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 Interview de Monsieur François-Paul JOURNE

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ZEN
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Date d'inscription : 05/05/2005

MessageSujet: Interview de Monsieur François-Paul JOURNE   Jeu 20 Juil - 5:03

Les interviews exclusives des marques

Proposées par Joël JIDET


Les échanges entre les collectionneurs et les marques horlogères sont peu nombreux en langue Française.
Internet est un fantastique outil pour que tous les amoureux de l’horlogerie puissent partager et faire partager leur passion.
L’objet de cette rubrique est de nous faire rencontrer les marques sans intermédiaire et sans tabou pour des dialogues constructifs et au seul service de cette passion commune qui anime professionnels et non professionnels de tous horizons : « L’art horloger ».


Interview de Monsieur François-Paul Journe





François-Paul Journe




Monsieur JOURNE merci d’accepter de répondre à cette interview pour les lecteurs de Worldtempus.

-Vous êtes Horloger fondateur des montres à votre propre nom et avez depuis la fin des années 90 connu une ascension exceptionnelle qui vous a conduit a remporter une multitude de prix pour vos créations et à porter les couleurs de la haute horlogerie à travers le monde entier.
Qu’est-ce qui a déclenché votre envie de devenir horloger ?


Le hasard ! Etant un élève peu assidu au lycée, je suis rentré dans un lycée technique qui était dirigé par un cousin et j’ai choisi la section « horlogerie ».
A partir de ce jour, je me suis senti dans mon élément.

-Un Français qui se passionne pour l’horlogerie et vient s’installer en Suisse…Cela rappelle des antécédents très célèbres…
Le développement de votre manufacture et votre succès étaient-ils inconcevables en France ?


Inconcevable non, mais aujourd’hui le tissu industriel de haut de gamme n’existe plus en France. Ensuite, les prélèvements sociaux en France sont plus élevés qu’en Suisse donc pour le même budget un horloger gagne plus en Suisse, donc les horlogers travaillent prioritairement en Suisse à partir des zones frontalières.
Ajouter à cela les barrières douanières car la Suisse ne fait pas partie du marché libre Européen.
C’est en fait juste une question d’époque !


Chronomètre à résonance



-Dès vos premières réalisations vous avez quasiment opté pour la voie des complications. Tourbillons, secondes mortes, sonnerie, chronomètre à résonance, phase de lune …
Une belle montre est-elle obligatoirement une montre à complication dans l’univers que vous avez construit ?


Bien sur ! J’ai coutume de dire que je ne fais pas des montres, je fais de l’horlogerie. L’horlogerie passe par les complications à condition qu’elles donnent l’heure et soient utilisables, la montre n’est qu’un vecteur.
La politesse d’une montre, c’est de donner l’heure !

-Parmi les complications horlogères qui vous sont chères quelles sont celles dont la mise au point vous a semblé la plus complexe ?

La résonance sans nul doute, mais même un mécanisme simple est une difficulté. Pourquoi croyez vous qu’aussi peu de marques horlogères construisent leur mouvement ?
Mais la complication reine est la Grande Sonnerie, celle que je suis en train de terminer est le modèle le plus abouti de toute l’histoire de l’horlogerie. Pas moins de 5 ans de travail et 10 brevets ont été nécessaires pour venir à bout de cette montre d’une complexité unique et néanmoins utilisable en toute sécurité.

-Votre métier d’Horloger et de chef d’entreprise vous conduit à travers le monde pour présenter vos collections. N’avez-vous pas peur que les missions de manager prennent le pas sur celles de l’horloger créateur ? Comment conciliez-vous l’ensemble de vos activités ?

J’ai la chance d’être bien entouré par des femmes et hommes qui ont ma confiance.
Cela me laisse tout le temps nécessaire pour continuer mon rêve.
Pendant les voyages je ne m’occupe plus du quotidien et c’est souvent dans ces moments là que jaillissent de nouvelles idées.



Sonnerie Souveraine




-Combien de personnes travaillent au sein de votre équipe ?

Actuellement nous sommes 50 à la manufacture, plus 15 à l’atelier de cadrans et 4 à Tokyo ou nous possédons une filiale avec une boutique.

-Quel regard portez-vous sur le marché de l’horlogerie en général ? Les manufactures semblent avoir retrouvé une certaine tonicité au cours des 2 ou trois dernières années et le haut de gamme semble avoir le vent en poupe. Pensez-vous que cette situation soit durable ?

Je ne suis pas un médium du commerce, mon sens artistique développe d’autres acuités qui sont la création et la vision de l’horlogerie de demain, pas celle d’après demain malheureusement. Alors grâce à ça, mes montres se vendent et tant mieux !

-Quelles sont les orientations que vous souhaitez faire prendre à votre marque pour les années à venir notamment dans la distribution de vos collections ? Comment développez-vous votre réseau de diffusion à travers le monde et quels sont les marchés qui vous semblent les plus ouverts?

Je propose mes montres chez des agents qui comprennent mon travail, eux-mêmes relaient ma passion à une clientèle qui semblait m’attendre. Je ne fais aucun plan marketing, c’est la passion et le feeling qui me guide.

-Pouvez-vous nous confier quelques chiffres clés ? Par exemple lorsque vous créez une montre, en limitez vous d’emblée le nombre d’exemplaires ou répondez-vous finalement à la demande ?

Cela dépend, je ne tiens pas à avoir une collection comprenant trop de modèle. Alors certains sont limités afin qu’il n’envahissent pas les présentoirs.
J’ai prévus de fabriquer au maximum 1500 montres à complication par an, je suis à moins de la moitié. Le temps qu’il faudra pour y arriver tiens de l’espace disponible et des travaux d’aménagement nécessaires, plus le temps de formation des nouveaux horlogers.

-Quel est le délai moyen pour fabriquer concevoir puis fabriquer une montre ? Le fait que vous soyez indépendant réduit-il les délais de conceptions ?

Il faut suivant le modèle 2 à 5 ans avant qu’il soit proposé à la vente.
Incontestablement je suis plus rapide grâce à mon indépendance car les décisions se prennent vite.
Lorsque je construis j’utilise mes 34 ans d’expérience dans l’horlogerie, comme je connais les pièges, je prends des raccourcis qu’un théoricien ne peu pas connaître.
Pour être juste il faut s’être beaucoup trompé.

-L’histoire des grands horlogers démontre qu’ils ont parfois buté pendant des années sur des complications et en ont fait l’œuvre de leur vie. Les Gautrin père et fils par exemple, ont consacré leur vie à la montre à une roue sans que jamais finalement la montre ne soit précise. Leur démarche semble avoir été dictée par l’amour de l’art.
Aujourd’hui une belle montre doit aussi être précise. Quels qualificatifs s’appliquent le mieux à vos collections ? Gardes temps, montres, Complications horlogères ?


« Gardes temps » est devenu un terme un peu galvaudé de nos jours, il s’appliquait au 18ème siècle seulement à l’horlogerie de précision. C’est le terme qui me convient si on le remet dans le contexte.


OCTA Chronographe & Mouvement OCTA




-On cherche en principe toujours à s’améliorer. Pensez-vous qu’il soit encore possible d’améliorer certaines choses dans vos montres ?

Oui bien sûr, j’y travaille au quotidien. L’amélioration des lubrifiants, de l’échappement ou du spiral. L’idéal étant de faire des montres qui n’auront plus besoin de service après vente. Rêve ou réalité ?


L'oeil meilleur expert du controle de chaque montre


-Parmi les autres marques ou fabricants aujourd’hui présents sur le marché, en existe-t-il un ou plusieurs qui attirent plus particulièrement votre attention et dont vous aimeriez porter un ou plusieurs modèles ?

Je n’ai pas besoin de porter d’autres modèles que ceux que je fais, mais je reconnais certaines montres superbes comme par exemple le nouveau chronographe rattrapante extra plat de Patek Philippe.

http://i8.photobucket.com/albums/a29/VINGOXC/sieg_DSCF0420big.jpg " border="0" alt="" />



-Et si demain, un groupe du luxe ou un groupe horloger voulait intégrer en son sein François-Paul Journe ? Qu’en pensez-vous ?

Non merci, je tiens à conserver ma liberté d’action.





-Quel est votre sentiment quant aux forums du WEB de collectionneurs et amateurs de montres et quel voile pouvez-vous lever pour nous sur vos projets 2006 ?

Mes projets pour 2006 seront dévoilés en temps et heure.
J’aime les sites web où les amateurs laissent aller leur passion, c’est très riche d’enseignement pour moi ainsi que pour ceux qui les lisent.
Les journaux spécialisés ne se mouillent pas beaucoup alors il faut aller chercher la vérité là ou il n’y a pas d’implication économique.

Merci infiniment François-Paul JOURNE d’avoir répondu à toutes ces questions et à bientôt.

Joël JIDET - Droits réservés ©

(Décembre 2005)


Voir aussi " Voyage dans l'univers de François-Paul Journe"

http://forumamontres.forumactif.com/viewtopic.forum?t=4287

_________________
Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).
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