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 Venise retrouve sa tour de l'Horloge

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ZEN
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MessageSujet: Venise retrouve sa tour de l'Horloge   Venise retrouve sa tour de l'Horloge EmptyVen 21 Juil - 16:58

Citation :
Venise retrouve sa tour de l'Horloge

Fabienne Reybaud .

15 juillet 2006

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Construite à la demande du doge de Venise en 1493, la Torre dell'Orologio a été rendue aux Vénitiens après dix ans de travaux de restauration épiques.
AFP PHOTO MICHELE CROSERA




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Après dix ans de travaux de restauration épiques, la tour de l'Horloge a été rendue aux Vénitiens en mai dernier. Une entreprise de longue haleine, ponctuée de querelles de clocher entre la Mairie de Venise, les propriétaires des bâtiments adjacents et le gardien de la tour de l'Horloge. Puisque, jusqu'en 1998, il y en avait un à demeure, Alberto Peratoner, trente-troisième du genre à assurer cette charge depuis 1499...

En 1996, Massimo Cacciari, le maire de Venise, décide de restaurer le noble mécanisme qui commençait à donner des signes de fatigue. Mais dans un pays qui ne consacre que 0,18% de son PIB à la culture, la sauvegarde du patrimoine public ne peut se faire sans lever des fonds privés. Cacciari choisit son mécène, la marque horlogère suisse Piaget, qui s'engage à restaurer les rouages de l'horloge. «Le projet a été conçu dans un esprit de conservation du patrimoine, observe Yves Piaget, président de la marque, sans ajouter ou supprimer aucune fonction au mécanisme hérité de la dernière restauration, en 1858. Nous avons simplement automatisé la remontée des poids. A ma grande surprise, les rouages étaient dans un état remarquable.»

De 1997 à 1999, le Suisse supervise à Venise le démontage spectaculaire d'une horloge installée sur trois étages, mesurant plus de 5 mètres de hauteur et pesant plus de 300 kilos. La restauration s'effectue sur place par des horlogers et historiens italiens. Pas question en effet que des pièces de cette auguste dame, classée monument historique, ne s'égarent à l'étranger, comme ce fut le cas par le passé...

Enfin, le 1er février 1999, à l'occasion de son 500e anniversaire, l'horloge dûment remise sur pied aurait dû regagner sa tour en grande pompe. Que nenni. «A Venise, il y a plusieurs problèmes pour chaque solution ! ironise Giandomenico Romanelli, directeur des musées de la ville. Une fois l'horloge restaurée, on s'est rendu compte que les fondations de la tour avaient, au fil du temps, bougé, que le bâtiment, peut-être à cause de la descente des poids toujours du même côté, avait tourné. Il fallait aussi le restaurer.» Orpheline de sa tour, l'horloge s'en va patienter au Palais ducal, où elle est exposée en attendant de pouvoir regagner ses pénates. L'attente durera près de sept ans. Le temps d'un bras de fer entre la municipalité et les différents propriétaires des bâtiments adjacents qui ne voulaient pas entendre parler de ces travaux censés «faire fuir les touristes», «porter atteinte au commerce» et «défigurer la place Saint-Marc»... Un bonheur n'arrivant jamais seul, le British Horological Journal mit son grain de sable dans l'engrenage en publiant, en janvier 2001, un article mettant en cause la restauration du mécanisme de l'horloge.

S'ensuivit une belle polémique entre les experts horlogers anglais et italiens, qui s'étripèrent en ratiocinant sur la longueur raccourcie du pendule du sujet, ou la réparation de tel ou tel pignon...

Enfin, en 2004, les travaux de rénovation de la Torre purent commencer. Deux cent quarante-cinq jours d'ouvrage et 80 000 heures ont été nécessaires pour consolider le bâtiment et rendre à la Vierge, au lion et aux cadrans de la façade leur lustre d'antan. Et surtout permettre à l'horloge de regagner sa demeure.

D'ailleurs, en cette fin de mois de mai, les Vénitiens ne s'y sont pas trompés. Des «Ohh !» et des «Ahh !» admiratifs ont salué l'enlèvement de la bâche, à peine couverts par les cent trente-deux coups frappés à minuit pile par les deux géants de bronze, dits aussi «les Maures», postés depuis plus d'un demi-millénaire au sommet de la tour. Dix ans que les Vénitiens n'avaient pas vu l'ange Gabriel et les Rois mages sortir de la façade de l'horloge pour s'incliner, deux fois l'an, le jour de l'épiphanie et de l'Ascension, devant la Vierge et l'Enfant.

Dix ans pendant lesquels la lecture de l'heure sur les cadrans monumentaux leur était interdite. «Cela a été un cauchemar, raconte un vieux Vénitien. Quand on passait place Saint-Marc, automatiquement on regardait la tour pour savoir l'heure qu'il était et on voyait des bâches imprimées de photos de Big Ben et de la tour de Pise prises par Oliviero Toscani ! Il n'y a pas un Vénitien qui n'ait pas un souvenir attaché à la Torre. Lorsque nous étions enfants, on nous emmenait voir les Rois mages, à l'adolescence on donnait nos premiers rendez-vous amoureux sous l'horloge, du côté de la Merceria.»

élément familier rythmant le quotidien des Vénitiens mais aussi symbole de la puissance de la République, la Torre dell'Orologio est à elle seule un condensé de l'histoire de la Sérénissime. «C'est un mythe, affirme le maire de la Cité des Doges, Massimo Cacciari. Elle a été construite pour clore harmonieusement la place Saint-Marc et permettre le passage à la Mercerie, qui signe l'entrée dans la Venise des négoces et des commerces. Le dessein est aussi politique, montrer aux Vénitiens comme à leurs ennemis que la Ville, malgré les guerres dans lesquelles elle s'était engagée, était encore riche et puissante. La Torre symbolise également la croyance religieuse, avec les Rois mages et la Madone, et la connaissance scientifique au travers de son horloge et de son cadran astronomique.» Un mythe dont la renaissance a coûté un peu moins de 3 millions d'euros.


http://www.lefigaro.fr/reportage/20060715.FIG000000398_venise_retrouve_sa_tour_de_l_horloge.html

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