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 Ulysse Nardin

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ZEN
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MessageSujet: Ulysse Nardin    23/4/2017, 15:32

Sujets Ulysse Nardin

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MessageSujet: Les montres Ulysse Nardin du ministère de la guerre français   23/4/2017, 16:28

Les montres Ulysse Nardin du Ministère de la Guerre



Une montre militaire répondant à un sévère cahier des charges.

Les marchés concernant les montres de poche passés par les armées pendant et après les deux guerres mondiales furent particulièrement nombreux. Les montres commandées par les armées avaient pour la plupart les caractéristiques qualitatives communes synthétisées dans de sévères cahiers des charges telles qu’un acier non oxydable, une précision équivalente à celle d’un chronomètre et une étanchéité avérée, en particulier à la poussière. Les plus prestigieuses des manufactures d’aujourd’hui ont quasiment toutes une ADN militaire et une histoire qui à un moment ou un autre a croisé celle des instruments militaires. On ne citera pour mémoire que Vacheron Constantin, Zenith, Omega, IWC, Jaeger LeCoultre, ou encore Breguet ou Hamilton.  
La montre est évidemment un instrument indispensable à une armée pour coordonner son action sur le terrain et même si la seconde guerre mondiale a sonné le glas des montres de poche, il s’en commandera encore jusqu’aux années 60…
Plusieurs corps militaires de nombreux états furent équipés de montres de manufactures suisses et l'armée Française reçut ainsi en dotation des montres de poche équipées du calibre 19 lignes "6.2".  Pour que ces montres d’une fabrication « spéciale » ne se retrouvent pas sur les marchés civils et pour bien marquer leur propriété militaire, les fonds vissés et les cadrans furent marqués d’un numéro identifiant la montre ainsi que la mention « MG » pour Ministère de la Guerre. Elément marquant, la montre est équipée d’aiguilles pommes et non d’aiguilles « Mercédes » ou ailes de mouches au radium beaucoup plus fréquentes sur les montres militaires.





Une pièce rare résultat d’une production limitée.  

Une recherche dans les livres de la manufacture Ulysse Nardin permet d’établir que ce mouvement fut produit dans une quantité limitée notamment en 1919. Ulysse Nardin n’en dénombre que 4484 exemplaires dont moins de 1000 furent livrés à l’armée française. Ce chiffre reste toutefois théorique car rencontrer un numéro supérieur à 500 inscrit sur le cadran ou le fond est semble-t-il impossible.
Livrées par cartons de 6 pièces, ces montres avaient la particularité de disposer d’un joint d’étanchéité et d’un fond vissé avec six encoches permettant un serrage parfait au moyen d’une clé ou le cas échéant avec la main. La mention « Acier inoxydable » inscrite sur le fond de la boite laisse imaginer une livraison aux armées aux alentours de 1940 et en tout état de cause avant 1948 puisqu’à partir de cette date le Ministère de la Guerre devint celui de la Défense Nationale. Le cadran en émail était directement numéroté au moment où les chiffres et les minutes en chemin de fer étaient peints de sorte que la numérotation ne pouvait être effacée par exemple pour donner une « vie civile » à la montre.


Un mouvement de haute qualité avec une précision chronométrique



Le mouvement de 19 lignes est particulièrement soigné. Outre un anglage soigné des ponts, la plaque de contre pivot et le contre pivot à l’échappement dénotent une finition haut de gamme. La raquette à disque excentrique basée sur un brevet de 1903 peut être vue sur les mouvements d’autres manufactures et Zenith en acquerra finalement l’exclusivité pour ses montres.  La dorure de grande qualité avec un aspect sablé « fin » supprime les reflets disgracieux sur le mouvement comme si ses concepteurs avaient imaginé que l’esthétique des calibres serait un jour un critère étudié. L’empierrement généreux de la montre est à noter car garant de qualité, il est aussi générateur d’un surcoût qui ne semble pas avoir fait reculer les services des armées. Le balancier bimétallique de grand diamètre achève de convaincre de la conception soignée de ce mouvement.




La précision de la montre est à l’image du savoir faire d’Ulysse Nardin et donc irréprochable dans sa fiabilité. Montre du génie, cette pièce est le témoin du savoir faire d’Ulysse Nardin dans le domaine des montres de poche à une époque où la manufacture triomphait dans les concours internationaux de chronométrie organisés par l’Observatoire de Neuchâtel. C’est dans la catégorie des chronos de marine qu’Ulysse Nardin s’était octroyé un véritable monopole des victoires avec des résultats d’autant plus brillants et aisés que la manufacture avait découragé ses concurrents de se comparer quant aux performances de leur pièces de cette catégorie.


Une pièce de collection


Ces pièces militaires sont évidemment recherchées des collectionneurs et ceci d’autant plus que leur précision chronométrique demeure après près d’un siècle. Ulysse Nardin a décliné ce même mouvement avec deux autres types de raquette, l’une monoflèche de type classique et l’autre version est dotée d’un col de cygne permettant un réglage fin. La raquette à disque excentrique qui favorise un réglage de qualité sans outil particulier puisque le brevet mentionne la faculté de régler le disque avec la pointe de l’ongle, ne semble pas avoir été exploitée ailleurs que dans les montres militaires à de rares exceptions près.
Comme aime à le dire un grand collectionneur de montres militaires, en posséder une est une chance, en posséder six dans leur carton de livraison est divinité… sans aller dans cette voie, il doit être souligné que ces montres sont très prisées des collectionneurs et connaissent à ce titre une inflation qui leur fait dépasser la cote rare des 1000 euros, ce qui est exceptionnel pour une montre de poche en acier sans complication.  
Il sera par ailleurs noté qu’il existe des variantes de ce mouvement dont une avec un affichage de réserve de marche à midi qui fut livré sur quelques rares montres militaires et plus fréquemment sur des pièces à vocation commerciales. On retrouve également cette architecture de mouvement sur un calibre de 22 lignes de la manufacture Ulysse Nardin.  
L’intérêt de cette pièce résulte autant de son histoire que de ses qualités horlogères exceptionnelles et du prestige de la manufacture qui l’a produite. La boite en acier inoxydable permet sans grand risque de s’offrir le plaisir de la porter et de pouvoir présenter aux amateurs de plus en plus nombreux de belle horlogerie, une pièce de prestige à la fois simple et rare, fiable et particulièrement soignée.  

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MessageSujet: Je sais bien que ce n'est pas raisonnable cette Ulysse Nardin    24/4/2017, 14:50

Bon, voilà, j'ai vu cette montre et je me suis dit qu'elle serait mieux dans mes mains qu'ailleurs... Je sais, ça manque de modestie mais je dois reconnaître que je la trouve sublime. Ces petites Ulysse Nardin avaient un sacré cachet ....








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MessageSujet: Ulysse Nardin de derrière les fagots ...    25/4/2017, 09:37

Après une grande marche en montagne, rien ne vaut de s'asseoir avec un jus de fruit frais bien au chaud en jetant un œil distrait sur sa tablette. Et là ... là je tombe sur une montre en argent extra-plate mais à double fond, magiquement empierrée et d'une finesse fabuleuse avec un calibre 18 lignes, rhodié Ulysse Nardin et non un calibre extérieur à la marque comme elle en utilisait parfois.


J'aime bien chez Ulysse Nardin, les anglages soignés y compris ceux en creux, sur ce modèle le cadran en argent qui a bien résisté au temps, ce qui est plutôt rare car ils ternissent immanquablement d'habitude, et cet argent à 900 millième à la couleur chaude. Cette montre est de grande qualité.

J'avais dans le viseur une montre avec affichage de réserve de marche, un calibre dit "22"  mais il avait sa dorure ternie et sa qualité d'exécution était bien inférieure à celle-ci.

On trouve en Europe assez peu de ces montres souvent vendues sur les marchés sud-américains où le climat en attaque le rhodiage des mouvements.  L'exception est souvent alliée avec la non utilisation et le stockage dans un lieu sec à température constate, un coffre par exemple. Bref, elle vient de là-bas, et elle est plus belle que les photos qui m'en ont donné envie. L'amplitude de son balancier lui évitera la révision car semble-t-il elle en a connu une récemment.

Allez ! Un petit coup d'œil même si les montres de poche restent confidentielles dans les collections.



       


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MessageSujet: Saga : Un chronomètre exceptionnel Ulysse Nardin de 1874   1/10/2017, 14:59


Saga : Un chronomètre exceptionnel Ulysse Nardin de 1874





Préambule:

1874 : La première exposition impressionniste bouscule la perception de l'art à travers des toiles d'un style inédit. Ils sont une trentaine de peintres qui s'exposent chez le photographe Nadar le 15 avril à Paris. Ils sont sans le savoir porteurs d'un courant qui va marquer leur siècle. Ils s'appellent Monet, Boudin, Cézanne, Degas, Pissaro, Renoir, Sisley...








En 1874, l'horlogerie évolue à grands pas. L'interchangeabilité des composants horlogers n'est plus un objectif, c'est déjà une réalité industrielle. Ulysse Nardin qui a créé sa manufacture d'horlogerie au Locle en 1846 est universellement reconnu comme un maître de la précision. Artiste, il l'est dans sa discipline, lui qui recherche les meilleurs graveurs et sculpteurs pour réaliser les boites de ses montres dont la régularité de marche a construit la réputation de la manufacture. En 1874, Ulysse Nardin ne sait pas qu'il ne lui reste que deux ans à vivre cette fantastique aventure qui a conduit son nom inscrit sur les cadrans de ses montres à travers le monde.

Il a déjà conquis l'Europe et l'Amérique du Sud, son fils Paul David qui reprendra la manufacture en 1876 à la mort de son père perpétuera l'œuvre de son père en prenant la direction de la Maison et installera le nom d'Ulysse Nardin en Amérique du Nord et en Asie.

L'histoire des montres Ulysse Nardin raconte celle d'une aventure humaine qui d'un nom fait une étoile, une lumière qui porte haut les fondements de l'horlogerie : la précision et la maîtrise absolue du temps.




Ulysse Nardin



Les pionniers de l’horlogerie suisse ont livré à leur futur le témoignage de leur savoir-faire avec des montres dont les mouvements étaient capables d’offrir une précision extraordinaire au regard des équipements qui servaient à les construire. Ulysse Nardin fut l’un de ces pionniers qui éleva la précision au rang de culte pour servir une cause essentielle : Le temps

La chronométrie dans l’ADN


Ulysse Nardin né en 1823 fonda en 1846, à 23 ans sa propre manufacture au Locle. Formé par son père lui-même horloger chronométrier, Ulysse misa sur la précision des pièces pour se démarquer de ses concurrents. Contrairement à une idée reçue, ce n'est pas lui qui développa la fabrication des chronomètres de marine qui fit en grande partie la réputation de la maison, mais son fils Paul-David qui lui succéda en 1876 après une mort brutale.  

Paul-David, formé à l'horlogerie et à la chronométrie, préparait lui-même les pièces pour les concours internationaux de chronométrie. Hyper-doué, le jeune homme remporta en 1876 le prix du Concours international de réglage ouvert par la classe d’Industrie et de Commerce de Genève à l’occasion du centenaire de la Société des Arts. Le chronomètre victorieux porte le numéro 4982. Il va à partir de ce moment voler de succès en succès en remportant une multitude de premiers prix de chronométrie aux concours internationaux de chronométrie de l'Observatoire de Neuchâtel, Kew-Teddington, Washington et quelques autres observatoires d'ampleur internationale. Paul-David est en outre un habile chef d'entreprise qui sait diriger sa manufacture, en organiser le travail autrement que par une parcellisation des tâches ce qui fait émerger des talents et crée de la part des employés une fidélité à la manufacture.

Paul-David fera des chronomètres de Marine l'emblème du savoir-faire de la maison sans jamais abandonner les autres catégories de produits : chronomètres de bord, de poche et montres à complications qu'il s'agisse des chronographes avec ou sans rattrapante ou d'autres complications telles la répétition des minutes ou des quarts.
En 1911, Paul-David dépose même un brevet qui porte sur le décompte des minutes dans les chronographes, lequel sera repris par les manufactures les plus prestigieuses.

Ulysse Nardin d'abord puis Paul-David Nardin placent leurs montres dans le monde entier. Les armées lui servent de porte d'entrée pour y conquérir des marchés et y faire prospérer le commerce de ses pièces d'horlogerie. Parmi ces marchés, celui de l'Amérique du sud s'avère très florissant et cela très tôt dans l'histoire de la manufacture. Grâce à Ulysse, la marque y bénéficie d'une grande notoriété, en particulier en Argentine, où de riches planteurs et industriels s'offrent ce qui est considéré là-bas comme le nec plus ultra de l'horlogerie suisse.

Une rare montre chronomètre de mariage






Les grandes occasions familiales sont un moment privilégié pour faire et recevoir des cadeaux et la montre est alors un présent durable et envié. Le mariage est en particulier un évènement privilégié pour offrir une belle montre. Les montres de mariage sont à la fin du 19ème siècle un incontournable cadeau très apprécié. Les plus belles montres de mariage sont en or 18 carats et les plus belles boites sont ciselées à la main, au burin, par des artisans artistes qui les font avec patience et savoir-faire. Il faut au moins 5 jours de travail pour terminer une boite spécialement fabriquée pour permettre le travail de ciselage. L'or des boites doit en effet être suffisamment épais pour que le fond ou la carrure ne se déforment pas afin de pouvoir placer le mouvement.

Le numéro de série de 4500 tout rond est reporté sur la boite car chez Ulysse on accordait au calibre et à la boite le même numéro. Ce numéro de série date la montre de 1874. Ulysse Nardin dirige encore la manufacture et son fils Paul-David y travaille au réglage des pièces. L'un ou l'autre touche à un moment chaque pièce de la manufacture. La gravure sur le fond supervisée par un aigle royal supervise deux espaces réservés pour un monogramme. Les traces du burin dans la masse d'or traduisent un geste précis et maîtrisé. Le savoir-faire est celui d'un artiste qui ne signe pas son œuvre car c'est Ulysse Nardin qui est porteur de l'ensemble. On dirait aujourd'hui que la marque est au centre des attentions. Pas un défaut, pas une erreur du geste ne viennent traduire une hésitation, un faux mouvement ou une maladresse.

Les montres que livre Ulysse Nardin sont pour la plupart des chronomètres dont la précision est soignée par des régleurs qui interviennent longuement sur le réglage des pièces avant que celles-ci ne quittent la manufacture du Locle. Quand en 1874, une montre de mariage en or est commandée à la manufacture, elle profite de tout le savoir-faire des horlogers et des artisans qui s'affairent sur la finition des boites. Les mouvements de 13 rubis déjà à ancre droite sont encore dotés d'un remontage à clé. La mise à l'heure elle aussi se fait au moyen d'une clé et le cache poussière percé de deux trous permet d'accéder aux deux carrés de remontage et de mise à l'heure. La boite en or est plus lourde qu'une boite classique et malgré un diamètre de 42 millimètres, le poids global de la montre est celui d'une boite habituellement de 48 ou 50 mm.



Peu de temps après 1874, les montres perdent leurs clés au profit d'un remontage intégré au pendant. La révolution est d'ampleur, aussi important que le sera vers 1914, le passage des montres de la poche au poignet. C'est sans doute la raison pour laquelle la pièce ne fut sans doute jamais vendue pour un cadeau à de jeunes mariés. Elle restera vierge de tout monogramme subissant la concurrence du remontage intégré puis la mode de la montre bracelet. Pratiquement pas utilisé, le mouvement est resté quasiment neuf, n'étant affecté d'aucune forme d'usure tout comme la boite. Qui s'intéresse aux montres à remontage à clés à la fin du 19ème siècle et durant le 20ème siècle ?


Sa gravure exceptionnelle fera échapper cette montre à une fonte fatale de l'or comme en connaissent la plupart des montres de poche de ces deux derniers siècles. Personne n'a osé la sacrifier et piétiner le travail parfait de l'artiste qui l'a sculptée voici plus de 140 ans. Sa beauté a transcendé le temps et surtout l'a sauvegardée des pires sévices. Il n'est plus aujourd'hui que les musées et les collectionneurs pour continuer à protéger ces garde-temps des agressions fatales. Sans doute les présenter à l’œil du public en redonnera l'envie d'autant que les années n'ont pas eu raison de la précision d’une pièce comme celle-ci. Elle est en effet dans une régularité de marche digne des chronomètres modernes alors que les bulletins de marche à l'époque étaient délivrés dans des conditions infiniment moins exigeantes. L'art horloger d'Ulysse Nardin n'y est sans doute pas pour rien.



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MessageSujet: Jeux Olympiques de 1960. Les chronométreurs italiens ont préféré Ulysse Nardin   23/10/2017, 12:06


C'est un épisode peu connu de l'histoire du chronométrage olympique. Si Omega fut bien chronométreur sponsor, ce ne sont pas des Omega qui servirent à chronométrer toutes les épreuves. Les chronométreurs Italiens en décidèrent autrement.

Des erreurs de chronométrages.


On est en 1960 à Rome. C'est l'année des Jeux Olympiques et les épreuves de natation vont connaître une erreur historique de chronométrage qui va en révolutionner la méthode de contrôle. Le chronométreur officiel des jeux est Omega mais pour certaines disciplines le chronométrage ne fut pas effectué par des marques de chronomètres, sponsors "officiels" mais par la Fédération italienne des chronométreurs avec la présence de 82 chronométreurs venus d'Italie entière et qui ont relevé et certifié les résultats en athlétisme, natation, cyclisme, aviron, boxe et sports équestres.



Pour la natation, ce sont des chronométreurs qui sur le bord des bassins officient en qualité de juges des épreuves. L'Australien John Devitt vient d'être déclaré vainqueur par le juge en chef du 100 mètres nage libre, ceci devant l'Américain Lance Larson. "C'est le mauvais qui a gagné mais on ne l'a su que deux ans après quand le chronométreur a parlé. Le chef juge a vu que le premier à avoir touché était l'Australien mais son temps était moins bon que celui de l'Américain, alors ils ont changé le temps", racontera Peter Hurzeler, celui qui a modifié le système de chronométrage.

"Suite à cette affaire, Omega a dit qu'il fallait faire quelque chose pour que les chronométreurs n'aient plus d'influence, quelque chose que l'athlète peut arrêter lui-même, qui s'inscrit sur un tableau pour qu'on ne puisse plus tricher."




Les plaques firent ainsi leur entrée dans les bassins pour la première fois en compétition en 1967. "Ca ne fonctionnait pas comme maintenant mais aujourd'hui ça marche à 100%" explique Hurzeler.

A l'origine, les plaques étaient en PVC avec des trous qu'il fallut faire évoluer en raison du danger potentiel pour les nageurs. Une plaque (2,40 m sur 90 cm) se compose de lamelles pour partager le poids de la pression. La pression du nageur sur la plaque doit être de 1,5 à 2,5 kg pour arrêter son temps. En cas de problème, qui ne peut être lié qu'à la pression qu'exerce le nageur, les techniciens se reposent sur les images vidéos des caméras postées en hauteur des plots. "C'est le nageur qui fait l'erreur, pas nous." Les juges installés sur la plage de départ du bassin ne s'assurent que de la touche à deux mains du nageur. Le chrono indique le temps jusqu'au centième de seconde. Pas question pour Hurzeler d'aller jusqu'au millième alors qu'il y a de plus en plus d'ex aequo en compétition. "Un millième c'est 1,7 mm. C'est de la folie si on commence à chronométrer le millième !"

1960 l'année parenthèse d'Omega

La fédération italienne des chronométreurs fait certifier par l'Observatoire de Milan des chronomètres d'origines diverses. Il y a parmi eu des chronomètres à rattrapante Omega, bien sûr, mais aussi des chronomètres d'autres origines dont Ulysse Nardin avec un modèle exceptionnel à rattrapante de 64 mm adapté aux chronométrages sportifs et évoluant à 36 000 alternances par heure. Ce modèle assez rare est une évolution du chronographe élaboré en interne par Ulysse Nardin. Très peu connue, cette utilisation tout à fait officielle d'un chronomètre non produit par Omega fut passée sous silence et aucune maison ne chercha à exploiter cet épisode. Longines et Lémania ont semble-t-il elles aussi placé des pièces et si le chronographe Lémania était en tous points identiques au modèle Omega, le Longines était également très prisé des chronométreurs.

Les cadrans des chronographes Ulysse Nardin comportaient un marquage spécial(image Antiquorum)

La version Ulysse Nardin fut produite en peu d'exemplaires. Il y en eut moins de 420 en tout. Par rapport à la version originelle, elle avait supposé une modification des trains de rouages, du balancier et de l'échappement pour un résultat bluffant de qualité. La manufacture ne semble pas avoir sponsorisé officiellement à cette époque des compétitions sportives de haut niveau. Elle en avait pourtant tout à fait les moyens techniques. Il nous reste quelques exemplaires ici et là qui témoignent de cette maîtrise du chronométrage sportif avec un instrument qui fut admis comme l'un des meilleurs de son temps.

Cet épisode rappelle s'il en est besoin à quel point la fréquence des montres fut à une époque un enjeu majeur du chronométrage. Chaque maison développait son propre modèle. La haute fréquence aura finalement peu convaincu au point de devenir l'exception.

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MessageSujet: Ulysse Nardin : Un Chronographe très singulier   23/3/2018, 18:53

Ulysse Nardin : Un Chronographe très singulier






Ulysse Nardin a excellé dans la fabrication de chronographes de très haute qualité dès la fin du 19ème siècle. Les manufactures sur un laps de temps d’une vingtaine d’années vont se livrer une concurrence effrénée tant sur le plan technique lié aux mouvements que sur les recherches esthétiques pour améliorer la lisibilité des pièces. La manufacture Ulysse Nardin a en ce domaine fait preuve d’une modernité remarquable en simplifiant les cadrans et en leur apportant des couleurs qui en illuminaient la lecture. La beauté exceptionnelle des pièces n’a rien abandonné au temps.


Le chronographe : Une complication qui s’impose au début du 20ème siècle


Les manufactures horlogères ont produit dès la fin du 19ème siècle, nombre de chronographes dont les architectures sont parfois proches d'une maison à l'autre, dont les ébauches ont parfois la même origine et où la différenciation s'opère par un habile découpage de ponts qui ne fait que dissimuler une architecture identique. Chaque grande maison tente pourtant alors d'innover et au tournant du siècle, pratiquement toutes les plus belles manufactures ont leur propre mouvement de chronographe.
Les pièces avec cette complication ne se vendent pas encore très bien mais l'essor de l'automobile et les besoins de mesurer leur vitesse, vont conduire les automobilistes à s'équiper de chronographes avec tachymètres dont l’utilisation est simplifiée par des codes de couleurs. L'aviation balbutiante connait elle aussi un essor sans pareil et les exploits liés à la conquête des airs se multiplient partout dans le monde grâce aux pionniers de l’aviation, héros de leur temps. Les chronographes servent alors non seulement à chronométrer les records de vitesse et de temps en l’air mais aussi à calculer le temps de chauffe des moteurs afin de sécuriser le décollage. L'industrie cadence ses fabrications et chronomètre les gestes des ouvriers pour faire évoluer les rendements. Les médecins, les ingénieurs deviennent vite des adeptes du chronographe. L'univers du sport lui aussi connait une forte expansion et le goût de la performance devient une culture internationale où le temps est essentiel. Les courses de chevaux par exemple, sont déjà très répandues en Europe tout comme en Amérique du sud. Dans ce dernier domaine, les pièces les plus recherchées sont celles dont la lisibilité est la plus intuitive. Il faut en effet avoir un œil sur le chrono mais aussi sur la ligne d’arrivée où toutes les contestations sont possibles.



Un Chronographe original





En 1904, la plupart des chronographes sont essentiellement soit des pièces très classiques d'un diamètre à peine inférieur à 50 mm avec des mouvements de 18 ou 19 lignes, soit de grosses pièces lorsque la lisibilité est privilégiée sur le volume et le poids. Les gros chiffres arabes en couleur ajoutent aux cadrans une esthétique ludique qui n'échappe pas aux amateurs. Peu de pièces en disposent car les chronographes sont chers, assimilés à des instruments de précision où la fantaisie n’a pas de place même si ces couleurs ne nuisent en rien à la qualité des pièces bien au contraire. Les manufactures sont en général cantonnées dans la présentation de pièces très classiques où la seule fantaisie admise sur les cadrans est le choix entre des chiffres arabes ou romains.


Ulysse Nardin fabrique plusieurs types de pièces dans cette catégorie particulière que sont les chronographes. La manufacture propose soit des montres dotées de rattrapantes, complication fort appréciée des sportifs, soit des chronographes classiques qui déjà peuvent comporter des échelles télémétriques ou tachymétriques pour le sport ou la voiture selon la destination des pièces. Des cadrans dotés de pulsomètres sont également disponibles à cette époque selon les exigences du client. Chaque utilisateur a toutes les chances d'avoir un type de cadran adapté à son besoin. Qu’ils soient dans une ligne « classique » ou originale et colorée, les chronographes Ulysse Nardin sont remarquables par leur finesse et l’harmonie des cadrans. Les totalisateurs des minutes à midi sont proportionnés au compteur des secondes à 6 heures et leur taille est adaptée au diamètre spécial des grandes pièces.




Les cadrans sont fabriqués à la main. Ils sont en émail cuit au four, peints méticuleusement d'après des modèles validés préalablement par la manufacture. Ils peuvent connaître selon les prescriptions du client, des variantes sur les chiffres, leur position ou leur couleur. Les chronographes Ulysse Nardin sont souvent de belles pièces imposantes où la marque est finement inscrite à gauche des cadrans entre 9 heures et l'axe des aiguilles et à droite figure la mention Locle Suisse bien plus élégante que le Swiss Made qui s'inscrit au bas des cadrans des montres d'autres maisons.



En 1904, Ulysse Nardin de mentionne pas Genève car la manufacture n'y a pas encore installé sa filiale. Sur cet exemplaire qui relève sans aucun doute d'une commande spéciale, les chiffres sont en rouge, superbement calligraphiés et leur position est originale. De 1 heure à 3 heures, les chiffres arabes sont écrits vers l'intérieur du cadran puis de 4 à 8 vers l’extérieur de celui-ci avant de revenir vers l'intérieur de 9 à 11 heures. Le 12 et le 6 sont couverts partiellement par les compteurs secondaires. Cette disposition se pratiquait parfois sur les chronographes américains et sur les pièces suisses. Elle n'était pas encore très répandue. La production de ce type de cadran relève d’une toute petite série et s’il existe une version où les chiffres sont bleus sur une version à rattrapante et répétition des minutes, leur rareté est extrême.

La lisibilité est immédiate, intuitive et sans risque d'erreur. La pièce dégage une sensation de modernité sans équivalent. Son état pourrait la laisser imaginer sortie depuis quelques heures de la vitrine du détaillant qui l'a vendue en 1904. C'est en Argentine qu'elle fut à l'époque exportée


.
La beauté épurée qui cache une technologie sophistiquée


L'Amérique du sud était un marché privilégié pour Ulysse Nardin. Beaucoup de très belles pièces y étaient expédiées. Ce chronographe en fit partie. Avec son mouvement travaillé sur une ébauche LeCoultre, gage de qualité incontestable, ses dents de loup sur le barillet, son empierrement de haut grade, le chronographe est encore plus de 113 ans après sa fabrication, totalement bluffant de précision. La douceur de son déclenchement sans saut d'aiguille au départ est un gage de sa supériorité mécanique. Celle-ci est le fruit d'apports faits sur les ébauches par Paul-David Nardin qui déposera en 1911 des brevets sur le système de comptage des minutes, système que tous les grands fabricants reprendront. Paul-David Nardin fils d'Ulysse fit beaucoup évoluer les chronographes et la précision des pièces en général en s'associant dans ses recherches avec Charles Edouard Guillaume qui inventa entre autre les balanciers bimétalliques et l'Elinvar, matériau amagnétique et presque insensible aux températures.



La boite de type anglais avec sa couronne en forme de boule n'est pas usée et sans accroc. Cela explique l'état de conservation parfait du cadran et des aiguilles entièrement d'origine. Quelle émotion d'avoir en main cette pièce comme si elle était neuve. C'est comme une forme de communion avec le passé. Les chiffres en périphérie du cadran sont une échelle tachymétrique. La montre avait donc vocation essentiellement à mesurer des distances parcourues soit pour les voitures de l'époque, soit pour des compétions sportives à vélo ou à pieds ou encore les courses de chevaux qui connaissaient un immense succès. Les chronos étaient alors soit utilisés de manière dite "volante" à la main, soit dans des boitiers avec déclencheur selon les sports concernés. Dans les voitures, une boite de protection en laiton, en cuir ou en bois servait à loger ces pièces sur les tableaux de bord. L'état parfait de conservation des pièces laisse augurer un usage protégé.




Le diamètre de 55 mm ouvre toutes les perspectives d'utilisation de ce que l'on peut appeler une très belle montre même si sa boite n'est pas en or.


Un trésor mystérieux


La diversité d'activités susceptibles d'entrainer l'utilisation d'un chronographe est telle qu'il faudrait cibler chacune pour avoir la certitude d'être exact. En 1904 en Argentine, les motifs seraient nombreux pour justifier d'avoir ce type de pièce : 1904 est l'année de la fondation du vélo club argentin, celle où l'équipe de football est en première division, c'est aussi l'occasion de nombreuses compétitions hippiques, etc.

Le chronométreur est en 1904 présent partout. Il est une sorte de témoin techniquement assisté d'instruments qui vont apporter la preuve de l'exploit réalisé. Dans cette période, on se chronomètre ou l'on se fait chronométrer pour un oui ou pour un non. Tout est référencé, paramétré, calculé. L'exploit sportif permet grâce au temps d'être comparé. En matière industrielle, le cadencement du travail des ouvriers est assimilé à l'une des clés du succès. Le productivisme n'est pas encore un tabou et améliorer sa compétitivité passe pour les fabricants par une équation qui repose sur la mesure du temps. Le chronographe même s'il donne l'heure est une montre un peu à part, l'une de celles que l'on ne sort que pour une occasion précise qui justifie de son usage. Lorsque la pièce est de grand diamètre et de bonne épaisseur, la poche du gilet n'est pas sa place la plus appropriée. Il est donc probable que le chronographe s'utilise dans un coffret de travail ou y soit rangé entre deux utilisations manuelles.



Ce chronographe Ulysse Nardin gardera donc le secret de l'histoire de son usage premier, de ce qui motiva sa commande à la manufacture du Locle mais il a déjà dévoilé son parcours, ce qui n'est pas si mal.

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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).
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Ulysse Nardin
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