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 Interview de Pierre-Yves Soguel Directeur du COSC.

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ZEN
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MessageSujet: Interview de Pierre-Yves Soguel Directeur du COSC.   Ven 21 Sep - 2:42

Les interviews exclusives


Proposées par Joël Jidet




Pierre-Yves Soguel

Directeur du COSC



Le Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres plus connu sous son abréviation COSC est une association sans but lucratif fondée en 1973 par cinq cantons horlogers (Berne, Genève, Neuchâtel, Soleure et Vaud) ainsi que par la Fédération de l'industrie horlogère suisse. Il regroupe des laboratoires qui avaient été établis indépendamment les uns des autres dès la fin du 19ème siècle.
Pierre-Yves Soguel, directeur de cet organisme certificateur de nos chronomètres a bien voulu ouvrir ses portes et répondre en toute transparence aux questions que soulève le COSC et qui trouvent rarement réponse dans la presse.




Quels sont aujourd’hui les modes de financement du COSC et quel est le budget annuel de l’association ?

Le COSC est, aux termes du Code Civil suisse, une association sans but lucratif.
Son fonctionnement est intégralement auto-financé par ses activités, à savoir les prestations de service qu’il facture à ses clients. Il ne fait l’objet d’aucune subvention.
Son budget annuel n’est pas publié, cependant, c’est chaque année environ 1 million de francs suisses qui est investi pour l’amélioration de ses équipements, à quoi s’ajoutent les frais de fonctionnement. Près de 100 personnes y oeuvrent.


Comment est composé le conseil d’administration du COSC ?

Le conseil d’administration est composé de 8 membres :

• Le Président et le vice-président, qui doivent impérativement ne pas être issus des milieux horlogers.
• 3 représentants des administrations publiques représentant les autorités de surveillance des 3 BO (bureaux d’observation, nom donné aux 3 laboratoires de Bienne, Genève et Le Locle).
• 3 représentants des milieux horlogers, délégués par la Fédération de l’Industrie Horlogère Suisse, FH. Ces 3 membres ne représentent pas une marque, mais bien l’ensemble de l’industrie.

Le conseil d’administration est nommé par l’Assemblée générale.
Celle-ci regroupe 19 membres nommés pour 4 ans, qui sont choisis de la manière suivante:

a) Les cantons membres (fondateurs) proposent chacun 2 délégués et 2 suppléants.
Les délégués et suppléants sont choisis en dehors des milieux déposants industriels et, dans la mesure du possible, un au moins est issu d'un établissement d'enseignement de l'horlogerie ou de la microtechnique.
b) La Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH) propose 7 délégués et 7 suppléants choisis parmi les déposants, ainsi qu'un délégué choisi en dehors de ces milieux.
c) Un délégué choisi en raison de ses compétences personnelles est proposé par le Conseil d'administration.
d) Sur proposition du CA, le président et le vice-président, indépendants des milieux horlogers et choisis hors des délégués selon pts a) à c) ci-devant, sont élus par l'Assemblée générale.

Toutes ces nominations sont soumises au vote de l'Assemblée générale.


Le COSC est réputé être indépendant des marques et pourtant on retrouve dans son conseil d’administration des représentants de Rolex, Omega ou Breitling . Comment dans ces conditions garantir l’indépendance de l’association ?

Selon les structures décrites ci-avant, les représentants des marques agissent en tant que délégués de la FH, et non de l’entreprise qui les emploie. Ils expriment les besoins de l’industrie horlogère suisse, et non de telle ou telle marque.
Par ailleurs, toutes les décisions sont soumises à l’Assemblée générale, au sein de laquelle les collectivités publiques sont majoritaires, dans le but de garantir l’indépendance, la neutralité et l’officialité du COSC.


De quels moyens en locaux et équipements disposez-vous ?

Le COSC représente les 3 laboratoires (les BO) situés à Bienne, Genève et Le Locle, dont les activités générales sont l’observation chronométrique et l’établissement de certificats de chronomètre en tant que services pour des tiers.
Tous trois sont, selon la norme ISO 17025, accrédités SCS (Swiss Calibration Service) par le SAS, Service d’accréditation suisse. Cette autorité fédérale suisse est seule habilitée à décerner cette accréditation, sur la base d’audits. Le COSC a dû établir à cet effet un Manuel de qualité et se doit d’en respecter les termes.


Très largement automatisés, ces laboratoires disposent d’équipements de mesure spécifiquement développés par le COSC pour satisfaire aux besoins de précision, de traçabilité des résultats et des conditions de mesure, et de productivité.
A ces fins, des équipements de relevé d’états, exploitant des systèmes de vision industrielle, des serveurs de temps basés sur des horloges atomiques, ainsi que des machines à remonter ont été créés et mis en place.
Les locaux sont aménagés en salle propres.




Combien de montres sont présentées au COSC chaque année et quel est le taux d’échec lors des mesures ?

Depuis 2001, la barre du million de mouvements contrôlés par an a été franchie.
En 2006, année record, 1'300'140 mouvements se sont vu décerner le certificat officiel de chronomètre.
Le taux moyen d’échec est inférieur à 4%.


L’observatoire de Besançon délivre des bulletins de marche et va en 2008 augmenter sa capacité à délivrer des certificats de chronomètres. Peut-on considérer que cet observatoire entre en concurrence avec le COSC ?

A notre connaissance, les moyens mis en œuvre actuellement par cet observatoire ne permettent pas de satisfaire à une production industrielle de volume comparable à celle traitée par le COSC.
Si le titre délivré par l’observatoire de Besançon se réfère à la norme ISO 3159 et la respecte, il a même valeur que celui délivré par le COSC. Les méthodes de mesure et les tarifs appliqués à Besançon ne nous sont pas connus.
Le COSC n’étant habilité à contrôler que des mouvements respectant les critères de l’appellation « Swiss Made », il est logique que d’autres laboratoires se développent en dehors de la Suisse. Cela peut, à terme, devenir une concurrence.
S’agissant de métrologie, je pense que des échanges scientifiques, voire des tests de comparaison entre laboratoires pourraient être fructueux. Nous sommes un service à la cause de la précision horlogère.


Les montres présentées au COSC représentent je crois moins de 3% de la production suisse. Comment expliquez vous que certains fabricants dont Fleurier par exemple, préfèrent des bulletins délivrés après des contrôles répartis sur un temps de marche de la montre et des épreuves propres à un « label » plutôt que de faire transiter leurs montres par le COSC ?

La situation de la production horlogère suisse peut se résumer ainsi :
• Mouvements à quartz non certifiés, environ 72%.
• Mouvements mécaniques non certifiés, environ 23 %
• Mouvements mécaniques certifiés « chronomètre », environ 5%.
• Mouvements à quartz certifiés « chronomètre », environ 0.2%

La certification des mouvements « chronomètre » découle d’une démarche volontaire des marques, qui prend en compte des critères d’image et de marketing, ainsi que des critères économiques et techniques.
Si le COSC ouvre ses portes à toutes les marques déposées fabriquant des mouvements « Swiss Made », il ne représente en aucun cas un passage obligé. Toutefois, seuls les mouvements certifiés (par le COSC ou toute autre instance officiellement reconnue) peuvent prétendre s’appeler « chronomètre ».

Lorsque vous citez Fleurier, il ne s’agit pas d’une marque, mais d’un label de qualité proposé par une fondation basée à Fleurier. Les montres arborant ce label ont subi une impressionnante batterie de tests, incluant des tests de fiabilité et de résistance aux contraintes du porter.
Il existe une étroite collaboration entre la Fondation Qualité Fleurier et le COSC, puisque chaque montre vendue sous ce prestigieux label est équipée d’un mouvement qui a été certifié « chronomètre » par le COSC.

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MessageSujet: Re: Interview de Pierre-Yves Soguel Directeur du COSC.   Ven 21 Sep - 2:43

Quel est le délai entre le moment où une montre rentre au COSC et celui où elle en ressort après avoir été testée ?

La norme ISO 3159 définit 16 jours consécutifs d’épreuves.
En principe, si tout se passe bien et qu’aucune mesure ne doit être répétée pour confirmation, ou parce que les conditions d’épreuves n’ont pu être respectées, les mouvements sont restitués avec les résultats, au maximum 21 jours après leur réception par le BO. Ceci est vrai dans plus de 99% des cas.
Il est à noter que les BO travaillent 7 jours sur 7, 50 semaines par an.


Pouvez-vous nous décrire les tests réalisés par le COSC ?

Une confusion existe, même dans les milieux non techniques de l'horlogerie, quant à la terminologie.
Le terme chronomètre est souvent attribué, à tort, à des instruments horaires munis d'un mécanisme additionnel activé par des boutons-poussoirs et permettant de mesurer la durée d'un événement.
Un tel instrument est un chronographe ou chronoscope. Il peut évidemment, pour autant qu'il satisfasse aux critères de la norme, porter le titre de chronomètre.
La norme ISO 3159 donne la définition du chronomètre-bracelet à oscillateur balancier-spiral.
Le COSC a encore ajouté, dans son règlement technique, une condition supplémentaire, l'affichage permanent de la seconde.
On définira donc le chronomètre ainsi:

Un chronomètre est une montre de haute précision, capable d’afficher la seconde, dont le mouvement a été testé durant plusieurs jours dans différentes positions et à différentes températures, par un organisme officiel neutre.
Les mouvements qui alors satisfont aux critères de précision édictés par la norme ISO 3159 reçoivent un certificat officiel de chronomètre.


Chaque chronomètre est unique, identifié par un numéro gravé sur son mouvement et un numéro de certificat délivré par le COSC. Chaque mouvement est contrôlé individuellement durant 16 jours d’épreuves, dans 5 positions et à 3 températures, comme le montre la figure ci-dessous.



Chaque jour, samedi et dimanche compris, les mouvements sont mesurés et remontés.
La mesure en elle-même est la détermination d’un « état », à savoir l’écart, en plus ou en moins, entre l’heure affichée par l’instrument horaire contrôlé et un temps de référence délivré par un serveur de temps composé de deux horloges atomiques au rubidium, dont la dérive est plus petite que 1 seconde en 300 ans.
La différence entre 2 états consécutifs, normée à exactement 24 heures, permet d’exprimer une marche diurne observée.
Ces marches diurnes permettent ensuite de calculer les 7 critères fixés par la norme.

Si, et seulement si, les 7 critères sont atteints, le mouvement est certifié "chronomètre".
Le tableau ci-dessous résume ces critères et leurs tolérances exprimées en seconde par jour (s/d):






Un mouvement peut-il être altéré lors des épreuves qu’il subit ?

Les épreuves en elles-même ne peuvent pas altérer le bon fonctionnement des mouvements qui ne sont soumis à aucune contrainte mécanique (chocs, accélérations angulaires,…). Le dernier des 7 critères, « reprise de marche », sert précisément à vérifier que la marche du 15ème jour en position 6H est comparable aux marches des jours 1 et 2, dans la même position. Ceci garantit que le fonctionnement du mouvement n’a pas été altéré par les contrôles.

Comme dans tout processus industriel, un accident est parfois inévitable (pièces renversées, tige de remontoir cassée, etc.). Dans ces cas, extrêmement rares, le fait est systématiquement signalé au fabricant, selon l’engagement pris au travers du système de qualité qui préside aux activités des laboratoires. Ce mouvement n’est pas certifié et le fabricant devra le contrôler et le soumettre à nouveau (sans frais).



Tous ces tests sont-ils réalisés dans vos locaux ou y a-t-il des antennes installées auprès de certains fabricants au regard des volumes de montres à déplacer ?

Les contrôles sont exclusivement réalisés dans les BO, il n’existe pas d’antenne locale chez les fabricants. Ces derniers livrent et reprennent leurs séries de mouvements auprès des laboratoires du COSC.

Quelle est globalement le volumes de montres que le COSC peut traiter simultanément ?

Chaque BO a la capacité de mesurer, remonter et contrôler entre 30'000 et 40'000 mouvements au quotidien. Compte tenu des 16 jours d’observation et des livraisons échelonnées, tout se déroule en flux continu.

A quels fabricants sont ouverts les contrôles ? Un fabricant étranger à la Suisse peut-il vous soumettre des montres ? Un particulier pourrait-il vous soumettre sa montre ?

Pour accéder aux services du COSC, une marque doit être déposée auprès d’un institut national de propriété intellectuelle, c’est la première condition. Ceci élimine donc l’accès aux particuliers.
La marque ne doit pas forcément être suisse, seul le mouvement doit satisfaire aux exigences du « Swiss Made ». Un fabricant étranger, achetant et faisant assembler ses mouvements en Suisse peut donc avoir accès au COSC.


Quels sont les chiffres par marques de montres traitées en 2006 ?

Ces données sont publiées dans le rapport annuel du COSC, dont la diffusion est ciblée. Elles appartiennent aux marques, raison pour laquelle le COSC ne souhaite pas les diffuser directement sur Internet.

Quel prix est facturé aux marques pour le contrôle d’une montre ?

Compte tenu de son caractère d’entreprise à but non lucratif et du haut degré d’automatisation de ses processus, le COSC peut offrir ses prestations à un prix très raisonnable, disons inférieur à CHF 10.- par pièce contrôlée.

Toutefois, il est fondamental de garder à l’esprit que le coût de la certification ne représente qu’une infime proportion du coût d’un chronomètre.
Par analogie à l’obtention d’une licence de pilote de ligne, ce n’est pas le coût de l’examen qui est élevé, mais bien celui des moyens et du temps investis pour le réussir !

Ainsi, la différence de prix de revient entre un mouvement de qualité standard et un chronomètre se situe chez le fabricant et non au COSC.

Le COSC n’apporte pas directement de valeur ajoutée aux mouvements, il se contente de certifier scientifiquement et officiellement que cette valeur ajoutée est présente dans le produit qui lui est soumis.



Le COSC contribue-t-il à des travaux de recherche sur la précision des mouvements et au développement de mouvements ?

Pas directement. Le COSC concentre ses efforts de recherche et développement dans l’amélioration des performances de ses équipements de contrôle et de la précision de ses méthodes de mesure. Sa vocation première est et reste la métrologie dans le domaine du temps.
Toutefois, en testant avec toujours plus de rigueur et de précision les mouvements qui lui sont confiés, il aide indirectement les fabricants à améliorer les performances de leurs produits. Il leur communique les résultats complets des mesures faites, et non uniquement un certificat de conformité.


Quelle évolution voyez-vous pour l’avenir en matière de tests ? Les équipements dont vous disposez sont-ils perfectibles ?

Dans le domaine de la technique, tout est toujours perfectible, que ce soit en terme de précision ou de productivité. Le COSC investit sans cesse une part importante de ses ressources dans l’exploration de nouvelles technologies de mesure et l’amélioration de ses équipements de production. Ce que nous mettons en œuvre aujourd’hui n’aurait pas été imaginable il y a quelques années et notre département R&D exerce une veille technologique permanente.

Avez-vous une opinion sur la qualité globale des montres qui vous sont soumises ? Avez-vous l’impression d’une amélioration au cours des dernières années ou les volumes fabriqués par les marques ont-ils selon vous entraîné un nivellement qualitatif ?

Les nouvelles technologies d’usinage, l’émergence de nouveaux matériaux, les progrès en matière de lubrification, tout aujourd’hui concourt à améliorer la qualité globale des mouvements d’horlogerie. Les volumes augmentent pour satisfaire à la demande croissante des marchés.
Cela nécessite de gros efforts d’industrialisation qui sont profitables à la qualité globale.

En parallèle, les clients finaux deviennent toujours plus exigeants, en matière de performances, de fiabilité, d’esthétique, aussi pour le mouvement lui-même.
L’époque où la marque sur le cadran et l’originalité de l’habillage étaient les principaux critères de choix est bien révolue. L’image se fabrique aussi de l’intérieur.

L’acheteur est devenu mature et connaisseur, du moins dans le créneau des produits qui nous concernent. Il accepte de payer un prix élevé, mais il en veut, à juste titre, pour son argent.

Les fabricants l’ont bien compris, et le développement de produits toujours meilleurs et compliqués est leur réponse concrète à cette attente.



Merci monsieur Soguel d’avoir répondu à ces questions et sachez que nous serons heureux de vous accueillir sur ForumAmontres pour dialoguer avec les amateurs d’horlogerie .

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MessageSujet: Re: Interview de Pierre-Yves Soguel Directeur du COSC.   Ven 21 Sep - 2:47

Les statistiques 2006 du COSC
(Source presse)


+ 10,7% par rappport à 2005 avec 1 300 140 certificats. 56 225 concernent le quartz dont 54 744 pour Breitling.

Le classement :

Rolex 710 752
Omega 257 187
Breitling 182 223
Panerai 46 454
Chopard 23 462
Ulysse Nardin 10 111
Corum 8 189
TAG-Heuer 7 450
Chanel 6 980
Mido 5 722
Porsche Design 3 892
Bulgari 3 698
Ebel 3 516
Montblanc 3 471
Titoni 2 018
Zenith 1 917
Rado 1 805
Eterna 1 706
Sinn 1 596

Les autres marques ont sollicité moins de 1000 certificats .

Le site internet du COSC :

http://www.cosc.ch/

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