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 Langendorf Watch Company - Lanco

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ZEN
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Date d'inscription : 05/05/2005

MessageSujet: Langendorf Watch Company - Lanco    Dim 27 Aoû - 20:49

Sujet sur la Langendorf Watch Company et Lanco

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ZEN
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MessageSujet: La Trans Pacific vous souhaite un bon voyage !    Dim 27 Aoû - 20:50

La Trans Pacific vous souhaite un bon voyage







Le nom "Trans Pacific" résonne comme celui d'une compagnie de chemins de fer américaine du début du 20ème siècle et le retrouver sur le cadran d'une montre de poche commercialisée à cette époque aux Etats-Unis n'a rien d'étonnant, bien au contraire. Quoi de plus logique et pourtant, derrière ce nom se cache une concurrence américano-helvétique des plus féroce, une guerre qui porte sur la défense d'une industrie prometteuse en ce début de siècle, celle de l'horlogerie.



Une manufacture sauvée in extremis de la faillite


La "Swiss Langendorf Watch Company" est une manufacture d'horlogerie suisse dont l'histoire fut pleine de rebondissements. Fondée en 1873 par le colonel Johann Viktor Kottmann dans le village de de Langendorf, la « Uhrenfabrik Langendorf SA » se consacra essentiellement à la fabrication d’ébauches vendues à d’autres firmes qui les emboitaient. Les mouvements fabriqués étaient de belle qualité et la manufacture qui brillait par sa créativité et son souci d’innovation exporta une grande partie de sa production. La gestion de l’entreprise posait problème en particulier à cause d’un personnel peu qualifié et en difficultés sociales. L’absentéisme, l’alcoolisme étaient si ancrés au sein des employés qu'à partir de 1880, cette maison se rapprocha de la faillite. Tandis que son sort semblait scellé, dans un dernier sursaut, la manufacture fit appel à des horlogers suisses et sortit de cette situation quasi désespérée. La famille Kottmann s’investit pour son personnel en créant des logements, une école, des installations sanitaires et électriques modernes et engagea diverses actions sociales en faveur des employés et de leurs familles. La manufacture se développa sur les marchés d’Amérique du Nord, d’abord, en vendant ses ébauches à des comptoirs américains. La concurrence avec les manufactures d'outre Atlantique était particulièrement âpre et difficile. Elle imposait une rigueur de fabrication et supposait aussi de s’adapter aux tendances américaines en décorant les mouvements et en les empierrant généreusement.




Baptisée en 1887 « Swiss Langendorf Watch Company », la manufacture fait travailler 1000 personnes en 1890. Elle fait preuve alors d’une grande modernité industrielle par l’interchangeabilité des pièces de ses mouvements et des modes de fabrications où les taches sont organisées pour optimiser la productivité. Elle est considérée par les firmes américaines comme un concurrent d’autant plus sérieux que ses coûts de fabrication peu élevés, lui permettent de venir les « taquiner » sur leurs propres terres. La firme produit sous diverses marques dont la marque Lanco des montres et réveils et figure au tournant du siècle parmi les manufactures horlogères les plus productives du monde. En 1916, la société affirme produire ainsi plus de 3000 montres par jour avec ses 1500 employés. Elle sera finalement intégrée dans le groupe Omega-Tissot en 1973, année où elle produisit sa toute dernière montre.




La Trans Pacific a traversé l’Atlantique


Parmi les modèles fabriqués par cette manufacture dans le courant des années 1890, celui baptisé "Trans Pacific" est sans nul doute l'un des plus emblématiques en ce qu'il incarne le mieux ce que fut cette grande manufacture et le jeu concurrentiel dans lequel elle s’engagea avec les firmes américaines en plein essor au début du 20ème siècle grâce aux montres de chemins de fer. Le public est en effet à cette époque, séduit par ce type de montres, qu'il s'agisse de montres de service des compagnies de chemins de fer ou de montres "fantaisie" dont la thématique ferroviaire est soit un argument de communication pour la publicité des produits, soit un complément décoratif qui vient orner le fond ou le cadran des montres.


Les RailRoads watches ou Railways watches font alors la fortune de manufactures comme Hamilton, Waltham, Elgin, Hampden, South Bend et bien d'autres qui se partagent l'énorme marché nord-américain mais aussi celui d'Amérique du Sud, d'une partie de l'Asie et de l'Europe. Les Suisses rivalisent avec leurs montres très qualitatives mais où la décoration moins sophistiquée séduit davantage en Europe qu'aux Etats-Unis. Cela pousse des manufactures suisses à adapter leurs produits aux goûts américains et parfois au-delà, en participant aux appels d'offres des compagnies de chemins de fer, à se faire une place à côté des firmes américaines. Longines, Vacheron & Constantin font ainsi partie des rares maisons admises à porter l'heure des employés des compagnies ferroviaires.

La "Swiss Langendorf Watch Company" ne pouvant accéder à ces compagnies met sur le marché une montre dont le mouvement s'inspire des cahiers des charges des compagnies ferroviaires. Ce que propose la maison de Langendorf est donc bien une montre fantaisie destinées au grand public qui porte pourtant un nom de RailRoad. Trans pacific n'est ainsi que le nom d'un modèle qui a tous les atouts et le charme des mouvements américains mais qui va déchainer la colère des distributeurs de montres américaines qui y voient une insolente "contrefaçon".


Dotée d’un calibre de 19 lignes de 21 rubis, ce qui est inscrit en gros sur le mouvement et le cadran lequel est en émail, d'aiguilles poire très lisibles et de chiffres 24 heures, la montre est soignée avec une jolie boite en plaquée or au fond finement gravé. L'ensemble des ponts et platines sont rhodiés ce à quoi est sensible la clientèle américaine. La pierre de centre est très colorée, de belle taille. Les anglages sont sommaires mais corrects et l'architecture du mouvement est élaborée pour être efficace. Ce calibre est digne des très bons mouvements que les meilleures manufactures suisses produisaient dans le même temps. Affiché pour avoir été réglé dans deux positions, le mouvement comporte une raquette avec col de cygne pour faciliter le réglage fin. La mention sur le cadran des 21 rubis et l'absence de nom du fabricant sur ce même cadran résument à eux seuls la volonté de la "Swiss Langendorf Watch Company" : la marque n'a pas à être mise en avant en raison de sa consonance non anglo-saxone et le niveau d'empierrement à cette époque réservé aux plus belles pièces, doit attirer le regard d'où sa couleur rouge en gros caractères sur le cadran.




Il ne fait aucun doute que cette montre exprime une véritable pugnacité commerciale. Il y avait bien au début du 20ème siècle de multiples fabricants de tous horizons qui proposaient des montres bon marché très inspirées par les railroad des grandes manufactures. Que leurs fabricants fussent américains ou européens ne changeait rien à la petite qualité des mouvements équipant la plupart de ces montres en général. Lorsqu'une marque suisse reconnue venait sur le terrain des montres de chemins de fer avec des pièces de haute qualité emboitées aux Etats-Unis afin de pouvoir y être distribuées facilement et cela avec des prix très étudiés pour faire face aux produits américains, l'accueil était plus que glacial. La "Swiss Langendorf Watch Company" fut largement critiquée par la presse qui défendait ses annonceurs américains qu’étaient les manufactures horlogères.


Un siècle plus tard, les collectionneurs américains qualifient encore de "fake" (contrefaçon) ce type de montres. Pourtant, le terme est très inadapté car si elles ont pu tromper les consommateurs à l'époque sur leur origine, elles n'en dissimulent pas moins un mouvement clairement affiché "Swiss made", avec le nom de son fabricant et avec des qualités techniques et chronométriques qui ne font aucun doute. Si la Trans Pacific n’a jamais pris le train d’un océan à l’autre, elle aura néanmoins traversé l’Atlantique et secoué le monde horloger.


Droits réservés - Forumamontres - Août 2017 - Joël Duval

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