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 La saga de la précision - Episode 7 : Le train de rouages sifflera trois fois

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ZEN
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ZEN

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MessageSujet: La saga de la précision - Episode 7 : Le train de rouages sifflera trois fois   La saga de la précision - Episode 7 : Le train de rouages sifflera trois fois EmptyDim 12 Aoû - 21:10

La saga de la précision - Episode 7 : Le train de rouages sifflera trois fois


Que ce soit chez Omega quand on parle du Master Coaxial ou chez Rolex avec la dernière génération de calibres 3235 ou 3255, lorsqu'on demande ce qui change par rapport aux versions précédentes, la réponse est la même : "On a réduit les frictions…" Les nouveaux calibres entrainent des gains de réserve de marche par la réduction des frictions, l'allongement des ressorts de barillet, la réduction de l'épaisseur des barillets et le recours à des échappements moins consommateurs d'énergie.  

La saga de la précision - Episode 7 : Le train de rouages sifflera trois fois Calibr11
Calibre 3255 de Rolex

Rolex annonce officiellement sur son site :

Citation :
Rolex introduit un mouvement mécanique de nouvelle génération doté de 14 brevets, le calibre 3255, qui définit un nouveau standard de performance dans les caractéristiques fondamentales d’un mouvement horloger que sont la précision, l’autonomie, la résistance aux chocs et au magnétisme, le confort de réglage et la fiabilité.

Les critères de précision au porter quotidien du calibre 3255 sont ainsi deux fois plus exigeants que ceux d’un Chronomètre officiellement certifié. Il intègre le nouvel échappement Chronergy breveté par Rolex qui associe haut rendement énergétique et la fiabilité qui en a fait son succès. Réalisé en nickel-phosphore, il est insensible aux perturbations magnétiques. L’oscillateur, le véritable cœur de la montre, est doté d’un spiral Parachrom bleu optimisé qui reste jusqu’à dix fois plus précis qu’un spiral traditionnel en cas de chocs. Grâce à une géométrie redessinée du barillet et une efficacité accrue de l’échappement, la réserve de marche du calibre 3255 atteint trois jours, ce qui signifie que la montre peut facilement continuer à fonctionner du vendredi soir au lundi après-midi sans être portée, ni remontée.


Omega est à peu près dans le même esprit au ton très "technologique" et mettant en avant de réelles innovations. Tout est avant tout au service de la précision et de la durée de réserve de marche qui est manifestement une lacune des calibres antérieurs.    

La saga de la précision - Episode 7 : Le train de rouages sifflera trois fois Watch-10
Le master co-axial d'Omega

Sans aucun doute, la réduction des frictions est un facteur d'allongement de la marche et un facteur de sécurisation de la précision. C'est aussi mais cette fois, les confidences des horlogers des grandes maisons sont plus discrètes, un facteur de fragilisation potentielle du mouvement. Une roue en silicium risque davantage de se casser que de s'user. Les chocs sur la montre ont donc de fait des conséquences potentiellement plus destructrices. C'est là aussi quelque chose de théorique car des tests faits en atelier et en bureau de recherche ne démontrent pas une plus grande fragilité ou tout au moins pas de manière certaine. Le lieu d'impact est en soi assez déterminant sur le sort du mouvement.  

La précision d'un spiral en silicium est assez étonnante voire bluffante mais pas question de le raccourcir ou de procéder à un réglage lourd. Ici tout est découpé, usiné et non accessible ou presque à la retouche. La montre est précise dès sa sortie de fabrication, une fois pour toutes. Si on teste deux montres l'une à coté de l'autre, fabriquées toutes deux avec cette technologie du silicium et que l'une dérive un peu par rapport à l'autre, le réglage est quasi inexistant, il faudra changer le spiral en silicium.

Rolex avec intelligence conserve un spiral réglable en alliage Parachrom qui permet la retouche. Beaucoup de maisons n'ont pas opté pour ce type d'interventions et parient sur un réglage constant ce qui est aussi une manière d'abaisser les coûts de fabrication.  L'architecture des mouvements, le choix des trains de rouage et le calcul du rendement du mouvement vont ainsi être optimisés avec le double objectif de donner davantage d'autonomie et de préserver la précision que le ressort de barillet soit ou non en tension maximum. Le défi relativement aisé à relever quand la réserve de marche est de 36 heures est bien plus complexe et délicat quand la réserve est de 3 jours.  On sait sur les calibres 8 jours et plus que la précision décroit lorsque le ressort est à peu près aux deux tiers de sa tension maximum, cette fois l'exigence est qu'il reste précis à tout moment entre le vendredi soir et le lundi matin. Rolex annonce carrément que la montre peut être posée un week-end entier sans altération du réglage.  

On sait que ce type de garantie est difficile à donner. Ainsi sur les chronomètres de marine et les montres de bord de l'Us Navy, un chiffre généralement en rouge rappelait lorsque la moitié de la réserve de marche était atteinte qu'il était temps de remonter la pièce, ce qui conditionnait sa régularité de fonctionnement et donc sa précision. L'objectif était d'alerter l'officier en charge de l'heure à bord, qu'il fallait maintenir la force du ressort la plus constante pour assurer à la pièce une précision optimale. Cette fois le mouvement doit être si peu consommateur d'énergie que la tension du ressort même en fin de course est suffisante pour assurer une régularité de fonctionnement. Cette prouesse est le fruit de beaucoup de recherches. Rolex mentionne pas moins de 14 brevets nouveaux ! On est loin d'une approche "bling bling " de la montre mais on se situe dans un concentré de technologie qui a demandé des années de recherche et de développement.  

ETA qui offre une réserve de marche de 80 heures sur un mouvement très proche de son 2824-2 est dans la même logique industrielle, tout comme Omega ou ceux qui d'une manière plus large se sont fixés les mêmes objectifs.  Comme par hasard, tous les facteurs énoncés précédemment comme susceptibles de perturber la précision sont énumérés dans le texte de présentation par Rolex de son calibre.

Les fabricants doivent moderniser l'architecture de leurs mouvements et il n'y a a dans le cas d'espèce aucun "bricolage" mais des calculs qui conditionnent le bénéfice de l'exercice. On peut objectivement parler de calibres de nouvelle génération.

Mais alors pourquoi Rolex livre ses nouveaux comme ses anciens mouvements avec un réglage -2/+2 ? Pourquoi ne pas l'avoir fait avant ?  

Effectivement, une question se pose si un calibre 3135 peut aujourd'hui être livré avec un réglage -2/+2 secondes par jours, pourquoi l'avoir livré avant avec un réglage type COSC à -4/+6 secondes ? La réponse est forcément évasive quelque part entre "Parce qu'au plan industriel, nous n'étions pas encore en mesure d'apporter cette garantie" et " Nous avons fait évoluer nos process de réglage" … Bref, avant on ne pouvait pas et maintenant, on peut !  La réponse n'est évidemment pas satisfaisante mais elle démontre que le temps de réglage est fondamental dans la précision de la montre. Sans doute le réglage aujourd'hui mobilise-t-il plus de ressources qu'antérieurement mais surtout, il démontre que le seul véritable apport de la nouvelle génération de calibres est dans son barillet et l'allongement de la réserve de marche. Le temps déterminera si les montres sportives, les baroudeuses s'accommodent facilement de barillets plus fins.


La saga de la précision - Episode 7 : Le train de rouages sifflera trois fois Rolex-10

C'est là que l'horloger expert intervient et reprend des mouvements des années 70, 60 voire 50... Ces calibres bien révisés et réglés sont capables pratiquement des mêmes prouesses en matière de précision que ceux d'aujourd'hui. Il n'est pas rare qu'une Omega des années 1970 soit capable d'une dérive d'une seconde par jour. Ces vieux calibres de manufacture étaient de véritables Formule 1 de la précision. Ils étaient devenus presque aussi bons que les calibres de poche à haut grade du début du 20ème siècle… Le calibre 1500 d'une Air King Rolex des années 1970 peut se régler s'il n'est pas usé à la seconde et la montre à l'époque n'était pas un chronomètre !  

Alors ? Ces mouvements d'aujourd'hui ultra-précis sont-ils uniquement un argument marketing ?

A cette question, on ne peut répondre ni oui, ni non.  En effet, ces calibres modernes renferment bien un supplément de technologie mais on leur a aussi rendu du temps de préparation, du temps de réglage que l'on consacrait autrefois plus facilement lors de la fabrication des mouvements. L'argument marketing s'accompagne donc d'un effort qui, pour ce qui concerne la précision de la montre, est du temps de réglage et de contrôle et de la technologie pour usiner des pièces qui donnent un point de départ du contrôle d'un niveau élevé. Autrement dit, on fait en sorte qu'en sortie de fabrication, la retouche du réglage reste exceptionnelle. Le plus technologique est donc dans la fabrication qui permet immédiatement de produire des calibres dans la norme réduite de 4 secondes autour de zéro.  On fabrique donc mieux mais avec un résultat de précision qui est en tous points comparable à celle de l'époque où l'on fabriquait un peu moins bien mais avec plus de temps de retouche des mouvements. La précision est donc un enjeu industriel qui va directement influencer un discours marketing et disons-le la satisfaction du client qui a une montre mécanique qui est un véritable chronomètre de haute qualité.  Cependant l'amateur de vintage retrouvera le même plaisir avec un peu d'huile et de savoir faire.
Evidemment, la montre est différente mais celui qui regarde avant tout la précision pourra trouver chaussure à son pied à moindre frais.

On pourrait au-delà des calibres évoquer les huiles qui ont beaucoup évolué ces dernières années mais l'impact immédiat est davantage mesurable sur l'asséchement de celles-ci et la durée de l'intervalle entre deux révisions que sur la précision. Aucune étude sérieuse n'a démontré pour un calibre fraichement lubrifié avec les bonnes huiles traditionnelles et les huiles technologique modernes, un apport significatif de précision.



Tout ça pour ça ?


La saga de la précision - Episode 7 : Le train de rouages sifflera trois fois 29100810


La réalité des fabricants est moins porteuse de rêve que leur marketing mais qu'achète le client d'une montre neuve ? Un rêve, un statut social, un instrument de précision ou un bijou ? Le prix qu'il paie est celui de son envie. Comme la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a, le fabricant d'une montre est limité par les lois de la physique et n'a qu'une très faible influence sur celles-ci…


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MessageSujet: Re: La saga de la précision - Episode 7 : Le train de rouages sifflera trois fois   La saga de la précision - Episode 7 : Le train de rouages sifflera trois fois EmptyLun 13 Aoû - 2:21

Tu a raison de l'évoqué, quand Rolex ont commencé à monter le 3235 dans la plus part des montres avec date, ce fut l'extase. J'ai demandé sur le forum ad hoc, ce qu' il apporterait de plus en précision, fiabilité et longévité que l'inaltérable prédécesseur 3135...Mais personne ne m'a répondu, question trop conne peut etre…
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MessageSujet: Re: La saga de la précision - Episode 7 : Le train de rouages sifflera trois fois   La saga de la précision - Episode 7 : Le train de rouages sifflera trois fois EmptyLun 13 Aoû - 2:36

Cela fait partie du mystère ou en tous les cas de la partie pour laquelle les questions de bon sens sont plutôt mal appréciées.

Ou bien ces -2/+2 sont le fruit du réglage et la technologie n'offre pas de précision supplémentaire
ou bien, c'est une question technologique et Rolex a intégré la nouvelle technologie sans le dire à ses modèles anciens encore commercialisés mais on parvient à ce réglage et mieux depuis plus de 25 ans.
Ou bien, c'est un discours marketing et ce n'est pas l'apport essentiel du nouveau calibre ...

Personne n'a soulevé semble-t-il ce banc de questions ...

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