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 Actu: Musées horlogers: le temps privatisé

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ZEN
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MessageSujet: Actu: Musées horlogers: le temps privatisé   Actu: Musées horlogers: le temps privatisé EmptyMer 17 Oct - 18:16

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Musées horlogers: le temps privatisé




Une montre du musée Patek Philippe à Genève. Lié à la marque suisse, le musée se veut aussi universel.


• La Suisse romande, berceau de l'horlogerie, voit se multiplier les musées et les galeries.
• Toutes les grandes marques ou presque exposent leur patrimoine. Risque-t-on de se disperser?
• Victime d'un grave cambriolage en 2002, le Musée de Genève pourrait ne pas rouvrir.


Luc Debraine
Jeudi 18 octobre 2007

Chaque jour ou presque, des touristes se rendent au 15 route de Malagnou, à Genève, mais trouvent portes closes. Que le Musée de l'horlogerie et de l'émaillerie fête cet automne les 35 ans de son installation dans la villa Bryn Bella ne change rien à l'affaire. Il est fermé, et risque de l'être longtemps encore. Il risque même de ne jamais rouvrir.

C'est tout au moins la rumeur qui courait l'autre soir lors de la présentation, à l'UBS Corraterie, des concurrents du Grand Prix de l'horlogerie à Genève. Raisons invoquées? Travaux trop onéreux, pas assez d'intérêt du public, des priorités culturelles plus urgentes, et d'autres musées existants qui feront bien l'affaire si celui-ci devait s'arrêter, comme une vieille pendule que l'on déciderait de ne plus réparer.

«Oui, j'ai entendu parler de cette rumeur, regrette Estelle Fallet, la directrice du Musée de l'horlogerie de Genève. Elle a déstabilisé mes collègues. Mais je n'y crois pas. J'ai le soutien des autorités, et celui de nombreux partenaires». Autorités? Du côté du Département genevois de la culture, on note que le projet de travaux qui aboutiraient à terme à la réouverture du musée est en «stand-by». «Le problème est que le coût actuel de ce projet est bien plus élevé que celui prévu dans le plan d'investissement. Nous l'avons donc mis en attente», note une représentante du département.

Cette malheureuse situation a une cause: le spectaculaire casse de novembre 2002. Au petit matin, après avoir défoncé la porte d'entrée du Musée de l'horlogerie, des cambrioleurs ont emporté 177 pièces de grande valeur (dix millions de francs au total). Seule l'une d'entre elles a été retrouvée, chez un antiquaire anglais. Ce n'était pas la première fois que le musée était victime d'un vol. La question de sécurité posait à l'évidence problème. Il est resté fermé depuis lors.

«A l'époque, poursuit Estelle Fallet, on avait estimé un budget à la louche pour la création d'une extension souterraine. Il y en avait pour 5 ou 6 millions. Mais nous n'avions pas pensé à la rénovation légère du musée lui-même, désormais indispensable. Avec les exigences actuelles en matière de sécurité, le budget est désormais de dix millions.»

Mais la procédure en est encore au stade de l'avant-projet. Elle est toujours en quête de validation. Or rien ne vient. Autant dire que l'espoir de rouvrir la belle villa en 2009, comme initialement prévu, est enterré. «Avec les étapes administratives, les appels d'offres et le chantier lui-même, notre horizon d'ouverture se situe désormais en 2010, voire 2011.»

«Cette situation est scandaleuse, tonne Arnaud Tellier, le directeur du Musée Patek Philippe à Genève. Cet attentisme politique est une injure faite à des efforts patrimoniaux et muséaux entrepris depuis plus de 100 ans. C'est se moquer du travail historique de la Société des arts, et d'une collection d'horlogerie et d'émaillerie toujours extrêmement riche malgré le cambriolage de 2002.»

Même son de cloche dans le bureau de Cäsar Menz, directeur des Musées genevois d'art et d'histoire: «Certes, 176 pièces horlogères manquent à l'inventaire. Mais les collections de ce musée comptent 30000 objets. Elles sont immenses. Et elles appartiennent à la mémoire collective. D'autre part, avec les dix millions des assurances, nous avons pu procéder à de nouvelles acquisitions spectaculaires. Comme cette pendule à éléphants réalisée en deux exemplaires à Londres pour la Cité interdite de Pékin. L'une d'entre elle nous manquait. Nous avons heureusement trouvé l'autre. Et nous ne sommes pas seuls: nous avons le plein soutien des marques horlogères, et celui de milieux privés. Je reste confiant en l'avenir. Nous sommes dans un travail de procédures qui prend du temps, mais qui est normal».

Mais pendant tout ce temps, la situation horlogère de Genève et de la Suisse romande évolue. Les affaires n'ont jamais été aussi florissantes dans l'horlogerie de luxe. Conscients que leur passé est un fort atout identitaire, donc commercial, les marques capitalisent beaucoup sur leur histoire. Elles ouvrent des musées privés les uns après les autres. Voilà quelques jours, Jaeger-LeCoultre inaugurait son propre espace au Sentier. Quelques mois auparavant, Chopard présentait son musée de Fleurier, Audemars Piguet rouvrait le sien après rénovation (Lire ci-contre). La récente Cité du Temps du groupe Swatch, sur le pont de la Machine à Genève, présente des expositions historiques.

L'existence même du grand musée privé Patek Philippe en plein centre de Genève fait réfléchir un spécialiste comme Dominique Féchon, responsable des expositions et des contenus éditoriaux au sein de la Fondation de la haute horlogerie: «Est-il pertinent d'avoir deux grands musées de l'horlogerie dans une ville aussi petite que Genève, sachant en plus que ce genre d'institution n'attire pas des foules de visiteurs? Le musée Patek Philippe montre l'histoire de sa propre marque. Mais il dédie aussi un important espace à l'histoire de l'horlogerie en général, avec des pièces d'autres manufactures, par exemple des pièces exceptionnelles de Breguet, ainsi qu'une belle collection d'émaux. Pour moi, c'est suffisant. Surtout que si un passionné désire aller plus en profondeur dans l'histoire complexe de l'horlogerie, il peut désormais tout apprendre sur Internet. C'est ainsi: le Web se substitue de plus en plus à l'ancien modèle culturel des musées.»

«Il faut toutefois souligner que les musées horlogers privés sont avant tout des outils de marketing, poursuit Dominique Féchon. L'histoire horlogère y est parfois tronquée, partielle, partiale. A les visiter, on a l'impression que chaque manufacture a inventé la montre la plus plate, la plus petite, la plus complexe du monde. C'est une vraie limite.»

«C'est plutôt une complémentarité nécessaire et souhaitable avec des musées comme le nôtre, remarque Ludwig Oechslin, le directeur du Musée international de l'horlogerie à La Chaux-de-Fonds. Bien sûr que ces musées privés sont des instruments de marketing. Mais qui peut prétendre à la vérité historique en matière d'horlogerie? C'est un domaine si difficile. La moindre affirmation peut être contrée par un autre argument.»

«Je dirais que les responsabilités entre un musée public et un musée privé ne sont pas les mêmes, conclut Estelle Fallet, la directrice du Musée de l'horlogerie à Malagnou. Nous devons sauvegarder un patrimoine industriel inaliénable avec les compétences scientifiques qui sont les nôtres. Nos missions sont de conserver, restaurer, inventorier, mettre sur pied des expositions temporaires. C'est une lourde responsabilité. Mais elle est indispensable.»



Mon musée, ma galerie, mon espace...
Préoccupation légitime des marques: gérer leur patrimoine.
Bastien Buss
De nombreuses marques horlogères veulent glorifier leur passé, mettre en valeur le présent tout en préparant l'avenir. Dernier projet en date, Jaeger-LeCoultre a inauguré il y a peu et en grande pompe sa Galerie du patrimoine. Consacrée à l'histoire de l'horlogerie, elle est située dans l'atelier original d'Antoine LeCoultre, le fondateur de la manufacture sise au Sentier (VD). Ce lieu expose plus de 300 pièces historiques - garde-temps et mouvements de la collection Jaeger-LeCoultre. A côté d'une surface de 220m2 d'exposition permanente et 80m2 d'exposition temporaire, un espace sera encore dévolu aux collectionneurs privés. Soit un total de 400m2. La société, qui appartient au groupe Richemont, n'a pas dévoilé le montant investi. En raison du cambriolage dont la marque a été victime récemment, la Galerie du patrimoine n'est pas ouverte aux visites de particuliers.

Du côté de TAG Heuer, les travaux se poursuivent. L'inauguration du musée à La Chaux-de-Fonds devrait intervenir courant janvier 2008. La marque, en mains de LVMH, promet un concept novateur. Une scénographie particulière mettra l'accent sur l'héritage horloger de TAG Heuer et ses liens avec le monde du sport, automobile en particulier. Pour sa part, Zenith finalise son espace d'exposition. Il allie œuvres d'art et créations de la marque locloise. Zenith propose aussi un parcours initiatique au sein de sa manufacture.

Enfin, Montblanc va investir un montant substantiel en 2007 et 2008 pour la rénovation du bâtiment du fabricant de mouvements Minerva sis au Villeret (BE). Les travaux débuteront en octobre 2007. La manufacture et «L'Institut Minerva de recherche en haute horlogerie» ouvriront leurs portes en automne 2008, pour le 150e anniversaire de la société en mains du groupe Richemont. Il n'est pas exclu qu'un petit espace d'exposition voie le jour.

Horloger original et indépendant, François-Paul Journe prend le contre-pied de la profession. Il vient d'inaugurer dans ses locaux à Genève une exposition (Steel Time) consacrée à une collection de 230 montres de gousset anciennes en acier. Mais aucune de sa propre marque. Elles n'en ont pas moins inspiré bon nombre de maisons horlogères depuis le XIXe siècle. «Il faut rendre à César ce qui appartient à César», selon l'horloger français. Cette exposition est ouverte au public jusqu'au 21 décembre.

Parmi les absences remarquées de ce catalogue, Rolex. La plus grande marque suisse en termes de chiffre d'affaires ne dispose pas d'espace de ce genre. «A juste titre d'ailleurs. Pourquoi en aurions-nous un?» lance, un brin provocatrice, Dominique Tadion, porte-parole de la marque à la couronne. Au-delà de la boutade, Rolex possède tout de même une collection, celle de Wilsdorf, du nom du créateur de la société, mais elle n'est pas ouverte au public. D'autres horlogers, s'ils n'ont pas non plus un musée stricto sensu, ont installé un espace d'exposition-vente dans une de leurs boutiques, voire dans leur manufacture, comme Vacheron Constantin, IWC ou Breguet, parmi d'autres.




Les marques se mettent en scène
Bastien Buss
• Le Musée Girard-Perregaux, à La Chaux-de-Fonds, est ouvert au public sur rendez-vous (032/911 33 33). La Villa Marguerite, qui l'accueille, est située à proximité immédiate de la manufacture. Depuis 1999, on peut y observer une sélection de montres anciennes illustrant l'histoire de l'horlogerie en général, dans son évolution technologique et esthétique, et celle de la marque en particulier. Le musée a été victime cette année d'un cambriolage. Toutes les pièces ont été retrouvées (http://www.girard-perregaux...).

• Sans conteste, le Musée Patek Philippe à Genève est le plus complet et le plus étoffé. Il couvre l'ensemble de l'histoire horlogère. Cet espace propose deux collections: une liée à des montres historiques et une consacrée au patrimoine Patek Philippe. Le musée offre sur quatre étages d'importantes collections d'art horloger, d'émaux, d'automates à musique et de portraits en miniature d'origine genevoise, suisse et européenne, datant du XVIe au XIXe siècle. Heures d'ouverture: du mardi au vendredi de 14h00 à 18h00. Le samedi de 10h00 à 18h00. Renseignements: 022/807 09 10 ou http://www.patekmuseum.com.

• Audemars Piguet a entièrement rénové son musée du Brassus (VD), dans la vallée de Joux, en 2004 et il a rouvert ses portes début 2005. Au total, il est composé de neuf salles à thème. Environ 200 montres de la marque indépendante sont exposées, pour une collection de quelque 600 modèles, qui est régulièrement enrichie. Le musée est ouvert au public, sur rendez-vous (021/845 14 00).

• Le pont de la Machine à Genève s'appelle désormais la Cité du Temps. Swatch Group en a fait un lieu où se mêlent le passé, le présent et le futur au travers d'expositions dédiées à l'univers du temps. Au second étage, une exposition permanente est consacrée aux montres Swatch. Le pont de la Machine accueille aussi des expositions temporaires dédiées aux marques du numéro un mondial de l'horlogerie (022/818 39 00. http://www.citedutemps.com).

• A noter qu'Omega (visite uniquement sur rendez-vous) dispose de son propre musée à Bienne. Idem pour Longines à Saint-Imier (durant les heures d'ouverture de l'entreprise et sur rendez-vous).

• Bâtie en 1908, la Villa JeanRichard, du nom de la marque éponyme, compte parmi les joyaux architecturaux de La Chaux-de-Fonds. Elle abrite un musée, présentant une collection de machines et d'outils horlogers couvrant les trois siècles d'histoire qui nous séparent de Daniel JeanRichard, pionnier de l'horlogerie dans les Montagnes neuchâteloises. Visite sur rendez-vous uniquement (032/911 36 36).



Portes ouvertes
Le Temps
Candidats à l'inscription au répertoire de l'Unesco, La Chaux-de-Fonds et Le Locle organisent le 3 novembre une Journée du patrimoine horloger. Une quinzaine d'entreprises ont accepté d'ouvrir leurs portes au public à cette occasion. Ebel, Girard-Perregaux, Corum, Montblanc, Tissot et Ulysse Nardin ont accepté d'y participer. Plusieurs sociétés de sous-traitance ouvriront également leurs portes le samedi 3 novembre. Le public pourra ainsi se renseigner sur la fabrication d'outils pour l'horlogerie, l'usinage robotisé, le sertissage haut de gamme, la conception de mouvements à haute complication, l'étampage de boîtiers, etc. Le Musée international d'horlogerie (MIH), le Musée paysan (consacré aux paysans-horlogers), le Musée JeanRichard, ainsi que le Musée d'horlogerie du château des Monts, au Locle, proposeront des visites guidées.


http://www.letemps.ch/template/tempsFort.asp?page=3&article=217288

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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).
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