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 Omega

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ZEN
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MessageSujet: Omega    Dim 23 Avr 2017 - 17:31

Sujets Omega

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MessageSujet: L'Omega de la Kriegsmarine Austro-Hongroise   Dim 23 Avr 2017 - 18:26

L'Omega de la Kriegsmarine Austro-Hongroise



Kriegs Erzherzog Franz Ferdinand


Omega est une des manufactures pionnières dans la fabrication en grandes séries de chronographes. La livraison d’une pièce en argent à la marine Austro-hongroise en 1907 démontre l’intérêt porté par les armées à ce type d’instruments dès avant la création d’une aviation militaire qui n’apparaît qu’en 1910, sous une forme embryonnaire et qui ne cessera de grandir. La marine fut sans doute le corps d’armée le plus demandeur de pièces d’horlogeries sophistiquées et l’ancienneté du chronographe 19 "' Chro d’Omega témoigne de la convergence d’intérêt des manufactures et des armées pour la réalisation très tôt, d’instruments de haute qualité.  



L'évolution du chrono 19"'CHRO - A droite la première version, à gauche son évolution

 

La création du premier chronographe Omega


Omega créa en 1898 son premier calibre de chronographe, un 19 lignes que le client pouvait choisir à saut demi-instantané ou instantané. Baptisé 19"' chro 15 Pou 16 P selon le nombre de rubis, ce mouvement pouvait selon le cas recevoir une trotteuse horaire ou ne pas en être équipé. La montre était livrée en boite en acier noirci, nickel, métal blanc, argent, argent niellé ou or. La finition du mouvement variait avec soit la partie chrono non empierrée, soit avec un empierrement avec ou sans chatons. La raquette était en général munie d’un col de cygne pour un réglage fin très précis.  
La production de ce mouvement cessa progressivement en 1906 quand Omega recourut à un calibre 18"' chro de 18 lignes qui remplaça la première version.


L'usage du chronographe par le grand public était assez limité jusqu'en 1900 et la demande de la clientèle fut davantage orientée côté civil sur la réponse à des besoins industriels afin de cadencer la production des usines ainsi que le calcul rétrospectif de la vitesse des premières automobiles et côté militaire sur une attente d’abord assez aléatoire des armées. Le cadran en hérisson (simple repérage des 5èmes de secondes à l'extérieur du chemin de fer marquant les minutes) des premières versions dénote l'absence d'intérêt pour les télémètres ou tachymètres qui apparurent ensuite.

Si la diffusion de chronographes lors de la seconde guerre mondiale fut très importante, celle-ci reste confidentielle au moins au début de la première grande guerre. A fortiori, la vente de chronographes aux armées avant la guerre 14 relève de cas isolés souvent liés à l'aviation balbutiante.

Au regard des années de pleine production, un chronographe Omega équipé d'un 19"' chro date donc l'équipement d'avant 1906. On a une idée non exhaustive des armées qui ont acquis des chronographes avant la guerre 14 et une connaissance très limitée de celles qui se sont équipées ainsi avant 1910. C'est donc le hasard qui nourrit nos informations car peu de manufactures et en tous les cas rarement les armées disposent d'archives fiables sur cette période.

En Suisse, Omega est, après Longines, l'une des manufactures les plus rapides à industrialiser un mouvement de chronographe infiniment plus complexe à fabriquer qu'une montre classique et qui demande en outre, un personnel davantage spécialisé. Zenith y viendra en 1913 et si Valjoux est omniprésent en qualité de fournisseur d’ébauches à la plupart des grandes maisons, la demande demeure celle d’une clientèle limitée.  

L’intérêt des armées pour les premiers chronographes

Parmi les armées qui très tôt se penchent sur l'intérêt du chronographe, l'armée Austro-hongroise fait partie des conquérantes. La KUK.K, « kaiserliche und königliche Kriegsmarine » (Marine de guerre impériale et royale) était la marine militaire de l'Empire Austro-hongrois. Cette marine fondée à la création de la double monarchie en 1867 existera jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale. Elle fit suite à la force navale autrichienne qui était celle de l'Empire d'Autriche. Elle fut au commencement de la grande guerre, la plus modeste des armées des belligérants. Elle livra très peu de combats fautes de moyens mais fut assez influente pour bloquer les marines Italienne et Française en Méditerranée pendant toute la durée des conflits. Bloquée faute de charbon, la marine Austro-Hongroise fut sédentarisée également par les mines posées dans l'Adriatique.




En 1918, l'empereur d'Autriche-Hongrie craignant d'avoir à abandonner sa marine militaire et sa marine marchande aux vainqueurs d'une guerre qui le concernait peu, décida de laisser sa flotte ainsi que les ports, fortifications côtières et arsenaux au Conseil du Peuple de l'Etat nouvellement créé des Slovènes, Croates et Serbes. Malgré des missives diplomatiques aux belligérants pour indiquer leur non-engagement dans la guerre et leur prise de contrôle de la marine austro-hongroise. Cette précaution habile n'évita pas un démembrement de la marine Austro-hongroise consécutif aux attaques de la Marine royale italienne, Regia Marina.





Le chrono Omega en argent n'a donc aucune probabilité d'avoir participé au moindre conflit. Il renferme un mouvement qui le situe entre 1898 et 1906/1907. Le numéro de boite qui se rapproche des 4 millions vise les années 1907/1908.  Le mouvement était alors encore diffusé et il est probable que la Marine Austro-hongroise en ait alors fait l'acquisition.
Il reste à déterminer pourquoi une armée, assez pauvre au demeurant, a fait l’acquisition d’une pièce en argent massif alors qu’elle aurait pu passer commande d’une montre en acier voire en métal blanc si la corrosion de l’air marin était la crainte de son commanditaire.

 
Les chronographes militaires étaient dans la plupart des armées, plutôt des pièces en acier. Celui-ci est en argent à 900 millièmes, c'est-à-dire à haut titre ce qui le distingue encore des pièces en argent au second titre de 800 millièmes. La réponse la plus logique est que sans doute,  cette pièce était destinée à un officier. L'absence de choc et la faible usure de la boite et de la couronne dénotent une utilisation peu intense et la qualité du mouvement doré quasi neuf conforte cette analyse. Il est vrai que pour un chronographe de poche militaire, une période d'activité de moins de 10 ans est très courte.



Une pièce peu commune


La pièce est de taille imposante et atteint 55 mm de diamètre, chiffre élevé pour une montre de poche. Le fond de la montre est guilloché  autour d’un espace circulaire destiné à recevoir un monogramme. Le marquage militaire est pourtant discrètement gravé à l’intérieur du couvercle, choix manifestement dicté par un intérêt pour la pièce qui dépasse le cadre militaire. Il n’était pas rare dans les armées du début du 20ème siècle que les officiers de nombreuses armées conservent à titre personnel des pièces que les armées leur consentaient plus ou moins officiellement.
Il est évidemment difficile de déterminer l’usage de ce chronographe autrement que par supposition mais l’hypothèse la plus vraisemblable est celle du calcul de vitesse de déplacement de navires.

Son propriétaire initial, la marine Austro-hongroise et son détenteur, un officier de cette marine, n’ont sans doute pas connu beaucoup d’autres jolies pièces militaires de ce niveau de qualité. Ils étaient déjà en 1907 de grands privilégiés. Les montres en argent en effet sont assez peu répandues dans les armées davantage préoccupées par l’utilisation de leurs crédits pour des achats de matériel plus directement impliqués dans les combats que dans l’achat de pièces d’horlogerie en métal précieux. Pourtant, en 1918, les Corps of Engineers américains seront dotés de montres chronomètres en argent dont le marquage à l’extérieur des boites cette fois, ne laisse aucun doute sur la propriété de la montre à l’Etat Fédéral américain.

Ces chronographes de poche Omega de 19 lignes sont toujours un peu « rondouillards », emprunts d’une qualité de construction digne de cette grande manufacture, l’argent à haut titre est chaud au toucher et doux développant une sensualité qui l’éloigne de la carrière militaire qu’il eut pourtant.


Ce chronographe après la guerre a traversé l’Atlantique sans doute remis ou échangé auprès d’un militaire américain dans des conditions que nous ne pouvons déterminer. Les Américains appréciaient beaucoup les chronographes suisses et même si Waltham proposait à l’époque de très jolis chronographes, les pièces suisses jouissaient d’une réputation excellente.
Peu de montres offrent une traçabilité aussi limpide que cette pièce préservée au mieux des affres du temps. Elle est plus d’un siècle après sa sortie de la manufacture Omega probablement aussi précise qu’au premier jour, comme si le temps n’avait eu sur elle aucune influence.


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MessageSujet: Deux versions de la montre Omega GSTP pour l'armée anglaise    Dim 23 Avr 2017 - 18:37

2 montres de poche Omega pour l'armée anglaise



Omega livra, notamment lors de la seconde guerre mondiale, de nombreuses montres pour les armées et en particulier pour l’armée anglaise.  Il y eu bien sûr des montres bracelet (en plein essor dès les années 30) mais il y eut aussi des montres de poche encore regardées dans les années 40 comme des instruments plus fiables pour certaines utilisations,  que les versions bracelets pour afficher l’heure.  



Dès 1942, la manufacture de Bienne proposa et livra plusieurs versions de montres de poche à l’armée britannique, certaines dans des emboitages à l’anglaise avec une grosse couronne et une bélière ronde et d’autres dans des boites à la française avec des couronne plates et des bélières allongées. Les boites étaient dans leur très grande majorité composées de laiton nickelé ou de laiton plaqué or à partir de 1943. Les livraisons s’échelonneront jusqu’en 1944.  
Le modèle spécialement fait pour l’armée anglaise était de type Lépine et désigné par « UK » 1942. Il fut livré en masse pendant toute la seconde guerre mondiale. Omega en a mentionné plusieurs dizaines de milliers dans ses registres.  Les aiguilles de type Mercédès ou ailes de mouche traduisent la présence de radium  par leur couleur jaune passée et les cadrans eux aussi peints aux quarts avec cette matière radioactive luminescente rappellent le vécu militaire des pièces.
Ces montres au fond clipsé marqué de la célèbre Broad Arrow et immatriculé « GSTP » pour General Service Trade Pattern sont loin d’être des montres ordinaires. Les mouvements étaient de véritables perles de précision.




Le calibre 38,5 L T1 bénéficiait d’un réglage spécial dans quatre positions et d’une optimisation à moins de 10 secondes de variation par jour, ce qui l’apparentait à un chronomètre de haute qualité.


Les exigences de l’armée britannique étaient sévères et la lisibilité du cadran faisait partie du cahier des charges.  Le marquage des minutes en « chemin de fer » répond à la norme anglaise. Le cadran en émail avec les petites secondes légèrement creusées, les heures avec chiffres arabes modernes, la glace en plexi pour mieux résister aux chocs  faisaient de cette montre un instrument facile d’utilisation en toutes circonstances y compris en lecture nocturne.
Les versions civiles du modèle avec des cadrans différents et un calibre réglé simplement en 2 positions sont d’une qualité un peu inférieure et ce qui est remarquable sur les versions militaires est l’absence d’indications particulières sur le mouvement quant à ses performances spéciales.  Pas de mention chronomètre, d’empierrement supplémentaire ou de raquetterie différente pour marquer un niveau supérieur de finition. L’armée anglaise s’est servie de ces montres quelques années durant après la fin de la guerre et si les modèles que l’on trouve chez les collectionneurs et amateurs sont souvent  un peu usés au point que le laiton réapparait, il faut considérer que cela est du à une utilisation intensive.  
On conseillera en cas d’acquisition d’une de ces montres de la faire régler dans les quatre positions pour qu’elle retrouve à plat comme au pendu toutes ses qualités chronométriques initiales.  On s’assurera par ailleurs de l’état du cadran et de l’absence de cheveux sur l’émail. La quantité résiduelle de ces montres encore en circulation sur le marché de l’occasion  permet d’avoir une certaine exigence…


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MessageSujet: Helvétia, une des marques d'Omega    Dim 23 Avr 2017 - 19:16

La maison de Louis Brandt (Omega) avait déposé une série de marques diverses et variées qui permettait à la manufacture de répondre aux demandes de tous les marchés avec des produits adaptés en qualité, prix de revient et donc à des prix publics des pièces adaptés aux niveaux de revenus de chaque pays.
Helvétia, marque soeur d'Omega, était une marque de calibres de qualité, et fut distribuée sur le marché suisse de manière quasi simultanée avec Omega. Lorsque les chemins de fer suisses passèrent des commandes auprès des marques, les manufactures voulurent s'assurer que les produits qu'elles vendaient à prix réduit afin de décrocher lesdits marchés, n'allaient pas être retrouvés en concurrence avec les produits commerciaux "classiques". Elles livrèrent donc lors des toutes premières commandes, car elle comprirent ensuite quel parti en tirer, des pièces sous des noms de marques qui leur appartenait mais n'étaient pas susceptibles d'altérer leurs marchés traditionnels.

La Suisse à ce titre posait un problème tout particulier d'autant que des emboîteurs étaient demandeurs de calibres pour produire des montres adaptées aux besoins des administrations et structures officielles. Parmi ces assembleurs, la maison Nomis installée à La Chaux de Fond depuis 1912 se servait chez Omega notamment en calibres pour en faire des chronomètres au profit des services publics et des chemins de fer en particulier. Omega qui répugnait à voir les calibres fabriqués sous sa marque assemblés dans des montres terminées et vendues par des tiers, livrait une partie de ses mouvements Omega sous sa marque en Amérique du nord mais préférait des marques de substitution  et d'autres mouvements pour les pièces vendues dans ce contexte, en Suisse ainsi que sur certains marchés tel celui de l'Amérique du sud.

Voici une de ces très rares montres, un chronomètre Nomis avec son calibre Helvetia fait par Omega. Nomis est l'assembleur et Helvétia la marque "faux nez" d'Omega.





Le décor du fond raconte une histoire à lui tout seul, la corne en haut est celle de la poste suisse, la locomotive à vapeur entre deux montagnes, celle du Jura et celle des Alpes, les Alpes en arrière plan, la croix suisse, les feuilles de chêne ... Cette montre est un élément marquant de l'histoire des chemins de fers suisses et la démonstration que les compagnies de chemins de fer prêtaient une attention soutenue aux montres des personnels roulants.




Le calibre avec son col de cygne identique aux chronomètres Omega et une architecture de calibre proche des Omega.  


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MessageSujet: Documents : Georges G Nettleton Horloger Joailler à Ottawa en 1916   Dim 23 Avr 2017 - 19:24

Georges G Nettleton Horloger à Ottawa



Georges. G Nettleton fut un enfant élevé dans le respect des règles familiales. Ses parents l'envoyèrent, une fois ses études secondaires terminées en 1907, au Canadian Horological Institute de Toronto. On retrouve Georges dans la promotion de 1909/1910 parmi les étudiants.






Georges Nettleton en 1909


Le Canadian Horological Institute de Toronto


Georges G. Nettleton débuta, après avoir été employé, son activité au Canada à Ottawa, de détaillant horloger-bijoutier en 1916. Il fit avec beaucoup d'habileté évoluer sa société jusqu'en 1947 année de son décès.



Georges G  Nettleton et son fils Douglas en 1944



Georges G Nettleton en 1947



Son fils Douglas prit sa succession avant qu'en 1988 ses descendants Richard et Geoffrey Nettleton n''ouvrent le magasin Westgate à Ottawa en 1988. Ce centre commercial existe toujours aujourd'hui...

http://www.nettletonsjewellery.ca/watches.html

On ne peut évoquer ce joailler canadien sans parler de ses montres. Passant un accord avec l'importateur des produits Omega, George G Nettleton se vit offrir la possibilité de diffuser sous sa propre marque des montres de la marque Regina, marque soeur d'Omega qui livrait en Amérique du Nord des pièces à emboiter afin de respecter la réglementation nord-américaine qui limitait les importations de montres suisses. Cette Regina est doté d'un cadran en émail en 3 volumes. Sa boite américaine à fond vissé (plus étanche que les boites classiques suisses, ses aiguilles bleuies pomme et ses chiffres romains lui donnent une élégance réelle.





Le calibre, un 18 lignes, comporte 17 rubis et une raquette monoflèche à col de cygne et vis micrométrique de réglage. La décoration du mouvement rhodié est une réussite totale et offre un ensemble harmonieux.




La pièce est un témoignage du passé, une sorte de bouteille à la mer qui se promène aujourd'hui sur notre continent qu'elle a quitté sans sa boite au début des années 20. Le mouvement aura déjà parcouru 814 680 heures pas toutes en fonctionnement et plus de 20 000 kilomètres... Comme un objet qui relie les continents, il donne à ses possesseurs un brin d'humilité en espérant qu'il plaira autant aux générations futures qu'à son acheteur initial.

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MessageSujet: Omega double face, il me scotche   Lun 24 Avr 2017 - 9:14


22 lignes pour cette belle pièce somme toute assez rare. Un chronographe Omega double face ...Grâce à jef06 (soit-il béni des Dieux) la doc est extraite du catalogue Kirby Beard, magasin avenue de l'Opera qui fut jusque vers 1914 le distributeur officiel de la marque... Fiable et précis, ces chronos se déclinèrent en acier bruni, nickel , argent et or ...












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Dernière édition par ZEN le Dim 5 Nov 2017 - 12:44, édité 1 fois
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MessageSujet: La folle ascension d'Adrienne Bolland   Lun 24 Avr 2017 - 10:09

La folle ascension d'Adrienne Bolland




Née le 25 novembre 1895 à Arcueil elle mourra le 18 mars 1975 à Paris. Adrienne Bolland obtint le 26 janvier 1920 son brevet de pilotage en trois mois de formation à l'école Caudron au Crotoy. Elle fut la première femme convoyeuse d'avions engagée par René Caudron, en février 1920.
Le 25 août 1920 elle traversa la Manche en avion depuis la France - Harriet Quimby l'avait traversée, quant à elle, depuis l'Angleterre en 1912.
Elle chronométrait elle-même ses records confirmés évidemment par des mesures au sol mais elle portait en permanence un chronographe lors de ses vols. Cet instrument confortait ses instruments de bord et elle savait ainsi avec le temps accumulé depuis son départ si les instruments de bord lui transmettaient des informations cohérentes en particulier sur sa consommation de carburant. Omega est diffusé en Amérique du Sud sous le nom de la marque Labrador, marque "soeur" d'Omega. Les pièces livrées sont souvent de la meilleure qualité, très empierrées et pourtant un peu moins chères que l'équivalent vendu sous la marque Omega.  



 

Adrienne Bolland pilota à côté des meilleurs pilotes lors de meetings aériens. Son goût de l'aventure et de l'argent l'emmena vers la Cordillère des Andes. Elle parvint à  Buenos Aires aux alentours du 26 janvier 1921 avec deux G.3 démontés et le mécanicien René Duperrier de la maison Caudron. Les chronographes disponibles en Amérique du sud en 1920 étaient ceux d'Omega et de Longines essentiellement. Zenith n'était pas encore aussi implanté malgré des exportations massives vers l'Amérique du sud et des campagnes de communication locales.  

Faisant la promotion de son "sponsor", Adrienne fut défiée par la presse argentine de survoler la Cordillère des Andes. Après quelques essais en mars 1920, elle s'envola au petit matin du 1er avril. L'avion ne pouvait dépasser l'altitude de 4000 mètres tandis que l'Aconcagua culmine à 6 962 mètres. C'est convaincue de mourir dans cette tentative qu'elle prit le départ.  
Après 4 h 15 de vol difficile elle s'égara entre les flancs à pic de la montagne. Elle évoluait à plus de 50 km/heure jusqu'au moment où elle dut faire un choix essentiel qui la rendit célèbre dans le monde entier.  Elle se posa finalement sur la piste de Lo Espejo, l'école militaire d'aviation de Santiago du Chili (aujourd'hui appelé El Bosque2).



Ce choix fondamental et vital était celui de la route à emprunter et c'est Adrienne Bolland elle-même qui confia à la revue Icare les conditions dans lesquelles elle fit son choix.

"Mon avion était déjà parti par le chemin de fer pour Mendoza. J'étais en train de faire ma petite valise. On frappe. J'ai cru que c'était la femme de chambre:
«Entrez !»
Je vois arriver une inconnue. J'étais nerveuse et la colère m'a prise: «Qu'est-ce que vous venez f... ici ?» Elle comprenait le français, je m'en étais aperçue aux quelques mots que je lui avais dits:
«Vous êtes encore une Française qui vient m'annoncer que je vais me casser la g...? Ça suffit comme ça, je suis au courant, figurez-vous...».
Mais l'inconnue insiste. Son père est breton, sa mère basque (ou vice-versa, je ne sais plus). Elle travaillait dans une usine. Elle était timide, elle parlait le français sans trop d'aisance. Je ne sais pas pourquoi, j'ai cédé. J'étais peut-être contente, au fond, d'une diversion:
«Ecoutez-moi bien. J'allume une cigarette. Le temps que je la fume, dites-moi ce que vous avez à dire. Après, vous me fichez la paix. Entendu ?»
En cherchant ses mots, alors, elle commence à me raconter une histoire incroyable: tout le voyage que j'allais faire, d'avance... «A un moment, vous serez dans le fond d'une vallée qui tourne à droite. Il y aura un lac. Vous le reconnaîtrez : il a la forme et la couleur d'une huître, vous ne pouvez pas vous tromper. Vous aurez envie de tourner à droite. Il ne faut pas. Les montagnes sont plus hautes que vous ne pouvez monter, mais...»
Comment cette fille ignorante pouvait-elle savoir qu'un avion plafonne et que le plafond de mon G. 3 était, en effet, à peine suffisant ? Elle conclut: «... Mais il ne faut surtout pas tourner à droite. C'est à gauche. N'oubliez pas. Vous verrez une montagne qui a la forme d'un dossier de chaise renversée...
- Vous connaissez la montagne ?
- Non, dit-elle en me quittant, je n'y suis jamais allée.»
Et ma voyante s'en alla sans un mot de plus. Le temps de faire, en train, les 1'200 kilomètres jusqu'à Mendoza où mon avion était arrivé avant moi, j'avais complètement oublié toute l'histoire. J'avais autre chose à faire qu'à penser à des prophéties. Mon Caudron était entreposé sous une tente de toile au bout du terrain de Las Tamarindos.
Je décolle, à peu près sûre de ne jamais arriver. Je monte, assez péniblement, et tout à coup, j'aperçois un lac. Machinalement, je me dis :
«Il est magnifique. On dirait une huître...» Aussitôt, tout me revient. Je regarde, à gauche et à droite. A droite la vallée avait l'air de s'ouvrir. A gauche, tout paraissait bouclé, mais il y avait une montagne qui, en effet, pouvait évoquer vaguement un dossier de chaise renversée, à condition d'y mettre de la bonne volonté.
II fallait choisir. Je ne sais pas ce qui m'a poussée à faire confiance à la petite Française de Buenos Aires: j'ai tourné à gauche, en pensant:
«Et dire que pour une ânerie pareille, je vais sans doute me casser la figure ! » J'ai volé pendant un certain temps, sans rien dans la tête que la peur. De plus, j'avais horriblement froid. Mes moyens ne m'avaient pas permis de m'équiper convenablement et je m'étais couverte tant bien que mal avec un pyjama, une combinaison de coton et un matelas de vieux journaux. J'avais les doigts gelés, malgré le papier-beurre dont j'avais essayé de les envelopper. Pas d'inhalateur, bien sûr, et le col, avec sa statue du Christ, était à 4 080 mètres. Je devais passer vers 4 200. Je volais depuis près de trois heures. J'avais beau avoir pour neuf heures d'essence, je n'en menais pas large. Tout à coup, sur ma droite, j'aperçois des cours d'eau qui coulaient dans l'autre sens. Et tout de suite après, la plaine, avec une grande ville presque droit devant moi. Santiago ? Ce n'était pas certain, mais des villes de cette importance, il me semblait qu'il ne devait pas y en avoir des quantités au Chili.
Le temps de me poser la question et j'étais dessus.


L'histoire est troublante et reste un mystère car Adrienne Bolland si elle avait le goût de l'argent et du risque n'avait pas besoin de cette histoire pour gagner sa vie. Après cette aventure, Adrienne Bolland multiplia les démonstrations et les acrobaties plutôt lucratives. Ainsi en 1924 à Orly, elle battit le record en réalisant 212 loopings en 72 minutes.

Engagée dans les combats féministes elle épousa Ernest Vinchon, un autre pilote et pendant la guerre prêta main forte aux Forces Françaises libres proches du Général de Gaulle.

Pour en savoir plus :

http://www.aerodrome-gruyere.ch/hommage/cordillere.htm

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MessageSujet: Une grande rareté Omega... Le calibre inversé   Lun 24 Avr 2017 - 14:25

On compte ceux connus sur les doigts d'une main. Omega, dont les archives de la fin du 19ème ont brûlé, n'en avait il y a un peu plus de 3 ans encore que des dessins. Et pourtant, il existe ce mouvement ...

Mais un peu d'histoire s'impose. On est à la fin du 19ème siècle et la compagnie horlogère, créée par Louis Brandt en 1848 et en manufacture horlogère industrielle en 1879, doit s'équiper d'un nouveau calibre afin de concurrencer les autres maisons, dont Longines notamment, qui avancent à grands pas dans le concept de manufacture horlogère. Il faut pour cela créer le mouvement facile à produire industriellement et donc avec un haut niveau d'interchangeabilité des pièces et fiable et précis parce que les clients deviennent exigeants tant sur la précision de l'heure que sur la sureté du SAV pris en charge par les horlogers, des détaillants qui doivent donc disposer des pièces facilement.

Le calibre prend le nom d'Omega (qui donnera son nom à la manufacture). C'est un 19 lignes qui a son pont de balancier et son balancier à droite et son barillet à gauche.  



Le mouvement sera ensuite décliné dans des versions meilleur marché avec toujours cette disposition récurrente (avec de rares exceptions)





Il y a quelques années de cela, pas loin de 6 ans, le hasard mit sur mes pas quelques mouvements Omega "Inversés". Tout est posé à l'envers... Balancier à gauche et barillet à droite... Les mouvements découverts étaient tous de qualité B. Seul le troisième non acheté était de qualité C.






Mes deux premières pièces inversées et celle que je vis ensuite il y a quelques mois, étaient destinées au marché Nord Américain et vendues sous des marques américaines et canadiennes avec des emboitages faits sur place avant 1900. Les numéros de série étaient anciens et les ponts de balancier dits "Cassés" à cause de leur décrochement en faisaient des pièces manifestement rares, ce que me confirma Marco Richon, à l'époque conservateur du musée Omega.

Coup de malchance supplémentaire, les registres d'Omega qui n'ont pas brûlé repartent du numéro 1 763 000 la mienne était numérotée 1 708 686 ... Mon mouvement Omega signé Jos l'Heureux, horloger Canadien ne pouvait profiter de davantage d'information que cette particularité technique considérée comme rare.  


On ignore en effet, faute d'archives, combien Omega fit de calibres inversés et où ils furent vendus. Ce qui apparaissait certain était que ce mouvement fut produit en même temps que son jumeau classique à balancier à droite. Mon attention fut attirée par l'image sous forrme de dessin que détenait Omega.  En effet, ce dessin de mouvement inversé était celui d'un calibre de qualité D soit le plus haut de gamme avec la meilleure finition mais on ne savait toujours pas si Louis Brandt l'avait fabriqué sous le nom Omega ou si ce nom de marque avait été réservé à la version classique. Mieux, le doute était total puisque les deux mouvements inversés que j'avais acquis et celui que j'avais vu ne comportaient pas la mention gravée Omega sur l'un des ponts.

Je décidais donc de me mettre à la recherche de ce calibre inversé et de résoudre cette énigme que personne ne pouvait faire avancer. Des collectionneurs patentés de tous pays me dirent tout ignorer de ce calibre inversé découvrant parfois son existence avec les images que je leur communiquais. Il ne fut pas un mois pendant ces six ans sans que je ne repense à ce mouvement dont je rêvais de trouver un exemplaire. Inutile de dire que j'ai passé des heures à rechercher celui-ci...

Mon effort est enfin récompensé ! Je suis en effet maintenant en mesure de vous montrer ce mouvement inversé bel et bien baptisé Omega, nom qui a donc été porté par deux mouvements différents avant de devenir une marque pour un ensemble de produits. Le cadran est lui aussi marqué Omega... La boite enfin est signée elle aussi Omega.



Voilà cette pièce est enfin là sous mes doigts et c'est l'aboutissement de l'une de mes recherches ... J'espère que cette enquête quasi à la Sherlock Holmes vous aura intéréssés.

Cela répond en tous les cas à deux questions : Oui le calibre inversé s'appelait Omega et oui, il a été emboité par Omega et vendu en Europe.

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MessageSujet: L'Omega Constellation Cadran Pie Pan   Lun 24 Avr 2017 - 14:26

La Constellation Pie Pan d’Omega







Une pièce d’exception


Dans les collections historiques d’Omega, les chronomètres Constellation sont synonymes de haut de gamme. Ce n’est pas un hasard si le fond de ces modèles comporte en médaillon parfois en or, un observatoire surmonté de huit étoiles qui renvoie aux victoires d’Omega dans les concours de chronométrie où la marque a battu des records de précision, en particulier à Kew-Teddington entre 1927 et 1936. Conçu pour répondre à une demande d’amateurs éclairés, le modèle Constellation vit le jour en 1952. Tandis que les premiers cadrans sont dotés d’index baguettes facettés en or ou en acier selon les versions, parfois complétés en alternances de chiffres à 12, 3, 6 et 9 heures, les aiguilles restent des modèles dits « Dauphines » en or ou acier, polies miroir pour une meilleure lisibilité de l’heure. Les boites en or sont épaisses pour bien marquer l’appartenance de la collection au haut de gamme du catalogue.  


Un cadran unique  



Equipée de divers calibres automatiques à rotor, la collection des « Constellation » connut plusieurs versions de cadrans mais la plus marquante est sans nul doute celle disposant d’un cadran à 12 pans qui correspondent à la zone où sont positionnés les index horaires en périphérie.
Complexe à réaliser, ce type de cadran qui impose de pouvoir le fabriquer en exploitant  un relief supérieur à un cadran bombé classique, est aussi une prouesse pour lui offrir ses couleurs et son aspect « soleil » finement brossé en rayons de soleil.  
Cette conception originale fut largement déclinée sur des versions argentées et noir mat ou semi brillant. Le début des années soixante voit les cadrans évoluer pour parvenir à une extrême qualité et une finition exceptionnelle quand y sont incorporés des index en or lapidés avec un filet noir ou des index agrémentés d’un filet d’Onyx qui donne un reflet noir intense.  Ce type d’index multi -matières ajoute à la complexité de réalisation du cadran, une ultime difficulté qui n’a d’égales que la finesse et l’élégance du résultat.


Une boite sans équivalent


 
Les boîtes au début des années 60,  sont alors redessinées et les cornes sont facettées, dites cassées. Avec ou sans quantième, ces Constellation dites Pie Pan à cause précisément de la multiplicité de pans tant du cadran, de la couronne et des cornes de la boite témoignent d’une production luxueuse. Celle-ci  renvoie à une époque où la créativité des designers se conjuguait avec brio au talent des horlogers, créateurs de calibres, qui recherchaient une précision ultime des montres pour une clientèle exigeante.
Au début des années 50, lors de la présentation de la première version de la Constellation « Pie Pan », les manufactures se livrent une grande concurrence dans la présentation de modèles hauts de gamme.  Longines et la Conquest, Zenith et la Captain sont autant de modèles prestigieux en concurrence directe auprès des amateurs de belle horlogerie. Dans le même temps, c’est dans les observatoires de Genève et de Neuchâtel que la bataille fait rage pour déterminer qui d’Omega, Zenith, Longines, Ulysse Nardin, Jaeger LeCoultre ou Vacheron Constantin a la capacité à produire le chronomètre le plus précis.



Un condensé de savoir faire


Omega met dans la Constellation tout son savoir faire aussi bien pour la conception esthétique de la montre que pour la précision mécanique de son mouvement. La Pie Pan est un condensé de toute cette technologie qui réunit les talents qui font la manufacture Omega à l’époque. Rien n’y est laissé au hasard et la montre semble tellement réfléchie dans chacun de ses détails qu’elle s’approche de la perfection.
Un demi-siècle plus tard, ces montres sont restées précises et empreintes de ce charme exceptionnel qui fait que ce type d’instrument de mesure traverse le temps sans se démoder ni perdre de son originalité discrète qui fait passer une montre du statut de belle montre à celui de garde temps d’exception. La Pie Pan  est fascinante par la manière dont elle capte et renvoie la lumière par une multitude de facettes brillantes pour les cornes ou mates pour le cadran. La magnifique petite étoile implantée sur le cadran surajoute à ce scintillement pour donner du relief à une pièce dont l’épaisseur est tout à fait réduite.



Quelques recommandations avant d’acheter


D’un prix sensiblement plus élevé que la Seamaster, la Constellation connut un franc succès et elle fait aujourd’hui partie des grands classiques d’Omega. Les collectionneurs ne s’y trompent pas et s’il est aisé de trouver une Constellation sur le marché des montres vintages, la découverte d’une Pie Pan en bon état reste une excellente surprise.  Comme toutes les pièces de qualité, le modèle est « couru » d’où une cote en évolution permanente qui place les modèles acier avec leur cadran d’origine à un peu plus de 1000 euros, en bon état.  Il faut y ajouter près de 40% pour une révision de qualité en se méfiant des manipulations du cadran car très rares sont les cadraniers capables de restaurer ce type de pièces en conservant aux pans les angles vifs et la netteté des versions originales. On portera donc son choix sur des modèles dont les cadrans ne nécessitent aucune intervention. Par ailleurs, il faudra veiller à éviter également les polissages intempestifs des boites qui feraient perdre de l’épaisseur à la carrure et la netteté des facettes des cornes.


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MessageSujet: Omega - L'histoire de la Speedmaster professional Mark II    Lun 24 Avr 2017 - 14:27

La Speedmaster Professional Mark II





La Speedmaster Professional d'Omega est reconnue comme une icône horlogère et pour une fois le terme n'est pas galvaudé. Pourtant l'histoire de cette montre aurait pu être tout à fait différente si le marketing d'Omega l'avait emporté sur la sagesse de la NASA.

En 1969, Omega a toutes les raisons de se réjouir. Depuis 1965, la Speedmaster est associée au programme Gemini et la voici maintenant embarquée sur la lune avec Appolo. L'atterrissage lunaire de juillet 1969 a donné à Omega une notoriété mondiale et à la Speedmaster le rang de première montre portée ailleurs que sur Terre. Le premier voyage lunaire a d'ailleurs généré une belle frayeur chez Omega quand Buzz Aldrin a annoncé dans sa transmission que sa montre s'était arrêtée. Les gens d'Omega se sont décomposés au sol jusqu'à ce que l'astronaute démente cette information et dise "Ah, non ... C'était juste la trotteuse" . Il s'avérera qu'Aldrin qui laissait tourner le chrono avait par inadvertance arrêté celui-ci mais que la montre fonctionnait parfaitement.

Toute la communication d'Omega en 1969 repose sur l'exploit de la mission Apollo mais les équipes marketing de la marque biennoise craignent que la Speedmaster qui a déjà plus de 10 ans ne se ringardise face à une concurrence qui a déjà abandonné le verre en acrylique qui se raye facilement et a opté pour des design "Tonneau" très en vogue dans cette période.



Omega va donc s'investir dans une Speedmaster Professional de deuxième génération et la baptiser Mark II pour mieux la faire identifier par le public. Le nouveau modèle est réputé avoir gardé le meilleur de la version originelle et y avoir ajouté une étanchéité à 120 mètres, une boite plus design, un tachymètre sous le verre qui évite l'arrachement de la lunette, un verre plat mieux armé contre les reflets. Les responsables d'Omega sont si convaincus de la supériorité de leur nouveau modèle, qu'ils veulent négocier avec la NASA sa substitution à la version précédente.


Il faut dire que la qualité de montre portée sur la lune entraine les ventes vers le haut et Omega ne veut pas prendre le risque de recueillir une image vieillissante avec son modèle emblématique. Deux émissaires d'Omega sont donc dépêchés auprès de la NASA pour "vendre cette idée".  Le 14 février 1969 soit 5 mois avant que Neil Armstrong ne foule le sol lunaire, le directeur commercial d’Omega, Robert Forster et le délégué commercial pour le marché Nord-Américain Peter Morf se déplacent au siège de la NASA à Houston au Manned Spacecraft Center où James Ragan, ingénieur en chef de la division fournitures des équipages, les reçoit. L'entretien est emprunt d'un peu d'ironie de la part de Ragan qui est pleinement satisfait de la montre Speedmaster en service et n'entend pas s'encombrer des besoins marketing de ses interlocuteurs. Ces derniers n'ont manifestement pas intégré que la NASA a autre chose à faire que de se pencher sur un renouvellement de montres qui va supposer une nouvelle batterie de tests à un moment où la pression politique oblige la NASA a accélérer ses programmes si elle veut conserver ses budgets.

Les émissaires d'Omega tenteront bien de "placer" une montre adaptée à l'heure lunaire sans plus de succès dès lors que les Américains veulent une synchronisation avec les équipes terrestres et non un folklore commercial pour asseoir davantage une marque de montres suisses en mal d'image. Ainsi en 1969, le devenir de l'Omega Speedmaster Mark II est déjà scellé sur du court terme. Ce ne sera pourtant pas faute pour Omega de tenter d'associer l'image de sa Speedmaster "lunaire" avec cette version Mark II en organisant une communication qui promeut les deux versions. De même, désigner la version initiale sous le terme Mark I pour mieux inscrire dans la mémoire collective que l'une est la suite de l'autre, ne suffiront pas à imposer la Mark II qui pourtant a reçu la mention "Professional" ce qui pour Omega induit une montre à usage professionnel par la NASA.



L'opération menée par Omega a donc raté et en 1976, Omega cesse de commercialiser la Mark II qui renaitra de ses cendres en 2014 sans plus faire mention à la Mark II ni à une utilisation professionnelle.

Agréable à porter, un peu "pataude", la Speedmaster Omega Mark II reste marquée par le design seventies mais munie du même moteur que sa grande sœur, elle est bien une Speedmaster à part entière amputée du rêve lunaire certes mais avec la fiabilité et de réelles améliorations par rapport à sa grande sœur. Toutefois cette dernière est devenue irremplaçable et rien n'arrive à surpasser le design de la version initiale qu'Omega a étendu à la majorité des modèles de ses collections.

Agréable à porter, cette Speedmaster Mark II a ainsi une histoire qui aurait pu l'emporter sur notre astre si la Nasa avait joué le jeu d'Omega. Le refus de l'agence spatiale n'en donne que plus de portée au choix de la version retenue qui c'est certain ne s'est encombré d'aucune considération commerciale.


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MessageSujet: L'histoire du chronographe Omega de seconde génération   Lun 24 Avr 2017 - 14:29

Le Chronographe Omega de seconde génération





L’émergence des chronographes est concomitante avec l’essor de l’automobile. Montre interactive, le chronographe donne à son porteur la faculté d’intervenir directement sur son fonctionnement sans perturber la lecture de l’heure. Omega fut l’une des manufactures pionnières de ce type d’instruments en créant son propre mouvement de chrono dès 1898 puis en en présentant un second d’une nouvelle génération en 1906. Pas à pas, la marque s’imposa ainsi dans le chronométrage de haut niveau.  

Un calibre polyvalent


Le mouvement de chronographe 18’’’P CHRO fut présenté par Omega en 1906 et succéda dans le catalogue de la manufacture au calibre 19’’’CHRO présenté en 1898. Conçu en interne à partir de 1904, il représente la deuxième génération de chronographes de la marque de Bienne. Omega avait été un précurseur en matière de création de chronographes à une époque où de nombreuses manufactures faisaient appel à Auguste Reymond (Valjoux) pour équiper leurs instruments de mesure de temps courts. Le calibre 19’’’CHRO était épais avec ses 9,25 millimètres et existait en version Lépine et savonnette. Or, Omega voulait un mouvement plus petit et plus plat (la lettre P de sa référence) et surtout davantage pratique pour une utilisation en version classique Lépine ou savonnette avec les mêmes pièces. Avec beaucoup d’astuce, les ingénieurs d’Omega vont concevoir à travers le 18’’’P Chro, un calibre polyvalent aussi facile à assembler dans une montre de poche que dans une montre bracelet, ceci d’autant plus qu’il est conçu pour servir dans les deux cas avec la même version. Ainsi il peut être utilisé en version Lépine avec un poussoir dans la couronne ou en savonnette avec un poussoir indépendant ceci grâce à une bascule supplémentaire qui permet de déporter la fonction de pression et d’agir sur la commande de déclenchement du chrono.  

Cette conception très moderne lui permettra de demeurer dans le catalogue Omega jusqu’en 1928. Le calibre 18’’’ CHRO de type à ancre ligne droite, connut un énorme succès. Doté d’un compteur totalisateur de 15 ou 30 minutes selon les modèles, la version 30 minutes étant plus prédestinée aux calculs de vitesse des automobiles, il fut produit en trois qualités de finitions chères à Omega :  
- la qualité A dotée de 7 rubis au début de sa carrière commerciale
- la qualité B (standard) 15 rubis,  balancier compensé et réglage en deux positions (plat et pendu)
- la qualité C avec 19 rubis dont six sur chatons, roues du mécanisme empierrées, roue d’ancre et ancre polies, raquette de qualité avec roue étoilée à vis sans fin, pièces en acier et anglages des pièces améliorés.  
Décliné en acier bleui, métal blanc nickelé, argent ou or pour les versions de poche, ce chronographe de conception résolument moderne fit les beaux jours d’Omega à l’heure où la marque s’investit dans le chronométrage sportif. Les plus belles versions sont souvent habillées de métal précieux mais il n’est pas rare de trouver une version de qualité C dans une boite en acier. Pratique parce que plus plat que son prédécesseur, fiable et précis, il conquit non seulement les automobilistes mais aussi les sportifs et les ingénieurs ou encore les médecins. Il faut dire qu’Omega ne lésina pas sur la déclinaison d’une multitude de versions avec tachymètre, télémètre, pulsomètre ou encore indexage précis au 5ème de seconde pour des mesures lisibles facilement.


Par comparaison le calibre 19 chro




On évalue à 1913 l’apparition des premiers chronographes bracelets équipés de ce calibre. Il est difficile d’établir si les ingénieurs d’Omega ont anticipé une exploitation dans des montres bracelet. En effet en 1906,  il est peu probable que l’on ait pu anticiper la mode de la montre bracelet qui est arrivée avec la grande guerre. C’est donc plus vraisemblablement un souci économique qui au travers de l’interchangeabilité des pièces a motivé cette ingénieuse polyvalence.  
Omega ne continua pas directement à développer des calibres de chronographes et laissa Lémania concevoir les versions suivantes. Ainsi, à partir de 1930, Omega ne se servait plus de calibres produits en interne pour ses chronographes.


Les automobilistes étaient de grands utilisateurs des chronographes



Les automobilistes constituaient une part importante de la clientèle de ce type de pièces. Omega leur délivrait un mode d’emploi du tachymètre ainsi rédigé « Au moment de passer devant une borne kilométrique, presser sur le bouton de la couronne, l’aiguille grande trotteuse se met en marche ; arrivé à la borne suivante, presser à nouveau pour arrêter l’aiguille qui alors indique plusieurs nombres écrits en couleurs différentes. Regarder le petit compteur de minutes placé sous midi dont l’aiguille indique sur quel tour il faut lire, en prenant comme premiers les chiffres écrits en noir. Le chiffre obtenu correspond au nombre de kilomètres que cette allure permettrait de parcourir si elle était continuée pendant une heure. »
En 1906, à la différence de ce que nous connaissons aujourd’hui, le chronographe était acheté par utilité et non pour son statut. L’homme du début du 20ème siècle avait des temps à mesurer et posséder un chronographe était une manière de maîtriser le temps et de le dominer. Les chronographes tournaient pour la plupart à 18 000 alternances par heure ce qui correspond à une mesure au 5ème de seconde.
Les records du premier meeting mondial d’aviation de Bétheny sont ainsi mesurés en 1909 au 5ème de seconde ce qui est à la fois extraordinaire et ne peut que nous sembler approximatif car c’est la main du chronométreur qui va donner le départ après que l’œil puis le cerveau et les nerfs aient transmis l’information. On peut imaginer aisément que le 5ème de seconde soit déjà beaucoup trop précis pour que plusieurs chronométreurs se livrant simultanément au même exercice n’obtiennent pas le même résultat. Omega sera très créatif sur ce sujet lorsque la marque sera officiellement en charge des chronométrages des jeux Olympiques. L’une des premières innovations portera sur le déclenchement simultané des instruments de mesure.





Un mouvement qui équipa les premiers chronographes bracelets




Ce chronographe 18’’’ CHRO  plat et très agréable à manipuler est davantage que son prédécesseur une montre polyvalente qui avec élégance donne l’heure dans un format de garde-temps identique à celui d’une montre classique. Restant avant tout un calibre de montre de poche, son utilisation en montre bracelet lui offrit une longue carrière à laquelle Omega mit fin en faisant créer des mouvements chronographes spécifiques pour les montres bracelet. La marque s’est assurée avec ses chronographes et ses compteurs de sport un succès sans comparaison possible et ce succès se confirmera jusqu’aux années 1970 quand, explique Marco Richon, ancien conservateur du Musée Omega, la marque produisait à elle seule plus de ces pièces que tous ses concurrents réunis.
Les chronographes bracelets équipés du 18’’’CHRO sont imposants et tant que la mode des montres de grands diamètres ne fut pas à l’ordre du jour, ces pièces semblaient inadaptées voire relever d’un bricolage associant de petites anses fil et de grosses boites de près de 46 mm de diamètre. Aujourd’hui, ces pièces semblent d’une taille classique car les montres bracelet de plus de 45 mm sont devenues très courantes.  
Longtemps ignorés des collectionneurs, les chronographes de poche connaissent un regain d’intérêt dû à leur diversité et leur fiabilité avec peu d’entretien. Posséder l’un de ces chronographes est un peu une manière contemporaine de revivre comme le faisait les anciens, le chronométrage en dominant l’instrument plus accessible et simple que les chronographes bracelet.


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MessageSujet: Comment Lémania a mis au point pour Omega la haute fréquence en 1932   Lun 24 Avr 2017 - 15:12

Comment Lémania a mis au point pour Omega la haute fréquence en 1932





En 1932, les Jeux Olympiques se déroulent à Los Angeles du 30 juillet au 14 août. Le chronométrage des jeux est prix en charge par Omega. Quatre jours après la clôture des jeux, leur Directeur Technique, William M. Henry, souligne le rôle fondamental joué par les montres Omega. Il pointe dans son propos que les trente chronographes à rattrapante fournis par Omega ont été les seuls utilisés par les juges olympiques officiels et ce pour tous les sports.

Le fruit d’une collaboration
Ces chronographes sont le fruit d’une collaboration étroite entre Omega, qui en 1932 appartient au SSIH et Lémania qui intègre ce consortium précisément la même année.  Omega enrichit à cette occasion son potentiel de diffusion de montres compliquées, ces dernières étant la spécialité de Lémania et en particulier, de chronographes dont la manufacture s’est fait une spécialité.





Même si Omega en 1932 a déjà produit en interne deux calibres de chronographes, l’un dès 1898 et l’autre dès 1908, ce qui est rare dans les firmes horlogères, la maison de Bienne s’est énormément investie dans les chronométrages sportifs et le calcul par chronographes de la vitesse des automobiles.
A l’époque, les mouvements de chronographes évoluent majoritairement à 18 000 alternances et parfois moins et le chronométrage peut donc être opéré au cinquième de seconde. Peu de manifestations sont portées par une seule firme d’horlogerie mais Omega a déjà en 1905 chronométré 16 compétitions en Suisse et à l’étranger. En 1909, la manufacture signe l’exclusivité du chronométrage de la Coupe Gordon Benett, une course internationale de 70 montgolfières et dirigeables qui se déroule près de Zurich. En 1916, Omega a ses premiers contacts avec le mouvement Olympique à l’occasion de compétitions organisées à Lausanne en l’honneur des 25 ans d’existence du CIO. L’évolution des performances sportives des athlètes va obliger l’industrie horlogère à se dépasser et à rechercher une précision de chronométrage supérieure au cinquième de seconde. Le calcul décimal du temps va pousser les concepteurs de calibres de chronographes à explorer des fréquences facilitant cette lecture.







Un chronographe à haute fréquence


Alfred Meylan est constructeur chez Lémania en 1932. C’est lui qui depuis plus de 2 ans, travaille activement à la mise au point d’un chronographe sportif doté d’un mouvement évoluant à 36 000 alternances par heure et proposant une rattrapante nécessaire aux juges qui bordent les pistes. Meylan remarque que plus le diamètre d’un calibre est grand, plus il est facile de pousser la fréquence de ses éléments régulateurs en en adaptant corrélativement la taille. Il opte donc pour un mouvement de 24 lignes, soit un diamètre de 53,7 mm doté de 18 rubis, d’un balancier bimétallique à vis de compensation en or, d’un spiral Breguet en acier trempé. A l’époque, plusieurs maisons travaillent aussi sur des chronographes à haute fréquence. Les firmes chercheront à adapter un peu plus tard cette caractéristique à des montres bracelets avec plus ou moins de succès, certaines maisons devant même revenir à des fréquences plus lentes telles que 28 800 alternances en raison de problèmes d’usure prématurée et de lubrification insatisfaisante des mouvements. Les Fabriques Réunies trouveront en 1967 une solution technique qui fera 2 ans plus tard la fortune de Zenith en permettant à cette manufacture de réaliser le premier chronographe à haute fréquence de 5 hertz de l’histoire. Les autres maisons qui se lanceront dans la production de mouvement à haute fréquence y renonceront finalement.  





Omega avec son calibre 1130 imaginé par Lémania, va définitivement conquérir le monde sportif et la firme va même créer un département spécialisé dans le chronométrage de tous les sports. Omega investira dans toutes les formes de chronométrage créant des technologies sophistiquées tant pour donner les départs que fixer les arrivées et afficher les résultats. Le chronographe « Olympic » connaîtra une version électrifiée pour donner les départs et transformer en son les 5 secondes précédant ceux-ci.



Par ailleurs, un calibre dérivé du mouvement 1130 est mis au point et exploité dans des compteurs de sport à rattrapante, la technologie imaginée par Alfred Meylan va porter les chronométrages olympiques jusqu’à l’avènement de l’électronique. Régulièrement Omega va rééditer son chronographe jusqu’à en produire des éditions de luxe en or ou en platine notamment en 1995 et dans une version prestigieuse en or jaune, rose ou blanc en 2005.


Une réédition ultime en 2005






Lors de la production de la série limitée à 100 pièces en 2005, Omega explique que le mouvement de sa rattrapante est référencé dans sa version contemporaine « OMEGA 3889A » et qu’il reprend à quelques détails près, la version originelle de 1932. Omega précise par ailleurs que les dessins du mouvement original, datant de la fin des années 1920, furent découverts sur un microfilm. La firme de Bienne ajoute que le chronographe dispose d’un mouvement de précision très performant, doté d’une rattrapante intégrée, le tout étant  contrôlé par une double roue à colonnes. Ce mouvement de 24’’’ (53,7mm) bat à 36'000 alternances par heure et permet ainsi, une précision au 10e de seconde. Tous les composants d’origine ont été impeccablement restaurés. Les platines et les ponts dorés de 1932 ont été en 2005 reconditionnés, rhodiés et mis en valeur par un grenage circulaire et des côtes de Genève.




La version initiale de 1932 et celles qui suivirent hors rééditions en séries limitées, disposaient d’un calibre doré. Les deux roues à colonnes servent au pilotage des deux aiguilles de chrono et assurent une synchronisation parfaite. A l’oreille, le mouvement émet un son très rapide où « le tic et le tac » sont encore discernables mais si rapprochés qu’ils donnent le sentiment d’être sur le point de s’unir en un bruit continu. Dans la plupart des versions à vocation sportive, l’une des aiguilles de chrono est rouge, c’est la rattrapante et l’autre aiguille est bleue. La lecture se fait par un marquage fin des dixièmes de secondes en périphérie du cadran sur lequel viennent pointer les aiguilles de chrono. La lecture du temps chronométré est instantanée et comme ces aiguilles sont déformées à la pointe pour venir pratiquement toucher le cadran, le défaut de lecture dit défaut « du parallaxe » est totalement gommé.  La pièce est lourde et sa prise en main est d’autant plus sûre.
Exploité un temps sous la marque Lémania, ce mouvement de 24 lignes connaît avec Omega, ses heures de gloire. Habillé dans ses versions à usage sportif soit d’une boite en laiton chromé, soit d’une boite peinte émaillée couleur anthracite antidérapante (collection nuit spatiale) avec un cadran oxydé noir mat et des aiguilles blanches, ce chronographe a véritablement marqué l’histoire d’Omega et des Jeux Olympiques. Les versions olympiques pouvaient être assorties de sur-boitiers comportant un déclencheur le cas échéant, opérationnel avec un système permettant de mettre en marche plusieurs chronographes simultanément et ainsi de gérer le temps de plusieurs athlètes lors d’une compétition.

Aussi célèbre que les athlètes

En 1932, Omega envoie 30 chronographes et un horloger aux Jeux Olympiques de Los Angeles. En 1936, ce sont 185 chronographes qui sont missionnés avec toute une équipe pilotée par le représentant d’Omega en Allemagne. Les Jeux Olympiques sont chronométrés au dixième de seconde grâce aux 36 000 alternances des pièces Omega.




Avec ce chronographe devenu aussi célèbre que les athlètes dont il a mesuré les performances, Omega a disposé grâce à Lémania d’une véritable pièce de compétition. Les chronographes étaient réglés précautionneusement avant le démarrage des jeux et testés tout au long de ceux-ci avec autant de pièces de secours qu’il était nécessaire au cas où un chronographe viendrait à être défectueux. Omega fournissait ainsi non seulement du matériel mais aussi des équipes techniques chargées de la maintenance et de la vérification du matériel. Certains horlogers régleurs étaient si pointus qu’ils pouvaient à l’oreille saisir la moindre anomalie.





La difficulté sur les Jeux était de limiter la casse par négligence des utilisateurs, aussi les juges commissaires avaient-il des recommandations et un protocole d’utilisation à respecter notamment lors de la restitution des chronographes.
Certaines des pièces opérationnelles lors des différents JO se sont parfois égarées après ceux-ci, soit cédées volontairement aux juges commissaires, soit distribuées aux horlogers détaillants pour être exposées avant d’être dispersées. Certaines pièces sont ainsi parfois accessibles pour les collectionneurs qui découvrent l’avancée technologique de Lémania et d’Omega en 1932.

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MessageSujet: J'ai terminé de reconstituer cette histoire. L'omega de la Canadian Pacific   Lun 24 Avr 2017 - 15:14

En 1874, naît près de Cracovie, à Wieliczka dans une famille très pauvre, celle des Pawlowski, un garçon que l'on baptise Victor. Le père est mineur dans les mines de sel et la mère lave du linge pour les familles les plus riches. Victor passe une enfance plutôt heureuse parce que sa mère obtient le droit de laisser jouer son fils, Yvan, dans le parc de la maison où elle fait la bonne et que ce dernier partage ses jeux avec le fils de la maison.
 
Une fois adulte, Victor n'est pas oublié par son ami d'enfance et il obtient une place de contremaître dans l'usine que dirige ce dernier. Quand son patron se marie, Victor est convié à la cérémonie et au repas qui suit la cérémonie. Victor a une personnalité timide. Complexé par sa condition sociale, il n'a que très peu de relations avec les femmes, alors quand la soeur de la mariée lui parle, puis l'invite à danser, il imagine que cette jeune fille, Agneska, qui lui donne davantage que toutes les jeunes filles qu'il a connues est sans doute la femme de sa vie.
 
De fait, c'est bien une relation amoureuse qui naît entre les deux êtres. Le pauvre Victor va très vite mesurer les embuches que cette histoire provoque. C'est qu'en 1899, les filles de familles bourgeoises doivent trouver des maris qui sont au moins de la même condition sociale qu'elles mêmes. Le père d'Agneska est aussi le second gros actionnaire de l'entreprise où travaille Victor. Il avait promis sa fille au fils d'un industriel et cette histoire avec l'un de ses contremaîtres le plonge dans une immense colère. Il ne tarde pas à renvoyer Victor sous un prétexte futile et interdit à sa fille de le revoir.  
 
Wieliczka est une petite ville et Victor n'y retrouve pas de travail. Le père d'Agneska s'emploie à lui rendre inaccessible tout travail local et va même jusqu'à offrir une somme d'argent au jeune homme s'il quitte la ville. Il part en 1900 mais Agneska n'écoute pas son père et avec la prime offerte à Victor, les deux jeunes gens partent pour le Canada.
 
Agneska parle le français parfaitement et l'apprend à Victor. Le jeune homme travaille rapidement d'abord dans un commerce puis dans un garage. La jeune fille trouve un emploi d'assistante dans une école où elle s'occupe d'enfants en bas âge. Le couple s'intégre vite dans la population qui est séduite par leur histoire d'amour. Grâce au membre d'une association religieuse, Victor se voit proposer un travail de mécanicien au sein de la Canadian Pacific. Le travail est bien payé et il sera chargé d'aider au pilotage de la machine. On est alors en 1902. Victor se montre doué et en1907, il devient conducteur de locomotive. Il lui est alors remis une montre, un chronomètre Omega porteur d'un mouvement de 21 rubis.
 
   
 
 
La montre est superbe et d'une précision totale. Victor connaissait Omega car c'était la marque de la montre d'Yvan, son ami d'enfance. Jamais il ne pensait en porter une un jour. Yvan et Victor s'écrivent.  Dans une lettre où il donne de ses nouvelles et raconte sa vie avec Agneska, Victor raconte qu'il a reçu cette montre avec une somme de recommandations et qu'il doit la protéger tant que faire se peut.
 
 


 
 
En 1913, Agneska et Victor sont devenus Canadiens, ils ont un enfant et Victor a un poste de Directeur de la maintenance des machines à la Canadian Pacific. Son salaire confortable permet à Agneska de ne pas travailler. Le père d'Agneska est au plus mal après une très mauvaise grippe. La famille fait le chemin jusqu'en Pologne. Lorsqu'ils arrive, il est trop tard. Le père d'Agneska est mort depuis 6 jours et il a été enterré au cimetière de Wieliczka. Victor retrouve son ami Yvan. On s'échange beaucoup de larmes ce jour là. Les soeurs tombent dans les bras l'une de l'autre. Chacun raconte sa vie depuis le départ du couple vers le Canada. Yvan espère que son ami ne repartira pas et la soeur d'Agneska voudrait garder sa soeur auprès d'elle.
 
Victor et Agneska voudraient rester mais leur vie est déjà ailleurs. Le Canada leur a ouvert une autre vie dans un climat rude et avec des moments difficiles mais aussi des moments joyeux et gais. Le couple reprend le bateau une semaine plus tard. Avant d'embarquer, Victor tend la main à Yvan. Il y tient son Omega de la Canadian Pacific... "Elle est à toi, en souvenir de notre amitié, ne nous oublie jamais ..."
 
La montre est restée auprès d'Yvan jusqu'à sa mort en 1971. Son fils l'a alors conservée puis l'a cédée à un horloger il y a quelques mois en racontant l'histoire de son grand-père et de l'ami de celui-ci. La pièce, aux dires de l'horloger, n'a connu qu'un changement de ressort mais jamais d'avaries. Son axe de balancier est d'origine. Il ne fait aucun doute que la montre a peu d'usure mécanique car elle est précise à moins de 2 secondes d'avance par semaine comme beaucoup de ces 21 rubis Omega quand tout est d'origine. Le col de cygne est superbe comme le pont de balancier et le mouvement rodhié fabriqué pour le marché nord-américain est irréprochable. Le cadran en émail, en trois parties, est d'une infinie beauté.  
Le mouvement est un 18 S au sens américain soit un 19, 7/8 lignes soit 44,86 mm. Il n'est pas mentionné adjusted x positions mais juste "Adjusted" ... Les aiguilles poires bleuies sont parfaites.
 
Victor serait mort en 1968 et Agneska une dizaine d'années plus tôt, leur fils est lui aussi décédé et la famille se perd au sud de Montréal. La branche polonaise a migré en France probablement du côté de Metz mais cela ne fait pas partie de l'histoire de cette montre suisse partie au Canada pour finalement rentrer en Pologne.

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MessageSujet: Ils étaient comme ça quand ils étaient neufs, ces Chronos Omega    Lun 24 Avr 2017 - 15:16

Je vous raconterai son histoire plus tard mais je ne résiste pas à l'envie de vous montrer cette pièce qui trône sur mon bureau depuis des jours ... Neufs, ces chronos étaient déjà comme ça. Celui-ci est resté comme il était lorsqu'il fut exporté aux USA vers 1910. Cette pièce a donc plus de 100 ans et a gardé toutes ses dents mais aussi toutes ses qualités premières.  C'est un chrono manufacturé par Omega à 100% et non par Lémania qui prit en charge par la suite la réalisation de nouveaux calibres de chronos pour Omega.
 
Il est donc le dernier purement Omega 100%... Destiné à l'exportation vers l'Amérique du nord , il porte un calibre rodhié en parfait état et un cadran en émail lui aussi parfait en 3 parties. Les aiguilles sont d'origine. Celles qui donnent l'heure sont dorées et celles qui servent à chronométrer sont bleuies. La couronne n'est pas usée et le logo de fond de boite assez rare.  
 
Dans cet état c'est une rareté totale. Le fond n'a aucune usure ... Il offre le même plaisir qu'en 1910 lorsqu'il fut livré la première fois, neuf ...
 
 










 
 
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MessageSujet: Voilà une Omega fort belle et peu courante dans cet état    Lun 24 Avr 2017 - 15:17

Un beau diamètre, une boite en argent niellée sans défaut ni usure, de l'argent à 900 millièmes, un calibre avec sa raquette centrée et précis à la seconde, une montre pas usée qui a très peu tourné, quasi neuve ...
 
Celle-ci est de 1919. Offerte au moment où la mode passait aux montres bracelet. Une montre d'un mariage qui porte une histoire que je vous raconterai plus tard mais une montre riche par son passé.  
 





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MessageSujet: Revue de chronos de poche "OMEGA"   Lun 24 Avr 2017 - 15:18

Les Chronos OMEGA


Chronoscope Calibre 19 chro LOA 15 P vers 1898










Calibre 19 chro LOA 15 rubis vers 1898. Le pont "cassé" semble correspondre au début de la production de ces chronos par Omega. Ce calibre est le premier calibre chrono produit par Omega. On notera le marquage hors du commun du compteur totalisateur des minutes de 2 en 5 à partir de 1 et non de 3 en 3 comme il sera d'usage plus tard. L'échelle périphérique est également assez exceptionnelle. A l'époque Omega ne parle pas de chronographe mais de "Chronoscope".



[/center]
Ce mouvement chronographe de type Chronotachymètre OMEGA est un 18''' P CHRO (P pour plat, 7,15mm d'épaisseur) fabriqué de 1906 à 1928 par Omega en 3 versions A, B et C avec 15 et19 rubis.
Ici la version 19 rubis qui est l'une des plus recherchées.



Chronotachymètre double face Omega, 1906: Calibre 19/22"' LOB











Chronotachymètre double face Omega, 1906 : Calibre 19/22"' LOB, cadran émail breveté SGDG - sans garantie du gouvernement - portant le nom du grand magasin parisien Kirby Beard & Co Ltd avec échelle tachymétrique à base kilométrique permettant de déterminer - par simple lecture et sans calcul - toute vitesse entre 10,5 et 250 km/h, totalisateur 15 minutes rapporté à midi, commençant par six divisions dont les couleurs indiquent les spires de l'échelle tachymétrique à lire, heures arabes Paris, minuterie traits au 5ème de seconde, aiguilles poires et couronne dorées rose; le fond transparent de ce modèle est muni d'un cadran émail annulaire à base hectométrique permettant de déterminer toute vitesse entre 7 et 180 km/h au moyen d'une aiguille rétrograde; boîte bassine en acier.
La mention "19/22" de la référence signifie que ce calibre est un 19''' CHRO adapté à une boîte de 22'''avec tige de remontoir plus longue.

SGDG signifie, dans le droit français, que le brevet d'invention délivré par l'autorité compétente donne à son titulaire une exclusivité temporaire d'exploitation (empêchant dès lors qu'il soit copié), mais sans que l'Etat ne garantisse qu'il vaille quelque chose, autrement dit que ses revendications soient bien revetables, c'est-à-dire nouvelles, inventives et susceptibles d'application industrielle. Cette autorisation pouvait être annulée en justice au cas où l'une de ces conditions faisait défaut.

Kirby, Beard & Co Ltd est une maison anglaise fondée en 1743, spécialisée dans l'argenterie, l'horlogerie et l'orfèvrerie, avec fabriques à Londres et Birmingham. Sa filiale parisienne a été le principal détaillant Omega en France de la fin du XIXème siècle jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.




Chronographe avec calibre 130 39 CHRO de 1929






Chronographe avec calibre 130 39 CHRO de 1929 17 p antimagnétique à cadrature LeCoultre. Il est doté d'un totalisateur 30 minutes à progression continue. Il équipera une version bracelet (rare).

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MessageSujet: Les prémices du chrono 19 chro Omega ( Rare)    Lun 24 Avr 2017 - 15:20

Le chrono 19 chro Omega à ses débuts ...


Chronoscope Calibre 19 chro LOA 15 P vers 1898

Vers 1896, Omega commence à travailler sur un projet de chronographe (on ne l'appelle pas encore ainsi mais Chronoscope)  et les ingénieurs calibristes de la marque choisissent d'exploiter comme base un calibre classique sur lequel ils greffent une platine "modulaire" en acier avec les trains de rouages, ponts et bascules qui vont transformer le mouvement en chrono.

Deux ans plus tard en 1898, la commercialisation de pièces équipées de ce mouvement débute et les ingénieurs d'Omega vont supprimer la double platine pour intégrer directement les pièces à usage de chronographe sur la base.

Cette pièce incomplète (SOS si quelqu'un a les pièces manquantes) permet de visualiser la double platine greffée sur la base du mouvement.







La version "fusionnée" ! ci-dessous qui est la toute première version à grande diffusion.


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MessageSujet: Les premiers balbutiements des chronos Omega    Lun 24 Avr 2017 - 15:28

C'est à la fin du 19ème siècle qu'émerge une demande récurrente de chronographes. Les Anglais sont des familiers de ce type d'instruments dans des versions simplifiées (sans totalisateur) qui leur permettent de comparer les performances des chevaux lors des courses hippiques très populaires.
Longines s'installe très tôt, en 1889, dans cette niche de produits avec un calibre à saut instantané dont la version la plus élaborée apparait en 1897 sous la référence 19.73.

 

Chronographe Longines doté d'un 19.73



Calibre 19.73 Longines
 
 
 
Un des premiers calibres 19 chro de 1898 et sa version d'après 1905


Photo latérale permettant de voir le pont cassé


 
 
 
Omega emboite le pas de Longines avec son calibre 19 CHRO en 1898. Les premiers chronographes Omega sont bâtis sur des ébauches de calibres classiques auxquels sont ajoutées une platine arrière et les pièces de chrono. On reconnait l'ébauche de base et notamment le pont de balancier "cassé" caractéristique des premières montres de Louis Brandt présentées sous le nom d'Omega. Ces chronographes pour Longines comme pour Omega sont d'une précision bluffante, ne cédant pas plus de 15 à 20 secondes de dérive par jour. C'est un exploit à une époque où les instruments de référence sont encore mécaniques et où c'est dans la phase de conception que se joue la précision ultime du modèle.

Chrono enclenché, la précision demeure et ces pièces assez volumineuses vont être diffusées dans le monde entier comme des références horlogères de haute qualité
.
 
Au début du 20ème siècle, le chronographe touche toutes ses clientèles potentielles. Les sportifs, les ingénieurs, les armées, les photographes, les projectionnistes de cinéma itinérants, les pilotes d'avions, les médecins, les automobilistes sont ainsi courtisés par les manufactures pour s'intéresser à des pièces horlogères qui offrent à leurs possesseurs une sorte d'interactivité "magique" sans nuire à la lecture de l'heure.
 

Chronographe Omega vers 1907
 

Chrono Omega des années 30
 

Calibre de Chrono Omega années 30
 
L'intégration de ce nouvel outil dans le quotidien des utilisateurs est en fait assez lente. Cela explique que certaines marques se soient lancées tardivement dans la fabrication de ce produit. La lecture des tachymètres et télémètres induit des utilisateurs ayant une culture minimum et l'aviation ne "décolle " réellement qu'à partir de 1909. C'est la guerre qui créera un effet d'aspiration de ces produits par les armées et les ingénieurs disposent de compteurs très simples que leurs employeurs répugnent à remplacer par de coûteux chronographes. Quant aux médecins, de simples montres leur permettent de calculer le rythme du pouls de leurs patients. Il faut près de 20 ans pour que le chronographe entre dans les moeurs...

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MessageSujet: Le chrono Omega grand-père de la Speedmaster - Le 19 "' Chro   Lun 24 Avr 2017 - 15:30

Les premiers chronoscopes d'Omega ne comportaient pas de trotteuse des secondes. La manufacture considérait en effet que la fonction première de ces chronos était bien sûr de donner l'heure, mais surtout de faciliter la lecture de mesures de temps courts. Les manufactures horlogères n'ont pas immédiatement saisi l'importance qu'il pouvait y avoir à profiter de "chronographes" complets au sens où nous l'entendons aujourd'hui.  



 

Ainsi Waltham fabriquait dans les années 1880, pour le marché anglais essentiellement, des chronographes sans totalisateur et Omega fit des chronographes sans trotteuse horaire. Rapidement, chacun rectifia ses erreurs et se mit à présenter et diffuser des pièces complétées.

Le chronographe Omega dans sa version de calibre 19"' CHRO fut proposé en 15 ou 18 rubis.  Le fonctionnement est le même d'une version à l'autre, simplement les pièces de chrono du calibre sont ou non empierrées selon la version. Le cadran de ces pièces volumineuses est toujours sublime de couleurs et d'indications (tachymètre, télémètres etc ...) . La version sans trotteuse présente l'avantage d'améliorer la lisibilité du cadran et l'inconvénient de ne pas rassurer le détenteur du chrono sur le fonctionnement du mouvement...


Version 18 rubis du mouvement 19"' Chro


La pièce reste malgré tout très très belle avec ici sa boite en argent de 900 millièmes.  Elle provient de chez Kirby Beard, maison fondée en 1743 et dont l'immense boutique était située 5 rue Aubert à Paris puis avenue de l'Opéra.




Le catalogue Kirby Beard désigne clairement ce type de chrono comme destiné aux automobilistes
.




Les autres versions de chronos sont destinées aux ingénieurs, médecins, entraîneurs... On pourrait aussi citer les armées, les explorateurs, etc.

Voici donc des chronos chargés d'histoire et ancêtres de nos chronos d'aujourd'hui ...  


Source illustrations catalogue : http://watchesz.free.fr/kirby_beard.htm

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MessageSujet: Le tout premier Chronographe Omega : C'était en 1898   Lun 24 Avr 2017 - 15:32

Cette version est la plus ancienne des chronographes Omega. Une production confidentielle dans la version à pont de balancier dit "cassé" sans col de cygne. C'est un 19 lignes, dit "CHRO19 15 P". Le calibre a été imaginé sur une ébauche de montre classique d'où cette superposition étonnante du mécanisme de chronographe et de montre.  
Dans cette version précise, ce calibre est une rareté. Il est plus facile à trouver dans sa version avec pont de balancier classique et col de cygne, version produite à partir de 1899 et améliorée en 1902.








Pour mémoire, c'est sur cette base que fut produit le chrono à double face (Chronoscope et non Chronographe selon Omega).



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MessageSujet: Les calibres Omega de 21 rubis "Spécial Railroads"   Lun 24 Avr 2017 - 15:33

Les calibres 19 et 20 lignes d'Omega de 21 rubis


C'est François Chevillat qui conçut pour la maison Louis Brandt, le mouvement de 19 lignes baptisé OMEGA.  Celui-ci permit de faire un immense bond en avant à la manufacture qui l'employait. Ce calibre fut décliné dans plusieurs versions de 7 à 23 rubis. Les versions ultimes dites « DDR » bénéficiaient d'un réglage d’une extrême précision. La version 23 rubis est la version ultime avec son barillet empierré mais la 21 rubis offre déjà des performances tout à fait comparables. Le calibre n'est pas en laiton classique mais en maillechort pour toutes les versions 23 rubis et certaines des versions à 21 rubis. Le mouvement comporte des diamants et des rubis de première qualité qui sont sur la version 23 rubis montés y compris sur l’arbre du barillet. Les versions de 19 à 23 rubis et certaines à 17 rubis comportent un arrêtage à croix de Malte et sur certains 21 rubis et les 23 rubis des contre-pivots sertis de diamants au niveau des ancres, des roues d’ancre et du balancier.

L’ancre est fabriquée avec un contrepoids équilibré très spécifique. Les rubis sont sertis dans des chatons en or vissés, et le balancier présente des vis en or. L’extrême précision du réglage s’effectue au moyen d’une raquette à disque excentrique et à col de cygne dotée d’un colimaçon gradué.

La raquette est reconnaissable facilement. la qualité de ce mouvement fut étendue à d'autres versions de calibre de la maison Omega.






Pour comparaison, le calibre qualité CCR de 19 rubis




Les CCR sont servis systématiquement avec un barillet empierré des deux côtés.

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MessageSujet: Une railroad canadienne Brandt-Omega ...   Lun 24 Avr 2017 - 15:35

Vous avez nécessairement entendu parler de cette montre prise en otage par les Douanes et libérée enfin !

On est en 1915, Omega livre depuis plus de 12 ans les compagnies de chemins de fer canadiennes qui, comme celles des Etats-Unis, ont adopté des cahiers des charges très stricts concernant les garde-temps des personnels. La différence entre les Etats-Unis et le Canada est que les Canadiens ont agréé beaucoup plus facilement des montres dotées de calibres suisses, alors que les A
méricains par protectionnisme et sous la pression des syndicats "favorisent" les montres 100% fabriquées sur le territoire américain.

Omega livre aux compagnies canadiennes des calibres haut de gamme soit de qualité C soit de qualité D. A l'exception de la version D 23 rubis, il n'existe pas vraiment une différence qualitative touchant la précision entre les versions C et les versions D. L'empierrement est différemment réparti pour les versions à 19 rubis pour lesquelles le barillet est empierré en qualité C alors qu'il est seulement à partir de certaines 21 rubis en qualité D. La qualité D offre un système de raquette différent et pour les 23 rubis un contre-pivot en diamant au balancier.

Ces montres sont souvent signées sous des "Private label", marques de distributeurs qui apposent leur nom sur le cadran. Rarement la marque Omega apparait sur le cadran, très exceptionnellement le nom de Louis Brandt et quasi jamais le nom d'Omega et de Louis Brandt sont associés sur un même cadran...

Cette pièce est donc plus que très rare et méritait un retour dans la vieille Europe... On notera la qualité des anglages et du rodhiage . Les chatons sont en or 18 carats .  

La voici !




Le calibre est enfermé dans un cerclage et dans la boite monobloc qui le protège de l'humidité et de la poussière. Cela n'est pas pour rien dans l'état exceptionnel de conservation de ce mouvement.






On voit parfois des version 23 rubis, rares en qualité C. La Baie en a proposé une il y a quelques semaines dans un état moyen. Le bon état du mouvement est fondamental car dans la majorité des cas, faute de retrouver la même qualité de pièces (matériaux, polissage, etc.), ce sont des pièces "ordinaires" qui viennent remplacer les pièces défectueuses et la montre perd alors beaucoup de son intérêt.

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MessageSujet: Des Omega comme ça, j'en veux tous les jours ...    Lun 24 Avr 2017 - 15:36

Vous vous souvenez forcément de cette montre présentée la semaine passée ...










Dans ses pièces de qualité D (la plus haute), Omega fabriqua aussi des calibres à ponts découpés, essentiellement vendus aux USA... Celle-ci date de 1904, une merveille à 21 rubis vendue par le plus grand joailler de l'époque à New-York. Le premier mouvement est un 20 lignes et celui-ci un 19 lignes réglé 5 positions.... Une pièce à tomber ... Enfin c'est mon avis.






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MessageSujet: Quelques calibres Omega dans les moins courants ...    Lun 24 Avr 2017 - 15:37

Omega en qualité D et C .... C'est autre chose. En voici quelques unes ....










































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MessageSujet: La Seamaster Chronoquartz, montre de l'Albatros d'Omega    Lun 24 Avr 2017 - 15:39

Le Chrono-Quartz " Albatros " d’Omega




En plein milieu des années 70, le quartz s’est installé dans les montres et la mode est à l’affichage numérique de l’heure. Bien sur, il existe des montres à quartz à aiguilles mais la lecture facile grâce à un affichage par diodes ou par cristaux liquides remporte les suffrages d’une bonne partie des consommateurs. Les ingénieurs d’Omega  se convainquent qu’il serait judicieux de pouvoir réunir dans une seule montre les deux formes de lecture non pas en procédant à un affichage en doublon de l’heure mais en conservant un affichage heures/minutes classique et en y ajoutant un affichage numérique pour les fonctions chronographiques jusqu’au centième de seconde. 
Le système hybride est piloté par un seul résonateur à quartz mis au point en 1975 pour une montre qui sera présentée l’année suivante à l’occasion des jeux Olympiques de Montréal. Incontestablement très rationnelle dans sa gestion de l’affichage, la montre Chrono-Quartz joue sur les deux tableaux, d’une part d’une mémorisation rapide de la lecture de l’heure par l’intermédiaire des aiguilles et d’autres part, une lecture précise et numérique des secondes et des indications chronographiques.
Les concepteurs de la montre font un pari osé d’autant plus que la mode pousse davantage les consommateurs vers les montres à affichage numérique. Esthétiquement imposante, la pièce dont le design rappelle les panneaux d’affichage des temps mesurés pendant les Jeux Olympiques, suppose d’avoir le poignet suffisamment large pour la porter.





Le boiter épais est taillé dans l’acier massif par la maison Schmitz à Granges. Les poussoirs de chrono et de réglages sont accessibles par la gauche de la montre tandis que la couronne de réglage de l’heure et de la date sont à trois heures.
Les fonctionnalités chronographiques sont poussées, le module à quartz est un 1611 « Albatros »  capable de mesurer des intervalles de temps interrompus par exemple, lors d’un marathon ou les additionner pour des évènements discontinus. Il permet également  de mesurer des temps intermédiaires grâce à une fonction rattrapante  et des intervalles séquentiels comme les tours de circuit en matière de compétition automobile.  L’alimentation se fait par deux piles boutons de 1,35 volt avec une grande autonomie de 15 mois bien supérieure aux systèmes d’affichage à diodes.  


La boite est d’une forme rectangulaire assez courante à l’époque, d’un aspect satiné, le fond est vissé par 4 vis avec deux médaillons.  Le premier à gauche, est le médaillon Seamaster et le second à droite, est la croix du mérite Olympique. Le bracelet enfin est de type « intégré ».  
La taille de la montre et son poids imposant en limitèrent évidemment la clientèle, mais l’originalité du modèle accompagnant lors de sa sortie le déroulement des Jeux Olympiques, dont Omega est le chronométreur historique, fut  malgré tout porteur d’image pour cette montre au cadran très en phase avec les tableaux d’affichages des stades. Omega avait avec cette pièce, fait un pas dans le sens d’un design original et d’une technologie avant-gardiste mêlant deux modes de lecture.
35 ans après, il reste une montre témoin de son temps, pièce de collection pour son dessin et sa technologie, une montre extrêmement fiable et qui a su le rester et dont le plaisir au porté est celui d’une vraie vintage peu courante et émanant d’une grande manufacture.

Droits réservés - Joël Duval - Novembre 2011 -Forumamontres - Reproduction interdite.

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