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 Howard

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ZEN
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MessageSujet: Howard    Howard  EmptyLun 24 Avr - 22:20

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MessageSujet: Document : Edward Howard, pilier de l’horlogerie américaine    Howard  EmptyLun 24 Avr - 22:21

Edward Howard, pilier de l’horlogerie américaine

Howard  Edward10

Les manufactures américaines furent depuis la seconde moitié du 19ème siècle jusqu'aux années 30 particulièrement prospères. La crise de 1929 et le succès de la montre bracelet marquèrent un coup d’arrêt à son développement très ancré dans les montres de poche.

La concurrence des manufactures suisses préservées par leur développement en Europe, marché peu prospecté par les firmes américaines en général, puis la seconde guerre mondiale vont contribuer à faire disparaître nombre de manufactures horlogères d’outre Atlantique.  

La production américaine fut immense et se chiffre par dizaines de millions de pièces et une diversification en direction de matériel pour l'aviation et l'armement. Les grandes firmes américaines disposaient de leur propre observatoire et mirent en place des normes chronométriques drastiques quand après un accident ferroviaire en 1891, dans l’Ohio, il fut décidé sur la base d’un cahier des charges sévère d’imposer aux manufactures horlogères, une qualité contrôlée de leurs montres fournies aux compagnies ferroviaires. Cette qualité supérieure profita à toute l’industrie du secteur et créa un engouement pour les « beaux » mouvements.
   

La guerre de la pierre

Outre une décoration rhodiée souvent assez « visuelle », les montres de poche américaines se singularisent pour les pièces les plus emblématiques, par un empierrement généreux, des chatons vissés à chaque pivot, des rhodiages enrichis de motifs damassés. Toutefois, les anglages sont souvent un peu plus spartiates. Sans doute, les firmes américaines très attentives au prix de revient des montres réduisaient-elles les charges de main d’œuvre. Or des anglages soignés imposaient davantage d’interventions manuelles, ce qui allait à l’encontre de la logique industrielle poursuivie.

Howard  Howard19


La plupart des manufactures implantées outre Atlantique ont une histoire chaotique pour des raisons d'expansion trop rapide ou mal appréhendée. Les Etats américains et parfois les villes américaines ont ainsi favorisé l’implantation des manufactures et usines horlogères sur des superficies immenses, parfois démesurées. Les firmes horlogères ont créé beaucoup d'emplois, généré beaucoup de profits pour des investisseurs qui n'y voyaient qu'une source de marges bénéficiaires et de dividendes, là où la caractéristique première aurait sans nul doute dû être l'anticipation du développement des marchés étrangers.  

Très prospères dans la phase de la conquête individuelle de l'heure par toutes les couches sociales (des années 1875 à 1930), les grandes maisons horlogères américaines n'ont sans doute pas su anticiper les effets de modes liés à la montre bracelet, domaine ou les industriels suisses furent plus rapides à se développer malgré une main d’œuvre géographiquement dispersée et donc moins facile à rassembler. Ainsi, à part quelques maisons qui ont péniblement résisté jusqu'à l'avènement du quartz, il ne reste quasiment rien aujourd'hui de ces grandes manufactures mis à part quelques murs, machines et catalogues... Leurs montres, par contre, ont traversé le temps et franchiront sans aucun doute le cap des siècles à venir comme des reliques ancrées dans tous les temps de la conjugaison du passé jusqu'au futur. L’une d’elles, quasiment oubliée, détenait un savoir-faire immense et forma de grands ingénieurs que l’industrie suisse finira par adopter. C’est notamment le cas de Florentine Ariosto Jones qui migra de Boston à Schaffhouse et fut l’un des fondateurs de IWC après avoir longtemps développé des mouvements pour la manufacture Edward Howard, certainement l’une des firmes qui créa parmi les plus intéressants mouvements de l’histoire de l’horlogerie industrielle américaine.  


Edward Howard
Le culte de la précision d'Edward Howard Watch C° de Boston



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Edward Howard est né en 1813. Il débute dans le métier d’horloger en suivant un apprentissage auprès de la famille Willard. Il obtient en 1840 un diplôme des Arts mécaniques et fonde avec D. P. Davis sa propre manufacture. Faute de trouver des standards de fabrication au sein d’une profession que ne s’est pas encore organisée, il développe ses propres normes de qualité. Il conserve en point de mire, la précision de ses pièces et leur fiabilité. Comme beaucoup de maisons de cette époque, il diversifie sa production et même si la micromécanique en est le dénominateur commun, ses produits vont de l’horloge murale à la machine à coudre. On lui connait même une fabrication de balances de précision. Ses fabrications horlogères remportent un certain succès et le poussent à s’orienter vers les horloges monumentales. Apparaissent ainsi dans les commerces, banques, hôtels et dans les bureaux du Congrès, des horloges Howard sur lesquelles, en bon commerçant, il a pris soin de marquer son nom et ainsi de s’assurer une publicité voyante.


Howard  Howard18




Howard est un personnage atypique dans l’histoire de l’horlogerie américaine. Perfectionniste et passionné par la précision, il a très tôt l’ambition de créer une grande compagnie horlogère capable de prendre une place de leader, sur un marché qu’il pressent comme ayant un immense potentiel de développement. Il souhaite alors se spécialiser davantage et s’intéresse à la production de montres. En 1850, Howard crée à Roxbury dans le Massachussetts une compagnie horlogère avec deux associés David Davis et Aaron Lufkin Dennison. Chacun possédait une manufacture horlogère. Ce dernier a conscience que l’interchangeabilité des pièces garantira un abaissement des coûts de fabrication tout en assurant une fiabilité accrue des mouvements. Naît ainsi « l’American system of watch manufacturing ». Le concept est dans l’horlogerie totalement nouveau et préfigure la naissance de l’industrie horlogère. En effet, Dennison établit qu’en produisant avec un niveau de précision élevé les pièces d’un mouvement, celle-ci vont devenir totalement interchangeables ce qui n’était pas le cas auparavant, sur des pièces assemblées à domicile par des ouvriers qui étaient chargés de faire au mieux, les perçages nécessaires pour fixer les ponts sur les platines. Howard s’enthousiasme à l’idée de créer une structure industrielle capable de produire en grands volumes des pièces horlogères.
En 1851, son idée évoluant, il crée, toujours à Roxbury, une nouvelle maison « l’American Horologue Compagny ». La même année Howard lance la Warren Manufactoring Compagny encore une fois à Roxbyury. Ces maisons ne sont alors pas assez structurées faute de capitaux, pour pouvoir faire naître une vraie firme spécialisée ayant un rayonnement suffisant. En outre, si Howard est un visionnaire, l’intérêt pour l’horlogerie n’est pas encore très répandu au sein du grand public et les financiers n’y voient pas le marché prospère que le secteur va représenter.


Les gènes de l’horlogerie du futur


En 1853, l’intérêt d’Edward Howard pour les montres s’aiguise et il crée à Boston, une manufacture de montres baptisée « Boston Watch Compagny. Une fois de plus, l’expérience tourne court après trois ans, mais cette fois, les ateliers ont pu produire à plus grande échelle des montres dont la qualité est dans les standards de l’époque. La firme sera démembrée après sa liquidation en 1857 pour donner naissance à l’American Watch Company of Waltham Massachussetts et la E. Howard & Company of Roxbury. Edward Howard, certain de son projet, décide de reprendre à sa charge une partie de la production et récupère pour cela des machines, des outillages et des pièces non assemblées. Comme il n’a pas les moyens d’investir dans un achat, il s’associe avec le financier Charles Rice pour créer fin 1857, une nouvelle compagnie horlogère, la Roxbury Factory. Cette maison sous le toit de laquelle Howard et son associé réunissent toutes les activités nécessaires à la fabrication des montres sera la première manufacture horlogère américaine au plein sens du terme.
D’une formation d’horloger complet, Howard s’avère être particulièrement habile dans la conception des mouvements. Il redessine les calibres qu’il avait antérieurement imaginés et pour que les deux nouveaux associés partagent la gloire de la création de la nouvelle entreprise, la mention « E Howard & Co » sera portée sur les cadrans et celle de « Howard & Rice » sur certains mouvements. A cette époque, la publicité des montres se fait autant sur la présentation de l’image de la montre que sur celle du mouvement qui l’équipe. La notoriété de Rice est donc préservée. Ce n’est toutefois pas cela qui est le plus important mais bel et bien de démontrer une supériorité des montres produites.  


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Des premières montres à la plus parfaite maîtrise de l’horlogerie industrielle



Dès l’été 1858, Howard a déjà produit le premier modèle de  montre entièrement mis au point par ses soins. Il souhaite investir sur des pièces de qualité supérieure. Il fait de la finition des mouvements son fer de lance et de la précision, un objectif qu’il ne cessera de défendre. Le 11 décembre 1858, sa manufacture est spécialisée dans les mouvements de haute qualité. Howard sait que par ce choix, il va se démarquer des autres maisons qu’il va surpasser.  Il fait évoluer les trains de rouages et invente un calibre où les ponts reposent sur 6 points d’appui au lieu de 4.

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Il va également faire évoluer les balanciers qu’il construit en or et les complète par des vis de compensation composées du même métal précieux. Howard comprend alors qu’il va non seulement offrir à ses balanciers une densité de métal plus intéressante que le laiton mais aussi, qu’il va pouvoir en faire un argument commercial.
Sans aucun doute, cet entrepreneur curieux de tout, suit l’évolution des recherches faites en Suisse sur la précision. Il lui faut donc donner à ses pièces une spécificité au moment où les Suisses s’intéressent aux balanciers bimétalliques dit « Guillaume », du nom de son inventeur.

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La précision devient un terrain fertile pour stimuler la concurrence helvético-américaine. Howard explore toutes les innovations et renouvelle même les techniques de fabrication du barillet dont il revoit l’architecture et empierre de manière innovante. Il démontre un dynamisme affuté et augmente également la taille de ses calibres pour les adapter aux boites fabriquées par Dennison. Il crée ainsi des mouvements de plus de 20 lignes. Les grands diamètres de montres présentent l’intérêt d’être plus faciles à régler et surtout ouvrent davantage encore les marchés des montres de chemins de fer.

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Très efficace pour vendre ses produits, il approche les 30 000 pièces vendues en 1868. La même année, l'empereur du Japon sollicite les Américains afin de développer à Sapporo une nouvelle capitale régionale dans la plaine d'Ishikari. Edward Howard en profite pour se voir confier la réalisation d'une horloge. À partir des plans de William Wheeler, il fabriquera en 1878, une horloge installée au sommet d’une des tours de l'université de Sapporo. Sans cesse en quête d’innovation, il introduit en 1868 le remontage au pendant et débarrasse les montres du remontage à clés qui est totalement abandonné 10 ans plus tard.



Une page de l’histoire de l’horlogerie


Edward Howard se retire des affaires en 1882 et vend ses parts d'E. Howard and Co. mais sa manufacture continue à produire des montres qu’il dessine et conçoit encore jusqu’en 1903. La plupart des montres sont en or ou en argent. Ce n’est que dans les productions tardives avec le fabricant de boites Keystone que l’on verra des emboitages en métal plaqué or.
Howard a énormément fait progresser la fabrication industrielle des montres. La manufacture est capable dès les toutes premières années du 20ième siècle de livrer des mouvements ajustés dans les 6 positions. A partir de cette époque, sur les cadrans, la mention « E Howard Watch & C°- Boston » est remplacée par « Edward Howard ». Ensuite, la mention de « Howard » se substitue à toute autre mention sur les cadrans tandis que les mouvements sont signés « Edward Howard Watch C° Boston USA ».

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La firme disparait totalement en 1930 quand Keystone Watch Case C° cesse d’assembler des montres sous la marque Howard. Jusqu’au bout, les mouvements sont d’une qualité exceptionnelle notamment dans les versions 21 ou 23 rubis qui sont de redoutables chronomètres dont les finitions anglées et rhodiées attestent d’un savoir faire digne des meilleures manufactures. La marque existe toujours aujourd’hui et se consacre à la fabrication d’horloges, première passion de Edward Howard, une sorte de retour aux sources pour une marque qui laisse dans l’histoire de l’horlogerie une trace indélébile.

Texte déposé - Reproduction interdite - Droits réservés . Joël Jidet 2013

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