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 Omega

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ZEN
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MessageSujet: Omega et le marché américain au début du 20ème siècle    Lun 24 Avr - 2:40

Omega et le marché américain au début du 20ème siècle




Dès la fin du 19ème siècle, Omega s'intéresse au marché américain. Quasiment toutes les manufactures suisses sont présentes sur le marché américain dès les années 1880. La concurrence avec les manufactures américaines est extrêmement sévère et les uns n'hésitent pas à critiquer les autres ouvertement. Ainsi dans les revues horlogères suisses lit-on en 1904 que les Américains ont des méthodes de travail qui sont proches de l'esclavage avec des gens entassés dans des pièces minuscules pour y loger alors que l'industrie suisse respecte ses ouvriers. Les Américains parlent de leur côté des Suisses comme trop lents à prendre des décisions...

Quoi de plus logique ? L'industrie américaine a installé ses manufactures dans des zones urbaines avec de grandes manufactures et une population ouvrière qui habite sur place ou à de faibles distances mais avec des systèmes de transport de masse qui en Suisse n'existent pas encore et pour cause, les ouvriers horlogers sont aussi des ouvriers agricoles et ils mènent de front leurs deux activités qui leur impose d'être sur les terres chaque jour du printemps à l'automne. En critiquant les Américains, les Suisses rassurent leurs ouvriers.

Les deux industries ne peuvent évoluer de la même manière au même rythme. Les Suisses vont donc tenter d'exporter vers l'Amérique du nord des montres qui s'adaptent visuellement à une clientèle qui préfère les calibres rodhiés "blancs" aux calibres dorés "jaunes" et qui sont attentifs à l'empierrement plus qu'aux anglages, à la raquette plus qu'à la boite qu'il préfèrent plaquée or plutôt qu'en argent et massive avec des grosses couronnes plutôt que fines...

Les Suisses se font bien vite rattraper par le protectionnisme américain qui vise à défendre l'industrie du pays et va conduire dans le domaine horloger à imposer qu'une partie des montres suisses soit faite sur le territoire nord américain à défaut de quoi les montres n'y seraient pas commercialisées.

Dès lors, et compte-tenu de quotas qui vont en outre à certains moments frapper les marques, beaucoup vont utiliser des marques d'emprunt pour se faire distribuer avec des emboitages américains. Omega sera ainsi distribué sous les marques Louis Brandt (marque et nom du fondateur) mais aussi sous Labrador, Regina et enfin Omega (il y eut aussi quelques autres marques dans de moindres proportions).

Les mouvements ne seront pas tous signés mais il sont reconnaissables assez facilement. Les Américains au vu des productions locales les plus soignées sont servis en calibres chronomètres souvent de 17 à 23 rubis. Longines, Omega, Vacheron & Constantin auront la même logique qualitative pour ce marché. Bien sûr, il existe une distribution de calibres 15 rubis mais les versions mieux finies (on ne connait pas le terme haut de gamme) vont connaître un franc succès parfois sous des marques dites "Private Label".

Voici une de ces "Private Label", une montre W.H Cowley, horloger installé à Detroit dans le Minnesota depuis la fin du 19ème siècle. La pièce est massive car sa boite est très lourde, taillée dans la masse par fraisage. Le calibre est un puissant 19 lignes de qualité C avec 17 rubis datant de 1906/07. Les anglages sont soignés et la finition de grande qualité pour ce chrono qui reste à moins de 4 secondes par jour. La boite a un diamètre de 54 mm.



La montre est épaisse et lourde, ce qui lui donne un charme particulier et une impression de grande solidité.  


Le mouvement, un 17 rubis est d'une finition poussée (voir le contre-pivot à l'ancre) et la raquette permet un réglage fin et ultra-précis.  



La qualité globale de cette montre en fait une pièce intéressante qui pèse très lourd à cause de la masse de la boite. Cette montre témoigne mieux que tout récit de l'intérêt porté par Omega au marché américain et de la qualité des pièces exportées là-bas...

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MessageSujet: Des années pour en trouver un en 20 lignes Omega de cette qualité...    Lun 24 Avr - 2:41

Je croyais bien que je n'en trouverais jamais et puis... Il m'est tombé dans les bras ce calibre Omega qualité D de 20 lignes. On les trouve en général en 17 à 19 lignes mais 20... Je doutais que cela ait été fabriqué ...

La découpe des ponts est inhabituelle ... En 18 lignes c'est peu courant, en 19 lignes c'est une belle trouvaille, en 20 lignes c'est comme un fossile d'un animal sans colonne vertébrale du quaternaire...

Ce qui est exceptionnel est de le trouver en 21 rubis ... (en 23, pas sur que ça existe )


Voici son cousin en 18 lignes et 17 rubis ...


Il mérite d'être nettoyé mais c'est un très bel objet ...

Ce qualité D calibre inversé (le troisième) pour mémoire est aussi une rareté ultime mais il est en version classique car n'existe pas dans les autres formes de ponts. ...



Pour mémoire et mieux comprendre la différence, à gauche un calibre classique et à droite la version inversée :


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MessageSujet: Une Omega toute particulière ... Celle de A. Tranchant    Lun 24 Avr - 2:45

En 1826 Louis Hachette né à Rethel dans les Ardennes le 5 mai 1800, rachète à Paris une minuscule librairie du quartier latin 1 rue du Battoir-Saint-André (partie de la rue qui est devenue rue Serpente). Normalien de formation, il publie en 1827 son premier ouvrage, un dictionnaire de grec/français et une revue d'information destinée aux universitaires.  Les éditions d'ouvrages vont alors s'enchainer d'abord à vocation éducative puis davantage littéraire. Le 1er janvier 1846, il crée la société L. Hachette et Compagnie et passe un contrat entre Emile Littré et Louis Hachette pour la publication d’un dictionnaire, dont les premiers volumes sortiront en 1863. Il invente en 1851 la bibliothèque de gare et met en place en 1852, la bibliothèque des chemins de fer. Les livres manipulables et bon marché sont l'une des souches du livre de poche moderne.

En 1848 est embauchée par les éditions Hachette une certaine Alphonsine Tranchant. Elle a en charge la lecture des manuscrits et la correction des impressions. Ensuite elle participera à la gestion des collections jeunesse dans laquelle on trouve ces fameux livres de prix remis en fin d'année dans les écoles aux meilleurs élèves. Elle exercera cette activité 30 années durant avant de prendre sa retraite en 1878 après avoir traversé la commune et le coup d'état du 2 décembre 1852... Elle découvre la première certains écrits d'auteurs illustres comme Adolphe Thiers, Michelet ou Balzac...

Alphonsine fait partie de ces collaboratrices qui au sein d'une entreprise savent trouver leur place et deviennent des expertes indispensables à la vie de la société... Son départ est pour Hachette une grande perte et la maison d'édition lui témoigne sa reconnaissance en lui offrant une montre de col à ancre de grande qualité, une Omega de chez Kirby Beard la grande boutique de l'avenue de l'Opéra à Paris. Sur le fond de la montre, Hachette fait appliquer en lourdes lettres d'or le monogramme d'Alphonsine Tranchant. Le mouvement est doté de châtons en or vissés et la raquette pourvue d'un col de cygne. La pièce est de qualité à l'image de l'employée qui prend congé de l'éditeur.      

On aurait pu imaginer que cette montre se perde à jamais fondue ou éclatée dans le tiroir d'un horloger... Il n'en est rien, la montre est là, intacte comme au premier jour.








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MessageSujet: Une Omega à clé...Pas si courante    Lun 24 Avr - 2:48

C'est une curiosité... Déjà Omega et pas encore à remontoir au pendant ... Vers 1880...







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MessageSujet: Petite histoire de la Seamaster Ploprof   Lun 24 Avr - 2:59

Omega créa la Ploprof (Plongeurs professionnels) dotée du calibre 1002 à quantième pour satisfaire une demande professionnelle. la Seamaster 300 s'avérait insuffisante pour les immersions longues et en eaux profondes. Omega décida donc de la production de boites monocoques en acier et il y eut même quelques prototypes en titane.
Il fallut 4 ans d'études et de mise au point pour produire la Ploprof en 1970. La boite fut brevetée en 1967. Il restait deux entrées d'eau possibles auxquelles Omega s'intéressa :

-la jonction de la glace  
-la sortie de tige couronne.


Pour imperméabiliser la montre, Omega eut recours à des joints surcomprimés. La couronne noyée dans la carrure, vissée est sécurisée par un gros écrou de blocage breveté en 1968 dont la position à 9 heures évite le desserrement intempestif.
Le verre est de type minéral monolithique trempé chimiquement et traité anti-reflets et anti-abrasion. Il faut une pression de 120 kilos pour la fixer grâce à une bague vissée. Omega indique qu'elle résiste en pression hydrostatique de 60 atm au choc d'une masse de 500 grammes tombant de 25 cm de hauteur.



La lunette bidirectionnelle crantée est dotée d'un verrouillage commandé par poussoir. Comme seule, d'une part, l'aiguille des minutes est nécessaire en plongée, elle a été surdimensionnée comme la lunette tournante pour améliorer la lecture.

Omega a testé l'étanchéité de cette montre dans les deux sens de l'extérieur vers l'intérieur et de l'intérieur vers l'extérieur. En effet la plongée sous cloche (plus fréquente à l'époque) posait le problème de la pénétration de l'Hélium dans la montre et du risque d'explosion en remontant à la surface (pour mémoire, la plongée sous cloche fait respirer au plongeur un mélange oxygène/hélium). Omega a mis l'accent sur cette étanchéité au point de fabriquer un véritable bunker ambulant. Omega indique que si l'air était chassé de la montre, il faudrait à une pression atmosphérique normale 1000 ans pour que l'air rentre à nouveau.

Les tests ont démontré que la montre cessait de fonctionner à moins 1370 mètres par suite de déformation du boitier et surtout du verre qui vient presser sur la trotteuse.

La montre fut testée par le centre de recherche américain Océan Systems INC à Tarrytown NY qui la considéra plus étanche qu'un sous-marin. Marco Richon explique dans Omega Saga que la société de plongée à buts industriels Selco Ptc ltd à Singapour lui fit passer 22,5 heures en pression d'eau et 87 heures en milieu gazeux. Lâchée d'une hauteur de 10 mètres sur une plate forme d'acier elle ne subit aucun dommage. Les agents corrosifs chimiques des gisements pétroliers n'eurent pas non plus d'effet sur la montre.

Elle fut encore testée dans le golfe du Lion au large de Marseille par le commandant Cousteau lors d'expériences destinées à mettre à l'épreuve les capacités physiques et physiologiques des hommes à travailler en profondeur de 500 mètres.

Elle passera 3 jours en septembre 1970 dans le cadre de l'opération Janus aux poignets de Christian Cornillaux, Michel Liogier et Patrick Cadiou, 3 plongeurs professionnels de la Comex qui établirent le record de plongée réelle à moins 253 mètres en explorant les fonds marins du golfe d'Ajaccio pour la société pétrolière Elf/Erap.

Le lien de référence sur la Ploprof (le site de jef06)

http://watchesz.free.fr/seamaster_ploprof.htm

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MessageSujet: Le 283 ...   Lun 24 Avr - 3:15

A l'heure où les marques tentent de ressortir de leurs vieux stocks des calibres pour faire des séries limitées, je trouve que ces moteurs des années 60 ont conservé charme et modernité. Les calibres avec pont et roue de renvoi pour avoir une trotteuse centrale, ne sont ni les meilleurs ni les plus précis mais ce petit 283, une fois réglé (chose difficile car la raquette simple flèche n'est pas le must) est redoutablement efficace ...





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MessageSujet: Omega 8 jours après , elle marche encore   Lun 24 Avr - 3:16

Pas courante, une Omega 8 jours de la fin du 19ème siècle avec un calibre de 27 lignes. Il n'est pas signé mais c'est bien un Omega pardon un Louis Brandt. Une pièce imposante et en plutôt bon état.
Par comparaison le gousset extra plat 18 lignes semble ridiculement petit.







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MessageSujet: Les affiches olympiques d'OMEGA   Lun 24 Avr - 3:30
























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MessageSujet: Henri Farman pionnier de l'aviation au 5ème de seconde Omega    Lun 24 Avr - 23:58

1907...


Le 26 octobre 1907: Henri Farman remporte la Coupe Archdeacon. Cette coupe récompense les records signés ce jour d'octobre à bord d'un avion de marque « Voisin ». Farman a parcouru 770 mètres à la vitesse de 52,700 km/h sur une durée de 52 secondes et trois cinquièmes de seconde.
Pour mesurer son exploit un chronographe identique à cet Omega doté d'un cadran indexant les cinquièmes de seconde... Une pièce en argent avec un calibre 19"' Chro. Farman exige qu'on chronomètre ses performances au plus juste. La seconde ne suffit déjà plus et le mieux que puissent faire les chronographes de poche qui évoluent à 18 000 alternances par heure est le cinquième de seconde.


Chronographe Omega Niellé de 1907 - Calibre 19"' Chro



Les journaux reproduisent avec précision ses "temps" parce que cette précision est la marque de la rigueur des reportages enflammés que les journalistes ébahis font sur les exploits des aviateurs.    

Le 9 novembre à bord du même avion, Henri Farman réussit le premier vol de plus d'une minute jamais enregistré en Europe. Il parvient à voler pendant 1 minute et 14 secondes et réussit le premier virage en vol homologué.

Farman est un casse cou. Né le 26 mai 1874, il se passionne d'abord pour le cyclisme et sera notamment en 1892, 1er de la course Paris - Clermont-Ferrand. Il passe ensuite à la course automobile et remporte plusieurs courses dont Paris-Roubaix. Il court sur des Panhard & Levassor. Un accident est à deux doigts de lui coûter la vie en 1905. Qu'à cela ne tienne, il passe à l'aviation ...

Il réussit en mars 1908, un vol de plus de 2 kilomètres. L'aviation évolue à la vitesse grand V et Framan réussit des vols de ville à ville ralliant Chalons sur Marne à Bouy où les champagnes Pommery lui prêtent un pré pour atterrir. Blériot traverse la Manche le 25 juillet 1909, il est équipé d'une Zenith. Farman s'illustre lors de la Grande Semaine d’Aviation de la Champagne à Reims. Il fait sur l'aire d'aviation de Betheny des démonstrations de la maîtrise de ses vols qui passionnent les foules.



Henry Farman sera un pionnier de l'aviation moderne et créera non seulement une compagnie de fabrication d'avions mais aussi en 1924 une compagnie de transport aérien qui sera fusionnée en 1933 avec une compagnie moderne : Air France

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MessageSujet: La Flightmaster ( version calibre 911) Mode d'emploi de 1972   Mar 25 Avr - 5:09

La Flightmaster modèle Omega destiné aux pilotes.

La première version fut produite dès 1969. Cette première version comportait un indicateur 24 heures (jour/nuit). Une version or (de 250 grammes) fut produite à 200 exemplaires en 1971. Cette même année, la seconde version (celle présentée ci-dessous) vit le jour.
Cette version comporte une petite seconde qui a priori est plus intéressante que la version jour/nuit.




















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MessageSujet: Référencement des OMEGA   Mar 25 Avr - 5:14

Référencement des Omega sur la base des indications fournies par Jean-Michel

Citation :
Omega Reference number system was adopted in 1963 it consist in a serie of letters and digit to describe precisely each individual watch . In 1996 Omega introduce a new system but WITHOUT dropping the reference number : this new system is called "PIC" number

PIC numbers are used today by Omega for "commercial" use such as in catalogs , websites , pricelists and those are the most commonly known by recent customers

Reference numbers are still used today : those are the only one which are engraved in the watch and this is the number internally used by Omega to designate a watch or to order spare parts

Please note that PIC numbers are NOT engraved in watches only Reference numbers are , please also note that it is the PIC number which is used on the paper of the watch

Example for a Speedmaster professional :

Reference number : ST-145.0022
PIC number : 3570.50.00

Omega Reference numbers :

Omega reference numbers consist in a serie of two letters and 6 or 7 digits (sometimes followed by the year of production with 2 digits)

AA.111.(2)222-99

AA : case material :

BA=Yellow gold
BC=White gold
BG=Pink gold
BT=Platinum
DA=Yellow gold combination
DD=Gold combination
DG=Pink gold combination
DL=Gold combination
MD=Gold plated
SP=Strap
ST=Stainless steel
TA=Titanium and yellow gold combination
TI=Titanium
TL=Titanium and pink gold combination

111 : description of the watch :

1st digit : strap/bracelet material :
1: Leather strap (men's)
2: Leather strap/diamond decorated bezel (men's)
3: Bracelet (men's)
4: Bracelet diamond decorated bezel (men's)
5: Leather strap (ladies')
6: Leather strap diamond decorated bezel (ladies')

2nd digit : movement type :

0: Manual winding chronograph
4: Manual winding chronograph
6: Non-chronograph
7: Self-winding chronograph
8: Quartz or tuning fork chronograph

3rd digit : additional features :

5: No date
6: Date
8: Chronometer

(2)222 : models

Differentiation of various models use to be only 3 digits from 1963 to 1970 , then 4 digits :
These individual numbers do not designate anything specific, but are used to distinguish between the various models produced

-99 : year of manufacturing

Last two digits :
Designate year of manufacturing of the watch
64=1964 ……

Omega PIC numbers :

OMEGA PIC numbers consist of 8 digits in the following format :

XXXX.YY.ZZ

Here is the way to "decode" them :

XXXX :

1st digit product line :
1=Constellation
2=Seamaster
3=Speedmaster
4=DeVille (DeVille Prestige and Symbol)
5=Louis Brandt
7=DeVille

2nd digit material type :
1=Gold Case on Gold Bracelet
2=Steel-Gold Case on Steel-Gold Bracelet
3=Steel-Gold Case on Partial Steel-Gold Bracelet
4=Steel-Gold Case on Steel Bracelet
5=Steel Case on Steel Bracelet
6=Gold Case on Leather Strap
7=Steel-Gold Case on Leather Strap
8=Steel Case on Leather Strap

3rd and 4th digit : product variation
Varies by product line

YY :

5th digit : Dial color :
1=Champagne
2=White
3=Silver
4=Gray
5=Black
6=Ivory
8=Blue

6th digit : hours marker :
0=Mixed
1=Indexes
2=Arabics
3=Roman
5=Diamonds

ZZ :

7th and 8th digit : strap color :

00= bracelet
01=Black
02=Brown
03=Blue
04=Green

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MessageSujet: Omega . Les aiguilles utilisées jusqu'aux années 30   Mar 25 Avr - 5:14

Extrait du catalogue général Omega








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MessageSujet: La lubrification des Omega (Doc de 1957)   Mer 17 Mai - 1:43









































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MessageSujet: Le premier Chronographe automatique d'Omega   Lun 30 Oct - 6:54

Le premier Chronographe automatique d'Omega





Le début d’une nouvelle technologie est toujours l’occasion d’émuler chez ses concurrents un esprit d’innovation qui parfois s’assoupit. L’apparition publique en 1969 des premiers chronographes à remontage automatique a suscité de la part des concurrents de Zenith, Breitling-Buren- Hamilton-Heuer et Seiko, la volonté de rester dans la course à l’innovation et donc d’offrir au plus vite un chronographe bénéficiant du remontage automatique. Omega, qui avait rejeté en 1947 ce type de montre s’est retrouvé pris de court 22 ans plus tard et a dû imaginer avec son partenaire Lémania une nouvelle génération de chronographes. Ce fut le début d’une nouvelle ère.

Un savoir-faire solide

A partir de 1969 et de la présentation de trois mouvements de chronographes à remontage automatique, les grandes maisons horlogères vont se livrer à une concurrence sans merci en présentant chacune leur modèle de chronographe original. Omega s'appuie sur Lémania qui est l'un des plus grands spécialistes suisses des chronographes pour proposer son premier chronographe automatique. Lémania avait en 1947 mis au point grâce à son calibriste Albert Piguet, un prototype de calibre de chronographe à remontage automatique. Albert Piguet avait "greffé" sur un calibre de chrono CH27-C12A, un système de remontage à butée, très bruyant mais efficace. Le calibre était épais ce qui n'était guère à la mode et imposait un diamètre de montre jugé trop important pour que la commercialisation puisse être envisagée par Omega. Paul-Emile Brandt alors à la tête de la marque de Bienne l'avait donc balayé d'un revers de main en l'estimant superflu et ...sans avenir.





Ce sont indéniablement les avancées de la concurrence qui alertent Omega en cette fin des années 1960. Omega incite à réfléchir avec Lémania à la création d'un mouvement moderne à remontage automatique. C'est ainsi que l'ingénieur de la Chaux de Fonds Raoul-Henri Erard met au point le premier calibre de chronographe à remontage automatique vendu sous la marque Omega. Le mouvement est fabriqué comme ses aînés chez Lémania et tire son énergie d'une masse oscillante montée sur roulement à billes, inventée par Marius Meylan-Piguet et breveté le 28 décembre 1970.



Une nouvelle génération de chronographes



Baptisé 1040, le mouvement appartient à la génération des calibres évoluant à la fréquence de 28 800 alternances par heure. Originalité, il est muni d'une part d'un quantième (date) et d'autre part, d'un indicateur 24 heures à lecture jour-nuit. Les premiers exemplaires de chronographes sont présentés en 1971 dans des boites tonneaux, étanches à 60 mètres. Les cadrans rhodiés soleil comportent une échelle tachymétrique 500-60 km/h. Des variantes offrent une échelle pulsométrique ou télémétrique. La minuterie est dessinée au cinquième de seconde et les index de type baguette sont lapidés avec des points de tritium. Les aiguilles de chrono sont intéressantes car par la conception même du calibre, la totalisation des minutes se fait à partir de l'axe central au moyen d'une aiguille trainante ailée dite "aiguille flèche"? Un totalisateur de 12 heures situé à six heures enregistre les heures chronométrées. Le verre en plexi bombé signé au centre avec la lettre Omega est renforcé mais il reste facilement polissable.

Le chronographe est décliné dans plusieurs types de boites tonneaux avec ou sans couverture de la fixation du bracelet, avec bracelet souple ou acier et enfin avec boite dite pilote avec couvre-anses. Cette dernière boite préfigure ce que sera la Speedmaster Mark III. Si Omega tient avec ces formes de boites des modèles qui sont dans la tendance de la mode et traverseront facilement le temps, il faut reconnaître que la lecture de son chronographe est moins intuitive que celle des concurrents qui ont dévoilé leurs versions deux ans plus tôt. Le principe de la trotteuse centrale qui dissimule l'aiguille du totalisateur sur le même axe que les aiguilles des heures et minutes ne contribue pas à améliorer la lisibilité. En outre, la présence d'un compteur à 9 heures et d'un autre à 6 heures créent un déséquilibre du cadran ce qui le désavantage au regard des modèles des concurrents qui ont mis l'accent sur la qualité visuelle de l'affichage. Le mouvement 1040 présente toutefois l'intérêt d'être précis et silencieux et d'avoir une bonne réserve de marche grâce à un remontage facile via sa masse oscillante. Le 1040 va donc s'installer dans plusieurs modèles et s'il ne supplante pas la version à remontage manuel qui équipe notamment la Speedmaster Professional, c'est simplement en raison du succès immense de ce dernier modèle qui grâce à l'aventure spatiale et aux expéditions lunaires en cours au début des années 1970 remporte un triomphe tant lié à sa notoriété qu'à son succès commercial.

Une nouveauté attendue



Omega fera quelques essais de variantes d'aiguilles et de couleurs, la plus réussie est sans doute celle avec les aiguilles blanches sur cadran noir dans la lignée de la Speedmaster Professional mais aussi celle avec les aiguilles de chrono bleu azur et aiguilles horaires noires. Dans le foisonnement des modèles Omega du début des années 1970, ces chronographes apparaissent comme très représentatifs de la modernité d'Omega et de sa réactivité pour offrir au public des produits qui s'avèrent très attendus. L'apparition du chronographe bracelet à remontage automatique a en effet provoqué une nouvelle demande de la part de la clientèle qui ne veut plus avoir à remonter sa montre chaque jour. La déferlante de la montre à quartz va en cela conforter l'idée qu'il faut libérer le porteur d'une montre de toutes les contraintes de remise à l'heure et de remontage. Les chronographes étaient les dernières montres à ne pas avoir de remontage automatique alors que les modèles à trois aiguilles en disposaient déjà y compris pour les modèles sportifs et en particulier ceux de plongée. Omega avait donc pris un peu de retard face à ses concurrents quand son chronographe Seamaster automatique est enfin arrivé dans les vitrines des détaillants. Très attendu comme toutes les nouveautés Omega, ce mouvement bénéficiera de quelques petites évolutions techniques avant d'être supplanté par les calibres ETA adaptés pour Omega.

Novateur et historique pour la firme de Bienne, le calibre 1040 de la Seamaster intéresse aujourd'hui par son affichage non conventionnel et original. Il est en cela un peu à part dans l'univers des chronographes bracelet où la majorité des pièces est très respectueuse des habitudes du public. Omega démontre avec ces modèles qui ont près de 50 ans, que leur niveau de qualité leur a permis de traverser les décennies sans être altérés et qu'en se plaçant comme inventeur d'un design, ce chronographe a su rester hors des modes et hors du temps qu'il mesure.


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MessageSujet: Je vends la montre de mon grand-père    Dim 7 Jan - 2:10

Je vends la montre de mon grand-père




Partie 1


Citation :
Certains ont dû avoir une cinquantaine de grands-pères ou des grands-pères collectionneurs pour avoir tous les 6 mois, ou plus souvent encore, la montre de leur grand-père à vendre. Bref, régulièrement, on voit des annonces ici et là pour vendre la montre du grand-père... La démarche me trouble un peu, sans doute parce que de mon grand-père je n'ai qu'un petit morceau de rail de chemin de fer qui traînait au fond d'un carton et qui avait marqué ma mémoire d'enfant.

Je regarde souvent ces annonces sur Ebay de gens qui vendent la montre du papy mais souvent j'abandonne quand le vendeur raconte en plus l'histoire de la manufacture en plaçant au 18ème siècle la création des grandes manufactures et en expliquant que la montre est en parfait état alors qu'il lui manque une roue ou un composant...

Cette fois, ce n'est pas moi qui ai vu l'annonce mais un ami et en la lisant je suis tombé de la chaise. Le vendeur expliquait à mots couverts connaître des difficultés financières (c'est un Américain) et bien que sachant que la montre de son grand-père valait plus cher, il en proposait en achat immédiat un prix plus que raisonnable.  

En général, il y a un vice bien caché dans ce type de montre pour justifier un tel discours. En regardant la photo, je n'en vis aucun et mieux, le vendeur, sans doute craintif d'une évaluation négative, en listait les vices, des défauts sans aucune forme d'importance.

Là où ce monsieur devint passionnant c'est quand il expliqua que son grand-père avait joué un rôle majeur dans un Etat américain et que la montre avait joué un rôle dans son ascension. Sans hésiter et bien que dubitatif, j'achetai la montre qui est une pièce plus belle encore que ce que présentait son propriétaire. Une fois l'achat fait, j'interrogeais le vendeur sur l'utilisation faite par le grand-père de la montre et le pourquoi de cette pièce entre ses mains. Le vendeur fort gentiment me répondit complètement.

Je ne vais pas aujourd'hui vous raconter l'histoire de cette montre mais je n'en suis pas encore revenu moi-même. Non seulement elle a une esthétique unique mais en plus elle n'a quasiment aucun défaut (j'ai mis 1 minute à la faire fonctionner). Je dois dire que je n'avais jamais vu une pièce de cette qualité dans une boite en argent, mais je ne vous dévoile pas le sujet, vous le découvrirez très bientôt !


Partie 2


Je vous avais évoqué l'achat d'une montre dotée d'une belle histoire . Ceux d'entre vous qui lisent la Revue des Montres ont pu la découvrir en Avril et la voici en version FAM ... Cette histoire est une histoire vraie faite à partir de témoignages et vérifications. Bonne lecture !    


Le Chronographe Omega du sénateur Forsyth  





Certaines montres ont une histoire forte et intense. C’est souvent l’apanage des plus belles pièces. La montre du Sénateur Américain Charles Floyd Forsyth est riche d’une histoire qu’il a marquée par l’utilisation peu commune qu’il fit de son chronographe et par le fait que son garde temps a traversé le temps sans perdre de ses qualités esthétiques exceptionnelles.  

Omega : L’une des premières manufactures de chronographes

Omega fut l'une des premières manufactures à s'intéresser au chronométrage des temps courts et donc au développement des chronographes. Prisés par les militaires, les ingénieurs, les premiers aviateurs et les automobilistes dont les tableaux de bord des automobiles étaient rudimentaires, le chronographe était une pièce difficile à produire car faisant appel à une main d'œuvre davantage formée que celle qui pouvait être affectée à la fabrication des montres classiques.
Nombreuses furent les manufactures qui ne développèrent pas leurs premiers modèles de chronographes mais préférèrent en sous-traiter la fabrication des mouvements à des maisons spécialisées dont la maison Reymond, fabricant des Valjoux, fut sans doute l'une des plus productives dans les premières années du 20ième siècle.
Les fabricants d’ébauches étaient dans les premières années du siècle, capables de livrer à partir des mêmes bases, des mouvements dont la découpe des ponts était si différente qu’elle faisait oublier que l’architecture des mouvements était la même. Entraient ensuite en scène les termineurs de mouvements ou finisseurs d’ébauches qui doraient, rhodiaient, anglaient voire amélioraient l’empierrement des pièces.
Par essence, le chronographe fut imaginé pour être fonctionnel et fiable et jusqu'aux années 1910, son prix élevé conduisit les acquéreurs à préférer des boites lisses en acier ou métal blanc, plus rarement en argent, et exceptionnellement en or. L'usage de ce type de montre en toutes circonstances fait que les boites meilleur marché sont sans doute préférées.



Depuis la fin du 19ème siècle, Omega produit de superbes chronographes de 19 lignes que la manufacture fait évoluer au gré de ses connaissances et de sa maîtrise dans la conception et la fabrication de ce type de calibres.  Les montres sont dotées de totalisateurs à saut semi-instantané et de cadrans en émail et ébauches d'échelles tachymétriques. Les cadrans en plusieurs parties et dont les sous-compteurs sont rapportés, sont souvent les modèles les plus chers. Ces pièces de poche, chronographes monopoussoir ont un totalisateur des minutes à midi et pas encore de totalisateur des heures. Ces derniers viendront bien plus tard.  Les montres massives sont rarement dans des boites gravées afin d’en limiter le coût.
Posséder l’un de ces chronographes est un signe de qualité et ce d’autant plus si le garde temps présente une certaine esthétique ou recherche. Au début du siècle, l’Art nouveau domine la mode et le mobilier autant que les montres se parent de gravures, dessins romantiques et voluptueux, et de fleurs qui vont marquer toute la période. Les chronographes Omega peuvent sur commande spéciale être proposés dans des boitiers ainsi travaillés, frappés par des médaillers qui se spécialisent dans la frappe de boites pour les grandes manufactures d’horlogerie.


Un chronographe de luxe qui traverse l’Atllantique

La pièce dont l’histoire va s’écrire est vendue en Europe, sans doute en France et il difficile d'expliquer avec certitude comment elle prend le chemin des Etats-Unis, sinon par l'intermédiaire d'un militaire des « Corps of Engineers » ou des « Signal corps » qui aurait pu en faire l'acquisition en 1919 et la ramener avec lui par la suite, lors du retour sur le territoire américain. La trace de la montre s'égare en effet, après la fin des années 1910 jusqu'à ce qu'elle soit remarquée, peut-être dans la vitrine d'un prêteur sur gage, au milieu des années 1950, dans l'Etat du Kansas.
Ce jour là, un jeune avocat né en 1921, Charles Floyd Forsyth, spécialisé dans les affaires criminelles qu’il défend avec aisance et brio, la remarque dans une vitrine.  Il faut dire que les montres américaines sont rarement en argent massif mais plutôt en métal plaqué or jaune ou blanc et que de ce fait, les pièces en argent massif sont davantage prisées quand on souhaite une pièce en métal précieux sans aller jusqu’à investir dans une montre en or massif.
Charles Floyd Forsyth fait l'acquisition de ce magnifique chronographe de 55 mm de diamètre superbement décoré avec l’idée de théâtraliser ses plaidoiries. Nombreux sont alors les avocats américains qui pour détourner l'attention des jurés voire de la cour, et l’attirer vers eux, usent d'accessoires qu'ils manipulent pendant leurs plaidoiries et celles de la partie adverse. Pour l'un, l’accessoire choisi sera un fume-cigarette, un briquet dont il claque le couvercle, pour l'autre, un étui à cigarettes ou un stylo. Ces accessoires donnent du panache, de l'image face aux jurés et jouent parfaitement le rôle d'objets catalyseurs d’attention et finissent par focaliser les regards sur leur manipulateur.
Cet avocat spécialisé dans la défense pénale et les audiences criminelles ouvrit un cabinet à Erie Kansas et travailla pour la ville. Il devint sénateur du Kansas en 1961 et ce jusqu’en 1964 et fut l'avocat de la section locale de « l'American Legion » sorte de confrérie paramilitaire. Par la suite, il est candidat au poste de gouverneur du Kansas, mais essuie une défaite.



Le petit fils de Charles Floyd Forsyth se souvient très bien à quel point son grand-père jouait dans les tribunaux, lors des audiences, avec son chrono qu'il déclenchait et remettait à zéro puis rangeait avec soin dans sa poche. Sans doute l'instrument servait-il aussi à mesurer le temps consacré à un client et à lui facturer au temps passé, le travail réalisé à son profit. Charles Floyd Forsyth ne quittait jamais son chrono en argent Omega. La firme suisse n'était sans doute pas aux Etats-Unis, la plus connue des manufactures helvétiques car à l'époque, Longines très implanté sur le territoire Nord-Américain était représenté par la maison Wittnauer et proposait des montres chronographes particulièrement réussies. La marque était en outre très bien distribuée et c'est donc plus probablement le hasard qu'une recherche dédiée qui a mis ce chronographe sur le chemin de Charles Floyd Forsyth.


Aujourd'hui, les tribunaux américains ne tolèrent plus l'usage d'objets susceptibles de détourner l'attention ou de focaliser le regard des jurés et seule la vérité défendue par le talent de l'avocat doit peser sur la décision. A sa manière, ce chronographe témoigne d'une époque où la théâtralisation de la justice atteignait les prétoires et salles d'audience accompagnée d'accessoires sans lesquels les avocats d'aujourd'hui doivent compter. Le Chronographe Omega de Charles Floyd Forsyth a peut-être fait échapper à des jugements plus sévères nombre d'auteurs de délits mais il reste une pièce qui traverse le temps et dont l'histoire peu courante en fait un objet subtil et rare.


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MessageSujet: Le premier Chronographe automatique d'Omega   Jeu 1 Mar - 3:55

Le premier Chronographe automatique d'Omega





Le début d’une nouvelle technologie est toujours l’occasion d’émuler chez ses concurrents un esprit d’innovation qui parfois s’assoupit. L’apparition publique en 1969 des premiers chronographes à remontage automatique a suscité de la part des concurrents de Zenith, Breitling-Buren-Hamilton-Heuer et Seiko, la volonté de rester dans la course à l’innovation et donc d’offrir au plus vite un chronographe bénéficiant du remontage automatique. Omega, qui avait rejeté en 1947 ce type de montre s’est retrouvé pris de court 22 ans plus tard et a dû imaginer avec son partenaire Lémania une nouvelle génération de chronographes. Ce fut le début d’une nouvelle ère.  

Un savoir-faire solide

A partir de 1969 et de la présentation de trois mouvements de chronographes à remontage automatique, les grandes maisons horlogères vont se livrer à une concurrence sans merci en présentant chacune leur modèle de chronographe original. Omega s'appuie sur Lémania qui est l'un des plus grands spécialistes suisses des chronographes pour proposer son premier chronographe automatique. Lémania avait en 1947 mis au point grâce à son calibriste Albert Piguet, un prototype de calibre de chronographe à remontage automatique. Albert Piguet avait "greffé" sur un calibre de chrono CH27-C12A, un système de remontage à butée, très bruyant mais efficace. Le calibre était épais ce qui n'était guère à la mode et imposait un diamètre de montre jugé trop important pour que la commercialisation puisse être envisagée par Omega. Paul-Emile Brandt alors à la tête de la marque de Bienne l'avait donc balayé d'un revers de main en l'estimant superflu et ...sans avenir.  





Ce sont indéniablement les avancées de la concurrence qui alertent Omega en cette fin des années 1960. Omega incite à réfléchir avec Lémania à la création d'un mouvement moderne à remontage automatique. C'est ainsi que l'ingénieur de la Chaux de Fonds Raoul-Henri Erard met au point le premier calibre de chronographe à remontage automatique vendu sous la marque Omega. Le mouvement est fabriqué comme ses aînés chez Lémania et tire son énergie d'une masse oscillante montée sur roulement à billes, inventée par Marius Meylan-Piguet et breveté le 28 décembre 1970.



Une nouvelle génération de chronographes




Baptisé 1040, le mouvement appartient à la génération des calibres évoluant à la fréquence de 28 800 alternances par heure. Originalité, il est muni d'une part d'un quantième (date) et d'autre part, d'un indicateur 24 heures à lecture jour-nuit. Les premiers exemplaires de chronographes sont présentés en 1971 dans des boites tonneaux, étanches à 60 mètres. Les cadrans rhodiés soleil comportent une échelle tachymétrique 500-60 km/h. Des variantes offrent une échelle pulsométrique ou télémétrique. La minuterie est dessinée au cinquième de seconde et les index de type baguette sont lapidés avec des points de tritium. Les aiguilles de chrono sont intéressantes car par la conception même du calibre, la totalisation des minutes se fait à partir de l'axe central au moyen d'une aiguille trainante ailée dite "aiguille flèche"? Un totalisateur de 12 heures situé à six heures enregistre les heures chronométrées. Le verre en plexi bombé signé au centre avec la lettre Omega est renforcé mais il reste facilement polissable.

Le chronographe est décliné dans plusieurs types de boites tonneaux avec ou sans couverture de la fixation du bracelet, avec bracelet souple ou acier et enfin avec boite dite pilote avec couvre-anses. Cette dernière boite préfigure ce que sera la Speedmaster Mark III. Si Omega tient avec ces formes de boites des modèles qui sont dans la tendance de la mode et traverseront facilement le temps, il faut reconnaître que la lecture de son chronographe est moins intuitive que celle des concurrents qui ont dévoilé leurs versions deux ans plus tôt. Le principe de la trotteuse centrale qui dissimule l'aiguille du totalisateur sur le même axe que les aiguilles des heures et minutes ne contribue pas à améliorer la lisibilité. En outre, la présence d'un compteur à 9 heures et d'un autre à 6 heures créent un déséquilibre du cadran ce qui le désavantage au regard des modèles des concurrents qui ont mis l'accent sur la qualité visuelle de l'affichage. Le mouvement 1040 présente toutefois l'intérêt d'être précis et silencieux et d'avoir une bonne réserve de marche grâce à un remontage facile via sa masse oscillante. Le 1040 va donc s'installer dans plusieurs modèles et s'il ne supplante pas la version à remontage manuel qui équipe notamment la Speedmaster Professional, c'est simplement en raison du succès immense de ce dernier modèle qui grâce à l'aventure spatiale et aux expéditions lunaires en cours au début des années 1970 remporte un triomphe tant lié à sa notoriété qu'à son succès commercial.


Une nouveauté attendue



Omega fera quelques essais de variantes d'aiguilles et de couleurs, la plus réussie est sans doute celle avec les aiguilles blanches sur cadran noir dans la lignée de la Speedmaster Professional mais aussi celle avec les aiguilles de chrono bleu azur et aiguilles horaires noires. Dans le foisonnement des modèles Omega du début des années 1970, ces chronographes apparaissent comme très représentatifs de la modernité d'Omega et de sa réactivité pour offrir au public des produits qui s'avèrent très attendus.  L'apparition du chronographe bracelet à remontage automatique a en effet provoqué une nouvelle demande de la part de la clientèle qui ne veut plus avoir à remonter sa montre chaque jour. La déferlante de la montre à quartz va en cela conforter l'idée qu'il faut libérer le porteur d'une montre de toutes les contraintes de remise à l'heure et de remontage. Les chronographes étaient les dernières montres à ne pas avoir de remontage automatique alors que les modèles à trois aiguilles en disposaient déjà y compris pour les modèles sportifs et en particulier ceux de plongée. Omega avait donc pris un peu de retard face à ses concurrents quand son chronographe Seamaster automatique est enfin arrivé dans les vitrines des détaillants. Très attendu comme toutes les nouveautés Omega, ce mouvement bénéficiera de quelques petites évolutions techniques avant d'être supplanté par les calibres ETA adaptés pour Omega.

Novateur et historique pour la firme de Bienne, le calibre 1040 de la Seamaster intéresse aujourd'hui par son affichage non conventionnel et original. Il est en cela un peu à part dans l'univers des chronographes bracelet où la majorité des pièces est très respectueuse des habitudes du public. Omega démontre avec ces modèles qui ont près de 50 ans, que leur niveau de qualité leur a permis de traverser les décennies sans être altérés et qu'en se plaçant comme inventeur d'un design, ce chronographe a su rester hors des modes et hors du temps qu'il mesure.


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MessageSujet: Les Crash-tests de l'Omega Speedmaster Professionnal X 33   Dim 11 Mar - 22:39

La Speedmaster Professional X 33 "Apte au service !"





S'il est bien une montre qui a du vécu, c'est la Speedmaster Professional X 33. Sans doute, pourrait-on appliquer à certaines montres de pilotes de la seconde guerre mondiale, le même type de remarque mais la Speedmaster X 33 a quelque chose de plus, elle est allée dans l'espace au point parfois de ne pas en revenir. Sa carrière dure depuis 20 ans, ce qui en fait une vintage toujours d'actualité. Si la Speedmaster Professional mécanique, sa sœur aînée a connu un nombre d'expériences spatiales encore plus ultimes avec une présence sur la lune, la X 33 a elle aussi beaucoup vécu et pas seulement des moments positifs.        




Howard Torman est un amateur d'horlogerie américain qui eut une expérience un peu particulière. A la fois médecin, pilote d'essai et ancien correspondant médical national de CBS News, il a vécu une expérience horlogère pour le moins exceptionnelle. Dans les années 1990, il pilotait des avions de chasse et en particulier des F15 et des F16 ainsi que des avions soviétiques MiG -15s et les MiG-21s. Titulaire de deux records mondiaux de vitesse en novembre 1996, sa passion faillit pourtant lui coûter la vie.




Tandis qu'en 1995, il visitait le "Johnson Space Center", il apprit incidemment que le général Tom Stafford travaillait avec Omega en qualité de président du conseil d'administration aux USA afin de mettre au point une montre susceptible de remplacer la Speedmaster Professional qu'Omega craignait de voir vieillir au point de ne plus intéresser la Nasa. Omega avait pourtant déjà échoué dans une proposition faite à la NASA de remplacer la Speedmaster par une version Mark II. Mais cette fois la marque de Bienne pensait tenir un concept ultra moderne lui ouvrant les portes de l'espace pour des décennies et en particulier d'un vol habité vers Mars.

Par relations, Howard Torman fut rapidement associé au projet et chargé de mener des tests avec le prototype de la Speedmaster Professional X33, un modèle à quartz pour lequel Omega tenait à associer des professionnels aux développements de fonctionnalités spécifiques de la montre. Le nom fut à l'époque tiré d'un projet de la Nasa abandonné par la suite qui consistait à développer un véhicule spatial réutilisable.

La X33 était une montre outil au sens plein du terme embarquant des fonctionnalités qui en théorie sont le fruit de plusieurs instruments. Le chronographe peut être dégressif et la montre qui permet de caler le fuseau de Greenwich permet des mesures de temps longs comme les missions spatiales sur toute leur durée par exemple pour mener à cadence régulière des expériences programmées. Chaque fonction est assortie d'une alarme de 80 Db qui couvre le bruit habituel dans les vaisseaux spatiaux ou dans les cockpits des avions militaires. La X33 est un outil qui n'a pas rencontré un très grand succès commercial en raison de la concurrence des montres japonaises bien moins chères et très suffisantes pour l'usage du grand public.



Pour tester ses prototypes, Omega a donné une montre à certains pilotes, cosmonautes et astronautes en échange de leurs commentaires sur les performances et caractéristiques de la montre. Les montres faisaient ainsi la navette entre le poignet des "Beta-Testeurs" et les ateliers d'Omega pour modification. Les testeurs prirent l'expérience très au sérieux et s'enthousiasmèrent pour cette montre au point de la porter en permanence.  


Howard Torman portait donc son prototype (numéroté 11/22) le 16 octobre 1997, lors d'un test en vol à Stead Field, Reno dans le Nevada. Il pilotait ce jour là un MiG-15 et perdit le contrôle lors de tests d'atterrissage de son avion qui s'est retourné perdant une partie du fuselage. Son casque a raclé le sol et il aurait pu perdre la vie comme en témoignent les photos. Blessé Torman s'en est toutefois bien sorti faisant subir à sa montre un crash test en temps réel. La montre fonctionnait parfaitement après l'accident. La X 33 dont la boite est en titane est il faut le dire adaptée aux chocs et peut subir des chocs de 3,5 kilos ce qui est énorme.



On remarque que le modèle a changé entre la phase prototypes et la commercialisation.


Les deux versions de la X33 de 1ère et deuxième génération (1998-2011) et (2001-2005) ont des poussoirs plats, une boite plus fine, une lunette mieux adaptée (différente entre la génération 1 et 2), des aiguilles plus lisibles, etc. La version commerciale est finalement plus agréable que les prototypes. La montre qui a fait une seconde carrière aux Etats-Unis après 2006 et la fin de sa commercialisation en Europe a été livrée massivement à la Nasa et aux divers corps d'armée américains qui ont pu se faire fabriquer des fonds spéciaux forcément aujourd'hui très recherchés. On retrouve la pièce au poignet de Thomas Pesquet et elle fut embarquée dans de nombreuses missions spatiales.


Thomas Pesquet avec sa X 33


L'équipage de Columbia n'eut pas la chance de Torman. Tous les passagers de la navette moururent dans l'accident spatial qui eut lieu le 1 février 2003 au cours de la mission STS-107. Durant la phase de rentrée atmosphérique, la navette Columbia fut détruite au-dessus du Texas et de la Louisiane. C'est sans aucun doute le pire souvenir de Columbia. Les cosmonautes avaient tous posé avec leur montre X 33 quelques heures plus tôt.




Cela dénote la difficulté d'être présent pour une maison horlogère dans des missions périlleuses. La X33 n'est évidemment qu'un exemple parmi d'autres. Tous les modèles de montres de pilotes ont connu des accidents sévères, des crashs mortels qu'il est habituel de "voiler pudiquement" mais qui prouvent que ces montres sont d'authentiques outils mis à toutes épreuves. La Speedmaster X 33 démontre que les montres outils de professionnels ne sont pas nécessairement des grands succès commerciaux et que leur histoire peut être émaillée de moments chaotiques. L'histoire, la vraie n'est pas toujours celle racontée par le marketing. C'est aussi une réalité de terrain...ou d'espace.  


Images Hodinkee sauf la montre.

A lire absolument l'article d'Hodinkee

https://www.hodinkee.com/articles/crash-in-the-desert

Voir aussi

https://www.quora.com/What-are-the-final-moments-of-crashing-in-a-jet-like


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MessageSujet: Le premier chronographe bracelet automatique daterait de 1947   Lun 16 Avr - 4:10

Amusante coîncidence, au moment où je travaille sur un article sur les chronos anciens et en particulier ce sujet, Grégory Pons publie des images et un commentaire fort intéressant. Bravo à lui d'avoir déterré si vite et dégainé le premier !


Le premier chronographe bracelet automatique daterait de 1947




Ainsi donc Lémania aurait en 1947 mis au point grâce à son calibriste Albert Piguet que l'on retrouve parmi les pères de la Speedmaster Omega, un calibre de chronographe bracelet à remontage automatique. L'info n'est pas totalement nouvelle et Marco Richon (si ma mémoire est bonne) avait déjà soulevé ce sujet. Lémania, rappelons-le, maîtrisait déjà le 36 000 aternances depuis 1932 avec son chrono "Olympic" et s'intéressait de très près aux développements chronographiques pour la maison dont il était devenu partenaire depuis son rachat par la Société de microélectronique et d'horlogerie (SMH) dont Omega était déjà l'une des composantes (cette structure donnera lieu plus tard à la naissance de Swatch Group).

En 1945 donc, Lémania se concentre sur la production de montres à remontage automatique. Le concept des premières montres automatiques est un système à Bumper (butées) bruyant et parfois fragile. Toute le monde fait de la montre à remontage automatique sur des bases assez proches et Jaeger LeCoultre, Zenith, Omega, Movado, etc. ont des propositions de produits assez proches.

Sans qu'il n'y ait de compétition entre les marques sur le sujet (ou pas encore), Lémania via Albert Piguet imagine un calibre de chrono à remontage automatique ou plutôt greffe sur un calibre de chrono CH27-C12A, un système de remontage à butée, très bruyant mais efficace. Le calibre est épais ce qui n'est pas à la mode et va imposer un diamètre de montre plus important qui lui aussi n'est pas dans les canons de la mode.

Lémania a déjà étudié la transposition du 36 000 alternances sur des pièces bracelet et y a renoncé en estimant inadaptée la haute fréquence aux petits diamètres de mouvements. Omega ne reçoit donc qu'une proposition de calibre classique mais à remontage automatique. Le tout est fiabilisé et comme l'explique Grégory Pons la livraison se fait sur une série de 10 calibres. Deux sont conservés chez Lémania soit un total de 12 pièces hors prototypes.

Omega rejette le projet d'abord parce que la masse, lorsqu'elle bute sur les ressorts, donne l'impression d'une mécanique défaillante mais aussi parce que les montres classiques automatiques "cassent" régulièrement et donnent un résultat qui est sujet à réclamations des clients. Le seul calibre à butée vraiment fiable ou en tous les cas le plus fiable, est celui mis au point par Ephrem Jobin pour le calibre 133 puis 133-8 de Zenith. Il fut lui aussi un échec commercial au regard de la renommée des calibres à butée. Sa diffusion commerciale date de ...1948.

Omega ne prend pas le risque de diffuser ce mouvement, à tort sans doute et cela renvoie à 1969, la diffusion de mouvement de chronos à remontage automatique, Buren en déposant les premiers brevets en 1967. Officiellement selon Grégory Pons, il ne resterait qu'un seul exemplaire de ce calibre chez Lémania (donc un des deux non livrés à Omega) mais il me semble que Marco Richon était sur une piste à une certaine époque ...

On imagine sans peine ce qu'aurait pu anticiper Lémania si on avait laissé cette manufacture s'épanouir mais on sait qu'Omega a su aussi anticiper certaines erreurs industrielles et il est très difficile d'établir si ce refus fut une erreur ou au contraire une bonne idée sur un mouvement qui aurait créé des déconvenues à ses possesseurs.

C'est en tous les cas très bien d'avoir pu obtenir ces images et de les diffuser. Je ne suis pas certain que cela change réellement la donne et arbitre la discussion sur qui a eu le premier mot en 1969 puisque sur un plan industriel, Zenith comme Seiko ne sont pas du tout sur ce type de produit mais au contraire dans une démarche de remontage intégré. En tous les cas, le projet de Lémania est très très proche de celui breveté par Buren en 1967, projet qui donnera naissance au calibre 11 dans l'association Buren, Hamilton, Breitling, Heuer... Rappelons que ce calibre fonctionnait très mal et que le remontage avait été ajouté modulairement à un calibre créé pour un remontage manuel.

Voir l'article de Grégory Pons sur certains dessins de Lémania.


http://www.businessmontres.com/lesles-bonnes-lectures-du-week-end/lemania-breguet-omega-leroy-lleroy-patekphilippe-harwood-alpina-hubertsarton-albertpiguet-bernardvuilliomenet-lhistoire-etrange-du-vrai-premier-chronographe-mecanique-a-remontage-automa

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MessageSujet: Comment Lémania a mis au point pour Omega la haute fréquence en 1932   Lun 16 Avr - 4:15

Comment Lémania a mis au point pour Omega la haute fréquence en 1932





En 1932, les Jeux Olympiques se déroulent à Los Angeles du 30 juillet au 14 août. Le chronométrage des jeux est pris en charge par Omega. Quatre jours après la clôture des jeux, leur Directeur Technique, William M. Henry, souligne le rôle fondamental joué par les montres Omega. Il pointe dans son propos que les trente chronographes à rattrapante fournis par Omega ont été les seuls utilisés par les juges olympiques officiels et ce pour tous les sports.

Le fruit d’une collaboration
Ces chronographes sont le fruit d’une collaboration étroite entre Omega, qui en 1932 appartient au SSIH, et Lémania qui intègre ce consortium précisément la même année.  Omega enrichit à cette occasion son potentiel de diffusion de montres compliquées, ces dernières étant la spécialité de Lémania et en particulier, de chronographes dont la manufacture s’est faite une spécialité.





Même si Omega en 1932 a déjà produit en interne deux calibres de chronographes, l’un dès 1898 et l’autre dès 1908, ce qui est rare dans les firmes horlogères, la maison de Bienne s’est énormément investie dans les chronométrages sportifs et le calcul par chronographes de la vitesse des automobiles.
A l’époque, les mouvements de chronographes évoluent majoritairement à 18 000 alternances et parfois moins et le chronométrage peut donc être opéré au cinquième de seconde. Peu de manifestations sont portées par une seule firme d’horlogerie mais Omega a déjà en 1905 chronométré 16 compétitions en Suisse et à l’étranger. En 1909, la manufacture signe l’exclusivité du chronométrage de la Coupe Gordon Benett, une course internationale de 70 montgolfières et dirigeables qui se déroule près de Zurich. En 1916, Omega a ses premiers contacts avec le mouvement Olympique à l’occasion de compétitions organisées à Lausanne en l’honneur des 25 ans d’existence du CIO.  L’évolution des performances sportives des athlètes va obliger l’industrie horlogère à se dépasser et à rechercher une précision de chronométrage supérieure au cinquième de seconde. Le calcul décimal du temps va pousser les concepteurs de calibres de chronographes à explorer des fréquences facilitant cette lecture.







Un chronographe à haute fréquence


Alfred Meylan est constructeur chez Lémania en 1932. C’est lui qui depuis plus de 2 ans, travaille activement à la mise au point d’un chronographe sportif doté d’un mouvement évoluant à 36 000 alternances par heure et proposant une rattrapante nécessaire aux juges qui bordent les pistes. Meylan remarque que plus le diamètre d’un calibre est grand, plus il est facile de pousser la fréquence de ses éléments régulateurs en en adaptant corrélativement la taille. Il opte donc pour un mouvement de 24 lignes, soit un diamètre de 53,7 mm doté de 18 rubis, d’un balancier bimétallique à vis de compensation en or, d’un spiral Breguet en acier trempé. A l’époque, plusieurs maisons travaillent aussi sur des chronographes à haute fréquence. Les firmes chercheront à adapter un peu plus tard cette caractéristique à des montres bracelets avec plus ou moins de succès, certaines maisons devant même revenir à des fréquences plus lentes telles que 28 800 alternances en raison de problèmes d’usure prématurée et de lubrification insatisfaisante des mouvements. Les Fabriques Réunies trouveront en 1967 une solution technique qui fera 2 ans plus tard la fortune de Zenith en permettant à cette manufacture de réaliser le premier chronographe à haute fréquence de 5 hertz de l’histoire. Les autres maisons qui se lanceront dans la production de mouvement à haute fréquence y renonceront finalement.  





Omega avec son calibre 1130 imaginé par Lémania, va définitivement conquérir le monde sportif et la firme va même créer un département spécialisé dans le chronométrage de tous les sports. Omega investira dans toutes les formes de chronométrage créant des technologies sophistiquées tant pour donner les départs que fixer les arrivées et afficher les résultats. Le chronographe « Olympic » connaîtra une version électrifiée pour donner les départs et transformer en son les 5 secondes précédant ceux-ci.



Par ailleurs, un calibre dérivé du mouvement 1130 est mis au point et exploité dans des compteurs de sport à rattrapante, la technologie imaginée par Alfred Meylan va porter les chronométrages olympiques jusqu’à l’avènement de l’électronique. Régulièrement Omega va rééditer son chronographe jusqu’à en produire des éditions de luxe en or ou en platine notamment en 1995 et dans une version prestigieuse en or jaune, rose ou blanc en 2005.


Une réédition ultime en 2005






Lors de la production de la série limitée à 100 pièces en 2005, Omega explique que le mouvement de sa rattrapante est référencé dans sa version contemporaine « OMEGA 3889A » et qu’il reprend à quelques détails près, la version originelle de 1932. Omega précise par ailleurs que les dessins du mouvement original, datant de la fin des années 1920, furent découverts sur un microfilm. La firme de Bienne ajoute que le chronographe dispose d’un mouvement de précision très performant, doté d’une rattrapante intégrée, le tout étant  contrôlé par une double roue à colonnes. Ce mouvement de 24’’ (53,7mm) bat à 36'000 alternances par heure et permet ainsi, une précision au 10e de seconde. Tous les composants d’origine ont été impeccablement restaurés. Les platines et les ponts dorés de 1932 ont été en 2005 reconditionnés, rhodiés et mis en valeur par un grenage circulaire et des côtes de Genève.




La version initiale de 1932 et celles qui suivirent hors rééditions en séries limitées, disposaient d’un calibre doré. Les deux roues à colonnes servent au pilotage des deux aiguilles de chrono et assurent une synchronisation parfaite. A l’oreille, le mouvement émet un son très rapide où « le tic et le tac » sont encore discernables mais si rapprochés qu’ils donnent le sentiment d’être sur le point de s’unir en un bruit continu. Dans la plupart des versions à vocation sportive, l’une des aiguilles de chrono est rouge, c’est la rattrapante et l’autre aiguille est bleue. La lecture se fait par un marquage fin des dixièmes de secondes en périphérie du cadran sur lequel viennent pointer les aiguilles de chrono. La lecture du temps chronométré est instantanée et comme ces aiguilles sont déformées à la pointe pour venir pratiquement toucher le cadran, le défaut de lecture dit défaut « du parallaxe » est totalement gommé.  La pièce est lourde et sa prise en main est d’autant plus sûre.
Exploité un temps sous la marque Lémania, ce mouvement de 24 lignes connaît, avec Omega, ses heures de gloire. Habillé dans ses versions à usage sportif soit d’une boite en laiton chromé, soit d’une boite peinte émaillée couleur anthracite antidérapante (collection nuit spatiale) avec un cadran oxydé noir mat et des aiguilles blanches, ce chronographe a véritablement marqué l’histoire d’Omega et des Jeux Olympiques. Les versions olympiques pouvaient être assorties de sur-boitiers comportant un déclencheur le cas échéant, opérationnel avec un système permettant de mettre en marche plusieurs chronographes simultanément et ainsi de gérer le temps de plusieurs athlètes lors d’une compétition.

Aussi célèbre que les athlètes

En 1932, Omega envoie 30 chronographes et un horloger aux Jeux Olympiques de Los Angeles. En 1936, ce sont 185 chronographes qui sont missionnés avec toute une équipe pilotée par le représentant d’Omega en Allemagne. Les Jeux Olympiques sont chronométrés au dixième de seconde grâce aux 36 000 alternances des pièces Omega.




Avec ce chronographe devenu aussi célèbre que les athlètes dont il a mesuré les performances, Omega a disposé grâce à Lémania d’une véritable pièce de compétition. Les chronographes étaient réglés précautionneusement avant le démarrage des jeux et testés tout au long de ceux-ci avec autant de pièces de secours qu’il était nécessaire au cas où un chronographe viendrait à être défectueux. Omega fournissait ainsi non seulement du matériel mais aussi des équipes techniques chargées de la maintenance et de la vérification du matériel. Certains horlogers régleurs étaient si pointus qu’ils pouvaient à l’oreille saisir la moindre anomalie.





La difficulté sur les Jeux était de limiter la casse par négligence des utilisateurs, aussi les juges commissaires avaient-il des recommandations et un protocole d’utilisation à respecter notamment lors de la restitution des chronographes.
Certaines des pièces opérationnelles lors des différents JO se sont parfois égarées après ceux-ci, soit cédées volontairement aux juges commissaires, soit distribuées aux horlogers détaillants pour être exposées avant d’être dispersées. Certaines pièces sont ainsi parfois accessibles pour les collectionneurs qui découvrent l’avancée technologique de Lémania et d’Omega en 1932.



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MessageSujet: Une Omega toute particulière ... Celle de A. Tranchant    Lun 16 Avr - 4:23

L'Omega d'Alphonsine Tranchant





En 1826 Louis Hachette, né à Rethel dans les Ardennes le 5 mai 1800, rachète à Paris une minuscule librairie du quartier latin 1 rue du Battoir-Saint-André (partie de la rue qui est devenue rue Serpente). Normalien de formation, il publie en 1827 son premier ouvrage, un dictionnaire de grec/français et une revue d'information destinée aux universitaires. Les éditions d'ouvrages vont alors s'enchainer d'abord à vocation éducative puis davantage littéraire. Le 1er janvier 1846, il crée la société L. Hachette et Compagnie et passe un contrat entre Emile Littré et Louis Hachette pour la publication d’un dictionnaire dont les premiers volumes sortiront en 1863. Il invente en 1851 la bibliothèque de gare et met en place en 1852, la bibliothèque des chemins de fer. Les livres manipulables et bon marché sont l'une des souches du livre de poche moderne.

En 1848 est embauchée par les éditions Hachette une certaine Alphonsine Tranchant. Elle a en charge la lecture des manuscrits et la correction des impressions. Ensuite elle participera à la gestion des collections jeunesse dans laquelle on trouve ces fameux livres de prix remis en fin d'année dans les écoles aux meilleurs élèves. Elle exercera cette activité 30 années durant avant de prendre sa retraite en 1878 après avoir traversé la commune et le coup d'état du 2 décembre 1852... Elle découvre la première certains écrits d'auteurs illustres comme Adolphe Thiers, Michelet ou Balzac...

Alphonsine fait partie de ces collaboratrices qui au sein d'une entreprise savent trouver leur place et deviennent des expertes indispensables à la vie de la société... Son départ est pour Hachette une grande perte et la maison d'édition lui témoigne sa reconnaissance en lui offrant une montre de col à ancre de grande qualité, une Omega de chez Kirby Bird la grande boutique de l'avenue de l'Opéra à Paris. Sur le fond de la montre, Hachette fait appliquer en lourdes lettres d'or le monogramme d'Alphonsine Tranchant. Le mouvement est doté de châtons en or vissés et la raquette pourvue d'un col de cygne. La pièce est de qualité à l'image de l'employée qui prend congé de l'éditeur.      

On aurait pu imaginer que cette montre se perde à jamais fondue ou éclatée dans le tiroir d'un horloger... Il n'en est rien, la montre est là, intacte comme au premier jour.









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MessageSujet: Omega et le marché américain au début du 20ème siècle   Lun 16 Avr - 4:29

Omega et le marché américain au début du 20ème siècle




Dès la fin du 19ème siècle, Omega s'intéresse au marché américain. Quasiment toutes les manufactures suisses sont présentes sur le marché américain dès les années 1880. La concurrence avec les manufactures américaines est extrêmement sévère et les uns n'hésitent pas à critiquer les autres ouvertement. Ainsi dans les revues horlogères suisses lit-on en 1904 que les Américains ont des méthodes de travail qui sont proches de l'esclavage avec des gens entassés dans des pièces minuscules pour y loger alors que l'industrie suisse respecte ses ouvriers. Les Américains parlent de leur côté des Suisses comme trop lents à prendre des décisions...

Quoi de plus logique ? L'industrie américaine a installé ses manufactures dans des zones urbaines avec de grandes manufactures et une population ouvrière qui habite sur place ou à de faibles distances mais avec des systèmes de transport de masse qui en Suisse n'existent pas encore et pour cause, les ouvriers horlogers sont aussi des ouvriers agricoles et ils mènent de front leurs deux activités qui leur impose d'être sur les terres chaque jour du printemps à l'automne. En critiquant les Américains, les Suisses rassurent leurs ouvriers.

Les deux industries ne peuvent évoluer de la même manière au même rythme. Les Suisses vont donc tenter d'exporter vers l'Amérique du nord des montres qui s'adaptent visuellement à une clientèle qui préfére les calibres rodhiés "blancs" aux calibres dorés "jaunes" et qui sont attentifs à l'empierrement plus qu'aux anglages, à la raquette plus qu'à la boite qu'il préfèrent plaquée or plutôt qu'en argent et massive avec des grosses couronnes plutôt que fine...

Les Suisses se font bien vite rattraper par le protectionnisme américain qui vise à défendre l'industrie du pays et va conduire dans le domaine horloger à imposer qu'une partie des montres suisses soit faite sur le territoire nord américain à défaut de quoi les montres n'y seraient pas commercialisées.

Dès lors, et compte-tenu de quotas qui vont en outre à certains moments frapper les marques, beaucoup vont utiliser des marques d'emprunt pour se faire distribuer avec des emboitages américains. Omega sera ainsi distribué sous les marques Louis Brandt (marque et nom du fondateur) mais aussi sous Labrador, Regina et enfin Omega. (Il y eut aussi quelques autres marques dans de moindres proportions).

Les mouvements ne seront pas tous signés mais il sont reconnaissables assez facilement. Les Américains, au vu des productions locales les plus soignées, sont servis en calibres chronomètres souvent de 17 à 23 rubis. Longines, Omega, Vacheron & Constantin auront la même logique qualitative pour ce marché. Bien sûr, il existe une distribution de calibres 15 rubis mais les versions mieux finies (on ne connait pas le terme haut de gamme) vont connaître un franc succès parfois sous des marques dites "Private Label".

Voici une de ces "Private Label" , une montre W.H Cowley, horloger installé à Detroit dans le Minnesota depuis la fin du 19ème siècle. La pièce est massive car sa boite est très lourde, taillée dans la masse par fraisage. Le calibre est un puissant 19 lignes de qualité C avec 17 rubis datant de 1906/07. Les anglages sont soignés et la finition de grande qualité pour ce chrono qui reste à moins de 4 secondes par jour. La boite a un diamètre de 54 mm.



La montre est épaisse et lourde, ce qui lui donne un charme particulier et une impression de grande solidité.  


Le mouvement, un 17 rubis est d'une finition poussée (voir le contre-pivot à l'ancre) et la raquette permet un réglage fin et ultra-précis.  



La qualité globale de cette montre en fait une pièce intéressante qui pèse très lourd à cause de la masse de la boite. Cette montre témoigne mieux que tout récit de l'intérêt porté par Omega au marché américain et de la qualité des pièces exportées là-bas...  
   

 

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MessageSujet: Une railroad canadienne Brandt-Omega ...   Lun 16 Avr - 4:32

On est en 1915, Omega livre depuis plus de 12 ans les compagnies de chemins de fer canadiennes qui, comme celles des Etats-Unis, ont adopté des cahiers des charges très stricts concernant les garde-temps des personnels. La différence entre les Etats-Unis et le Canada est que les Canadiens ont agréé beaucoup plus facilement des montres dotées de calibres suisses, alors que les Américains par protectionnisme et sous la pression des syndicats "favorisent" les montres 100% fabriquées sur le territoire américain.

Omega livre aux compagnies canadiennes des calibres haut de gamme soit de qualité C soit de qualité D. A l'exception de la version D 23 rubis, il n'existe pas vraiment une différence qualitative touchant la précision entre les version C et les versions D. L'empierrement est différemment réparti pour les versions à 19 rubis pour lesquelles le barillet est empierré en qualité C alors qu'il est seulement à partir de certaines 21 rubis en qualité D. La qualité D offre un système de raquette différent et pour les 23 rubis un contre pivot en diamant au balancier.

Ces montres sont souvent signées sous des "Private label", marques de distributeurs qui apposent leur nom sur le cadran. Rarement la marque Omega apparait sur le cadran, très exceptionnellement le nom de Louis Brandt et quasi jamais le nom d'Omega et de Louis Brandt sont associés sur un même cadran...

Cette pièce est donc plus que très rare et méritait un retour dans la vieille Europe... On notera la qualité des anglages et du rodhiage. Les chatons sont en or 18 carats .  

La voici !




Le calibre est enfermé dans un cerclage et dans la boite monobloc qui le protège de l'humidité et de la poussière. Cela n'est pas pour rien dans l'état exceptionnel de conservation de ce mouvement.






On voit parfois des version 23 rubis, rares en qualité C. La Baie en a proposé une il y a quelques semaines dans un état moyen. Le bon état du mouvement est fondamental car dans la majorité des cas, faute de retrouver la même qualité de pièces (matériaux, polissage, etc.), ce sont des pièces "ordinaires" qui viennent remplacer les pièces défectueuses et la montre perd alors beaucoup de son intérêt.


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MessageSujet: L'Omega de la Canadian Pacific   Lun 16 Avr - 4:42

L'Omega de la Canadian Pacific


En 1874, naît près de Cracovie, à Wieliczka dans une famille très pauvre, celle des Pawlowski, un garçon que l'on baptise Victor. Le père est mineur dans les mines de sel et la mère lave du linge pour les familles les plus riches. Victor passe une enfance plutôt heureuse parce que sa mère obtient le droit de laisser jouer son fils, Yvan, dans le parc de la maison où elle fait la bonne et que ce dernier partage ses jeux avec le fils de la maison.

Une fois adulte, Victor n'est pas oublié par son ami d'enfance et il obtient une place de contremaître dans l'usine que dirige ce dernier. Quand son patron se marie, Victor est convié à la cérémonie et au repas qui suit la cérémonie. Victor a une personnalité timide. Complexé par sa condition sociale, il n'a que très peu de relations avec les femmes, alors quand la soeur de la mariée lui parle, puis l'invite à danser, il imagine que cette jeune fille, Agneska, qui lui donne davantage que toutes les jeunes filles qu'il a connues est sans doute la femme de sa vie.

De fait, c'est bien une relation amoureuse qui naît entre les deux êtres. Le pauvre Victor va très vite mesurer les embuches que cette histoire provoque. C'est qu'en 1899, les filles de familles bourgeoises doivent trouver des maris qui sont au moins de la même condition sociale qu'elles-mêmes. Le père d'Agneska est aussi le second gros actionnaire de l'entreprise où travaille Victor. Il avait promis sa fille au fils d'un industriel et cette histoire avec l'un de ses contremaîtres le plonge dans une immense colère. Il ne tarde pas à renvoyer Victor sous un prétexte futile et interdit à sa fille de le revoir.  

Wieliczka est une petite ville et Victor n'y retrouve pas de travail. Le père d'Agneska s'emploie à lui rendre inaccessible tout travail local et va même jusqu'à offrir une somme d'argent au jeune homme s'il quitte la ville. Il part en 1900 mais Agneska n'écoute pas son père et avec la prime offerte à Victor, les deux jeunes gens partent pour le Canada.

Agneska parle le français parfaitement et l'apprend à Victor. Le jeune homme travaille rapidement d'abord dans un commerce puis dans un garage. La jeune fille trouve un emploi d'assistante dans une école où elle s'occupe d'enfants en bas âge. Le couple s'intègre vite dans la population qui est séduite par leur histoire d'amour. Grâce aux membrex d'une association religieuse, Victor se voit proposer un travail de mécanicien au sein de la Canadian Pacific. Le travail est bien payé et il sera chargé d'aider au pilotage de la machine. On est alors en 1902. Victor se montre doué et, en1907, il devient conducteur de locomotive. Il lui est alors remis une montre, un chronomètre Omega porteur d'un mouvement de 21 rubis.

 


La montre est superbe et d'une précision totale. Victor connaissait Omega car c'était la marque de la montre d'Yvan, son ami d'enfance. Jamais il ne pensait en porter une un jour. Yvan et Victor s'écrivent.  Dans une lettre où il donne de ses nouvelles et raconte sa vie avec Agneska, Victor raconte qu'il a reçu cette montre avec une somme de recommandations et qu'il doit la protéger tant que faire se peut.






En 1913, Agneska et Victor sont devenus Canadiens, ils ont un enfant et Victor a un poste de Directeur de la maintenance des machines à la Canadian Pacific. Son salaire confortable permet à Agneska de ne pas travailler. Le père d'Agneska est au plus mal après une très mauvaise grippe. La famille fait le chemin jusqu'en Pologne. Lorsqu'ils arrivent, il est trop tard. Le père d'Agneska est mort depuis 6 jours et il a été enterré au cimetière de Wieliczka. Victor retrouve son ami Yvan. On s'échange beaucoup de larmes ce jour là. Les soeurs tombent dans les bras l'une de l'autre. Chacun raconte sa vie depuis le départ du couple vers le Canada. Yvan espère que son ami ne repartira pas et la soeur d'Agneska voudrait garder sa soeur auprès d'elle.

Victor et Agneska voudraient rester mais leur vie est déjà ailleurs, Le Canada leur a ouvert une autre vie dans un climat rude et avec des moments difficiles mais aussi des moments joyeux et gais. Le couple reprend le bateau une semaine plus tard. Avant d'embarquer, Victor tend la main à Yvan. Il y tient son Omega de la Canadian Pacific... "Elle est à toi, en souvenir de notre amitié, ne nous oublie jamais ..."

La montre est restée auprès d'Yvan jusqu'à sa mort en 1971. Son fils l'a alors conservée puis l'a cédée à un horloger il y a quelques mois en racontant l'histoire de son grand-père et de l'ami de celui-ci. La pièce, aux dires de l'horloger, n'a connu qu'un changement de ressort mais jamais d'avaries. Son axe de balancier est d'origine. Il ne fait aucun doute que la montre a peu d'usure mécanique car elle est précise à moins de 2 secondes d'avance par semaine comme beaucoup de ces 21 rubis Omega quand tout est d'origine. Le col de cygne est superbe comme le pont de balancier et le mouvement rodhié fabriqué pour le marché nord-américain est irréprochable. Le cadran en émail, en trois parties, est d'une infinie beauté.  
Le mouvement est un 18 S au sens américain soit un 19, 7/8 lignes soit 44,86 mm. Il n'est pas mentionné adjusted x positions mais juste "Adjusted" ... Les aiguilles poires bleuies sont parfaites.

Victor serait mort en 1968 et Agneska une dizaine d'années plus tôt, leur fils est lui aussi décédé et la famille se perd au sud de Montréal. La branche polonaise a migré en France probablement du côté de Metz mais cela ne fait pas partie de l'histoire de cette montre suisse partie au Canada pour finalement rentrer en Pologne.


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MessageSujet: L’Omega Speedmaster Mark II Racing toujours dans la course    Mar 28 Aoû - 3:31

L’Omega Speedmaster Mark II Racing toujours dans la course



L'Omega Speedmaster II Racing





L’Omega Speedmaster Professional Mark II Racing reste malgré les années écoulées depuis sa commercialisation en 1969, une montre un peu à part d’abord parce que c’est une pièce dédiée à la compétition automobile et d’autre part parce que son histoire est étroitement liée à la plus célèbre des montres de toute l’histoire de l’horlogerie. Elle est pourtant restée une montre de connaisseurs dont le succès de la version originelle a conduit Omega à la rééditer de manière contemporaine.


La Speedmaster Professional d'Omega est une icône horlogère, une icône qui a accompagné la plus grande aventure humaine jamais réalisée : La conquête de la lune. Paradoxalement, l'histoire commerciale du modèle originel aurait pu s'arrêter avant même que l'homme ne pose le pied sur la lune alors qu'il avait été sélectionné par la NASA. En 1969, Omega a pourtant toutes les raisons de se réjouir. Depuis 1965, la Speedmaster est associée au programme Gemini et la voici maintenant embarquée vers la lune avec le programme Apollo. L'alunissage de juillet 1969 a donné à Omega une notoriété mondiale et la Speedmaster a définitivement conquis le rang de première montre portée ailleurs que sur Terre.


Le premier voyage lunaire a pourtant généré un instant de frayeur chez Omega quand Buzz Aldrin encore dans le LEM a annoncé dans sa transmission que sa montre s'était arrêtée. Les gens d'Omega se sont décomposés au sol jusqu'à ce que l'astronaute démente cette information et dise "Ah, non ... C'était juste la trotteuse". Aldrin qui laissait tourner le chrono en permanence avait par inadvertance arrêté celui-ci mais la montre fonctionnait parfaitement.


Toute la communication d'Omega en 1969 repose sur l'exploit de la mission Apollo. Pourtant chez Omega, tout le monde n'est pas totalement convaincu du futur du modèle. Les équipes marketing craignent depuis bien avant la réussite de la mission Apollo 11 que la Speedmaster qui a déjà plus de 10 ans ne vieillisse face à une concurrence qui a déjà depuis un bon moment abandonné le verre en acrylique qui est réputé jaunir et se rayer facilement. Les formes tonneau sont à la mode et la concurrence se répand depuis janvier 1969 avec Zenith puis Breitling - Heuer et Buren sur l'intérêt des chronographes à remontage automatique qu’Omega a de son côté rejeté, quand Lémania qui fabrique ses mouvements a présenté des projets anticipant cette technologie. Du côté des équipes chargées de développer les produits, la méfiance est également de mise. Le modèle a été conçu pour une utilisation "au sol" ou en avion et non dans des conditions extrêmes. Si la Speedmaster Professional a bien passé les difficiles épreuves de la NASA, il est difficile d'établir l'ampleur du facteur chance dans ces résultats. Les ingénieurs de la manufacture ont parfois des sueurs froides à l'idée d'un incident majeur qui annoncé publiquement pendant une mission jetterait le discrédit sur toute la marque. Du côté des commerciaux comme de celui des ingénieurs, inciter la NASA a substituer un modèle renforcé au modèle initial serait pour Omega une sécurité à double détente d'une part, en renouvelant le produit face à la concurrence et d'autre part, en renforçant ses caractéristiques techniques.



Omega va donc travailler à l'élaboration d'une Speedmaster Professional de deuxième génération qui sera baptisée « Mark II » pour mieux la faire identifier par le public. Le nouveau modèle est réputé avoir gardé le meilleur de la version originelle et y avoir ajouté une étanchéité à 120 mètres, une boite plus design et bien plus épaisse, un tachymètre sous le verre qui évite l'arrachement de la lunette, un verre plat mieux armé contre les reflets et les chocs. Les responsables d'Omega sont si convaincus de la supériorité de leur nouveau modèle, qu'ils veulent négocier avec la NASA sa substitution à la version précédente. La qualité de montre portée sur la lune entraine les ventes vers le haut et Omega ne veut pas prendre le risque de recueillir une image vieillissante avec son modèle emblématique.


L'Omega Speedmaster Mark II


Deux émissaires d'Omega sont donc dépêchés auprès de la NASA pour "vendre cette idée". Le 14 février 1969 soit 5 mois avant que Neil Armstrong ne foule le sol lunaire, le directeur commercial d’Omega, Robert Forster et le délégué commercial pour le marché Nord-Américain Peter Morf se déplacent au siège de la NASA à Houston au "Manned Spacecraft Center" où James Ragan, ingénieur en chef de la division fournitures des équipages, les reçoit. L'entretien est empreint d'un peu d'ironie de la part de Ragan qui est pleinement satisfait de la montre Speedmaster en service et n'entend pas s'encombrer des besoins marketing de ses interlocuteurs. Ces derniers n'ont manifestement pas intégré que la NASA a autre chose à faire que de se pencher sur un renouvellement de montres qui va supposer une nouvelle batterie de tests à un moment où la pression politique oblige la NASA a accélérer ses programmes si elle veut conserver ses budgets.

Les émissaires d'Omega tenteront bien de "placer" une montre adaptée à l'heure lunaire sans plus de succès dès lors que les Américains veulent une synchronisation avec les équipes terrestres et non un folklore commercial pour asseoir davantage une marque de montres suisses en mal d'image. Ainsi en 1969, le devenir de l'Omega Speedmaster Mark II est déjà scellé sur du court terme. Ce ne sera pourtant pas faute pour Omega de tenter d'associer l'image de sa Speedmaster "lunaire" avec cette version Mark II en organisant une communication qui promeut les deux versions. De même, désigner la version initiale sous le terme Mark I pour mieux inscrire dans la mémoire collective que l'une est la suite de l'autre, ne suffiront pas à imposer la Mark II qui pourtant a reçu la mention "Professional" ce qui pour Omega induit une montre à usage professionnel par la NASA.


Omega joue la carte de la synergie dans ses publicités


L'opération menée par Omega a donc raté et en 1976, Omega cesse de commercialiser la Mark II qui renaitra de ses cendres en 2014 sans plus faire, cette fois, référence à une utilisation professionnelle. De retour à Bienne et sans aucun doute un peu déçus de n'avoir pas réussi à convaincre leurs interlocuteurs, les responsables d'Omega réfléchissent à ce que pourraient être les débouchés de leur produit. La compétition automobile est alors en plein essor et passionne par ses premières retransmissions à la télévision. Omega qui a pourtant une longue histoire qui lie la marque avec l'automobile est distancé par la concurrence et notamment Heuer qui s'impose comme la référence absolue avec des collections qui portent le nom de tous les circuits automobiles ainsi que Rolex qui avec son chronographe Daytona suscite les envies des amateurs. La communication de ces maisons est efficace et porteuse d'un message positif auprès du public mais Omega n'a pas vraiment de produit adapté pour y répondre. Il faut réagir d'urgence sous peine de disparaître durablement du sport automobile. C'est possible à peu de frais. Il suffit d'adapter le modèle Speedmaster Mark II en en modifiant le cadran qui devient gris, en corrigeant son marquage dont la lecture est modifiée et en adaptant la couleur orange pour les aiguilles non horaires.


Omega Speedmaster Mark III

La transformation du chronographe Speedmaster Mark II Racing va permettre de placer Omega dans ce segment. Elle est saisissante au plan esthétique et s'avère très réussie. Certes le chronographe ne dispose pas d'un remontage automatique puisqu'il a gardé le même mouvement 861 que la version historique de la Speedmaster mais au moins il permet à Omega de s'installer au poignet des pilotes et de séduire les automobilistes. Cela ne sera malgré tout pas suffisant pour sauver la Speedmaster Mark II à laquelle il manque définitivement le remontage automatique et la connotation héroïque et historique de sa grande sœur. Les efforts d'Omega pour juxtaposer les deux versions de Speedmaster dans les publicités afin de démontrer une continuité dans la collection ne suffisent pas à motiver le public pour choisir la nouvelle version. Omega ne s'entête pas et retire le produit des catalogues six ans plus tard. D'autres tentatives sont faites avec un mouvement automatique Lémania notamment avec la Mark IV mais rien n'efface la version "lunaire" de la Speedmaster qui sera déclinée pour toutes les utilisations et restera durablement le chronographe phare de la marque.

Omega Speedmaster Mark II Racing

Agréable à porter, la Speedmaster Omega Mark II Racing est marquée par le design seventies mais ses couleurs et son dessin bien adapté au poignet en font une pièce sympathique. Son mouvement 861 identique à la Moonwatch de l'époque est un gage de fiabilité. Si la version première de la Mark II a été amputée du rêve lunaire, elle présente de réelles améliorations par rapport à sa grande sœur. Cette Speedmaster Mark II a ainsi une histoire très particulière. Sa version Racing prisée des amateurs a été rééditée par Omega avec un mouvement automatique et la date, mais sa boite est restée la même témoignant de la nostalgie d'une époque. Omega a sans doute raté un rendez-vous avec cette Mark II mais le public est aussi passé à côté d'un modèle qui détenait beaucoup de qualités pour être une montre durable. Le temps démonte que ce chronographe était une belle idée à défaut d'être commercialement un succès.

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