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 Actu : Frontaliers objets d'une étude historique neuchâteloise

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ZEN
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ZEN

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MessageSujet: Actu : Frontaliers objets d'une étude historique neuchâteloise   Actu : Frontaliers objets d'une étude historique neuchâteloise EmptyJeu 15 Avr 2010 - 5:14

Citation :

Frontaliers objets d'une étude historique neuchâteloise
L'industrie horlogère suisse a fait appel aux travailleurs frontaliers à partir des années 1960. Un universitaire neuchâtelois publie une étude sur le cas de Tissot sur une période de 20 ans, allant jusqu'à 1980. La situation est difficilement comparable à celle vécue aujourd'hui. Interview.

«Les frontaliers, s'ils sont très sensibles à la conjoncture, ne s'inscrivent pas uniquement dans le segment inférieur du marché du travail, ceci grâce à leurs qualifications». C'est une des nombreuses conclusions à laquelle le chercheur Francesco Garufo est parvenu dans une étude consacrée au travail frontalier dans l'horlogerie entre 1960 et 1980. Il s'appuie sur le cas de l'entreprise Tissot du Locle, qui lui a ouvert ses archives (voir encadré). A l'époque, les travailleurs frontaliers qualifiés ont mieux résisté à la grande crise des années 1970 que leurs concitoyens non qualifiés.
Francesco Garufo, peut-on comparer la situation actuelle à celle d'avant la grande crise horlogère des années 1970?
Personnellement, je ne pense pas. Tout d'abord parce que la structure de l'horlogerie a radicalement changé. Aujourd'hui, quelques grands groupes contrôlent l'essentiel de la production horlogère, qui a donc été considérablement concentrée par rapport à la situation antérieure à la crise du milieu des années 1970, où la branche était extrêmement fragmentée. Cela donne tout d'abord une assise financière importante aux principaux producteurs horlogers, ainsi que la possibilité de contrôler beaucoup mieux l'ensemble de leur production et de la commercialisation de leurs produits (distribution, marketing, etc...).
Ensuite parce que le positionnement par rapport au marché mondial a été redéfini: il ne s'agit plus forcément de vendre dans tous les segments, mais de viser clairement une certaine clientèle pour chaque marque. De plus, le travail effectué sur le «swiss made» garantit aussi l'image de marque de l'horlogerie suisse, qui me semble par conséquent beaucoup plus solide qu'à la veille de la crise horlogère.
Toutefois, il est évident que la crise économique actuelle pèse tout de même sur l'horlogerie, comme sur toutes les branches économiques, et que certains en feront probablement les frais. Mais il est difficile actuellement de disposer d'informations précises sur la situation des entreprises. Il serait, par exemple, intéressant d'en savoir plus sur l'état des commandes et des finances des sous-traitants, mais aussi des marques peut-être plus fragiles car moins prestigieuses. Mais ce ne sont là que des suppositions et des interrogations.
L'accord de libre circulation des personnes a-t-il changé la donne?
Oui, dans la mesure où les frontaliers français ne devraient plus subir de discriminations par rapport à leurs collègues suisses. Mais je crois qu'il faudra encore un peu de temps pour mesurer précisément les conséquences de la crise en termes de main-d'œuvre, afin de savoir si les difficultés sur le marché du travail ont été plus fortement ressenties, ou non, par les frontaliers.
Vous évoquez une main-d'œuvre frontalière fractionnée en deux segments. Est-ce toujours le cas?
Là encore, mes conclusions se basent sur les conséquences de la crise horlogère sur la main-d'œuvre frontalière. Il m'est donc difficile de juger de la composition des effectifs frontaliers actuels en dehors de toute étude empirique. Il faudrait notamment pouvoir mesurer les fluctuations en termes d'emplois frontaliers, ainsi que de disposer de données sur leurs qualifications, les postes occupés et les salaires. Tout ce dont je disposais pour mon étude historique. /DAD



DANIEL DROZ


Quelques chiffres


Effectifs Selon l'Observatoire statistique transfrontalier de l'Arc jurassien, à fin 2009, on recensait 7536 frontaliers dans le canton de Neuchâtel (-4,3% par rapport à 2008), 5138 dans le Jura (-9,7%) et 1337 dans le nord du canton de Berne (-8,1%).
Horlogerie En Suisse, toujours à fin 2009, 15 878 frontaliers étaient employés dans l'horlogerie, soit environ un tiers des effectifs. Un nombre en baisse de 7,7% par rapport à 2008. Ils étaient 3125 (-8,4%) dans le canton de Neuchâtel, 1633 (-5,9%) dans le Jura et 680 (-17,7%) dans la partie nord du canton de Berne.
Neuchâtel Seuls la construction, le commerce et les réparations, l'hôtellerie-restauration et la santé-social ont enregistré une hausse des frontaliers depuis 2008. Ces secteurs représentent 26,5% des effectifs de frontaliers.
«Géo-Regards. Migrations contemporaines», éditions Alphil, Société neuchâteloise de géographie, Institut de géographie de l'Université de Neuchâtel


Le travail frontalier s'est développé à partir de 1966


Au début des années 1960, trois phénomènes - la libéralisation de l'horlogerie, la modernisation des moyens de production et les changements de politique migratoire - ont entraîné la hausse du nombre de frontaliers dans l'industrie horlogère. C'est le constat de base de l'étude de Francesco Garufo de l'Institut d'histoire de l'Université de Neuchâtel.
«Constituant en 1965 environ un dixième (1280 sur 12 064) de l'effectif des travailleurs étrangers au bénéfice d'un permis de séjour temporaire, les frontaliers représentent presque la moitié du contingent en 1974 (5282 sur 12 420.» Quant à leur rémunération, elle «demeure par contre, durant la période étudiée, très nettement inférieure à celle de leurs collègues suisses». En temps de crise, c'est confirmé pour les années 1970, «l'analyse des licenciements montre la forte dépendance des frontaliers vis-à-vis de la conjoncture». Dans le cas de Tissot, «les licenciements pour motifs économiques sont beaucoup plus nombreux que pour les autres catégories d'employés. Les travailleurs moins qualifiés, recrutés en masse dès 1966, en font majoritairement les frais». Par contre, les frontaliers qualifiés ont pu, en grande majorité faire face à la crise.
Dernier constat tiré par Francesco Garufo: «Tant pour les qualifications théoriques que pratiques, les écoles d'une part et le tissu industriel d'autre part, permettent aux frontaliers d'être compétitifs sur le marché de l'emploi suisse. C'est grâce à leur formation et à leur savoir-faire, que les frontaliers ont pu, et peuvent encore aujourd'hui, s'insérer et se maintenir dans le marché du travail suisse.» /dad



http://www.arcinfo.ch/home/home-arc/article/263812.html

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