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 Hamilton

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ZEN
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MessageSujet: Hamilton    Dim 23 Avr - 4:35

Sujets Hamilton

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MessageSujet: Quand Hamilton cessa toute production civile pour ne se consacrer qu'aux armées   Dim 23 Avr - 5:20

La deuxième guerre mondiale a créé un immense besoin en montres de tous types -Bracelets, poche, chronographes, montres 24 heures, chronomètres de marine, chronomètres de bord etc ...  Malgré tous les efforts des manufactures suisses, il leur était impossible de satisfaire à la demande des armées américaines, anglaises et françaises.
En 1941, le gouvernement américain sollicita des manufactures américaines un effort exceptionnel pour que chaque GI ait sa montre dans son paquetage. Des commandes furent passées auprès de plusieurs manufactures mais celle qui s'engagea le plus loin dans l'effort militaire fut sans nul doute Hamilton. La firme développa avec ses ingénieurs en moins de deux ans des pièces exceptionnelles d'une précision supérieure aux montres suisses. Son chronographe devint ainsi une référence pour les bombardiers américains ... En 1944, Hamilton produisait autant de chronomètres de marine que toutes les manufactures suisses additionnées.    

L'effort de guerre d'Hamilton obligea l'entreprise a cesser toute production civile et la marque s'en expliqua par voie de presse en 1943...






Le chronographe de guerre d'Hamilton







Le chronomètre de bord d'Hamilton 






La montre GTC d'Hamilton 

 

Le chronomètre de marine d'Hamilton 





La publicité de Guerre d'Hamilton ...


 



http://forumamontres.forumactif.com/t182051-hamilton-deck-watch-l-histoire-d-une-exceptionnelle-reussite-horlogere?highlight=Hamilton

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Dernière édition par ZEN le Sam 10 Juin - 21:44, édité 1 fois
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MessageSujet: L'incroyable défi des chronomètres de marine Hamilton   Dim 23 Avr - 5:21

L’incroyable défi des chronomètres de Marine Hamilton






Disposer d’une heure précise et fiable est un besoin fondamental à bord d’un navire. Cela permet de calculer sa position et en particulier la longitude. Malgré des appareils radio sophistiqués, cette référence dans les années 1940, est encore sécurisée par un instrument mécanique, le Chronomètre de marine, comme c’est le cas depuis la fin du 18ème siècle. Cet instrument est également un moyen de coordonner les actions militaires grâce à une heure de référence commune sur tout le navire.  
Avant la seconde guerre mondiale, aucune firme américaine n’avait jamais produit en série des chronomètres de marine. Les manufactures d’horlogerie d’outre Atlantique concentraient leur production sur les montres avec beaucoup de succès tant par les volumes fabriqués, que la qualité des pièces, reconnues comme très précises et d’une excellente finition.  
L’engagement de l’armée américaine dans le conflit mondial crée dès 1939, un besoin conséquent de chronomètres de marine destinés à être embarqués à bord des navires de l’US Navy. Les militaires américains s’étaient jusqu’alors contentés des chronomètres fabriqués en Europe, essentiellement en Suisse, en particulier par Ulysse Nardin qui était reconnu comme détenant une immense expertise dans ce type de pièces. Cette manufacture accumulait d’ailleurs avec un quasi monopole, les premiers prix des concours de chronométrie notamment de l’Observatoire de Neuchâtel dans la catégorie des chronomètres de marine.  
A partir du juin 1939 et jusqu’en juin 1940, l’USNO (United States Naval Observatory) qui était aux Etats-Unis l’autorité de référence en matière de chronométrie et d’instruments de navigation, s’adressa par courrier à huit compagnies américaines afin de les inviter à produire des chronomètres de marine pour l’armée. Les firmes horlogères américaines faisaient de la précision leur fer de lance et quasiment chacune disposait de son propre observatoire et d’un centre de recherche très pointu.  
La firme Hamilton, de Lancaster, répondit à l’invitation de l’USNO par courrier le 2 juillet 1940 en sollicitant toutefois, que soit mis à sa disposition un chronomètre de marine du type de celui que l’on souhaitait lui faire fabriquer. Les experts de l’USNO après examen donnèrent un agrément officiel à la manufacture Hamilton, le 26 février 1941.



Hamilton va alors poursuivre l’objectif de produire un chronomètre de marine dans les mêmes conditions industrielles que ses montres. Pendant plusieurs mois, horlogers, ingénieurs et développeurs de la firme réunis dans la « Hamilton’s Research and Work laboratories and Product and Equipement Design section », l’équivalent d’un bureau d’études et de développement industriel, travaillent en étudiant plusieurs chronomètres de marine et notamment ceux de l’anglais Thomas Mercer et ceux de la manufacture suisse Ulysse Nardin.
La firme Hamilton comme à son habitude va tout repenser avec un raisonnement à finalité militaire et industrielle qui induit précision sans faille, fiabilité extrême, solidité et facilité de maintenance. La manufacture va tout fabriquer en interne avec son département mécanique (Hamilton’s Mecanical Department), y compris les étampes, les outillages et accessoires.


Le 27 février 1942, soit 13 semaines après la bataille de Pearl Harbor et un an après que la firme se soit engagée dans le développement de son propre chronomètre de marine, celle-ci est en mesure de livrer ses 2 premiers prototypes pour examen à l’Observatoire Naval de Washington DC. Les experts de l’USNO sont alors sidérés par le niveau de précision des deux pièces et les innovations technologiques développées. Hamilton a réussi en outre, à concevoir un mouvement dont la fabrication industrielle et donc en volumes, semble particulièrement aisée ce qui la distingue des fabrications européennes.  
La première version de mouvement dite « Model 21 » est conçue sur les bases d’un design qui se rapproche de ce que fabriquent les Suisses mais avec des innovations tout à fait propres à Hamilton. C’est le cas par exemple, de l’échappement à détente redessiné pour pouvoir être fabriqué par des machines et du balancier avec son spiral en Elinvar. Tout est pensé pour faciliter la production en série avec des critères esthétiques finaux du même niveau que les pièces anglaises réputées comme étant les mieux finies.
Hamilton outre son Model 21, livre à partir du 22 juin 1942 le Model 22 dont le calibre va équiper outre des chronomètres de marine, des montres de bord pour les sous-marins et les Torpedo boats.


Ainsi, 18 mois après s’être engagé dans la course pour produire son propre chronomètre de marine, le premier fabriqué industriellement sur le sol américain, Hamilton est capable de fabriquer 300 pièces par mois puis très vite 400 et enfin 500 pièces chaque mois, soit davantage que toutes les manufactures suisses confondues qui ne peuvent livrer qu’un peu moins de 500 pièces par an. En août 1944, au plus haut de sa production, Hamilton Watch C° réussit la performance extraordinaire de fabriquer 546 chronomètres de marine, tous d’une précision extrême, équivalente aux meilleures pièces suisses et ceci pour des prix de 390 à 625 dollars, soit moins de la moitié des prix suisses. A la fin de la guerre en 1945, Hamilton a déjà produit pour ses armées 10 902 chronomètres de marine. Le calibre « Model 22 » est en outre intégré à des montres d’observation qui ressemblent à de très grosses montres de poche et dont la manufacture produira au total 9 780 exemplaires.  
Ce mouvement avec ses 57 mm de diamètre, dispose de 21 rubis et d’un réglage dit « 6 adjustments » soit 5 positions + température. Il profite d’une réserve de marche de 56 heures au total même si son cadran n’en affiche que 48. La grande innovation de ce mécanisme est le recours à l’Elinvar pour le spiral et la serge du balancier dont les bras sont en Invar. Le choix de ces matériaux très peu sensibles aux écarts de températures est original pour un chronomètre de marine. Il garantit une résistance parfaite à la corrosion et une stabilité des réglages. La très faible déformation potentielle en cas d’écart de température, va « ovaliser » très légèrement le balancier sans faire perdre au mouvement sa stabilité isochronique. Le spiral est préformé et traité thermiquement de telle manière qu’il existe peu de variation de l’un à l’autre ce qui assure une continuité de qualité à la fabrication. On évite ainsi les ajustements manuels nécessaires sur les spiraux en acier, ce qui facilite une production en série à la machine.



Les performances chronométriques du mouvement relèvent de l’excellence et ce de manière totalement standardisée. L’écart annoncé par le fabricant était inférieur à 2 secondes par jour sur chaque pièce livrée. Les résultats étaient souvent très en dessous de ce chiffre puisque l’écart moyen relevé restait inférieur à une seconde quotidienne.  
En moins de 18 mois et en partant d’une feuille blanche, la manufacture Hamilton a réussi une performance tout a fait exceptionnelle qui démontre le très haut niveau de ses ingénieurs et horlogers. Un délai si faible entre l’engagement du projet et la mise en fabrication industrielle est extrêmement rare dans l’horlogerie. Outre la Navy américaine, La Royale Navy britannique a reçu quelques livraisons des pièces Hamilton qui ont marqué à la fois l’histoire de l’horlogerie militaire et celle de la fabrication en série de pièces mécaniques. L’outil industriel dont disposait Hamilton Watch C° était sans doute en matière d’horlogerie l’un des plus performants de la seconde guerre mondiale.

Hamilton offrit au président Roosevelt l’un de ses chronomètres qui fut conservé à la Maison Blanche où il était maintenu en fonctionnement permanent dans le bureau où le président américain prenait le temps d’écrire. Lorsque dans les années 1970, la firme Hamilton dut tourner une page de son histoire, elle avait produit pas moins de 23 000 chronomètres « Model 22 » qui restent à ce jour parmi les plus performants jamais fabriqués.

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MessageSujet: Hamilton Deck watch, l'histoire d'une exceptionnelle réussite horlogère.   Dim 23 Avr - 5:25

Hamilton Deck watch




Malgré le nombre élevé de manufactures horlogères américaines, la première guerre mondiale avait fait prendre conscience à l'armée américaine de son déficit de montres fiables. Si les manufactures Waltham, Elgin, Hampden ou Hamilton ont concentré depuis 1891, leurs moyens sur la production de montres pour les chemins de fer, elles n'ont pas vraiment anticipé ce que la demande militaire pourrait leur apporter.

A la fin de la première guerre, lorsqu'en 1917/1918 les Américains envoient des troupes en Europe pour rétablir les communications et les infrastructures de transport, les besoins se chiffrent en dizaines de milliers d'unités. Les manufactures suisses deviendront ainsi les fournisseurs des Signal Corps en montres bracelets et modèles de poche et des Corps of Engineers.  

Lorsque la seconde guerre mondiale éclate, l'armée américaine qui mobilise énormément d'hommes se doit de les doter en montres fiables afin d'assurer la synchronisation des actions. Des montres bracelet vont ainsi être distribuées avec chaque paquetage. Il faut aussi sur les navires, des pièces fiables qui serviront à donner une heure de référence. Ce sont autant des montres de bord dites "Deck Watch" que des chronomètres de marine. Avant 1941, les firmes horlogères américaines ne sont pas encore prêtes et la Navy va devoir se fournir en Suisse pour disposer de chronomètres de marine. C'est une compagnie de Chicago qui va servir d'intermédiaire à Zenith. Les Suisses ne peuvent en effet livrer directement la Navy car seule une compagnie américaine est habilitée par la loi américaine à le faire.  

Vail Watch C° fait upgrader des calibres de 7 rubis prévus pour des tableaux de bord d'automobiles afin d'équiper des chronomètres de marine disposant d'une réserve de marche de 8 jours. Redoutablement précis, ces petits chronomètres de marine seront jusqu'en 1941, quasiment les seuls à équiper les navires de l'US Navy.
L'armée américaine avait toutefois anticipé ses besoins et avait lancé un concours auprès des firmes nationales pour disposer d'instruments de mesure du temps fiables.


Aucune firme américaine ne s'était jamais intéressée à ce type de produits. Hamilton dont les bureaux d'études étaient particulièrement performants mirent au point en quelques mois des mouvements aussi efficaces que leurs homologues suisses et supplanta la concurrence américaine. La manufacture de Lancaster se mit dès 1941 à livrer non seulement l'armée américaine mais aussi à répondre aux sollicitations de la marine anglaise. Ses calibres 21 et 22 allaient démontrer des qualités chronométriques exceptionnelles et ouvrir à Hamilton un extraordinaire marché. La firme produit jusqu'à la fin de la guerre jusqu'à près de 500 chronomètres de marine par mois soit davantage que toutes les firmes suisses réunies pour une année.



Le calibre 22 va vite s'imposer comme le mouvement phare d'Hamilton. Précis, solide, fiable, son grand diamètre "Size 35" en fait un calibre exceptionnel. Inadapté pour des montres de poche, il est en revanche parfait pour les montres de bord et Hamilton va le livrer dans une double boite en bois pour le protéger. Son utilisation à plat recommandée pour optimiser la précision et le rembourrage de ses boitiers le rendent peu sensible à la houle qui peut parfois gêner la marche des instruments.

Cette montre au delà de tout équipement radio à bord donne la garantie à bord des navires de détenir une heure juste, celle-ci permettant de synchroniser les interventions et donc les montres de tous les militaires. En cas d'avarie électrique, cette heure juste permet aussi de repérer la longitude, condition essentielle de la navigation maritime.





Le boitier de la montre, taillé dans la masse, est travaillé par Keystone, grand fabricant de boite de l'époque, sur une Base métal. Le calibre comporte 21 rubis et comme il fut quasi-exclusivement livré aux armées, il mentionne son appartenance à L'US Navy BU. Il est ajusté en températures et 6 positions. Le fond de boite gravé précise " Bureau of Ships - US Navy, un numéro de référence et l'année de mise en service (ici 1943) Il comporte enfin la rare mention sur une montre américaine "Chronometer Watch". La réserve de marche est proche de 60 heures mais la précision n'est garantie que sur 56 heures. La montre est imposante et massive, évidemment sans bélière. La raquette à disque excentré est sophistiquée mais reste réglable avec la pointe de l'ongle même si cela est peu recommandé. Ces montres étaient de toutes façons vérifiées de manière draconienne. Elles sont restées en service jusqu'aux années 50.

Hamilton a réalisé un véritable tour de force en offrant aux armées des instruments de mesure du temps très précis. La manufacture durant la seconde guerre mondiale n'a quasiment plus produit que pour l'armée, sacrifiant sa clientèle civile. Elgin, Waltham eurent une logique industrielle approchante et personne ne se relèvera vraiment de la guerre. Sans Nicolas Hayek la marque aurait sans doute totalement disparu même si elle fut omniprésente au poignet des troupes américaines pendant la guerre du Vietnam.

Hamilton a scellé son histoire en démontrant une exceptionnelle aptitude à créer des pièces et des mouvements de qualité chronométrique dignes et parfois supérieures aux meilleures manufactures suisses. Hamilton fut une réussite industrielle mais, avant Swatchgroup, un échec commercial.


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MessageSujet: Hamilton et l'un des meilleurs mouvements de l'histoire de l'horlogerie   Dim 23 Avr - 19:52

Au 19ème siècle puis au début du 20ème siècle, les Américains n'ont pas pris les mêmes options que les Européens pour équiper leur montres. Quand en Europe, la montre était en argent avec un mouvement doré, aux USA, la montre était en plaqué or avec un calibre rodhié. Quand en Suisse, on qualifiait de chronomètres avec un bulletin de marche des montres dotées de 15 rubis, on diffusait aux Etats-Unis des montres avec 21 et 23 rubis.

Les firmes horlogères américaines qui communiquaient sur leurs mouvements ultra-précis et très empierrés ont boosté les Suisses, les obligeant à emboiter le pas des Américains et à livrer des calibres avec 21 et 23 rubis. L'empierrement ne fut pas le seul argument qui conduisit à une surenchère. Les matériaux des pierres furent aussi un sujet de débat. Certaines marques suisses utilisèrent même des diamants. Ce fut par exemple le cas d'Omega avec ses calibres de qualité D Extra spécial.

Un siècle plus tard, la question reste entière de savoir qui a fait les meilleurs mouvements. Il reste difficile de trancher entre un calibre Omega de 21 rubis, un RR 56 Zenith, un calibre 22 Ulysse Nardin ou un H5 de IWC pour les Suisses et un 992 B d'Hamilton ou un calibre Howard, Elgin ou Waltham Vangard.

Ce qui est certain est que les américaines en argent à calibre jaune sont rares .

Dans les années 40, les Américains livraient encore en masse des Gold Filled (plaquées or) jaunes, roses ou blanches avec un or de plaquage de 14 ou 10 carats garanti, selon l'épaisseur, de 5 à 25 ans.

Les Suisses commencèrent alors à produire des montres en acier inox. Hamilton leur emboita le pas avec une montre "Railways special" dédiée aux chemins de fer et son calibre 992 B qui atteignait l'excellence. Ces mouvement sont 75 ans après toujours dans des normes de chronomètres de très haute précision .

Voici donc une Hamilton en inox avec ce fameux calibre 992 B ajusté aux températures et dans 6 positions  ...








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MessageSujet: Histoire de Hamilton Watch C°, manufacture phare de l'horlogerie américaine   Lun 24 Avr - 4:26

La Hamilton Watch C° manufacture phare de l'horlogerie américaine




Le seconde moitié du 19ème siècle voit naître aux Etats-Unis comme en Suisse plusieurs manufactures qui vont profiter de l'élan de l'ère industrielle pour se faire une place de choix dans l'industrie horlogère. La création des industries de tous domaines de compétences et d'activités a regroupé sur un même lieu de travail des gens qui antérieurement travaillaient de manière isolée. L'interdépendance des activités au sein des entreprises a imposé que l'ensemble des personnels exerce leur métier avec des horaires communs et cette nouvelle organisation du travail génère une immense demande de pièces d'horlogerie précises et fiables.

La montre à ancre qui se fabrique en série au même moment, plus précise et fiable, suscite un engouement qui la fait désirer dans tous les mieux socio-professionnels. Concrètement, ce sera la finition des montres, l'empierrement des mouvements, la décoration et les anglages ainsi que le type d'emboitages en métal commun ou précieux qui vont créer une différence. Mais de 7 à 26 rubis, la précision des montres permet à tous d'accéder à la détention individuelle de l'heure et pour la première fois de partager une heure précise et universelle... C'est la conquête sociale de l'heure.  

La firme Hamilton fait suite à la Lancaster Watch Company qui elle-même était issue de la "Adams and Perry Watch Company" du nom de deux associés "d'infortunes" qui échouèrent dans la création d'une compagnie horlogère faute de capitaux. Leur projet installé à Lancaster en 1874 ne cessa d'aller de restructurations en refondations et c'est donc un modèle économique tout a fait différent qui va sortir la manufacture de l'ornière. Hamilton tient son nom de Andrew Hamilton, propriétaire du site de Lancaster sur laquelle l'usine est implantée. Hamilton Watch est né de la fusion de Lancaster Watch C° et de la société Keystone Aurora Watch (Illinois) diversifiée dans la fabrication notamment de machines. Parmi les fondateurs de la Hamilton Watch C°, on retrouve des investisseurs dans cette nouvelle firme et les dirigeants d'Aurora Watch C°.  

Hamilton s'est d'abord spécialisée dans les Railroad watches qui représentaient un énorme marché en pleine expansion dès la fin du 19 ème siècle (après 1892, après l'accident de l'Ohio).  En 1927, Hamilton rachète la Illinois watch C° en 1927 puis manufacture Howard watch C° en 1931.




La firme va lors de la seconde guerre mondiale se consacrer exclusivement à la fabrication de montres militaires pour les forces armées américaines en particulier. La demande est si importante qu'elle justifie que la manufacture ne produise plus de montres civiles.  En février 1942, Hamilton fabrique 500 chronomètres par mois pour la marine américaine.





Hamilton s'est illustré par des calibres de haute précision dont le 992 B est sans doute le plus célèbre. La manufacture fut pionnière également dans le recours à l'Elinvar. Le spiral en Elinvar breveté en 1931 sera utilisé dans tous les mouvements de la firme par la suite. L'Elinvar est révolutionnaire par ses qualités d'élasticité et de résistance à la déformation quelle que soit la température. Les Suisses l'utilisent dès la fin des années 10 notamment pour des balanciers non coupés.






Superbe calibre Hamilton 940 de 1905- 21 rubis


Hamilton exerce ses talents dans les années 50 dans la montre électrique puis se diversifie sans doute un peu trop au point de se perdre tout en produisant des montres intéressantes jusqu'en 1969. La firme produit sous trois marques différentes, Hamilton, Vantage et Buren et ceci dans 6 usines dans le monde. La marque sera associée à Heuer et Breitling pour la fabrication d'un chrono automatique en 1969. Ensuite, la marque emboîte des mouvements extérieurs et notamment asiatiques avant d'être finalement rachetée par Swatch Group.








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MessageSujet: Hamilton Dual Time    Lun 24 Avr - 18:43

Hamilton Dual Time





Les montres de poches à double fuseau utilisées par les personnels roulants de quelques compagnies de chemin de fer d'Amérique du nord constituent une sorte d'énigme dès lors que les catalogues des manufactures américaines n'en portent que peu de traces. L'une des plus connues est l'Hamilton Railway Special mais il y eu d'autres versions sans qu'il ne soit possible bizarrement de les lister et de les identifier clairement. Cela semble impossible et pour cause, il semble qu'aucune marque n'ait accepté de livrer ce type de montres et que les montres existantes soient des adaptations faites par les compagnies de chemins de fer qui auraient procédé directement à ces transformations, Hamilton ayant fini par accepter de livrer ce jeu d'aiguilles mais seulement dans le cadre d'un service fait sur la montre vendue initialement avec une seule aiguille des heures.



Ces montres possèdent donc "visuellement" une seconde aiguille des heures qui est toujours de couleur rouge. Le mécanisme de la montre est en tout point identique à la version classique et en porte les références. La différence n'est dont aucunement mécanique mais simplement située au niveau de l'aiguille.
Cette seconde aiguille est solidaire par son canon avec l'aiguille "principale des heures" et les deux aiguilles ne peuvent donc afficher que l'écart sur la base duquel elles ont été assemblées, en l'occurrence une heure.



La montre est donc à double fuseau mais ne peut devenir "GMT" en ce qu'on ne peut élargir l'écart entre les deux aiguilles des heures. Le principe de ce type de montre et son utilité est de permettre de passer d'un fuseau à l'autre lors d'un trajet sans avoir à procéder à un réglage de l'heure en cours de trajet au moment du passage de l'un à l'autre des fuseaux. Cela est d'autant plus intéressant que le réglage de l'heure en roulant peut s'avérer acrobatique et que ces montres portant l'heure de référence ne doivent pas être déréglées par une manipulation intempestive en cours d'utilisation. Les risques sont d'autant plus fort sur les montres américaines que la mise à l'heure se fait par une targette située sous la lunette solidaire du verre et qu'il faut dévisser cette dernière pour y accéder.  Le risque alors est de toucher les aiguilles, de les arracher et de ne plus pouvoir accéder à l'heure exacte. Il est à noter que les militaires de l'US Navy et de la Royal Air Force se feront fabriquer des montres spéciales avec des mises à l'heure au pendant, système usuel sur les montres suisses.  



L'explication pourrait s'arrêter là mais il s'avère que les compagnies de chemins de fer étaient plutôt hostiles à ce type de montres en estimant qu'elles généraient des erreurs de lectures absentes lorsque la montre profitait d'un réglage lors du changement de fuseau. La montre ne fut donc pas autorisée par certaines compagnies de chemins de fer. La chose fut donc réglementée dès le 1er février 1929 dans les  "Rules Governing Time Service For Employes in Train, Engine, Yard, Roadway and Station Service" des "Atchison, Topeka and Santa Fe Railway System".

"Article 3 : Les aiguilles des heures supplémentaires, peintes ou émaillées en rouge, peuvent être utilisées sur les montres portées par les personnels ferroviaires, ingénieurs, pompiers dans les divisions occidentales, du 1er district du Colorado, des Plaines, Pecos, Albuquerque et Arizona, Central et Mountain, ou Mountain et Pacific où l'heure standard est en usage."

Malgré cela, les fabricants sont restés rétifs à adapter leurs montres. Si Elgin mentionne bien ce type de pièces dès son catalogue de 1915, c'est pour préciser que le produit ne peut être livré que sur commande spéciale. Il faudra attendre les années 1950 pour qu'Hamilton place ce type de montres dans son catalogue officiel. Beaucoup de celles qu'on trouve parmi les plus anciennes n'ont jamais servi pour les chemins de fer mais sont des adaptations faites à partir d'aiguilles retrouvées par des collectionneurs qui au cours des 20 dernières années ont adapté eux-mêmes des montres (produites en grande quantité). Ces montres furent en fait davantage tolérées qu'encouragées et en aucun cas imposées par les services ferroviaires des compagnies américaines.


Ces Dual Time ne sont donc aucunement des montres à complication et la seule complication qu'on puisse réellement leur reconnaître est celle de la lecture de l'heure finalement complexifiée par cette double aiguille dont la différence de couleur n'est perceptible qu'en pleine lumière. Les Dual Time constituent des curiosités car elles sont assez rares surtout en Europe. Il existe des versions suisses de ce type de montres et d'aiguilles mais elles sont extrêmement rares et ne sont venues que pour apporter une "équivalence" à l'offre américaine.

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MessageSujet: Hamilton : L'histoire d'un dérapage incontrolé...   Dim 11 Juin - 3:08

Hamilton : L'histoire d'un dérapage incontrolé...




Hamilton est sans doute la manufacture horlogère la plus atypique qu'il soit. Le parcours de cette grande maison l'a portée au firmament avant que ses dirigeants ne la conduisent dans une voie sans issue lors de la seconde guerre mondiale et ceci malgré une communication grand public très élaborée. L'histoire d'Hamilton résume à elle seule ce qu'un cumul d'erreurs stratégiques peut casser dans le succès pourtant préécrit d'une firme industrielle.  


Le seconde moitié du 19ème siècle voit naître aux Etats-Unis comme en Suisse plusieurs manufactures qui vont profiter de l'élan de l'ère industrielle pour se faire une place de choix dans l'industrie horlogère. La création des industries de tous domaines de compétences et d'activités a regroupé sur un même lieu de travail des gens qui antérieurement travaillaient de manière isolée. L'interdépendance des activités au sein des entreprises a imposé que l'ensemble des personnels exerce leur métier avec des horaires communs et cette nouvelle organisation du travail génère une immense demande de pièces d'horlogerie précises et fiables.

La montre à ancre qui se fabrique en série au même moment, plus précise et fiable que les montres à cylindre, suscite un engouement qui la fait désirer dans tous les mieux socio-professionnels.  Concrètement, ce sera la finition des montres, l'empierrement des mouvements, la décoration et les anglages ainsi que le type d'emboitages en métal commun ou précieux qui vont créer une différence d'une marque à l'autre, d'un continent à l'autre. Mais de 7 à 26 rubis, la précision des montres permet à tous d'accéder à la détention individuelle de l'heure et pour la première fois de partager une heure précise et universelle... C'est la conquête sociale de l'heure.  

La firme Hamilton fait suite à la Lancaster Watch Company qui elle-même était issue de la "Adams and Perry Watch Company" du nom de deux associés "d'infortunes" qui échouèrent dans la création d'une compagnie horlogère faute de capitaux. Leur projet installé à Lancaster en 1874 ne cessa d'aller de restructurations en refondations et c'est donc un modèle économique tout a fait différent qui va sortir la manufacture de l'ornière. Hamilton tient son nom de Andrew Hamilton, propriétaire du site de Lancaster sur laquelle l'usine est implantée. Hamilton Watch est né de la fusion de Lancaster Watch C° et de la société Keystone Aurora Watch (Illinois) diversifiée dans la fabrication notamment de machines. Parmi les fondateurs de la Hamilton Watch C°, on retrouve des investisseurs dans cette nouvelle firme et les dirigeants d'Aurora Watch C°.

Quand la firme Hamilton est créée, l'horlogerie se cherche. Il y a bien entendu un intérêt pour les montres et un potentiel immense de consommateurs à équiper mais les thèmes de communication de l'horlogerie sont enfermés dans l'élégance, le prix et la précision. Le marché du rail américain va s'intéresser aux montres de précision à l'issue d'un accident survenu le 19 avril 1891 près de Cleveland dans l'Ohio. Ce jour là deux trains de voyageurs se télescopent sur une voie unique tuant 9 d'entre eux. L'enquête engagée aussitôt démontre que le mécanicien de l'une des machines s'est engagé trop vite à cause de sa montre qui avançait de 5 minutes.
Les compagnies de chemins de fers américaines en tirent immédiatement la conclusion qui leur faut équiper le personnel de montres précises et sollicitent après un accord commun un horloger de Cleveland, Webb C.Ball pour qu'il rédige un cahier des charges avec des normes très strictes en matière de montres de service.



Dès lors les montres des chemins de fers vont être encadrées par un règlement draconien qui impose des calibres de 19 ou 20 lignes à échappement à ancre, à simple plateau comptant au moins 17 rubis et ayant au moins une précision de 30 secondes par semaine ce qui correspond à une précision de chronomètre.
Ces montres seront baptisées "Railroad watch" qui les distingue des "Train watch" qui ne sont que des montres fantaisie dont le fond ou le cadran est orné d'une locomotive. Hamilton va trouver dans ce contexte un créneau très favorable pour placer ses montres et organiser la thématique de sa communication. La manufacture Hamilton va ainsi se spécialiser dans les Railroad watches qui représentaient un énorme marché en pleine expansion dès la fin du 19 ème siècle.  En 1927, Hamilton rachète la Illinois watch C° en 1927 puis la manufacture Howard watch C° en 1931.



Jusqu'à la seconde guerre mondiale, Hamilton développe des moyens considérables pour améliorer la précision de ses montres et proposer des pièces de poche particulièrement fiables. Les dirigeants d'Hamilton sont si préoccupés et si satisfaits de leurs résultats liés au Railroad qu'il finissent par en oublier de faire passer les montres de la poche au poignet. Bien entendu, le catalogue Hamilton propose des montre bracelets mais les Railroads restent la spécialité d'Hamilton qui ne fait pas grand chose pour faire évoluer cette image aux yeux du public. Ainsi de moderne et innovante, l'image grand public de la manufacture devient un peu désuète et ancrée dans le passé. Les ventes stagnent au tournant des années 1940 quand la guerre va considérablement changer la donne.


La deuxième guerre mondiale crée un immense besoin en montres de tous types -Bracelets, poche, chronographes, montres 24 heures, chronomètres de marine, chronomètres de bord, etc.  Malgré tous les efforts des manufactures suisses, il leur était impossible de satisfaire à la demande des armées américaines, anglaises et françaises. En 1941, le gouvernement américain sollicite des manufactures américaines un effort exceptionnel pour que chaque GI ait sa montre dans son paquetage. Des commandes sont donc passées auprès de plusieurs manufactures mais celle qui s'engagea le plus loin dans l'effort militaire fut sans nul doute Hamilton. La firme développa avec ses ingénieurs en moins de deux ans des pièces exceptionnelles d'une précision supérieure aux montres suisses. Son chronographe devint ainsi une référence pour les bombardiers américains ... En 1944, Hamilton produisait autant de chronomètres de marine que toutes les manufactures suisses additionnées.    

L'effort de guerre d'Hamilton obligea l'entreprise a cesser toute production civile et la marque s'en expliqua par voie de presse en 1943...


Jusqu'à la fin de la guerre, toute la production civile d'Hamilton cesse au profit de l'approvisionnement de l'armée américaine et beaucoup plus accessoirement de l'armée anglaise. A la toute fin de la guerre, Hamilton "reprend contact" avec la clientèle civile et use de sa spécialisation militaire pour valoriser l'image de ses montres. La manufacture communique alors en expliquant que la guerre lui a permis de se spécialiser dans la plus haute précision et qu'elle peut désormais livrer quelques pièces aux civils.  




Le dispositif de communication est habile mais nous sommes en 1945 et la montre de poche est déjà totalement dépassée. Les autres maisons en sont aux débuts des montres bracelets automatiques quand Hamilton en est encore à s'émerveiller d'avoir produit des chronomètres de marine, en partie copié d'ailleurs sur les modèles suisses d'Ulysse Nardin. Le décalage est patent et malgré des efforts énormes, la firme américaine qui sera l'un des fournisseurs de montres de l'armée lors de la guerre du Vietnam ne remontera jamais son image et ne rattrapera pas son retard technologique et de perception par les consommateurs. Des tentatives liées à la montre électrique des années 1960, il ne reste aujourd'hui presque rien.  

Il faudra attendre que les Suisses via Nicolas Hayek s'intéressent à Hamilton pour que la marque retrouve une dynamique équivalente à ce que la manufacture connaissait dans les années 1930.

Les années de guerre ont suffit à placer Hamilton sur un chemin sans issue malgré un succès technologique prodigieux, le développement d'un outil industriel exemplaire et le travail d'un bureau d'études irréprochable dont le travail fut couronné de succès. Il y avait tout, tout sauf la dimension commerciale. L'histoire démontre que celle-ci reste le nerf de la guerre, un paramètre essentiel qui fait qu'on peut faire de très bonnes montres mais que si elles ne se vendent pas, cela ne sert à rien. Hamilton en se mobilisant pour un seul client -l'armée américaine- sur une courte durée a lâché une clientèle durable, a axé sa technologie sur des pièces qui n'étaient pas grand public et dont les consommateurs se sont désintéressés, et a raté sa communication en s'ancrant après la guerre sur son travail pendant celle-ci et en oubliant le futur de son développement. Il y a là de grandes leçons à tirer ...La première est sans doute qu'il ne faut jamais oublier ses clients.    




Pour en lire davantage :    http://forumamontres.forumactif.com/t208967-hamilton

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MessageSujet: Hamilton : Les montres militaires G.T.C. en 24 heures chrono   Jeu 1 Nov - 2:18

Hamilton : Les montres militaires G.T.C. en 24 heures chrono







Hamilton Watch C° fut l’une des marques américaines les plus prospères pendant la seconde guerre mondiale. La firme mit toute son énergie à fabriquer des montres militaires pour répondre aux commandes de l’armée américaine au point de se consacrer en quasi-totalité à cette production. Parmi les modèles emblématiques livrés par la manufacture, la montre chronomètre G.C.T (Greenwich Civil Time) fut l’un des instruments les plus précis jamais livrés.


Une montre au mouvement déjà affranchi




Lorsqu’éclate la seconde guerre mondiale, consciente qu’il faut que ses troupes se coordonnent avec des instruments de mesure du temps précis et fiables, l’armée américaine équipe ses hommes de tous grades, de montres pour lesquelles elle impose au fabricant, un cahier des charges drastique.
Plus que tout autre corps désireux de précision, « Army & Navy » (Les lettres « AN » sur le fond de boite) font naturellement appel à Hamilton watch C°, compagnie florissante et réputée notamment pour ses montres de chemins de fer dites « Railroad watches ». Hamilton fabrique en effet, une montre conforme aux exigences extrêmes imposées par les compagnies de chemins de fer depuis qu’en 1891, un accident dû à une mauvaise synchronisation de trains sur une ligne unique, a conduit ces dernières à acquérir des chronomètres pour leur personnel.




Le mouvement mis au point par Hamilton, le 992 B d’une taille (américaine) de « 16 size » soit 19 1/8 lignes, fut doté de 21 rubis et profita de 6 réglages liés aux températures et à la position de la montre. Il devint sans doute le plus connu des calibres de montres de poches américaines. Pendant la seconde guerre mondiale, « The Army Air Corps » connue aujourd’hui sous le nom de l’US Air Force, sollicite Hamilton pour la livraison de montres dotées d’un cadran et d’un mécanisme proposant un affichage de type « 24 heures ».



Les ingénieurs de la firme préfèrent modifier ce mouvement et l’adapter aux besoins de l’armée de l’air américaine plutôt que d’en créer un autre. Ils font donc évoluer l’échappement, le train de rouages et adaptent le cadran et les aiguilles qui, sur la nouvelle version, comporte une trotteuse centrale. Le mouvement est baptisé 4992 B et passe à 22 ou parfois 23 rubis. Le cadran n’est pas marqué au nom d’Hamilton mais comporte 3 lettres en majuscules : «G.C.T.» pour Greenwich Civil Time. Le fond des montres comporte les numéros d’inventaire de l’armée de l’air et la référence du contrat qui lie l’armée à ces livraisons. Par exemple, AF 42 -42366 Contract NO W535 ac-28072 fera présumer d’une montre produite en 1942 et livrée dans le cadre d’un contrat de l’armée référencé comme précédemment indiqué. La montre dont les boites étaient fabriquées dans leur quasi-totalité par Keystone étaient en général en nickel chromé et parfois en argent. La mention AN 5740 est une référence militaire qui correspond aux montres dites « Master Navigational Watch », soit les montres de ponts donnant à bord une heure de référence.


Pour son balancier monométallique et son spiral, Hamilton Watch C° a recours à l’Elinvar, alliage de pointe peu sensible aux variations de température et donc favorable à une meilleure précision quelles que soient les conditions d’utilisation. La firme était en la matière très au fait des technologies les plus modernes et à leur mise en œuvre industrielle.








Un usage bien contrôlé



Ce type de montres fut engagé d’une part, dans des vols de courtes distances dans des missions ponctuelles et était réputé être d’une précision redoutable et d’autre part, dans des opérations de la Marine et de l’armée de l’air de grande envergure. Profitant d’un système de stop seconde lorsque la couronne de mise à l’heure est soulevée, le mouvement pouvait facilement être synchronisé avec d’autres montres ou des horloges de bord sans dévier de l’heure donnée en amont. Cela pouvait être essentiel voire vital quand sur des missions de plusieurs heures, des tirs devaient être coordonnés entre différents groupes d’hommes en intervention.
Les montres une fois fabriquées étaient emballées individuellement dans des boites comportant toutes les références du contrat dans le cadre duquel elles avaient été produites et livrées. Chaque boite mentionnait une date de « péremption » renvoyant à une révision de la montre si celle-ci était mise en service au-delà d’un laps de temps trop long, à l’issue duquel Hamilton ne pouvait plus garantir la précision de la pièce à cause notamment de l’état des huiles de lubrification des mouvements. La qualité des pièces était celle de chronomètres reconnus parmi les meilleurs.



Pour préserver la montre dans des milieux hostiles notamment à cause des chocs, plusieurs systèmes furent validés par l’armée dont une boite vitrée dans laquelle la montre était placée en suspension, maintenue en place par des systèmes assortis de ressorts amortisseurs. Plus simplement, il fut également proposé une sorte de surboite en matière souple absorbant les chocs directs et venant recouvrir la carrure et le fond.




La boite de livraison - La date de péremption après la dernière révision est mentionnée par sécurité sur la boite


Ces pièces étaient très soignées par leurs utilisateurs. C’est sur elles que reposait l’heure de référence de l’équipage. L’un des membres de celui-ci, le plus souvent le chef quart était chargé de veiller à ce que le chronomètre du navire soit remonté chaque jour et toujours parfaitement entretenu et en état de marche. Il devait en outre veiller à la sécurité de l’instrument en l’enveloppant en cas de risques de casse et le cas échéant, l’emporter avec lui si l’équipage était contraint de quitter le navire.

Hamilton sous contrat militaire perdit ses marchés civils


Hamilton signa plusieurs contrats, celui de 1943 étant de plus de 24 000 pièces pour livrer des 4992 B dans une période si prospère pour la firme grâce aux commandes de l’armée, que celle-ci dut réduire à minima ses productions « civiles », compromettant ainsi son avenir et son équilibre économique. Les premières livraisons de chronomètres Hamilton aux Militaires datent de février 1942. La manufacture américaine produira jusqu’à 500 chronomètres par mois. La quasi-totalité des contrats liés à l’ensemble des livraisons de montres militaires furent résiliés dès la fin de la guerre alors que toutes les montres commandées n’étaient pas encore livrées, laissant Hamilton Watch C° dans une situation difficile. Même si la manufacture fournit aussi les armées canadiennes, anglaises et plus étonnamment les forces russes, la fin de la guerre et l’arrêt des livraisons ne fut pas sans déséquilibrer l’entreprise.

Plusieurs marques fabriquèrent ce type de montre, l’aéronavale française passa par exemple par la maison Breguet qui lui livra une montre marquée non pas G.C.T. mais T.U. pour Temps Universel et dont le mouvement était celui d’un chronographe de type Valjoux 5 dépouillé de sa partie chrono.


Les montres ne comportaient jamais d’aiguilles ou de cadrans recouverts de matière luminescente. En revanche, les aiguilles étaient blanches tranchant avec le noir mat des cadrans. Leur forme dite « Poire » était déterminante pour la lisibilité de l’heure sans risque d’erreur en une fraction de secondes. Le cadran séparant bien les minutes et les heures rend enfin impossible la confusion entre les minutes, les secondes pointées par la longue trotteuse centrale à contrepoids et les heures. La version fabriquée par Hamilton est de loin la plus répandue car distribuées à l’armée américaine dans les plus grands volumes.



Ces montres furent actrices et témoins de la libération de l’Europe, aux mains d’une armée de pointe qui engagea d’immenses moyens au service de la liberté et de la démocratie. Elles restent aujourd’hui des pièces de grand intérêt même si la lecture d’une montre graduée sur 24 heures impose un temps d’adaptation à tout possesseur d’un modèle de ce type.


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