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 Quand l’histoire écrit les mythes : Une Longines s’invite dans la légende

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ZEN
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Nombre de messages : 51011
Date d'inscription : 05/05/2005

MessageSujet: Quand l’histoire écrit les mythes : Une Longines s’invite dans la légende   6/11/2017, 15:08

Quand l’histoire écrit les mythes : Une Longines s’invite dans la légende





L’appel du 18 juin 1940 : Tournant de l’histoire

L’appel du 18 juin 1940 lancé par le Général De Gaulle depuis Londres sur les antennes de la BBC est un évènement de l’histoire de France gravé dans tous les esprits.  On sait que le Général de Gaulle était arrivé la veille à Londres afin de rencontrer le premier ministre Britannique Winston Churchill en vue de négocier avec lui son projet de maintenir la France dans le combat même si  le Maréchal Pétain, chef du gouvernement Français, proposait la signature d’un armistice avec l’Allemagne.    

La première version du discours fut écrite le 17 juin, au petit matin, quand De Gaulle encore à Bordeaux jeta sur le papier un premier brouillon de son appel à la résistance. On sait que cette version du discours fut remaniée afin de ménager le chef du gouvernement Français, Philippe Pétain, ceci à la demande des Anglais.  

L'appel depuis la BBC

On ne possède concrètement aucune photo prise le 18 juin du Général De Gaulle devant son micro, ni aucune trace sonore du discours dont la seule version complète est celle transcrite par les services d’écoute helvétiques et retrouvée par un notaire français, Jacques Fourmy, et l'historien suisse Christian Rossé. On pensait ne jamais rien savoir de plus que ce qui avait déjà été écrit de ce qui entoure ce discours, ses préparatifs et de la manière dont la famille du Général De Gaulle fut protégée dans un contexte où sa sécurité aurait pu servir de moyens de pression contre l’engagement de celui-ci.  


La protection de la famille du Général De Gaulle  

Afin de placer sa famille à l’abri, le Général fit séjourner celle-ci du 11 au 18 juin 1940, à Carantec, station balnéaire située sur une presqu’île bretonne de la baie de Morlaix dans le Finistère.  Outre son attrait touristique reconnu depuis 1926, le lieu est stratégique car il permet de faire facilement accoster un bateau et de rallier notamment l’Angleterre.  

La famille du Général  est installée à la villa d'Arvor qui appartenait à l'époque à monsieur et madame Moncus. Séjournent également à Carantec, mais cette fois à la villa "Brise du soir" qui appartenait à monsieur et madame Le Borgne, madame Cada Vendroux dont le mari, Jacques Vendroux, était le frère de madame de Gaulle et leurs 3 enfants : Claude, Jacques- Philippe et Martine.  Enfin, dans une maison située au 7 rue de la Marne, sont installés la sœur de madame De Gaulle, Suzanne Rérolle et ses 2 enfants, Jacques-Henry et Marguerite-Marie.  

Le Général de Gaulle est passé à Carantec le 15 juin dans l’après-midi. Il poursuit ensuite ses déplacements et dans l’après-midi du 17 juin 1940, atterrit  dans la banlieue de Londres, en provenance de Bordeaux. Winston Churchill l’attend. De Gaulle émet le vœu de s'exprimer à la radio dès que la nouvelle de la capitulation française tombera. Churchill met à disposition la BBC.  


La mission secrète  



Hydravion Supermarine WALRUS


Dans la nuit du 17 au 18 juin 1940, un petit hydravion, de type Supermarine WALRUS, quitte Plymouth pour venir à Carantec recueillir des nouvelles de la famille du Général de Gaulle. Le Supermarine WALRUS est un hydravion à coque monomoteur qui fut en usage dans plusieurs armées, notamment  pour la reconnaissance maritime. Il est alors utilisé au sein de la Royal Air Force. Long d’une dizaine de mètres pour une envergure de quatorze, il peut transporter trois à quatre hommes d’équipage dans un rayon d’action d’un peu moins de 1000 kilomètres.  Au cours de cette nuit du 17 au 18 juin, il transporte trois aviateurs dont deux Australiens et un Britannique ainsi qu’un officier de renseignement.  Pour des raisons difficiles à déterminer avec précision, l’avion s’écrase le 18 juin, vers 4 heures du matin, à Ploudaniel, dans le Finistère. Il prend feu et les quatre militaires périssent dans l’accident. Ils seront enterrés au cimetière de cette commune où leurs sépultures sont toujours présentes.  De l’autre côté de la Manche, les Britanniques s’inquiètent de ne pas voir l’hydravion revenir. Celui-ci aurait dû être de retour au plus tard dans la soirée du 18 juin. Ils ordonnent alors à une vedette lance-torpilles de se rendre à Carantec.  

Cette vedette quitte Plymouth le 19 juin dans la soirée. Elle parvient à destination le 20 juin vers 06 heures du matin, alors que les Allemands sont déjà présents. La famille du Général de Gaulle a toutefois quitté Carantec le 18 juin et embarqué le soir même, sur un navire marchand qui accoste à Falmouth, le 19 juin au petit matin.  

72 ans sous terre

Les lieux du Crash du Supermarine Walrus sont précisément repérés, la carlingue de l’avion calciné ne séjournera pas longtemps sur place et le champ au milieu duquel l’hydravion s’est écrasé est à nouveau cultivé depuis la guerre. La mémoire collective aurait presque oublié ce terrible accident effacé par l’enjeu de l’appel lancé par le Général De Gaulle, le 18 juin 1940. Ces hommes ont pourtant au péril de leur vie, accompli une mission de nuit considérablement difficile dans des conditions qui leur ouvraient de grandes probabilités d’échec.  

Il a fallu attendre le dimanche 9 septembre 2012 pour que des fouilles soient engagées sur les lieux précis du crash, afin de retrouver des effets de l’équipage ou des vestiges de l’hydravion. La recherche n’avait rien d’un hasard puisque c’est sur les bases du repérage réalisé en juin 1940 qu’elle put s’opérer directement sur la zone de l’accident. Rapidement, grâce aux détecteurs de métaux, sont découvertes diverses petites pièces provenant de l'hydravion et de l'équipement des militaires et de l’agent des services secrets. Parmi ces pièces, une montre de marque LONGINES enterrée à environ dix centimètres de profondeur. Si la boite de la montre en acier inoxydable est restée intacte, l’oxydation n’a en revanche, pas épargné le mouvement après plus de 72 ans sous la terre. Ce dernier reste malgré tout identifiable.  

Une montre très particulière  

C’est un  calibre Longines 12.68Z STOP, produit pour la première fois en 1938/1939. La montre est à l’époque un modèle nouvellement fabriqué par Longines. La pièce faite pour les pilotes, dispose d’une lunette tournante et d’un système de stop seconde qui peut être enclenché avec un poussoir situé à 2 heures qui arrête l’aiguille des secondes, sans la remettre à 0.  



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Ce dispositif transforme le calibre 12.68 Z en chronographe simplifié permettant la mesure de durées courtes malgré une perte partielle de l’affichage de l’heure pendant l’arrêt de la trotteuse. Le mouvement 12.68 Z avec mécanisme de stop seconde a été muni d’un compteur de 60 minutes qui en fait un vrai chronographe compteur sensiblement plus simple et moins coûteux que les chronographes classiques. Le système est intéressant pour les pilotes car sa lisibilité est parfaite et immédiate. Ces améliorations sont protégées par des brevets que Longines complètera au fil du temps et de la demande notamment militaire importante pour ce type de montres, dans les années 40. Le bureau technique de Longines lui ajoutera plusieurs fonctions dont un compteur de minutes au centre. Le mouvement est ainsi traité comme un véritable chronographe de manière quasi concurrente avec deux mouvements de chronographes développés par la manufacture, dans le même temps.  




 




Longines fait de ce mouvement standard, un chronographe plus simple techniquement que les pièces conçues initialement pour remplir ces fonctions. Le prix de revient est limité au regard des chronographes compteurs. Pourtant, la fabrication de ces pièces sera limitée par une interdiction faite à Longines de les exporter pendant la guerre.

   
Le calibre 12.68Z Stop en état originel ( source adamvintage.com)

La montre retrouvée le 12 septembre 2012 était sans doute celle du pilote de l’avion. S’agissait-il d’une montre exportée de Suisse malgré l’embargo ?  On pourrait en douter car en juin 1940, la production des pièces avec seconde au centre est encore balbutiante. La pièce ne comporte pas de marquage militaire. Il y a pour répondre à cela deux hypothèses. Soit la montre appartenait personnellement au pilote, soit s’agissant de militaires chargés de missions totalement secrètes, il ne fallait pas qu’un détail puisse faciliter leur identification.  


A sa manière, ce garde temps Longines appartient à l’histoire, il est un acteur inattendu qui se fait connaître tardivement et discrètement après avoir servi le pilote d’un Hydravion qui participait à une mission inaccessible qui coûta la vie à quatre hommes prêt à l’offrir par conviction en faveur du monde libre. Ce qui reste de la montre est maintenant au musée maritime de Carantec y symbolisant un moment de l’histoire que le sacrifice humain ne permet pas d’oublier.[/url]

Droits réservés - Forumamontres - Novembre 2017 - Joël Duval

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MessageSujet: Re: Quand l’histoire écrit les mythes : Une Longines s’invite dans la légende   6/11/2017, 16:07

très beau récit et belle histoire effectivement.
Dans le même genre, il aurait été appréciable de récupérer la montre de St Exupéry mais si l'avion a été localisé, je crois que ses restes n'ont jamais été localisés (cf seule la fameuse gourmette a été récupérée par un pêcheur et est visible au musée de l'air de Paris)

et par ailleurs, je recommande vivement la lecture des mémoires de guerre, c'est un style clair, net, précis et sans fioritures (et celles de Churchill sont pas mal non plus). Le GDG et Churchill avaient tous les 2 une plume remarquable.
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MessageSujet: Re: Quand l’histoire écrit les mythes : Une Longines s’invite dans la légende   6/11/2017, 16:22

merci pour le partage !
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