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 Longines

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ZEN
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MessageSujet: Longines    Dim 23 Avr - 5:42

Sujets Longines

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MessageSujet: Un chronomètre réglementaire de Longines    Dim 23 Avr - 5:42

Les montres régementaires militaires sont une source intarissable de découvertes horlogères de grande qualité.  Longines par exemple livra cette montre dans les années 30 et 40. Une vraie perle avec un système de raquette sophistiqué que la manufacture réservait à ses chronomètres... Le calibre est un 19 lignes de type 19-71 N . Ces livraisons de Longines étaient en concurrence frontale avec des montres livrées par Zenith, Omega et IWC qui proposaient également des chronomètres pour les armées.

Ce qui est fascinant est que ces pièces étaient livrées en série et que les anglages étaient parfaits, y compris les rentrants et que le polissage des axes et l'olivage des pierres ne comportait aucun défaut.  La précision après 70 ans est de l'ordre de 3 secondes par jour.  

Il est à noter que la boite est équipée d'un joint, chose assez rare dans les montres de poche de cette époque.      







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MessageSujet: Une pépite pour les amoureux d'horlogerie : Le Leader Express Longines    Dim 23 Avr - 6:18

Les calibres Railways de Longines




Longines exporta ses produits vers l'Amérique du Nord très tôt, probablement vers 1880. On retrouve des archives qui fixent à 1884 la diffusion commerciale de calibres Agassiz et Longines emboités localement dans des boîtes américaines et importées par J. Eugène Robert & Co., 30 Maiden Lane à New York qui fut l'un des pionniers de la diffusion de montres suisses sur le territoire nord américain. A partir de 1895, c'est Wittnauer, 19 Maiden Lane, qui deviendra l'importateur officiel et signera chaque platine sous le cadran de son nom, voire fera juxtaposer son nom avec celui de Longines.

Longines est donc très en avance dans la conquête du marché américain et il n'est pas étonnant que la manufacture de Saint Imier développe des mouvements pour les montres de chemins de fers qui portent littéralement le marché horloger américain après 1891. C'est davantage à la fin de cette décennie que Longines va s'installer dans le domaine des Railroads avec à partir de ses numéros de série marqués 900 000, deux mouvements chronomètres de très haute qualité. Ces calibres baptisés Express Monarch et Leader Express furent commercialisés sous un nombre impressionnant de label "Privés" avec ou sans mention de Longines. Si le Monarch Express se rencontre fréquemment sans aucune signature apparente, le Leader Express en revanche est soit signé Longines, soit doublement signé du label du distributeur et de celui de Longines en tant que fabricant. Il apparait que Longines a tenté d'exploiter le terme de Railway à côté de ses noms de mouvements mais a dû y renoncer en raison de la protection de ce terme déposée par Dueber Hampden.

Le mouvement Express Monarch sera décliné de 17 à 23 rubis dans des mouvement de 18 à 19 lignes, les plus grands de 1893 à 1908 et les plus petits de 1902 à 1928 tandis que le Leader Express sera proposé en 17 et 19 rubis, réglage 5 positions et en 18 et 19 lignes.

Ces deux mouvements ont été fabriqués par Longines pour concurrencer les montres américaines sur le marché nord-américain. D'architectures très différentes, ces deux calibres sont d'une exceptionnelle qualité de finition et de précision. Nous avions déjà présenté le Monarch


http://forumamontres.forumactif.com/t117359-decouverte-le-calibre-express-monarch-de-longines?highlight=monarch

Voici le Leader Express





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MessageSujet: Découverte : Le calibre Express Monarch de Longines    Dim 23 Avr - 6:20

Le calibre Express Monarch de Longines 



Dès la fin du 19ème siècle, Longines, créé à Saint-Imier en 1832 par Ernest Francillon, s'invite sur le marché nord-américain en y exportant ses montres. Les premières exportations vers les Etats-Unis et le Canada ont lieu aux alentours de 1884. Lois protectionnistes obligent, Longines comme ses concurrents, doit faire finaliser la montre sur le territoire américain.
Les premiers mouvements sont livrés à "Fit Standard American-Sized Cases". Jusqu'en 1890, J. Eugène Robert & Co., 30 Maiden Lane, New York, NY sera l'importateur officiel des montres Longines entre autres.

C'est A. Wittnauer Co qui traite les importations jusqu'en 1895. Son nom apparaît sur de nombreuses pièces de l'époque.

La qualité des montres Longines, par leur finition, leur empierrement, leur précision et qualités les fait déclarer "bonnes pour les services ferroviaires". La manufacture Longines va donc très vite être appelée à fournir des mouvements pour la production des très fameuses railroads américaines. Ce sera le cas jusqu'en 1890. La manufacture va aller jusqu'à désigner une catégorie de ses mouvements spécifiquement pour ce type de pièces. Ce sont les Monarch Express qui vont séduire les marchés. Les noms de  Railway Leader et de Railway Monarch sont marqués sur certains calibres, pas tous car Longines livre des calibres non marqués et des mouvement avec des marques privées qui sont celles des distributeurs.


A la fin des années 1890, les numéros de série en sont encore à 900 000. Le nom Railway disparaît ensuite car Dueber-Hampden le dépose et en devient seul exploitant. Longines va donc opter pour un autre nom qui sera Express Monarch et Express Leader grade. Dès lors ce nom va être largement utilisé pour désigner des calibres parmi les plus beaux de Longines. Réalisés en 19 et 20,5 lignes, les mouvements Express Monarch étaient diffusés en 21 et 23 rubis et constituent des pièces de très grande qualité qui rivalisaient avec les calibres américains les plus réputés et notamment ceux de Hampden et ceux de Howard ou Elgin. Par contre les calibres Express Leader étaient livrés en 17 et 19 rubis. Les calibres de 20,5 lignes sont plus anciens a priori, ils furent fabriqués de 1893 à 1908 alors que les 19 lignes furent diffusés entre 1902 et 1928. La destination première de ces mouvements étaient évidemment d'équiper les Railroad watch. Après 1920, la manufacture Longines exploita d'autres mouvements à destination des pièces de chemins de fer.    

Sans nécessairement le dire, nombre de compagnies de chemins de fer ont utilisé des mouvements suisses dans leur montres, qu'il s'agisse d'Omega, Longines ou Zenith essentiellement.


Voici donc un exemplaire de montre anonyme faite par Longines avec son calibre Express Monarch ici en version 21 rubis pour 20,5 lignes en savonnette 3 ans avant l'accident de l'Ohio qui va déboucher sur un cahier des charges drastique en matière de montres de chemins de fer. La raquette caractéristique à vis excentrique permet un réglage fin qui assure à la montre, dès 1892, une qualité dans les normes de chronomètre d'aujourd'hui. La présentation du calibre en 3/4 pleine platine n'est pas la présentation la plus courante pour des pièces suisses. Longines avait cette aptitude rare à multiplier les mouvements en les rendant très différents dans leurs architectures. La manufacture de Saint Imier reste l'une des plus inventives en la matière. Il reste impressionnant 120 ans après la fabrication de ce mouvement de constater qu'il dévie de moins de trois secondes par jour.









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MessageSujet: Longines ... Le 17.79 chronomètre dans une version à cadran rare...    Dim 23 Avr - 19:57

Le calibre 17-79 Longines est ici ajusté en 5 positions. C'est un chronomètre de fort belle qualité. La précision de la montre conforte cette opinion. Ce qui je l'avoue m'a attiré dans cette montre est son cadran d'une finition jamais vue avant sur une montre suisse. L'effet est réussi et mériterait d'être creusé dans des pièces contemporaines.











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MessageSujet: Histoire du calibre L990 de Longines calibre automatique le plus plat du monde   Dim 23 Avr - 21:06

Le calibre L990 de Longines, calibre automatique le plus plat du monde en 1977.
 


Le calibre L990 de Longines est né en 1975 et fut présenté en 1977 par Auréle Maire, Directeur Technique de Longines. Dans sa version première appelée 890 il est un peu plus épais que la version 990 mais possède déjà les caractéristiques de puissance qui en favorisent l'isochronisme.
Inventé au plus mauvais moment de l'histoire horlogère pour rester dans les mains de LONGINES, il fut cédé à Lémania qui après quelques modifications le baptisa "Lemania 8810". Calibre automatique doté de 25 rubis, tournant à 28 800 alternances par heure, il dispose d'une réserve de marche de 42 heures. Son diamètre n'est que de 26mm pour une épaisseur de 2.95mm.

Ce calibre fut conçu avec un double barillet qui donne force et régularité à la marche en assurant une fiabilité exceptionnelle.













La marque Longines présenta en février 2001 une série limité de 990 exemplaires de montres dotées de ce mouvement pour célébrer les 30 millions de montres vendues par la marque depuis sa naissance.
Le calibre L990 connait plusieurs variantes : 992 (sans date), 993 (sans date ni secondes) et 994 (avec date et sans secondes) chacun avec 17 ou 25 rubis. Ce calibre est le dernier mouvement entièrement manufacturé par Longines .

Sa reprise par Lémania date de 1991 sous la référence 8815. Lémania le déclina en version squelette (8881), un calendrier perpétuel (8840) une version à répétition des quarts (8860), heure sautante (8831),  puis une version multizones. Bien entendu, le Lémania comme sa version originelle existe avec ou sans date et secondes.

Le calibre Lémania a équipé les montres Ebel 060, Girard Perregaux, Ulysse Nardin (UN 32) , Bréguet (calibre 591) et RGM watch C°. Considéré comme l'un des tout meilleurs calibres à remontage automatique, il continue donc sa carrière mal entamée à cause du quartz qui déferla dans les années 70 et contribua à décimer l'horlogerie traditionnelle.

Pourtant Aurèle Maire, concepteur du calibre, voulait bel et bien défier le quartz avec ce mouvement extra-plat non soumis à l'usure des piles. Pour y parvenir, il fallait un calibre extrêmement précis. Pour gagner la fiabilité attendue, Longines choisit de sélectionner pour ce mouvement les meilleurs composants et d'opter pour les solutions techniques les plus robustes et évidentes. Avec en tête les calibre Lecoultre baptisé 2120 chez Audemars Piguet et 1120 chez Vacheron Constantin, il rechercha la plus petite hauteur.
La montre ne peut varier de par sa conception de plus de 2 minutes par mois. Mouvement le plus plat au monde à sa sortie, le L990 fut salué pour la qualité de ses élément réglants et son double barillet disposés l'un derrière l'autre (Xaipe dirait à la queue Leleu ), dispositif antérieurement adopté pour le calibre L890 présenté en 1975.

Beaucoup plus plat que le L890, le L990 est doté de deux barillets à rotation rapide dont il résulte des couples plus faibles que ceux des calibres à barillet conventionnel.  La conception entraine une réduction de la force exercée sur les rouages et augmente la facilité de remontage. Longines a pu abaisser le rapport de transmission dans le rouage entre le rotor et les deux barillets. Dans une construction classique ce rapport est de 150 contre un tiers seulement avec le calibre L990. Longines a ainsi pu supprimer une roue et réaliser une masse oscillante plus légère et plate en métal Fritté à la densité plus élevée.

Le stockage d'énergie moins demandeur de force a permis d'opter pour un remontage unidirectionnel sans inverseur, inséré comme partie intégrante du mouvement sous le pont de barillet.

Pour assurer le maintien des oscillations du balancier, une quantité d'énergie deux fois moindre est suffisante par rapport aux calibres conventionnels.

Ce calibre est donc bel et bien un exploit technique orchestré pour Longines par Auréle Maire qui créa un mouvement innovant qui de manière extraordinaire achèvera la carrière de Longines "manufacture"  avec une pièce exceptionnelle.

La montre permettra de produire des modèles d'allure raffinée...






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MessageSujet: Bonne pioche cette Longines !    Lun 24 Avr - 0:56

-Dans la famille des montres ultra-précises, je voudrais une ... Longines. Un calibre de 19 lignes et une version 17 rubis. Je la voudrais chronomètre avec une raquette ultra précise... Je veux une montre à la seconde, un calibre 19-71 N ...C'est possible ?

-Pioche !






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MessageSujet: Longines a ouvert un nouveau musée à Saint Imier et une pièce qui n'y est pas...   Lun 24 Avr - 0:58

Dans la discrétion absolue et sans communiqué de presse, Longines a ouvert la semaine passée un nouveau musée à Saint Imier. La manufacture est riche de nombreuses pièces jalousement conservées par les différents propriétaires de la marque.  

Celle-ci aurait pu appartenir à ce musée mais non, c'est moi qui en ai fait l'acquisition la semaine dernière ... Un très beau calibre 19-71 l'anime et la pièce est en argent. C'est une montre de Tir assez rare du concours fédéral de 1934. Trouvée avec son écrin d'origine !


Le thème est un grand classique suisse historique puisque c'est Guillaume Tell ...


La manufacture Longines en 1934 exposait 10 de ses médailles : 5 en or et autant en argent .


Le mouvement profite d'une finition soignée. Doté de 17 rubis et de côtes de Genève, il bénéficie d'une qualité des anglages que l'on retrouve rarement aujourd'hui.


La raquette est très ingénieuse et finalement proche de celle des Omega qualité D et Aegler (Patek Philippe) .


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MessageSujet: 1912 Longines devient fournisseur pour les chemins de fer italiens    Lun 24 Avr - 1:00

Les Américains, en équipant à la fin des années 1890 leurs compagnies de chemins de fer de montres précises répondant à un cahier des charges très strict, ont ouvert aux marques américaines un fabuleux marché constitué non seulement des compagnies ferroviaires mais aussi de la clientèle grand public qui s'est mise à considérer comme une référence indiscutable le fait d'être fournisseur officiel des compagnies de chemins de fer.
L'horlogerie américaine du début du 20ème siècle va prospérer sur ce créneau jusqu'à ce que les guerres ouvrent les marchés militaires et créent sur ce thème un quasi monopole.

En Europe, les manufactures suisses auxquelles les Américains font toutes les difficultés pour leur rendre inaccessibles les marchés des firmes américaines, la tendance est à la sécurisation des horaires et donc à la fourniture en masse aux personnels navigants et aux chefs de gares de montres fiables et précises. Les cahiers des charges sont moins exigeants sur l'empierrement des pièces que les cahiers des charges américains et des montres de 15 voire de 7 rubis sont parfois achetées par les compagnies de chemins de fer.

Omega, Zenith, Longines deviennent ainsi fournisseurs des chemins de fer turcs, yougoslaves, roumains, russes, français, serbes, etc.

Longines est très actif et fait partie des rares marques européennes agréées par les Américains avec ses mouvements Express monarch et Express Leader ( http://forumamontres.forumactif.com/t117359-decouverte-le-calibre-express-monarch-de-longines?highlight=monarch). Au Canada, plusieurs marques suisses ont pu décrocher des marchés. Les Italiens passent d'énormes commandes à Omega, Longines et Zenith.

Les montres sont majoritairement dotées de calibres de 15 rubis. Les fonds sont gravés avec le logo de la compagnie ferroviaire italienne.







https://sites.google.com/site/hourconquest/les-montres-americaines

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MessageSujet: L'Ultrachron de Longines. 36 000 alternances en 1967   Lun 24 Avr - 1:01

Au milieu des années 60, l'ancêtre d'ETA propose l'échappement suisse à ancre "Clinergic-21" ainsi nommé à cause de ses 21 dents de la roue d'échappement en acier. Celui-ci crée un séisme dans l'horlogerie. Cet échappement permet au mouvement d'évoluer à la fréquence de 36 000 alternances. Longines, Movado, Zenith l'adoptent et d'autres le testent. Tout le monde n'y voit pas intérêt d'autant que le quartz se profile à l'horizon. Movado et Longines l'exploitent tout de suite. Zenith perfectionne l'idée et sortira l'El Primero.
 
Chez Longines naît ainsi l'Ultrachron ...
 



 
 
Longines présente son Ultrachron en 1967, calibre réalisé en interne, pour célébrer ses 100 ans. Il sera fabriqué jusqu'en 1975. Le modèle interpelle la concurrence même si Girard Perregaux a présenté sa propre version de calibre à 36 000 alternances par heure en 1965. Longines sort plusieurs variantes de son calibre avec ou sans date et avec ou sans trotteuse à entrainement indirect.  
 
Plus tard, la marque, tout en conservant le nom d'Ultrachron, revient avec les calibres 6651 et 6652 à 28 000 alternances.  Elle rencontre en effet des difficultés de SAV non pas internes mais auprès des horlogers détaillants qui en utilisant des huiles non appropriées éclaboussent le spiral et le balancier et dérèglent les montres. Longines en constatant que les premières montres révisées logiquement 5 à 7 ans après la vente posent de telles difficultés modifie son calibre et renonce à la haute fréquence. L'échappement haute fréquence requiert en effet, une lubrification à sec à base de bisulfure de molybdène (comme l'El Primero).
 
 
 
Le calibre correctement entretenu est très performant et est annoncé par Longines avec une variation inférieure à une minute par mois, soit 2 secondes par jour. Les mouvements sont certifiés chronomètres. Pour améliorer le remontage de son calibre, Longines ajoute du carbure de tungstène sur le rotor afin de l'alourdir. Le mouvement remonte dans les deux sens (comme le El Primero) mais nécessite un bon poids pour charger le ressort de barillet.

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MessageSujet: Longines Monarch Express, la montre de Joseph Elzéar Bernier    Lun 24 Avr - 1:02

La montre de Joseph Elzéar Bernier, explorateur du pôle Nord







Le capitaine Joseph Elzéar Bernier est né au Québec le 1er janvier 1852. A la fois marin et explorateur de l'Arctique, il prépare son périple vers le pôle nord. Capitaine de la marine britannique dès l'âge de 17 ans, ce marin d'exception aura, dans sa vie, parcouru les mers du globe pendant plus de 60 ans. On comptabilise plus de 267 traversées de l’océan Atlantique dans sa carrière de marin où il a commandé plus de 150 navires. Il aura réalisé en outre, 11 expéditions dans l’Arctique canadien. Il mourut en 1934 à l'âge de 82 ans.



Joseph Elzéar Bernier 1852-1934

Pendant de nombreuses années, il tente sans succès de persuader le gouvernement canadien hostile à tout soutien d'une quelconque expédition visant à assurer la souveraineté du Canada dans l'Arctique. La chance de Bernier tourne en 1903, quand un litige survient portant sur la limite territoriale entre l'Alaska et la Colombie-Britannique.  Une bande de terre rattachée naturellement à la côte de la Colombie-Britannique est accordée aux États-Unis. Cela déplait aux autorités canadiennes et le premier ministre Wilfrid Laurier accepte ainsi de financer une expédition au pôle Nord. Bernier achète alors un bateau allemand, le rebaptise Arctic .


L'Arctic de Bernier

Malgré une préparation très poussée, au dernier moment, l'expédition est corrigée en une expédition de second ordre de surveillance de la baie d'Hudson. Il en faut beaucoup plus pour décourager Bernier qui part le 28 juillet 1908 du port de Québec pour ce voyage qui va marquer l'histoire. Il prendra le 1er juillet 1909, possession au nom du Canada du Grand Nord, de l'archipel Arctique canadien jusqu'au pôle Nord. Cela représente plus d'un cinquième des territoires arctiques. Les manufactures horlogères sont à l'affut de ces expéditions qui leur donnent une notoriété inespérée sur tout le territoire nord américain et bien au delà, dans les pays du monde entier qui relaient les aventures des explorateurs en ménageant un suspens digne des plus grands feuilletons



Bernier est un personnage impressionnant, trempé, au caractère rugueux mais c'est aussi un fin négociateur qui va au bout de ses idées. Courtisé par les firmes horlogères américaines, Bernier est francophone. Les manufactures suisses accèdent à lui d'autant plus facilement que la langue française les rapproche. Les manufactures qui équiperont les explorateurs des régions arctiques seront souvent suisses. Ulysse Nardin pour Scott, Zenith pour Amundsen, Longines pour plusieurs de ces explorateurs et d'autres ... Bernier est donc contacté début 1904 par Longines. La manufacture est présente sur le marché Nord-américain depuis déjà plus de 15 ans et elle a conquis les chemins de fers canadiens ainsi que sans aucun doute au moins deux compagnies de chemins de fers américaines, à savoir la Delaware & Hudson Railroad et la compagnie New-York Central & Hudson River Railroad. Il est alors très rare que des compagnies horlogères suisses réussissent à placer des montres auprès des compagnies de chemins de fer américaines qui donnent une priorité aux firmes américaines.


Publicité Longines 1885

Longines a pourtant réussi ce défi en produisant spécifiquement pour le marché américain des montres baptisées Express Leader et Express Monarch, noms déposés par A Wittnauer à New-York qui était l'agent Longines pour l'Amérique du Nord (USA et Canada). Ces calibres très empierrés, tous chronomètres de 17 à 23 rubis se verront débaptisés dans les années 30 sur requête de Dueber Hamden qui refusait qu'une autre marque puisse utiliser un nom réservé aux chemins de fers américains et avait donc protégé les noms de marques utilisées par Longines.


Fort de cette distribution de montres spéciales auprès des chemins de fers américains et canadiens et grâce à une activité commerciale soutenue sur ces territoires, Longines entre en contact avec Bernier et lui propose sa montre Monarch Express pour partir à la conquête du pôle Nord. Bernier s'avouera bluffé par la précision de son chronomètre Longines et en félicitera la manufacture.







Bernier est aujourd'hui un peu oublié sans doute parce que d'autres explorateurs ont su rendre leurs exploits plus médiatiques mais il eut une importance immense dans l'implantation canadienne dans l'Arctique. Longines n'aura pas donné à ses mouvements Leader et Express Monarch davantage de notoriété, sciée par Dueber Hampden et la grande difficulté de diffuser des calibres 3/4 platine qui n'avaient pas la préférence du public malgré des qualités chronométriques exceptionnelles et une construction particulièrement fiable et astucieuse.

Il reste une belle histoire pour ce mouvement à redécouvrir.

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MessageSujet: Longines : L'histoire d'un chronomètre de marine pas comme les autres    Lun 24 Avr - 1:04

Longines : La maîtrise de la précision dans un coffret


Dès la moitié du 19ème siècle, c’est sur le terrain de la précision que s’établit la concurrence des grandes manufactures horlogères. C’est aussi entre 1830 et 1890 que s’installent en Suisse des horlogers pionniers de leur temps et pionniers du temps. S’engagent entre eux une franche et saine émulation qui ouvrira la voie des concours de chronométrie des observatoires notamment de Genève, Neuchâtel et Kew Teddington. Longines, Omega, Zénith, Ulysse Nardin, Movado, Patek Philippe, Vacheron Constantin sont parmi les manufactures les plus âpres dans cette bataille qu’est la recherche de la précision ultime.
La précision est au centre des préoccupations des horlogers dès la fin du 18ème siècle quand les besoins de la marine rendent nécessaire le calcul des longitudes pour fiabiliser l’itinéraire des navires. Il faut pour ce faire, conserver à bord la connaissance de l’heure sur terre. Si la mesure de l’heure à bord d’un vaisseau peut se déduire de la position du soleil ou d’une étoile, il est bien plus difficile de déterminer en tout temps et aux confins des océans, l’heure qu’il est à Paris ou à Londres.
La problématique n’est pas seulement mécanique, elle englobe les effets du magnétisme, de la température et de la pression barométrique. En mer, le problème est accentué par les oscillations permanentes dues à la houle qui déstabilise la position du mouvement et plus accessoirement par l’oxydation en particulier du spiral ou du balancier qui en perturbent la stabilité. S’il est facile de régler un chronomètre de bord dans une seule position, l’isochronisme, comprenons la régularité de marche qu’un ébat régulier du spiral permet d’atteindre, est plus aisé à optimiser quand l’échappement est à plat que lorsque la montre voit sa position varier sans discontinuer. Très tôt, apparaît donc l’idée de monter sur cardans le mouvement afin de préserver la position horizontale.




Les chronomètres de marine symbolisent une immense partie de la recherche ordonnée de la précision et correspondent à des pièces de prestige qui à bord des bateaux sont un paramètre fondamental de la sécurité des marins.
Il en naît à leur égard une image positive chargée d’utilité pour l’homme de la mer et de rêves de voyage et d’aventure pour celui qui ne pourra lui trouver qu’une fonction décorative.


Le 19ème siècle est marqué par une focalisation des recherches sur les matériaux les plus insensibles aux phénomènes parasites extérieurs qui influencent la bonne marche des chronomètres. Les autorités cantonales suisses vont jusqu’à organiser avec la société des Arts de Genève des concours de compensation qui visent à récompenser l’innovation et la recherche dans les matériaux les plus insensibles aux paramètres thermiques. On valorise dans cette période et jusqu’au milieu de la seconde moitié du 20ème siècle, le travail des chronométriers capables de régler les montres jusqu’au niveau ultime où les dérives de marche des pièces s’apprécient à deux ou trois chiffres derrière la virgule. Le centième de seconde peut alors disqualifier un praticien et l’écarter du premier prix de concours de l’observatoire que retiendra l’histoire.


Le régleur porte ainsi sur ses épaules toute l’image de la performance de la manufacture et du savoir faire de l’ensemble de son personnel qui se fait un honneur d’avoir un tant soit peu participé au succès de la maison qui l’emploie.
Le développement de la navigation aérienne crée dès le début du 20ème siècle des besoins de pièces de précision à bord des avions et des dirigeables qui traversent les océans ou survolent le pôle Nord dès 1926. Les instruments sont soumis à rude épreuve et la fiabilité des pièces produites par Longines est saluée de tous côtés. C’est l’âge d’or de ces pièces pour lesquels les bureaux d’études donnent une grande énergie créative. Le chronométrage des compétitions sportives dans lequel Longines est omniprésent nourrira par ailleurs les objectifs d’extrême précision.  

 

Les anglages très soignés du calibre 24-9



La raquette exceptionnelle du calibre 24-9 Longines
 

Les techniques électriques de gestion de la mesure du temps et celle liées à la radio et à la  transmission des données horaires par voie hertzienne fiabilisent la circulation des bateaux et les chronomètres de marines sont remplacés par des chronomètres de bord, sorte de montres de poche servant de référence de données de l’heure à bord. L’avènement du quartz et des technologies électroniques enverra au rang de pièces de collection ces merveilles de la production horlogère qui conservent la part de rêve des amateurs et collectionneurs qui se les disputent.
Des années 40 aux années 60, toutes les grandes manufactures comprennent et tirent partie de l’image positive dégagée par les chronomètres de marine et la notion d’heure de référence qu’elle emporte. On voit alors apparaître dans les vitrines des détaillants les plus efficaces, des chronomètres de luxe non destinés à la vente mais proposés à la vue des clients pour leur donner l’heure exacte en associant celle-ci à la marque qui fait ainsi sa réclame sur le lieu de vente. Montés sur une plaque de bois, ou installés dans un coffret, les plus luxueux de ces chronomètres de prestige sont assemblés par Longines dans des conditions identiques à celles des chronomètres de marine.



Ces pièces déclinées en très petite quantité sont dans les années 50, dotées d’un mouvement de 24 lignes, créé par Longines en 1908. Produit plus de 50 années durant, le mouvement a bien sur évolué pour atteindre à la fin des années 50, la plus aboutie de ses finitions.    
Le choix du calibre n’est pas dû au hasard car c’est avant tout pour montrer son aptitude à faire des chronomètres et répondre à une demande notamment militaire que Longines a conçu ce mouvement de haute précision.
Equipant la montre « Torpedo Boat Watch » de l’armée Américaine, le calibre fut produit en toutes petites séries livrées par volumes de 18 à 72 jusqu’à la première guerre mondiale puis quelques 132 exemplaires pendant celle-ci. Les premiers modèles furent dorés de manière si efficace qu’ils apparaissent comme neufs, un siècle plus tard,  avec leur coussinets en rubis et leurs chatons en or vissés.
On en retrouve une soixantaine à la fin des années 1910 et dans les années 20 dont plusieurs offrent à Longines des 1ers prix de chronométrie des concours de l’Observatoire de Neuchâtel dans la catégorie des chronomètres de bord.



La version des années 50 du mouvement est rhodiée et décorée. La pièce est  pourvue d’un régulateur en colimaçon garant d’un réglage fin optimum. Ce système équipe les mouvements Longines destinés à la haute précision. Muni de 17 rubis comme la version initiale de 1908, il a été amélioré et se trouve pourvu d’un dispositif d’arrêt du balancier qui permet un réglage à la seconde en faisant redémarrer le mouvement à un instant précis en regard d’un régulateur, par exemple.
On peine à imaginer que ces versions ultimes n’aient eu d’autres débouchés que les pièces de vitrine fussent-elles prestigieuses. Il est vrai que par sa construction, le chronomètre de bord monté sur cardans dans sa boite en acajou a toutes les caractéristiques d’un bon chronomètre assez fiable pour être emporté en mer. Vendue en octobre 1956 à la « Nederlandische Horlogehandel », une société se chargeant de commercialiser des garde-temps aux Pays-Bas, la pièce a probablement suivi un temps sa destination promotionnelle initiale. Il est évidemment difficile d’établir à quelle date elle trouva de nouvelles lettres de noblesse en embarquant à bord du bateau qui lui fit traverser les océans. On pourrait dater cet évènement des dix derniers jours de janvier 1959. Sans doute entre les mains d’un passionné, aventurier des mers qui a voulu offrir à son navire la pièce de bord de mesure du temps adaptée à son rêve et son souci d’évasion, ce chronomètre numéro 9256164 conserve dans sa mémoire la houle du vague à l’âme du marin solitaire.
Le navire s’est en 2008 égaré quelque part en Méditerranée, le marin amoureux a laissé bateau et instruments à ceux qui derrière lui vivront à leur tour, aventures et passions et iront au bout leurs idées avec le courage qui donne à l’homme la grandeur de dominer sa vie et son temps.


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MessageSujet: Le mouvement 345 de Longines   Lun 24 Avr - 18:37

La montre est de bon diamètre, ce n'est pas une Flagship comme on est habitué à y retrouver ce calibre mais une montre sans nom dans une boite en or signée Longines.




Le calibre est automatique avec une masse excentrée montée sur un axe et doté d'une crémaillère.





Doté de 17 rubis, son remontage est d'une singulière efficacité


Historiquement, le 345 est un calibre marqué dans l'histoire de Longines par la recherche ultime de standardisation et d'interchangeabilité des pièces. Ce calibre autorise la fabrication de montres plates et modernes. La Flagship en fut tout particulièrement équipée .  

La fiche technique

Début de fabrication - 1965 famille des 340 apparus dans les années 1960/1961
Fréquence : 19800 alternances par heure
Diamètre : 12 lignes (27 mm)
Hauteur : 5,1mm
Pierres : 17 rubis
Echappement : ancre ligne droite
Balancier : annulaire sans vis
Spiral : autocompensateur réglage plat
Raquette et piton  : raquette à régulateur excentrique, coqueret antichoc, porte piton mobile, piton triangulaire
Masse : masse oscillante excentrée avec engrenage intérieur amagnétique

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MessageSujet: Le Chronographe suisse d’un pilote japonais de la seconde guerre mondiale   Sam 27 Mai - 3:29

Le Chronographe suisse d’un pilote japonais de la seconde guerre mondiale.











L’histoire de l’horlogerie recèle de nombreuses surprises. On sait que les grandes maisons d’horlogerie suisses ont livré de manière quasi universelle l’ensemble des armées. On connait moins les liens qui peuvent réunir des mouvements suisses avec emboitages japonais. Ce qui semble être une rencontre du troisième type eut pourtant bien lieu même si très peu de pièces peuvent aujourd’hui en témoigner.


Le mariage des mouvements suisses et des boites japonaises


On ne sait que relativement peu de choses sur les équipements en montres des Tokkotaï, ces pilotes kamikases des forces armées aériennes japonaises de la seconde guerre mondiale, prêts à donner leur vie pour aller détruire des cibles militaires avec leur avion.
Le plus grand horloger japonais, la firme Seikosha Clock Company universellement connue pour sa marque de montres « Seiko » a largement équipé l'armée japonaise. Montres bracelets, chronographes bracelets, montres de poche et chronographes de poche avec ou sans complication rattrapante ont servi l'ensemble des corps d'armée et en particulier, les pilotes d'avions militaires.



Il reste assez peu des montres de cette époque utilisée par les militaires japonais au regard des volumes fabriqués et distribués. Le plus étonnant est de voir quelques décennies après la guerre, réapparaître des montres dotées de mouvements suisses et emboitées par la Seikosha Clock Company. S'il semble bien que Seiko ait eu à superviser toutes les montres livrées aux armées nippones, il apparaît aussi que plusieurs firmes suisses ont été mises à contribution pour équiper les avions davantage que les pilotes, si l'on considère que les équipements étaient affectés à un appareil et non à un militaire.



Beaucoup des montres concernées entrent dans la catégorie des chronographes mais ce sont aussi parfois des chronomètres à trois aiguilles. Les fabricants suisses concernés sont prestigieux. Ulysse Nardin, Longines, Zenith, Tavannes, Excelsior Park, Stauffer et quelques autres. La puissance aérienne japonaise était une composante de l'Armée et de la Marine. Les besoins étaient immenses au regard de l'engagement de l'armée japonaise dans le conflit. Il est encore aujourd'hui très difficile d'éclaircir comment les firmes suisses ont fourni des pièces d'horlogerie aux Japonais. Bizarrement, on ne retrouve pratiquement aucune trace de contrats et les livres des marques ne mentionnent bien souvent que des « Commandes spéciales » ou des « Livraison à tiers » sans que ceux-ci ne soient identifiés. Il est vrai qu’il en est ainsi pour la plupart des livraisons aux armées.

 

En outre, les grandes firmes horlogères encore existantes répugnent à distribuer ce type d'informations aussi taboues que la livraison de montres à l'armée allemande. Ce qui est clair est que certaines maisons suisses ont vu leurs calibres "copiés" par Seiko. Certaines manufactures livraient des montres complètes et d'autres uniquement des calibres que la Seikosha Clock Company emboitait comme les Américains emboitaient des mouvements suisses.


Un chronographe exceptionnel pour une précision exemplaire


Longines a ainsi livré quelques mouvements de chronographes de poche 19-73 N. Ce calibre était alors l'un des meilleurs chronographes distribués. Les boites signées SKS témoignent de l'origine nipponne de l'emboitage. Le très rare exemplaire présenté ici est gravé en japonais sur le fond : « Japanese Air Force (ku hei) #934 ».


Longtemps conservé dans le tiroir d'un amateur américain, il a subi l'éloignement du à la rancœur conservée par les anciens combattants américains à l'égard des armées japonaises. Il peut aujourd'hui à l’heure de l'apaisement entre les peuples, témoigner de la précision avec laquelle les pilotes devaient exercer leur activité. Le choix de Longines n'est pas neutre en effet. Ces pièces étaient à la seconde près. Il aurait eu toutes les chances de disparaitre avec le pilote de l'avion "934". Les kamikazes périssaient souvent dans un déluge de feux dans la carcasse de leur avion. Sans doute ce Tokkotaï s'en est-il sorti et fut-il prisonnier des Américains qui lui extorquèrent sa montre chronographe. Nul ne peut aller plus loin sur son sort.


Longines a produit cet exemplaire de calibre en 1927. Longines présenta en 1878 son premier mouvement de chronographe simple monopoussoir, le 20 H, puis, en 1897, son mouvement 19-73 à compteur instantané. La version 19-73 N fut présentée quant à elle, en 1909. Il sera fabriqué jusqu'en 1927. C'est un calibre de 19 lignes qui émerveille encore aujourd'hui pour sa qualité et qui fut produit en différentes versions, dont une à rattrapante et même une à haute fréquence de 36 000 alternances/heure. Le saut instantané du compteur des minutes, les côtes de Genève, le rhodiage, les qualités fonctionnelles des roues et engrenages en font un calibre d'exception.


Il est probable que la livraison à l'armée japonaise soit intervenue dans le courant des années 1930. La marine japonaise s'équipe alors de pièces d'horlogeries d'origines diverses et dote chaque appareil volant et navire, d'instruments de mesure du temps destinés à entrainer les forces armées à des actions cadencées et synchronisées. C'est l'heure du pilote et la durée estimée des missions qui vont conditionner son action. Le besoin en chronographes est alors extrêmement important. Les Suisses livrent ce qu'ils ont en excédent dans un contexte assez discret, neutralité oblige. L'accent est mis sur la précision des pièces ce qui induit un empierrement d'au moins 17 rubis et des modèles de mouvements plutôt assez larges de 19 lignes. Les Japonais testent tant qu'ils peuvent les montres suisses dont ils disposent en très petites quantités. Le calibre de chronographe Seiko sera fabriqué un peu plus tard, à partir de 1939 et sera très inspiré du modèle Ulysse Nardin.

Longines interrogé il y a quelques années par un collectionneur américain indiquait «Nous avons envoyé un seul mouvement, le 28 juin 1941 à MM. Hattori, qui étaient notre agent au Japon à cette époque. C'est un calibre 18.72 chronographe ". Il n'y a pas de raison de douter de la recherche effectuée par Longines. Il est probable que l'approvisionnement des Japonais ait transité par une autre source qui se faisait livrer des kits calibres/cadrans/aiguilles. En effet, Albert Wittnauer C° importait et distribuait des montres Longines sur le territoire américain où il faisait emboiter des calibres suisses faute de pouvoir y importer des montres terminées en raison des lois protectionnistes américaines.




Si Longines n'a probablement pas livré plus de calibres que la firme ne le reconnait, c'est que les mouvements ont été prélevés sur d'autres marchés que la maison suisse ne maîtrisait pas nécessairement. Il est donc logique de retrouver aujourd'hui des mouvements de chronographes Longines emboités par Seiko avant et durant la seconde guerre mondiale. La finition rhodiée du mouvement conforte le principe d'une fabrication davantage orientée initialement vers le marché Nord-Américain.

La rareté de cet assemblage d'une boite japonaise et d'un calibre suisse en font une pièce historique d'autant plus si les Américains sont intervenus pour la livrer aux Japonais. Une telle pièce ne peut que susciter l’émotion. Elle parle d’elle-même et raconte sa propre histoire. Un nom de fabricant, un numéro de série, une référence de mouvement, une marque sur la boite, une gravure militaire et une complication suffisent à livrer à travers le temps le message du passé de cette montre.


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MessageSujet: La Longines Conquest "historique": La montre bracelet à la conquête des poignets   Lun 14 Aoû - 9:08

La Longines Conquest








Apparue au milieu des années 50, la Longines Conquest est une montre qui répond aux critères qualitatifs de l’époque et anticipe une demande que les années 60 vont faire déferler sur les marques horlogères.


Une montre à la conquête de l'élégance  

L’homme élégant de l’époque veut une montre qui lui donne la date et qui se remonte toute seule avec l’énergie du poignet. Il faut remonter le temps pour mieux comprendre. Les années 50 sont des années de conquêtes, des années quasi-magiques où le public découvre par l’image animée du cinéma l’exploration des fonds marins, où il se délecte de l’envoi de fusées dans l’espace et où la télévision se répand dans les foyers pour rapporter ce qui se passe dans le monde. La conquête de l’espace est ainsi multidimensionnelle et touche autant ce qui est sur la surface de la terre que ce qui est au-delà de son atmosphère.  





L’esprit des hommes se fait aventurier et les montres doivent l’accompagner partout. La conquête des technologies va ajouter l’étanchéité des boîtes des montres et la lisibilité des cadrans n’est plus qu’une affaire de goût.





Déclinées en acier, en plaqué or ou en or, les boîtiers des Conquest sont tous médaillés sur le fond d’un sceau d’or de garantie émaillé que Longines transforme en label. Ce médaillon est émaillé en vert avec un poisson pour les versions en acier et l’émail est bleu pour les versions en or 18 carats et rappelle que la montre est à l’épreuve de l’eau par la mention « waterproof ».







Plusieurs mouvements au service d'un best seller


Le modèle sera équipé au fil du temps de plusieurs calibres offrant la date à midi ou à trois heures selon le cas... Les calibres 19 (ASD), les premiers à équiper ce modèle, le mouvement  291 et ses variantes  puis notamment le 6651 dans les années 70 lui offrent un panel inespéré de mouvements et font de la Longines Conquest un modèle de collection par excellence. On peut s’offrir un véritable assortiment de Longines Conquest et avoir une collection à part entière constituée de variantes de ce modèle en fonction des mouvements, des cadrans ou de calibres.  


Le calibre 291, le premier à équiper les Conquest


La forme ronde, un peu trapue, la masse d’or des boitiers pour les versions en or souvent très lourdes et généreusement pourvues du précieux métal. Les cadrans aux index en or, les aiguilles flèches en or dans les versions précieuses font de la Conquest une montre élégante et intemporelle. Pour ses versions les plus précieuses, on trouve la Conquest en or jaune ou en or rose. Il semble que certains marchés aient eu une préférence pour la version rose. Inutile de dire que cette dernière avec un cadran noir confine au sublime tant son élégance reste une véritable preuve de bon goût. Habillée et sportive, la Longines Conquest est étanche avec un fond vissé soit à encoches d’ouvertures soit un peu plus tard multi pans supposant une clé adaptée. Cette qualité était rigoureusement indispensable et innovante pour une montre du milieu des années 50.  

Evidemment la taille de 35 mm du modèle d’origine est adaptée à la mode de l’époque qui n’était pas aux très grandes montres d’aujourd’hui.  





La Conquest fut un best seller de Longines et ce n’est pas un hasard si la marque réédite aujourd’hui le modèle à l’identique de sa version d’origine. La boite n’a pas vieilli d’un pouce. La version d’aujourd’hui sera adoptée plus facilement par les dames qui apprécient ces montres qui prennent la largeur de leur poignet. Pour une version en or et en bon état, un prix de 1200/1400 euros n’est pas excessif et de 600/700 euros pour une version en acier.    

La Longines Conquest se trouve davantage sur les annonces des forums, les bourses horlogères et les sites d’enchères mais les marchands avisés savent la mettre en valeur et la présenter à leur clients connaisseurs. Celui qui ose se réhabituer au port d’une Conquest de 35 mm n’a pas fini d’aimer cette montre.

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MessageSujet: Le Chrono 19.73 N de Longines   Mar 15 Aoû - 2:04

On est en 1924, en pleines années folles ... Alphonse a sorti la Citroën, une C4 F à conduite intérieure commerciale 10 CV pour une sortie dans la vallée de la Marne. Chez les vilains, il fait beau et Suzanne et Mélusine ont parcouru 120 kilomètres, ce 27 mai par un temps si beau qu'on se croirait en été. Les Jeux Olympiques ont débuté le 1er avril à Paris. Le mois d'avril a été très mauvais avec beaucoup de neige et la semaine passée, le 22, il y a eu cet énorme orage de grêle dont tout le monde parle. Des grêlons de 7 cm et de 260 grammes sont tombés dans l'Indre près d'Argenton.
La voiture est le symbole de la modernité et Alphonse adore chronométrer son trajet pour connaitre sa vitesse moyenne. Il est médecin et des chronos, il n'en n'a qu'un. Un Longines 19.73 N en argent épais.








Le calibre est un 19 lignes 17 rubis à saut minute instantané et la décoration du mouvement rodhié est à côtes de Genève. Ajusté à températures et 2 positions, c'est un calibre robuste qui fut fabriqué de 1897 à 1927. Le balancier est bimétallique de type Guillaume à vis. C'est une longue carrière pour un moteur solide et d'une exemplaire précision. Ce calibre a connu des variantes de décoration et une version à rattrapante ainsi qu'une version à haute fréquence de 36 000 alternances avec un balancier plus petit.

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MessageSujet: Le calibre 19-95 de Longines    Mer 1 Nov - 4:19

Longines : Le calibre 19-95



Le calibre Longines 19-95 de Longines est une rareté. Issu du mouvement de 24 lignes conçu en 1908 pour les chronomètres de bord, il en a hérité l'architecture et la fiabilité.


Le calibre 24-99 pour chronomètres de bord

La version 19-95 de diamètre inférieur de 5 lignes à la version originelle

Cette architecture est à comparer avec d'autres calibres chronomètres Longines construits dans un laps de temps d'une quinzaine d'années à la même époque...










La manufacture Longines fut très inventive dans la conception des calibres de chronomètres. Les architectures sont différentes à l'inverse d'autres maisons qui sur une même base architecturale concevaient divers calibres avec des pantographes. Longines avait pris l'habitude de décliner ses mouvements dans plusieurs tailles mais cette version en 19 lignes du 24-99 est une authentique rareté d'autant que le mouvement a été placé dans une boite en métal blanc et non dans une boite en métal précieux.






La montre, retrouvée dans un pays dit de "l'est" y fut vendue à l'époque au milieu de pièces IWC, Ulysse Nardin et autres Omega haut de gamme très prisées avant la première guerre mondiale dans ces pays tout comme en Amérique du Sud.

Le mouvement 19-95 aurait pu comme son ainé être exploité dans les concours de chronométrie des observatoires que Longines gagnait fréquemment mais sa production en faibles volumes le conduisit dans des montres de poche pour lesquelles la manufacture Longines fabriquait déjà une bonne dizaine de mouvements différents.

Un mouvement chronomètre de haut niveau dans une boite "ordinaire", voilà sans doute ce qui a sauvé ce mouvement qui dans une boite en or aurait vu celle-ci fondue ...

Une belle découverte qui démontre qu'on trouve encore des choses rares grâce au net et pour quelques dizaines d'euros.

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MessageSujet: Quand l’histoire écrit les mythes : Une Longines s’invite dans la légende   Lun 6 Nov - 3:09

Quand l’histoire écrit les mythes : Une Longines s’invite dans la légende





L’appel du 18 juin 1940 : Tournant de l’histoire

L’appel du 18 juin 1940 lancé par le Général De Gaulle depuis Londres sur les antennes de la BBC est un évènement de l’histoire de France gravé dans tous les esprits. On sait que le Général de Gaulle était arrivé la veille à Londres afin de rencontrer le premier ministre Britannique Winston Churchill en vue de négocier avec lui son projet de maintenir la France dans le combat même si le Maréchal Pétain, chef du gouvernement Français, proposait la signature d’un armistice avec l’Allemagne.

La première version du discours fut écrite le 17 juin, au petit matin, quand De Gaulle encore à Bordeaux jeta sur le papier un premier brouillon de son appel à la résistance. On sait que cette version du discours fut remaniée afin de ménager le chef du gouvernement Français, Philippe Pétain, ceci à la demande des Anglais.

L'appel depuis la BBC

On ne possède concrètement aucune photo prise le 18 juin du Général De Gaulle devant son micro, ni aucune trace sonore du discours dont la seule version complète est celle transcrite par les services d’écoute helvétiques et retrouvée par un notaire français, Jacques Fourmy, et l'historien suisse Christian Rossé. On pensait ne jamais rien savoir de plus que ce qui avait déjà été écrit de ce qui entoure ce discours, ses préparatifs et de la manière dont la famille du Général De Gaulle fut protégée dans un contexte où sa sécurité aurait pu servir de moyens de pression contre l’engagement de celui-ci.


La protection de la famille du Général De Gaulle

Afin de placer sa famille à l’abri, le Général fit séjourner celle-ci du 11 au 18 juin 1940, à Carantec, station balnéaire située sur une presqu’île bretonne de la baie de Morlaix dans le Finistère. Outre son attrait touristique reconnu depuis 1926, le lieu est stratégique car il permet de faire facilement accoster un bateau et de rallier notamment l’Angleterre.

La famille du Général est installée à la villa d'Arvor qui appartenait à l'époque à monsieur et madame Moncus. Séjournent également à Carantec, mais cette fois à la villa "Brise du soir" qui appartenait à monsieur et madame Le Borgne, madame Cada Vendroux dont le mari, Jacques Vendroux, était le frère de madame de Gaulle et leurs 3 enfants : Claude, Jacques- Philippe et Martine. Enfin, dans une maison située au 7 rue de la Marne, sont installés la sœur de madame De Gaulle, Suzanne Rérolle et ses 2 enfants, Jacques-Henry et Marguerite-Marie.

Le Général de Gaulle est passé à Carantec le 15 juin dans l’après-midi. Il poursuit ensuite ses déplacements et dans l’après-midi du 17 juin 1940, atterrit dans la banlieue de Londres, en provenance de Bordeaux. Winston Churchill l’attend. De Gaulle émet le vœu de s'exprimer à la radio dès que la nouvelle de la capitulation française tombera. Churchill met à disposition la BBC.


La mission secrète



Hydravion Supermarine WALRUS


Dans la nuit du 17 au 18 juin 1940, un petit hydravion, de type Supermarine WALRUS, quitte Plymouth pour venir à Carantec recueillir des nouvelles de la famille du Général de Gaulle. Le Supermarine WALRUS est un hydravion à coque monomoteur qui fut en usage dans plusieurs armées, notamment pour la reconnaissance maritime. Il est alors utilisé au sein de la Royal Air Force. Long d’une dizaine de mètres pour une envergure de quatorze, il peut transporter trois à quatre hommes d’équipage dans un rayon d’action d’un peu moins de 1000 kilomètres. Au cours de cette nuit du 17 au 18 juin, il transporte trois aviateurs dont deux Australiens et un Britannique ainsi qu’un officier de renseignement. Pour des raisons difficiles à déterminer avec précision, l’avion s’écrase le 18 juin, vers 4 heures du matin, à Ploudaniel, dans le Finistère. Il prend feu et les quatre militaires périssent dans l’accident. Ils seront enterrés au cimetière de cette commune où leurs sépultures sont toujours présentes. De l’autre côté de la Manche, les Britanniques s’inquiètent de ne pas voir l’hydravion revenir. Celui-ci aurait dû être de retour au plus tard dans la soirée du 18 juin. Ils ordonnent alors à une vedette lance-torpilles de se rendre à Carantec.

Cette vedette quitte Plymouth le 19 juin dans la soirée. Elle parvient à destination le 20 juin vers 06 heures du matin, alors que les Allemands sont déjà présents. La famille du Général de Gaulle a toutefois quitté Carantec le 18 juin et embarqué le soir même, sur un navire marchand qui accoste à Falmouth, le 19 juin au petit matin.

72 ans sous terre

Les lieux du Crash du Supermarine Walrus sont précisément repérés, la carlingue de l’avion calciné ne séjournera pas longtemps sur place et le champ au milieu duquel l’hydravion s’est écrasé est à nouveau cultivé depuis la guerre. La mémoire collective aurait presque oublié ce terrible accident effacé par l’enjeu de l’appel lancé par le Général De Gaulle, le 18 juin 1940. Ces hommes ont pourtant au péril de leur vie, accompli une mission de nuit considérablement difficile dans des conditions qui leur ouvraient de grandes probabilités d’échec.

Il a fallu attendre le dimanche 9 septembre 2012 pour que des fouilles soient engagées sur les lieux précis du crash, afin de retrouver des effets de l’équipage ou des vestiges de l’hydravion. La recherche n’avait rien d’un hasard puisque c’est sur les bases du repérage réalisé en juin 1940 qu’elle put s’opérer directement sur la zone de l’accident. Rapidement, grâce aux détecteurs de métaux, sont découvertes diverses petites pièces provenant de l'hydravion et de l'équipement des militaires et de l’agent des services secrets. Parmi ces pièces, une montre de marque LONGINES enterrée à environ dix centimètres de profondeur. Si la boite de la montre en acier inoxydable est restée intacte, l’oxydation n’a en revanche, pas épargné le mouvement après plus de 72 ans sous la terre. Ce dernier reste malgré tout identifiable.

Une montre très particulière

C’est un calibre Longines 12.68Z STOP, produit pour la première fois en 1938/1939. La montre est à l’époque un modèle nouvellement fabriqué par Longines. La pièce faite pour les pilotes, dispose d’une lunette tournante et d’un système de stop seconde qui peut être enclenché avec un poussoir situé à 2 heures qui arrête l’aiguille des secondes, sans la remettre à 0.


Ce dispositif transforme le calibre 12.68 Z en chronographe simplifié permettant la mesure de durées courtes malgré une perte partielle de l’affichage de l’heure pendant l’arrêt de la trotteuse. Le mouvement 12.68 Z avec mécanisme de stop seconde a été muni d’un compteur de 60 minutes qui en fait un vrai chronographe compteur sensiblement plus simple et moins coûteux que les chronographes classiques. Le système est intéressant pour les pilotes car sa lisibilité est parfaite et immédiate. Ces améliorations sont protégées par des brevets que Longines complètera au fil du temps et de la demande notamment militaire importante pour ce type de montres, dans les années 40. Le bureau technique de Longines lui ajoutera plusieurs fonctions dont un compteur de minutes au centre. Le mouvement est ainsi traité comme un véritable chronographe de manière quasi concurrente avec deux mouvements de chronographes développés par la manufacture, dans le même temps.





Longines fait de ce mouvement standard, un chronographe plus simple techniquement que les pièces conçues initialement pour remplir ces fonctions. Le prix de revient est limité au regard des chronographes compteurs. Pourtant, la fabrication de ces pièces sera limitée par une interdiction faite à Longines de les exporter pendant la guerre.


Le calibre 12.68Z Stop en état originel ( source adamvintage.com)

La montre retrouvée le 12 septembre 2012 était sans doute celle du pilote de l’avion. S’agissait-il d’une montre exportée de Suisse malgré l’embargo ? On pourrait en douter car en juin 1940, la production des pièces avec seconde au centre est encore balbutiante. La pièce ne comporte pas de marquage militaire. Il y a pour répondre à cela deux hypothèses. Soit la montre appartenait personnellement au pilote, soit s’agissant de militaires chargés de missions totalement secrètes, il ne fallait pas qu’un détail puisse faciliter leur identification.


A sa manière, ce garde temps Longines appartient à l’histoire, il est un acteur inattendu qui se fait connaître tardivement et discrètement après avoir servi le pilote d’un Hydravion qui participait à une mission inaccessible qui coûta la vie à quatre hommes prêt à l’offrir par conviction en faveur du monde libre. Ce qui reste de la montre est maintenant au musée maritime de Carantec y symbolisant un moment de l’histoire que le sacrifice humain ne permet pas d’oublier.[/url]

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