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 Actu: Horloges. Un trésor astronomique en Morbihan

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ZEN
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Nombre de messages : 51356
Date d'inscription : 05/05/2005

MessageSujet: Actu: Horloges. Un trésor astronomique en Morbihan   Ven 12 Jan - 7:07

Citation :



Horloges. Un trésor astronomique en Morbihan

Cinq horloges astronomiques seulement existent en France. Dont deux... dans le Morbihan. L’une à Ploërmel, l’autre conçue à Port-Louis. Machines de précision sans égal, elles continuent de susciter l’admiration des plus grands spécialistes du genre. Jusqu’en Suisse.

« C'est ingénieux. Il faut vraiment être passionné pour arriver à construire un tel objet ». Evelyne est étonnée par ce qu’elle vient de voir. Accompagnée de Michel et Sylvie, elle a profité du beau temps dominical pour aller visiter l’horloge astronomique de Ploërmel.



Placé dans un kiosque, dans la cour intérieure du couvent de la congrégation des frères de Ploërmel, ce chef-d’oeuvre de l’horlogerie ne les laisse pas indifférents. Leurs visages laissent deviner leur surprise face aux flux d’informations délivrés par l’objet aux 10 cadrans, 1.200 pièces d’engrenages et 250 rouages dentés. Et pour cause, tout y est : l’heure solaire, la date du jour, les fuseaux horaires du monde entier, la carte du ciel, la position de la lune par rapport au soleil… Toutes ces données sont actualisées minute par minute et sont calculées à partir de Ploërmel.

Les planètes bougent en temps réel

Mais ce qui fait avant tout la spécificité de cette horloge astronomique, c’est son planétarium. Les planètes du système solaire y bougent en temps réel. Ce serait la seule horloge astronomique de France à en posséder un de ce type. « Quand il y a une éclipse, si vous regardez ce planétarium, vous comprenez tout de suite ce qui se passe », sourit frère Arsène, fin connaisseur du précieux objet.



Si l’horloge astronomique de Ploërmel est connue des locaux, peu sont informés de l’existence de l’horloge astronomique de Port-Louis, pas même frère Arsène. « Je ne savais pas qu’il en existait une autre dans le département », s’étonne-t-il. Est-ce parce que l’horloge astronomique de Port-Louis est aujourd’hui au Musée international de l’horlogerie de La Chaux-de-Fonds en Suisse ?

Les fêtes mobiles, l'âge de la lune, l'heure de tous les pays...

En tout cas, l’horloge est tout aussi impressionnante par les données qu’elle fournit. Dans un coffret de 1,50 m de haut, en forme d’église, elle indique l’heure, le jour, le mois, le millésime, le quantième perpétuel, le cycle solaire, l’indiction romaine, le nombre d’or, les lettres dominicales, les épactes, les fêtes mobiles, le mouvement apparent de la lune, l’âge de la lune, l’astrolabe, les marées, le lever et le coucher du soleil, l’heure dans tous les pays du monde, la position de toutes les planètes et des étoiles visibles dans un cercle de perpétuelle apparition, l’équation du temps et la déclinaison... Les 24 cadrans et 9 automates de l’horloge ont de quoi donner le vertige. L’ouvrage donne aussi le lundi de Pâques, fait rare puisque seulement deux autres horloges le font dans le monde : celles de Strasbourg et de Copenhague. « Indiquer le lundi de Pâques est une complication en plus », justifie le petit-fils de Daniel Vachey, créateur de cette incroyable construction. Ces deux horloges n’existeraient pas sans le travail méticuleux et passionné de leurs deux créateurs, frère Bernardin et Daniel Vachey. Si l’amour des calculs les réunit, leur vie et leurs motivations n’en restent pas moins différentes.


C'était un travail quotidien et collectif

Ces deux horloges ont été réalisées avec presque un siècle d’écart. La plus ancienne, celle de Ploërmel, a été construite par frère Bernardin, entre 1850 et 1855. Originaire du Morbihan, le frère, de son vrai nom Gabriel Morin, est issu d’une famille très modeste. Gabriel commence à parler à l’âge de 6 ans. Il est de nature timide. « Il était autiste. A l’époque, on ne pouvait pas le diagnostiquer, car on ne savait pas ce que ça voulait dire », souligne frère Arsène.

L'amour des calculs

A 15 ans, Gabriel frappe à la porte de la congrégation des frères pour devenir lui-même frère instituteur. Sur son chemin, il rencontre Jean-Joseph Querret, astronome et agrégé de mathématiques. Le scientifique lui apprend tous ses secrets et lui transmet l’amour des calculs. Tout au long de sa carrière d’instituteur, frère Bernardin est, selon le frère Arsène, un homme « compréhensif, bon, humble, exigeant, mais pas méprisant ». Lorsqu’il entreprend la construction de l’horloge astronomique, c’est avant tout par pédagogie. L’horloge est d’abord destinée à ses élèves, dans le but qu’ils aient une compréhension globale du temps. La construction de l’horloge est d’ailleurs un travail de groupe. Le frère a fait en sorte que ses élèves mettent la main aux rouages. « C’était un travail quotidien et collectif. Il faisait avec ses élèves des calculs qu’il corrigeait. Ensuite, les frères artisans réalisaient les pièces en laiton ou en métal ».





Ce projet géant a donné lieu à un partage de connaissances et de compétences.

Une maintenance tous les dix ans

Daniel Vachey, créateur de l’horloge astronomique de Port-Louis, a tout calculé et construit seul. Cet ouvrage a pris presque trente ans de sa vie, entre 1938 et 1967. Né en 1904 à Paris, Daniel Vachey est horloger de formation. A 21 ans, il étudie à l’école d’horlogerie d’Anet grâce au soutien financier de son oncle et de sa tante. C’est un élève plutôt chahuteur, farceur, mais motivé et acharné dans son travail. Tout au long de sa vie, son talent est d’ailleurs récompensé : diplôme d’honneur au concours artisanal de Lyon, premier prix hors concours à Vannes et même médaille d’or au concours Lépine. Il parcourt la France pour exercer son métier, mais s’installe finalement à Port-Louis en 1930, dans la boutique Le Tictac, avec son épouse, elle aussi élève de l’école d’horlogerie. C’est à ce moment là qu’il commence la construction de ce qui sera son chef-d’oeuvre. La complexité des calculs lui demande un travail sans relâche. « Il y pensait quotidiennement. Mon père se souvenait qu’il mettait sans cesse quelque chose dans ses cahiers. Il était en réflexion permanente. C’était un drôle de personnage, un peu obsessionnel », confie son petit-fils. La construction de l’horloge était comme un défi que Daniel Vachey s’était lancé à lui-même. « Mon grand-père n’était pas pédagogue. C’était vraiment personnel. Il a toujours été un homme de défi ».



Photo Musée international d'horlogerie

L’horloge terminée, elle est exposée dans le bureau du constructeur. « Beaucoup de gens venaient à sa boutique pour voir son horloge. C’était un homme convivial ». Pour préserver leur précision, mais aussi leur état général, les deux horloges astronomiques ont été restaurées. Celle de Ploërmel a connu trois grandes restaurations depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Une maintenance a également lieu tous les 10 ans. « Des horlogers spécialistes font le tour de la maison. Des pièces maîtresses ont été changées », souligne frère Arsène. Pour l’entretien quotidien de l’horloge, ce sont les frères de Ploërmel qui s’en occupent.

Une aide de 100.000 francs suisse

A Port-Louis, les choses sont plus compliquées. « Dans les années 2000, quand j’ai fait venir des horlogers de Paris dans le bureau de mon grand-père, l’horloge était par terre et recouverte de poussière. Ils étaient effarés de son état », se souvient le petit-fils de l’horloger. Face à cette situation, il n’a pas d’autres choix que de faire restaurer l’objet. Sa famille n’a cependant pas les moyens. « Il n’y avait plus qu’une seule solution, c’était de la vendre ». Si beaucoup d’associations voulaient l’acquérir, c’est finalement le Musée international de l’horlogerie qui en devient propriétaire. « Le musée de l’horlogerie a eu une aide de 100.000 francs suisse pour procéder à la restauration. Elle a duré cinq ans ». Il faut dire que démonter intégralement les 3.200 pièces de l’horloge demande du temps... Le jeu en valait la chandelle. Aujourd’hui, la construction est la pièce maîtresse du musée.


Pour le frère Bernardin, cette horloge était pour ses élèves, futurs instituteurs

Les deux créateurs avaient-ils imaginé que leurs horloges traverseraient le temps ? Comment voyaient-ils l’avenir de leur construction ? Frère Bernardin n’aurait jamais imaginé que son horloge serait sortie de sa salle de classe, qu’il voyait comme un cabinet de physique ou un laboratoire. « Pour lui, cette horloge était pour ses élèves, futurs instituteurs. Il était très surpris l’année de sa mort, quand on lui a demandé de démonter l’horloge pour qu’elle soit prête à être installée dans la cour. A-t-il compris que les visiteurs pouvaient y avoir accès ? Peut-être pas ». A l’époque, la cour n’était pas ouverte au public.

Près de 30.000 visiteurs par an

Aujourd’hui, la volonté de frère Bernardin est tout de même respectée puisque l’horloge reste pédagogique. Trois frères continuent d’expliquer son fonctionnement aux 26.000 visiteurs et aux 3.500 scolaires qui viennent chaque année à la congrégation. Jean-Marc Vachey pense aussi avoir respecté les volontés de son grand-père. « Jusqu’au bout il l’a eue à ses côtés. Je pense qu’il est parti beaucoup plus tôt qu’il ne l’avait pensé. S’il n’était pas mort aussi vite, il en aurait fait don à un centre. Il ne l’aurait pas laissée dans la famille. Il n’aurait pas eu confiance. En mettant l’horloge au Musée international, je pense que c’est ce qu’il aurait voulu. Ce qui lui aurait fait peur, c’est qu’elle parte dans un pays étranger pour rester dans une villa privée ». A la bonne heure...
Laure Le Fur - Le Mensuel du Morbihan




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LUDOSTER
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MessageSujet: Re: Actu: Horloges. Un trésor astronomique en Morbihan   Sam 13 Jan - 3:43

Intéressant! Merci du partage! thumright

C’est pas loin de chez moi, mais je n’en avais jamais entendu parlé, une sortie à prévoir!
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py3.14
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MessageSujet: Re: Actu: Horloges. Un trésor astronomique en Morbihan   Sam 13 Jan - 6:06

Excellent, merci!!!

Clairement une visite a faire lors de mes prochaines vacances au pays!
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Maxvador
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MessageSujet: Re: Actu: Horloges. Un trésor astronomique en Morbihan   Sam 13 Jan - 10:35

J'ai vu il y a quelques années celle de Ploërmel un peu par hasard en passant dans le coin lors d'un week-end prolongé. A l'époque je ne m'intéressais pas à l'horlogerie mais j'avais été subjugué par l'horloge tellement elle paraissait poétique et en apprenant l'histoire de son créateur.
La personne qui nous en a parlé était un vrai passionné. C'était très intéressant et nous n'avions pas regretté cette petite visite.
Je la recommande à tout passionné de ce forum si vous passez dans le coin Chinois
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Actu: Horloges. Un trésor astronomique en Morbihan
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