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 Exclusif ! L'histoire de la montre sur Forumamontres

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ZEN
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MessageSujet: Exclusif ! L'histoire de la montre sur Forumamontres   Mer 8 Mar - 20:09

C'est sur forumamontres que Joseph Flores a choisi de nous raconter l'histoire de la montre.

5 siècles d'histoire

A suivre sur notre forum sous la plume de Jojo


C'est ici !




Bonne lecture

_________________
Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).


Dernière édition par le Sam 25 Mar - 21:52, édité 3 fois
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https://sites.google.com/site/hourconquest/
jojo
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MessageSujet: histoire de la montre   Lun 13 Mar - 18:29

L'HISTOIRE DE LA MONTRE


Par Joseph FLORES



PRÉSENTATION


Je débute ici une histoire que j'envisage de vous diffuser en plusieurs actes, car 5 siècles d'histoire ne se racontent pas d'un trait. Si ça peut paraître prétentieux de vouloir retracer cette magnifique et longue histoire, je le fais néanmoins avec ce que près de 50 années de passion pour cet Art qu'est l'horlogerie m'ont apporté.
Bien évidement les amis qui trouveraient des erreurs, des lacunes se chargeront bien de rectifier ou de donner leur version ? Ou plus simplement de poser des questions auxquelles je tenterai de répondre.
Il faut d'abord définir ce qu'est une montre, et donner ce qui peut la caractériser par rapport aux autres objets destinés à mesurer le temps.
Les différences que je vais donner, si elles ne sont de nos jours bien marquées, étaient à l'origine des éléments indispensables.
Il faut remonter le temps d'environ 5 siècles pour trouver ce que nous nommons des montres, et nous sommes donc au début du XVIe siècle, voire à la fin du XVe.
Jusque là il existaient des horloges depuis plusieurs siècles et ces horloges fonctionnaient avec comme source d’énergie, des POIDS et comme système régulateur, le FOLIOT, simple barre horizontale placée sur l’axe d’échappement qui pivotait à sa partie inférieure, mais était suspendu à la supérieure.
Ces deux éléments, poids et foliot suspendu, entraînaient une exigence, celle de maintenir l’horloge dans une position verticale et c’est là que se trouve la différence, car la montre fonctionne dans toute les positions, mais il fallait justement pour y parvenir modifier les 2 éléments cités. Ce sont ces 2 modifications qui ont caractérisées la montre à ses débuts.
L’énergie des poids fut remplacée par un ressort enroulé logé dans une « boîte » le barillet, qui se vit, par obligation, associé à la fusée afin de transmettre une énergie des plus constante possible, ce qui était le cas des poids. Barillet et fusée étaient reliés par une cordelette en boyau et ensuite par une chaînette (je place ci-dessous ce couple barillet/fusée source d’énergie des montres)
Mais le foliot suspendu empêchait toujours la possibilité de placer la pièce dans toutes les positions et pour le permettre on remplaça sa suspension par un pivotement du l’axe supérieur. Ce fut la naissance du COQ. Cette pièce, dont l’appellation reste mystérieuse mais entre parenthèses je vous donne quand même une explication qui ne vaut que ce qu’elle vaut : Le coq serait nommé ainsi car lors de l’assemblage d’une montre, c’est la pièce qui se positionne en dernier, et la montre fonctionne. Ce serait l’analogie avec le coq sur le clocher de l’église que l’on pose une fois l’église terminée, qui pourrait être à l’origine de cette appellation…
Maintenant je disais que ce coq, pièce visible lorsqu’on ouvre le boîtier de la montre, était toujours très décoré, gravé, ciselé, voir émaillé, je vous en présente ici mais nous en verrons aussi dans les prochains actes
A suivre






Épisode 2 LA NAISSANCE DE LA MONTRE


Nous l’imaginons plus que nous ne pouvons le confirmer la mesure du temps par des moyens mécaniques remonte au début du second millénaire. Durant le premier millénaire ce sont toujours les cadrans solaires, les sabliers, et surtout les clepsydres etc. qui sont utilisés.
Ainsi une des plus ancienne clepsydre qui nous intéresse car elle comporte déjà des rouage, fut celle du mathématicien grec, Ctésibius) qui l’a réalisa 150 avant J.C. (photo)

Puis au second millénaire apparurent les horloges de clochers et ainsi la ville de Sens avait la sienne dès 1160 (Source « les horloges astronomique »de Ungerer). A paris vers 1300 le Palais de justice avait son horloge de laquelle les passants disaient « C’est l’horloge du Palais, elle va comme il lui plait »
Je vous présente en photo un mouvement tel qu’on pouvait les trouver durant les XIVe t XVe siècles et on voit bien son foliot suspendu


Ce ne fut donc que durant le XVe siècle qu’apparut ce qui deviendra la montre. En effet on ne peut imaginer que des horloges de clochers, on passa du jour au lendemain à la montre de gousset…Non, petit à petit les horloges se virent réduire de volume, elles entrèrent dans les appartements en horloge sur pied, puis murale, mais toujours avec des poids et un foliot suspendu.
C’est durant ce XVe que le ressort fit son apparition, déjà fortement utilisé en serrurerie, ce n’était pas un système totalement inconnu  et ainsi apparut fin XVe début XVI de petites horloges de table telles celle présentée, que l’on nomma « Tambourin »


Celui présenté ici date des environs de 1550, il ne porte aucune signature, il fait un peu plus de 50 mm de diamètre. Le boîtier est en laiton mais particulièrement décoré. Il a une petite porte dont nous verrons l’utilité demain lors de l’analyse de son mouvement.


3e épisode 11/3/06 : ANALYSE D’UN MOUVEMENT DE TAMBOURIN DE 1550



Avec l’image ci-dessus  vous pouvez constater la construction de ce genre de mouvement qui fait donc partie de ceux qui pouvaient fonctionner dans toutes les positions, ce qui n’était pas le cas des horloges jusque là.
On le voit bien l’énergie est composée d’un barillet dans lequel est logé un ressort sous forme de lame enroulée en spirale. Ce barillet est relié à la fusée par une corde à boyau, plus tard, environ un siècle cette corde sera remplacé par une chaînette, type chaîne de vélo, comme vous en voyez une ici.
Il faut s’arrêter à la fusée car cette pièce a pratiquement disparue du mécanisme des montres depuis près de deux siècles, sauf dans les chronomètres de marines dans lesquels elle était encore utilisé jusque dans les années 1950.
Mais à quoi servait la fusée ?
L’énergie fournie par une lame de ressort ne peut être constante comme l’était celle d’un poids suspendu, et l’échappement à verge, le seul connu, que je vais vous d’écrire, exigeait de la constance faute de quoi les variations qui étaient déjà conséquentes, l’étaient encore plus.
La fusée est donc une pièce qui rétablit la perte d’intensité d’énergie qu’un ressort donne au fur et à mesure de son désarmage. Pour ce faire il faut comprendre que la fusée n’est qu’un poulie à rayon variable ce qui fait que suivant le principe du levier lorsque le ressort dans le barillet est armé au maximum, la corde tire sur le petit rayon de la fusée, et au fur et à mesure que le ressort se désarme et qu’il perd de la force, la corde tire sur un rayon de plus en plus long ce qui fit que suivant le principe évoqué, ce qui est perdu d’une part est regagné par l’allongement du rayon.
Ensuite ce mouvement comporte 2 roues plus la roue d’échappement dite « à roue de rencontre » ou à verge comme dit précédemment.
Cet échappement est identique à celui qui équipait les horloges, c’est d’ailleurs le seul échappement utilisé pratiquement jusqu’au milieu du XVIIe, date où des recherches commencèrent dans le domaine pour ne plus jamais cesser, puisque de nos jours certains sortent de « nouveaux » échappements.
Don celui à roue de rencontre pourrait dater du début du second millénaire et il est souvent attribué, mais, c’est certainement un peu folklorique, à Gerbert d’Aurillac, pape sous le non de Sylvestre II de 999 à 1000…et quelques…
Un croquis et une photo vous montrent de quoi il s’agit.


 




Cet échappement qui a donc équipé les horloges et les montres durant environ 8 siècles a déjà la particularité de pouvoir faire fonctionner le montres sans le spiral qui sera inventer beaucoup tard, nous y passerons. Il peut faire marcher sans spiral car son principe ne s’appuie que sur deux phases, celle d’impulsion (commune à tous les échappement) et ici une phase de recul.
Si vous parvenez à imaginer l’échappement fonctionnant sur le croquis (facile…) vous voyez que lorsqu’une dent de la roue tombe sur une des palettes de la verge, il se produira alors un recul de la roue, produit par l’énergie cinétique emmagasinée par le foliot lors de l’impulsion, et qu’ensuite l’énergie du ressort reprenant le dessus, la roue repartira dans l’autre sens et glissera sur la palette pour fournir une nouvelle impulsion.
Une différence importante avec tous les autres échappements est à signaler, c’est que dans tous les autres échappement l’angle d’impulsion est toujours identique, ici il varie en fonction de l’angle de recul, c’est la raison principale des variations importantes qu’il procurent s’il n’y avait pas la fusée
Donc pour récapituler ce genre de première « montre » se remonte avec une clef, fonctionne avec un foliot et un échappement à verge, n’a qu’une aiguille et ce sera ainsi durant environ 150 ans sauf une réduction du volume que nous verrons dès le prochain épisode.

4e épisode 12/3/06 : ON RÉDUIT LE VOLUME…


Très rapidement ceux qui avaient la possibilité d’avoir une « montre » sous forme du tambourin présenté à l’épisode précédent, et ils n’étaient sans doute pas très nombreux, voulurent, et la recherche c’est porté tout naturellement dans cette direction, avoir un objet que l’on puisse transporter facilement, qui donne l’heure partout, même sans précision, mais ça faisait sans doute déjà bien d’avoir une montre, et les horlogers commencèrent par diminuer la hauteur des tambourins ce qui donna ceci, photo prise sur le livre de Mme Cardinal « La montre » office du livre, Fribourg et éditions Vilo Paris et qui est connue comme étant la pièce la plus ancienne répertoriée actuellement, puisque signé de Caspar Werner qui fut actif de 1527 à 1557  et qu’elle est datée de 1548. Sa boite est en laiton et ne mesure que 25 mm de hauteur contre 60 environ des tambourins. Le cadran et l’aiguille sont protégés par un couvercle ajouré car le verre à cette époque n’était pas encore utilisé avec facilité. Son mouvement est en fer, échappement à roue de rencontre et foliot droit.



Puis une forme un peu particulière apparue, les montres devinrent ovales, ce qui fait qu’elle sont connues actuellement dans les milieux autorisés suivant la formule consacrée, par le terme « D’œufs de Nuremberg », sans que l’on en connaisse bien la raison car il est certain que ce n’est pas uniquement dans cette localité allemande qu’il s’en est réalisés.
Voici un très bel « œuf », du musée de la Montre à Villers le Lac, comme la quasi-totalité des pièces présentées.







On constate d’abord la très belle boite avec « La Trinité, comme scène représentée sur le couvercle. Le boîtier proprement dit est en cristal de roche et le mouvement est signé « James Vautrollier à Londres ».
Sur ce mouvement, on remarque le coq, qui présente cette fois une exécution particulière de ciselure et de gravure de fleurs et feuilles de fraisiers,  donnant à ce mouvement un charme supérieur, préfigurant tout le travail qui allait être fait sur cette nouvelle pièce : Le Coq, dans les années à venir.
Et enfin le folio qui de droit est devenu annulaire, c’est le balancier de nos montres actuelles, mais sans spiral pour la raison qui a déjà été développé : il n’a que 2 phases de fonctionnement Impulsion et Recul. Dans les échappements à venir le recul sera transformé en repos et une phase de dégagement se indispensable, phase fournie par le spiral.
Ce spiral arrive au prochain épisode


5e épisode 13/3/06 : PREMIÈRE GRANDE « INVENTION »

Le terme « invention » est mis entre parenthèses car il est vrai que d’inventions pures, il n’existent peu, néanmoins certaines avancées, souvent, pratiquement toujours établies sur des essais moins heureux, ont marquées et son restées comme des jalons forts de l’horlogerie.
Il y a déjà 150 ans que la montre existe depuis que ce récit a débuté. Si les montres depuis tous ce temps ont évoluées dans leur aspect depuis la fin du XVIe et toute la seconde moitié du XVII, quelques photos vous le font voir, dans le domaine technique les choses sont restées sans grande évolution jusqu’en 1650 environ. Il ne faut pas penser qu’il ne c’est rien fait, mais simplement que comme dit précédemment ce qui c’est fait (telle l’utilisation de fil de porc pour tenter de réguler les oscillations du folio)  rien de déterminant n’a émerger, mais bien des éléments stagnaient.

 

Le premier de ces éléments sera le spiral de Christiaan Huygens (1629-1695), savant néerlandais considéré comme l’un des premiers représentants de l’esprit scientifique moderne, mais qui suivit quand même un certain nombres de tentative telle celle donnée par Saunier à Martinot consistant en un ressort linéaire fixé sur la platine d’une part et d’autre part sur le balancier.
Voici de quoi il s’agissait sachant que nous sommes là vers les années 1650-1660.
Un petit croquis donné par Saunier nous montre bien de quoi il s’agit, il est suivi d’une réalisation sur une montre signée « Benoît à Chaînes » et qui a été réalisée avant 1660 :



C’est sur ces bases que Huygens annonce en 1675, dans le journal des Savants du 27 février en ces termes : « ...Le secret de l’invention consiste en un ressort tourné en spirale, attaché par son extrémité intérieure à l’arbre du balancier et par son autre extrémité à une pièce qui tient à la platine de l’horloge »Huygens n’étant pas horloger il s’adresse à un horloger parisien, Thuret, horloger de l’observatoire de Paris pour tester son « invention ». Thuret tenta d’ailleurs de s’approprié ce nouveau système qui semblait donné toute satisfaction…il du s’en excuser par la suite.
Voici une montre de Thuret, sans bien sur prétendre que c’est sur celle là qu’il fit ses essais… Puis en dessous son échappement (qui a bien souffert...)ainsi que deux croquis de l'assemblage balancier/spiral, qui il faut le remarquer, se trouve sous le balancier (à droite le croquis de Huygens déposé en 1675)






Demain nous resterons un peu sur cette époque pour présenter quelques réalisations de ce qu’on nomme depuis : des oignons »


6e épisode 13/3/06 : UNE GRANDE EPOQUE DE L’HORLOGERIE FRANÇAISE

Après l’introduction du spiral, les choses en horlogerie ne seront plus jamais comme avant. S’il y en a un qui a fait un petit pas sur la lune pour un grand pas pour l’humanité, Huygens a fait faire un grand pas de géant à l’horlogerie vers la précision, mais il fallait encore assimiler cette nouvelle avancée.
Une première conséquence fut, surtout en France, une augmentation du volume des montres. En effet ajouter un spiral entraîna une augmentation du diamètre du balancier, d’où une augmentation du coq, d’où l’ensemble du mouvement plus volumineux si bien que l’on revint à des pièces qui étaient plus épaisses, atteignant souvent près de 40 mm pour un diamètre pratiquement de 50/55 mm, ce qui en faisait des montre de forme presque ronde, d’où cette nouvelle appellation « d’oignon »
Voici une pièce magnifique construite sur ce format, elle est signée Gaudron à Paris, une famille d’horlogers réputées fin XVIIe début XVIIIe. Pour la petite histoire il faut dire que Huygens, qui eut des ennuis avec Thuret qui avait voulu lui soustraire son « invention » du spiral, c’est tourné vers un de ces Gaudron pour poursuivre ses essais
Vous voyez que la boîte en argent porte sur son fond une scène émaillée un peu particulière puisqu’on y voit un vieillard prenant le sein d’une jeune femme. .Il s’agit d’une légende qui indique, qu’un vieillard emprisonné n’avait droit qu’à les visites de sa fille qui, pour le maintenir en vie, le nourrissait ainsi (la scène représente parfois une fille qui nourrit sa mère)
Le cadran, chiffres romains bleu, une seule aiguille
Puis le mouvement sur lequel le coq domine et en haut de ce mouvement on voit le système de raquetterie.
Enfin le cadran émail, chiffres romains bleu, une seule aiguille
Enfin on voit également sur une des photos que l’intérieur du boîtier est émaillé, ce qu’on nomme « le contre émail »
D’un bleu dominant il représente une maison, avec 2 colonnes et 2 personnages

 

 

Je vous présente une autre pièce de la même époque pour montrer que les décors étaient largement influencés par les nouveautés. Vers 1680 Jean de La Fontaine réalisait un certain nombre de fables toutes bien connues, et bien, un horloger, fit faire une boîte à la gloire d’une de ces fables, « Le renard et la cigogne » ou l’inverse…
Voyez ce travail et nous reviendrons ensuite un peu à la technique  

 

 



Retour à la technique mais sans quitter les oignons, car l’introduction du spiral eut une autre conséquence sur la construction telle qu’elle se faisait depuis l’origine : à savoir que la fusée était indispensable.
Les résultats obtenus avec le spiral allant largement au-delà des espérances, certains horlogers pensèrent que la fusée était devenue inutile et tout simplement ils la supprimèrent. C’est pourquoi on trouve sur le marché des antiquités, néanmoins très rarement, des oignons sans fusée. Les pièces présentées ici sont toutes signées « Lamourette à Marseille ».
Il faut encore ajouter que cette tentative de suppression de la fusée, ne perdura pas car si le spiral avait un effet bénéfique, ce n’était quand même pas suffisant avec l’échappement à roue de rencontre qui exige on le sait, une énergie constante. Ce fut donc un coup d’épée dans l’eau et très vite on revint aux constructions classiques avec fusée, mais cette fois avec aussi le spiral. Comme déjà dit, l’horlogerie avait pris un virage à 180°.
Avec ces vues, tous les détails qu'elles comportent, on constate que les multiples connaissances dont devait faire preuve l'horloger qui était vraiment un  métier à part entière...

 


Au prochain épisode nous entrons dans le XVIIIe, siècle des lumières et en montres ce fut aussi celui des échappements
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MessageSujet: histoire des montres   Mar 14 Mar - 19:39

7e épisode 15/3/06 : UN PEU DE COMPLIQUÉ

Contrairement à ce que j’ai dit hier nous allons rester un peu à cheval sur le XVIIe et le XVIIIe pour vous présenter 2 pièces qui comportent des complications.
La première est une montre astronomique puisqu’elle donne comme indications, en plus des heures, les saisons, les mois, les semaines, les jours, mais aussi les phases de lune et le calendrier lunaire. Elle est signée « Baltazard Faure ».
Tardy en cite qui travaillaient aux environs de 1700, ce qui correspond bien à l’époque de cette pièce.
Le mouvement qui vous est également présenté a un magnifique coq dit « anglais » car il a un talon unique qui suit le bord de la platine, et dans lequel une ouverture est aménagée afin de laisser passer le carré d’armage du ressort
En bas de ce coq, on voit la rosette de réglage, petit disque en argent





La seconde pièce comportant une complication est signée Simon Huvé à Paris diamètre 56 mm pour une épaisseur de 39 mm. Cercle horaire en émail cartouché. Chiffres romains bleus. Disque laiton au centre portant l’index indiquant l’heure d’une part et d’autre part des chiffres arabes, placés à l’envers, pour l’heure du réveil. Aiguille de réveil au centre. 2 Trous d’armage à 4 heures pour le mouvement, à 9 h pour le réveil.
On peut dire sur les dispositifs à réveil qu’il s’agit là d’une des complications les plus ancienne et que de telles réalisations étaient souvent demandées pour l’obtention du titre de Maître.
La finition de cette pièce, la qualité de son exécution, semblent montrer que ce fut le cas pour cette pièce Huvé. D’après Tardy le cadet des Huvé, également un Simon fut nommé Maître en 1717.
1) Vue du cadran
2) Le mouvement
3) Rouage de sonnerie







Demain nous entrerons de plein pieds dans le XVIIIe siècle
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MessageSujet: histoire de la montre   Mer 15 Mar - 18:53

8e épisode 16/3/06 : LE GRAND SIÈCLE DÉBUTE

Le spiral étant admis sans aucun réticence (ça n’a pas été toujours le cas pour les nouveautés en horlogerie…) d’autres avancées pouvaient s’envisager.
C’est donc au tout début de ce siècle que des tentatives pour des échappements nouveaux surviennent.
L’échappement à roue de rencontre, qui jusque là était le seul maître, allait commencer à voir des concurrents, mais il ne se laissa pas impressionner comme ça, car il fut encore utiliser jusqu’en 1850 environ, en parallèle avec de nombreux autres dont quelques-uns vous seront présentés ici.
Il a été dit que l’échappement à roue de rencontre avait une particularité, celle de pouvoir fonctionner sans spiral, grâce à son principe qui ne compte que deux phases : impulsion et recul. Mais il a été dit aussi que ce recul perturbait sérieusement le bon réglage par suite des différences d’intensité d’énergie fournie par le ressort, d’où la fusée indispensable que certains avaient tenté de supprimer, vers 1680/1700, mais sans résultat. Les recherches se portèrent sur un autre principe d’échappement qui allait supprimer le recul mais introduire une 3e phase celle du dégagement, phase qui est produite par l’effet du spiral.
Ce genre d’échappements se nomme : à repos frottant. Il comporte les phases d’impulsion, de repos, de dégagement
Voyons un petit historique de ces premières recherches et quelques exemples:
Il semble que les premiers essais sur ce nouveau type d’échappement soient dus à l’anglais Tompion (1639-1713) vers 1695 aidé par Barlow (1636-1716). Ce principe inédit allait aussi apporter, après le spiral une avancée considérable mais avant il fallait encore que le système soit maîtrisé, ce fut fait dans le premier tiers du XVIIIe siècle.
Très rapidement les frères Debaufre, Sully, les Le Roy Père et fils, et d’autres apportèrent leur pierre pour résoudre le problème.
Voici comme exemple un échappement du à Debaufre, rectifié par Sully sur lequel le principe de fonctionnement peut être assez facilement assimilé.



Sur l’axe du balancier se trouve 2 plateaux D et D’.
Chacun de ces plateaux en entaillé de 2 ouvertures en plan incliné P et P’
La roue d’échappement est placée perpendiculairement à ces plateaux position bien claire sur le croquis
Ainsi on comprend que durant le fonctionnement le balancier oscille et la dent 1 de la roue frotte sur la partie plate du plateau D. C’est une phase dite de dégagement due au spiral, sans le moindre recul de la roue.
La dent 1 se présente au début de l’ouverture P et s’engage sur ce plan incliné : c’est la phase dite d’impulsion.
Elle échappe et tombe sur la partie plate du plateau D’ une phase de repos frottant avec un retour sous l’action du spiral qui sera la phase de dégagement et la dent se présente alors au plan incliné P’ pour échappée alors que la dent 2 tombe sur P pour reprendre le cycle complet : Repos/dégagement/impulsion
Il est clair que ce genre d’échappement ne peut fonctionner sans spiral, rien, sinon ce spiral permettant le dégagement, mais avec une différence importante c’est que l’angle d’impulsion est toujours identique quelle soit l’amplitude, ce qui n’est pas le cas avec l’ancien échappement dans lequel cet angle d’impulsion dépendait de l’angle de recul, variant en fonction de l’énergie.
Une ère nouvelle s’ouvrait alors pour l’horlogerie, et un pas important de plus vers une quête de précision était franchi.
La famille des échappements à repos frottant perdura très nettement durant ce XVIIIe siècle malgré la naissance vers le milieu du siècle des échappements libres que nous étudierons prochainement

Voici un autre échappement, sur une pièce signée Michaud, assez rare, attribué à Julien ou Pierre Le Roy qui montre toute la complexité dans la recherche sans craindre les difficultés d’exécution, L'axe du balancier, ou verge, présente un travail assez étonnant... Le croquis de fonctionnement indique qu'il est identique au précédent, celui de Debaufre







Et un autre sur une pièce signée Cartier, mais l’échappement est attribué à Paul Garnier. Ici, si le principe est absolument identique mais les choses sont inversées dans le sens ou ce sont les dents de la roue qui porte les inclinés pour fournir les impulsions alors que précédemment c’était sur les plateaux de l’axe du balancier. Le résultat est évidemment le même







Histoire dès le début ici :
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MessageSujet: histoire de la montre   Jeu 16 Mar - 8:55

9e épisode 17/3/06 : LE PREMIER GRAND ECHAPPEMENT A REPOS

Nous passons ici à l’échappement à repos frottant le plus célèbre et le plus répandu de tous, je nomme « l’échappement à cylindre
Si parmi vous, sans doute, plusieurs ne connaissaient pas ceux présenter dans le 8e épisode, je suis convaincu que pratiquement tous vous connaissez le cylindre, ou du moins vous en avez entendu parlé.
Cet échappement est né en 1725en Angleterre sous les outils d’un très grand horloger George Graham (1675/1751), qui après une formation d’horloger travailla chez Tompion celui là même à l’origine d’un des tout premiers échappements à repos vu hier. Donc rien d’étonnant que Graham ait suivi le même chemin. nous remarquons ici que les Anglais se taillent un peu la part du lion dans le domaine
Il faut aussi remarquer que si cet échappement date de 1725, comme toute nouvelle invention elle ne fut pas reconnue et surtout pas appliquée tout de suite. Si on rencontre un certain nombre de pièces équipées de cet échappement vers les années 1750, surtout en Angleterre, le soufflé retomba vite et ce ne fut que vers la fin du XVIIIe que les horlogers commencèrent à maîtriser sa fabrication, assez délicate tout comme son adaptation et l’ajustement des différentes fonctions.
Cet échappement fut utilisé durant tout le XIXe débordant sur le XXe, mais dans une horlogerie que l’on peut considérer comme courante car entre temps les échappements libres firent leur apparition et le détrônèrent dans la haute horlogerie.

Voici des croquis sur ce qu’est cet échappement et sur son fonctionnement.
Il est composé d’une roue dont les dents portent les plans d’impulsions (modèle sur la droite et d’un cylindre, simple demi-tube encoché dans lequel les dents trouvent leurs repos intérieurement et extérieurement, et fournissent les impulsions sur la partie du demi-tube que l’on nomme « les lèvres » entrée et sortie. (Modèle sur la droite).
Sur la gauche le cylindre équipé de ses pièces afférentes qui sont : Les tampons, en somme les pivots ; Ici petit avantage lorsqu’un pivot se brise, on ne change que le tampon. Puis la siette sur laquelle le balancier vient se fixer. Enfin la coche permet une amplitude plus grande par le fait que le bras de la roue pénètre dans cette coche.
Les 4 croquis du bas montre le fonctionennement dans 4 phases succissives de son fonctionnement



Nous reviendrons demain sur cet échappement car le temps me manque pour allonger ce soir
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MessageSujet: hitoire de la montre   Ven 17 Mar - 18:49

10e épisode 18/3/06 : L’ÉCHAPPEMENT À CYLINDRE et d'autres...

On ne peut quitter l’échappement à cylindre comme ça eu égard à sa carrière que durant cette première moitié du XVIII, il commençait à peine. En effet bien qu’existant au sens propre du terme avant 1730, encore en 1750, il n’était pas encore parvenu à s’imposer bien que les grands horlogers reconnaissaient que son principe était supérieur au « vieux » l’échappement à roue de rencontre, mais le « vieux tenait bien le coup.
Sur l’avis des grands horlogers on sait par exemple que Julien Le Roy, en 1727, demanda à Graham de lui envoyer un modèle de ce nouvel échappement et que son opinion fut bonne, non sans faire remarquer les sérieuses difficultés de réalisation des deux pièces qui constituent l’échappement : la roue et le cylindre.
Voici en photo ces deux pièces :



Imaginez qu’un roue comme celle là mesure environ 8 mm, et que plus tard on en fit de beaucoup plus petite (la plus petite que j’ai vu mesurait 1 ligne soit moins de 2,5 mm)
Pour la petite histoire voici ce qu’en pensait Jean Antoine Lépine dans son ouvrage « Traité d’horlogerie »
« Cette roue seule est l’ouvrage de trois jours, pour une très habile ouvrier qui ne saurait même jusqu’au dernier moment se promettre qu’un ouvrage si délicat sortira de ses mains sans aucun accident »
Autre point capital qui a découlé des échappements construits sur un principe différent, celui « à repos » contre l’ancien « à recul » fut donc la suppression de la fusée, cette fois pour de bon…
Mais, cela a été dit, ce ne fut néanmoins pas avant pratiquement la fin de ce XVIIIe siècle car entre temps d’autres choses survinrent : l’invention d’autres types d’échappements à repos frottant ?
Par exemple celui dit « DUPLEX » qui connut un succès assez important, mais toujours après une assez longue période de gestation, on retrouve de nombreuses pièces qui en sont équipées, avec des différences nombreuses de conception..

Le premier modèle est attribué à Dutertre 1715-1742 et l’appellation semble vouloir dire « double ». Cela paraît logique lorsque on voit la construction et le fonctionnement d’un de ces types d’échappements.

]

Les fonctions d’un échappement sont ici confiées à deux roues différentes, monter sur le même axe ? Soit coaxiales Nous avons là une démonstration parfaite du principe du levier, qui en fait régit tous les échappements, mais dans une mesure plus ou moins importante.
Ce principe dit que pour transmettre une force avec le meilleur rendement il faut que le levier de puissance soit le plus court possible et qu’il doit agir sur le levier de résistance qui doit être le plus long possible.
Ces leviers dans le cas particulier se trouvent être les dents de la petite roue, dont le rayon est le plus petit et qui agissent sur le long doigt d’impulsion ajusté sur l’axe du balancier
Pour les repos c’est évidemment l’inverse afin que le frottement soit le plus limité possible c’est donc la grande roue dont les dents reposent sur un rouleau placé sur l’axe du balancier, mais dont le diamètre est le plus petit possible.
[IMG]http://i1.tinypic.com/rm41i1.jpg[/IMG



Voici une première modification de l’échappement Duplex due à Pierre Le Roy.
Il n’a pas été dit avec la présentation précédente que la double roue a évidemment un léger inconvénient par le fait que son moment d’inertie est élevé et que, pour la roue d’échappement principalement cela nuit au rendement.
Cette roue comme le restant du rouage, est bloquée et remise en mouvement plusieurs fois par seconde suivant la fréquence de la pièce, son poids est donc un handicap sérieux à cette remise en mouvement.
Le Roy construisit donc une roue simple sur la serge de laquelle il tailla des ergots. Le respect du principe du levier est donc respecté, bien que la différence des leviers soit ici limitée.



A demain
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MessageSujet: Re: Exclusif ! L'histoire de la montre sur Forumamontres   Sam 18 Mar - 19:07

11e épisode 19/3/06 : ENCORE DES ECHAPPEMENTS A REPOS FROTTANT

Ce XVIIIe siècle aura donc vu la naissance de dizaines d’échappements et bien sur il n’est pas possible de le placer ici. Je vous en présente encore quelque uns tout en sachant qu’entre temps une famille d’échappements qui allait bouleverser (encore une fois…) toutes le données de bases vers cette quête de la précision qui, en fait a été et reste le but de toutes ces recherches et améliorations :
La famille des échappements libres qui arriva vers le milieu du XVIIIe ce qui n’empêchait pas, ceux à repos, voire même celui à recul, de perdurer. C’est aussi une particularité de ce siècle : l’horlogerie proposait à ses clients des montres particulièrement variées dans ce domaine des échappements
Voici un exemple avec Breguet qui, même encore en 1800, utilisait encore celui à cylindre pour certains de ses produits. Il faut dire que le grand horloger fut un de ceux qui inventa, testa et améliora bien des échappements et ses célèbres souscriptions en sont un exemple. Mais Breguet qui sans doute n’aimait faire comme les autres…réalisa un échappement à cylindre de son cru.
Il l’utilisa dans ses célèbres montres de souscription dont la particularité est dans le fait que le client commandait, payait sa montre avant sa réalisation, ce qui bien sûr était un gros avantage financier pour Breguet, mais la réputation que le grand horloger parvint à acquérir lui a permis de faire des choses que d’autres horlogers ne pouvaient se permettre
Ces montres sont construites assez simplement avec un barillet placé au centre, une seule aiguille fixée sur une goutte ajustée au tambour de ce barillet, qui fait une révolution en 12 heures.



Quatre remarques sur cette montre
1) L’affichage avec sa seule aiguille, comme un retour au XVIe siècle et
2) La construction particulière du mouvement avec son barillet au centre, une disposition d’ensemble qui lui donne un esthétisme, domaine dans lequel nous savons aussi que Breguet était passé maître.
3) Le coq comporte deux dispositifs, un de sécurité, c’est le pare-chutes, l’autre augmentant les possibilités réglantes, c’est une raquette compensatrice
4) L’échappement présenter maintenant :



[IMG]http://i1.tinypic.com/rrpma8.jpg[/IMG

Le fonctionnement est identique, malgré l’absence de coche il conserve de part sa disposition bien visible sur le croquis, la possibilité d’avoir une amplitude relativement importante sachant que les cylindres ne peuvent pas dépasser les 180° d’amplitude, c’est à dire un tour de cheminement.



Les tuiles de Breguet sont généralement réalisées en saphir blanc.


L’ECHAPPEMENT A VIRGULE

L’échappement dit à virgule fut une invention de Lépine, mais que néanmoins certains attribue à Lepaute…une preuve de plus que l’histoire horlogère n’est pas simple, mais en fait plus que l’auteur, qui mérite toutefois notre admiration, notre respect, et nos remerciements, c’est plus le concept qui nous intéresse aujourd’hui.
C’est toujours un échappement à repos frottant, la roue restant absolument stable durant l’arc d’oscillation supplémentaire. Par contre, il comporte des impulsions qui sont d’intensité différente, la virgule étant construite avec une grande levée, celle de sortie et une petite levée à l’entrée. Les croquis sont là pour vous montrer ces subtilités



Fonctionnement : Au départ d’une alternance, le balancier étant à l’une de ses positions extrêmes, revient à sa position d’équilibre, sous l’action du spiral, dans le sens de la flèche 1 (fig. 1 et 2).
La roue d’échappement tourne dans le sens de la flèche 2. La dent Dl frotte sur la partie concentrique de la virgule; c’est le repos extérieur, sans aucun recul de la roue.
La petite lèvre de la virgule, PL (fig. 2) se présente à la dent Dl; il se produit une légère impulsion nommée petite levée, et la dent tombe à l’intérieur de la cavité cylindrique CC (fig. 2), toujours concentrique au point de pivotement; c’est le repos intérieur, toujours sans recul de la roue.
Il y a arc d’oscillation supplémentaire, le spiral s’arme et produit le rebroussement du balancier dans le sens de la flèche 1’ (fig. 3). Le balancier parvient au point mort alors que la dent D1(fig. 3) se trouve en A. Sous l’action de l’énergie motrice, la dent glisse sur la longue face curviligne de la virgule fournissant l’impulsion principale. C’est la grande levée.
Sur la fig. 3, cette phase est terminée, la dent Dl échappe et la dent D2 tombe au repos extérieur. L’ensemble des fonctions se reproduit au cours d’une nouvelle oscillation.



Et enfin un exemple de montre équipée de ce genre d’échappement, il s’agit ici d’un mouvement automatique, autre innovation technique vers 1780, les automatiques à masse latérale.



Je ne vous parlerais pas de ce système ici mais sachez qu’avant la fin du XVIIIe de nombreuses automatiques, comme celle-ci, était équipées d’un échappement à virgule qui avait encore une certaine notoriété si bien qu’il se partage pratiquement la vedette avec l’échappement à cylindre.
On ne trouve des automatiques à ancre presque uniquement que chez Breguet
Remarquons quand même que le balancier se trouve côté cadrature, c’est à dire sous le cadran.
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MessageSujet: Re: Exclusif ! L'histoire de la montre sur Forumamontres   Dim 19 Mar - 19:13

12e épisode 20/3/06 : DUPLEX, DIABLOTINE, SECONDE MORTE


SECONDE MORTE
L’affichage des secondes, d’une part, par déplacement instantané, plus ensuite avec possibilité d’interruption avant de pouvoir également la possibilité d’une remise à zéro, nos chronographes actuels, fut un des éléments de recherche des horlogers qui s’évertuèrent à trouver des systèmes
La seconde morte a eu son heure de gloire, si bien qu’elle peut être considéré comme l’ancêtre du chronographe. La pièce qui vous est présentée ici est équipée d’un échappement duplex à double roue mais également d’une seconde morte indépendante. Voici des explications
Le terme « seconde morte » implique que l’aiguille des secondes se déplace chaque fois instantanément d’une division complète
Celui-ci par exemple ou l’auteur a utilisé l’échappement pour y parvenir, Il est dit « échappement duplex de Jacot »





Il faut d’abord que la fréquence du comptage soit de 14400 alternances à l’heure, soit 4 par seconde. Une oscillation complète a une durée d’une seconde
Avec la phase 1 nous prenons le fonctionnement dès la fin de l’impulsion qui vient d’être donné par l’ergot indiqué par la flèche. Dès cet instant la première pointe de la double dent est tombée au repos sur le rouleau : c’est la position du croquis 1.
Dès qu’il parvient à sa position extrême le balancier opère son rebroussement dans le sens de la flèche 2 du croquis 2 pour avoir la première alternance muette.
Puis sur ce même croquis 2 le balancier de nouveau rebrousse dans le sens de la flèche 3, et la première pointe de la double dent se présente à la fente du rouleau mais il ne produit alors qu’un tout petit déplacement de la roue puisque instantanément la seconde pointe se présente au rouleau, c’est la seconde alternance muette.
Sur le croquis 3 le balancier est à nouveau reparti, sous l’effet du spiral armé, dans le sens de la flèche 4, la seconde pointe de la double dent vient se présenter à la fente du rouleau. Un très léger déplacement de la roue se produit, pratiquement non visible sur l’aiguille des secondes, c’est la troisième alternance muette.
Nous arrivons au croquis 4 où le balancier revient dans le sens de la flèche 5, lorsque la seconde pointe de la double dent se présente à la fente du rouleau, la roue se trouve libérée, alors l’ergot fournit l’impulsion sur le long doigt d’impulsion. C’est la quatrième alternance qui est active.
L’aiguille des secondes se déplace pratiquement d’une division complète. Il s’est produit ce que l’on nomme un triple coup perdu soit une impulsion pour deux oscillations

LA SECONDE MORTE INDÉPENDANTE
Dans un second exemple c’est encore mieux, car ici l’aiguille peut être interrompue sans altérer la marche de la montre. Il s’agit d’une montre avec seconde morte indépendante
Le second terme « indépendante » veut simplement dire que cet affichage des secondes est indépendant de la marche de la montre
Pour réaliser cela, il faut que la montre comporte deux énergies et deux trains de rouages, l’un pour le mouvement, l’autre uniquement pour la seconde
Voici une pièce construite ainsi



A gauche l’échappement duplex double roue comme nous l’avons déjà vu.
Sur le même tigeron se trouve fixé un plateau rond encoché de 6 crans.
Nous passons au croquis de droite et retrouvons le plateau contre lequel vient s’appuyer une petite pièce, (visible de face dans la fenêtre du haut de l’écran) qui se nomme « le fouet ». Ce fouet est entraîné par le rouage spécifique à la seconde.
Il est aisé de comprendre : tant que le fouet est appuyé contre le pourtour du plateau, la seconde est immobile, mais dès qu’un des crans se présente le fouet est libéré et opère instantanément un demi-tour. L’aiguille des secondes se déplace alors d’une division complète d’un seul coup.



Ce système semble avoir été déposé pour la première fois par Jean-Marie Pouzait à la société des Arts de Genève le 9 mai 1776, la pièce présentée étant plus tardive.
Pratiquement pour le fonctionnement de cette pièce il faut une fréquence horaire de 21600 Ah soit 6 à la seconde. Comme nous avons un échappement à coup perdu, la roue d’échappement fait un tour en 6 secondes, ainsi le plateau qui comporte 6 crans libère le fouet chaque seconde.
Il faut ajouter qu’un levier accessible de l’extérieur de la boîte permet le blocage du fouet ce qui interromps le déplacement de l’aiguille des secondes sans arrêter le mouvement. Mais ici aucune possibilité de retour à zéro.


LA DIABLOTINE OU FOUDROYANTE
Toujours dans le domaine des duplex, je vous ais dit qu’il y avait de nombreuses applications, voici celui que l’on nomme « diablotine »ou encore « foudroyante »..La petite aiguille au-dessus de 6 heures est positionnée sur le tigeron de la roue d’échappement.



Cette roue d’échappement ne comporte que 4 dents de repos 4 ergots d’impulsion.
Avec une fréquence de 14400 Ah et un échappement à coup perdu la roue d’échappement fait un tour en 4 secondes. Il suffit d’y placer une aiguille pour avoir un affichage du quart de seconde.
Le seul problème est de savoir à quoi ça sert ??? Sur un chronographe évidemment c’est utile pour avoir le temps au quart , voire au cinquième de seconde, mais ici.. Sinon un goût du public, qui se trouve encore être les Chinois.
Il semble que ce soit un horloger nommer Tixier installé à Fleurier vers 1850 qui réalisa ce dispositif.
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MessageSujet: Re: Exclusif ! L'histoire de la montre sur Forumamontres   Lun 20 Mar - 18:46

13e épisode 21/3/06 : NAISSANTE DES ECHAPPEMENTS LIBRES




Un échappement libre est celui qui permet à l’ensemble réglant (balancier/spiral) de parcourir certains angles sans aucun contacts avec d’autre pièces.
Ces angles sont nommés généralement « arcs supplémentaires ».
Pour construire ce genre d’échappement il faut obligatoirement intercaler un mobile, en somme une pièce d’arrêt, entre la roue d’échappement et cet ensemble réglant.
Au cours du temps il ne s’est réalisé que deux types de mobil intermédiaire, LES DETENTES et LES ANCRES.
Le français Pierre Le Roy est l’initiateur des détentes
L’anglais Thomas Mudge celui des ancres.
Les multiples formes ainsi que les multiples phases possibles d’utilisation ont fait que la terminologie reste de nos jours particulièrement floue pour ceux, comme moi, qui ont fait des recherches sur les multiples « inventions » qui ont jalonnées le temps.
J’effleure le sujet mais sans avoir la prétention de le résoudre, en précisant que j’ai quand même au moins pour mon travail personnel, décidé de différencier les deux pièces intermédiaires des échappement libre que sont les détentes et les ancres
Pour moi et sans entrer dans les détails
La détente est une pièce d’arrêt n’ayant qu’une seule position de repos
L’ancre est une pièce d’arrêt qui a deux positions de repos



Le 14 août 1748
Ci-dessus voici le premier acte officiel définissant les bases de ce que deviendront les échappements libres, aboutissement définitif de l’évolution des échappements de montres mécaniques. C’est un document de l’académie française sur un dépôt de Pierre Le Roy
Il faudra néanmoins encore environ un demi-siècle pour maîtriser le principe et encore plus longtemps pour qu’une application soit enfin adopter dans toute l’horlogerie.
Rappel des deux principes qui sont portés en toutes lettres dans ce texte :
1) Constance de l’énergie motrice avec une transmission du rouage réduisant les pertes au maximum.
2) Le régulateur doit être aussi libre et aussi puissant que faire se peut.

Voici un modèle de Ferdinand Berthoud



Un exemple plus tardif, début XIXe, de petit chronomètre que je nomme « la formule 1 de l’horlogerie…
Du travail de très haute volée…



Et un modèle de détente seule, celui-ci réalisé par la Maison Nardin vers les années 1940




Je termine cet épisode par le fonctionnement d’un échappement à détente en prenant comme croquis une des très nombreuses dispositions qui ce sont réalisée.
Ici c’est une détente dite « pivotée »



Le balancier (non figuré) qui porte les plateaux respectivement de dégagement et d’impulsion, tourne dans le sens de la flèche.
Le doigt de dégagement rencontre le ressort de dégagement, porté par la détente, et l’entraîne.
La roue à l’arrêt jusque là par sa dent 1 en appui contre la cheville de repos de la détente, se trouve libérée.
La dent 2 de la roue rencontre alors la palette d’impulsion et une impulsion est transmise au balancier.
La détente, sous l’effet de son petit spiral de rappel reprend sa position de repos instantanément pour bloquer la roue de nouveau.
Lors de l’alternance de retour, dite muette, seul le doigt de dégagement rencontre l’extrémité du ressort de dégagement.


Demain nous voyons des ancres
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MessageSujet: Re: Exclusif ! L'histoire de la montre sur Forumamontres   Mar 21 Mar - 19:02

Le 14e épisode THOMAS MUDGE EN 1759 INTRODUIT L’ANCRE LIBRE

Voici une ancre (attention substantif féminin) réalisée par Breguet aux environs des années 1800. Bien qu’inventée avant 1760, ce n’est qu’a partir des années 1780 que l’ancre commença à se développer avec comme chaque fois, de multiples difficultés. Breguet fut un des premiers à maîtriser les fonctions avec le plus d’efficacité.
Nous découvrons :
1) L’ancre est la partie qui porte deux palettes placées à l’extrémité de bras nommés « leviers ». Cette ancre est montée sur un pivotement.
2) Puis nous faisons apparaître l’enfourchement qui se trouve à l’extrémité de ce mobile. Cet enfourchement est composé de deux cornes, qui forment l’entrée d’ellipse, d’un dard, cornes et dard sont des organes de sécurité
3) L’ancre et l’enfourchement sont reliés par la baguette. La longueur de cette baguette a fait couler beaucoup d’encre et conduit à de très nombreuses tentatives.
4) Enfin les premières ancres comportaient un contre-poids afin de donner un certain équilibre à cette pièce qui, bien qu’ayant de nombreux avantages comporte néanmoins des inconvénients dont le poids et l’équilibre ne sont pas des moindres.
Pour résumer ce qu’est une ancre, il faut dire que c’est une pièce d’arrêt ayant deux positions de repos, donc obligatoirement pivotée. De ce fait elle peut être utilisée pour transmettre l’énergie, mais c’est loin d’être toujours le cas nous en verrons de ce type…
Nous avons donc parfois une impulsion indirecte (c’est l’ancre de Mudge) parfois nous avons une impulsion directe roue d’échappement- balancier,
C’est la disposition de Pierre Leroy après 1760 confirmée par Robin en 1791
Longueur des baguettes
En effet, si on compare cette ancre de Breguet avec celle de Rolex dans les années 1940 et qu’on effectue un rapport entre les longueurs respectives de ces baguettes et le diamètre de platines sur lesquelles elles sont montées, on trouve une différence de 1 à 3. Cela veut dire que sur la Rolex la longueur de la baguette est égale à 10 % du diamètre de la platine alors qu’il est de 30 % chez Breguet…
Nous avons déjà vu que le principe du levier s’applique pratiquement à tous les niveaux du fonctionnement d’un échappement. Comme au cour du fonctionnement, il se produit entres autres deux phases opposées : dégagement et impulsion, la première freinant le balancier la seconde l’activant, si ces deux phases passent par un mobile intermédiaire comme l’ancre, il est aisé de comprendre que si on avantage l’une avec une certaine longueur de baguette on désavantage l’autre et inversement…



Voici la disposition classique d’un échappement à ancre libre dont le type est dit « ancre suisse » On voit bien que cette pièce intermédiaire isole l’ensemble réglant balancier/spiral, de la roue d’échappement, ce sui permet à cet ensemble d’osciller librement durant certaines phases de fonctionnement



Comme exemple d’échappement à ancre classique voici une montre de Schwilgué vers 1835, qu’il a sans aucun doute réalisée pour certain contrôles sur son horloge de la Cathédrale de Strasbourg.
Une des mouvements commande l’affichage des heures, minutes et petite seconde
L’autre commande l’affichage de l’autre cadran des heures et minutes ainsi que celui de la grande trotteuse
Ces trois affichages peuvent être interrompu et remis à zéro, indépendamment de l’autre mouvement qui continue sa marche
Détail intéressant, souvent utilisé par Breguet, les dents des roues d’échappement portent une fente afin de former un canal par lequel l’huile peut circuler ce qui l’a maintien aux endroits utiles


L’ANCRE A CHEVILLE
On doit cette disposition à Perron et cet échappement devint très populaire en étant choisi par Roskopf pour ses montres bon marché. Il équipa donc des millions de montres depuis les années 1880 environ, et c’est pourquoi, à tort, on attribue cet échappement à Roskopf
Les échappements à ancre vus jusqu'à présent, (sauf un) sont disposés sur une ligne droite, c’est à dire que les points de pivotement de la roue, de l’ancre, du balancier sont sur une ligne droite. Cette ligne est nommée « ligne des centres »
Ici le pivotement de la roue est placé sur le côté du pivotement de l’ancre. C’est donc l’appellation que l’on donne par opposition à « ligne droite » on dit ici « ancre de côté »
Le mouvement qui est équipé de cet échappement est signé « Cuenin à Besançon » contemporain de Perron, et qui pourrait être celui qui le premier utilisa cet échappement en montre car Perron l’avait fait pour pendule.
Une autre particularité sur ce mouvement, il est construit comme les souscriptions de Breguet, au point que l’on peut se demander si Cuenin à trouver cette disposition avant Breguet ou l’inverse… un point que l’histoire ne soulèvera sans doute jamais

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MessageSujet: Re: Exclusif ! L'histoire de la montre sur Forumamontres   Mer 22 Mar - 18:34

15e épisode QUELQUES ANCRES PARTICULIERES


Ayant admis la définition de ce qu’est une ancre dans les échappements de montre : à savoir une pièce d’arrêt qui a DEUX positions de repos, il faut ajouter que de ce fait l’ancre doit obligatoirement être pivotée, ce qui ne constitue pas une obligation pour la détente qui n’a QU’UNE position de repos, celle-ci pouvant être à ressort comme souvent dans les réalisations de haut niveau tels les chronomètres de marine.
Le fait que l’ancre ait deux positions de repos permet de l’utiliser non seulement comme pièce d’arrêt mais également pour transmettre l’impulsion, ce qui est la cas de la majorité des montres réalisées avec cet échappement.
Dans le 14 » épisode je vous ai présenté des ancres classiques, c'est-à-dire les plus répandues, voici quelques ancres, beaucoup plus rares, mais qui agissent exactement suivant le même principe que les classiques.

MONTRE DE JOSEPH FEUNE



On voit sur les photos, le signataire est Joseph Feune à Delémont. Certains ont pu lire Jeune, mais j’ai eu confirmation qu’il s’agit bien de Feune” par les responsables du Musée jurassien de Delémont, qui m’ont aimablement communiqué quelques renseignements civils. Les voici :
Joseph Feune est né le 5 mai 1779, de Jean-Baptiste Feune et de Magdelaine Philippe, à Delémont. Le 15 mars 1781, naissance d’un frère, Vernier Feune. En 1807, l’on sait qu’il habite au n0 155, à Delémont, avec son père, son frère, tous horlogers, et 2 sœurs Marianne et Brigitte. Il se marie le 29 septembre 1813 avec Marie¬Renée Fleury.
Squeletté, le mouvement de 22 lignes (49mm), est très élégant. L’énergie consiste en un barillet suspendu, de 19 mm de diamètre. Son ressort est long de 650 mm pour 2 de hauteur et 0,24 d’épaisseur. Il est taillé de 84 dents.
REMARQUES Remise dans son contexte des années 1800/1820, cette pièce est réellement intéressante. Bien évidemment, elle fonctionne sans fusée, ce qui a permis de faire une montre assez plate. Pour 56 mm de diamètre, la boîte ne fait que 17 mm d’épaisseur sur verre bombé. Pour le mouvement c’est 50 mm de diamètre (22 1/2 lignes) pour 7,5 d’épaisseur, c’est réellement peu pour l’époque.
D’autre part, fonctionnellement, la montre marche bien, le cheminement du balancier peut approcher les 2 tours, soit 340 à350 degrés d’amplitude. Enfin, point non négligeable, la simplicité de cette réalisation tant par le nombre des mobiles que par leur exécution, devait permettre un prix de revient très compétitif... Alors pourquoi en retrouve-t-on si peu ?
Certainement, parce que la qualité d’un produit, comme son faible coût, ne garantissent pas le succès. Il faut encore commercialiser et là, Joseph Feune n’a probablement pas eu les opportunités favorables... Encore faudrait-il savoir combien de temps son entreprise a tenu... ? Nos amis de la région de Delémont nous le diront peut-être...

FONCTIONNEMENT l’échappement de la montre de Feune



La roue, sous l’action de l’énergie motrice, tourne dans le sens de la flèche. Le balancier (simplement représenté par 3 bras et un bout de spiral), tourne dans le sens A de la double flèche. La goupille 1 de la roue, dans la position représentée sur le croquis, termine une phase d’impulsion en glissant sur l’arrondi, que nous nommons, extérieur. Elle échappe, l’ancre se trouve dans l’une de ses 2 positions de repos. La goupille 2 est venue se placer contre le plat arrière du plot, bloquant ainsi le rouage, le balancier poursuit son oscillation libre. Cette position est représentée sur le croquis de détail.
Après un certain angle parcouru librement, le spiral armé provoque le rebroussement du balancier dans le sens B de la double flèche. Le doigt fixé à l’axe du balancier pénètre dans l’enfourchement de l’ancre, l’entraîne et, après ce que l’on nomme « l’angle de dégagement », la goupille 2 de la roue vient glisser sur l’arrondi intérieur du plot. C’est l’impulsion dans l’autre sens. La goupille 2 échappe, la 3 vient se placer contre le plat arrière du plot et le cycle recommence.


MONTRE DE FONGY ET BEUCLER de Besançon



Deux pièces pratiquement identiques on été retrouvées avec ce même échappement, toutes deux venant de Besançon et date avec certitude de 1845/1850. Une première recherche le dictionnaire des horlogers de Tardy, nous apprend que Fongy a déposé une demande de brevet, pour un échappement à cylindre, le 8 novembre 1843, sans autre explication ni dessin au brevet...
Le terme cylindre m’intrigua mais fallait-il laisser tomber...? Non, même mince, je ne pouvais pas abandonner cette piste, bien que l’échappement de ces pièces, Beucler et Fongy semblât à mes yeux, se rapprocher plus des ancres que des cylindres. (Exemple des difficultés de compréhension de la terminologie) Donc le brevet N0 15599 nous apprends Le Sieur Fongy de Besançon, a déposé le 12 août 1843 une requête à l’effet d’obtenir un brevet d’invention de cinq ans, pour un échappement libre à cylindre. Nous le constatons: le terme libre apparaît bizarrement devant cylindre, pour la première fois, et c’est lui qui m’a intrigué car chacun sait que l’échappement à cylindre est à repos frottant, donc de principe différent.
REMARQUES ET CONCLUSIONS: L’échappement ancre à une seule palette” comme nous l’avons nommé ou, libre à cylindre” appellation de son auteur est donc à l’actif de l’horloger bisontin FONGY. Celle signée Beucler Fils, est issue du même moule mais apparemment postérieure.
Techniquement la différence dans la longueur des baguettes est intéressante, on sait que c’est probablement dans les années 1840, environ, donc conjointement à nos pièces bisontines, que les premières courtes baguettes apparaissent en Suisse. Beucler et Fongy avaient une idée un peu différente sur le sujet...! Vu de nos jours, c’est Fongy qui aurait raison car, actuellement tous les échappements à ancre sont réalisés avec de courtes baguettes. Par contre, on sait que le grand Breguet en a utilisé de très longues... (voir 14e épisode)
Enfin dans le domaine commercial on peut dire ici ce qui a déjà été dit dans nos conclusions sur l’échappement de Feune à Delémond), à savoir : pourquoi si peu de succès...? Effectivement il semble donc moins coûteux à produire et pourtant... Pourtant seuls les impondérables peuvent l’expliquer...

MONTRE KAISER DE FRIBOURG
Encore un exemple de la difficulté d’avoir une terminologie…dans quoi auriez vous classé ça ? pour moi suivant ma définition c’est une ancre


Des premières recherches montrent à nouveau la passion toujours présente dans les esprits vers 1890 en ce qui concerne les échappements de montres. Il ne faut en effet pas oublier que le cylindre a été inventé depuis 160 ans, la détente 140 et l’ancre 130 ans. Et pourtant l’espoir de découvrir l’échappement « philosophale » n’était pas éteint. Il existe encore de nos jours…
Donc vers 1885 à Fribourg (Suisse) il y avait un homme rempli d’espoir, qui devait tirer et retirer des plans sur la comète, pour aboutir à déposer le 20 novembre 1888 une demande de brevet à la toute nouvelle administration Suisse compétente en la matière. Ce premier pas effectué il faut maintenant faire connaître le produit, comme on dirait aujourd’hui « le promouvoir» et pour cela avoir un bon promoteur.
C’est le directeur de l’école d’Horlogerie de Soleure (Suisse) M. BRÔNNIMANN qui va se charger de cela, s’était-il concerté avec Kaiser, l’Histoire ne le dit pas, toujours est-il que dans le « Journal Suisse de l’Horlogerie »début septembre 1889, 6 mois après la demande de brevet, on trouve un texte nous prouve que nos anciens n’avaient rien à nous envier sur le plan de la publicité
Néanmoins à peine un mois plus tard, toujours extrait du Journal Suisse de l’Horlogerie on trouve une réaction du célèbre chroniqueur Claudius Saunier, réaction beaucoup moins élogieuse. Tout comme celle d’ailleurs d’un abonné anonyme français de Besançon, qui démolit allégrement cet échappement. Cette une affaire qui prouve une fois de plus s’il en était besoin, que la recherche et l’histoire horlogère ont toujours été passionnantes autant que passionnées.

Demain des ancres à impulsion directe
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MessageSujet: histoire et montres   Jeu 23 Mar - 19:15

16e épisode 24/3/06 : DES ANCRES A IMPULSIONS DIRECTES

Sous la révolution française époque particulièrement troublée, la recherche, l’amour du métier, le désir de faire avancer cet Art, prévalaient dans l’esprit des grands, des passionnés, et Robin était de ceux-là. Il a dû se produire, fin XVIIIe, une sorte de flottement dans la recherche sur les échappements de montre. Il faut remarquer que ce siècle a été celui où l’on aura exploré à fond ce domaine.
Tous les grands «crus» y ont vu le jour, ils seront tous affinés par la suite. Rappelons: Le cylindre de Graham, 1718 - La détente de Leroy, 1748 - L’ancre de Mudge, 1759 - mais également le duplex de Durtertre, la virgule de Lépine. Et bien, à la veille de la Révolution, tous ces «champions» du tic-tac étaient pratiquement à égalité. Ils avaient tous les mêmes chances de s’imposer durant le XIXe siècle. Avec le recul du temps, si on examine le problème uniquement dans le domaine quantitatif, durant la première moitié du XIXe ce fut encore le «vieux », l’échappement à roue de rencontre qui resta le maître.
Dans l’horlogerie courante portable, il fut remplacé par le cylindre vers 1850 et enfin par l’ancre, mais seulement vers 1920.
Chacun sait que les échappements libres sont supérieurs, mais personne ne réussit à en assimiler toutes les subtilités et réunir les exigences suivantes
a) libre, c’est garantir au mieux l’isochronisme
b) impulsion directe, c’est assurer un maximum de rendement
c) limiter les frottements, c’est assurer la fiabilité
d) éliminer les risques galop, trébuchement, arrêt au repos, etc. c’est un échappement supportant mieux les chocs, les secousses, donc portable.
Donc, vers 1780/90, tous les espoirs étaient encore permis aux chercheurs de l’échappement «parfait». Parmi eux, un grand de l’Histoire de l’Horlogerie, Robert Robin, ex Horloger du Roi va réaliser son échappement mais obligatoirement libre.
Deux possibilités:
1) la détente mobile à une seule position de repos, avec comme avantages principaux, une transmission directe de l’énergie, une amplitude et une liberté relative maximum. Avec comme inconvénients une fabrication délicate et des risques importants que sont le galop et le trébuchement, en somme échappement très délicat et qui supporte mal d’être porté.
2) l’ancre mobile à deux positions de repos, supprime les risques précités, laisse une liberté relative et une amplitude un peu inférieure mais acceptable, qui est de fabrication plus aisée. Mais l’ancre à l’époque est assurément moins fiable, et d’un rendement inférieur à la détente, cela dû à des frottements plus importants, à une impulsion indirecte d’où perte de transmission d’énergie. Le choix de Robert Robin sera une sorte de compromis qu’il nommera simplement «Échappement nouveau », sans préciser dans ses textes, si son mobile est une ancre ou une détente. Pour ma part, je conserve ma terminologie et classe cet échappement dans la famille des ancres. Le mobile intermédiaire, conçu par Robin, s’il n’assure pas le relais de l’impulsion, est néanmoins un mobile d’arrêt à deux positions de repos, donc « ancre de Robin ».



Le type d’échappement que nous venons de voir déposé par Robin en 1791 est un modèle qui eut énormément de descendants.
Il faut déjà dire que ce fut Pierre Le Roy en 1763 qui le premier construisit ce type d’échappement donc libre avec une pièce d’arrêt ayant deux positions de repos, mais avec une impulsion directe.
Vous avez un échantillon du succès de cette disposition qui pourtant ne s’imposa jamais et qui néanmoins vient de refaire une tentative que l’avenir jugera, c’est l’échappement de Daniels que la Maison Oméga commercialise actuellement.
Sinon vous voyez la liste, non exhaustive, de ceux qui au cours des siècles, ont tenté le système

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MessageSujet: montres et histoire   Ven 24 Mar - 18:31

17e épisode 25/3/06 : ENCORE DES ANCRES A IMPULSIONS DIRECTES


Pour montrer que aussi dans cette catégorie les recherches et les applications ont été nombreuses, en voici encore d’autres modèles.
Je rappelle le principe qui régit le fonctionnement et qui permet de différencier ce que sont les échappements à ancre par rapport aux échappements à détente.
L’ancre a DEUX positions de repos, de ce fait elle est OBLIGATOIREMENT PIVOTEE, mais elle peut être utilisée pour transmettre l’impulsion ou seulement comme mobile d’arrêt.
La détente n’a QU’UNE position de repos, de ce fait elle n’est pas forcément pivotée, mais ne peut pas être utilisée pour transmettre l’impulsion, (sauf cas particulier comme dans les dispositifs à force constante) c’est donc uniquement un mobile d’arrêt.

Échappement ancre répulsive
Parmi les ancres particulières il faut citer l’ancre répulsive que les anglais utilisèrent début XIXe.
La particularité consiste dans le fait que l’extrémité de la baguette de l’ancre ne se termine pas par un enfourchement mais simplement par une pointe. Il se trouve que c’est encore un échappement hybride entre le duplex et l’ancre, mais avec ici une ancre à repos frottant, nous n’avons donc pas un échappement libre. Il faut l’admettre rien n’est jamais parfait et dans chaque construction il a fallut choisir entre avantages et inconvénients donc toujours faire des compromis
En contre partie du repos frottant cet échappement ne présente pas certains inconvénients comme le galot, le renversement etc… De plus il n’offre aucune résistance au dégagement puisque les palettes de l’ancre sont répulsives contrairement aux ancres libres.
Donc échappement qui a fait ses preuves, mais qui comme toujours n’a pu s’imposer pour des raisons qui nous échapperont toujours.
Le coup perdu (une alternance sans impulsion) me semble ne pas être pour rien dans l’échec de ce genre d’échappement en horlogerie portable…



Echappement type « Jean Renaud
Voici l’échappement de la montre signée Barth et Fils (présentée à la suite) qui montre la disposition et la forme des mobiles.
Concernant le fonctionnement, il reste identique avec un triple coup perdu et une impulsion à la quatrième alternance, mais ici donnée directement par les ergots de la roue sur le doigt fixé sur l’axe du balancier ; La fréquence est donc de 14400 Ah.
Le croquis sur la droite présente une des origines de ce genre d’échappement attribué à Jean Renaud en 1862.
Une différence frappante dans les dents de la roue qui comporte 3 pointes contre 2 chez Barth. Le principe reste absolument identique c’est simplement une différence de fréquence qui à été adoptée soit 21600 Ah mais accompagnée de 5 alternances muettes ce qui paraît assez conséquent compte tenu de l’amortissement que le balancier subit...



Pièce signée Barth et Fils à la Chaux de Fonds vers 1880
L’affichage de la seconde morte avec un échappement à triple coup perdu et une impulsion directe se retrouve sur cette pièce particulièrement intéressante pour aussi d’autres raisons.
Vous voyez déjà un affichage des heures et minutes sur trois cadrans portant les inscriptions respectives Gare – Ville- Départ. Le but était probablement une utilisation dans les chemins de fer à l’époque où les heures étaient différentes entre les villes et les chemins de fer.
De plus cette montre comporte un affichage de seconde rattrapante avec un dispositif à spiral, dont l’analyse pourrait se faire lors d’une autre rencontre
L’échappement est du type hybride qui le fait nommer par certains « Duplex/ancre » Pourquoi pas puisque la roue comporte une denture utilisée dans les duplex mais également dans bon nombre d’autres échappements. C’est donc un autre exemple de terminologie assez controversé.



A partir de demain, je vous entretiendrai de l’origine des montres automatiques à rotor en vous racontant une histoire peu banale.
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MessageSujet: montres et histoire   Sam 25 Mar - 21:42

18e épisode 26/3/06 : 1778 : L’AUTOMATIQUE A ROTOR ARRIVE


J'imagine bien que vous n’êtes pas tous horlogers et pour mieux comprendre de quoi nous allons parler je vous présente des mécanismes automatiques qui équipent les montres bracelets de ce genre actuellement et ça depuis plus d’une demi siècle.
Les mouvements de montres, comme les voitures, ont un numéro de modèle. Il en existe des centaines de différent. Celui que je vous présente ici est le calibre suisse 2472 de marque Eta. Son diamètre en horlogerie s’exprime en lignes et il fait 11 lignes 1\2 soit approchant 25 millimètres.
Vous voyez sur cet écran, le bloc automatique séparé, en place sur une de vues et démontée sur l’autre.
Ce bloc automatique est composé de rouage et d’une masse, dit « rotor » pivotant au centre et entraînant un rouage, avec pour effet d’armer le ressort de la montre, comme vous le feriez par la couronne extérieure.
Le pourcentage de montres actuelles construits sur ce principe, avec ce système, est fabuleux et les retombées économiques engendrées incalculables…A lors d’où vient ce dispositif nommé généralement « Automatique à rotor » du nom que l’on donne à la masse que vous voyez sur ces photos
C’est l’histoire vraie que je vous raconte en vous présentant d’abord ce qui se faisait dans les années 1950, vrai début de la généralisation de la montre automatique, et ce qui ce fait de nos jours..






MAIS QUI A FAIT QUOI ?

Encore aujourd’hui, si on évoque les origines de la montre automatique, trois noms se détachent instantanément
Perrelet, Breguet, Recordon.
Mes travaux entrepris depuis plus de 13 ans, m’obligent à en ajouter un quatrième celui d’Hubert Sarton horloger liégeois né en 1748, mort en 1828, et nous allons voir que ce n’est pas pour rien.
Un ouvrage de référence réalisé par A. Chapuis et E. .Jaquet de 1952, énumère : « un index des noms d’horlogers et d’autres maîtres qui ont joué un rôle dans cette histoire », suivant les termes du livre. Le nom de Sarton n’y figure pas.
Le but que je poursuis depuis toutes ces années et de l’intégrer, de lui donner sa vrai place formellement



L’idée de réaliser des montres qui s’arment seules, remonte sans aucun doute à quelques siècles puisque des éléments concrets connus, qui sont le ciment de cette présentation, datent de la fin du XVIIIe, mais il est certain que l’idée a due germée bien avant.
Il m’est impossible de situer l’origine de cette idée, donc de dire qui est l’inventeur du principe, mais je vais pourtant vous indiquer l’origine d’un dispositif, celui à rotor, que je ne lie donc pas à l’origine du principe.
Pour situer les choses cet écran vous présente les trois dispositions que j’ai répertoriées en automatique de poche, toutes trois datant avec certitude entre 1778 et 1785
1) Le rotor à gauche : il ne fit pas de carrière en montres de poches, j’ai répertorié actuellement 5 pièces au monde équipé ainsi, mais fait flores en montre bracelet
2) La masse oscillante à droite : fit une carrière fort honorable en montres de poches, et resta modeste en montres bracelets, Breguet n’utilisa que ça
3) Disposition intermédiaire au centre : ne fit aucune carrière, il en est d’autant plus intéressant, mais j’en parlerai pas sur ce forum




Sur la vue suivante je vous présente les 7 pièces automatiques que j’ai répertoriées actuellement, comportant un échappement « à roue de rencontre », dit aussi « à verge », car nous allons voir que l’échappement a eut une importance capitale dans les recherches sur ces systèmes.



Demain nous voyons le vrai problème des premières automatiques
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MessageSujet: Re: Exclusif ! L'histoire de la montre sur Forumamontres   Dim 26 Mar - 17:58

Le 19e épisode 27/3/06 : L’HISTOIRE ETONNANTE DES PREMIERES AUTOMATIQUES


C’est en mai 1949, que le premier acte de « l’affaire » se joue, il se trouve que c’est à Paris.
Un magazine intitulé « Journal des bijoutier horlogers » paraît et parmi les articles présentés, il s’en trouve un que l’auteur (ou le rédacteur en chef…) à osé nommer « Une découverte extraordinaire ».
Il s’agissait bien sur, et vous l’aviez deviné, d’une montre automatique « à rotor ».
L’auteur de l’article n’est pas n’importe qui puisqu’il s’agit de Léon Leroy, dont vous voyez les titres, mais qui était en plus collectionneur.
Sur la photo vous le voyez en compagnie de son fils Philippe, avec qui j’ai eu de très nombreux contacts durant ces dernières années, et que je me dois de remercier.
Léon Leroy fait une description parfaite, accompagnée de croquis très clairs de la pièce en question.
Court entracte pour arriver en septembre et retrouver le même article, texte et croquis, repris par un magazine suisse « La suisse horlogère », avec un complément ajouté sous la plume de Pierre Huguenin, grand horloger de Neuchâtel.
Ces deux grands techniciens, Leroy et Huguenin, ne font aucune attribution de ce dispositif, car la pièce n’est pas signée.
Ainsi Leroy dit : « il faut louer sans réserve le mécanicien anonyme et de grand talent qui a conçu et réalisé ce système simple et efficace »
Puis Huguenin nous dit : « Un chercheur heureux percera peut-être ce qui reste de mystérieux dans l’origine de cette très intéressante montre »



Il faut attendre 1952 pour voir apparaître le livre de Chapuis et Jaquet dans lequel une nouvelle et troisième reprise intégrale de l’article de Léon Leroy est intégrée, mais en y ajoutant une chose fort importante, déterminante dans l’histoire, qui fera date car on la retrouve maintenant partout, tant dans les grand organismes, les institutions, même dans l’enseignement, et reprise par tous les grands historiens de la seconde moitié du dernier siècle.
Ce fait c’est l’attribution (avec réserve…) de la pièce que vous voyez ici, donc avec dispositif « à rotor », à Abraham Louis Perrelet en ajoutant que c’est avec ce dispositif que Perrelet est l’inventeur du principe…
Donc double attribution : celle du principe et celle du rotor.
Pourquoi les auteurs parlent aussi d’inventeur ???
Il faut aussi dire que dans cet ouvrage ils présentent un élément, je pense nouveau et fort important, Deux textes issus de la Bibliothèque publique et universitaire de Genève, déposés par la famille De Saussure dont je résume la teneur
Le premier, dont l’original n’est pas présenté, dit que « De Saussure est venu au Locle le 5 juin 1777 et qu’il a visité M Perlet, l’inventeur des montres qui se remontent par le mouvement de celui qui les porte.. » rien comme description technique sinon qu’elle marche 8 jours
En second élément il s’agit d’un rapport du Comité des Arts de Genève, organisme dont faisait partie De Saussure, qui publie le 11 juin 1777 le compte rendu de la réunion du jour. L’original est cette fois reproduit et on y trouve que : « Monsieur le professeur De Saussure informe le comité que le Sieur Perelet horloger, a fait une montre d’une telle construction que se remonte dans la poche de celui qui la porte »
Toujours aucune donné technique sinon qu’un quart d’heure de marche suffit pour que la montre aille 8 jours.
Voilà les deux éléments importants dans lesquels vous constaté qu’il est impossible de savoir ce que ce Sieur Perelet a présenter à De Saussure

Les photos de la montre que vous voyez ne sont pas celles du livre que vous avez aperçu sur l’écran précédent, mais des photos personnelles de la même pièce, qui se trouve actuellement au Musée Patek Philippe.



Deux années s’écoulent avant de retrouver un article dans un magazine intitulé « La montre suisse » et dans lequel Alfred Chapuis fait une sorte de synthèse de l’histoire des montres automatiques et il ajoute une petite phrase sur Sarton.
J’imagine que les « résultats tangibles », sont dans l’esprit de Chapuis, la montre qu’il lui a attribuée avec une quasi-certitude deux ans auparavant ?
Puis en 1958 une édition du livre de 1952 est édité en anglais. Elle comporte peu de différences avec l’édition française mais néanmoins les auteurs ont intégré, traduit en anglais, le document de l’Académie, jusqu’ici à peine évoqué,
Le commentaire sur ce texte est très succinct, le voici en anglais, il laisse transparaître, il me semble un sentiment d’inachevé et l’espoir pour ce grand historien de l’horlogerie, que fut Alfred Chapuis, de voir l’Histoire se compléter.
Es-ce pour moi une prétention de tenter de le faire ?, j’ose croire que non car je sais qu’après moi il surviendra encore de nombreux éléments qui confirmeront ou infirmerons ce que j’avance, mais je le fais néanmoins en tout confiance et en toute honnêteté

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MessageSujet: Re: Exclusif ! L'histoire de la montre sur Forumamontres   Lun 27 Mar - 18:07

20e épisode 28/3/06 : L’HISTOIRE ÉTONNANTE DES PREMIÈRES AUTOMATIQUES (suite)


Le point particulièrement sensible des automatiques de la première génération, celles donc qui se réalisèrent vers les années 1775/1780 c’est qu’elles étaient a roue de rencontre et de ce fait avait obligatoirement une fusée.

Brièvement il faut peut-être dire comment agit une fusée.
Elle agit suivant le principe du levier comme une poulie à rayons variables. Le ressort, bandé au maximum, est investi d’une grande quantité d’énergie, mais il tire alors en haut de la fusée sur son rayon le plus petit. Successivement, au fur et à mesure que le ressort perd de l’énergie, il tire sur un rayon de plus en plus grand et donc suivant le principe évoqué à la sortie de la fusée l’intensité de l’énergie est régularisée. (Cette « invention » date de la fin du XVe siècle)

Plus concrètement après l’avantage de la fusée voici son inconvénient
Ci dessous je vous présente une fusée classique et sa liaison avec le barillet par le biais d’une chaînette, telle qu’elle équipait toutes les montres classiques à l’époque
On voit que pour remonter sa montre il faut agir sur le carré de l’arbre de fusée afin d’enrouler la chaînette autour de la fusée, ce qui simultanément arme le ressort dans le barillet.
On comprend aisément que durant cette action d’armage, l’énergie ne parvienne plus à la grande roue de fusée, qui engrène avec le rouage de la montre et la fait marcher, Il y a donc neutralisation de l’énergie et la montre ne marche pas
Sur une montre automatique, dont le principe de base est un armage continuel lors du portée de la montre, la fusée classique n’était pas du tout adapté et il fallait trouver des solutions
Nous allons voir que le plus ancien document décrivant un système qui permet aux automatiques de s’armer et de marcher simultanément concerne une montre déposée par Hubert Sarton en 1778 à l’académie des Sciences de Paris



Le document de l’Académie
Voici les 8 pages manuscrites de ce rapport et sachez que ce n’est qu’après plus d’un mois de réflexion, qui d’ailleurs a suivi un certain temps de transcription, faite en grande partie par mon épouse, que mes premières impressions apparurent.
Il faut déjà dire que la première chose qui me frappa ce fut de constater que ce document était (et il reste ) le plus ancien texte descriptif d’un dispositif que l’on nomme maintenant « automatique », mais que le texte de l’Académie définie ainsi « …cette montre va constamment sans être remontée uniquement par l’effet d’une masse de cuivre ou d’une espèce de battant agité par le mouvement qu’on se donne en marchant ».
Donc, vous le savez déjà ce document concerne une pièce déposée par le liégeois Hubert Sarton, et le rapport est signé le 23 décembre 1778, par deux grands noms de cette Académie Le Roy et De Fouchy (il s’agit de Jean Baptiste pour le premier et de Jean Grandjean pour le second).
Pour votre information ce document fut également contre signé par celui qui à l’époque était secrétaire perpétuel de cette grande Académie, le Marquis de Condorcet.
Il faut aussi dire qu’outre la description de la pièce déposée par Sarton, ce document apporte de nombreux renseignement sur l’état des recherches dans le domaine.



Un mouvement identique à celui que déposa Sarton
Voici une vue démontée d’un de ces mouvements automatiques pour constater qu’il est pratiquement identique à tous les mouvements classique de ce genre à l’époque : Barillet et fusée ainsi qu’échappement à roue de rencontre.
Une petite différence se trouve sur la fusée où on voit quelle porte à son sommet une roue. Les photos suivantes vous montrent ces détails





Cette fusée qui ne comporte pas de grosse différence avec une fusée classique sinon le rochet supérieur, nous réserve des surprises si on s’aventure à l’intérieur, ce que nous ferons demain
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MessageSujet: Re: Exclusif ! L'histoire de la montre sur Forumamontres   Mar 28 Mar - 17:44

21e épisode 29/3/06 : L’HISTOIRE ÉTONNANTE DES PREMIÈRES AUTOMATIQUES (suite)

Il a été dit en long et en large que la fusée ne permettait pas un armage simultané à la marche de la montre. Je vais ici maintenant développer ce qui permettait de le faire dans l’automatique déposée par Hubert Sarton, et en fait qu’on ne retrouve maintenant que sur les 5 pièces identiques répertoriées.
Sarton a introduit un différentiel à mobile transporté à entre le corps de fusée et la grande roue de fusée.
Je vais aussi, pour prouver que le rapport de 1778 décrit bien une pièce identique à celle connue, reprendre des extraits de ce rapport pour les accoler aux photos que j’ai prises des montres connues. Tout correspond, ce qui prouve, s’il en était encore besoin, que Sarton est bien à l’origine des automatiques à rotor que Alfred Chapuis avait attribué à A. L. Perrelet



L’ARBRE ET LA ROUE DE FUSEE
Extrait 4 il est dit que l’arbre porte un pignon, ce qui n’est absolument pas le cas sur un arbre de fusée classique. Ce pignon est bien visible ici
Pour mieux comprendre l’extrait 5 qui parle de la grande roue de fusée, je vous présente la grande roue d’une fusée classique et celle des automatiques concernées.
On constate parfaitement la différence à savoir le remplacement du cliquet vu ici sur la roue de gauche par une roue dont les dents sont tournées vers le centre et sont au nombre de 30. On constate de plus que non seulement la disposition est identique, mais également les taillages de roues, donc les rapports d’engrenages.
Tout se retrouve sur les pièces répertoriées, dont celle attribuée à Perrelet, comme sur celle du rapport



LA DISPOSITION
Voici ce dispositif mystérieux qui permet aux montres automatiques à fusée de pouvoir marcher simultanément à l’armage.*
Ce dispositif est un différentiel et sa disposition comme ses rapports d’engrenages, sont absolument identiques dans la description du rapport de 1778 d’une part que dans la construction de pièces connues.
Voici comment il agit :
Cette photo montage présente la roue de fusée (3), le pignon transporté (2) l’arbre de fusée (1) et le pignon de la première roue du train de rouage (4)
Le système automatique fait tourner l’arbre (1) dans le sens de la flèche, (explication à venir). Son pignon entraîne le pignon transporté (2) dans une double rotation.
Premièrement en satellisation dans le sens de la flèche (2a). Comme ce pignon pivote sous le corps de fusée, il provoque l’armage du ressort, la chaîne s’enroulant autour de la fusée.
Mais simultanément ce pignon tourne sur lui même dans le sens de la flèche (2) et s’appuyant sur les dents interne de la roue de fusée (3). Cet appui, par effet réactif, transmet de l’énergie à la roue de fusée qui fait donc tourner le pignon (4) et la montre marche simultanément à l’armage. CQFD



LE MOUVEMENT COMPLET
Pour terminer pour aujourd’hui voici le mouvement automatique à fusée et échappement à roue de rencontre, complet, qui a été disséqué afin d’apporter les preuves de la similitude de ce genre de pièces avec celle déposée par Sarton en 1778.



Demain d'autres détails du système automatique de ce mouvement en continuant la comparaison avec le rapport de 1778, donc la pièce déposée par Sarton, toujours sans trouver le moindre lien avec Perrelet
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MessageSujet: Re: Exclusif ! L'histoire de la montre sur Forumamontres   Mer 29 Mar - 18:21

22e épisode 30/3/06 : L’HISTOIRE ÉTONNANTE DES PREMIÈRES AUTOMATIQUES (suite)


ENSEMBLE DU DISPOSITIF AUTOMATIQUE
Voici l’ensemble des pièces du dispositif automatique avec son rotor, deux inverseurs ou roues à cliquets, une roue dite relais, et une bague utile au blocage du système pour éviter les ruptures du ressort. Ces pièces sont, à plus de 90 %, ce qu’on retrouve dans la majorité des automatiques actuelles.
Voyons ces pièces en détails et avant le fonctionnement



PERMIER INVERSEUR
L’extrait 9 du rapport de 1778 nous parle d’un pignon fixé sous la masse ainsi qu’une petite roue.
Cette petite roue avec son pignon, non lié à la roue sont ce qu’on nomme soit « roue à cliquet » soit « inverseurs ». Leur utilité est indiquée par cette dernière appellation ce sont ce genre de roues qui permette à la montre de s’armer qu’elle que soit le sens de rotation de la masse
On voit encore ici que la similitude est parfaite entre le texte de l’Académie et la photo que j’ai pris sur un des mouvements répertoriés



ROUE RELAIS
Puis le texte nous dit que le pignon engrène avec une roue qui a un pignon en dessous :
C’est la roue relais que l’on voit ici positionnée sur son tigeron de pivotement à gauche et ce la roue enlevée pour ne voir que le tigeron sur la photo de droite.
L’extrait 11 qui dit que le pignon entraîne une roue placée au sommet de la fusée, nous fait revenir à la vue de la fusée complète que j’ai reportée ici pour mémoire



SECOND INVERSEUR
Le texte n’a parler jusqu’ici que d’un des inverseurs, celui fixé sous la masse, il en faut un second qui assure donc l’armage dans les deux sens de rotation de la masse, il est cité dans l’extrait 12 que je place ici
C’est exactement le même que l’autre simplement qu’il pivote sur un tenon comme vous le voyez sur la photo de droite en comprenant que son pignon engrène avec la roue relais que l’on voit également
Sur l’autre photo tout est en place et les inverseurs engrène entre eux, leurs pignons respectifs engrenant avec la roue relais, elle même reliée par son pignon avec le rochet sur la fusée.
Il m’apparaît qu’aucun point ne pose de doute, la similitude ne fait aucun doute



BLOQUAGE DE LA MASSE
Dernier élément de comparaison entre la pièce déposée par Sarton et celles connues, afin de démontrer que l’on parle bien de la même chose, ce qui fait donc de cet horloger liégeois, le promoteur officiel de ce dispositif à rotor, le document de l’Académie française ne pouvant être mis en doute pas plus d’ailleurs que tout autre document d’institutions reconnues.
Dans une montre automatique, (celle que vous portez au poignet en est pourvue) il faut un système qui évite la surtension du ressort de barillet. Actuellement le système adopté est ce qu’on nomme « la bride glissante » c'est-à-dire qu’une fois le ressort armé au maximum il glisse dans son tambour.
Anciennement sur ces automatiques de la première génération, le système adopté avait été de bloquer la masse lorsque les ressort était armé. C’est le système choisi par Sarton, mais aussi par Breguet et tous les autres qui ont fait des automatiques vers 1800
Les termes de l’extrait 13 sont sans ambiguïté, le guide chaîne que l’on distingue sur la photo noir/blanc, porte une cheville qui traverse la platine.
Nous la voyons sur différentes photos.
Lors de l’armage la chaîne s’élève sur la fusée pour parvenir vers le haut à soulever le guide chaîne et conséquemment le doigt qu’il porte et qui dépasse sur la platine supérieure.
La masse oscillant, le doigt s’élevant il est clair que ce dernier va venir s’engager dans un des crans aménager à la bague fixée sous la masse et ainsi bloquer les oscillations de cette dernière.



Avec ce dernier point j’espère que les choses sont suffisamment démontrées et que chacun de nous peut maintenant considérer que les cinq pièces répertoriées sont issues de cette revendication de Sarton, confirmée par l’Académie
Tous les avis sur l’histoire des automatiques sont les bienvenus. Merci et je vous laisse jusqu’à la semaine prochaine ou nous commencerons de parler d’autres choses ce que je nomme « LES DISPOSITIFS PARTICULIERS » a savoir les tourbillon, les carrousels, les forces constantes, les remontoirs d’égalités etc…
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MessageSujet: montres et histoire   Lun 3 Avr - 17:56

23e épisode LES PIROUETTES


C’est au célèbre Huygens que l’on doit cette disposition, qui fut très souvent utilisée. Quel est son but ???
A l’époque en 1658 bien évidemment les échappements libres n’existaient pas et pratiquement le seul utilisé, celui à roue de rencontre limite l’amplitude en dessous de 180°, soit moins d’un tour de cheminement.
Huygens pensait qu’en augmentant l’amplitude il aurait plus de chance d’obtenir une régularité de la marche, soit un meilleur isochronisme. Il imagina d’intercaler une pièce entre la roue d’échappement et le balancier, en somme intégrer une démultiplication.
Remarquons que c’est la première fois que l’on intercalait une pièce entre roue et balancier, ce qui sera un siècle plus tard la base des échappements libres
On voit sur le croquis comment cela fut fait sur un échappement à roue de rencontre.
La verge portant ordinairement le balancier porte ici une roue, et le balancier porte un pignon avec lequel cette roue engrène. On comprend ainsi que cette démultiplication permet de donner au balancier une amplitude particulièrement importante mais inversement des oscillations très lentes, que ne supportent pas bien les montres.
La pièce présentée date des années 1760/1780, le dispositif à pirouette est ici associé avec un échappement à cylindre comportant une roue très nombrée, ensemble qui assure au balancier de battre la seconde, soit 3600 Ah avec la possibilité d’ajuster sur le tigeron de la roue d’échappement une aiguille centrale qui affiche la seconde morte.



PIECE COMPORTANT UNE DOUBLE PIROUETTE
Les mobiles de l’échappement sont :
1) Une ancre en acier composée de deux palettes tracées sur le principe du recul, le tout taillé dans la masse.
2) Sous l’ancre, sur le même pivotement, le râteau en laiton composé de 5 dents est maintenu par une vis.
3) Ce râteau engrène avec le pignon du mobile de pirouette taillé de 6 ailes.
4 Ce mobile compte 54 dents qui entraînent le pignon du balancier à 6 ailes.
Cet échappement est donc à ancre à recul et râteau complété par un dispositif à pirouette. Si on admet, que l’ancre à râteau est déjà en soi une pirouette, nous sommes en présence d’un système que l’on pourrait nommer «double pirouette»; cela explique le cheminement théorique considérable du balancier, qui compte tenu des différents taillages, peut s’élever à 9 tours.
FONCTIONNEMENT La force motrice agit sur la roue d’échappement, qui tourne dans le sens de la flèche des aiguilles d’une montre. La dent dl chute contre la palette de sortie, l’impulsion vient d’être transmise au balancier, représenté sur la photo seulement par son pignon, engrenant avec le mobile de pirouette. La roue recule. Dès le rebroussement l’impulsion débute simultanément sans phase préalable de dégagement comme dans les échappements à repos et les échappements libres.
Cette impulsion, assurée à ce stade de la description par la dent dl agissant contre le plan d’impulsion de la palette de sortie est transmise au balancier par un double engrenage.
1) le râteau vissé sous l’ancre entraîne le mobile intermédiaire de pirouette par le biais du pignon de ce mobile.
2) le mobile de pirouette entraîne à son tour le pignon du balancier
Le passage au point mort se produit, l’impulsion se poursuit encore, mais dès l’instant où la dent dl quitte la palette de sortie, la dent d2 chute contre le plan d’appui de la palette d’entrée. L’arc d’oscillation supplémentaire commence ainsi que le recul de la roue sur la palette d’entrée.
Toujours le même but affichage de la seconde morte



PIROUETTE SIMPLE A CYLINDRE
Même dispositif toujours à pirouette et échappement cylindre sur une pièce plus récente, mais simplement avec comme différence que le spiral se trouve sur le balancier comme sur une pièce classique.
Qu’ils soit sur le mobile de pirouette ou sur le balancier, les choses ne s’en trouvent pas modifiées, mais il est vrai qu’il est beaucoup plus souvent disposé sur le mobile de pirouette


Demain une pirouette sur une montre exceptionnelle : une montre à une roue
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MessageSujet: Re: Exclusif ! L'histoire de la montre sur Forumamontres   Mar 4 Avr - 18:41

24e épisode: LA PIROUETTE

Pièce unique au monde que je considère comme la pièce la plus exceptionnelle que je n’ai jamais eu en mains. Cette pièce, et ma démarche sur les automatiques, sont les deux éléments horlogers qui ont marqués ma passion horlogère.
Sa particularité est indiquée en toutes lettres sur la platine « Montre à une roue »…Cela peut paraître bizarre et faire penser que réaliser une montre à une seule roue simplifierait considérablement les choses ??? C’est très loin d’être le cas mais ce n’est pas ici que nous pourrons développer son fonctionnement de cette montre.
Réalisée par deux horlogers travaillant à Paris dans la seconde partie du XVIIIe elle date des années 1780. Ces horlogers sont Gautrin Père et Fils soit Pierre François et Pierre Laurent (ou l’inverse….)
Elle est composé de 122 pièces dont une seule roue, roue qui porte l’aiguille des minutes et opère ses révolutions en 12 heures.
L’échappement est à pirouette je vous le présente

L’échappement que les Gautrin ont adopté est probablement une de leur invention puisqu’il ne se retrouve nul par ailleurs dans les ouvrages de références pas plus que sur d’autres pièces répertoriées.
Il n’est pas libre mais à demi-repos frottant, demi-recul, cela veut bien dire les choses, à savoir que durant une alternance le secteur d’échappement recul, durant l’autre il n’y a que frottement. La forme des levées ressemble un peu aux échappements à virgules.
Sur la gauche vous voyez la disposition de l’échappement tel qu’il est dans la montre, soit en haut le secteur d’échappement (vu seul sur la droite) au centre le mobile de pirouette (vu à droite ) et en bas le balancier. Les axes sont respectivement celui du mobile de pirouette et du secteur.
Comme vous le constatez aucune roue, et il paraît impossible de faire marcher une montre ainsi…Les auteurs de cette petite merveille ont tout simplement, si j’ose dire, fait fonctionner le secteur durant 30 seconde sur un niveau et durant les 30 autres sur un autre niveau. En somme ils ont doublé l’échappement ; la denture du secteur est double, les levées sur l’axe du mobile de pirouette également.
C’est là toute la subtilité de cette montre, les fonctions sont doublées car en plus des deux échappements, il y a bien évidemment deux sources d’énergie puisque le secteur se déplace alternativement dans un sens et ensuite dans l’autre.
Les raisons d’une telle construction restent inconnues et sont réellement difficiles à cerner…La montre des Gautrin ne pouvait nullement prétendre remplacer l’horlogerie telle qu’elle se pratiquait et qui avait déjà à cette date des bases fortement ancrées, que les Gautrin connaissaient à coup sûr lorsque l’on sait ce qu’ils ont fait par ailleurs…alors pourquoi ???
Seule réponse possible à mon sens : Réaliser un exploit, mais qui resterait inutile.



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MessageSujet: Re: Exclusif ! L'histoire de la montre sur Forumamontres   Sam 8 Avr - 17:58

25e épisode: Un remontoir d'égalité




Après la pirouette nous passons à un autre dispositif « le remontoir d’égalité » présenté ici sur une pièce école de la Chaux de Fonds avant 1950, équipant le fameux calibre 65 mm sous les auspice du Maître R. Gafner et réalisé par l’élève Fesselet.
POURQUOI AJOUTER UN DISPOSITIF SPECIAL AUX MOUVEMENTS CLASSIQUES?
Tout appareil mécanique destiné à mesurer le temps possède un régulateur dont il faut entretenir les oscillations. Dans la recherche de l’isochronisme, condition primordiale de qualité réglante, il faut assurer à ces oscillations des amplitudes d’arcs égaux. Pour cela deux choses sont importantes:
1) L’intensité des impulsions transmises, doit être constante.
2) Les perturbations subies, lors de la fonction de dégagement, doivent également être d’intensité égale. Dans une construction classique cela n’est pratiquement jamais atteint
À tout problème posé, des solutions sont recherchées. Les différents dispositifs issus de ces recherches portent les appellations de REMONTOIR D’EGALITE pour les uns et de FORCE CONSTANTE pour les autres.
On peut en énoncer le principe ainsi
Plus une force est réarmée fréquemment, donc d’une efficacité de courte durée, plus son désarmage est d’intensité constante.
L’application de ce système s’est traduite par l’interposition entre la force motrice principale et le régulateur d’une seconde source d’énergie autoréarmable, disposée comme un relais.
De l’emplacement de ce mécanisme plus ou moins près du régulateur sont nées les divergences d’appellations citées précédemment. S’il est logé au sein du rouage et agit par exemple sur la roue d’échappement, c’est un remontoir d’égalité. S’il est logé au cœur de l’échappement et agit par exemple directement sur le régulateur, alors c’est un échappement à force constante.
Dans tous ces dispositifs, nous avons deux actions : une action d’armage - une action de désarmage.
Pour ma part je donne les définitions suivantes
Une montre est à remontoir d’égalité, lorsque le mécanisme additionnel est armé pour plusieurs impulsions.
Une montre est à force constante lorsque le mécanisme additionnel est armé pour chaque impulsion.



Ces photos vous présentent les différentes pièces de l’échappement qui est à ancre et celles du remontoir également à ancre, si bien que nous avons deux ancres pour l’ensemble du dispositif. Ce qui est le principe de base de tout les dispositifs tant à remontoir d’égalité, qu’à force constante. Il faut en quelque sorte deux échappements, en intégrant une énergie dans le premier.
Une roue dite «morte » à dents pointues est coaxiale avec une roue d’énergie constante. Elles sont reliées par le biais d’un spiral, qui est le ressort d’énergie constante.
L’ancre du remontoir comporte deux palettes et un enfourchement dans lequel agit une came placée sur le tigeron de la roue d’échappement.
Il faut savoir que lors de l’assemblage l’horloger doit donner au spiral une certaine intensité d’énergie qui sera toujours maintenue lors du fonctionnement.
Le schéma dans la vignette représente l’énergie utilisée par rapport à l’énergie donnée lors de l’assemblage. Ici le spiral constant a été armé d’une intensité de 120° et il se désarme de 6° chaque seconde soit qu’il délivre 1/20e de son énergie totale se qui fait que l’énergie parvenant à l’échappement est pratiquement constante.
La suite est classique puisqu’il s’agit d’un échappement à ancre suisse normale.



La roue morte est bloquée et, par conséquence également l’énergie motrice principale du barillet. Les aiguilles heures, minutes, secondes ne tournent pas. Ce maintien est assuré par la palette d’entrée PE de l’ancre de roue morte, en appui contre la dent Dl de la roue morte. La position de cette ancre est assurée par la came à trois sommets portée par la roue d’ancre. Dans la position adoptée ici, c’est le sommet S1 de la came qui a provoqué le déplacement de l’ancre afin d’assurer le repos sur la palette d’entrée.
Si l’énergie motrice et le rouage sont bloqués, l’échappement de la montre fonctionne normalement grâce à l’énergie du spiral constant.
Durant 4 alternances, soit 2 aller et retour du balancier, la situation évolue. La came, montée sur la roue d’ancre, tourne dans le sens de la flèche. Nous comprenons que de par sa forme la came déplace l’ancre de remontoir pour dégager la palette d’entrée En même temps, la palette de sortie PS a pénétré dans le cercle parcouru par la pointe de chacune de ses dents.
A la 5e alternance du balancier, une seconde de temps s’est écoulée la palette d’entrée PE libère la dent Dl. La roue morte, sous l’action de l’énergie motrice, parcourt un angle de 6°, trajet stoppé par la dent D2 chutant contre la palette de sortie PS de l’ancre de roue morte.
Cet angle parcouru instantanément engendre deux effets:
1) Le déplacement simultané de toutes les aiguilles, heures, minutes, secondes.
2) Le réarmage de l’énergie du spiral constant.
Il faut bien sûr redonner au spiral constant l’énergie qu’il vient de distribuer à l’échappement au cours d’une seconde de fonctionnement. Ce réarmage s’explique ainsi
Au début de chaque seconde, les deux roues, roue morte et roue constante, sont superposées et reliées entre elles par le spiral constant, investi de 120 degrés d’armage représentant son énergie totale.
Durant une seconde, la roue morte est bloquée et la roue constante, sous l’action du spiral qui débite son énergie utile, tourne de 6°. Dès sa libération, la roue morte parcourt à son tour ce même angle de 6°, sous l’action de l’énergie principale, mais ici cet angle est parcouru en une fraction de seconde. Ainsi, les deux roues se retrouvent dans leur superposition primitive, et le spiral constant réinvesti de son énergie dissipée
Cette phase terminée, les fonctions vont se reproduire dans l’autre sens.
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MessageSujet: montres et histoire   Dim 9 Avr - 17:24

26e épisode : une force constante à triple détentes




PRESENTATION
Cet échappement est nommé cette fois « à force constante » pour la raison évoquée précédemment, c’est à dire que l’énergie est réarmée pour chaque impulsion soit toutes les 2 alternances, compte tenu qu’il s’agit d’un échappement à détente donc à coup perdu (Dans le système de Gafner c’est pour 5 alternances et il n’a aucun coup perdu)
De plus dans le système à remontoir, il demeure des mobiles entre l’énergie constante et le régulateur, ici il n’y en a aucun.
La pièce présentée est due à Louis Richard du Locle, qui la réalisa vers les années 1840. Je l’ai nommé « à triple détente », ce qui confirme ce que je vous ai dit à savoir que tous ces dispositif sont réalisés avec deux échappements, c’est le cas ici avec en plus une détente d’énergie constante.
Pour la petite histoire, il faut dire qu’il y eut entre Louis Richard et Claudius Saunier ce qu’il faut appeler une polémique, les propos tenus n’étant pas envoyés avec beaucoup de diplomatie, comme nous le rapportent les journaux de l’époque.
Évidemment Saunier dénigrait avec véhémence le travail de Richard, lequel s’en défendait avec non moins de véhémence. L’histoire de l’horlogerie fourmille de ce genre de fait et je suis personnellement à la base de quelques critiques, concernant l’origine des automatiques à rotor, mais je souhaite plutôt parler de débat plutôt que de polémique.



DESCRIPTION
Cet échappement est composé d’une roue, de trois détentes pivotées, de deux plateaux
LA ROUE est du type duplex Le Roy, à double denture. Sa construction est, particulière car elle comporte pour cette double denture, une double serge. Sur la serge extérieure sont taillées 15 dents pointues, ce sont les dents de repos. Sur la serge intérieure sont taillés, de champ, 15 ergots prismatiques dont la fonction est le réarmage de la force constante.
LA DÉTENTE DE REPOS assure le maintien de l’énergie principale de la montre. Elle est placée tangentiellement à la roue d’échappement. Sa disposition est telle qu’une cheville en rubis en forme de prisme triangulaire, fixée verticalement à l’une de ses extrémités, peut retenir la roue d’échappement en agissant sur les dents de repos de cette dernière. Cette détente continuellement sous tension d’un léger ressort est appuyée contre une vis excentrique permettant de régler ses angles fonctionnels. Elle porte une goupille dite libératrice,
LA DÉTENTE D’IMPULSION est la pièce maîtresse de cet échappement. Durant chaque cycle de fonctionnement désarmage/armage, soit en 2/10e de seconde, elle entre en contact avec tous les autres mobiles de l’échappement. Chassé sur son tigeron inférieur, se trouve le spiral constant investi lors de l’assemblage d’un certain nombre de degrés d’intensité d’énergie. L’extrémité extérieure de ce spiral à 6 tours, est fixée par pitonnage à la platine. La détente d’impulsion se termine côté pivotement du balancier, par une palette en or, c’est la palette d’impulsion, et par un prolongement en col de cygne, c’est le bec d’accrochement. Côté pivotement de la roue d’échappement elle se termine par une palette gommée en rubis, c’est la palette de réarmage, et par une tige dite libératrice.
LA DÉTENTE DE DÉGAGEMENT a comme fonction principale le maintien d’une énergie, celle qui par définition assure au balancier des impulsions d’intensité constante,. A cet effet la détente de dégagement située parallèlement à la détente de repos, mais dirigée vers le pivotement du balancier, possède une cheville en rubis en forme de prisme triangulaire, c’est la cheville d’accrochement. Cette détente, comme la détente de repos est continuellement sous tension d’un léger ressort, ses angles fonctionnels sont également réglés par une vis excentrique contre laquelle elle s’appuie. Elle possède sur une de ses faces latérales une fine lamelle en or la dépassant à son extrémité côté balancier, c’est le ressort de dégagement.
LES DEUX PLATEAUX
Enfin pour terminer cette description des différents mobiles nous avons, chassés sur l’axe inférieur du balancier, deux plateaux, portant chacun un doigt en rubis.




FONCTIONNEMENT
Sur ce croquis le balancier, situé au-dessus des plateaux, tourne dans le sens de la flèche 1. Tous les autres mobiles sont en position de repos, respectivement:
.1) La roue d’échappement, est maintenue par la détente de repos. La dent dl étant en appui contre la palette triangulaire de repos. L’énergie motrice agit sur cette roue dans le sens de la flèche 2.
2) La détente de repos, est en appui contre une vis excentrique, permettant de régler la pénétration de la cheville de repos contre les dents de la roue.
3) La détente d’impulsion est maintenue au repos par son bec d’accrochement, par la cheville d’accrochement triangulaire. Elle est sous tension de l’énergie du spiral constant, investi d’un certain nombre de degré d’intensité d’armage, lors de l’assemblage.
4) La détente de dégagement, sous tension contre une vis excentrique. Cette vis permet de régler la pénétration de la cheville d’accrochement A contre le bec d’accrochement.
La totalité des fonctions se produit, comme déjà dit en 2/lOe de seconde.
Le doigt de dégagement fixé au petit plateau rencontre l’extrémité du ressort d’or fixé à la détente de dégagement. Cette détente est entraînée et le dégagement du bec d’accrochement de la détente d’impulsion se produit. A ce moment la cheville d’accrochement et la palette d’impulsion fixé au grand plateau, se trouve comme indiqué en pointillés.
La détente d’impulsion sous tension du spiral constant est en position de produire successivement deux fonctions dans le sens de la flèche 3.
— transmettre l’impulsion au balancier.
— libérer l’énergie principale
L’impulsion est transmise par l’intermédiaire de la palette d’impulsion, palette en or, située à l’extrémité de la détente d’impulsion, chutant contre le doigt d’impulsion en rubis fixé au grand plateau. Par ce biais une partie de l’énergie détenue par le spiral constant est portée au crédit du balancier, et lui assure ainsi son mouvement oscillatoire.
Dès la fin de l’impulsion, le balancier poursuit la seconde partie de son alternance et la détente d’impulsion peut produire sa deuxième fonction : libérer l’énergie principale utile au réinvestissement dans le spiral constant de l’énergie qu’il vient de dissiper. La détente d’impulsion poursuit son angle fonctionnel dans le même sens, flèche 3, et produit son second effet.
A l’instant précis où la palette d’impulsion quitte le doigt d’impulsion la tige libératrice fixée à l’autre extrémité de la détente d’impulsion, rencontre la goupille libératrice fixée sur la détente de repos. Cette détente est à son tour entraînée et cela permet par l’éloignement de la cheville de repos de libérer la roue d’échappement et par conséquence l’énergie principale. La roue d’échappement libérée agit instantanément : l’ergot chute contre la palette de réarmage, qui après l’angle parcouru par la détente d’impulsion se trouve juste sur le parcours de l’ergot. Alors ce dernier entraîne la détente d’impulsion en sens inverse de la flèche 3 jusqu’à l’accrochement de son bec à la cheville d’accrochement de la détente de dégagement. Cette fonction a eu pour effet de réinvestir le spiral constant de la totalité de l’énergie venant d’être dissipée.
Simultanément la détente de repos, sous tension du léger ressort de rappel, a repris sa position primitive afin de bloquer à nouveau l’énergie principale s’interposant sur le parcours de la dent de repos d2, chutant contre la cheville de repos.
Nous constatons après cet ensemble de fonctions, fournies rappelons le en 2/10e de seconde environ, que les trois détentes ont repris leurs positions primitives. Le spiral constant est à nouveau armé d’une intensité égale. La roue d’échappement après avoir avancé d’un pas est bloquée, son mouvement ayant été transmis bien évidemment aux aiguilles de la montre, seul le balancier poursuit son oscillation.
Mais ne perdons pas de vue, qu’après ces diverses fonctions le balancier n’a pas encore parcouru la totalité de son alternance active. Il poursuit donc son mouvement dans le sens de la flèche pour parvenir à son point extrême avant rebroussement. Dès ce rebroussement dans le sens inverse de la flèche 1 le balancier entame son alternance muette. Au cours de ce retour seul le doigt de dégagement fixé au petit plateau rencontre l’extrémité du ressort d’or. Le ressort cède sans provoquer d’autre changement dans la position des différentes détentes. Le cycle complet de 2 deux alternances est terminé, toutes les fonctions peuvent se reproduire.
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MessageSujet: Re: Exclusif ! L'histoire de la montre sur Forumamontres   Lun 10 Avr - 18:27

27e épisode échappement à translation




Voici pour terminer les forces constantes un prototype encore plus spectaculaire car il utilise un système de transmission d’énergie très particulier que j’ai nommé « à translation »ou plus clairement ?
Par déplacement du point d’équilibre.
Qui, jusqu’à l’apparition de l’électronique pouvait imaginer sa montre, sa pendule, sans tic-tac ? Ce petit bruit, au demeurant si sympathique, était pour tous le signe indispensable du fonctionnement. Un simple geste, porter sa montre à l’oreille, nous indiquait qu’elle «vivait», que son cœur battait.
Depuis déjà plus d’un siècle, des recherches ont été entreprises pour découvrir un autre mode d’entretien des oscillations que celui à percussions qui provoque ce tic tac.
Des résultats relativement concrets ont été obtenus en pendulerie, mais jamais concluants en horlogerie portable...
Tous les chercheurs sensibilisés par le problème, sont parvenus aux mêmes résultats quant au principe, mais ont divergé quant aux effets. Le principe se résume ainsi
L’entretien des oscillations du régulateur peut être assure par le déplacement du point d’équilibre. Pour rendre plus compréhensible ce principe à translation, il est préférable de prendre comme exemple le pendule.
Si au lieu de « frapper » le pendule alternativement à droite et à gauche ce que font les échappements à percussion et qui donne le tic-tac, on déplace alternativement à droite et à gauche son point de suspension et on s’aperçoit que ce déplacement entretiendra ses oscillations
Pour introduire dans la montre un type d’échappement à translation, il faut donc construire un système qui déplace à intervalle régulier, et toujours de la même manière le point fixe, soit l’extrémité extérieure du spiral assujettie au piton. Ainsi le balancier ne trouve jamais sa position d’équilibre et le jeu de cache-cache entre l’échappement, modifiant sans cesse cette position et le balancier qui la poursuit, entretient les oscillations de ce dernier.
Je vous passe les nombreux essais réalisés depuis 1850 environ mais le plus connu est le« tourbillon de Benoît » vers 1860 ou en pendules celles de Riefler et Strasser vers 1890.
La montre présentée ici est un prototype de Jaccard de Genève en 1940.



C’est un échappement à translation.
Il est silencieux. Attention, si tous les échappements à translation sont silencieux, tous les échappements silencieux ne sont pas forcément à translation. Il en existe de très rares à percussion et sans bruit.
Est-ce un échappement à « coup » perdu ?. Oui, une impulsion toutes les deux alternances.
Est-il libre ? oui au sens ou cela est décrit dans les échappement à percussions
Est-il à force constante ? la question est posée en sachant que si l’angle est toujours égal, la durée d’exécution varie en fonction de l’armage de l’énergie motrice.
DESCRIPTION
LA ROUE D’ÉCHAPPEMENT
Le pignon de cette roue est exceptionnellement grand et nombré 3,75 m/m de diamètre pour 20 ailes. Inversement, la roue des secondes est relativement petite 9 m/m de diamètre pour 50 dents .Nous ne constatons sur cette roue aucun incliné spécial formant plan d’impulsion.
LA FOURCHE DE PITON
Ce mobile est chargé de transmettre l’impulsion au régulateur. Il déplace donc la position d’équilibre du balancier.
DÉTENTE
La détente est composée, principalement de deux leviers le levier de repos et le levier de renvoi.
LAME DE SUSPENSION
Cette lame est le porte piton normal, mais sa flexibilité permet le déplacement de ce piton, donc de la position d’équilibre.
ENSEMBLE RÉGLANT balancier-spiral
Sur l’axe du balancier aucun organe afférent, tels plateaux etc, seul le spiral le relie, durant l’impulsion à l’énergie principale.



Les recherches et les publications de Jaccard sur l’impulsion par déplacement du point d’équilibre provoquèrent une polémique entre l’école de Genève et l’école Locloise. Nous ne pouvons vous citer toute la controverse qui opposa souvent en termes très vifs et passionnés les maîtres des deux écoles. De plus, à ce niveau, les joutes techniques sur ces théories, dépassent de loin ma compétence.
IL y eut néanmoins les conclusions de Monsieur R. Lavest, directeur de l’école d’horlogerie du Locle et protagoniste acharné, qui a fait plus que de mettre en doute l’efficacité de ce genre d’échappement, Je ne vous rapporterai pas l’étude de M. LAVEST voici simplement sa conclusion
Le principe de l’entretien par déplacement de la position d’équilibre (traction par le spiral) repose sur un principe vicieux et porte en lui sa propre condamnation.
Voilà la conclusion, hélas nettement négative, de cette étude.



Voici un modèle de tourbillon qui n’entre pas dans la catégorie classique, basée sur le dispositif de Breguet, tout en ayant bien évidemment les mêmes avantages.
Nous verons à partir de demain la différence fondamentale entre le tourbillon et le carrousel : à savoir que le premier s’appuie toujours sur une denture fixe, ce qui n’est pas le cas pour le second qui n’a aucune denture fixe
Par contre l’un et l’autre de ces dispositifs peuvent être équipés de n’importe quel échappement classique telles détentes, ancres etc... qui sont des échappement dits « à percussion » puisque fonctionnant sur des chocs.
Dans le tourbillon de Benoit c’est là que se tient la différence puisque le fonctionnement de l ‘échappement est basé sur un autre principe : celui dit du déplacement d’équilibre ou encore « point mort ». Il n’a de ce fait aucune denture fixe et entrerait plus alors dans la catégorie des carrousels... mais conservons lui son appellation de « tourbillon de Benoit
Ce point mort, dans une montre, est donné par la position du spiral, qui par son élasticité ramène toujours le balancier sur ce point, alors que l’échappement l’en éloigne
Il est clair que si durant la marche on déplace ce point, donc en déplaçant le point de fixation du spiral, le piton, d’un certain angle toujours dans le même sens, on arme le spiral d’une petite intensité qui assure l’impulsion, en même temps que l’on entraîne le balancier dans un mouvement de rotation autour de son pivotement.
Historiquement il faut préciser que ce genre de tourbilloon est du à un anglais Gowland qui le réalisa déjà en 1838, mais l'histoire continue de l'attribuer à Benoit
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MessageSujet: montres et histoire   Mar 11 Avr - 17:01

28e épisode Le tourbillon est né




Nous parvenons aux dispositifs tournants qui ont retrouvés depuis quelques années une nouvelle jeunesse. Il faut déjà expliquer succinctement pourquoi on a réaliser ce genre de dispositifs, quiil faut le préciser, ne sont pas des échappements, car en fait on peut y introduire n’importe quel échappement. Il faut donc préférable d’allier de terme du dispositif à celui de l’échappement ainsi dire « un tourbillon à détente » « un carrousel à ancre »
Pourquoi un dispositif tournant ?
Il s’agit simplement de tenter de combattre l’effet néfaste d’une loi terrestre, la pesanteur, sur un organe oscillant tel quel l’ensemble balancier/spiral, si le centre de gravité ne se trouve pas très exactement sur le centre de rotation et cela dans toutes les positions verticales. Le réaliser statiquement est impossible. Le faire dynamiquement est réalisable, mais cela prend du temps donc de l’argent.
Un défaut d’équilibre de l’ensemble réglant balancier-spiral agit négativement sur la marche. Les variations dues à ce défaut d’équilibre dépendent de plusieurs facteurs et sans entrer dans les détails il faut néanmoins savoir qu’à défaut d’équilibre égal l’effet est variable suivant:
1) Le moment d’inertie du balancier L’écart est plus faible avec un balancier à moment d’inertie élevé.
2) La durée de la période du système oscillant. L’écart est plus faible avec une période basse. Avec 21600 Ah (période de 0,33 seconde) l’effet est de 30 0/o inférieur par rapport à 18 000 Ah (période de 0,40 seconde).
Indépendamment 2 autres facteurs ont une influence:
3) la position de la pièce Cela se traduit par une avance, ou retard, ou aucun effet.
4) l’amplitude du balancier
A) l’effet d’un défaut d’équilibre est nul à 220° d’amplitude.
B) si le centre de gravité se trouve en dessous du centre de rotation, l’effet est une avance avec des amplitudes inférieures à 220°.
C) avec la même position du centre de gravité l’effet est retard avec des amplitudes supérieures à 220°.
Ce phénomène dit «fonction Bessel» est à l’origine de l’invention des dispositifs tournants. Ces systèmes en faisant opérer à l’ensemble réglant une révolution complète sur lui-même, en un temps donné, place en même temps le balourd (défaut d’équilibre) dans toutes les positions et l’effet de la fonction précitée annulent par compensation les variations dues à ce défaut.
Le premier dispositif réalisé est du à A.L. Breguet avec son dispositif qu’il nomma « Régulateur à tourbillon » C’était en 1801.




Modèle de dispositif à tourbillon classique réalisé comme la majorité des tourbillons, celui-ci par un horloger de la région de Bordeaux, Monsieur Gady très récemment, c’est à dire année 1998.
Lorsque je dis classique cela veut dire que le balancier est au centre de la cage, que la durée d’une révolution est de une minute, qu’il est donc monté sur la denture de la roue des secondes, qui est fixe.
Si je cite ce modèle comme classique cela ne veut pas dire que d’autres dispositifs, qui ne présentent pas exactement ces caractéristiques, ne sont pas des tourbillons. Comme il a été dit précédemment Breguet dans son Brevet accordé en 1801 revendique toutes les dispositions où le régulateur tourne autour d’un axe fixe, quelque soit le nombre de mobiles à l’intérieur de la cage et leur disposition.
Au passage on peut remarquer l’équilibre, l’élégance, la légèreté de cette réalisation, que son auteur à nommé « Tripode ».
Autre détail le coq et taillé très finement des initiales de l’auteur soit C G (Claude Gady)



Il y a quelques écrans, je vous ai présenté une pièce école comportant un remontoir d’égalité monté sur le fameux calibre 65 mm de l’école d’horlogerie de la Chaux de Fonds, sous les auspices de Monsieur Gafner.
Dans le même esprit, sous les mêmes auspices voici un tourbillon monté sur le même calibre.
Je ne vous cache pas que j’ai en mains cette pièce plusieurs jours et que sa qualité laisse pantois…Il semble que tout est fait à la perfection.
Ses particularités résident dans le tourbillon qui n’est plus tout à fait classique puisqu’il est monté sur une denture « quelconque » qui fait opérer chacune des révolutions à la cage en 102 secondes. D’autre part cette cage n’est pas entraînée par un pignon central mais par une denture périphérique engrenant avec la roue des secondes.
Les détails sont présentés au prochain écran



Quelques vues des détails de la pièce de Gafner, montre, tourbillon, ancre de seconde morte et pivotements cage et balancier
Une autre des différences du dispositif à tourbillon de Gafner par rapport à ce que je nomme classique se situe au niveau des pivotements cage et balancier. Dans le classique la cage pivote dans le coq et le balancier dans la cage. Ici tout pivote dans le coq, le pivotement de la cage étant constitué par un tube et l’axe du balancier passant au travers de ce tube (voir croquis)
Enfin une autre complication exceptionnelle ajoutée à cette réalisation se trouve au niveau d’un affichage de la seconde morte par un dispositif unique, probablement de conception Gafner, comportant une ancre que vous voyez et un système de roues reliées par un spiral, comme nous l’avons vu dans le remontoir d’égalité
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MessageSujet: montres et histoire   Mer 12 Avr - 17:28

29e épisode Des tourbillons moins classiques




Ce tourbillon que Claude Gady a réalisé pour marquer la fin du millénaire a la particularité d’être monté sur denture de la roue d’échappement qui se trouve être fixe.
Dans la cage on ne trouve donc que le balancier et l’ancre
Il ne s’agit pas totalement d’une nouveauté car cette disposition a déjà été utilisée par Potter, aux Etats Unis, en 1875, mais avec une roue d’échappement de 30 dents, ici la roue est classique avec ses 15 dents



Outre le portrait de Monsieur Gady vous voyez le tourbillon complet sur chacune de ses faces dans lequel seul le balancier qui se trouve au centre, et l’ancre sont intégrés.
Les palettes de l’ancre sont tournées vers le pivotement de la cage.
La vue qui décrit assez bien ce montage se trouve ici et vous y voyez la denture de la roue d’ancre qui en fait est fixe. En dessous la denture de la roue des secondes qui entraîne la cage par son pignon.
Il est aisé de comprendre que la cage montée sur le mouvement les palettes de l’ancre sont en prisent avec les dents de la roue fixe et que, l’énergie parvenant à la roue des secondes fait tourner la cage qui sans intermédiaire fait marcher la montre.
La chose qu’il faut comprendre c’est que la cage tourne au rythme de la fréquence adoptée.
Comme celle ci est de 18000Ah soit 5 à la seconde et que la roue compte 15 dents qui fournissent 30 impulsions par tour soit chacun des ces tours en 6 secondes.
Techniquement il faut dire que de telles réalisations ne sont en aucun cas performantes dans le domaine de la chronométrie, mais unique dans le domaine de la réalisation.
Une des raisons les plus importantes du manque d’efficacité du tourbillon rapide se trouve dans le fait que dans un tourbillon classique à ancre ayant des révolutions de une minute la cage se déplace de 1,2° à chaque impulsion, c’est à dire qu’il y chaque fois libération et blocage, ce qui n’est déjà pas mal, d’autant plus si cette cage est lourde et déséquilibré.
Dans le tourbillon présenté ici le déplacement de la cage lui fait parcourir 12° à chaque impulsion, ce qui est considérable, même si la cage est plus légère du fait qu’il n’y a aucune roue à l’intérieur.
Malgré cela l’exploit reste bien là.



Nous passons à un autre dispositif tournant mais qui opère des révolutions en une heure. Il s’agit du mouvement tournant bien connu de la Waterbury.
Cette Maison, La Waterbury Watch Company, fut fondée le 1er mars 1880, aux Etats-Unis, dans le Connecticut.
Cette firme horlogère fut une des premières à tenter la vulgarisation de la montre, par une simplification maximum du mécanisme, une fabrication à l’emporte pièces, l’utilisation de matériaux bon marché. Le but de la Waterbury était de mettre en vente des montres relativement bon marché et d’un entretien peu coûteux. Ce que Roskopf avait fait sur le continent peu de temps avant
La première réaction, en Europe, fut une clameur d’indignation, affirmant qu’il ne s’agissait plus d’horlogerie mais de quincaillerie... En fait on ne peut pas dire que les techniciens de la grande firme américaine se soient inspirés des grands maîtres de l’horlogerie, ils n’ont jamais prétendu réaliser des chronomètres, mais une montre bon marché, simple, robuste, pouvant être construite en grande série. La Waterbury à mouvement tournant entre dans ces recherches.
Etudions le fonctionnement du mouvement tournant que je classe aussi dans les tourbillons car son fonctionnement s’appuie sur une denture fixe



Entre deux platines, reliées par piliers et fixées par trois vis, se trouve le rouage et l’échappement.
Ce premier ensemble, platines, roues et échappement, pivote et opère sa révolution en une heure. C’est la partie mobile dont Breguet parle dans son brevet.
Cette partie mobile est logée dans un second ensemble composé de la carrure de la boite, du cadran et d’un double fond, c’est la partie fixe.
Le cadran et le double fond servent de point de pivotement. Le pivotement inférieur constitue aussi l’arbre du barillet.
A ce stade de la description, on voit que le mouvement, équipé de ses mobiles, roues et échappement, sans le barillet et le ressort, peut tourner librement entre le cadran et le double fond. Il faut y ajouter le moteur.
Le moteur est un barillet de 41 millimètres de diamètre et taillé de 70 dents (photo N0 4). Il se trouve à la base du mouvement, entre la platine inférieure et le double fond. A l’intérieur de ce tambour se loge le ressort exceptionnellement long, près de 2 mètres 60, pour une épaisseur de 14 centièmes de millimètre et une hauteur de 2,70 mm.
L’extrémité intérieure de ce ressort se termine en coquillon, qui se croche sur l’arbre, pivotement inférieur de l’ensemble.
La denture du tambour sert uniquement à l’armage. L’énergie du ressort armé, ne peut s’écouler que par l’arbre relié à la platine inférieure, avec pour résultat d’entraîner tout le mouvement en rotation, dans le sens de la marche des aiguilles.
A cette seconde halte dans la description du fonctionnement de la Waterbury à mouvement tournant, on s’aperçoit qu’aucune force n’assure les fonctions de l’échappement. Ce point du fonctionnement se réalise ainsi.
Le pivot de la première roue, logée entre les deux platines se prolonge sur la platine supérieure, entre cette platine et le cadran. Il porte un pignon de 8 ailes. Sous le cadran est fixée une roue de 44 dents, le pignon de 8 ailes engrène avec la denture de cette roue fixe, ainsi la liaison force motrice échappement est effectuée. Le ressort moteur fait tourner tout le mouvement, et le pignon de 8 ailes est obligé de «rouler» autour de la roue fixe, entraînant avec lui le rouage et assurant le fonctionnement de l’échappement.
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