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 Sujets historiques généraux

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MessageSujet: Sujets historiques généraux    Sujets historiques généraux  EmptyDim 23 Avr - 6:06

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MessageSujet: L'Exposition Universelle de 1900 et l'horlogerie   Sujets historiques généraux  EmptyDim 23 Avr - 6:07

Du 15 avril au 12 novembre 1900, se tient à Paris l'Exposition Universelle.
Les manufactures horlogères attachent une importance particulière à cette exposition. D'abord parce que l'horlogerie a mal vécu les dernières années du 19ème siécle sur un marché tendu et ensuite parce que l'on sait que cette exposition qui marque le changement de siècle va attirer beaucoup de monde sur les 50 hectares de son installation.

Au total, ce sont plus de 51 millions de visiteurs qui vont s'éparpiller sur l'exposition dont le point d'orgue est la Tour Eiffel accueillie de manière partagée en raison de son esthétique contestée. Mais soit, l'édifice est provisoire et devrait disparaître après l'exposition.





Sujets historiques généraux  Aff2_expo_1900

Sujets historiques généraux  Aff1_expo_1900


Au sein de l'exposition, le Palais Suisse présente des montres en quantité impressionnante sous des vitrines qui tiennent lieu de comptoirs. ZENITH, OMEGA, ULYSSE NARDIN, LONGINES sont à l'apogée de leur succès. L'exposition est une bataille pour conquérir toujours un peu plus de notoriété. Les mouvement Omega et ZENITH n'ont pas encore fait changer les noms des manufactures qui les fabriquent et Louis Brandt comme Georges Favre-Jacot misent énormément sur ces montres qui se déclinent par niveaux de qualité, de finition et d'empierrement dans des boites plus ou moins précieuses, plus ou moins travaillées et plus ou moins rares.

L'Exposition Universelle fut très anticipée par les marques. On y distribue des prix voire de grands prix davantage commerciaux que scientifiques mais que les marques mentionneront plus d'un demi siècle durant. Cette exposition marqua les esprits et la mémoire collective au point de devenir une référence, celle du siècle changeant...

Sujets historiques généraux  GoussetArgent2005mdailles

Dans les allées de l'exposition, on se perd mais un peu partout la réclame rappelle la présence des industries naissantes ou déjà confirmées qui se sont installées en plein coeur de Paris.


Sujets historiques généraux  435px-Expo_1900_Paris_-_Plan_Pratique

ZENITH en 1900 diffuse le calibre ZENITH qui a déjà 2 ans d'exploitation commerciale et écoule d'impressionnantes quantités de montres dotées de mouvements plus anciens quant à leur conception... Georges Favre-Jacot président de la manufacture qui prendra le nom de ZENITH en 1911 est un grand amateur d'art et d'art nouveau en particulier.

Alfons Mucha est sans nul doute l'artiste le plus à la mode en ce début de siècle. Implanté en Champagne où il produit notamment de la publicité pour les marques Champagne, il est aussi l'auteur de nombreux dessins dont les 4 saisons illustrées de manière romantique.

Georges Favre-Jacot, sensible à ces dessins décide d'en faire des décoration de boitiers de montres en toute petite série ... Il passe un contrat ponctuel avec Mucha. Les montres sont vendues en quelques jours à des amateurs qui achètent les 4 versions...


Sujets historiques généraux  PubZenith1902bis

Sujets historiques généraux  Printempsargentdos2

Les manufactures proposent par ailleurs des modèles en argent Niellé qui donnent à la montre de poche des couleurs or et noir, des reflets et reliefs qui marqueront les amateurs durablement.


Sujets historiques généraux  GoussetargentNilface225022006


Sujets historiques généraux  Goussetargentniel5022006fond-1

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MessageSujet: Quand l'industrie suisse emboitait des calibres américains    Sujets historiques généraux  EmptyDim 23 Avr - 20:05

On sait que les manufactures suisses n'accédaient que conditionnellement au marché américain et devaient se conformer à l'obligation d'assembler les mouvements dans les boites aux USA en ayant recours à des boites américaines (Dennison ou Elgin le plus souvent).

On sait moins que les Américains de Elgin ou Waltham faisaient emboiter leurs calibres par des Suisses ...

Sujets historiques généraux  ElginWaltham1900

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MessageSujet: Les plus plates des montres de poche   Sujets historiques généraux  EmptyDim 23 Avr - 20:24

On les appelle aussi les montres de smoking car elles n'en déforment pas les poches ...

Sujets historiques généraux  Omegaextraplatepocheacier3

Sujets historiques généraux  Omegaextraplatepocheacier2


Les montres de smoking sont en général d'un diamètre un peu plus faible que les autres (40 à 45 mm contre 50 mm en général). Ici , la boite fait 42 mm pour un calibre de 29,5 mm, donc un diamètre qui avec une boite étudiée est tout à fait adapté. Sur cette ZENITH, la particularité est d'avoir joué la carte de la faible épaisseur en adaptent le calibre à seconde centrale et en réduisant la hauteur de l'axe afin de supprimer cette seconde.

Cela donne une montre de poche très plate et élégante.

Sujets historiques généraux  Montredesmokingsanstrotteuse2



Sujets historiques généraux  Goussetdesmokingcadran


Enfin cette Jaeger LeCoultre (pas à moi hélas) au cadran sobre et racé ...

Sujets historiques généraux  P1010980

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MessageSujet: Les radium girls victimes de l'industrie horlogère.    Sujets historiques généraux  EmptyDim 23 Avr - 21:01

Les femmes victimes du radium horloger




Depuis le milieu de la première guerre mondiale jusqu'à la fin des années 30, le radium fut largement utilisé pour obtenir une luminescence nocturne des montres et réveils. Le radium, matière miraculeuse, disait-on, fut transformé pour entrer dans la composition de peintures servant à peindre les aiguilles et les chiffres des cadrans des montres et autres instruments garde-temps. Les armées furent de grandes consommatrices de ce type de pièces et le marché civil adopta ces montres si merveilleusement luminescentes la nuit en dehors de tout éclairage.

Sujets historiques généraux  Radium10

Dans tous les pays producteurs de pièces d'horlogerie, on fabriqua de ces pièces et en particulier aux Etats-Unis où l'U.S. Radium Corporation ne tarda pas à devenir leader sur le marché de l'extraction et de la transformation du précieux minerai et de la fabrication de cadrans pour l'industrie horlogère américaine très prospère à l'époque. Le radium recommandé pour soigner la peau et les lésions de toutes sortes ne fut guère suspecté jusqu'aux débuts des années 20 de pouvoir être dangereux. L'usine de l'U.S. Radium Corporation située dans le New Jersey ne tarda pas à employer plus de 100 personnes, essentiellement des femmes pour peindre les cadrans et les aiguilles avec de fins pinceaux qu'elles humectaient avec les lèvres. Les pinceaux en poils de chameaux devaient rester très pointus pour conserver leur efficacité et dans l'apprentissage des ouvrières, il était expliqué qu'un passage entre les lèvres permettait un pincement salutaire à la tenue des pinceaux. La confiance était si forte que celles qui travaillaient à domicile pour livrer ce type de cadrans laissaient jouer les enfants avec cette peinture, enfants qui léchaient les pinceaux pour savourer le goût à peine sucré de la peinture.

Sujets historiques généraux  Radium10

A partir du début des années 20, certains scientifiques se mirent à douter des effets du radium sur la santé humaine et très vite transformèrent leurs doutes en certitudes sans que les industriels ni les firmes horlogères ne cessent de laisser travailler des femmes à mains nues sur ces produits. Les chimistes, directeurs, contremaîtres commencèrent à se protéger avec des tabliers en plomb et à se tenir éloignés des produits. Ils avaient accès, en effet, à une documentation qui s'enrichissait en provenance des médecins et chercheurs qui se mirent à donner l'alerte sur l'utilisation de ces produits.

Sujets historiques généraux  Lip-bu10

Dans le même temps, les médecins proches des centres industriels commencèrent à constater des maladies de peaux et des plaies anormales à la mâchoire des ouvrières qui perdaient anormalement leurs dents et saignaient des gencives. Pendant ce temps, inconscientes des dangers, d'autres ouvrières s'amusaient à peindre leurs dents pour épater leurs petits amis où à se peindre les ongles avec ces peintures avant d'aller danser. Les cas de maladies se mirent à croître si fort que les médecins demandèrent l'arrêt de ces fabrications.

Le nombre de malades connut une croissance exponentielle. Pour dissiper les accusations faites à l'industrie horlogère, celle-ci accusa les appareils servant à faire les radiographies d'être à l'origine des maux rencontrés mais les symptômes devenaient sans limites. "Les os de la mâchoire étaient comme brûlés et cédaient sans motif" raconte un médecin. Les cas d'anémie, de leucémie, de ménopause précoce, de naissance d'enfants handicapés, de stérilité, d'ongles se détachant spontanément des doigts, de perte d'une partie des joues et de la bouche devinrent alors très nombreux et incitèrent à l'arrêt dans la hâte de l'exploitation de cette industrie par peur des procès. Les cancers graves se multiplièrent et la médecine américaine complice de l'industrie n'hésita pas à détourner l'attention pour impliquer d'autres causes dans la mort des travailleurs et travailleuses qui furent même accusés d'avoir contracté la syphilis ! Dès 1924, neuf des ouvrières soignées étaient mortes, toutes étaient des jeunes femmes n’ayant pas encore atteint 30 ans. Leur seul point commun était d’avoir travaillé dans l'usine du New Jersey.

Sujets historiques généraux  Radium11


Cinq des ouvrières malades portèrent malgré tout plainte et se rendirent au tribunal en 1928. Le procès tourna court grâce à un arrangement entre les parties offrant 10 000 dollars à chaque ouvrière, une rente annuelle de quelques centaines de dollars et l’assurance que les soins médicaux seraient payés par l’U.S. Radium Corporation. Toutes furent décédées 2 ans plus tard.

Deborah Blum qui s'est intéressée à ce sujet raconte que Harrison Martland, médecin qui a mené l'enquête sur le sujet fit exhumer le corps d’une des ouvrières et en préleva des tissus qu’il réduisit en cendres avec les os. Il nettoya le tout et le plaça dans une chambre noire près d’un film photographique enveloppé dans du papier noir. Il procéda ensuite à la même préparation avec des tissus et des os pris sur un mort non contaminé afin de disposer d'un échantillon témoin.

Le docteur Martland raconte, “s’ils étaient radioactifs, les os et les cendres de tissus émettraient un rayonnement et les rayons bêta et gamma traverseraient le papier noir pour impressionner le film photographique”... Au bout de dix jours, le premier film était constellé de taches blanches et le second était resté noir.

Au delà de la preuve apportée de la radioactivité des corps, il fut établi, en approchant un compteur Geiger des tombes de ces femmes, la présence d'une source radioactive, cela en 1987 soit plus de 60 ans après leur mort.


En France, en Suisse, il n'existe que peu ou pas d'études sur le sujet. Tout juste s'est-on préoccupé de la dépollution des sites de fabrication notamment des réveils Bayard ou autres marques qui avait eu recours au radium. La France a créé une législation drastique sur la dépollution des sites. En Suisse, les choses sont plus discrètes. On ne perturbe pas une industrie qui rapporte autant. Voilà pourtant un beau sujet de thèse pour un étudiant doctorant qui accepterait de s'expatrier ensuite car il aurait peu de chance de trouver du travail dans l'industrie. Mais tout va bien au pays du chocolat, des marmottes et de la belle horlogerie bisounoursienne.






Lecture recommandée : http://blog.slate.fr/globule-et-telescope/2011/03/29/les-irradiees-du-new-jersey/

http://www.chicagomag.com/Chicago-Magazine/The-312/September-2011/The-Radium-Girls-of-Ottawa-Illinois/

http://nypost.com/2017/03/22/skin-glowing-from-radium-ghost-girls-died-for-a-greater-cause/


Forumamontres- Droits réservés - Décembre 2011- Joël Duval

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MessageSujet: Les raquettes à disque excentrique   Sujets historiques généraux  EmptyDim 23 Avr - 21:12

A la demande de plusieurs d'entre vous, voici un sujet sur les raquettes à disque excentrique dites aussi raquettes Colimaçon que l'on retrouve dans certaines marques de montres de poche et bracelets jusqu'à la fin des années 60.

Il faut pour fixer l'intention de l'inventeur de ce type de raquette car il en existe un, se souvenir que dès la fin du 19ème siècle, les manufactures se livrent une sorte de jeu de raquettes particulièrement inventif.  Les Américains rivalisent d'idées plus ou moins exotiques pour démontrer que le réglage de leurs montres peut être affiné de la plus ultime manière.  

Si le col de cygne classique apparaît comme une solution extrêmement fiable, il n'est pas visuellement assez impressionnant pour attirer un client davantage vers une marque qu'une autre et de fait, toutes les marques ont des cols de cygne qui se ressemblent.


Sujets historiques généraux  Calibr10
Col de Cygne sur Montre de poche Ulysse Nardin

Sujets historiques généraux  Omega_12
Col de Cygne Omega

Sujets historiques généraux  Hamilt10
Col de Cygne Hamilton

La véritable création sera dans un premier temps, moins dans les cols de cygne que dans les systèmes de porte piton et dans la recherche de procédés de nature à parfaire l'isochronisme des mouvements (la régularité du tic-tac) dans toutes les positions.

Tavannes est en la matière assez pointu avec son calibre Pleïade

Sujets historiques généraux  Tavann10

Raquette simple flèche Tavannes et son dispositif exclusif

Les Américains vont exploiter le "filon" de la raquette originale et, en faisant des publicités très visuelles sur les mouvements de leurs montres, séduire une grande partie de leur clientèle.

Sujets historiques généraux  Elgin_10
 Raquette Elgin

Sujets historiques généraux  Waltha10
Raquetterie Waltham
 


Sujets historiques généraux  Hampde10
La raquette Hampden est une des plus réfléchies de l'horlogerie américaine


En Suisse, les manufactures s'intéressent à cet élément des calibres avec un peu de distance. Les auteurs de la fin du 19ème et les meilleurs horlogers émettent des doutes quant à l'intérêt réel de telles raquettes et observent à juste raison que les chronométriers préfèrent des systèmes à simple flèche à la plupart des systèmes. Plus la surface de la flèche est large et plus le contact avec le coqueret crée un frottement qui empêche le déréglage du mouvement.

Un Suisse pourtant, horloger à son compte à Saint Imier, imagine en 1902 et dépose en janvier 1903, un modèle de raquette qui va emporter l'engouement des manufactures hélvétiques. Hermann Roost imagine une raquette colimaçon, dans laquelle un disque excentrique permet de déplacer très lentement et très précisément la raquette vers avance ou retard en garantissant la pérennité du réglage.  

Sujets historiques généraux  Raquet10

Sujets historiques généraux  Raquet11

Le sytème est très vite adopté par plusieurs manufactures dont Ulysse Nardin est la première ...

Sujets historiques généraux  Ulysse10
Raquette de Roost sur un mouvement Ulysse Nardin


Georges Favre Jacot voit pour son calibre Zenith (la manufacture ne porte pas encore ce nom) un élément tout à fait intéressant et adopte cette raquette dont il achète l'exclusivité des droits d'exploitation du brevet.

Sujets historiques généraux  Armae_11

Les manufactures concurrentes ne disent pas pour autant leur dernier mot et tandis que le brevet porte sur un guidage de la raquette en creux, Omega, Longines, Aegler vont exploiter un système très proche avec un guidage de la raquette en épaisseur ...

Sujets historiques généraux  Longin10
Longines

Sujets historiques généraux  Longin11
Longines

Sujets historiques généraux  Omegra11
Omega

Sujets historiques généraux  Orator10
Aegler

Les systèmes de ces trois marques sont très proches et très proches aussi de celui exploité par Zenith et déposé par Roost en 1903. Zenith exploitera jusque dans les années 70 ce système tout en revenant parfois sur des raquettes à col de cygne classiques.

Les raquettes de ce type sur Longines, Omega ou Aegler étaient réservées à des chronomètres et si le disque est cranté et en débord des ponts de balancier, c'est simplement pour favoriser le réglage des raquettes avec la pointe de l'ongle souvent moins dangereuse que l'incitation faite auprès des possesseurs des montres de recourir eux-mêmes à un outil.  Ces raquettes appartiennent au passé et aujourd'hui, jouer sur les vis implantées sur le balancier (système Microstella) semble davantage reconnu.
Les raquettes excentriques à disque ont peu séduit les chronométriers lors des concours de chronométrie des observatoires, signe qu'effectivement leur apport reste limité.

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MessageSujet: Le métier de chronométrier   Sujets historiques généraux  EmptyDim 23 Avr - 21:16

Nés à la fin du 19ème siècle, les concours de chronométrie ont perduré jusqu'en 1968. Le quartz et l'évolution des règlements des concours qui récompensaient quasiment toutes les marques ont fait jeter l'éponge par les plus grandes manufactures et pour ce qui concerne l'observatoire de Neuchatel, l'abandon par Zenith mit un point final au concours que les autres manufactures s'empressent elles-aussi d'abandonner.  

Dès lors la précision scientifiquement démontrée ne sera plus jamais un argument de vente et même si les bulletins de marche certifiant la précision de la montre observée par un organisme indépendant se voient remplacés par une norme certifiée par le COSC et la délivrance d'un certificat de chronomètre, la recherche des marques se sera plus orientée vers la chronométrie comme elle le fut jusqu'à la fin des années 60.

Le chronométrier tenait une place à part dans les manufactures, souvent un peu isolé. Il vivait parfois en ascète comme l'expliquait le fils de l'un d'entre eux, en communion avec son métier et ses pièces 7 jours sur 7.

 
Sujets historiques généraux  Chrono10
Un chronomètrier à l'établi en 1966

Le chronométrier utilisait des calibres emboités dans des "contours" sortes de pièces en bois ou en aluminium avec parfois un accès par une ouverture sur la raquette afin de pousser le réglage jusqu'à la quasi perfection. Le travail du chronométrier pouvait durer des mois pour présenter au concours organisé par les observatoire de Genève ou Neuchâtel des séries de pièces aptes à décrocher un premier prix.
 

Sujets historiques généraux  707_ca10

Sujets historiques généraux  Chrono10

Le réglage pouvait s'accompagner de la conception de raquettes tout à fait particulières et parfois uniques où des raquettes faites en un seul exemplaire, à la main permettait d'aller de plus en plus loin dans les réglages...


Sujets historiques généraux  Graal_10
Modèle unique de raquette faite à la main


Les chronométriers apportaient des innovations technologiques reprises parfois ensuite dans la fabrication des pièces dans un cadre commercial et en série. C'est le cas par exemple de la double flèche mise au point par Charles Fleck et qui servit notamment dans le calibre 5011 titulaire du record absolu de précision ...




Sujets historiques généraux  D-4-1210
Version concours du 5011 de Zenith

Sujets historiques généraux  Pocket5011Kcalibre
Version commerciale du calibre 5011


Charles Thomann, fils de chronométrier, explique dans son livre que son père se rendait à pieds à plus de 20 kilomètres pour livrer à l'observatoire ses pièces et cela y compris en plein hiver. Il explique que pour les concours de l'Observatoire de Kew Teddington près de Londres, les chronométriers exigeaient parfois de transporter eux-mêmes les pièces afin de leur éviter des chocs ou des pertes, ce qui après des mois de travail est assez compréhensible.  
Le travail du chronométrier était scientifique et comme les pièces lors des épreuves étaient placées dans des étuves puis au froid, c'est parfois la chambre froide du boucher qui hébergeait les pièces de concours lors des tests faits par le chronométrier.  
Le réglage des pièces se faisait avec en référence des régulateurs de parquet à partir des années 24/25 installés dans des chambres à pression constante pour réduire les erreurs.

Les pièces de chronométrie de type concours sont évidemment rares même si les manufactures les ont en partie ou bradées ou jetées dans les années 70 alors qu'elles étaient considérées comme ne valant rien. Fort heureusement tout ne fut pas jeté et quelques rares pièces circulent pour les plus passionnés et les privilégiés qui les trouvent... Elles recèlent des centaines d'heures de travail dans leur histoire... Un autre concept de l'horlogerie.  

On termine évidemment sur mon Graal ... Un double prix de chronométrie en 1924 et 1925 en catégorie Bord et Poche au concours de chronométrie de l'observatoire de Neuchatel.  


Sujets historiques généraux  Graalsurgalets

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MessageSujet: Petite histoire des rubis synthétiques   Sujets historiques généraux  EmptyDim 23 Avr - 21:20

Avant 1902, les pierres des montres sont de véritables rubis, des pierres précieuses qui coûtent cher et sont souvent limitées dans le montage des montres par souci d'économie.
Il faut attendre l'invention du corindon, pierre dure synthétique, par un Français, Auguste Verneuil,  qui à partir de 1902 va permettre d'étendre l'empierrage à des montres plus abordables. Ce corindon s'obtient par fusion de poudre d'oxyde d'aluminium avec un colorant rouge (ou d'une autre couleur). La pierre synthétique est très dure et évite l'usure de frottement des pivots.

Pour autant, toutes les montres après 1902 ne sont pas empierrées avec des pierres synthétiques et les manufactures qui ont parfois des stocks importants de pierres vont en vanter l'utilisation en soulignant dans leurs publicités que les pierres ne sont pas synthétiques...

L'affaire durera jusqu'au milieu des années 20 jusqu'à ce que les cours des rubis deviennent trop élevés pour se passer du corindon et jusqu'à ce que tout le monde soit finalement convaincu de la qualité de ces pierres.

Par luxe certaines sont parfois bleues ou transparentes laissant supposer la présence d'autres pierres. Les pierres ont gardé le nom de rubis autrefois davantage justifié et sont restées rouges ...

De nos jours une filiale de Swatch Group fabrique ces pierres en quasi monopole pour toute l'horlogerie.    


Un lien pour en savoir plus ...

http://www.watches-lexic.ch/pages/fr/tec/exp10.htm

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MessageSujet: Une montre retrouvée après le drame du Titanic   Sujets historiques généraux  EmptyDim 23 Avr - 21:22

Le 14 avril 1912, 1513 passagers disparaissent avec le Titanic au large de Terre-Neuve suite à un choc avec un iceberg un peu plus de deux heures plus tôt. C'est la plus grave catastrophe maritime en temps de paix.

Sujets historiques généraux  589px-Titanic

Sujets historiques généraux  St%C3%B6wer_Titanic

La catastrophe envoie par le fond hommes, femmes, enfants et leurs montres... On imagine sans peine la détresse des victimes et que le souci horloger ne soit pas très présent. Pourtant, on sait aussi que vu les personnes fortunées qui étaient dans les premières classes, il y a eu des pièces horlogères définitivement perdues.

On sait peu de choses de ces montres car peu furent retrouvées lors des fouilles et mis à part les témoignages des familles de l'époque, finalement rien n'a traversé le siècle.

En février dernier pourtant, on a retrouvé une de ces montres oubliées pendant plus de 90 années. Celle d'un passager, un certain John Chapman, s'est arrêtée au contact de l'eau glacée. Elle témoigne de l'heure du drame.

Sujets historiques généraux  Titanic-watch_1318646c

Le couple Chapman avait embarqué à Southampton en seconde classe avec le ticket numéro 29034 pour 26 livres. Madame Chapman fut placée dans le bateau de survie numéro 4. Constatant qu'elle ne pourrait partir avec john, elle demanda à une amie, Emily Richards de partir avec elle. L'embarcation bascula à 1h45 du matin le 15 avril et madame Chapman se noya. La montre retrouvée avec le corps de monsieur Chapman après le drame, fut présentée en début d'année 2009 au National Maritime Museum in Falmouth, Cornwall lors d'une exposition.

M. Chapman avait émigré au Canada en 1906 avant d'épouser sa fiancée Sarah Elizabeth Lowry, le lendemain de Noël 1911 à Liskeard, Cornwall.
Ils se rendaient en Amérique pour se rapprocher du frère de Mme Chapman avec comme projet de gérer une ferme et de fonder une famille ensemble.

Le corps de madame Chapman ne fut jamais retrouvé et seul celui de son mari et sa montre purent être rendus à la famille.

Voilà comment le destin brisé de deux êtres reçoit aujourd'hui un témoignage par une montre qui s'est arrêtée le 15 avril 1912.


Source http://www.telegraph.co.uk/news/newstopics/howaboutthat/4735451/Titanic-pocket-watch-which-stopped-when-owner-fell-into-sea-is-on-display-for--first-time.html

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MessageSujet: L'influence du magnétisme sur la précision ...   Sujets historiques généraux  EmptyDim 23 Avr - 21:25

La précision des vintages







Il est utile de se pencher sur l'influence du champ magnétique pour mieux comprendre l’exploit lié à la fabrication des « vintages »  c'est-à-dire des montres qui des années 40 à 70 pour lesquelles des développements technologiques majeurs sont intervenus. Les travaux du laboratoire suisse de recherche horlogère sont en la matière très instructifs et témoignent des difficultés que la mise au point des mouvements a pu susciter.



L’influence du champ magnétique.



Le champ magnétique agit sur toutes les pièces de la montre. L’effet principal est constatable sur les organes d’échappement et surtout sur le système régulateur balancier/spiral.

L’effet sur les arbres, pignons et aiguilles est décelable et globalement il peut être considérable.

Si le balancier possède deux bras en acier (pour un bimétallique), ces bras comme pour une boussole auront tendance à s’orienter dans le champ magnétique (chacun a déjà fait le test avec une aiguille sur de l’eau).

Le champ agit en produisant un couple qui se surajoute au couple élastique du spiral ce qui entraîne une diminution de période (perte d’amplitude) et bien sur fait avancer la montre anormalement.



L’influence du champ magnétique a essentiellement trois effets :


-Une influence temporaire

-Un effet résiduel

-Et l’arrêt de la montre.



Claude Attinger explique que l’influence temporaire, c’est l’effet temporaire de l’exposition de la montre au champ magnétique.

Par exemple, une montre qui exposée en permanence prendrait 2 minutes par jour,  n’avancerait que 1,2 secondes pour 15 minutes.

La conséquence est alors quasi négligeable.



L’effet résiduel, c’est ce qui se passe après l’exposition au champ magnétique. Ici les pièces restent en quelque sorte aimantées et interagissent entre elles comme autant d’aimants. L’effet est permanent, certes moins dévastateur que l’influence temporaire mais plus durable.

Si l’effet résiduel est de 2 minutes par jour, cet écart vient s’ajouter à l’écart de marche habituellement enregistré et ce, chaque jour.



Le troisième effet est l’arrêt de la montre en raison d’un champ trop élevé.



Les équipements de nos environnements n’ont cessé de créer des champs magnétiques nouveaux. Hauts parleurs, écrans…il suffit souvent de quelques centimètres pour réduire voire annuler l’effet de ces champs.

Il reste le champ magnétique terrestre auquel on n’échappe pas. L’effet est important car une montre préalablement exposée et « magnétisée » sera d’autant plus sensible au champ magnétique terrestre.



Des écarts allant jusqu’à 1 seconde/jour ont été mesurés.



L’expérience suivante a été enregistrée en 1948 :



Montre réglée à + 17 sec /jour :



Exposition à 50 gauss parallèlement au cadran pendant quelques secondes puis sortie du champ.



Mesures :



Remontoir au nord + 120 secondes

Ouest + 80 secondes

Sud + 125 secondes

Est + 180 secondes



La montre est passée dans un appareil de démagnétisation et revient à 16 secondes/jour.



Pour parer aux effets du magnétisme, la recherche s’est orientée dans des systèmes balancier/spiraux en alliages non magnétiques.

Des essais furent tentés sur des balanciers en laiton et des spiraux en bronze ce qui au plan thermique fut catastrophique mais fut en revanche excellent du point de vue magnétique.



Les balanciers en maillechort ou en bronze au béryllium furent préférés des les années 40 avec des spiraux auto compensateurs, Nivarox ou Métélinvar.



L’étude de Claude Attinger démontre que la difficulté fut de fabriquer des alliages auto compensateurs et totalement antimagnétiques car ce qui était gagné d’un côté était perdu de l’autre vu que plus un spiral est amagnétique moins il compense les effets de la température.



L’écart lié à la température étant potentiellement plus lourd à gérer que celui résultant du magnétisme, c’est par des solutions « extérieures » aux mouvements que les recherches des années 50 se sont portées.



Des écrans en fer doux, en « mu-métal » (alliage de fer, nickel, cuivre et chrome) en « permalloy » (alliage de fer, nickel manganèse et molybdène).



En outre, les échappements ont été fabriqués en alliages non magnétiques comme comme les aiguilles, etc.
Les matériaux employés posaient pour ces vintages des problèmes de fabrication notamment pour les bronzes au Béryllium.

A+

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MessageSujet: Un phénomène peu ordinaire et mesuré scientifiquement   Sujets historiques généraux  EmptyDim 23 Avr - 21:28

Chaque année ou presque jusqu'en 1968, l'Observatoire de Neuchâtel organisait des concours de chronométrie. Les marques et les régleurs indépendants déposaient des pièces dans les catégories ouvertes au concours et gloire à ceux qui remportaient les premiers prix.

En 1951, il se produisit un phénomène jamais constaté et jamais expliqué en tous les cas pas avec les outils disponibles mesurant magnétisation, température, humidité ou pression barométrique.

Tous les chronomètres se mirent à avancer de manière significative quel que soit le régleur et la marque.

Compte tenu du soin apporté par ces régleurs dans leur travail une erreur "commune" est inconcevable mais rien, non rien n'a pu expliquer ce phénomène.
Etonnant, non ?

Une recherche météorologique donne les résultats suivants ...

Quelques catastrophes relevées en 1951 :

On relève le 30 novembre 1951 un séisme important dans le haut Verdon. L'année 1951 fut aussi considérée comme une année à avalanches en Suisse.

Le climat est pourri en 1951...

Citation :
La fin du printemps et l’été 1951 sont catastrophiques – la pluie et la fraîcheur n’en finissent pas. Le 9 mai, les températures ne dépassent pas 5 à 7° dans le nord-ouest – le 18 mai au matin, les campagnes d’une grande moitié sud de la France sont recouvertes de givre – le 20 mai, il tombe 20 cm de neige au Puy (à 700m d’altitude) – les 15 et 16 juin, de violents orages éclatent un peu partout – ils provoquent des inondations notamment en Haute Loire et dans Paris – du 22 au 30 juin, on se croirait en automne et il ne fait pas plus de 14° sur les côtes de la Manche – la température descend même à 1° à Mont de Marsan – des inondations se produisent dans tout le nord-est du pays – le 24 juillet, le mauvais temps s’acharne de nouveau et des gelées blanches sont même localement observées en Normandie – du 5 au 15 août, l’été ne pointe toujours pas le bout de son nez, bien au contraire – ce temps très désagréable mine les Français et fait la une des quotidiens – la journée du 8 août est sans doute l’une des plus exécrables que l’on puisse connaître dans nos régions en cette saison – au cours de cette journée, il tombe l’équivalent d’un mois de précipitations à Paris.
20 décembre : presque toute la France est noyée dans le brouillard – la visibilité est parfois inférieure à 10m.

Vous en savez autant que moi. Une équipe de chercheurs s'est je crois penchée sur le phénomène mais n'a rien produit de concret...
Que s'est-il donc passé en 1951 ?  Incompréhensible

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MessageSujet: L'épopée de l'horlogerie canadienne   Sujets historiques généraux  EmptyLun 24 Avr - 22:29

Les horlogers canadiens




L'horlogerie canadienne est loin d'être négligeable d'abord à cause du nombre important d'horlogers qui s'exilèrent vers le Canada du 17ème siècle au début du 20ème siècle et parce que les pièces vendues sur place furent d'une très grande qualité qui motivait la présence d'excellents horlogers formés dans le berceau européen de l'horlogerie qu'étaient la Suisse, la France, l'Angleterre, l'Irlande et l'Ecosse.


Les montres canadiennes ne sont pas exclusivement des montres de chemins de fers avec au dos des élans ou des locomotives à vapeur.  L'histoire de l'horlogerie canadienne est beaucoup plus ancienne et ancrée dans l'histoire du pays. La nouvelle France qui englobait une grande partie du Canada actuel et en particulier la région de Québec était à partir du 16ème siècle un espace qui vit émigrer plusieurs horlogers tant de Franche Comté que de Grande-Bretagne, d'Ecosse et de Suisse vers cette nouvelle terre d'accueil. Cela suffit à expliquer que le Québec en particulier fut au 19ème siècle le terrain d'une grande tradition horlogère. Les migrations massives justifiaient l'idée d'un besoin de montres et d'heure.

De fait on retrouve de grandes dynasties d'horlogers qui de génération en génération vont traverser le 19ème siècle et entamer le 20ème en perpétuant des noms de familles que l'on retrouve plus de 100 ans plus tôt sur les cadrans.

James Orkney, un horloger écossais très réputé migra ainsi et s'installa dans la côte de la Montagne en 1785 et y tint une boutique jusqu'en 1820.  Epousant la fille de James Hanna un autre horloger émigré en provenance de Dublin, ils eurent un fils, James Godfrey Hanna qui lui-même devint un horloger très réputé qui s'installa lui aussi sur la côte de la Montagne au Québec.

Sujets historiques généraux  Routie10

Sujets historiques généraux  Routie11

La boutique d'Alfred Charles Routier au début du 20ème siècle (Photo : propriété de Jean-Marie Lebel - Historien canadien)


Parmi les noms les plus significatifs, celui de Charles Routier peut être retenu comme le représentant d'une grande dynastie, celui des Ardouin de la rue Saint-Jean entre 1820 et 1860. Celui de William McMaster, originaires d'Ecosse, de 1827 à 1854. Thomas G. Cathro eut lui aussi une boutique rue Notre-Dame, à proximité de l'église Notre-Dame-des-Victoires de 1822 à 1844. William Baxter fut horloger lui aussi de 1835 à 1878 dans les rues Buade et Saint-Jean. On citera encore Jos l'Heureux et Caron à Montréal et un certain Emile Jacot rue saint joseph, installé en 1862. Ce dernier se fournissait chez Wittnauer qui distribuait Longines.


Sujets historiques généraux  Jolheu10

Sujets historiques généraux  Joslhe10

Montre de Jos L'Heureux installé à Montréal avec un mouvement Omega "inversé"

La plupart du temps, ces horlogers achetaient en Suisse leurs mouvements de montres ou d'horloges et les emboîtaient grâce à des fabrications "locales". Sur le cadran, le nom de la marque pouvait aller jusqu'à être totalement éclipsé pour être remplacé par celui de l'horloger canadien. Le Canada proche de la grande Amérique bénéficia ainsi de mouvements suisses de belle qualité tels que les Express Leader et Express Monarch que Longines fabriquait spécifiquement pour le marché Nord Américain.  

Sujets historiques généraux  Jacot_10

Sujets historiques généraux  Jacot_11

Sujets historiques généraux  Jacot_12

Montre d'Emile Jacot - Québec - Calibre Leader Express Longines 17 rubis 20 lignes.


Certains fabricants se tournèrent, comme ce fut le cas pour Alfred Charles Routier, vers des ateliers anglais avant de devenir revendeurs de montres Omega, Movado, Vacheron & Constantin ou Patek Philippe. Routier parvint à devenir l'un des horlogers les plus fournis en pièces de haute qualité.  Les Américains avant 1850 ne savaient pas réellement faire de bonnes montres en grande série et lorsqu'à partir de la seconde moitié du 19ème siècle, ils devinrent plus efficaces, le marché canadien fut exploré par les plus grandes marques américaines comme Elgin, Waltham ou Hamilton. Les grandes maisons suisses nouèrent alors des accords avec des distributeurs locaux auxquels elles livrèrent des mouvements à emboîter. Les assembleurs américains se fournirent de la fin du 19ème siècle jusqu'aux années 1930 auprès de fournisseurs de calibres suisses. Bulova, Gruen, Benrus et même Elgin sont parfois équipés de mouvements suisses. Omega étendit sa zone de diffusion ainsi sur tout le Canada. Millan, à Vancouver, livrait les compagnies de chemins de fer avec des montres équipées de calibres Omega.  


Sujets historiques généraux  Omega_22
Montre équipée d'un calibre Omega vendue par Millan à Vancouver.

Le Canada après les années 30 affiche de moins en moins les noms des horlogers sur les cadrans mais essentiellement ceux des marques et normalise ainsi la distribution. L'expérience horlogère des Suisses avec le Canada n'est pour autant pas terminée puisque des grandes marques suisses dont Longines, Omega et Zenith livrent jusqu'à la fin des années 50 des mouvements pour la fabrication de montres pour les compagnies de chemins de fer canadiennes. La plus célèbre d'entre elles est sans doute la RR 56 de Zenith.

Sujets historiques généraux  Rr56_r10

Sujets historiques généraux  Zenith10

La RR 56 de Zenith fut livrée en 1956 et 1957


A lire : « Les Routier : une dynastie d’horlogers de Québec » http://www.erudit.org/culture/cd1035538/cd1044716/7668ac.pdf

https://sites.google.com/site/zenithistoric/

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MessageSujet: La précision des montres vintages   Sujets historiques généraux  EmptyMar 25 Avr - 5:07

La précision des montres vintages



A la fin des années 40, Claude Attinger, physicien au Laboratoire Suisse de Recherches Horlogères s'intéressa à l'influence des causes extérieures sur la marche des montres.
Son étude pour être complète quant à la précision doit être complétée par celle de Paul Ducommun chimiste dans ce même laboratoire.
Leurs études ont considérablement influencé les bureaux d'études des fabriquants jusqu'au début des années 70.
Attinger énumère 3 causes essentielles au fonctionnement de la montre :

-La température

-Le champ magnétique

-La pression barométrique.


La température.


L'auteur après avoir rappelé le principe de dilatation des métaux en cas d'élévation de la température relève rien qu'en jouant sur la température, un couple spiral acier /balancier laiton retarde de 0,5 sec pour un degré d'élévation de la température tandis qu'avec un spiral et balancier acier, elle avance dans la même proportion et dans les mêmes conditions.
Si l'on augmente la température, c'est le spiral qui devient plus sensible...
On passe à 11 secondes de retard par jour pour un degré pour un balancier laiton avec spiral d'acier.
Une montre réglée parfaitement à 20 degrés perd 2 minutes par jours à 31 degrés.
L'hiver la température de la montre peut descendre considérablement lorsqu'elle est posée et pour une amplitude totale de 40° la différence de marche entre les 2 extrêmes est de 7 minutes.
Ce constat a fait naître le spiral compensé (des effets de la température). La compensation joue sur le spiral et sur le balancier.

La compensation porte sur le matériau du spiral (alliage thermoélastique) et sur celle du balancier "bimétallique" ou le laiton moins dilatable entoure la serge (anneau) en acier.

Les alliages au nickel pour spiraux à faible coefficient thermoplastique reçurent les doux noms d'Elinvar (pour élasticité invariable) métélinvar et Nivarox . Les spiraux Elinvar furent les premiers et hélas moins bons que leurs cadets. Les alliages sont à base de fer et de nickel mais il y a aussi du carbone, manganèse, chrome, tungstène ou molybdène pour le Nivarox.

Les coefficients thermiques dès les années 45, c'est à dire l'écart de marche par jour et par degré dans les limites courantes de température est inférieur à 0,5 seconde.

Ces normes ont depuis été réduites.

L'autre intérêt est celui que je traiterai prochainement à savoir la faible sensibilité de ces alliages aux champs magnétiques.
L'apport de la technologie depuis les années 40/50 est l'aptitude à doser l'alliage et donc à favoriser une plus grande précision. Sans avoir atteint la précision ultime, il se pourrait que ces jours-ci des matériaux de synthèse venus de chez SEIKO révolutionnent un peu ce domaine.


On mesure dans ces conditions à quel point la maîtrise de l'alliage du balancier est essentielle et Nivarox s'est en ce domaine taillé une part essentielle.
Nos montres sont bien sûr grâce à ces équipements notamment moins sensibles que celles des années 30/40 aux conditions de température et il faut des chaleurs extrêmes pour mesurer des écarts sensibles et significatifs. Les plus observateurs ont pu lors de la canicule 2003 constater des écarts de quelques secondes plus importants dans la précision de leurs montres.  

Pour nos vintages, c'est évidemment une autre paire de manches et pour les goussets du début du siècle c'est encore plus problématique.
Un gousset de 1900/1910 qui un siècle après sa fabrication, une fois révisé, tourne à 2 ou 3 secondes par jour démontre une aptitude exceptionnelle de ses créateurs qui n'avaient ni les alliages ni les moyens technologiques pour jouer sur des qualités d'alliages pas encore inventés.
OMEGA, ULYSSE NARDIN, LONGINES, LEMANIA, ZENITH et une poignée d'autres tenaient le haut du pavé et se livraient à tous les concours des observatoires des compétions dont on mesure mieux la difficulté, replongés dans les moyens de l'époque... 



L’influence du champ magnétique.



Le champ magnétique agit sur toutes les pièces de la montre. L’effet principal est constatable sur les organes d’échappement et surtout sur le système régulateur balancier/spiral.

L’effet sur les arbres, pignons et aiguilles est décelable et globalement il peut être considérable.

Si le balancier possède deux bras en acier (pour un bimétallique), ces bras comme pour une boussole auront tendance à s’orienter dans le champ magnétique (chacun a déjà fait le test avec une aiguille sur de l’eau).

Le champ agit en produisant un couple qui se surajoute au couple élastique du spiral ce qui entraîne une diminution de période (perte d’amplitude) et bien sur fait avancer la montre anormalement.


L’influence du champ magnétique a essentiellement trois effets :


-Une influence temporaire

-Un effet résiduel

-Et l’arrêt de la montre.



Claude Attinger explique que l’influence temporaire, c’est l’effet temporaire de l’exposition de la montre au champ magnétique.

Par exemple, une montre qui exposée en permanence prendrait 2 minutes par jour, n’avancerait que 1,2 seconde pour 15 minutes.

La conséquence est alors quasi négligeable.


L’effet résiduel, c’est ce qui se passe après l’exposition au champ magnétique. Ici les pièces restent en quelque sorte aimantées et interagissent entre elles comme autant d’aimants .L’effet est permanent certes moins dévastateur que l’influence temporaire mais plus durable.

Si l’effet résiduel est de 2 minutes par jour, cet écart vient s’ajouter à l’écart de marche habituellement enregistré et ce, chaque jour.


Le troisième effet est l’arrêt de la montre en raison d’un champ trop élevé.


Les équipements de nos environnements n’ont cessé de créer des champs magnétiques nouveaux. Hauts parleurs, écrans…il suffit souvent de quelques centimètres pour réduire voire annuler l’effet de ces champs.

Il reste le champ magnétique terrestre auquel on n’échappe pas. L’effet est important car une montre préalablement exposée et « magnétisée » sera d’autant plus sensible au champ magnétique terrestre.


Des écarts allant jusqu’à 1 seconde/jour ont été mesurés.


L’expérience suivante a été enregistrée en 1948 :


Montre réglée à + 17 sec /jour :


Exposition à 50 gauss parallèlement au cadran pendant quelques secondes puis sortie du champ.


Mesures :


Remontoir au nord + 120 secondes

Ouest + 80 secondes

Sud + 125 secondes

Est + 180 secondes


La montre est passée dans un appareil de démagnétisation et revient à 16 secondes/jour.


Pour parer aux effets du magnétisme, la recherche s’est orientée dans des systèmes balancier/spiraux en alliages non magnétiques.

Des essais furent tentés sur des balanciers en laiton et des spiraux en bronze ce qui au plan thermique fut catastrophique fut en revanche excellent du point de vue magnétique.



Les balanciers en maillechort ou en bronze au béryllium furent préférés des les années 40 avec des spiraux auto compensateurs, Nivarox ou métélinvar.


L’étude de Claude Attinger démontre que la difficulté fut de fabriquer des alliages auto compensateurs et totalement antimagnétiques car ce qui était gagné d’un côté était perdu de l’autre vu que plus un spiral est amagnétique moins il compense les effets de la température.


L’écart lié à la température étant potentiellement plus lourd à gérer que celui résultant du magnétisme, c’est par des solutions « extérieures » aux mouvements que les recherches des années 50 se sont portées.



Des écrans en fer doux, en « mu-métal » (alliage de fer, nickel, cuivre et chrome) en « permalloy » ( alliage de fer, nickel manganèse et molybdène).


En outre, les échappements ont été fabriqués en alliages non magnétiques comme comme les aiguilles etc…les matériaux employés posaient pour ces vintages des problèmes de fabrication notamment pour les bronzes au Béryllium.




L’influence de la pression barométrique.



Les recherches menées par le Laboratoire Suisse de Recherche Horlogère (LSRH) démontrent une influence plutôt assez faible de la pression barométrique notamment sur les montres de bonne qualité et en particulier des modèles certifiés chronomètres.

Le balancier dans son mouvement oscillatoire entraîne une certaine masse d’air et l’inertie de cette masse gazeuse est potentiellement susceptible d’augmenter l’inertie du balancier.
Les facteurs en cause sont donc la dimension du balancier, la densité et la viscosité de l’air.
Celle-ci est largement indépendante de la pression .

Les effets mesurés, explique Claude Attinger, sont un retard croissant avec la pression. L’air entourant le balancier freine son mouvement et donc diminue l’amplitude. Il résulte un effet secondaire sur la marche si la montre présente un défaut d’isochronisme (c’est-à-dire la marche variant avec l’amplitude).

L’effet global est extrêmement complexe.  

Des mesures prises ont montré sur des chronomètres de poche des écarts de marche de 0,01 à 0,02 sec par jour pour une différence de pression de 1mm de mercure.

Une montre réglée au Locle à 920 mètres par une pression de 680 mm accusait à l’observatoire de Neufchâtel, altitude 480 mètres et pression de 718 mm, un retard d’environ 0,6 seconde.
La même pièce transportée en bord de mer donc à 0 mètre d’altitude avec une pression de 760 mm retarde dans ces conditions de 1,2 sec par jour.

On mesure dès lors la difficulté des régleurs avant d’envoyer une montre à l’observatoire notamment pour concourir ou pour régler les chronos de marine.  

En avion, à 5500 mètres d’altitude, pression 380 mm la montre avancera de 5 à 6 secondes par 24 heures.

La marche de la montre croit d’une façon non linéaire avec la pression. Cette influence diminue notablement avec l’augmentation du diamètre du balancier et des aspérités sur le balancier telles les vis de réglage de la compensation qui ne semblent pas jouer un rôle prépondérant.

Il faut encore pour être complet considérer le facteur de température puisqu’une augmentation de la température agit sur la densité de l’air en la diminuant. Mais elle en augmente corrélativement la viscosité.

Les expériences faites par le LSRH démontrent une compensation sensible des 2 phénomènes.

La montre dans toutes ces conditions demeure malgré des traitements parfois difficiles un outil d’une fiabilité exemplaire. Une seconde par jour d’écart c’est 1 mm pour 100 mètres.
En cela la montre est admirable et l’horlogerie passionnante.  

Comprendre ces efforts de plusieurs siècles pour arriver à de tels résultats force le respect à l’égard des régleurs de précisions et des horlogers anonymes ou non qui contribuèrent à cette science de la précision.

Ecrit avec les travaux du LSRH, ceux de Charles Rosat et l’amitié des passionnés qui l’initient chaque jour un peu plus.

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MessageSujet: Les poinçons des marques de calibres   Sujets historiques généraux  EmptyMar 25 Avr - 5:10

Un petit lien d'abord ...

http://monsite.wanadoo.fr/wristwatchesvintages/page1.html

Et des images ensuite (les mêmes que sur mon site)


Sujets historiques généraux  MarquesA

Sujets historiques généraux  MarquesB


Sujets historiques généraux  MarquesC

Sujets historiques généraux  MarquesD

Sujets historiques généraux  MarquesE

Bonne chance pour vos recherches

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MessageSujet: Le cahier des charges établi par l'armée pour la type 21   Sujets historiques généraux  EmptyMar 25 Avr - 5:12

Le cahier des charges de la type 21 (1956)



Sujets historiques généraux  Type211quater

Sujets historiques généraux  Type212copie

Sujets historiques généraux  Type213copie

Sujets historiques généraux  Type214bis

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Sujets historiques généraux  Type217copie

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