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 Actu : Le parcours du collectionneur ( FAM dans le journal Le Temps )

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ZEN
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MessageSujet: Actu : Le parcours du collectionneur ( FAM dans le journal Le Temps )   Actu : Le parcours du collectionneur ( FAM dans le journal Le Temps ) EmptyMer 2 Avr - 5:42

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Le parcours du collectionneur





Depuis les années 90, le nombre de collectionneurs de montres ne cesse de croître. Une chasse à la pièce rare qui dévore à la fois le temps et l'argent de celui qui s'y adonne. Quels conseils donner à un néophyte? Comment commencer une collection lorsque l'on n'a pas des moyens illimités. Conseils de courtiers professionnels.


Catherine Cochard
Mercredi 2 avril 2008



Aurel Bacs et Balthasar de Pury connaissent aussi bien les rouages de l'horlogerie que les tourments des collectionneurs. Directeur mondial du département montres chez Christie's, le premier fait aussi office de psychologue auprès duquel les chasseurs de pièces rares viennent se rassurer. Car le hobby consistant à rassembler les garde-temps ne saurait se satisfaire de son statut de passe-temps. Dévorant heures, minutes et journées, la manie s'invite insidieusement dans l'existence de ses adeptes.

Attiré depuis l'âge de 15 ans par les pièces horlogères, Aurel Bacs a acquis une connaissance approfondie de l'horlogerie sans pour autant devenir un collectionneur. «Avec toutes les pièces d'exception que je vois chez Christie's, mon budget ne serait pas à la hauteur de mes goûts», explique-t-il.

Créateur d'un site de vente de montres anciennes sur Internet, Balthasar de Pury - quant à lui - connaît bien les symptômes de la «maladie», comme il aime à l'appeler. Il faut dire qu'il possède ce que l'on appelle une prédisposition. Son père Simon de Pury - président de la maison de vente aux enchères Philips de Pury & Company - a transformé la maison familiale en cabinet de curiosités. C'est donc tout naturellement que le jeune homme - aujourd'hui âgé de 24 ans - se met à son tour à rassembler les pièces horlogères, origines neuchâteloises obligent. Ouvert en 2006, son site devait le guérir de son affection... Plus souffrant que jamais, Balthasar partage à présent ses connaissances et ses découvertes horlogères avec les collectionneurs du monde entier.

Recommandations de deux experts qui ont fait de leur passion un job à plein-temps.

Se faire plaisir!

Avant toute chose, la collection doit être une source de satisfaction.

«La traque de la pièce recherchée, l'inspection, la négociation, toutes ces activités représentent 80% de l'activité du collectionneur, explique Aurel Bacs. Ce sont ces sensations-là qui sont recherchées et qui procurent du plaisir. Choisir les montres comme sujet de collection, c'est savoir apprécier la tradition horlogère, le fait main, mais c'est également pouvoir porter l'objet au quotidien, à son poignet. La relation entre le collectionneur et l'objet collectionné est plus intime, plus forte que dans le cas d'un tableau qui reste accroché à un mur.» Pour Balthasar de Pury, l'engouement éprouvé se rapproche même du sentiment amoureux. «Il n'y a pas d'âge pour devenir collectionneur, le coup de foudre peut survenir à 15 ans comme à 40. Même ceux qui pensent acheter des montres pour investir finissent par se prendre au jeu.» Une passion intime à laquelle l'entourage accède difficilement. «Il est assez périlleux de vouloir offrir un garde-temps à un collectionneur. Ma recommandation: s'adresser au marchand avec lequel la personne traite le plus souvent.»

Choisir une thématique personnelle

La collection de montres reflète la personnalité de son conservateur.

«Une collection donne des indications sur son propriétaire, de la même façon que la voiture qu'il conduit ou son mobilier, apprend Aurel Bacs. Par déformation professionnelle, je regarde toujours la montre de mes interlocuteurs pour mieux les cerner.» Des détails qui peuvent revêtir une certaine importance. «L'état des pièces, la thématique de la collection, la façon de porter ses montres ou de ne pas les porter par crainte de les abîmer, autant d'éléments qui permettent de connaître les travers ou les qualités des personnes», s'amuse Balthasar de Pury.

Se documenter

Un collectionneur averti en vaut deux. «Il est primordial de s'informer au maximum avant tout achat, met en garde Aurel Bacs. Il existe mille et une façons de se renseigner - par le biais des maisons de vente aux enchères, de leurs catalogues, de livres ou de discussions avec d'autres collectionneurs - il ne faut pas avoir honte de demander de l'aide. Les marques sont toujours plus nombreuses à ouvrir leurs archives au public et à mettre en valeur leur patrimoine.» L'achat coup de cœur fait rarement des heureux. «Souvent, les débutants sont trop pressés, regrette Balthasar de Pury. Il faut savoir prendre le temps de se documenter sur l'objet pour ne pas se retrouver avec une pièce à l'intérieur de laquelle tout est faux, du mouvement au cadran, en passant par la couronne. Une partie du budget devrait servir à se documenter. En plus des livres, catalogues et autres encyclopédies horlogères, je me sers également de visuels et de publicités anciennes pour authentifier des pièces.»

Utiliser Internet

Le Web peut également servir de source d'information complémentaire. Un média prisé par Balthasar de Pury. «Visiter les forums et sites spécialisés permet de poser des questions à des experts du monde entier, de se créer un réseau efficace et de connaître les bonnes adresses horlogères sur tous les continents.»

Partager ses craintes

Les avis extérieurs sont toujours les bienvenus et permettent d'éclairer certains points obscurs. «Tout conseil d'expert chez Christie's est gratuit, rappelle Aurel Bacs. Les expositions qui présentent les lots permettent de voir les pièces en vrai et de rencontrer les marchands, collectionneurs ou conservateurs du monde entier.» Un recours aussi nécessaire qu'efficace pour Balthasar. «Si j'ai un ultime doute sur une montre, je n'hésite pas à rassembler mes amis spécialistes autour d'un verre ou d'un dîner pour écarter tout soupçon.»

Demander des garanties

Si les maisons de vente aux enchères délivrent de nombreux papiers officiels attestant de l'authenticité des pièces, les boutiques de particuliers n'offrent pas toujours les mêmes sécurités, sans parler des étals éphémères des marchés aux puces. Mais la vraie bonne affaire reste possible partout. «Chaque montre mise aux enchères chez Christie's est validée par nos spécialistes, confirme Aurel Bacs. Et nous avons même des enchères sans réserve, qui débutent à un franc, dans des cas de faillite ou d'héritiers qui veulent se séparer au plus vite des biens du défunt.» Balthasar pour sa part n'hésite pas à ouvrir le ventre de la pièce. «Je prends toujours mon outillage d'horloger lorsque je visite des marchés aux puces. Quand une montre me plaît, je demande au marchand si je peux voir le mouvement, l'intérieur. S'il refuse et qu'il semble impatient, méfiance. Un marchand qui vend une bonne montre n'est jamais pressé de s'en défaire.»

Acheter des pièces susceptibles de prendre de la valeur

S'il est difficile de dire avec certitude quelles sont les pièces dont la cote va monter d'ici à quelques années, plusieurs éléments permettent d'ajuster son choix. «Parmi les critères fixant la valeur de la montre, on s'intéressera à la marque qui l'a manufacturée, à la rareté du modèle, à son mécanisme, sachant que depuis les années 2000, les montres compliquées ne cessent de prendre de la valeur, explique Aurel Bacs. L'authenticité de toutes les pièces est également primordiale.» Et Balthasar de Pury de rajouter: «Il faut se méfier des «Frankenwatch» qui inondent le marché de l'occasion! Ces pièces ont l'air d'être authentiques, alors que tous les composants ne sont pas d'origine. Le cadran date par exemple de 1950, le mouvement de 1980 et les aiguilles de 1970. Ces montres ne présentent aucune valeur. A côté de ces considérations marchandes, il faut également rappeler qu'une montre prend aussi de la valeur sentimentalement, en symbolisant des moments importants de la vie de son détenteur.»

Toujours viser la qualité

Pour s'assurer de la valeur de sa collection, les experts recommandent en chœur de viser la qualité plutôt que la quantité. «Vendre deux pièces pour s'en acheter quatre est un mauvais calcul. Il faut toujours privilégier la qualité, vendre une montre pour une autre plus rare, une restaurée pour une non restaurée. Un collectionneur peut déjà être pris au sérieux avec cinq modèles s'ils sont qualitatifs. Et ça n'est pas toujours une question de prix puisqu'on trouve des Omega ou des Jaeger d'intérêt pour moins de 1000 francs.»

Connaître les tendances du marché d'hier

Si la rareté donne de la valeur aux montres anciennes, autant connaître ce qui n'était pas produit en grande quantité à l'époque pour savoir ce qui vaudra cher aujourd'hui. «Penser que l'or vaut plus cher que l'acier est un non-sens, souligne l'expert de Christie's. En novembre 2007, nous avons battu les records en adjugeant une Patek Philippe en acier pour 2 millions et demi de francs...» Et Balthasar de Pury d'expliquer: «A l'époque, les clients ne s'intéressaient qu'à des modèles en or. Pour répondre à leur demande, les marques en produisaient un grand nombre. D'où la rareté actuelle des modèles anciens en acier.»

Tenir un budget

La collection de montres n'est pas réservée aux amateurs fortunés. «Il est important de se fixer un budget à ne pas dépasser, on trouve des pièces pour toutes les bourses, insiste Balthasar de Pury. L'horlogerie n'est pas qu'une question de spécificités techniques. Le design, l'histoire de chaque modèle présentent également de l'intérêt. Même avec un budget serré, on peut dénicher des pièces intéressantes, comme une Omega mécanique à remontage manuel en acier datant de 1938 pour quelque 400 francs.»

Une collection ne se termine pas, elle évolue

Contrairement à l'idée même contenue dans la définition du mot «collection», le but n'est pas de mettre un terme à la quête des objets. «On ne peut pas se rassasier, l'instinct du chasseur refait toujours surface», s'exclame Balthasar de Pury. «Une collection ne se termine jamais, elle évolue vers de nouvelles thématiques, vers de nouvelles trouvailles réjouissantes», conclut Aurel Bacs.





Bibliographie
Catherine Cochard
La littérature spécialisée regorge d'ouvrages érudits qui permettent de mieux connaître l'univers des montres. Les marques également éditent d'épais livres sur leurs collections et leur histoire. Parmi ces nombreuses sources de documentation, les suivantes sont vivement recommandées par les spécialistes:

Les montres compliquées de François LeCoultre, Editions Simonin.

Revolution in Time: Clocks and the Making of the Modern World de David Landes, chez Paperback.

Wristwatches: History of a Century's Development de Helmut Kahlert et Richard Muhe, chez Hardcover.

Wristwatch Chronometers: Mechanical Precision Watches and their Testing de Fritz Von Osterhausen, chez Hardcover.

Sites et forums sur Internet:

http://www.timezone.com

forumamontres.forumactif.com

http://www.onthedash.com

http://www.thepurists.com

http://www.worldtempus.com

Site de Balthasar de Pury:

http://www.vingt4heures.comm

http://www.letemps.ch/template/supplement.asp?page=19&article=228520

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Dernière édition par ZEN le Mer 2 Avr - 11:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Actu : Le parcours du collectionneur ( FAM dans le journal Le Temps )   Actu : Le parcours du collectionneur ( FAM dans le journal Le Temps ) EmptyMer 2 Avr - 10:25

Un grand merci à Catherine Cochard et au journal Le Temps de nous d'avoir cité Forumamontres ! thumright

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