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 Précision : La saga de la précision en 10 épisodes

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ZEN
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MessageSujet: Précision : La saga de la précision en 10 épisodes    Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  EmptyJeu 2 Aoû - 1:41

Ici la série complète de la Saga de la précision

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MessageSujet: La Saga de la précision - Sur FAM et nulle part ailleurs en 10 épisodes    Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  EmptyJeu 2 Aoû - 1:43

La précision d’une montre est un sujet précis ! Si ce fut autrefois un critère essentiel au choix d’une montre à l’époque où toutes les montres se ressemblaient, c’est à dire lorsque toutes les montres se portaient dans la poche, le sujet est devenu moins prégnant dans le courant du 20ème siècle jusqu’à ce qu’au début de notre nouveau siècle, les industriels se rendent compte que la recherche de la précision était d’autant moins dépassée que les consommateurs comparaient l’heure de leur montre mécanique avec celle donnée par un instrument infaillible: leur téléphone portable.

Mais améliorer la précision de 2 ou 3 secondes a demandé un travail colossal et coûteux pour finalement parvenir à une précision comparable à celle des montres du début du siècle dernier.

Pourquoi est-ce devenu si compliqué et comment les grandes maisons ont tenté de remporter la bataille de la précision, je vous propose d’explorer le sujet de la précision des montres cet été sur FAM.

Nous ferons ensemble une ballade dans le temps et l’espace avec un œil critique et original respectueux de l’histoire mais aussi de nos envies d’en avoir pour notre argent lors que nous achetons une montre et que nous voulons qu’elle nous donne l’heure la plus précise.

Mais attention, il ne faut pas confondre heure précise et précision. Nous ne reprendrons pas les définitions toutes faites et encore moins celles de Wikipedia, mais irons chercher avec des témoignages ce qui est le fruit de nombreuses recherches pour arriver à quelques secondes près à la perfection, sachant que ce sont ces secondes qui font aujourd'hui la différence.

Cette saga en 10 épisodes sera sur FAM et nulle part ailleurs ! Une vraie histoire pour les passionnés de montres racontée de manière originale et sans copié-collé !

A bientôt sur FAM

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MessageSujet: La Saga de la précision - Episode1 : C'est quoi la précision ?   Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  EmptyJeu 2 Aoû - 1:44


La Saga de la précision - Episode1 C'est quoi la précision ?  

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  9cf0cb10




De la précision, chacun ou presque a sa propre définition !

Il est vrai qu'une montre qui est à l'heure parfaite tous les jours à la même heure peut ne pas être précise alors qu'une montre dont l'heure est chaque jour relevée à la même heure qui accuse une même dérive est elle, potentiellement précise.

Le concept est simple…

Une montre mise à l'heure au jour J à midi qui affiche 6 heures plus tard, un retard de 20 secondes puis 12 heures plus tard une avance de 4 secondes pour au final au bout de 24 heures être parfaitement à l'heure, n'est pas précise au sens où l'on peut l'entendre.  En effet, la détermination de l'heure exacte doit être constante et non dépendante de l'heure des relevés.  La montre doit pour être précise, tenir l'heure dans toutes les positions à plat ou au porté et quelle que soit la tension du ressort de barillet. Mais il faut aussi qu'elle soit peu sensible au magnétisme, à la pression atmosphérique et à la température …

Des concours pour mettre en avant la précision


Les observatoires ont depuis la fin du 19ème siècle et jusqu'à la fin des années 1960 organisé des concours de chronométrie, autrefois appelés concours de précision et concours de réglage, pour stimuler la recherche technologique faite par les fabricants autour de la précision. Le besoin ultime de précision a démarré avec la recherche d'une méthode fiable du calcul des longitudes.  C'est un menuisier John Harrison qui fut au siècle dernier en Angleterre, l'inventeur d'un chronomètre de marine permettant aux navires en mer de conserver l'heure de référence du port d'attache, indispensable au calcul des longitudes. Le besoin était essentiel car il permettait de se repérer et d'éviter des accidents de navigation dans les récifs.  

Au delà des besoins de la marine marchande et de la marine militaire, la précision est pour le commun des mortels, la conservation de l'heure précise par rapport à une référence qui fut longtemps elle même soumise à variation comme l'heure de l'église ou de la mairie ou encore celle du bijoutier qui dans sa vitrine exposait un chronomètre de vitrine à vocation publicitaire et au nom de la marque dont le détaillant était le concessionnaire local. Les temps ont bien changé … La montre est aujourd'hui comparée avec l'heure du téléphone portable, une heure radio pilotée ou diffusée par GPS. Une heure précise à une seconde par siècle qui ne connait quasiment aucune dérive et est rectifiée à distance par son diffuseur.  

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Omega_31
Les chronomètres de vitrine témoignent de cette volonté des fabricants d'être leaders dans la précision des montres

La précision pour tous ?

La montre mécanique ne peut atteindre ce niveau de précision durablement car elle se dérègle et ne peut donc au mieux que donner l'espoir de se rapprocher de l'heure absolue. Le possesseur d'une montre doit donc faire preuve d'une grande abnégation pour admettre que sa montre à 10 000 euros soit moins précise que son téléphone qui n'en vaut que 100, pire il n'obtiendra pas une meilleure précision avec sa montre mécanique qu'avec une montre à quartz à quelques euros.

La précision a donc été "normée" et une montre est dite précise si elle ne dérive qu'entre -4 et + 6 secondes par jour.  Elle est dite alors chronomètre si le COSC, organisme suisse de certification des mouvements a délivré un certificat "de précision" après avoir contrôlé le calibre. Le problème est que celui-ci est manipulé après examen et qu'il peut donc varier après avoir été certifié.  Les fabricants retouchent donc en général le réglage qui au final ne correspond plus qu'à une photographie instantanée de la précision du mouvement avant son montage dans la montre. Mieux vaut donc pour être certain de la précision, tester la montre terminée mais là non plus, le client n'a pas de certitude car la pièce peut être restée trop longtemps dans une vitrine sous un spot ou pire en plein soleil derrière une vitre blindée si épaisse qu'elle a fait l'effet d'une loupe faisant cuire les huiles dans la montre comme dans une friteuse (non là, j'exagère Wink ).

Un horloger vous parlera d'isochronisme, c'est à dire "pour faire simple" de la régularité du tic et du tac et avec son chrono-comparateur ou son appareil électronique de mesure, vous fera une simulation de la précision de la montre sur 24 heures. C'est très bien mais là aussi théorique, car cela donne la dérive dans chaque position mais pas les positions intermédiaires. Pourtant, on porte une montre sans veiller à ce qu'elle soit verticale, verre en haut ou en bas. Un porteur blanc, c'est à dire un papy qui ne bouge pas de son fauteuil de la journée aura avec une montre automatique précise, une montre qui va aller au bout du ressort de barillet et donc dériver largement.  

La chasse à la précision

Les anciens, pour éviter les zones du ressort considérées comme à risque, c'est à dire la fin de l'armement du barillet, avaient inventé l'arrêt dit croix de malte, un système qui stoppait net le remontage et contenait le fonctionnement du ressort dans la zone optimale de son rendement.  La force opérée sur le mouvement était donc plus constante sans pour autant atteindre le niveau des système à "fusée chaine" qui grâce à un entrainement par chaine donnaient autrefois sur les montres à coq, une force constante qui bien qu'efficace n'offrait pas compte-tenu des autres composants des montres, de très grandes garanties de précision.

Nos ingénieurs contemporains ont adapté les systèmes de fusée chaine sur des mouvements habituellement entrainés par un ressort de barillet.  Le résultat, très esthétique, n'a démontré aucune amélioration de précision mais ça, nul n'en a parlé… Il faut savoir que lorsque l'on remonte ces systèmes entrainés par une chaine, le remontage arrête théoriquement la montre. La chaine en effet ne peut entrainer le mouvement lorsqu'il faut la débrayer pour le remontage. Les fabricants qui ont abandonné cette cause perdue avaient mis au point un ressort de barillet secondaire qui maintenait l'entrainement du mouvement pendant le remontage…

En pratique, les plus grand ennemis de la précision sont :
1 - l'inertie !
L'inertie due au poids intrinsèque des éléments réglants et en particulier du balancier, une inertie qu'il faut à tout prix contrôler.
2 - la gravité qui fait que tout est attiré vers le bas. Le spiral par exemple, est sensible à la gravité et donc au sens dans lequel la montre est portée ou posée. Pour contrôler l'ébat du spiral, l'extrémité de celui-ci est encadré dans une sorte de fourchette en forme de V dite goupille.  Le système d'écartement des goupilles permet de préserver l'isochronisme du réglage. Lorsqu'on retourne la montre, le spiral est attiré vers le bas. Si on a recours à un écartement des goupilles constant c'est à dire parallèle d'un bout à l'autre, le réglage est d'autant mieux assuré. Dans un calibre doté d'une raquetterie classique, le risque potentiel est de régler l'écartement des goupilles de telles sorte qu'elles forment un V et donc altèrent l'ébat du spiral au regard de la position de la montre ce qui modifie l'amplitude du balancier.

Des grands chronométriers ont travaillé sur ce sujet comme Charles Fleck ou Charles Ferdinand Perret chez Zenith avec une raquette expérimentale qui leur fit remporter à chacun un premier prix de chronométrie sur la même montre.


Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Graald10

http://forumamontres.forumactif.com/t48514-je-vous-presente-mon-graal-zenith

Mais ce travail devait être complété par un équilibrage du balancier parfait d'où le recours à des vis en platine et en or

 
Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Graalv10

Le facteur inertie a été testé sur des montres en apesanteur. Des montres précises au sol et peuvent être moins précises en vol dans une station orbitale. Fortis, Omega ont quelques tests sur le sujet mais aucun n'est publié. Mais là nous entrons déjà dans le comment faire une montre précise et sortons de la question : C'est quoi la précision ? "

Alors finalement, pour revenir à la question initiale, quelles sont les vraies chances d'avoir un calibre précis ?


Idéalement le calibre le plus précis serait celui dont l'échappement resterait à plat bravant l'inertie et dont le mouvement serait entrainé par une chaine pour avoir la force constante…  Voilà une belle idée qui donna naissance chez Zenith toujours au système dit zéro G … Oui mais car il y a un mais, le système n'a pas démontré une prouesse extraordinaire en matière de précision. La théorie car c'est en théorie le système le plus précis que l'on puisse imaginer n'a pas eu le résultat parfait escompté.  Breguet qui avait fait d'énormes recherches en ce sens sans aboutir aurait pu s'intéresser à autre chose. Jaeger LeCoultre a emprunté un chemin différent. Là où Zenith a misé sur une position à plat de l'échappement, JLC a préféré un système de tourbillon gyroscopique où le réglage place l'échappement dans de multiples positions et où il faut en déduire un réglage en fonction de la moyenne des résultats obtenus. Pour faire simple, les éléments réglants du mouvement bougent dans tous les sens en permanence et comme on a fait un réglage sur la moyenne de ce qui semble le meilleur, on arrive à un résultat très précis.

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Zerogc10
Le Zero G de Zenith

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  40780110
Le tourbillon Gyroscopique de JLC


http://forumamontres.forumactif.com/t30897-zenith-zero-g-les-premieres-explications



Le système de JLC a plutôt bien marché mais il était très cher à fabriquer et donc peu diffusable en grande série. De toutes les manières, ces systèmes complexes datent d'une époque d'expansion économique de l'industrie et la crise a sifflé la fin de la récréation. Malgré tout toutes les grandes marques sont restées sur le thème de la précision et toutes ont "leur solution" brevetée.

Alors c'est quoi ?

La précision est donc une aptitude à tenir l'heure juste par rapport à une heure de référence par un moyen mécanique qui fait appel à une technologie développée (Silicium, échappement des Defy Lab, coaxial etc … ) mais cette précision qui est un objectif est aléatoire dans le temps et l'espace et dépend de multiples facteurs dont la manière de porter la montre, son environnement magnétique, thermique, barométrique, l'inertie, la qualité des matériaux, l'ancienneté des composants, l'architecture du mouvement, le diamètre du balancier, les frottements, etc.

Finalement la précision est un peu une appréciation subjective de la part de chacun d'entre nous … Certains considèrent être à l'heure avec 15 minutes de retard alors que la marge de tolérance d'autres ne dépasse pas la minute. Chacun revendique donc son droit à la précision. Ainsi on lit régulièrement des témoignages qui relèvent de Lourdes "Ma montre n'a pas dévié d'une seconde en un mois" ...C'est possible mais cela ne donne aucune garantie sur le mois suivant. On lit aussi "ma montre fonctionnait à la seconde sur un mois et tout d'un coup, elle a pris 4 minutes en 2 jours" … Au jeu de la plus grande précision, rira bien qui rira le dernier mais il est difficile d'être le dernier…

La montre la plus précise serait-elle donc celle qui arrêtée donne l'heure exacte deux fois par jour ?  Sans doute mais elle ne sert à rien car entre temps elle n'est pas à l'heure.

La précision reste une quête, un défi industriel qui demande de gros investissements parfois pour un résultat qui n'emporte pas l'adhésion. Il faut se méfier des effets d'annonces, des découvreurs de l'impossible, des marchands du temple qui garantissent la précision absolue exactement comme il y a 100 ans mais avec la technologie en plus et qui malgré cela ne sont pas en mesure d'offrir des montres plus précises qu'un siècle en arrière.

Prochain épisode : Pourquoi la précision ?



Droits Réservés - Reproduction interdite - Forumamontres - Joël Duval -Juillet 2018.

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MessageSujet: La Saga de la précision - Episode 2 : Pourquoi la précision ?    Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  EmptyJeu 2 Aoû - 1:45

La Saga de la précision - Episode 2 : Pourquoi la précision ?




La précision d'une montre, c'est bien mais ça sert à quoi ? Pourquoi donc l'horlogerie est devenue une industrie florissante et pourquoi la précision est-elle devenue un sujet central des fabricants et des clients ?



C'était comment avant ?

Après tout, nous n'avons pas chaque jour besoin de calculer la longitude de notre position et quand on a les deux pieds sur terre, pourquoi rechercher la précision d'une montre. La quête obsessionnelle de la précision est pour les horlogers un thème assez ancien. La précision des pendules et horloges peut être considérée comme acquise dès la fin du 17ème siècle si l'on accepte une dérive quotidienne inférieure à la minute. Elle se répand au 18ème siècle et les plus belles horloges sont alors des trésors d'inventivité que l'on montre à l'époque comme aujourd'hui, on présente sa voiture haut de gamme. Il est inutile de dire qu'une "bonne horloge" coûte cher et que les grands noms de l'horlogerie qui passent des milliers d'heures pour frôler la perfection sont plus que recherchés. Les carnets de commandes pour ces horloges obligent à attendre plusieurs années pour enfin espérer prendre livraison de cet instrument qui va permettre à son possesseur d'accéder à la reconnaissance sociale induite par la détention individuelle de l'heure mais pas de n'importe quelle heure, l'heure juste.

Soyons clairs au 18ème, avoir l'heure juste est davantage un marqueur social qu'une nécessité du quotidien mais la société évolue rapidement et la détention individuelle de l'heure juste va très rapidement devenir une recherche pour des personnalités de la meilleure société. Les montres à coq du 18ème restent en général peu précises et leur fabrication artisanale à l'unité ne garantit pas d'un modèle sur l'autre, une continuité de résultat. Personne n'aborde le sujet par respect des grands horlogers mais certains ont produit de pauvres montres s'écartant de l'heure juste de plus de 15 minutes par jour.


Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  A-l_br10
Abraham Louis Breguet


L'un des horlogers les plus actifs pour faire souffler un vent de modernité sur la précision d'abord des pendules puis des montres fut sans nul doute, Abraham Louis Breguet. Breguet commença par épurer les cadrans des montres et mettre au point des mouvements de plus en plus précis et "tirant" des complications multiples. Il était en outre très implanté dans les milieux influents et était surtout un très bon communicant. Les horlogers en général ne sont pas très expansifs et Breguet imposa facilement son nom comme une référence. La précision de ses montres était vantée mais n'est pas évidemment comparable à nos chronomètres contemporains.

Des montres de campagne aux montres à cylindre

Au début du 19ème siècle, les hommes, essentiellement, portent des montres qui sont des assemblages rustiques plus ou moins artisanaux et entrent dans la catégorie de ce que l'on appelle les montres de campagne. Elles se remontent du coté du cadran et sont d'une précision catastrophique. Leur prix reste élevé et les réserve aux bourgeois. Elles peuvent faire impression par leur esthétique mais sont très rarement d'une précision supérieure à 3 à 5 minutes par jour. Malgré tout, la demande de montres ne cesse de croitre et les fabricants vont mettre au point une montre plus moderne doté d'un échappement à cylindre.

Ces montres sont livrées en kit aux horlogers ou sont livrées assemblées par des ouvriers à domicile essentiellement en Suisse ou dans le Haut Doubs voire en Savoie (à Cluses). Leur précision est aléatoire mais peut atteindre 2 minutes, voire une minute par jour mais il faut admettre qu'un haut niveau de précision de ce type de pièce soit assez exceptionnel. Nombreuses sont celles qui sont à plus d'une dizaine de minutes de dérive quotidienne.


Les Etats s'en mêlent

La création des observatoires astronomiques par différents Etats montre à quel point le sujet de l'heure est important. Les inventions se multiplient pour apporter une précision supérieure et les industriels essentiellement américains, suisses, français, allemands et anglais voient dans les systèmes d'échappements à ancre une solution technique à la fabrication en série de montres "précises". Cette fois, les fabricants vont être capables de proposer des montres d'une précision de une minute sur 2 ou 3 jours. On descend donc à une dérive de quelques secondes par jour ! L'intérêt n'est pas seulement technique, il est aussi lié au prix de revient de ces pièces qui grâce à l'interchangeabilité de leurs composants vont se démocratiser considérablement.

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Nomeze10

En 50 ans, la montre réservées aux nobles devient un objet accessible aux ouvriers et pour une précision supérieure à ce qui se fabriquait 50 ans plus tôt. Les fabricants vont faire face à une demande exponentielle qui va faire leur fortune : Lip, Elgin, Hamilton, Waltham, Omega, Zenith, Longines, Cyma pour ne citer que quelques maisons connaissent une expansion fulgurante. Les 15 premières années du 20ème siècle font passer la fabrication annuelle de 20/25000 pièces à 150 000 montres et davantage ! Les Américains sont chaque année à plusieurs centaines de milliers de pièces produites.

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Lanter10
La lanterne était une lecture de l'affichage de chaque montre mise à l'heure et de ses dérives

Ce qui est nouveau est bien sûr ce qu'il y a dans la boite mais aussi la nature du besoin car l'industrie a besoin de personnels qui travaillent sur un même lieu, l'usine, et en même temps car en équipes coordonnées. Les sirènes des usines qui appellent le personnel ne sont plus suffisantes car les moyens de transport font venir les ouvriers de plus en plus loin et chacun devient donc demandeur d'une "bonne montre" précise. L'industrie va devoir équiper… l'humanité.

Tous à l'heure !

La société devient heurée et tout transite par l'heure juste du transport en commun qui part à l'heure, au démarrage de la journée de travail, il n'est plus rien qui échappe au temps y compris le téléphone dont les impulsions sont comptabilisées à la minute. Les hommes veulent détenir individuellement l'heure ce qui est un besoin mais aussi une conquête sociale, une conquête qui va rapidement gagner les femmes. Le marché horloger semble alors inépuisable.

La montre devient un instrument du quotidien que les fabricants livrent en plusieurs versions soit avec un métal précieux, soit en acier ou en nickel. Les mouvements sont plus ou moins bien finis, on parle de grade et les plus haut grades qui disposent de matériaux de la plus belle qualité sont livrés avec des bulletins de marche, ancêtres des certification Chronomètres du Cosc.


Mais les Etats vont pousser l'industrie à se dépasser et créent pour ce faire via les observatoires, des concours de réglage qui obligent les fabricants à pousser le curseur qualitatif vers le haut. L'émulation des fabricants par la précision de leurs montres est une excellente idée et fait émerger des talents horlogers extraordinaires. Les marquent bâtissent leur publicité sur la réussite aux concours de précision. Le quartz sonnera indirectement le glas des concours en 1968.

Mais alors aujourd'hui, pourquoi les marques se battent-elle encore sur le terrain de la précision ?

Rolex qui certifie ses mouvements complémentairement au COSC à + ou - 2 secondes par jour, Omega qui introduit le coaxial de Georges Daniels d'abord sur une logique marketing car il n'apporte dans un premier temps rien d'autre que des déboires techniques puis qui complète par le super Coaxial qui lui est un facteur de précision, Zenith qui crée un nouvel échappement avec la Defy Lab, Ulysse Nardin pionnier du silicium, on pourrait énumérer de nombreux fabricants qui ont mis leur touche personnelle au cours des 10 voire 15 dernières années dans la recherche d'une meilleure précision alors que la montre était détrônée en qualité de référence horaire par les téléphones portables. Alors pourquoi aller plus loin dans la précision quand il y a d'autres moyens d'y accéder ?

C'est précisément cette crainte qui a fait relever le défi. Si l'utilisateur prend l'habitude de ne plus regarder sa montre, continuera-t-il à la porter et à en acheter ? Certes on peut la lui vendre comme un bijou ou un objet de mode et le marketing exploite ces thèmes mais la lui vendre comme un instrument de mesure meilleur que celui des autres devient qualifiant. Chacun veut donc démontrer qu'il est le meilleur. La bataille ne se fait plus via des concours de chronométrie, mais par de la communication "technique" . La montre se donne alors en spectacle devant journalistes et blogueurs qu'il faut convaincre de porter la bonne parole, celle de la précision meilleure !

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  20160610


Par meilleure, il faut entendre meilleure que celle de la concurrence car la précision d'une montre en 2018 n'est pas si meilleure qu'elle n'était en 1900 quand les fabricants se voyaient féliciter d'avoir sorti 1000 pièces consécutives pouvant recevoir un bulletin de marche. En outre, il faut regarder ce que devient cette précision après un an, puis deux puis trois d'utilisation de la montre … Il faut tenir l'heure juste et savoir le faire durablement. Là, on sait que la précision décroit à l'usage et avec le temps… sur ce sujet, les fabricants sont très, très discrets… Ils nient publiquement cette dégradation mais en privé donnent quelques indications qui d'ailleurs portent autant sur la concurrence que sur eux-mêmes. La combinaison Coaxial silicium est par exemple décrite hors Omega comme une poudre aux yeux puisque le silicium réduit l'espérance de réglage. Le parachrome de Rolex est quant à lui décrit comme un alliage parmi d'autres dont l'espérance de vie sans déformation est à tester dans le temps. Le système Defy Lab de Zenith est décrit comme impossible à industrialiser. C'est qu'on ne se fait aucun cadeau entre concurrents.

Mais qu'est-ce qui nous pousse, nous, consommateurs, à exiger des montres plus précises ?

Ce qui pousse le consommateur à être exigeant est paradoxalement le marketing lui-même. A force de sa vanter de faire d'excellentes montres, les clients prennent au mot les fabricants et s'impatientent de devoir payer cher une montre mécanique quand un accessoire - leur téléphone - pour lequel l'heure est secondaire leur livre celle-ci pour quelques dizaines d'euros. La précision d'une montre rassemble la demande de plusieurs générations, mais elle ne suffit pas à motiver l'achat, non, le client est bien plus complexe à analyser. La preuve, chaque client a sa propre définition de la précision et celle-ci oscille entre "je m'en fiche pourvu qu'elle donne l'heure" et "Au delà de 3 secondes de dérive, je ne la porte plus" … C'était quoi la question ? Ah oui, "Pourquoi la précision ? " Et bien la réponse est sans doute assez simple "Parce qu'une montre est avant tout, un instrument de...précision".


Droits réservés - Forumamontres - Joël Duval - Août 2018


Prochain épisode : La guerre des pignons

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MessageSujet: La Saga de la précision - Episode 3 : La guerre des pignons    Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  EmptyJeu 2 Aoû - 1:47

La Saga de la précision - Episode 3 :

Pourquoi les montres de poche étaient si précises, il y a un siècle :


La guerre des pignons !


Un vivier au service de la précision


La fin du 19ème siècle et le début du 20ème siècle sont en matière horlogère, un véritable vivier. On y crée des calibres multiples et variés à 3 aiguilles et des chronographes.  Chacun y va de son mouvement, certains faisant preuve d'une inventivité sans borne et d'autre d'un génie mécanique qui laisse encore aujourd'hui assez rêveur.  LeCoultre par exemple, s'avère d'une créativité bluffante. Longines, Omega, Barbezat Baillot (Le Phare), Heuer, les fabricants de la Vallée du Joux se livrent une véritable bataille par la création de chronographes et ce sont des centaines de calibres différents qui entre 1870 et 1915 voient le jour en parallèle des besoins spécifiques des armées, de l'automobile, des sportifs et des professionnels de l'industrie, des mines, etc … qui veulent mesurer des temps courts mais aussi des marines militaires qui veulent des pièces toujours plus précises. Les observatoires vont multiplier les concours et même créer par exemple, à Washington une catégorie réservée aux Torpedo Boat watches afin de proposer à l'US Navy, la montre la plus précise.

Les chronomètres de marine qui maintenaient les mouvements à plat pour réduire les effets de la gravité et de la houle sur la précision des mécanismes sont complétés par des montres de bord ultra-performantes et parfois même plus précises que ces gros chronomètres. La miniaturisation, celle là même qui obsédait John Harrison est devenue un objectif de tous, des marines militaires comme des horlogers.

Les montres de poche et celles de bord ont leurs catégories réservées aux concours de chronométrie des Observatoires. On y présente des mouvements profitant à la fois de hautes finitions et réglés aux petits oignons par des régleurs "chronométriers" qui représentent toute leur entreprise et font la fierté des autres personnels lorsqu'ils remportent les concours avec des pièces "maison".


De la montre courante au haut de gamme


Si les montres meilleur marché emportent 7 rubis, les modèles les plus courants sont vendus avec des mouvements dotés de 15 rubis. Les Américains misent beaucoup sur l'esthétique des mouvements embarqués et choisissent de faire des calibres "rhodiés" et non "dorés" et d'intégrer des chatons dorés et un empierrement "généreux". Les montres américaines courantes sont souvent à 17 rubis, empierrées au centre davantage par souci esthétique que par besoin mécanique. Mais la surenchère à l'empierrement va vite gagner l'horlogerie suisse qui pour s'installer sur les marchés américains doit offrir des mouvements "concurrentiels" .

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Grosse10
Des montres et encore des montres ...
Les marques suisses se livrent à une véritable guerre des pignons. Les mouvement proposés dès la fin du 19ème siècle peuvent porter jusqu'à 25 rubis. Tout est empierré y compris le barillet ce qui offre une résistance à l'usure supérieure mais surtout facilite la précision car plus la montre est empierrée plus les frictions, comprenez frottement entre pièces mobiles, sont allégées. Le rubis d'abord naturel puis synthétique est si dur que sa déformation est quasi inexistante et bien lubrifié, le calibre sera peu soumis à usure. Le réglage initial tiendra donc plus longtemps. Omega offre ainsi des calibres qualité D, le plus haut de gamme de ses modèles, dont la dérive quotidienne est inférieur avant 1905 à 5 secondes par jour et s'approche des 2 secondes ensuite.

Les plus beaux calibres chronomètres sont équipés de 21 ou 23 rubis chez Zenith, Omega, Longines, Ulysse Nardin, Audemars Frères, LeCoultre, Patek Philippe et les marques accumulent les médailles pour leur précision et les prix remportés lors des concours de réglage. Ces mouvements sont forcément plus chers et au delà des rubis supplémentaires font appel à des matériaux de meilleure qualité pour notamment l'acier des spiraux ou les balanciers bimétalliques ou monométalliques en Elinvar.

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Hampde10

Les fabricants financent d'innombrables recherches pour améliorer la précision non pas simplement pour des pièces exceptionnelles mais surtout pour des pièces industrialisables à un coût accessible à tous. Le physicien suisse Charles Edouard Guillaume, qui travaille avec toutes les maisons qui mettent en avant la précision et qui a inventé le balancier bimétallique, c'est à dire qui associe plusieurs métaux afin de réduire la déformation due aux variations thermiques qui est un facteur important de perte de précision, évolue dans ses recherches et propose un alliage dit Elinvar qui va remplacer ces balanciers bimétalliques compensés (par des vis), coupés pour éviter la déformation, par des balanciers monométalliques dans cet alliage Elinvar qui outre une insensibilité à la déformation thermique est amagnétique. Les résultats sont à la hauteur des espoirs et la précision y gagne sur la durée pour des pièces qui peuvent être fabriquées en grandes séries.

Les marques jouent la surenchère.  On retrouve dans les archives de Zenith des commentaires des calibristes (ceux qui conçoivent les calibres) qui expliquent qu'au delà de 21 rubis, l'empierrement est esthétique mais n'apporte rien au plan technique. Zenith limitera la surenchère en ne produisant que peu de pièces de 23 rubis et en standardisant les mouvements à 21 rubis dits Prima ou Extra-Prima. Toutefois la marque n'est pas constante dans la manière de répartir ces 21 rubis et empierre tantôt le barillet et tantôt préfère multiplier les contre-pivots (rubis qui viennent coiffer les axes) pour assurer une bonne régularité de marche. Chaque horloger a sa définition du "meilleur" et chaque régleur a ses recettes pour améliorer la précision.  

Mais alors pourquoi les montres anciennes étaient-elle plus précises que les montres modernes ?

Il est infiniment plus facile de favoriser un réglage précis sur un grand calibre que sur un mouvement de petit diamètre. Ephrem Jobin, concepteur du 135 m'expliquait ainsi dans une interview il y a quelques années qu'il avait pour le 135 repris les recettes des calibres des montres de poche et avait tout misé sur le surdimensionnement du balancier. Bingo ! Son 135 remportant 5 années consécutives le premier prix du concours de chronométrie de l'observatoire de Neuchâtel ! Il reste aujourd'hui l'un des meilleurs mouvements de montres bracelets jamais conçu.  Sa précision est restée parfaite et pratiquement toute la production de 11 000 pièces reçut une certification de chronomètre via un bulletin de marche. Certes les concours avaient un règlement adapté pour les montres bracelets avec des critères différents des montres de poche mais la précision chronométrique était là…

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Calibr10
Le calibre 135
Les poignets des consommateurs pouvaient ainsi porter dès la fin des années 1940, des chronomètres de très haute précision, des montres aussi précises que les meilleurs chronomètres fabriqués 70 ans plus tard !

Lémania fit même des recherches sur le diamètre de calibre idéal pour une fréquence donnée. Cela contribua à faire abandonner le 5 hertz pour les montres bracelet. Là encore, le calcul a démontré les limites de la théorie puisque Zenith depuis 50 ans exploite l'El Primero avec une précision avérée.
Sans nul doute le grand diamètre des balanciers des grands calibres anciens favorisait la précision. Les calibres de 19 et 20 lignes voire 22 ou 24 lignes pouvaient être des formules 1 de la précision. La plupart des montres lauréates de concours dans la catégorie "Poches" sont des montres avec des calibres de 19 ou 20 lignes.  La montre bracelet avec ses petits mouvements a fait régresser la précision dans un premier temps et il a fallu du temps pour arriver à des niveaux comparablex aux calibres de poche courants.

Si régler une montre bracelet à la seconde est en théorie possible,  il est facile de démontrer que le réglage est variable selon le sens où la montre est posée.  
Comme au poignet, la montre bouge en permanence, ce qui sur une version à remontage automatique assure son remontage, le réglage "ultime" est d'autant plus compliqué. Très rares sont les chronomètres qui ont un écart par position réduit à l'infime. C'est là que le réglage "au porté" c'est à dire en fonction de l'utilisation faite par le porteur" prend tout son intérêt mais s'il change ses habitudes, il faudra alors revoir le réglage.  

La précision se mérite. On avait coutume autrefois de dire qu'un réglage à 2 secondes par jour équivaut à faire s'arrêter un train lancé à 120 km/h à 20 centimètres près. L'image est parlante sur la technologie nécessaire pour s'approcher de la plus haute précision. La chasse au plus grand nombre de rubis a pris fin quand les fabricants se sont rendu compte que sur une montre bracelet le consommateur attachait plus d'importance à l'esthétique de sa montre et à ce qu'elle représentait qu'au mouvement qui l'animait. On peut sans se tromper affirmer que l'intérêt pour le mouvement des montres bracelets est venu avec la notion de montres de luxe. Dans les années 80, le mouvement n'était plus un centre d'intérêt. Le quartz était passé par là et il fut presque dépassé de proposer des montres mécaniques.


La précision a plus d'un tourbillon dans son sac.  

La fin des années 1990 et les années 2000 ont redonné au mouvement mécanique (on parle de module pour le quartz) ses lettres de noblesse. L'engouement est alors si fort que tous les fabricants proposent des tourbillons. Le tourbillon qui est un système mécanique qui entraine dans un mouvement circulaire les éléments réglants a un intérêt relatif pour des montres de poche un peu trop statiques mais n'en a strictement aucun dans une montre bracelet "portée" qui par définition est en mouvement permanent.  Le tourbillon devient alors un mouvement dans le mouvement …  Cette mode du tourbillon s'est arrêtée au début des années 2010 et un retour en arrière ne démontre aucune prouesse inoubliable des tourbillons en matière de précision.


Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Tourbi10
Un Tourbillon Breguet en 2010

Les marques aujourd'hui ont renforcé leurs efforts sur les pièces avec de grosses réserves de marche et donc des barillets plus longs voire des double-barillets.  La plus grande longueur du ressort n'est pas, bien au contraire, un facteur de précision. Rolex avec son nouveau calibre qui offre 72 heures de réserve de marche ou ETA avec son Powermatic ont dû beaucoup travailler pour maintenir la précision dans un niveau acceptable quelle que soit la tension du ressort de barillet. Sans en avoir l'air, les Sistem 51 à 200 euros sont des trésors de technologie pour assurer un réglage plutôt précis sur des périodes longues. La prouesse est technique et industrielle car le coût final fait atteindre l'objectif de faire accéder le plus grand nombre à la précision. Bien sûr, nous sommes dans une philosophie très différente de celle d'il y a 100 ans mais le résultat est là, des montres courantes à un prix accessible et une technologie qui offre la précision aux consommateurs.

Pas mieux qu'avant

Nos montres courantes ne sont pas plus précises que les montres de poche du début du 20ème siècle et les chronomètres ultra-performants sont aussi rares aujourd'hui qu'ils l'étaient en 1918. La technologie a réglé le sujet de la précision horaire en écartant la mécanique. Le quartz des années 70  n'était pas une technologie ultime mais force est de constater que les montres mécaniques ne peuvent faire beaucoup mieux que ce qu'elle font et que le rapport coût/avantage pour aller plus avant dans la précision mécanique risque de passer par des mécanismes qui ne ressemblent plus que de loin à de l'horlogerie. La Zenith Defy Lab est-elle une montre mécanique ou un système mécanique diabolique qui apporte la précision autrement que par un mécanisme horloger ?  Chacun a sa réponse.  

Une montre qui aujourd'hui est dans les normes du COSC est une excellente montre si après 2 ou 3 ans de porté, elle conserve son réglage. La précision s'apprécie à tout instant de la journée et dans la durée …  

C'est de cette précision que les professionnels ont besoin. Ils ont pour beaucoup d'entre eux choisi autre chose que le mouvement mécanique des montres pour se garantir. Les montres sont précises jusqu'à un certain point mais les professionnels ont en général besoin d'aller au delà de ce qu'une montre mécanique est capable d'offrir. Le rêve des amateurs d'horlogerie mécanique ne s'arrête pas lui à la seule précision.


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MessageSujet: La Saga de la précision - Episode 4 La bataille des observatoires    Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  EmptyJeu 2 Aoû - 20:56

La Saga de la précision - Episode 4 La bataille des observatoires



Hambourg, Greenwich, Besançon, Neuchâtel, Genève, Washington, Milan ont en commun d'avoir porté l'émulation de l'industrie horlogère en récompensant les montres les plus précises. Dès les années 1860, les pays et villes qui en sont dotés organisent des concours de réglage pour stimuler la recherche en matière de précision. Non seulement l'industrie a besoin de cela mais aussi les armées, les transports, la chimie, la recherche pétrolière, la géodésie, le sport, l'aviation...tout le monde est demandeur de précision et les Etats jouent le jeu en poussant les industriels horlogers à se dépasser.

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Observ10
L'observatoire de Genève

La conquête de l'Amérique


Les concours de précision se multiplient et les grandes maisons suisses s'exportent avec leur savoir-faire auprès de ces observatoires pour remporter des marchés et démontrer leur supériorité.  La Maison Ulysse Nardin est sans doute l'une de celles qui fut le plus assidue sur tous les concours y compris aux Etats-Unis allant griller sur leur propre terrain les manufactures américaines.

Ulysse Nardin puis à partir de 1876 son fils Paul-David, qui a repris la direction de la manufacture après la mort de son père s'attaque au marché militaire américain. Il livre dès 1902 des montres de bord à l'US Navy mais doit affronter un tir de barrage des industriels américains qui ne veulent pas voir les Suisses les dépasser sur leur propre terrain.  C'est hélas pour eux trop tard, la marine américaine a testé les montres de bord Ulysse Nardin et les a déjà adoptées. Le gouvernement américain qui connait le besoin de montres précises pour ses bateaux militaires de petit tonnage, notamment ses torpilleurs et croiseurs, contourne le problème et fait organiser par l'Observatoire naval de Washington un concours de précision dans une nouvelle catégorie, celle des Torpedo Boat watches. C'est Ulysse Nardin qui remporter le premier concours en 1905 et accumulera d'année en année les succès puis les partagera avec Longines. La précision suisse affirme sa supériorité sur les montres américaines.  

Les Américains champions de l'industrialisation et de l'interchangeabilité des pièces sont à la traine. La reconnaissance par l'Observatoire militaire américain est une immense victoire. Mais pour être présent sur les marchés du monde entier, il faut être présent partout.  Les maisons multiplient les participations auprès des observatoires et ces derniers tentent de donner une ampleur internationale aux résultats obtenus. Les marques suisses s'affrontent ainsi lors de concours qui ont lieu un peu partout, offrant le spectacle d'une émulation constante et active.

L'arrivée des montres bracelets dans les années 1920 va ouvrir une nouvelle catégorie concours. Les marques affichent leurs résultats et ceux des concurrents quand ils leur sont favorables. La publicité comparative est née ainsi dans l'horlogerie, sur le thème de la précision. Zenith cartonne au début des années 1950 avec son calibre 135 en remportant 5 années de suite le premier prix et laissant l'impression d'être imbattable.


Une bataille à la loyale !



Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Omega_32


Pour battre Zenith, Omega déploie des moyens considérables. La bataille se joue sur des décimales de seconde ! Des décimales qui font la différence et vont donner de la crédibilité auprès du public et donc des consommateurs. A part l'US Navy, les autres armées ne regardent pas vraiment les résultats des concours. Les achats militaires se font autrement par voie d'appels d'offres et avec des cahiers des charges précis. Il est malgré tout constant que l'armée américaine ait contrôlé chaque pièce avant de l'acheter. Ainsi le cahier des charges des montres destinées aux Corps of Engineers détient en 1918 des clauses d'exclusion si les montres ne sont pas assez précises. Les Anglais dans les années 30 vont contrôler eux aussi chaque pièce notamment à l'observatoire de Kew Teddington. Les services hydrographiques des armées chargés d'établir une cartographie des mers sont évidemment très attachés à la plus haute précision de leur pièces. Zenith, Ulysse Nardin, Longines sont des fournisseurs sérieux qui sont reconnus comme parmi les plus "réguliers" dans la qualité de leurs pièces.

Zenith va s'amuser avec les concours de chronométrie. Une même pièce ne peut participer au concours plus d'une fois dans la même catégorie. La manufacture va "repasser" au concours de l'Observatoire de Neuchâtel avec René Gygax en 1952 des montres lauréates des concours entre 1923 et 1926. Gygax veut démontrer que ces pièces anciennes présentées jusqu'en 1924 par Charles Ferdinand Perret puis à partir de 1925 par Charles Fleck sont encore 25 ans plus tard aussi précises qu'elles l'étaient par le passé. Elles termineront deuxièmes avec des résultats un peu en retrait par rapport autres concurrents. Il est difficile d'établir ce qui est la part du vieillissement des composants, de l'habileté du régleur et de l'évolution des autres montres fabriquées avec des composants "neufs" et plus contemporains mais en tout état de cause, Gygax retrouva des résultats des années 20 et le temps n'avait pas vraiment altéré la précision des pièces.

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Graals10
Double premier prix de chronométrie en 1924 & 1925 catégorie Bord et Poche

Les montres de concours étaient un peu comme des chevaux de courses très préparés, bichonnés jusqu'à la dernière minute avant d'être livrées à des contrôles sévères et sans pitié.  Le nombre de montre "rejetées" dépassait parfois plusieurs dizaines de pièces pour une même maison. La précision était un sujet consensuel, les chronométriers se connaissaient tous et se fréquentaient même amicalement malgré une concurrence sans vergogne. Ils portaient la fierté de leur maison employeur et tout le personnel était derrière eux pour se glorifier des résultats. Chacun avait ses trucs pour parfaire les réglages, ses petites manies aussi, son mélange secret d'huiles et sa manière de régler. Certains faisaient depuis la Suisse le déplacement à Greenwich  pour apporter leurs chronomètres à l'observatoire de Kew de peur qu'ils ne soient choqués pendant le transport.  

Les Américains au delà de l'Observatoire Naval (militaire) de Washington ont multiplié les observatoires "privés" au sein des manufactures. Ils y testaient leurs meilleures pièces d'horlogerie et y réalisaient souvent des comparaisons avec des pièces concurrentes achetées pour l'occasion. Les Suisses leur posaient un véritable problème car les chronomètres étaient excellents. Ce n'est pas un hasard si Hamilton par exemple a copié les chronomètres de marine de chez Ulysse Nardin au début des années 1940.

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Ulysse16


Sans nul doute certains concours emportaient des effets sur tous les marchés. Les victoires à l'Observatoire de Kew ou de Washington avaient un effet sur l'ensemble des marchés du monde entier quand celles remportées en Suisse avaient un effet plus local. Il fallait malgré tout être partout. Le quartz mit fin aux concours quand en 1968, Gygax claqua la porte pour Zenith à ces concours qui ne représentaient plus rien compte-tenu de l'évolution des règles qui les faisaient ressembler à "l'école des fans" en récompensant tout le monde…

Sans les concours internationaux, les observatoires ont un peu perdu de ce qui les rendait populaires à travers la promotion de l'industrie horlogère. Même si leur activité astronomique restait utile et même si leur distribution de l'heure de référence restait indispensable, le cycle des concours leur apportait une notoriété sans pareil.  
La fin des concours correspond à l'arrivée du quartz, l'Asie s'invite à la table des fabricants de montres et va "déverser" des tonnes de pièces parfois vendues au poids sur les marchés du monde entier. L'industrie de l'horlogerie mécanique vacille. La précision est à la portée de tous pour quelques francs. De nombreuses marques sont en péril et l'argument de la précision devient obsolète. Les tentatives de résistance ne font pas défaut et la diffusion par les Fabriques Réunies (qui construiront ETA) d'une roue dite Clinergic qui permet de monter la fréquence des mouvements de 28 800 à 36 000 alternances par heure ne suffira pas à stopper la vague dévastatrice.


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MessageSujet: La Saga de la précision - Episode 5 - La fin des concours    Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  EmptyLun 6 Aoû - 20:11

La Saga de la précision - Episode 5 - La fin des concours


L'arrêt de mort des concours

A partir de 1966, les concours de chronométrie des observatoires suisses commencent à ne plus vraiment ressembler à ce qu'ils furent. Depuis déjà longtemps, des modifications du règlement en réécriture des conditions des tests, la tendance est à tenter de maximiser le nombre de récompenses afin de continuer à stimuler les marques à participer à ces concours et surtout à innover au plan technique pour faire évoluer la précision des montres.

L'un des chronométriers les plus actifs pour faire bouger les choses en maintenant une valeur scientifique aux concours est sans doute René Gygax, responsable du bureau de chronométrie chez Zenith. Il est excédé par les atermoiements des organisateurs qui voudraient ménager tout le monde et admettre la comparaison de pièces qui n'ont rien à voir entre elles. Le quartz est notamment un sujet de discorde. En 1968, il écrit un courrier très argumenté au canton de Neuchâtel pour expliquer pourquoi Zenith ne participera plus aux concours. C'est un coup de tonnerre qui va purement et simplement entrainer la fin des concours y compris à Genève.

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Chrono14
René Gygax à l'établi


C'est dire le poids qu'a encore une maison comme Zenith en 1968 au sein de l'horlogerie suisse.

Mais alors sans les concours, comment savoir qui fait des montres précises ?

Les concours ne vont donc plus attester de la supériorité de telle ou telle maison. Les fabricants n'auront plus que les bulletins de marche puis les bulletins du COSC pour attester de la précision de leur montres et de leur qualité de chronomètre.

En 1910, Georges-Favre Jacot alertait les autorités suisses sur l'utilisation du nom de chronomètre sur les cadrans pour n'importe quelle tocante de petite qualité. Le COSC fut créé en 1973 après avouons-le 5 ans d'atermoiement… Le COSC raconte lui-même son histoire …


Le COSC


Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  14805110

Citation :
Créé en 1973 par cinq cantons horlogers (Berne, Genève, Neuchâtel, Soleure et Vaud) et par la Fédération de l’industrie horlogère suisse FH, le COSC regroupe des laboratoires établis à l’origine indépendamment, cela dès la fin du 19ème siècle : le premier « Bureau de contrôle des montres civiles » avait été établi à Bienne en 1878 déjà.

Avant 1973, les cinq cantons horlogers avaient un ou des « bureaux d’observation », établis soit dans des écoles d’horlogerie, soit dans des écoles d’ingénieur, qui évaluaient la qualité des objets horlogers en fonction de multiples critères, lesquels pouvaient différer d’un canton à l’autre.

Au début des années 70, face entre autres à l’absence d’unité de doctrine et de solidarité des BO, à la menace sur le statut officiel de ceux-ci, la Commission d’inspection centrale des BO proposa la création d’une Commission réunissant les 5 cantons abritant les BO, la Chambre suisse de l’horlogerie et la FH. Démarche qui aboutit avec succès à la création en 1973, à La Chaux-de-Fonds, du « Contrôle officiel suisse des chronomètres ». Le COSC est depuis cette date une association à but non lucratif reconnue d’utilité publique, au service des marques horlogères suisses.


Alors que les cinq cantons conservent un certain nombre de prérogatives (notamment une présence majoritaire au sein de l’assemblée générale de l’Association), les objectifs des marques dépositaires sont atteints : la similitude des conditions d’observation et l’unification des tarifs. Et cela quelle que soit la quantité de pièces déposées, qu’une marque soumette au COSC 100.000 instruments ou un seul, le prix à la pièce sera le même.

A l’origine, le COSC gérait sept bureaux d’observation (BO). Au fil des décennies, l’entité s’est simplifiée pour aboutir en 2013 à une structure comportant trois bureaux d’observation situés à Bienne, au Locle et à Saint-Imier

https://www.cosc.swiss/cosc-du-passe-au-present/notre-histoire

J'avais interviewé son directeur en 2007, Pierre Yves Soguel aujourd'hui décédé … Certains propos aident à mieux comprendre l'activité et le fonctionnement du COSC qui ont changé. L'observatoire de Besançon est en revanche devenu très actif et délivre des certificats à la "Vipère" qui portent sur des montres terminées …

http://forumamontres.forumactif.com/t23463-interview-de-pierre-yves-soguel-directeur-du-cosc

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Coscce10


Les tentatives de concours portées par le musée du Château des Monts ont tourné au fiasco. Le nombre de participants est si réduit qu'il n'est pas représentatif de l'industrie et finalement ce qui était une bonne idée au départ, idée que je revendique, n'a pu être correctement développé tant la baronnie horlogère est encore présente sur le sujet des concours. Tissot porteur de mouvements ETA y fait sensation avec un calibre à 80 francs, c'est dire si cela soutient l'industrie horlogère. ..
Faute de communication efficace et de dynamisme opérationnel, ces concours "modernes" sont restés insignifiants.

L'industrie n'est plus la même qu'en 1968. Les marques sont pour la plupart propriété de groupes qui recherchent des synergies et non des modes de concurrence entre marques d'un même groupe. En 1969, Zenith et Tag Heuer était des adversaires. Aujourd'hui ce sont des alliés au sein de LVMH. Longines et Omega étaient les marques les plus en guerre et ce sont aujourd'hui deux entités de SwatchGroup qui se complètent, etc …

Et la précision alors ?

La précision est devenue une norme, celle du COSC que certaines maisons complètent par une norme interne associée à des tests (1000 heures chez JLC, un test interne chez Rolex pour déboucher sur une dérive de -2/+2 sec par jour) mais il faut admettre qu'entre les caractéristiques trop laxistes du COSC qui ne peut venir au -2 / +2 sans perdre ses autres clients et l'évolution des techniques de fabrication qui intègrent le silicium et des composants qui favorisent la précision, le consommateur est un peu égaré faute de véritable norme sur "l'ultra-précision". Aucun organisme ne s'avère capable de fédérer les marques pour édicter une nouvelle norme et les débats sont concentrés depuis plus de 25 ans sur le Swiss Made qui lui-même reste un serpent de mer…

Du coup, la précision est essentiellement aléatoire pour la plupart des fabricants même si certains s'engagent sur un résultat. Beaucoup ne sont engagés par rien et livrent des montres assez approximatives dotées de calibres d'origines diverses parfois sans que le consommateur ne soit conscient de l'imprécision de la montre qu'il a acquise.

Au delà de la période de garantie, la précision annoncée par le fabricant n'est plus elle-même garantie de sorte que ce dernier devra payer pour refaire placer sa montre dans un réglage qui restera aléatoire. Le client exigeant qui fait de la précision sa priorité, pourrait bien n'avoir comme issue que le choix d'une montre radiopilotée ou de son téléphone… Bien sur, certaines maisons proposent des quartz de haute qualité comme Longines vient d'en ressortir mais la précision annoncée à 2 ou 3 secondes par an est d'un intérêt réduit quand une montre radiopilotée ne dérive que d'une seconde tous les siècles…

La bataille de la précision est devenue dans l'industrie horlogère exclusivement une guerre marketing, une guerre d'image mais assez éloignée finalement de la logique normative que les observatoires portaient. Il faut toutefois noter que certaines maisons comme Omega ont une activité professionnelle de chronométrage notamment sportif et que c'est une branche complète de leur domaine commercial.


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MessageSujet: La saga de la précision - Episode 6 : La victoire du quartz   Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  EmptyMer 8 Aoû - 21:10

La saga de la précision - Episode 6 : La victoire du quartz


Une guerre helvético-nippone

Dès le milieu des années 1960, l'industrie suisse voit arriver du Japon, une nouvelle technologie dite à quartz. Les Suisses se sont déjà fait "griller" par le français LIP sur les montres électro-mécaniques en 1952 à peu près en même temps que Bulova imagine son système Accutron qui sera commercialisé bien plus tard.

http://forumamontres.forumactif.com/t114662-la-vraie-histoire-de-la-lip-nautic-ski

Cette fois, les Suisses veulent devancer l'évolution de l'horlogerie, une évolution qui sera en réalité une véritable Révolution. Les Suisses ne négligent pas l'intérêt du quartz mais en négligent l'ampleur des conséquences sur leur industrie fétiche. Il n'est guère qu'Omega toujours en pointe des technologies innovantes qui consacre un budget conséquent à la recherche et au développement de ses propres produits avec la 300 hertz et le Mega-quartz, F 2.4 MHz.
Le produit est un succès et la précision est au rendez-vous malgré une fragilité technique et avouons-le un taux de retour au SAV plus conséquent que les mouvements mécaniques. Les modèles Constellation d'Omega à quartz aussi élégants que les versions mécaniques séduisent. Ici, plus besoin de remontage ou de contrainte de porter sa montre sans la laisser plus de deux jours à peine de la retrouver à l'arrêt. Seiko présente dans le même temps son module Astron.  



Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Seiko_12
Module Seiko Astron 1969

Bulova avec son Accutron connait aussi un vrai succès et une précision, au moins quand la montre est neuve, assez bluffante. La première Accutron est produite en 1960. C'est la première montre électrique à diapason, une révolution technologique venue des USA mais inventée par un Suisse ! Son inventeur, Max Hetzel, né à Bâle, avait rejoint Bulova en 1948. Propulsé par un transistor et un oscillateur électronique, l'Accutron est la première « montre électronique ». Plus de 4 millions de pièces furent vendues mais la production subit elle aussi l'assaut du quartz et s'arrête en 1977.

Le quartz est un raz de marée pour l'horlogerie car il offre la précision et la désinvolture d'un porté quand on veut, sans aucune contrainte. Mais attention, tous les quartz ne sont pas égaux. Certains dérivent comme ces quartz chinois des années 1980/1990 qui peuvent avancer de 8 ou 10 secondes par jour ! L'argument porté par l'industrie horlogère suisse ne semble pas sérieux car même avec ces résultats, la précision est supérieure aux montres mécaniques.

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Public10
Publicité Seiko vers 1970

Les maisons qui se sont faites une image de gardien du temps sont à genoux. Breitling, Ulysse Nardin sont au bord du gouffre et le personnel est licencié. Au début des années 1980, on les croit perdues ! Ulysse Nardin va même jusqu'à revendre à des récupérateurs ses étampes et machines. Chez Zenith, le propriétaire américain demande la destruction des machines… On se demande au conseil d'administration de Zenith s'il ne faudrait pas devenir une marque bon marché vendue dans les bureaux de tabac…

La précision passe par la fraction de seconde


Alors que le dixième de seconde s'est intégré aux mécanismes des montres, le quartz qui offre le centième de seconde semble avoir gagné la bataille. Le quartz a surement gagné la bataille mais pas la guerre. Les Suisses se mettent à fabriquer des modules à quartz via Ronda (futur élément de SwatchGroup). Ces montres à quartz sont précises, plus précises que les montres mécaniques mais elles ne sont pas infaillibles. Les batteries ont une durée de vie assez courte au moins au début et il faut donc les ouvrir pour changer la pile… L'étanchéité rarement refaite par les bijoutiers conduiront des dizaines de pièces à la noyade.
Swatch arrive sur le marché avec des quartz assez précis et va créer un engouement autant par le fait que ces quartz sont suisses que par la dynamique des designs des modèles. En outre, le changement de pile est sécurisé et accessible à chaque possesseur de la montre.  Le quartz remporte ici une seconde bataille. Il est bon marché, à la mode et fiable…

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Bulova12
Publicité Bulova 1968

La précision est encore une fois au rendez-vous ! Ces Swatch sont diaboliquement précises. La montre mécanique va pourtant profiter de l'élan donné par Swatch qui joue dans sa communication sur l'origine suisse du produit. Cela redonne un intérêt à la montre suisse qui historiquement est mécanique. Les années 1990 voient timidement revenir les montres mécaniques aux poignets et les investisseurs s'intéresser aux maisons horlogères.  La montre sera un luxe, la montre mécanique sera un accessoire incontournable du luxe.

ETA toujours ETA...

Du coup, les marques produisent avec les mouvements disponibles des montres dont le succès implique de ne pas regarder plus loin que le carnet de commandes. ETA est le fournisseur de mouvements et personne ne se pose de question. Après tout SwatchGroup est un partenaire puissant qui maitrise parfaitement la technologie de fabrication des mouvements. ETA débite des volumes considérables de mouvements et les marques emboitent au même rythme parfois en retouchant le réglage, parfois sans même y exercer le moindre contrôle. Les mouvements manipulés terminent dans des pièces qui dérivent parfois de près de 30 secondes par jour et souvent d'une quinzaine de secondes. Les justifications pour démontrer que 15 secondes est un score de haut niveau pleuvent partout mais sans convaincre.

Les clients admettent mal payer plusieurs milliers d'euros des montres peu précises. La fin de la première décennie du 21ème siècle voit naitre une nouvelle exigence des consommateurs qui ne veulent plus de montres à 15 ou 20 secondes près par jour. Si le quartz a bien gagné sur ce point, il faut alors réduire l'écart et proposer des mouvements plus précis. L'arrêt des livraisons de calibres par Swatch Group va booster l'effort créatif des marques qui multiplient les calibres "Maison" ou exclusifs.  Mais la précision reste un vrai sujet pour des mouvements entièrement nouveaux qui n'ont pas encore eu le temps de vieillir et d'offrir aux concepteurs le retour nécessaire à l'appréciation de leurs qualités.

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  5616110

Les mouvements ainsi sortis ne sont pas plus précis que les calibres de grandes séries de chez ETA qui de son côté travaille autant sur les échappements de nouveaux mouvements que sur la durée de leur réserve de marche. Le groupe sort des calibres réglés à 3 secondes par jour et avec 80 heures de réserve de marche. La maison trace ainsi l'avenir de ce que sera l'horlogerie mécanique : Une réserve de marche allongée et une précision proche du quartz dans des montres à moins de 700 euros.

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  H-30-410
Calibre Powermatic de ETA pour Hamilton et Tissot


La Powermatic de Hamilton est un signe d'avant garde de l'horlogerie du futur… Un pari industriel et aussi une qualité de visionnaire propre à SwatchGroup mais l'horlogerie lance d'autres signes. Zenith avec son chrono au centième de seconde ou sa Defy Lab est dans une créativité technologique intense. Les réserves de marche de 10 jours d'Oris, ou les innovations de Panerai sont autant de pas avancés vers ce que sera notre horlogerie de demain mais ne nous y trompons pas, l'horlogerie de demain sera avant tout celle qui se vendra. Rien ne dit que la précision sera encore un critère et que la qualité mécanique et esthétique ne seront pas fondateurs du choix des consommateurs.

En la mécanique, espoir tu garderas (Yoda 1977)  

Si l'on considère que le quartz a gagné sur le terrain de la précision et de fait, il se rapproche pour les meilleurs quartz de celle-ci, il est matériellement et physiquement impossible d'aller beaucoup plus loin pour une montre ne faisant pas recours à l'énergie électrique. Les efforts potentiels futurs pour améliorer la précision risquent donc de placer la seconde à des milliers d'euros de plus que les -2/+2 secondes aujourd'hui admis comme excellents. Il n'est qu'une chose que le quartz ne ravira jamais aux montres mécaniques, c'est la beauté de la symphonie des pièces qui s'engrènent sans que devenir de la montre ne soit suspendu à l'échéance de l'usure d'une pile ou d'une batterie.



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MessageSujet: La saga de la précision - Episode 7 : Le train de rouages sifflera trois fois   Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  EmptyDim 12 Aoû - 21:09

La saga de la précision - Episode 7 : Le train de rouages sifflera trois fois


Que ce soit chez Omega quand on parle du Master Coaxial ou chez Rolex avec la dernière génération de calibres 3235 ou 3255, lorsqu'on demande ce qui change par rapport aux versions précédentes, la réponse est la même : "On a réduit les frictions…" Les nouveaux calibres entrainent des gains de réserve de marche par la réduction des frictions, l'allongement des ressorts de barillet, la réduction de l'épaisseur des barillets et le recours à des échappements moins consommateurs d'énergie.

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Calibr11
Calibre 3255 de Rolex

Rolex annonce officiellement sur son site :

Citation :
Rolex introduit un mouvement mécanique de nouvelle génération doté de 14 brevets, le calibre 3255, qui définit un nouveau standard de performance dans les caractéristiques fondamentales d’un mouvement horloger que sont la précision, l’autonomie, la résistance aux chocs et au magnétisme, le confort de réglage et la fiabilité.

Les critères de précision au porter quotidien du calibre 3255 sont ainsi deux fois plus exigeants que ceux d’un Chronomètre officiellement certifié. Il intègre le nouvel échappement Chronergy breveté par Rolex qui associe haut rendement énergétique et la fiabilité qui en a fait son succès. Réalisé en nickel-phosphore, il est insensible aux perturbations magnétiques. L’oscillateur, le véritable cœur de la montre, est doté d’un spiral Parachrom bleu optimisé qui reste jusqu’à dix fois plus précis qu’un spiral traditionnel en cas de chocs. Grâce à une géométrie redessinée du barillet et une efficacité accrue de l’échappement, la réserve de marche du calibre 3255 atteint trois jours, ce qui signifie que la montre peut facilement continuer à fonctionner du vendredi soir au lundi après-midi sans être portée, ni remontée.


Omega est à peu près dans le même esprit au ton très "technologique" et mettant en avant de réelles innovations. Tout est avant tout au service de la précision et de la durée de réserve de marche qui est manifestement une lacune des calibres antérieurs.

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Watch-10
Le master co-axial d'Omega

Sans aucun doute, la réduction des frictions est un facteur d'allongement de la marche et un facteur de sécurisation de la précision. C'est aussi mais cette fois, les confidences des horlogers des grandes maisons sont plus discrètes, un facteur de fragilisation potentielle du mouvement. Une roue en silicium risque davantage de se casser que de s'user. Les chocs sur la montre ont donc de fait des conséquences potentiellement plus destructrices. C'est là aussi quelque chose de théorique car des tests faits en atelier et en bureau de recherche ne démontrent pas une plus grande fragilité ou tout au moins pas de manière certaine. Le lieu d'impact est en soi assez déterminant sur le sort du mouvement.

La précision d'un spiral en silicium est assez étonnante voire bluffante mais pas question de le raccourcir ou de procéder à un réglage lourd. Ici tout est découpé, usiné et non accessible ou presque à la retouche. La montre est précise dès sa sortie de fabrication, une fois pour toutes. Si on teste deux montres l'une à coté de l'autre, fabriquées toutes deux avec cette technologie du silicium et que l'une dérive un peu par rapport à l'autre, le réglage est quasi inexistant, il faudra changer le spiral en silicium.

Rolex avec intelligence conserve un spiral réglable en alliage Parachrom qui permet la retouche. Beaucoup de maisons n'ont pas opté pour ce type d'interventions et parient sur un réglage constant ce qui est aussi une manière d'abaisser les coûts de fabrication. L'architecture des mouvements, le choix des trains de rouage et le calcul du rendement du mouvement vont ainsi être optimisés avec le double objectif de donner davantage d'autonomie et de préserver la précision que le ressort de barillet soit ou non en tension maximum. Le défi relativement aisé à relever quand la réserve de marche est de 36 heures est bien plus complexe et délicat quand la réserve est de 3 jours. On sait sur les calibres 8 jours et plus que la précision décroit lorsque le ressort est à peu près aux deux tiers de sa tension maximum, cette fois l'exigence est qu'il reste précis à tout moment entre le vendredi soir et le lundi matin. Rolex annonce carrément que la montre peut être posée un week-end entier sans altération du réglage.

On sait que ce type de garantie est difficile à donner. Ainsi sur les chronomètres de marine et les montres de bord de l'Us Navy, un chiffre généralement en rouge rappelait lorsque la moitié de la réserve de marche était atteinte qu'il était temps de remonter la pièce, ce qui conditionnait sa régularité de fonctionnement et donc sa précision. L'objectif était d'alerter l'officier en charge de l'heure à bord, qu'il fallait maintenir la force du ressort la plus constante pour assurer à la pièce une précision optimale. Cette fois le mouvement doit être si peu consommateur d'énergie que la tension du ressort même en fin de course est suffisante pour assurer une régularité de fonctionnement. Cette prouesse est le fruit de beaucoup de recherches. Rolex mentionne pas moins de 14 brevets nouveaux ! On est loin d'une approche "bling bling " de la montre mais on se situe dans un concentré de technologie qui a demandé des années de recherche et de développement.

ETA qui offre une réserve de marche de 80 heures sur un mouvement très proche de son 2824-2 est dans la même logique industrielle, tout comme Omega ou ceux qui d'une manière plus large se sont fixés les mêmes objectifs. Comme par hasard, tous les facteurs énoncés précédemment comme susceptibles de perturber la précision sont énumérés dans le texte de présentation par Rolex de son calibre.

Les fabricants doivent moderniser l'architecture de leurs mouvements et il n'y a a dans le cas d'espèce aucun "bricolage" mais des calculs qui conditionnent le bénéfice de l'exercice. On peut objectivement parler de calibres de nouvelle génération.

Mais alors pourquoi Rolex livre ses nouveaux comme ses anciens mouvements avec un réglage -2/+2 ? Pourquoi ne pas l'avoir fait avant ?

Effectivement, une question se pose si un calibre 3135 peut aujourd'hui être livré avec un réglage -2/+2 secondes par jours, pourquoi l'avoir livré avant avec un réglage type COSC à -4/+6 secondes ? La réponse est forcément évasive quelque part entre "Parce qu'au plan industriel, nous n'étions pas encore en mesure d'apporter cette garantie" et " Nous avons fait évoluer nos process de réglage" … Bref, avant on ne pouvait pas et maintenant, on peut ! La réponse n'est évidemment pas satisfaisante mais elle démontre que le temps de réglage est fondamental dans la précision de la montre. Sans doute le réglage aujourd'hui mobilise-t-il plus de ressources qu'antérieurement mais surtout, il démontre que le seul véritable apport de la nouvelle génération de calibres est dans son barillet et l'allongement de la réserve de marche. Le temps déterminera si les montres sportives, les baroudeuses s'accommodent facilement de barillets plus fins.


Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Rolex-10

C'est là que l'horloger expert intervient et reprend des mouvements des années 70, 60 voire 50... Ces calibres bien révisés et réglés sont capables pratiquement des mêmes prouesses en matière de précision que ceux d'aujourd'hui. Il n'est pas rare qu'une Omega des années 1970 soit capable d'une dérive d'une seconde par jour. Ces vieux calibres de manufacture étaient de véritables Formule 1 de la précision. Ils étaient devenus presque aussi bons que les calibres de poche à haut grade du début du 20ème siècle… Le calibre 1500 d'une Air King Rolex des années 1970 peut se régler s'il n'est pas usé à la seconde et la montre à l'époque n'était pas un chronomètre !

Alors ? Ces mouvements d'aujourd'hui ultra-précis sont-ils uniquement un argument marketing ?

A cette question, on ne peut répondre ni oui, ni non. En effet, ces calibres modernes renferment bien un supplément de technologie mais on leur a aussi rendu du temps de préparation, du temps de réglage que l'on consacrait autrefois plus facilement lors de la fabrication des mouvements. L'argument marketing s'accompagne donc d'un effort qui, pour ce qui concerne la précision de la montre, est du temps de réglage et de contrôle et de la technologie pour usiner des pièces qui donnent un point de départ du contrôle d'un niveau élevé. Autrement dit, on fait en sorte qu'en sortie de fabrication, la retouche du réglage reste exceptionnelle. Le plus technologique est donc dans la fabrication qui permet immédiatement de produire des calibres dans la norme réduite de 4 secondes autour de zéro. On fabrique donc mieux mais avec un résultat de précision qui est en tous points comparable à celle de l'époque où l'on fabriquait un peu moins bien mais avec plus de temps de retouche des mouvements. La précision est donc un enjeu industriel qui va directement influencer un discours marketing et disons-le la satisfaction du client qui a une montre mécanique qui est un véritable chronomètre de haute qualité. Cependant l'amateur de vintage retrouvera le même plaisir avec un peu d'huile et de savoir faire.
Evidemment, la montre est différente mais celui qui regarde avant tout la précision pourra trouver chaussure à son pied à moindre frais.

On pourrait au-delà des calibres évoquer les huiles qui ont beaucoup évolué ces dernières années mais l'impact immédiat est davantage mesurable sur l'asséchement de celles-ci et la durée de l'intervalle entre deux révisions que sur la précision. Aucune étude sérieuse n'a démontré pour un calibre fraichement lubrifié avec les bonnes huiles traditionnelles et les huiles technologique modernes, un apport significatif de précision.



Tout ça pour ça ?


Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  29100810


La réalité des fabricants est moins porteuse de rêve que leur marketing mais qu'achète le client d'une montre neuve ? Un rêve, un statut social, un instrument de précision ou un bijou ? Le prix qu'il paie est celui de son envie. Comme la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a, le fabricant d'une montre est limité par les lois de la physique et n'a qu'une très faible influence sur celles-ci…


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MessageSujet: La saga de la précision - Episode 8 : La guerre des volumes    Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  EmptyVen 17 Aoû - 7:23

La saga de la précision - Episode 8 : La guerre des volumes

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  60446810
Atelier ETA

La plus grande difficulté des industriels n'est pas vraiment de faire des montres précises car ça avec du temps de réglage, ils détiennent déjà les ingrédients de la réussite. Non, la grande difficulté est de ne faire que des montres précises et reproduire sur 700 000 ou 800 000 exemplaires un niveau de précision élevé sur des montres mécaniques suppose que les techniques de fabrication soient très avancées car il serait antiéconomique qu'un régleur soit contraint de retoucher chaque montre. Les pièces doivent donc sortir de la fabrication avec un contrôle réalisé par des machines qui sont capables de donner le réglage dit "fin" à chaque pièce. La retouche manuelle doit être l'exception.

Ca c'est l'objectif… De fait, il peut être plus ou moins approché et implique un outil de production de très haute performance. Les 2 ou 3 secondes qui séparent le réglage de la montre de l'heure parfaite sont d'un coût extrêmement élevé. Ce sont pourtant les plus visibles ! Celles que l'amateur ira critiquer. Un amateur moyennement éclairé sur l'horlogerie comparera forcément à un moment l'heure de sa montre avec celle -parfaite- de son smartphone. Sur une journée, un écart de moins de 5 secondes sera négligé mais 5 secondes par jour représentent pas loin de 3 minutes par mois soit 9 minutes par trimestre et finalement 36 minutes par an.

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  04_rol10
Atelier Rolex

Ce laps de temps est suffisant pour rater un avion, un train, un rendez-vous professionnel ou romantique et passer à coté de la femme ou de l'homme de sa vie. Et 36 minutes ça se voit ! Le possesseur d'une montre ne tolère jamais ces écarts qu'il considère comme un défaut de sa montre qui pourtant? à 5 secondes de dérive quotidienne? est dans les normes du COSC. Nos -2/+2 qui semblent être un must, un aboutissement représentent tout de même plus de 12 minutes de dérive par rapport à l'heure juste et par an !

Un fabricant qui porte une notoriété mondiale ne peut plus vraiment se permettre d'avoir une partie de sa collection qui n'est pas porteuse de la même précision que les autres modèles. Il doit donc appliquer une même logique industrielle à toute sa fabrication. Il en va de son image. Quand Swatch propose son modèle Sistem 51 à moins de 200 CHF, il faut d'abord avoir évalué la précision potentielle du produit à peine de quoi, il sera "condamné" dès sa sortie. La marque avait déjà eu à connaitre ce type de difficulté avec son chronographe mécanique qui, forcément cher pour une montre réputée jetable, n'offrait pas une précision parfaite alors que pour le même prix, les Japonais offraient des montres quasi chronomètres.

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Sistem10
Calibre Sistem 51 de Swatch

La production en volumes est la clé de la rentabilité mais elle demande un investissement qui n'est pas nécessairement à la portée de plus petites maisons qui ont bien su créer elles-mêmes ou avec des sous-traitants leur "nouveaux" calibres mais auront plus de difficultés à la fiabiliser. La fiabilisation du calibre Péquignet a demandé un travail complet de "re conception" d'un coût de plus de 2 millions d'euros. Zenith ne pourra sans doute que faire patienter avant d'être en mesure d'industrialiser la Defy Lab car la production industrielle en volumes est très complexe. Rolex travaille déjà sur une autre génération de calibre avec des réserves de marche de plus d'une semaine. Omega souhaite aussi pousser la durée de réserve de marche de ses calibres.

Mais alors, où s'arrêtera l'évolution des mouvements ?

Pour ce qui est de la précision, on atteint les limites physiques de ce qui est possible sur un plan purement mécanique. On ne saura sans doute jamais aller beaucoup plus loin qu'une précision à deux secondes par jour sans faire appel à des éléments réglants qui se rapprocheront d'énergies captées électriques ou magnétiques. La vraie montre mécanique au sens où on l'entend aujourd'hui est dans ses limites extrêmes. On saura facilement prolonger la réserve de marche en préservant la précision mais pour ce qui est de la précision elle-même on ne saura plus progresser. L'industrie est si proche de la perfection que le rapport coût /avantage serait bien trop négligeable.

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Zenith11
Zenith El Primero 21

Le 21ème siècle aura finalement apporté aux montres bracelets la même précision que celle que les anciens apportaient il y a 100 ans avec beaucoup moins d'équipements aux montres de poche. Pourtant si l'on refabriquait une montre de poche aujourd'hui, il n'est pas certain qu'on saurait lui redonner la même précision qu'autrefois sur une fabrication à très grande échelle. Lorsque les techniques de fabrication de l'El Primero ont été modernisées au début des années 2000 avec l'apport de machines CNC et des cotes beaucoup plus fines au 500ème que les anciennes machines qui perçaient au centième, il a fallu tout corriger dans les mouvements. La rigueur sur un point de fabrication a impliqué la même rigueur sur tous les points de fabrication. Zenith n'a pas pu avancer progressivement et a dû faire face à une réinvention de son calibre.

La production de masse est complexe et si les machines sont de plus en plus perfectionnées, les contrôles ont eux aussi dû évoluer. Le prix des secondes gagnées induit un travail amont et une réflexion sur toutes les étapes de la fabrication. Quand Breitling a décidé de faire certifier chronomètre toute sa production, il a fallu passer les ateliers dans des normes de travail drastiques et une multiplication de points de contrôle significative. Rolex revoit quasiment systématiquement tous ses points de contrôle si sur une chaine de fabrication, une montre présente un écart inacceptable. Plusieurs pièces défaillantes entrainent une suspension de la production jusqu'à ce que le problème soit résolu…

Le volume impose de la rigueur mais le client attend celle-ci de pied ferme !

Le consommateur de 2018 est devenu aussi exigeant que celui qui comparait l'heure de sa montre avec le chronomètre de vitrine du bijoutier en 1910. A l'époque c'est parce qu'on ne faisait qu'une confiance limitée dans la technique horlogère. Aujourd'hui, on compare parce qu'on a payé cher sa montre mécanique et que l'on déteste l'idée qu'elle soit moins précise qu'une Ice Watch. La plupart des porteurs de montres admettent regarder l'heure autant sinon davantage sur leur smartphone que sur leur montre. Nombreux sont ceux qui disent regarder leur montre et non l'heure qu'elle affiche.

Alors à quoi sert la précision d'une montre ?

Il faut avoir l'honnêteté d'avouer que la précision d'une montre ne nous est pas vraiment nécessaire. Comme tous les objets de luxe, elle n'est pas d'une utilité avérée et nous est donc totalement indispensable. La domination du génie micro-mécanique est sans doute l'idée sous-jacente qui nous fait aimer l'idée d'une montre précise au delà de la justification de son prix. La précision s'est donc à la fois démocratisée en s'invitant dans les collections des fabricants et s'est faite "luxe" en touchant d'abord les montres mécaniques les plus chères. Evidemment, on pourra toujours opposer que les Chinois font des montres précises et bon marché… Cela n'est pas faux. Les montres chinoises donnent tout autant l'heure juste que les montres suisses plus onéreuses mais quand on pose une montre chinoise sur un appareil de mesure, on peut avoir la surprise de devoir se demander comment cette montre fait pour être précise alors qu'elle défie les système de mesure et de simulation les plus perfectionnés en donnant des amplitudes du balancier erratiques et des résultats si différents dans chaque position. Au final malgré tout, il n'est pas rare de trouver une montre chinoise qui d'un jour sur l'autre ne dérive que de quelques secondes. Pour autant, on ne peut la qualifier de précise…


Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Iphone10
Apple IPhone


Le futur sera fait de paradoxes. Les montres seront regardées davantage comme des parements luxueux et leur précision sera l'élément qui donnera de la légitimité à l'achat. Il ne fait aucun doute que l'homme du 21ème siècle fera toujours davantage confiance à son téléphone, instrument qui le relie aux autres et qui lui donne la même heure qu'aux autres car finalement l'heure la plus précise est celle que l'on partage à l'identique.


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MessageSujet: La saga de la précision - Episode 9 : Les temps courts et les temps longs    Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  EmptyDim 19 Aoû - 20:09

La saga de la précision - Episode 9 : Les révolutions industrielles du 21ème siècle- Les temps courts et les temps longs


La bienséance voudrait que nous fassions ici une liste à la Prévert des innovations apportées depuis l'année 2000 pour améliorer la précision des montres mais nous avons déjà cité les nouveautés à travers les précédents épisodes de la Saga de la Précision. Nous allons plutôt nous demander si la précision n'a pas une autre limite que celle comprise intrinsèquement dans les principes mécaniques de nos mouvements horlogers.

Qui est capable de différencier à l'oreille ou à l'œil, une fraction de seconde au centième ou au dixième ? Notre cerveau comporte des limites inaccessibles à la technologie. Bien sur l'aiguille foudroyante d'une Defy 21 qui s'arrête pour indiquer la mesure est une prouesse technique mais combien l'œil a-t-il mis de temps pour transmettre au cerveau l'indication qu'il fallait arrêter la mesure faite par le chronographe, combien de temps le cerveau a-t-il mis pour l'assimiler et transmettre l'ordre à l'influx nerveux qui après avoir cheminé le long du bras a fini par faire appuyer le doigt sur le poussoir d'arrêt du chrono ?
Combien de records au centième de seconde sur le bord des piscines ont-ils été faussés par le facteur humain avant que le nageur ne déclenche lui-même l'arrêt de la mesure en touchant le bord du bassin ?

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Parall10

Nos révolutions industrielles horlogères et mécaniques n'ont de portée que si elles sont accessibles immédiatement à la main qui manipule la montre et lisibles à l'œil. Chacun connait les effets pervers du parallaxe, cet angle de vue qui trompe l'œil et fait lire l'aiguille à gauche ou à droite d'un repère selon que l'œil est plus ou moins en biais par rapport à l'angle de lecture idéal qui serait exactement au dessus de l'aiguille. Prenons un chrono au dixième de seconde qui mesure les performances d'un coureur à pied. On déclenche le chrono en appuyant sur le poussoir et une fois l'action terminée, on arrête en ré-appuyant sur le même poussoir. "Comment ça ? Le chronométreur a pris un peu de retard et a appuyé trop tard ?"

Première discussion, l'angle de vue du chronométreur … Trop en retrait de la ligne d'arrivée, il a vu le coureur arriver plus tard qu'il n'est réellement arrivé et trop en arrière de la scène, il l'a vu dépasser la ligne avant même qu'il ne l'ait atteinte. Il faut donc qu'il soit pile sur la ligne et ait un réflexe parfait …
Seconde discussion, quand on lit le chrono il faut placer l'œil exactement au dessus de l'aiguille car on va passer deux dixièmes de seconde selon que l'on regarde par la droite ou la gauche… Une vraie catastrophe ! Une catastrophe d'autant plus regrettable que l'aiguille s'est arrêtée pile entre deux repères sur le cadran… Les cadrans sont rarement absolument parfaits pour que l'aiguille ne puisse s'arrêter que sur une fraction repérée…

Ne parlons pas des cadrans fractionnés au 8ème de seconde pour les montres qui évoluent à 28 800 alternances par heure. La conversion en décimales de seconde demande une calculatrice et les chronographes sont vite disqualifiés pour la compétition sportive.

Cela veut dire qu'un chronographe doit évoluer à 36 000 alternances ou à 18 000 alternances par heure ?

Sans doute un chronographe qui évolue à 4 hertz (28800 alternances par heure) est-il potentiellement excellent mais il est un véritable casse tète dans la mesure des décimales de la seconde. Le chrono à 18 000 alternances par heure est bien plus pratique, et il est plus facile de convertir des 5èmes (demis dixièmes) de secondes que des huitièmes de secondes.
A vouloir tourner plus vite, ces chronos ne sont pas allés assez loin et se sont trop séparés des anciens. A 28800 alternances par heure, la fréquence horlogère ne correspond pas au découpage décimal de la seconde. Les innovations proposées pour être plus précis ne concernent donc pas la mesure des temps courts mais davantage la mesure des 24 heures pour une indication horaire précise.

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Omegac10
Chronographe Omega avec un calibre 18 chro à 18 000 alternances par heure




Un excellent chronomètre n'est pas nécessairement un excellent chronographe. Les fabricants oublient de l'annoncer et c'est un tabou commercial, un interdit du marketing que d'évoquer ce genre de sujet. Il est difficile de ne pas trouver un responsable marketing qui soit incapable de justifier le pourquoi des fréquences à 28800 alternances … Omega a longtemps fait évoluer ses calibres à 6 hertz, comprenez 21600 alternances par heure. Ce n'était guère plus pratique pour un chrono mais cette fréquence a permis de livrer des mouvements avec une très bonne réserve de marche de plus de 50 heures et d'une précision excellente. Toutefois pour un chronographe, les 6 hertz ne sont dans aucune norme décimale facile à convertir en centièmes de secondes ou en dixièmes.

Finalement les bonnes fréquences sont des multiples de 36 000 ?

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Zenith12
Defy 21 avec chronométrage au 100ème de seconde (360 000 alternances par heure)



En proposant un chronométrage à 360 000 alternances par heures, Zenith a directement franchi le pas d'une décimale en plus dans la mesure des temps courts. Cela a scotché la concurrence et même si Breguet avait proposé un chrono à 72 000 alternances par heure soit une pièce au 20ème de seconde, le centième est, et de loin, le chronographe le plus crédible en toutes circonstances. Zenith ne s'y est pas trompé et pour ne pas mélanger la précision horaire et la précision du chronométrage a bien séparé les deux dans son calibre avec deux barillets et deux balanciers. Ce que sait faire l'un, n'est pas forcément à la portée de l'autre.

Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  71762910

Encore une fois, il faut savoir à quoi va servir son chronographe. Si l'on veut mesurer le temps de cuisson des pâtes, peu importe la fréquence mais si on souhaite faire des expériences chimiques qui imposent des mesures ultra-précises ou si l'on souhaite mesurer des temps sportifs, il faudra s'assurer autant de la lisibilité des temps mesurés que de la facilité de lire les décimales de temps. Quand la précision est un enjeu, il faut être précis dans la définition de son besoin de mesure.

Voilà bien un dilemme pour le consommateur qui se demande ce qu'il doit acheter…


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MessageSujet: La saga de la précision - Episode 10 - Tout ça pour ça ?    Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  EmptyJeu 23 Aoû - 6:30

La saga de la précision - Episode 10 - Tout ça pour ça ?


Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Stimul10


Voici donc le 10ème et dernier épisode de notre saga de la précision. Si nous nous résumons, les montres d'il y a 100 ans étaient aussi précises que celles d'aujourd'hui, la précision ultime à -2/+2 secondes a de bonnes probabilités d'être instable dans la durée et il faudra régler à nouveau la montre au moins tous les 5 ans pour revenir dans cette norme, les nouveaux calibres ne sont pas vraiment plus précis que les anciens mais c'est par des procédés industriels plus sophistiqués qu'on arrive à les régler mieux sans y passer trop de temps, les industriels travaillent dorénavant davantage sur la précision maintenue pendant toute la période de marche de la montre qui s'allonge que sur la précision stricto sensu, les chronographes qui ne fonctionnent pas dans des fréquences qui coïncident avec les décimales de l'heure sont moins faciles à utiliser que les autres et le porteur d'une montre a sa part de responsabilité dans le défaut de précision de ses mesures, enfin le smartphone suffit largement à nos besoins quotidiens de précision…

Avons-nous alors besoin de précision ?

En qualité de consommateur lambda, sûrement pas mais en qualité de professionnels de la météo, de la chimie, des transports, de l'aviation, de l'armée, de la recherche, en qualité de sportif amateur ou pro, de musicien, d'horloger, etc … alors oui! nous avons besoin de la précision ! L'homme est si capable de justifier l'injustifiable qu'il peut démontrer facilement que la précision ultime de sa montre est un besoin vital ! Qui supportera d'avoir sa Submariner de 2016 moins précise que son collègue qui l'a achetée en 2018 ?

La précision, un facteur rassurant !

Maitriser le temps rassure l'esprit humain. L'horloger qui a réglé la montre au mieux est satisfait de son travail car il y aura à la clé la reconnaissance de sa compétence. Il est sans doute frustrant de constater que nos montres de 2018 ne sont pas beaucoup plus précises que leurs ancêtres de 1900 et que les anciens maîtrisaient la fabrication des montres sans les équipements électroniques d'aujourd'hui ! Cela ne peut que nous rendre davantage admiratifs des horlogers des temps anciens. Ces régleurs de précision qui remportaient des concours avec des dérives de 0,00001 seconde par jour étaient des génies de la mécanique, des hommes qui passaient des centaines d'heures à régler une montre et nous prouvent à quel point la subtilité d'un réglage demande du savoir faire.
La richesse de notre industrie contemporaine est de réussir à s'approcher de la précision des ces montres de concours par un usinage sophistiqué des pièces composant la montre et par le recours à des moyens de mesure et de réglage perfectionnés pour apporter à chaque pièce davantage de précision horaire.


Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Precis10


Mine de rien, les progrès enregistrés depuis 15 ans sont spectaculaires et certaines maisons ont beaucoup investi non pas dans des tourbillons finalement inutiles et qui étaient des effets de manche mais dans des process de fabrication durables et qui se répercutent sur d'immenses volumes de montres produites. Si le COSC est resté en la matière très en retrait de la réalité technique de l'industrie qui se passe progressivement de ses services et si les concours de chronométrie n'existent plus, les industriels sont restés vigilants quant aux attentes de leurs clients et ont progressé en particulier au cours des 5 dernières années.


Précision : La saga de la précision en 10 épisodes  Roger-10
Montre de Roger Dubuis dédiée à la précision ultime


Le futur ne fera sans doute pas beaucoup progresser la précision mais la durée de réserve de marche risque fort de devenir un enjeu majeur et il faudra maintenir la précision sur toute la course du ressort de barillet qui dépassera, avant 10 ans, la semaine pour une grande majorité de pièces. Au delà des exercices de style opérés sur des pièces faites à l'unité ou à une dizaine d'exemplaires, l'industrie ne manque ni d'idées, ni de ressources mais se trouve nécessairement limitée par les prix de revient et la possibilité de vendre et de diffuser largement les produits.


Cette saga prend ainsi fin et mérite peut-être que nous en ouvrions d'autres… Les thèmes ne manquent pas !

Merci à tous de votre fidélité et de vos commentaires et à très bientôt sur FAM et nulle part ailleurs !

Forumamontres - Droits réservés - Août 2018 - Joël Duval

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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).
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Précision : La saga de la précision en 10 épisodes
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