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 Nicolas Hayek : "le 100% nouveau instille la peur"

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ZEN
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ZEN


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Date d'inscription : 05/05/2005

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MessageSujet: Nicolas Hayek : "le 100% nouveau instille la peur"   Nicolas Hayek : "le 100% nouveau instille la peur" EmptySam 9 Sep - 19:32

Citation :
Touring: les banques, le chocolat et les montres sont emblématiques de la Suisse dans le monde entier. Avec les montres, vous avez apporté une contribution importante à notre pays. A votre avis, la Suisse avance-t-elle aujourd’hui dans la bonne direction?
Nicolas Hayek: la Suisse va dans la bonne direction en ce qui concerne de nombreux points importants. Mais il est évident qu’elle doit faire preuve de plus de courage dans certains domaines. Car elle se pose en nation qui lutte en faveur de la liberté, de la démocratie et des droits de l’homme et sert ainsi de modèle au monde entier. Nous ne devons pas nous taire lorsque les droits de l’homme sont bafoués quelque part dans le monde. La Suisse a toujours eu des hommes courageux. Elle a fondé la Croix-Rouge et offert ses bons offices. Nous devons poursuivre dans cette voie.

Vous êtes né à Beyrouth il y a 78 ans. Que pensez-vous de la guerre qui sévit actuellement au Liban entre Israël et le Hezbollah?
Cela n’a rien à voir avec mes origines. Que je sois né en Alaska, en Chine ou en Turquie ne change rien à ma position. La guerre est indéniablement la manifestation la plus intolérable du comportement humain, le symbole même de l’échec. Faisant des victimes parmi les enfants et les civils, la guerre constitue une violation des droits de l’homme. Toujours injuste et disproportionnée, rien ni personne ne peut la justifier.

Il y a précisément 20 ans, vous étiez directeur général et président de la Société suisse de microélectronique et d’horlogerie (SMH). Avez-vous atteint tous vos objectifs?
Si j’étais directeur général il y a 20 ans, j’ai commencé bien des années auparavant à travailler à la planification et à la refonte de l’industrie horlogère. Nous avons été au-delà des buts visés. Aujourd’hui, Swatch Group vend des montres de luxe à plusieurs centaines de milliers de francs la pièce, voire quelques millions de francs, mais aussi des montres à 20 ou 30 francs l’unité. Nous couvrons donc toutes les catégories de prix.

Avez-vous capté l’air du temps avec la Swatch? Est-ce que le milieu des années 80 était propice au lancement d’une montre en plastique?
Les Italiens sont-ils devenus champions du monde en 2006 parce que leur équipe était bonne ou parce que le moment était propice? Leur équipe était de toute évidence plus performante que la partie adverse. A l’époque, notre équipe était bonne, tout comme celle d’aujourd’hui. Nous l’avons non seulement prouvé avec la Swatch, mais aussi au fil des ans avec de nouveaux produits et développements.

Vous demeurez un fervent partisan de la Suisse comme lieu d’implantation.
Oui, c’est exact. Les salaires en Suisse sont certes un peu plus élevés qu’ailleurs. Mais c’est notre patrie et nous profitons en contrepartie de la paix du travail. Ici, nous avons construit des fabriques et créé des emplois. Notre production est aujourd’hui assurée dans plus de 150 fabriques en Suisse. Alors que 7000 employés étaient en place à l’époque, Swatch Group emploie actuellement près de 21 000 collaboratrices et collaborateurs dans plus de 50 pays. Notre stratégie se fonde sur une réflexion d’entrepreneur et non pas sur l’action des managers.

333 millions de Swatch ont été vendues. Avec Omega et Breguet, vous vendez les montres les plus nobles. Que signifie le temps pour vous?
Mon attitude envers le temps est ambivalente: d’une part, je déteste le temps, car je ne peux ni le saisir, ni l’arrêter et encore moins le dissimuler. D’autre part, je l’aime pour m’avoir procuré tant d’instants de bonheur dans ma vie.

Vous êtes l’entrepreneur suisse le plus brillant de ces 50 dernières années. La Smart a été perçue par le grand public comme le seul flop d’une carrière exemplaire. Etes-vous encore préoccupé par ce sujet?
Oui, absolument. A l’époque, j’avais l’intention de développer une voiture écologique entièrement nouvelle à un prix avantageux, qui serait à la portée de tous les budgets. Non pas parce qu’elle était plus écologique que d’autres, mais meilleur marché et plus belle. Exactement comme la Swatch. Si la Swatch a eu du succès, c’est parce qu’elle était belle, avantageuse et de bonne qualité. Je suis déçu de constater qu’une telle voiture n’a encore jamais vu le jour. Et pourtant, nous étions si près du but.

Quelles sont les raisons de l’échec de la Smart?
Avec notre partenaire VW, j’étais sur le point de fabriquer la Smart et la Swatchmobil lorsqu’un changement est survenu au niveau de la direction. C’est alors que nous nous sommes séparés. Lors de mes recherches ultérieures, j’ai malheureusement choisi le moins bon partenaire pour une si petite voiture. A l’époque, Mercedes voulait construire des voitures chères et ne se préoccupait pas suffisamment de la consommation d’essence ou du taux d’émission de CO2. Cela n’a pas marché malgré le contrat que nous avions conclu pour développer deux voitures: une Smart et une Swatchmobil intégrant l’hybride développé par nos soins.

Quelles ont été les conséquences d’un tel revirement?
Mercedes devait nous indemniser pour le travail et la participation. Ils ont ensuite abandonné l’idée de fabriquer un véhicule hybride, par crainte de la nouveauté. Les managers de la branche automobile aiment le risque, mais pas forcément celui de lancer une voiture entièrement nouvelle. Seuls les vrais entrepreneurs prennent un tel risque.

Plus concrètement?
Une nouvelle voiture doit non seulement pouvoir rouler sur les routes en Suisse, en France et en Italie, mais aussi sur les chemins cahoteux d’autres pays de la planète. Un ancien manager de Ford m’a dit que s’il ne fabriquait pas de voiture entièrement nouvelle, c’était pour s’épargner ses maladies d’enfance.

Où en est-on aujourd’hui en ce qui concerne le développement de voitures écologiques?
Une voiture plus écologique fera son apparition sur le marché dans une quinzaine d’années. D’ici là, nous devons nous appliquer à construire de bons véhicules hybrides, à l’exemple des constructeurs japonais.

Songez-vous à d’autres projets pour mettre au point une nouvelle voiture?
Avoir des projets ne suffit pas. J’ai toujours à cœur de les concrétiser. Bien sûr, je n’ai pas complètement abandonné l’idée de développer une voiture. Mais je n’ai pas de réseau de distribution ni de réparation à l’échelle mondiale, ce qui est nécessaire pour lancer une nouvelle voiture avec succès.

On parle actuellement d’une fusion entre Nissan, Renault et General Motors sous la direction de Carlos Ghosn, gourou de l’industrie automobile. Si, aujourd’hui, vous lui proposiez de fabriquer une nouvelle voiture, vous disposeriez aussi des infrastructures nécessaires…

Je connais Carlos Ghosn, nous avons les mêmes racines. Il est pour l’instant très occupé et je ne lui ai pas demandé s’il était intéressé par une voiture hybride. Je connais également très bien les autres grands patrons de l’industrie automobile pour lesquels j’ai construit des quantités de fabriques. Je tiens à souligner que ces patrons de l’automobile ont peur de fabriquer du 100% nouveau.

Pourquoi ne pas retenter le coup vous-même?
Je n’hésiterais pas si j’avais 50 ans, mais j’en ai 78.

Notre société est dominée par la mobilité. Dans quelle direction évolue-t-elle à cet égard?
Nous ne devons en aucun cas restreindre la mobilité. Au contraire. La mobilité fait partie de notre liberté. Et il ne faut pas oublier que l’industrie automobile représente pour de nombreux pays industriels entre 25 et 30% de leur croissance. C’est là un facteur extrêmement important au niveau mondial.

Mais le prix du pétrole s’envole…Si l’on développe des voitures moins polluantes, elles seront aussi moins dépendantes du prix du pétrole qui ne cesse d’augmenter. Le prix du pétrole actuellement élevé entrave toujours plus de personnes à travers le monde dans leur mobilité de tous les jours.

Nicolas Hayek, vous faites preuve d’une créativité débordante. Quelles sont vos attentes envers la Suisse?
Nous avons en Suisse suffisamment de gens capables de construire une nouvelle voiture encore plus écologique. Mais cela coûte très cher. Alors, nous autres Suisses devons nous montrer un peu plus courageux et réaliser cette voiture. Nous devons aussi mieux prendre conscience de nos forces morales et économiques et les utiliser à bon escient



Touring - Christian Bützberger

www.touring.ch

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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).
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