Stéphane Bianchi: «Je ne remplace pas Jean-Claude Biver»
Entré en fonction en novembre, le nouveau patron des marques horlogères de LVMH (Hublot, Zenith et TAG Heuer) assure que TAG Heuer a un «potentiel énorme» de croissance et n’entend pas abandonner la smartwatch. Son style, plus analytique et plus carré, tranche avec celui de son prédécesseur
C’est une tirelire en forme de donut qui sommeille dans un coffre-fort du bureau de Stéphane Bianchi. «A chaque fois que quelqu’un dit «TAG» sans «Heuer», il doit verser 10 francs», assure, le plus sérieusement du monde, le nouveau patron de la marque de La Chaux-de-Fonds (NE). «Car «Heuer» est le nom historique de la marque et «TAG» est venu plus tard», rappelle-t-il. Les invités passent aussi à la caisse en cas d’impair.
Né en France, Stéphane Bianchi, 54 ans ce 10 janvier, a déménagé à Neuchâtel il y a quelques mois. Dans son bureau de La Chaux-de-Fonds, il donne ce matin de janvier sa première interview avec son nouveau costume. Après les cosmétiques (Yves Rocher) et les textiles (Maus Frères, qui contrôle notamment Manor et Lacoste), il a repris en novembre le poste de Jean-Claude Biver. Il est donc président du pôle horloger du groupe de luxe français LVMH (Hublot, à Nyon, Zenith, au Locle, et TAG Heuer dans la métropole horlogère) mais également patron de cette troisième entité. «J’aime les montres, les marques, les groupes familiaux, l’international, le retail… Arriver à ce poste n’était donc pas surprenant.»
Un poste, trois particularités
Si les montres ne lui sont pas étrangères – lui-même est collectionneur depuis plus de vingt ans –, il découvre désormais l’industrie de l’intérieur. «Un monde de passionnés, mais assez fermé. Les patrons d’une marque, on les retrouve souvent dans une autre marque, ça m’a surpris…» On entend ce même adjectif lorsque Stéphane Bianchi évoque les foires horlogères et les crises qu’elles traversent. «Quand je vois toutes ces histoires de salons, je me dis qu’il faudrait plutôt raisonner en termes d’industrie qu’en termes de marques. Ces événements sont des vitrines extraordinaires du savoir-faire horloger suisse dans le monde. Et l’on est en train de casser ces jouets… Il y a pourtant peu d’acteurs influents dans ce milieu. Serrons-nous les coudes!»
La place qu’il occupe depuis novembre est particulière pour trois raisons. D’abord, car il y remplace Jean-Claude Biver, incontournable patron horloger de ces trente dernières années, particulièrement charismatique et unanimement apprécié. Ensuite car il jongle avec deux casquettes: celle de directeur du pôle horloger mais également celle de directeur général de TAG Heuer. Enfin car Frédéric Arnault, jeune fils du propriétaire de LVMH, travaille déjà chez TAG Heuer et qu’il semble évident qu’il reprendra le flambeau prochainement.
«Je suis moins intuitif»
Stéphane Bianchi dit n’avoir aucun problème à composer avec ces différentes spécialités. Remplacer Jean-Claude Biver ? Il balaie la question. «Je ne le remplace pas. Je suis venu diriger et accompagner certaines marques de LVMH. Quand j’ai pris la direction d'Yves Rocher, je ne remplaçais pas Monsieur Yves Rocher. Je venais simplement reprendre les rênes d’une entreprise.»
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