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 Histoires

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ZEN
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MessageSujet: Histoires    Lun 24 Avr 2017 - 14:06

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MessageSujet: Ne jamais l'ouvrir avec un couteau - Histoire   Lun 24 Avr 2017 - 14:07

Il avait un peu plus de 10 ans en 1921 quelque part près de Lille. ... Jacques rêvait d'une montre qui se ferme des deux côtés. Quand il vit la montre de poche de son grand-père, il tenta d'expliquer ce qu'il voulait mais personne ne comprit. "Je veux la même mais avec un couvercle en argent des deux cotés". Le grand père lui répondit au moment de passer à table qu'il ne verrait pas l'heure si elle était fermée. Cela fit rire tout le monde mais Jacques resta ancré sur son idée. Pendant tout le repas de ce dimanche ennuyeux à souhait, il resta taciturne puis au moment du dessert, son oncle Jules lui demanda ce qu'il voulait pour sa communion. "Une montre qui se ferme des deux cotés" . La mère de Jacques horripilée par cette exigence sans cesse répétée posa la main sur l'épaule de Jacques et lui demanda de se raisonner. Une telle montre vaut cher et n'est pas une montre de jeune homme. Elle lui expliqua qu'il garderait cette montre toute sa vie et qu'elle devait donc être pratique.
Le visage expressif de Jacques exprima son désarroi. Les larmes lui vinrent aux yeux. Il fit un effort immense pour ne pas éclater en sanglots. Plus personne déjà ne faisait attention au gamin. La fin du repas était toujours insupportable avec cette fumée que les cigares et les pipes des hommes répandaient dans la salle à manger. L'odeur mêlée du gigot, du chocolat de la mousse encore sur la table ainsi que de la fumée donnait à la pièce cette dimension dérisoire d'un lieu ultimement inconfortable.
La discussion porta sur l'école et sur Jules Ferry. Les uns trouvaient inadmissible de lui donner le nom de l'ancienne place du nord. "Pourquoi changer le nom de cette place ?". Entre les pour et les contre, la famille semblait divisée comme s'il fallait ne pas être du même avis pour trouver sa place au sein du clan familial. Personne ne tomba d'accord avec l'autre. Tout cela pour une place qui un siècle plus tard servirait à des clochards pour venir y vomir leur bière. Que d'hommes illustres sont devenus des avenues ou des boulevards sans qu'on ne sache plus à quel point les noms qu'ils portent furent importants dans notre histoire.  
Jacques était désespéré. Son oncle vint lui dire au revoir, son visage s'illumina quand prenant sa pipe dans la main, il lui posa la question fatidique " Une savonnette, hein ? Tu veux une savonnette ?..." C'était donc cela ce nom qu'il ne retrouvait pas et que son oncle connaissait. Il l'aurait, il la posséderait cette savonnette ... Et si seulement cela pouvait être une Longines !


 

"Tu vois Jacques, les traits noirs c'est du niel. C'est soudé avec l'argent. Passe tes doigts sur la boite. Tu sens c'est presque chaud ... Le niel c'est une sorte d'émail. " Jacques était ému... Un dimanche de communion où son rêve lui est offert. "Ce n'est pas un jouet" lui dit sa mère. il faut en avoir soin. La recommandation n'était d'aucune utilité... Jacques admirait ces deux nuances, claire et foncée.


"Tu dois regarder le mouvement mais fais-le une fois pour toute car la poussière l'abimerait. Pour ouvrir le second couvercle qui donne sur le calibre, je te déconseille de prendre un couteau. Tu abimerais la boite irréversiblement"  L'oncle de Jacques lui conseilla de le lui demander. "J'ouvre toujours les montres avec mon ongle". Les boites des montres de l'oncle de Jacques restent parfaites.... Jacques entendit cette recommandation. Il se servit peu de la montre et la plaça immédiatement dans une vitrine. Quand d'autres regardaient l'heure, lui regardait sa montre.  


La montre de Jacques l'émerveillait. Longines, une marque tellement chargée d'histoire déjà en 1921, il en avait rêvé... Quand il eut 25 ans, Jacques plaça sa montre dans une belle boîte en fer au fond d'un tiroir. Tous les mois, il allait au moins une ou deux fois la regarder. Parfois mais pas systématiquement il la remontait doucement en espérant qu'elle fonctionnerait. L'idée de s'en séparer lui était insupportable. La montre ne tomba jamais en panne. Jacques devint très malade à la fin des années 60. Son coeur ne suivait plus le rythme de ses déplacements. Pendant un repas, un dimanche, Jacques s'effondra. Il venait de raconter à son petit-fils l'histoire de sa Longines. Le petit-fils se vit confier cette montre par sa grand-mère. Jamais révisée, elle fonctionne toujours et loge au fond d'une boîte en fer faite pour des cachets contre le mal de tête, une boite de 1920.
Collée dans la boite, il y a un petit mot manuscrit. "Montre offerte par l'Oncle Joe, le 6 juin 1921 à 12 heures et 17 minutes. Ne jamais l'ouvrir avec un couteau. "

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MessageSujet: Les radium girls victimes de l'industrie horlogère.    Ven 25 Aoû 2017 - 9:11

Les femmes victimes du radium horloger




Depuis le milieu de la première guerre mondiale jusqu'à la fin des années 30, le radium fut largement utilisé pour obtenir une luminescence nocturne des montres et réveils. Le radium, matière miraculeuse, disait-on, fut transformé pour entrer dans la composition de peintures servant à peindre les aiguilles et les chiffres des cadrans des montres et autres instruments garde-temps. Les armées furent de grandes consommatrices de ce type de pièces et le marché civil adopta ces montres si merveilleusement luminescentes la nuit en dehors de tout éclairage.


Dans tous les pays producteurs de pièces d'horlogerie, on fabriqua de ces pièces et en particulier aux Etats-Unis où l'U.S. Radium Corporation ne tarda pas à devenir leader sur le marché de l'extraction et de la transformation du précieux minerai et de la fabrication de cadrans pour l'industrie horlogère américaine très prospère à l'époque. Le radium recommandé pour soigner la peau et les lésions de toutes sortes ne fut guère suspecté jusqu'aux débuts des années 20 de pouvoir être dangereux. L'usine de l'U.S. Radium Corporation située dans le New Jersey ne tarda pas à employer plus de 100 personnes, essentiellement des femmes pour peindre les cadrans et les aiguilles avec de fins pinceaux qu'elles humectaient avec les lèvres. Les pinceaux en poils de chameaux devaient rester très pointus pour conserver leur efficacité et dans l'apprentissage des ouvrières, il était expliqué qu'un passage entre les lèvres permettait un pincement salutaire à la tenue des pinceaux. La confiance était si forte que celles qui travaillaient à domicile pour livrer ce type de cadrans laissaient jouer les enfants avec cette peinture, enfants qui léchaient les pinceaux pour savourer le goût à peine sucré de la peinture.


A partir du début des années 20, certains scientifiques se mirent à douter des effets du radium sur la santé humaine et très vite transformèrent leurs doutes en certitudes sans que les industriels ni les firmes horlogères ne cessent de laisser travailler des femmes à mains nues sur ces produits. Les chimistes, directeurs, contremaîtres commencèrent à se protéger avec des tabliers en plomb et à se tenir éloignés des produits. Ils avaient accès, en effet, à une documentation qui s'enrichissait en provenance des médecins et chercheurs qui se mirent à donner l'alerte sur l'utilisation de ces produits.


Dans le même temps, les médecins proches des centres industriels commencèrent à constater des maladies de peaux et des plaies anormales à la mâchoire des ouvrières qui perdaient anormalement leurs dents et saignaient des gencives. Pendant ce temps, inconscientes des dangers, d'autres ouvrières s'amusaient à peindre leurs dents pour épater leurs petits amis où à se peindre les ongles avec ces peintures avant d'aller danser. Les cas de maladies se mirent à croître si fort que les médecins demandèrent l'arrêt de ces fabrications.

Le nombre de malades connut une croissance exponentielle. Pour dissiper les accusations faites à l'industrie horlogère, celle-ci accusa les appareils servant à faire les radiographies d'être à l'origine des maux rencontrés mais les symptômes devenaient sans limites. "Les os de la mâchoire étaient comme brûlés et cédaient sans motif" raconte un médecin. Les cas d'anémie, de leucémie, de ménopause précoce, de naissance d'enfants handicapés, de stérilité, d'ongles se détachant spontanément des doigts, de perte d'une partie des joues et de la bouche devinrent alors très nombreux et incitèrent à l'arrêt dans la hâte de l'exploitation de cette industrie par peur des procès. Les cancers graves se multiplièrent et la médecine américaine complice de l'industrie n'hésita pas à détourner l'attention pour impliquer d'autres causes dans la mort des travailleurs et travailleuses qui furent même accusés d'avoir contracté la syphilis ! Dès 1924, neuf des ouvrières soignées étaient mortes, toutes étaient des jeunes femmes n’ayant pas encore atteint 30 ans. Leur seul point commun était d’avoir travaillé dans l'usine du New Jersey.



Cinq des ouvrières malades portèrent malgré tout plainte et se rendirent au tribunal en 1928. Le procès tourna court grâce à un arrangement entre les parties offrant 10 000 dollars à chaque ouvrière, une rente annuelle de quelques centaines de dollars et l’assurance que les soins médicaux seraient payés par l’U.S. Radium Corporation. Toutes furent décédées 2 ans plus tard.

Deborah Blum qui s'est intéressée à ce sujet raconte que Harrison Martland, médecin qui a mené l'enquête sur le sujet fit exhumer le corps d’une des ouvrières et en préleva des tissus qu’il réduisit en cendres avec les os. Il nettoya le tout et le plaça dans une chambre noire près d’un film photographique enveloppé dans du papier noir. Il procéda ensuite à la même préparation avec des tissus et des os pris sur un mort non contaminé afin de disposer d'un échantillon témoin.

Le docteur Martland raconte, “s’ils étaient radioactifs, les os et les cendres de tissus émettraient un rayonnement et les rayons bêta et gamma traverseraient le papier noir pour impressionner le film photographique”... Au bout de dix jours, le premier film était constellé de taches blanches et le second était resté noir.

Au delà de la preuve apportée de la radioactivité des corps, il fut établi, en approchant un compteur Geiger des tombes de ces femmes, la présence d'une source radioactive, cela en 1987 soit plus de 60 ans après leur mort.


En France, en Suisse, il n'existe que peu ou pas d'études sur le sujet. Tout juste s'est-on préoccupé de la dépollution des sites de fabrication notamment des réveils Bayard ou autres marques qui avait eu recours au radium. La France a créé une législation drastique sur la dépollution des sites. En Suisse, les choses sont plus discrètes. On ne perturbe pas une industrie qui rapporte autant. Voilà pourtant un beau sujet de thèse pour un étudiant doctorant qui accepterait de s'expatrier ensuite car il aurait peu de chance de trouver du travail dans l'industrie. Mais tout va bien au pays du chocolat, des marmottes et de la belle horlogerie bisounoursienne.      






Lecture recommandée : http://blog.slate.fr/globule-et-telescope/2011/03/29/les-irradiees-du-new-jersey/

http://www.chicagomag.com/Chicago-Magazine/The-312/September-2011/The-Radium-Girls-of-Ottawa-Illinois/

http://nypost.com/2017/03/22/skin-glowing-from-radium-ghost-girls-died-for-a-greater-cause/


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MessageSujet: Charles Wachter, héros de l'aviation oublié ...   Dim 17 Déc 2017 - 14:07


En 1909 eut lieu à Betheny à côté de Reims le premier meeting mondial d'aviation. Ce fut un immense succès avec des centaines de milliers de visiteurs que déversaient les trains en continu à Reims. Blériot y batît un record de tours de pistes et levant son chronographe vers la foule lui signifia son temps chronométré au 1/5ème de seconde.

Le succès du meeting de 1909 motiva l'organisation d'un nouveau meeting en 1910. Celui-ci attira des aviateurs du monde entier comme le premier avec en plus le sentiment que l'écho des exploits réalisés à Reims allaient toucher le monde entier. De fait la presse mondiale était représentée et tous les journaux racontaient au jour le jour ces records des aviateurs qui bravaient le danger parfois de manière inconsciente.

Le 4 juillet 1910 fut le premier jour de ce second meeting. Les chronographes étaient nombreux, instruments de précision au service de la conquête de l'air. Ils servaient à enregistrer les temps et valider les records. Omega, Zenith, Longines étaient ici et là, dans les mains des chronométreurs, des fabricants des avions et des aviateurs. Il y a ce soir du 4 juillet 1910, 50 000 personnes qui regardent voler Charles Wachter comme ils ont vu Léon Morane. Il y un peu de vent mais rien de vraiment alarmant.

A 17h 30 Wachter décolle ...  



Il a été le héros de la matinée du dimanche 3 juillet 1910 d'un vol de près de 50 Km. C'est lui qui avait donné son baptême de l'air au ministre de la guerre...




Son avion va tomber de plus de 200 mètres d'altitude sous les yeux d'un public médusé. Les chronographes s'abaissent. Le journal Le Temps raconte ...

Citation :
Reims, 4 Juillet - Pourquoi la fatalité a-t-elle voulu que cette première journée du meeting d'aviation de la Champagne, qui eut un intérêt sportif considérable, fût marquée par un accident mortel ? L'atmosphère, de mieux en mieux conquise, fait chèrement payer par des vies les audacieux qui aident à découvrir la solution du grand problème de la locomotion aérienne. Mais chaque sport n'a-t-il pas ses martyrs devant lesquels nous nous sommes tous inclinés comme nous l'avons fait devant la dépouille mortelle de ce pauvre Wachter, tué dans une chute soudaine à la fin de ce premier jour, lui qui le premier, le matin, avait osé braver la tourmente ? Ce fut d'un tragique indescriptible, le bris soudain de ce grand monoplan que plus de 50,000 personnes suivaient des yeux, alors que très haut, dans la nue, il semblait glisser si sûrement dans l'air.

Il était environ six heures du soir; la journée touchait à sa fin et un public plus nombreux que l'an dernier, malgré le mauvais temps, s'enthousiasmait aux prouesses de nos aviateurs, aux révélations des jeunes, des inconnus pour ainsi dire, qui débutaient au-dessus de cette terre de Champagne. Latham nous avait encore une fois conquis par sa grâce ; mais il avait été dépassé en altitude par un nouveau venu, Morane, qui sur son minuscule monoplan, s'était élevé à 832 mètres pour revenir atterrir en un vol plané d'une audace rare. A son tour, vers les cinq heures et demie, Wachter était parti, ayant lui aussi annoncé qu'il concourait pour le prix de la Hauteur.

Il avait parcouru plusieurs tours de l'aérodrome et il était certainement à plus de 100 mètres d'altitude, se découpant nettement sur le ciel, tout a l'extrémité de l'aérodrome, exactement en face des tribunes, lorsque tout à coup on vit une aile du monoplan se relever brusquement comme brisée, puis la chute soudaine du fuselage et du moteur, la seconde aile rejoignant la première. A la lorgnette, on put apercevoir distinctement le malheureux pilote ainsi précipité qui se levait comme pour s'accrocher; mais ce fut l'espace de quelques secondes, car l'appareil et son pilote s'abîmaient sur le sol.

Ce fut une angoisse profonde dans la foule, d'autant plus grande que la plupart des spectateurs ignoraient le nom du pilote, croyant les uns que c'était Latham, les autres René Labouchère, qui tous deux pilotent des monoplans semblables. Mais les services d'ambulance s'étaient portés sur le lieu de l'accident. On retrouva le corps du malheureux aviateur à deux mètres des débris de son appareil entièrement brisé. Wachter avait été tué sur le coup. Le corps fut alors ramené par la voiture d'ambulance au poste du service médical, puis transporté à Reims chez M. Krug.

Wachter, qui vient de disparaître si tragiquement, était le beau-frère de M. Levavasseur, l'ingénieur bien connu, constructeur des monoplans Antoinette. Il pilotait naturellement un de ces aéroplanes, et depuis un an environ, s'occupait d'aviation. Auparavant, avec M. Levavasseur, il s'était intéressé aux canots automobiles et il prit part à plusieurs épreuves du meeting de Monaco. Marié et père d'un jeune enfant, Wachter était venu avec sa femme à Reims pour concourir. Il s'était, dès le début de la journée, on l'a vu, affirmé pilote de premier ordre.

Mme Wachter se trouvait dans l'enceinte des hangars quand l'accident survint. On réussit à lui cacher pendant quelque temps la triste nouvelle et des amis la conduisirent à Reims, lui ayant seulement annoncé que son mari avait fait une chute assez grave et qu'il était transporté à l'hôpital. Ce n'est que plus tard dans la soirée qu'on lui annonça la fatale nouvelle.

On se perd en conjectures sur les causes de l'accident. Certaines personnes, qui se trouvaient à proximité de l'endroit où le monoplan est tombé, prétendent avoir entendu une explosion; d'autres nient ce fait, mais la majorité de ceux qui ont bien vu sont d'accord sur ce point que l'on a vu retomber à terre, après la chute du moteur et du corps, des lambeaux de toile et des éclats de bois. Une enquête est du reste ouverte à ce sujet.

L'intérêt de cette première journée, quant aux résultats obtenus, quant aux progrès constatés, a été malgré ce malheureux accident et malgré le mauvais temps, particulièrement considérable. Les aviateurs sont sortis malgré le vent, évoluant ensemble, plus nombreux que jamais, car à un moment ils furent douze à quinze ensemble sur cette piste de 5 kilomètres, se dépassant en vitesse et en hauteur. On a constaté un progrès très réel dans les qualités de sustentation des appareils, qui sont de bien meilleurs planeurs. Weymann sur son biplan et Morano sur son monoplan nous en ont donné la preuve, avec leurs émotionnantes descentes en vol plané, le moteur presque arrêté.

Voici maintenant le résumé des résultats de la journée pour les différentes épreuves : Prix quotidien de la Hauteur : 1er Morane, 832 mètres mètres; 2e Latham, 506 mètres; non classé Leblanc, 92 mètres. Prix quotidien de la Distance en un vol : 1er Tétard, 87 kilom. 125 mèt. ; 2e Olieslagers, 84 kilom. ; 3e René Thomas, 73 kilom. 250 mèt. Prix de la Totalisation des distances : 1er Charles Wachter, 142 kilom. 625 mèt ; 2e Weymann, 139 kilom. 750 mèt.; 3e Olieslagers, 103 kilom.; 4e Lindpaintner, 99 kilom. 250 mèt. ; 5e Effimof, 90 kilom. 500 mèt.

Demain mardi se disputeront deux très importantes épreuves. D'abord les éliminatoires français de la coupe d'aviation Gordon-Bennett qui doit se courir aux Etats-Unis en octobre prochain. Cette épreuve réunit trois aviateurs de chaque pays. On sait que l'an dernier à Reims, elle fut gagnée par l'américain Curtiss. Demain, à Reims, quarante pilotes français sont inscrits afin de savoir quels seront les trois vainqueurs qui iront représenter les couleurs françaises de l'autre côté de l'Atlantique. Les conditions de cette épreuve sont assez difficiles. Il s'agit de couvrir dans le meilleur temps la distance de cent kilomètres ; mais on n'a le droit de prendre qu'un seul départ.

Pour la première fois demain, on disputera aussi une véritable course d'aéroplanes avec séries, demi-finales et finales. Cette course se dispute par séries de trois appareils, qui courent entre eux d'abord, à une heure fixée d'avance. Il sera intéressant de voir les résultats d'une épreuve de ce genre. Très certainement ce double évent sportif attirera sur l'aérodrome de Bétheny des foules aussi nombreuses que celles que nous y avons vues hier.

Le Temps – 5 juillet 1910


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MessageSujet: Une page d'histoire colorée... En 1909, un record chronométré au 5ème de sec    Dim 17 Déc 2017 - 14:11

Une page d'histoire colorée... En 1909, un record chronométré au 5ème de seconde






Ce mardi 24 août 1909 est un jour classique de fin d'été. Il fait frais sur la Marne et après quelques averses de pluie, des rafales de vent rendent le climat particulièrement désagréable. A Betheny, juste à côté de Reims, le terrain faisant office d'aérodrome est le lieu d'un grand meeting international d'aviation comme la région en organise de plus en plus. Les plus grands aviateurs, notamment Blériot, Sommer, Curtiss, Paulhan, Latham, Gobron se sont donnés rendez-vous montrer leur savoir faire et celui des constructeurs d'avions dont l'industrie va connaître très rapidement un essor considérable.

Le temps de la matinée est épouvantable et monsieur le préfet est prévenu qu'il faudra sans doute annuler tout vol dans l'après-midi. Cette situation est d'autant plus embarrassante que l'on attend pour l'après-midi, le Président de la république Fallières et son épouse sur l'aéroport de Betheny. " On ne peut pas faire ça, il faut trouver une solution !" Le préfet qui accompagnera le cortège composé de ministres et des élus locaux, n'imagine pas que les démonstrations puissent être annulées à cause de la météo.



Le président est attendu pour 15 heures et le vent ne faiblit pas loin s'en faut. Les rafales se font plus rapprochées et interdisent tout décollage. Le président Fallières arrive entouré de sa femme et de ministres et élus locaux vers 15 heures trente. Les rafales de vent sont toujours perceptibles et le président est convié à rencontrer les aviateurs. Plus de 100 000 personnes ont fait le déplacement pour assister à l'évènement .

Certains aviateurs vont malgré tout braver les éléments et tenter une sortie dans les airs pour donner du spectacle. Le président repart satisfait et ne se doute probablement pas que l'aviation va connaitre un essor sans précédent avec l'avènement 5 ans plus tard de la première guerre mondiale.






A Betheny, le vent se calme. Blériot s'impatiente. On le dit même bouillant pour tenter de battre un nouveau record. Ce sera cette fois celui du tour de piste sur 10 kilomètres. Ses amis sont là, chronographe en main. " Soyez précis dans vos chronométrages !" leur crie Blériot avant de décoller. Il bat effectivement un record ... "Combien ? Combien ?  Demande-t-il à son arrivée ... "  "Huit minutes, quatre secondes et 2 cinquièmes de seconde... Souriant, décontracté, Blériot léve la main. Il a réussi ! Le chrono Zenith l'a mesuré au cinquième de seconde ce qui est le maximum pour des chronographes évoluant à 18 000 alternances. "Montrez-moi " crie Blériot à son acolyte qui tient dans la main tremblante d'émotion, le chronographe dont les aiguilles marquent encore le temps mesuré.  Blériot prend la montre dans la main et la lève vers le public comme pour faire reconnaître son record.

Un jour de mauvais temps, un pilote hors norme, un chrono en argent et un record ...


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MessageSujet: Leurre du quotidien ... En passant par le chemin des Dames - Séquence émotion   Dim 17 Déc 2017 - 14:12

Le Chemin des Dames est célèbre dans l'histoire de la première guerre mondiale. C'est la seconde bataille de l'Aisne, celle de l'offensive du général Nivelle qui débute le 16 avril 1917 à 6 heures du matin. L'objectif est de rompre le front allemand qui s'étend de Soissons à Reims et jusqu'au sud de Laon.

« L'heure est venue, confiance, courage et vive la France ! » C'est le slogan de Nivelle.

Le Chemin des Dames est un plateau calcaire comme il y a en beaucoup dans la région. Il est situé entre la vallée de l'Aisne, au sud, et la vallée de l'Ailette, au nord. Ce plateau est un magnifique observatoire vers le nord et la plaine située à l'est entre Reims et Laon et au sud vers Soissons. Les Allemands s'y sont installés dès le début de la guerre. Ils sont arrivés par les Ardennes en septembre 1914. Ils ont bâti ici une forteresse basée sur des carrières souterraines (Caverne du dragon) et en creusant des souterrains qui relient l'arrière aux premières lignes en quasi toute sécurité. Les mitrailleuses sont cachées partout dans des buissons en forme de nid et sont autant de pièges à tuer.  

Avant 1917, et à l'exception de 1915, ce secteur est resté calme. Reims où a eu lieu en 1909 le premier meeting mondial d'aviation a déjà été bombardé abondamment et son aéroport est noyé par les bombes. La ville sera détruite à 85% ... Quelle idée aussi de résister !

Dans les tranchées du Chemin des Dames, à côté de Corbeny, le sergent Victor Pinchon, un gars de la Meuse grave tout ce qu'il peut avec une pointe d'acier sans doute échappée du sabot d'un cheval. Pinchon écrit à sa femme "... Je n'aime pas ce que nous faisons et les Allemands n'aiment pas ce qu'ils font. Les jours sont longs mais quand ils sont courts c'est que la plupart d'entre nous n'est plus là. Sur ma montre, les heures comptent double mais je me demande si les aiguilles ne devraient pas tourner à l'envers. La mort est partout autour de nous..."  

Dans le couvercle de sa montre Pinchon a gravé le prénom de sa femme : Marie et celui de leur fille: Justine.

Pinchon n'est pas revenu du Chemin des Dames comme tant d'autres, son corps a été enterré sur place. On ne sait même pas comment il est mort. Enseveli dans une tranchée, blessé par un éclat d'obus, une balle ? Non, il est impossible de savoir. Sa montre et ses effets personnels, trois fois rien, ont été rendus à sa femme. Leur fille de 2 ans n'a pas gardé le souvenir de son père. Elle l'a réclamé plusieurs mois puis l'a oublié.

La montre, une alliance, un portefeuille et une bourse en cuir sont restés dans une boite dix ans sans que la veuve de Victor ne l'ouvre. Puis sous la pression de sa fille, un jour, elle a ouvert la boite. Ce jour là, c'était l'anniversaire de la gamine. Le frère de Victor était présent avec sa femme. Il a ouvert la montre et ils ont découvert la gravure des deux prénoms à l'intérieur. De quoi faire pleurer la petite. Puis, il a voulu ouvrir le cache poussière. A l'intérieur, il y avait une autre gravure " Mourir ou vivre 1917 ? "

Dans la Meuse, on a pleuré ce jour d'anniversaire de 1927. En faisant des recherches auprès des armées, le frère de Victor a appris que la quasi totalité du bataillon avait été décimée ce jour d'avril 1917. Un capitaine avait marqué dans un carnet qu'il devait conduire ses troupes au nez des Allemands. Il n'est pas revenu non plus.

La guerre de 14 a fait beaucoup de morts et beaucoup d'orphelins. Beaucoup d'enfants frustrés de la présence d'un père et qui furent élevés "à la dure" par un beau-père ou une mère seule. Cela donna une génération qui elle même connut la seconde guerre avec ses atrocités, ses abandons, ses enfants apeurés eux aussi frustrés de la présence d'un parent. Les enfants de ces gens sont nés dans les années 50 dans une société pas encore remise de ses guerres et de ses maux. On avait toujours peur de manquer de quelque chose.

Les montres sont passées depuis 1914 de la poche au poignet, et de modèles à remontage manuel on est passé au remontage automatique puis au quartz. Il aura fallu une génération encore pour revenir à la montre comme un "petit luxe" puis maintenant comme un grand luxe. Techniquement, la montre classique ne change plus. Elle remonte automatiquement et n'offre rien de plus que dans les années 60. Elle n'est même plus nécessaire car les modes de vie ont introduit des objets universels que sont les téléphones.

Victor Pinchon avec un smartphone aurait envoyé des SMS et rien laissé derrière lui. Nos enfants ne pleureront pas sur nos montres et certainement pas davantage sur nos smartphones. Nous ne laisserons rien derrière nous. La société de consommation nous fait consommer des montres comme des consommables, des consommables à plusieurs milliers d'euros mais des consommables quand même.

En 100 ans, les objets de notre quotidien n'ont plus rien de commun avec ceux de nos ancêtres. La guerre ne se fait plus sur le Chemin des Dames qui n'a jamais retrouvé son aspect d'avant, ni dans des tranchées. L'Afrique, l'Ukraine en sont le terrain, loin de nous à moins de 3 ou 4 heures d'avion "mais cela ne nous concerne pas car ce sont des professionnels qui y vont". Un mort sur place fait la une des journaux quand 20 millions passaient presque inaperçus.

Les montres ne nous raccrochent qu'à une forme d'existence sociale, elles nous rassurent mais ne témoignent plus de nos vies. Finies les montres gravées à nos noms, les messages subliminaux... Les seuls messages acceptés sont Comex ou US air Force, mais ce qui n'est pas une plus-value n'a plus d'existence. En 100 ans, les montres les plus "émotionnelles" sont sans doute celles de ces soldats qui y ont placé un lien avec leurs familles et leurs vies.


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MessageSujet: Henri Farman pionnier de l'aviation au 5ème de seconde Omega    Dim 17 Déc 2017 - 14:15

1907...


Le 26 octobre 1907: Henri Farman remporte la Coupe Archdeacon. Cette coupe récompense les records signés ce jour d'octobre à bord d'un avion de marque « Voisin ». Farman a parcouru 770 mètres à la vitesse de 52,700 km/h sur une durée de 52 secondes et trois cinquièmes de seconde.
Pour mesurer son exploit un chronographe identique à cet Omega doté d'un cadran indexant les cinquièmes de secondes... Une pièce en argent avec un calibre 19"' Chro. Farman exige qu'on chronomètre ses performances au plus juste. La seconde ne suffit déjà plus et le mieux que puissent faire les chronographes de poche qui évoluent à 18 000 alternances par heure est le cinquième de seconde.


Chronographe Omega niellé de 1907 - Calibre 19"' Chro



Les journaux reproduisent avec précision ses "temps" parce que cette précision est la marque de la rigueur des reportages enflammés que les journalistes ébahis font sur les exploits des aviateurs.    

Le 9 novembre à bord du même avion, Henri Farman réussit le premier vol de plus d'une minute jamais enregistré en Europe. Il parvient à voler pendant 1 minute et 14 secondes et réussit le premier virage en vol homologué.

Farman est un casse cou. Né le 26 mai 1874, il se passionne d'abord pour le cyclisme et sera notamment en 1892, 1er de la course Paris - Clermont-Ferrand. Il passe ensuite à la course automobile et remporte plusieurs courses dont Paris-Roubaix. Il court sur des Panhart Levassor. Un accident est à deux doigts de lui coûter la vie en 1905. Qu'à cela ne tienne, il passe à l'aviation ...

Il réussit en mars 1908, un vol de plus de 2 kilomètres. L'aviation évolue à la vitesse grand V et Framan réussit des vols de ville à ville ralliant Chalons sur Marne à Bouy où les champagnes Pommery lui prêtent un pré pour atterrir. Blériot traverse la Manche le 25 juillet 1909, il est équipé d'une Zenith. Farman s'illustre lors de la Grande Semaine d’Aviation de la Champagne à Reims. Il fait sur l'aire d'aviation de Betheny des démonstrations de la maîtrise de ses vols qui passionnent les foules.



Henry Farman sera un pionnier de l'aviation moderne et créera non seulement une compagnie de fabrication d'avion mais aussi en 1924 une compagnie de transport aérien qui sera fusionnée en 1933 avec une compagnie moderne : Air France

Droits réservés - Forumamontres - Juillet 2013 - Joël Duval

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MessageSujet: L'histoire d'une Kelton qui a trahi son maître....   Sam 27 Jan 2018 - 14:13

Nous sommes au début des années 1970, en 1974 pour être précis quelque part en France à une centaine de kilomètres au nord-est de Paris. Madame Mathias est professeur de français dans ce que l'on appelle encore un Lycée mais à cette époque, ce lycée accueille les élèves de la 6ème à la terminale. Cette professeur a réussi avec une collègue à préparer un voyage en Italie où les élèves iront visiter les centres historiques de Rome et assister aux fêtes de Ferrare.

La cagnotte est imprudemment gardée dans une armoire au fond de la classe que madame Mathis ne quitte pas de la journée. Chaque jour à l'interclasse entre 17 heures et 18 heures, elle va chercher au distributeur de boissons chaudes situé près du gymnase à l'autre bout du lycée, un gobelet de thé chaud qu'elle boit ensuite dans sa classe. On est à la fin du mois de novembre 1974 et il fait déjà noir. Un lampadaire donne une faible lumière à l'extérieur de la classe que madame Mathias ne ferme jamais à clé et pour cause, la porte n'a plus de serrure digne de ce nom mais une sorte de targette en mauvais état posée en attendant mieux. Celle-ci s'ouvre sans clé car personne ne retrouve les clés du cadenas qui y est accroché.

Ce soir de novembre, le distributeur de boissons est en panne à cause d'élève qui n'ont rien trouvé de plus amusant que de bloquer l'accès des pièces avec des chewing-gum. Madame Mathis, revient donc beaucoup plus vite vers sa salle de classe. Elle est d'abord étonnée de voir que les lumières de la salle sont éteintes alors qu'elle les avait laissées allumées. Mais peut-être, se dit-elle "les ai-je éteintes sans y prêter attention. Elle n'est plus qu'à quelques mètres de la salle quand elle entend un gamin siffler très fort comme on peut le faire en glissant ses doigts dans la bouche. A ce moment, un autre gamin sort de la salle de classe avec une cagoule sur la tête. Il porte un pantalon sombre et un sous pull noir ou bleu marine. Il fait trop sombre pour être affirmative sur la couleur.

Il tient à la main un sac en papier et court à toutes jambes. En entrant dans la classe, madame Mathias constate que la porte de l'armoire a été forcée et que la tirelire est vide. Il y avait dans celle-ci plus de 1500 francs soit le fruit d'une vente de dessins et d'un calendrier mais le proviseur fait remarquer que tout cela n'était pas conforme et qu'il sera impossible de porter plainte car aucune régie ne permettait de collecter cet argent. Madame Mathias et sa collègue sont effondrées d'apprendre que ce qu'elles ont fait était illégal et qu'en outre, l'argent est perdu.

Le proviseur propose malgré tout à madame Mathias de décrire le gamin qu'elle a vu et il annonce qu'il viendra dans chacune de ses classes faire la morale aux élèves. Une nuit passe et la professeur se remémore la scène plusieurs fois jusqu'au moment où elle se souvient avoir remarqué un détail, un tout petit détail. Le voleur avait au poignet une montre, une montre en acier comme un modèle fait pour la plongée. Une montre Kelton que l'on voit alors dans toutes les vitrines des marchands de tabac et de journaux. Elle communique ce détail au proviseur et à sa collègue qui fait en une fraction de seconde le rapprochement avec un élève de troisième, un certain Gilles Grute, un gamin assez grand qui correspond bien à la silhouette. Le proviseur a déjà eu affaire avec lui pour une bagarre dans la cour de récréation.



L'élève est immédiatement convoqué chez le proviseur. Il nie en bloc puis lorsque madame Mathias arrive, il s'enferme dans le silence. Le proviseur fait alors mine de téléphoner à la police si le gamin ne parle pas. En larmes, il avoue et ne comprend pas comment il a pu être reconnu alors qu'il a fait le coup avec son frère qui ne l'a pas dénoncé, a mis sa cagoule à l'abri des regards et l'a retirée loin de toute surveillance.

Il ne saura jamais ce qui l'a trahi mais ne recommencera jamais ce genre de chose. Il voulait avec l'argent faire un cadeau à sa mère que son mari avait abandonné avec ses deux enfants, une pauvre femme que le proviseur convoquera pour l'informer des méfaits de son fils. L'histoire en restera là, le voyage en Italie aura bien lieu malgré cette mésaventure et après récupération de l'argent. Madame Mathias jura que dorénavant l'argent collecté le serait "dans les règles" ...

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MessageSujet: L'épopée de l'horlogerie canadienne    Sam 31 Mar 2018 - 14:00

Les horlogers canadiens




L'horlogerie canadienne est loin d'être négligeable d'abord à cause du nombre important d'horlogers qui s'exilèrent vers le Canada du 17ème siècle au début du 20 ème siècle et parce que les pièces vendues sur place furent d'une très grande qualité qui motivait la présence d'excellents horlogers formés dans le berceau européen de l'horlogerie qu'étaient la Suisse, la France, l'Angleterre, l'Irlande et l'Ecosse.


Les montres canadiennes ne sont pas exclusivement des montres de chemins de fers avec au dos des élans ou des locomotives à vapeur.  L'histoire de l'horlogerie canadienne est beaucoup plus ancienne et ancrée dans l'histoire du pays. La Nouvelle France qui englobait une grande partie du Canada actuel et en particulier la région de Québec était à partir du 16ème siècle un espace qui vit émigrer plusieurs horlogers tant de Franche Comté que de Grande-Bretagne, d'Ecosse et de Suisse vers cette nouvelle terre d'accueil. Cela suffit à expliquer que le Québec en particulier fut au 19ème siècle le terrain d'une grande tradition horlogère. Les migrations massives justifiaient l'idée d'un besoin de montres et d'heure.

De fait on retrouve de grandes dynasties d'horlogers qui de génération en génération vont traverser le 19ème siècle et entamer le 20ème en perpétuant des noms de familles que l'on retrouve plus de 100 ans plus tôt sur les cadrans.

James Orkney, un horloger écossais très réputé migra ainsi et s'installa dans la Côte de la Montagne en 1785 et y tint une boutique jusqu'en 1820.  Epousant la fille de James Hanna un autre horloger émigré en provenance de Dublin, ils eurent un fils, James Godfrey Hanna qui lui-même devint un horloger très réputé qui s'installa lui aussi sur la Côte de la Montagne au Québec.





La boutique d'Alfred Charles Routier au début du 20ème siècle (Photo propriété de Jean-Marie Lebel - Historien canadien


Parmi les noms les plus significatifs, celui de Charles Routier peut être retenu comme le représentant d'une grande dynastie, celui des Ardouin de la rue Saint-Jean entre 1820 et 1860. Celui de William McMaster, originaire d'Ecosse, de 1827 à 1854. Thomas G. Cathro eut lui aussi une boutique rue Notre-Dame, à proximité de l'église Notre-Dame-des-Victoires de 1822 à 1844. William Baxter fut horloger lui aussi de 1835 à 1878 dans les rues Buade et Saint-Jean. On citera encore Jos l'Heureux et Caron à Montréal et un certain Emile Jacot rue saint Joseph, installé en 1862. Ce dernier se fournissait chez Wittnauer qui distribuait Longines.






Montre de Jos L'Heureux installé à Montreal avec un mouvement Omega "inversé"

La plupart du temps, ces horlogers achetaient en Suisse leurs mouvements de montres ou d'horloges et les emboitaient grâce à des fabrications "locales". Sur le cadran, le nom de la marque pouvait aller jusqu'à être totalement éclipsé pour être remplacé par celui de l'horloger canadien. Le Canada proche de la grande Amérique bénéficia ainsi de mouvements suisses de belle qualité tels que les Express Leader et Express Monarch que Longines fabriquait spécifiquement pour le marché Nord Américain.  







Montre d'Emile Jacot - Québec - Calibre Leader Express Longines 17 rubis 20 lignes.


Certains fabricants se tournèrent comme ce fut le cas pour Alfred Charles Routier vers des ateliers anglais avant de devenir revendeurs de montres Omega, Movado, Vacheron & Constantin ou Patek Philippe. Routier parvint à devenir l'un des horlogers les plus fournis en pièces de haute qualité.  Les Américains avant 1850 ne savaient pas réellement faire de bonnes montres en grande série et lorsqu'à partir de la seconde moitié du 19ème siècle, ils devinrent plus efficaces, le marché canadien fut exploré par les plus grandes marques américaines comme Elgin, Waltham ou Hamilton. Les grandes maisons suisses nouèrent alors des accords avec des distributeurs locaux auxquels elles livrèrent des mouvements à emboîter. Les assembleurs américains se fournirent de la fin du 19ème siècle jusqu'aux années 1930 auprès de fournisseurs de calibres suisses. Bulova, Gruen, Benrus et même Elgin sont parfois équipés de mouvements suisses. Omega étendit sa zone de diffusion ainsi sur tout le Canada. Millan à Vancouver livrait les compagnies de chemins de fer avec des montres équipées de calibres Omega.  



Montre équipée d'un calibre Omega vendue par Millan à Vancouver.

Le Canada, après les années 30, affiche de moins en moins les noms des horlogers sur les cadrans mais essentiellement ceux des marques et normalise ainsi la distribution. L'expérience horlogère des Suisses avec le Canada n'est pour autant pas terminée puisque des grandes marques suisses dont Longines, Omega et Zenith livrent jusqu'à la fin des années 50 des mouvements pour la fabrication de montres pour les compagnies de chemins de fer canadiennes. La plus célèbre d'entre elles est sans doute la RR 56 de Zenith.





La RR 56 de Zenith fut livrée en 1956 et 1957


A lire : « Les Routier : une dynastie d’horlogers de Québec » http://www.erudit.org/culture/cd1035538/cd1044716/7668ac.pdf

https://sites.google.com/site/zenithistoric/


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MessageSujet: La montre Omega d'un officier de la garde royale anglaise    Dim 13 Mai 2018 - 11:20

Tout le monde m'a oublié, oui tout le monde mais c'est presque normal. Enfin, je dis presque parce qu'après tout, on aurait aussi pu se souvenir de moi. Mais je n'ai pas été un héros, je n'ai jamais alimenté les colonnes des journaux pour des faits divers et j'ai eu une vie normale, ordinaire même. Pourtant j'étais respecté et mes camarades m'appréciaient, enfin c'est ce qu'ils disaient. Je suis né en 1848 à Manchester. Mon père était un passionné de courses de chevaux et j'ai passé la plupart du temps de mon enfance sur les terrains de courses. Je pourrais vous parler pendant des heures de ses carnets où il notait toutes les performances et la filiation des chevaux. A la maison, jamais on n'aurait mangé du cheval, alors ça, non.
A 16 ans, on m'a envoyé dans une école de Londres, un internat où il ne fallait jamais parler en dehors des heures autorisées. J'ai pris quelques coups de fouets dans cette école mais j'y ai appris à respecter les autres et surtout elle nous préparait pour la Royal Military Academy Sandhurst, l'école militaire la plus prestigieuse.
Là, vous vous dites que j'ai du être général ou colonel mais non, vous n'y êtes pas.

Je suis devenu officier au sein de la garde royale et j'étais un chef apprécié. En 1891, j'ai rencontré Emma, une jeune femme qui était gouvernante dans une famille noble de Londres proche de la cour. Elle avait 27 ans et venait nous voir tous les dimanche avec les enfants du couple pour lequel elle travaillait. En plein hiver 1891, un gamin a jeté un caillou sur un cheval et le cheval a pris peur, il s'est cabré, le garde est tombé lourdement, le cheval a donné un coup de sabot en direction du gamin qui avait lancé le caillou, Emma s'est interposée pour le protéger et elle a été projetée au sol. J'étais là. Je lui ai porté secours, elle avait une plaie au front et je l'ai rassurée, aidée à se relever et faite soigner au poste de secours militaire et puis on s'est mariés deux ans plus tard.





En 1901, j'ai quitté le régiment. On a eu un enfant Andrew mais on a décidé de quitter Londres. On est partis à Manchester. Mes camarades m'ont offert une montre, une belle montre en argent. C'était un sacrément beau cadeau. Un jour, presque 10 ans plus tard, j'ai cassé le verre en la posant à l'envers. C'est quand je suis allé la rechercher chez le bijoutier que j'ai su que c'était une Omega. Il m'a demandé ce que je revenais chercher alors je lui ai donné le ticket et il m'a dit "Ah oui, l'Omega !".
J'avais une Omega et je ne le savais même pas. J'étais devenu marchand de vins, mais attention, pas du vin ordinaire, non moi je vendais des vins fins. J'ai fait ce métier jusqu'en 1915 et c'est notre fils qui a repris l'affaire.




Je crois que j'ai oublié de vous dire mon nom. Je m'appelais Edouard Chatterton.

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