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 L'épopée de la "New York Standard Watch Company"

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ZEN
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MessageSujet: L'épopée de la "New York Standard Watch Company"   Sam 29 Juil - 2:07

L'épopée de la New York Standard Watch Company


L'histoire de l'horlogerie américaine est riche de création de maisons plus ou moins éphémères mais dont la production dut intense dans un contexte de forte concurrence. Si les volumes de production de ces petites manufactures ferait aujourd'hui rêver nombre de firmes suisses, ceux-ci étaient à l'époque modestes dans un marché en pleine expansion où chaque américain voulait devenir propriétaire de son garde temps. Ces manufactures que l'on appellerait aujourd'hui des start up ont connu leur heure de gloire suivie souvent d'une déchéance sans pitié.  


   

Dans la profusion des manufactures horlogères créées aux Etats-Unis dans le courant de la seconde partie du 19ème siècle, il en est une qui est tombée dans un quasi oubli quasi-total. La New York Standard Watch Company fut créée non pas à New-York comme son nom pourrait le laisser supposer, mais  à Jersey City dans le New Jersey en 1885. A l'opposé de nombres de manufactures, la New York Standard Watch C° visait une clientèle populaire, peu encline à dépenser une somme conséquente dans l'achat d'une montre. Les grandes manufactures américaines de l’époque ne négligeaient pas cette clientèle mais leurs réseaux de distribution pouvaient faire hésiter le client à entrer dans des bijouteries où il ne se sentait pas à l’aise. Rachetée en 1903 par le fabricant de boites Keystone Watch Case Co, la firme qui s'éteint avec la crise de 1929 fabriqua plus de 8 millions de montres, chiffre dérisoire au regard d'une maison comme Waltham Watch C°, Elgin ou Hamilton mais tout de même non négligeable lorsqu'on le ramène à plus de 180 000 pièces par an.


La manufacture dut attendre 1899 pour sortir son premier million de pièces. Jusqu’à cette fin de siècle, la New York Standard Watch Company proposait des modèles de haute qualité qui se voulaient concurrents des pièces prestigieuses des autres grandes firmes américaines. C'est à ce moment que la décision fut prise d'abaisser la qualité pour tirer les prix vers le pas et compenser par des ventes en volumes ce que la manufacture ne pourrait plus gagner sur de belles pièces. Les grandes maisons de l’époque jouaient en effet la surenchère dans la qualité des pièces ceci avec des campagnes de promotion très couteuses. La concurrence était donc particulièrement féroce pour ce type de petites maisons.

 

Les mouvements des montres de la  New York Standard Watch C° sont simples mais terriblement efficaces et ils démontrent une inventivité assez extraordinaire et un sens très développé de l’économie notamment par la limitation du nombre de composants. Les chronographes par exemple, devenus assez rares apportent la démonstration que ce type de complication est compatible avec une construction des plus simples. Ce ne fut pas sans nul doute l'essentiel de la production de la marque mais il est assez rare à cette époque que les manufactures orientées sur une clientèle grand public se  lancent dans la création de modèles originaux de chronographes réputés couteux à produire et ouverts à une clientèle limitée. La demande de chronographes en effet, dans les premières années du 20ème siècle est restreinte et se cantonnent aux armées et à quelques amateurs éclairés qui passionnés par leur automobiles veulent se livrer à des calculs de vitesse moyenne.    

La  New York Standard Watch C° est une marque quasi ignorée des collectionneurs contemporains.  Outre l'impossibilité aujourd'hui de trouver des pièces détachées pour assurer la réparation des montres, aucun de ses modèles ou presque n'est spectaculairement décoré ou habillé d'un métal précieux. Le terme de « Montre populaire » s'applique d’ailleurs pleinement à la production de la marque qui a produit des pièces de 7 à 23 rubis et d'un diamètre équivalent aux calibres suisses de 12 à 20 lignes.



La manufacture a multiplié la fabrication de montres sous diverses marques commerciales. Il serait long de les énumérer de manière exhaustive. Parmi les plus connues, on trouve des modèles fabriqués sous les marques Bay State, Crown Watch Co, Eldridge, Excelsior, Gloria, Hamlet, Hercules, Highgrade, Jefferson, LaSalle, Pacifique, Remington, Rosemere, Solar , Tribune, Washington, Wilmington spécial, ou encore William Penn USA, Couronne, New Era. Il s'agissait essentiellement de modèles d'entrée de gamme en général à 7 rubis. Il est difficile d’établir ce qui a motivé cet éparpillement qui probablement répondait à une logique de distribution via des réseaux peu spécialisés dans le domaine de l’horlogerie, voire par correspondance. Ce qui est certain c’est que ces marques sans lendemain ne devaient pas s’encombrer avec le service après-vente.

   
   

Pour ce type de maison, la production d'un chronographe en interne était un véritable défi. Ces pièces plus complexes à produire que des montres classiques à trois aiguilles nécessitaient un temps de main d'œuvre plus long ce qui générait des coûts plus importants pour une demande qui restait malgré tout limitée. En 1900 quand ces chronographes furent commercialisés, il en existait deux tailles « américaines » 16 S et 18 S. Les montres étaient fiables mais avaient tout de même des ressorts et spiraux fabriqués dans un acier simple. Leur point faible résidait essentiellement dans le manque de solidité de ces deux pièces. La marque n'ayant pas développé un réseau très important pour assurer son service après-vente y compris sous son nom commercial principal, les clients qui rencontraient des problèmes évitaient de revenir vers elle. Malgré tout, les montres restaient assez fiables. L'absence de totalisateur des minutes contribue à simplifier le mouvement mais celui reste tout de même un excellent chronographe pour mesurer les temps courts de moins d'une minute soit à peu près 90% des besoins d'un utilisateur Lambda.

New York Standard Watch Company disparut en 1929, engloutie dans le marasme économique général et en raison d'une diffusion quasi exclusivement américaine basée sur un réseau peu au point et à cause d'une multiplication de marques sans véritable identité. La manufacture s'est en quelque sorte fragilisée en organisant sa propre concurrence sur le créneau des montres bon marché déjà très convoité.

Droits réservés - Joël Duval - Forumamontres - Juillet 2017

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