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 Interview de Jean-Christophe Babin Président de Tag Heuer

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ZEN
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MessageSujet: Interview de Jean-Christophe Babin Président de Tag Heuer   Lun 7 Déc 2009 - 18:14



Les interviews exclusives de Forumamontres

par

Joël Jidet




Jean-Christophe Babin





Jean-Christophe Babin CEO de Tag Heuer vient de présenter un nouveau calibre de chronographe qui équipera à terme la plupart des chronos de la marque. Le projet engagé en 2006, débouche fin 2009 ce que le président de Tag Heuer justifie par une recherche de perfection à tous les niveaux de la conception à l’utilisation en passant par la fabrication ultra moderne mise en œuvre.

Jean-Christophe Babin a bien voulu répondre cartes sur table aux questions de Forumamontres.



Vous avez présenté le calibre 1887 il y a quelques jours et déjà, certaines réactions font état d’une ressemblance avec un calibre Japonais Seiko. Quelle explication pouvez-vous donner quant à cette ressemblance architecturale du mouvement ?

En janvier 2006, nous avons commencé à regarder tous les chronographes mécaniques du marché. Aucun ne satisfaisait totalement notre niveau d’exigence : production en gros volumes, fiabilité imbattable dés la mise sur le marché, facilité d’entretien et coûts de fabrication raisonnables. Plutôt que de partir d’une page blanche comme nous l’avons fait avec le fameux V4 dont les livraisons ont commencé il y a 15 jours, nous avons acquis de SII (Seiko Instruments Inc.) l’usage de la propriété intellectuelle de leur mouvement TC78, un chronographe haut-de-gamme breveté à partir de Décembre 1997(dépôt), et produit jusqu’ici en petites quantités et utilisé par très peu de marques. La base du Calibre 1887 reprend donc les grandes lignes d’une construction développée par SII même si le mouvement fabriqué par TAG Heuer en Suisse est significativement différent sur les composants horlogers clés.









La proximité avec Seiko établie, que reste-t-il de la conception interne à Tag Heuer à laquelle vous faisiez référence dans votre communiqué de presse ?

Nous avons repensé intégralement le TC78 en termes de dimensions comme de chronométrie. Cela est passé par l’accueil d’un assortiment (échappement, ancre, balancier, spiral et raquetterie) suisse, ce qui a entraîné un redesign de la platine, des ponts, notamment du pont de chronographe, de la masse oscillante et de la fixation de son roulement ainsi que le développement d’un eccentrique pour ajuster le pignon oscillant.. Tous ces changements ont été apportés dans le but d’accroître la précision et la fiabilité de ce chronographe afin qu’il soit conforme aux exigences imposées par nos 60 tests de qualité et que nous puissions l’industrialiser à grande échelle. Au final, un mouvement Swiss Made, produits dans nos murs, qui fait de TAG Heuer une vraie Manufacture. En termes de dimensions, notre calibre est différent du TC78 puisqu’il fait 29.3 mm de diamètre contre 28mm pour le TC78, et seulement 7.13mm d’épaisseur contre 7.27mm. Pour améliorer l’efficacité nous avons également porté le nombre de pierres de 35 à 39. Les hauteurs et plans de platine sont notoirement différents.



On est davantage habitués à voir les asiatiques reprendre des calibres conçus en suisse qu’à la situation inverse. Qu’est-ce que Tag Heuer a apporté de plus au mouvement et qui n’était pas dans la version faite par Seiko ?

Le calibre TC78 est reconnu comme extrêmement bien conçu, fiable, versatile, évolutif et robuste. C’est donc une base idéale pour affiner les détails et gagner encore en précision, notamment en y intégrant un échappement Nivarox, une raquetterie suisse (KIF) et en re-développant platines et ponts pour les rendre compatibles à un cœur et une précision suisses. Il s’agissait aussi d’industrialiser un mouvement qui, comme je l’ai dit, n’était jusque-là produit qu’en petite quantité avec des process très différents de ceux que nous avons utilisé en Suisse puisque nous nous y sommes équipés à Cornol chez Cortech (établissement de TAG Heuer qui fabrique déjà beaucoup de nos boites) pour la production des platines et des ponts, de machines automatiques d’usinage à sec tout à fait innovantes en termes d’efficacité, de précision comme d’impact écologique

N’aurait-il pas été plus simple d’expliquer dès l’origine de votre présentation que Tag Heuer avait racheté les plans d’un mouvement conçu par Seiko ?

Je ne souhaitais rien cacher. Nous avons simplement pensé qu’un amalgame malencontreux pourrait se faire dans l’esprit des gens : ils auraient pu comprendre que TAG Heuer ne fait qu’acheter des mouvements japonais pour les emboîter en Suisse, ce qui est loin d’être le cas. Tout le monde n’est pas aussi connaisseur que les enthousiastes de Forumamontres. L’important est que le Calibre soit swiss made, précis, fiable, facile à entretenir et magnifique en termes de réalisation et de décoration, ce qui sont les dimensions qui ont le plus marqué les nombreux journalistes spécialisés qui l’ont découvert à Londres la semaine dernière.

Pour ce mouvement, quels sont les critères qui vous poussent à évoquer un calibre de manufacture ?

Je ne me risquerais pas à trancher un long débat à propos de ce qui définit une Manufacture. A mon sens, une Manufacture se définit pas le fait qu’elle produit elle-même ses platines et ses ponts et assemble en interne l’ensemble des composants constitutifs du mouvement, ce qui reste l’essence de tout mouvement mécanique. Une Manufacture pourrait également produire son spiral ce qui n’est pas notre cas actuellement puisque nous avons préféré travailler avec Nivarox dont la réputation n’est plus à faire. Mais quelles manufactures produisent en volumes leurs spiraux aujourd’hui ? A cette aune, TAG Heuer est donc certainement une Manufacture. Je vous invite d’ailleurs à venir visiter notre T0 à Cornol (JU) pour en juger par vous-même. Nous avons mis sur pied une chaîne d’usinage extrêmement innovante en ce sens qu’elle est entièrement automatisée et fonctionne sans huile.

Est-ce que Tag Heuer n’a pas trop investi dans le développement du calibre V4 au point de se fermer les moyens de faire un développement complet de chronographe « in house » ?

Au contraire, le V4 nous a permis de mettre en place des process, des structures, des méthodes de développement qui nous ont beaucoup aidés pour industrialiser le Calibre 1887. Ce dernier a donc bénéficié de l’ensemble des moyens et structures de développement ainsi que de tous les moyens de prototypage, de tests et d’homologation utilisés notamment pour le Calibre V4 .





Le 1887 est devenu 100% Swiss made mais ne craignez-vous pas en affichant cette origine nippone que le crédit apporté au Swiss made soit encore un peu plus contesté ?

Le calibre répond aux exigences actuelles du Swiss Made, même dans l’éventualité où ce dernier serait appelé à évoluer. La crédibilité du Swiss Made incombe à la Fédération Horlogère, pas à TAG Heuer qui soutient activement l’idée d’un renforcement que le nouveau projet fédéral « Swissness » rendra certainement automatique. Les courroies du V4 ne sont pas fabriquées en Suisse et je pense que cela ne lui retire en rien son authenticité. Les composants clés du Calibre 1887 sont fabriqués en Suisse sur la base de développements faits en Suisse notamment sur assortiment, platines et ponts, et je pense que cela lui confère largement une identité Suisse qui va bien au-delà de la norme swiss made en vigueur. Dans le monde actuel, quels développements peuvent revendiquer une seule origine et franchement quelle société peut revendiquer que tous ses chercheurs sont de la même nationalité que son pays d’origine ? Ne serait-ce pas limitatif voir contre-productif en termes de best practice ?

Vous évoquez de manière transparente les origines de certaines pièces dont le balancier Spiral de chez Nivarox ou bien le HER (High Efficency Rewinder) utilisé pour le remontage bidirectionnel. Diriez-vous que vous avez pris le meilleurs chez chacun ?

C’est très exactement notre philosophie chez TAG Heuer. Regarder ce que le marché offre de meilleur, analyser si nous sommes capables de produire une meilleure qualité à un meilleur coût en interne et nous contenter de fabriquer in-house ce en quoi nous excellons. Pour faire un parallèle avec la cuisine, si l’on considère un grand Chef, il ne fait pas pousser dans son jardin la totalité des ingrédients de sa recette. Il va simplement se procurer la meilleure viande ou les meilleurs légumes, par exemple. En revanche, il accommodera lui-même la sauce qui les liera.

Les premiers exemplaires de série du 1887 seront-ils présent à bale ?

Oui nous présenterons à Bâle les premiers produits finis dotés du Cal. 1887. Il prendra place dans de nouveaux modèles qui viendront nourrir une gamme existante.

Merci monsieur Babin de votre franchise et de toutes ces informations.

Droits réservés - Forumamontres - Décembre 2009

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