou en alu et n'ont pas d'intérêt pour le porté quotidien.
Quelques-uns, très peu à en croire les registres, furent après les épreuves, emboités soit pour être offerts aux chronométriers chargés de les régler, soit pour être exposés, soit pour être confiés à des musées, soit plus rarement encore pour être vendus à des amateurs contemporains des concours qui voyaient dans ces pièces des trésors de savoir-faire.
Plus généralement, c'est à dire dans 90% des cas ces chronomètres repartaient dans les soutes des manufactures où l'oubli les attendait.
Autant dire que le désir d'avoir une de ces pièces confine à l'utopie et que la probabilité d'en devenir propriétaire si on est particulier est proche du zéro absolu.
Ces montres sont presque toujours différentes des pièces du commerce. Le marquage est différent, la finition est soit plus brute que les pièces vendues soit plus élaborée. Je n'ai pu dégager de règle de mes rencontres avec des pièces de concours. Pour ne prendre que l'exemple des raquettes, elles sont souvent des plus simples et classiques avec une flèche basique.
Par contre, les balanciers, l'empierrement, les olivages, les polissages des pivots et des roues sont poussés à l'extrême jusqu'à une quasi perfection.


Résigné et convaincu qu'une telle pièce me serait inaccessible, j'avais fini par renoncer tant le questionnement des marchands à ce sujet devait me faire paraître candide pour ne pas dire naïf.
Le hasard, la chance, appelons cela le destin, a mis sur mon chemin il y a un an, une telle montre ...


C'est une pièce confiée par ZENITH à sa filiale française dans un premier temps pour être exposée lors d'une exposition universelle et qu'ensuite, la filiale a conservée et vendue ou donnée...
Les registres de ZENITH mentionnent 3 sorties de pièces faites dans le même temps sur les 6 admises au concours. L'une fut donnée pour un concours de Tir et l'autre expédiée aux Etats-Unis (vendue ou pour exposition). La mienne est probablement différente au moins par sa raquette semble-t-il unitaire.  
Les 3 dernières restantes étaient encore au milieu des années 50 dans les réserves de ZENITH.

La rencontre du troisième type

Je sais peu de chose de l'histoire de cette montre entre 1930 et 2006 mais par reconstitution j'ai pu malgré tout établir un cheminement assez évident. Toujours est-il que fin 2006, la montre sort entre les mains d'un "ancien" sur un vide grenier un dimanche matin. L'homme dit l'avoir de longue date et ignore comment ses parents l'ont eue. Il sait simplement que ça ne vaut pas grand chose...
Son acheteur partage cet avis et la met rapidement en vente. Il la trouve plus grosse que celles qu'il voit d'habitude et se demande si elle diffère des autres.
Rien mais alors rien de rien ne laisse à penser que la montre a ce fabuleux passé. La raquette est certes atypique mais mis à part la mention de chronomètre rien ne peut laisser supposer une montre de concours. Le cadran semble de qualité, fait en 3 pièces et les aiguilles type pomme Breguet sont caractéristiques du milieu des années 20. Le boitier en argent de 900 millièmes ne permet d'établir aucun lien avec une pièce de concours puisque ces pièces ne sont pas en principe emboitées.
Une fois achetée et entre mes mains, la montre m'interpelle davantage. Le hasard veut que je sois au même moment plongé dans la lecture du livre de Charles Thaumann sur les chronométriers et les concours de chronométrie. L'imagination, l'envie et la curiosité aidant, je me mets très vite à considérer cette montre comme totalement atypique.  Le remontage anormalement doux, la qualité des dorures et des anglages, les polissages parfaits et les signes d'ouvertures fréquentes pour montrer le mouvement me font dire que cette montre a été probablement souvent examinée sous toutes les coutures. Sa précision au deuxième jour de test de fonctionnement à moins d'une seconde achève de me pousser vers l'idée d'une pièce rare.
Sans le secours de ZENITH, la présomption ne peut aller plus loin.


Les images du Graal















Le système d'écartement des goupilles permet de préserver l'isochronisme du réglage. Lorsqu'on retourne la montre, le spiral est par son inertie attiré vers le bas ...Là, l'écartement des goupilles est constant et le réglage est d'autant mieux assuré. Dans un calibre doté d'une raquetterie classique, le risque potentiel est de régler l'écartement des goupilles de telle sorte qu'elles forment un V et donc altèrent l'ébat du spiral au regard de la position de la montre ce qui modifie l'amplitude du balancier.  

Le premier prix est bien attribué au mouvement N° 2553321






Les vis en or et platine du balancier



En 1951, la montre était sortie de chez ZENITH Suisse pour être livrée à ZENITH France depuis 1930 en vue de l'exposition de 1931. Pierre Gigax, chronométrier décida de présenter les "soeurs" de cette montre au concours de chronométrie de 1952.
Sa passion pour la chronométrie le poussait à être le "troisième" chronométrier à s'exercer sur cette catégorie de montres...

Avec 30 ans de plus, la montre proche de celle qui fut victorieuse en 1924 et 1925, remporta un solide 2ème prix ...


Comparaison de taille avec un calibre 18 lignes ...


Voilà pour la présentation de cette montre.  Ne parlons pas de valeur s'il vous plait car une pièce unique n'en a pas et c'est aussi ce qui fait tout son intérêt.   Chinois

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MessageSujet: Récit : Les premiers calibres de chronographe de Zenith    Lun 24 Avr - 3:39

Les calibres de chronographes de poche de la manufacture ZENITH


Avant la seconde guerre mondiale, les manufactures ont une offre diversifiée de chronographes qui ne sont pas toujours issus d'une conception ou d'une fabrication interne.  
Omega qui s'est lancé très tôt, dès la fin du 19ème siècle, dans la fabrication de chronographes "in house" réfléchit déjà à l'aube de la guerre à confier à Lémania la fabrication de ses mouvements de chronographes. La demande de ces pièces reste en effet marginale, conditionnée essentiellement par l'expansion du marché naissant de l'automobile.
Longines qui s'est engagé dans la conception et la fabrication d'un calibre de chronographe de 19 lignes très astucieux et très performant connait un franc succès essentiellement en Amérique Latine. Omega partagent le marché encore assez peu florissant et nombre d'autres manufactures telles Ulysse Nardin ou Vacheron et Constantin se focalisent sur d'autres catégories de mouvements.


Avant 1914, la manufacture Zenith ne dispose pas encore de ses propres mouvements. Les chronographes de poche et les versions bracelets qu’elle distribue déjà renferment donc des calibres achetés à l’extérieur, le plus souvent des Valjoux de 17 rubis de 15 lignes dans les modèles bracelet et de 18 ou 19 lignes dans les chronographes de poche. La demande n’est pas assez importante avant 1910 pour que ZENITH s’engage dans la conception d’un mouvement de chronographe. Les marchés sensibles aux équilibres politiques internationaux débouchent sur une économie en dents de scie qui n’incite pas les actionnaires de la manufacture à laisser Georges Favre Jacot développer un mouvement dont les ventes resteraient limitées.
De fait, les chronographes ne sont pas des pièces de grande diffusion et ZENITH répond aux commandes avec des mouvements dont la fiabilité peut d’autant moins être mise en cause que de nombreuses autres manufactures font également appel à Valjoux pour équiper leurs propres chronographes.


Omega et Longines commencent à exploiter l’image du sport et des chronométrages sportifs pour fonder leur communication vers le grand public sur la qualité et la précision de leurs mouvements. Les messages mettent l’accent sur le savoir faire des manufactures. Il n’en faut pas davantage pour qu’au Locle, sur les directives de James Favre qui a succédé à Georges Favre-Jacot en 1911, soit engagée par le bureau d’études la conception d’un mouvement de chronographe. Celui-ci voit le jour en 1915 tandis que la même année Zenith prend le contrôle de la manufacture Le Phare installée également au Locle et qui est spécialisée dans les complications dont notamment les chronographes..
Le mouvement Zenith est un calibre de 19 lignes de 19 rubis, une pièce de grande qualité précise et fiable qui passe pour être une référence dans le foisonnement des chronographes présentés ici et là, à l’époque parfois sur des bases identiques et retravaillées juste pour dissimuler leur provenance. Le balancier coupé bimétallique à vis est assorti d’un spiral Breguet et la raquetterie est celle brevetée en 1903 à disque excentrique. ZENITH a quasiment universalisé ce type de raquette dans tous ses modèles et cet ensemble d’éléments réglants depuis plus de 10 ans est la clé de voûte de tous les mouvements de la manufacture.






Livré en version Lépine ou savonnette, le cadran peut intégrer un pulsomètre, un tachymètre, un télémètre ou simplement un disque de mesure décimal. On en trouve avec plusieurs combinaisons de ces différentes échelles de lecture. Les boites sont en or parfois assorti d’émail peint, argent, acier bruni, acier nickelé ou métal blanc. C’est la manufacture qui réalisait elle-même les boites des mouvements qu’elle manufacturait. Le poinçon d’orfèvre pour les versions en métaux précieux intègre les lettres ZB pour « Zenith Billodes » et témoigne de cette paternité de fabrication.



Certaines productions de ces montres furent luxueuses. Les boîtiers rivalisent alors d’élégance et de finesse. Certains modèles furent enrichis de décorations émaillées représentant des scènes romantiques ou art déco. D’autres furent ornés de fines gravures ou de reliefs faisant l’apologie de la voiture et des modes de transport. Les automobilistes aimaient à mesurer leurs performances autant que celles des voitures et le calcul des vitesses et des moyennes n’était pas encore intégré dans les tableaux de bord.

   
Selon les variantes, le compteur totalisateur des minutes est situé à midi en version Lépine ou savonnette. La version savonnette est plus généralement livrée avec un totalisateur des minutes à trois heures. Ce totalisateur cumule jusqu’à trente minutes, la période chronométrée. Il existe une version rare du chronographe avec une variante de compteurs qui totalise jusqu’à dix minutes sur un arc de cadran situé à midi et revient à 0 au delà de ce délai.
Une version du calibre fut présentée avec rattrapante. Il en fut fabriqué très peu d’exemplaires d’autant que Le Phare allait offrir une collection assez complète de chronographes à complications.
Le mouvement classique de chronographe ZENITH a connu des variantes très particulières sans doutes dues aux recherches menées par Charles Rosat qui en 1915 dirigeait l’atelier que la manufacture possédait à Boudry. Dans sa quête de la précision ultime, Charles Rosat auquel on doit une raquette par ailleurs décrite, s’intéressait également à la composition des balanciers et des spiraux. Ses recherches qui lui avaient valu entre autre le prix Guillaume, avaient un degré d’avancement certain quand il mit au point un balancier monométallique assorti d’un spiral faisant une entorse au recours au balancier compensé bimétallique coupé à vis dit balancier Guillaume auquel la manufacture recourait généralement. Si les recherches sur le balancier monométallique n’était pas l’exclusivité de Charles Rosat, son emploi dans des pièces de précision était une première au moins chez ZENITH tant la fiabilité des balanciers bimétalliques était un acquis.


Avec des éléments réglant classiques, la variation de température qui déforme le spiral est compensée par la dilatation des métaux qui composent le balancier. Ce dernier est coupé pour mieux absorber les déformations induites par le changement de température. Le recours à l’Elinvar pour le spiral, en évite la déformation. Le balancier n’a plus alors d’effet de compensation utile et il devient possible de le fabriquer avec un seul métal ou alliage. Si ce composant est lui-même de l’Elinvar, la conjugaison du spiral et du balancier est théoriquement insensible aux variations de température, ce qui assure à la montre une régularité de marche optimale.          
Ces balanciers monocomposés étaient très controversés auprès des horlogers et ingénieurs et peu croyaient à la précision qu’ils étaient capables d’atteindre. Charles Rosat qui aimait les défis équipa deux cartons de six pièces de ce type de balancier. Si l’équilibrage est opéré avec des vis en or jaune, en revanche, c’est bien un élément réglant révolutionnaire qui anime ces douze pièces rarissimes sorties de la manufacture début avril 1916 et dont la fabrication des ébauches remonte à décembre 1915.
Pour dissiper la perplexité probable des détracteurs de ce type de balanciers, ZENITH qui surfait sur le fil de la précision extrême livra ces douze modèles avec un bulletin de marche attestant de leur précision chronométrique.


Le très rare chronographe à balancier monométallique mis au point par Charles Rosat

Si cela ne suffit pas à généraliser ce type de balanciers sur lesquels les concurrents de la manufacture n’ont pas recherché à développer des produits analogues pour les commercialiser, en revanche, la performance demeure le fruit d’une initiative qui illustre les recherches permanentes menées au Locle en matière de conception des mouvements et de chronométrie.

Zenith va donc commercialiser deux chronographes simultanément voire trois pendant un certain temps, celui avec le calibre Valjoux, celui avec le calibre interne et celui avec un mouvement Le Phare.  


Le calibre "simple" de chronographe mis au point par Le Phare


Le succès du calibre Zenith sera d'autant plus grand que les armées d'Europe s'engagent dans un conflit armé sans précédent et que les armées sont demanderesses de chronographes de qualité.


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