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 Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat

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MessageSujet: Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat   Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat EmptySam 15 Juin - 9:36

Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat Montre11
Vulcain x Ocarat Skin Diver Wembley


Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat



Les grandes interviews avec Antoine de Macedo et Guillaume Laidet nous ont permis d’échanger avec le distributeur le plus en vue dans le vintage de prestige et avec un entrepreneur qui a relancé et créé plusieurs marques avec succès. En ce mois de juin, j’ai voulu repartir à la rencontre d’un autre acteur clef et toujours en lui donnant une liberté de parole totale pour aborder des sujets de fond qui nous touchent directement.
 
Dans une époque où le commerce en ligne tend à devenir le mode de consommation privilégié, les clefs de ce marché sont évidemment les données. Comment Amazon est devenu le mastodonte d’aujourd’hui ? Il y a évidemment la logistique dans laquelle Jeff Bezos avait réalisé des investissements très importants, ainsi tous les profits furent réinvestis intégralement pour pousser la croissance de l’entreprise et lui donner la taille critique qu’on lui connaît aujourd’hui. Il y a eu le déploiement progressif de nouvelles lignes depuis la création de l’entreprise, des livres jusqu’à aujourd’hui toutes les gammes de produits que vous retrouviez dans le passé uniquement dans les grands réseaux de distribution jusqu’à les dépasser et aujourd’hui en proposant des services comme le streaming vidéo. Mais toutes ces composantes du succès d’Amazon cachent l’aspect le plus important : la collecte des données. Plus Amazon atteignait une taille critique, plus les données collectées prenaient de la valeur car elles permettent de cibler avec de plus en plus de précision la clientèle. Si nous revenons à l’horlogerie, les données n’ont bien entendu jamais été collectées à cette échelle. Les marques mais aussi les distributeurs physiques n’ont pas collecté un niveau de données aussi importants pour améliorer leur connaissance du client et aussi pour être en mesure de projeter les prochaines tendances et évolutions du marché horloger. Sauf Ocarat en France.  
 
Ocarat est une exception car ce n’est pas tout à fait un distributeur comme les autres : son modèle économique repose principalement sur la distribution en ligne de montres (et aussi de bijoux). Au début, les marques horlogères traditionnelles regardaient presque avec condescendance ces acteurs en ligne puis… l’évolution structurelle du marché se confirma avec un commerce en ligne qui n’a fait que de croître. D’ailleurs, je me demande ce que sont devenus les managers des marques qui méprisaient il y a encore peu de temps ce mode de distribution. Peut-être ont-ils été mis à la retraite prématurément ou ils ont déplacé leurs courtes vues chez une autre marque lors des traditionnelles chaises musicales du secteur. Ce qui est sûr c’est que les marques font des yeux de Chimène au commerce en ligne alors que le secteur s’est déjà consolidé. En France, c’est Ocarat qui est devenu le 1er distributeur en ligne de montres. Aussi, en tant que première communauté horlogère en ligne pour la zone francophone, il était temps pour FAM d’aller partir à la rencontre d’Ocarat et qui de plus qualifié que l’un de ses cofondateurs, Arnaud Poujade, le Directeur des Produits et Magasins, pour répondre à nos questions ? Vous l’avez peut-être rencontré lors du We Love Watches tenu en 2023 à Paris, c’est également lui qui interagit avec les 180 marques distribuées par Ocarat et qui s’implique beaucoup dans la conception des modèles issus des collaborations entre le distributeur et nombre de marques de cœur citées par les membres de FAM.

Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat Montre12
Un exemple de collaboration : Squale x Ocarat avec le modèle 1521 et un très beau cadran effet laqué brillant qui, d’après Arnaud Poujade, a nécessité plusieurs essais pour parvenir au rendu désiré


Bonjour Arnaud Poujade, c'est la première fois qu’un cofondateur d’Ocarat, premier distributeur de montres en ligne en France, se retrouve en face à face avec le premier site horloger francophone et ses FAMeurs. Est-ce que tu as déjà été en contact avec FAM auparavant ?
 
AP : Bonjour à tous les FAMeurs ! Evidemment je connais FAM mais même si nous avions eu pour Ocarat quelques échanges avec Joël Duval dans le passé, dont nous saluons la mémoire, c’est bien aujourd’hui la première fois que nous sommes en interaction avec FAM et son public de passionnés.
 
Au fil des années, j’ai vu Ocarat croître et croître jusqu’à devenir le premier distributeur en ligne sur le marché français. Au tout début, Ocarat était un nouvel entrant et j’imagine que la relation avec les marques horlogères n’était pas la même qu’aujourd’hui. Entre les débuts d’Ocarat et 2024, il y a eu un changement structurel : le commerce en ligne. Boudé voir même moqué par certains managers obsolètes qui refusaient d’imaginer le passage au commerce en ligne et notamment pour les montres d’un certain prix, aujourd’hui les marques courent après le commerce en ligne pour capter une clientèle qui n’hésite plus à acheter sur internet leurs montres. Entre les débuts et aujourd’hui, pouvez-vous nous dire ce qu’est devenu Ocarat ?
 
AP : Vous avez justement bien saisi l’histoire d’Ocarat : si on refait la chronologie, il y a 11 ans quand nous allions avec Ocarat à Baselworld, personne dans les marques traditionnelles ne voulaient entendre parler de la vente sur internet. Elles n’avaient d’yeux que pour les boutiques physiques. Seules quelques marques commençaient à prêter l’oreille au commerce en ligne de montres et encore uniquement si l’offre en ligne était couplée à l’activité d’une boutique physique. Le pure player en ligne, ce n’était pas envisageable pour les marques horlogères. Le vrai bouleversement du commerce en ligne s’est déroulé il y a environ 6 ans où les marques ont commencé enfin à comprendre que l’e-commerce prenait une part majeure dans toutes les activités, y compris celle des montres. Les marques ont souvent agi avec pas mal de retard dans ce domaine. Puis, il y a une période presque d’euphorie avec la multiplication des partenariats avec des pure player, ce qui a donné aussi une beau bazard sur internet jusqu’à ce qu’ils se rendent compte au bout de 2-3 ans – ils ont pris du temps à mûrir – qu’avec trop d’acteurs, c’était devenu une foire d’empoigne et que passé la première page de résultats de recherche sur Google, c’était 70% de visiteurs en moins. Avec l’apparition de Google Shopping qu’on connaît tous maintenant en haut des pages de recherche, cela faisait remonter les offres davantage remisées car les acteurs qui apparaissaient en 2ème ou 3ème page des recherches Google cherchaient à conquérir de la clientèle avec des remises plus importantes pour regagner en visibilité. Depuis, le marché a enfin mûri, les marques se sont recentrées sur les acteurs en ligne les plus importants pour éviter cette profusion d’offres avec des remises qui variaient beaucoup d’un acteur à un autre.
 
Chez Ocarat, vous avez vécu cette inversion des relations avec les marques, j’imagine que certains représentants de marques ont dû avaler leur chique de travers quand ils se sont aperçus que le pouvoir qu’ils pensaient détenir s’était sérieusement effrité pour avoir négligé leur stratégie pour le commerce en ligne et ont donc dû se bouger au dernier moment pour assurer leur visibilité sur internet jusqu’à dépendre d’acteurs spécialisés. On peut penser à Hodinkee qui est devenu un distributeur sur le marché en ligne américain pour prendre un autre exemple concret et bien entendu Ocarat pour le marché français.
 
AP : Oui, tout à fait et même nous sommes très présents sur le marché européen. Cela n’a pas été un chemin de tout repos. Traiter avec les marques des grands groupes horlogers n’a pas été facile aussi au début nous avions travaillé surtout avec des marques de niches, des marques plus jeunes et indépendantes. Au fur et à mesure de notre développement, notre catalogue de marques est devenu très important : actuellement Ocarat c’est plus de 180 marques distribuées. Au-delà de ce chiffre qui est le reflet du chemin parcouru, c’est beaucoup de travail.

Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat Montre13
Formex est l’une des 180 marques distribuées par Ocarat et il y a même des collaborations en cours comme cette Formex x Ocarat Essence 39mm Space Blue qui vient de paraître avec un cadran météorite que je trouve pas mal du tout


Il est quelques fois difficile pour un client de trouver certaines références pour pouvoir la voir en vrai et l’essayer. Pour voir une Nivada Grenchen pour ne citer que cet exemple – nous avions fait la grande interview de Guillaume Laidet qui est le Brand Manager de Nivada – il est possible d’aller en essayer une chez Ocarat qui dispose d’une boutique physique, Ochrono, rue de Rivoli à Paris. De mon côté, c’est ainsi que j’ai pu essayer certaines de ces références que je ne voyais nulle part ailleurs.
 
AP : Effectivement, offrir une expérience client complète est important pour nous, notre boutique O’Chrono permet de voir et d’essayer nombre de modèles des marques que nous distribuons dont 800 références. Tiens, en parlant de Guillaume Laidet, je le connais bien, c’est un entrepreneur qui connaît très bien son métier, entre nous ça a bien matché et évidemment Nivada fait partie des marques que nous distribuons chez Ocarat et nous faisons même des collabs.
 
J’imagine qu’avec ces entrepreneurs, il est bien plus facile d’interagir et de concrétiser des opérations par rapport à des marques issues de grands groupes où les process ont tendance à prendre le pas sur les capacités à prendre rapidement des initiatives. Quel est votre travail ? Trouver toujours plus de références à distribuer chez Ocarat ?
 
AP : Mon travail consiste en partie à trouver des références pour notre catalogue mais en amont nous suivons ce qui se dit sur les forums horlogers afin de détecter les marques, les modèles et les créateurs qui sortent du lot afin de proposer les meilleures références disponibles. Les références distribuées, nous les mettons constamment à jour pour répondre aux besoins de notre clientèle. Nous recherchons des marques qui proposent quelque chose de différent et bien sûr avec des modèles qui soient susceptibles de plaire.
 
Je ressens de mon côté une différence très nette dans la connaissance de la réalité du marché : il y a un vrai fossé entre de nombreuses marques horlogères traditionnelles qui à mon sens connaissent en réalité très peu leur marché au-delà des chiffres globaux des ventes et les distributeurs qui eux – du fait de leur interaction avec le client final – savent bien mieux ce qu’attend le public. Ocarat est un distributeur massivement en ligne aussi j’imagine que vous disposez des données nécessaires pour mieux comprendre votre clientèle et ce qu’elle recherche.
 
AP : Oui, c’est exact. Parce que nous sommes un distributeur en ligne, nous avons pris soin très tôt de collecter du data afin d’améliorer constamment notre offre par rapport aux besoins exprimés par notre clientèle.
 
Les marques traditionnelles ne l’ont pas fait pendant des décennies car elles ont préféré passer par des distributeurs physiques mais tous les distributeurs physiques n’ont pas nécessairement ou suffisamment collecté les données de leur clientèle alors qu’Ocarat, de par ses origines de distributeur en ligne, prenait soin de les collecter et de les étudier. Les données aujourd’hui sont le cœur du développement spectaculaire des mastodontes américains que sont Google, Facebook, Amazon, Apple, etc…
 
AP : Oui, le data a permis de développer Ocarat. Quand on distribue 180 marques, on ne peut pas se permettre de se reposer sur nos lauriers, il faut constamment rafraichir nos références. L’inertie nous tuerait car derrière c’est une question de stocks. Les données nous permettent d’affiner en conséquence nos stocks et coller au mieux à l’évolution de la demande. Mais au-delà de cet aspect essentiel, les marques viennent nous voir pour demander notre avis sur de prochains modèles, sur leur positionnement prix, sur les tendances car aujourd’hui nous disposons d’un regard à 360 degrés sur un marché en constante évolution.
 
Ce marché a d’ailleurs complètement changé. Certains médias horlogers sont passés du stade de prescripteurs à celui de distributeurs en faisant des collaborations avec les marques, je parle bien entendu de l’exemple d’Hodinkee mais on peut parler aussi de Fratello Watches ou de Revolution Watch. Ocarat est principalement un distributeur en ligne mais vous réalisez aussi des collaborations avec les marques en apportant des spécificités particulières pour des éditions limitées. La relation que les marques entretiennent avec les acteurs en ligne a profondément changé et à tous les niveaux.
 
AP : Les lignes auparavant étant assez immobiles dans le secteur horloger, ces lignes ont énormément bougé depuis. A l’exemple de mon propre parcours personnel, l’horlogerie n’est plus un monde totalement fermé autour d’un microcosme immuable. J’ai commencé pour ma part dans l’histoire de l’art, par la suite j’ai travaillé dans le secteur minier et actuellement je suis Directeur Produits et associé chez Ocarat. Le fait de ne pas avoir commencé par l’horlogerie m’a permis, je pense, d’apporter un regard différent et je pense qu’il fallait pour mes associés et moi penser différemment pour mener l’aventure Ocarat jusqu’à son stade aujourd’hui.
Les relations avec les marques ont beaucoup changé et aujourd’hui par exemple nous mettons de plus en plus l’accent sur les collaborations. Les membres de FAM pourront voir pour la 2nde édition de We Love Watches beaucoup plus de marques et aussi voir concrètement nos prochaines collaborations. Et les marques sont très demandeuses pour faire de belles collaborations et aussi pour participer à un événement qui leur permettent d’interagir directement avec les passionnés et les clients.
 
Quel est l’aspect le plus prenant dans ton métier ?
 
AP : La partie la plus prenante pour moi actuellement c’est la création. C’est passionnant surtout pour quelqu’un qui a fait histoire de l’art, c’est partir d’une page blanche pour arriver à un modèle que tout le monde pourra porter. Notre métier c’est de vendre des montres mais le fait de participer à la création de modèles uniques qui touchent le public, je pense que c’est ce qui me plaît le plus dans ma contribution à Ocarat.
 
Quelles sont les dernières collaborations qui t’ont apporté le plus de fierté ?
 
AP : Je dirai dernièrement les collaborations avec Nivada, Vulcain mais aussi celles avec Squale et dernièrement avec Formex et Ralf Tech. Sur 2024, il y a et il y aura une dizaine de collaborations.

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La dernière collaboration Vulcain x Ocarat au porter, édition limitée de la Skin Diver à 50 exemplaires avec un beau dégradé de vert retenu par Ocarat pour cette édition spéciale Wemblay



Après avoir recoupé des sources officielles et officieuses, il est de mon côté acquis que 2024 est une année de crise horlogère. Tu n’as pas de boule de Crystal mais comme tu as des données précises sur l’évolution du marché en tant que premier distributeur en ligne en France, est-ce que tu le constates aussi ?
 
AP : Je vais prendre un spectre plus large et je vais dire que depuis 2019 nous n’avons pas connu une année « normale ». Il y a eu la crise du covid puis 2022 a été une année particulière car par un phénomène de contrecoup beaucoup de personnes qui voulaient une montre ont voulu délaisser le commerce en ligne pour retrouver l’expérience en boutique physique. 2023 a été aussi un défi car il y a eu un phénomène d’inflation qui a grevé le budget des ménages. Le début de 2024 a été affecté par l’augmentation générale du coût de la vie et en parallèle des marques ont continué à augmenter les prix !
Il faut le dire clairement : la montre n’est pas un produit de première nécessité aussi l’inflation dans l’alimentaire ou l’énergie a eu des effets en cascade et beaucoup de clients ont dû faire des arbitrages dans leurs dépenses. Toutefois, il y a une évolution de long terme qui est une force positive dans le secteur : on le voit depuis quelques années et notamment chez les jeunes générations il y a une redécouverte du plaisir de porter une jolie montre au poignet. Nous l’avons vu par exemple lors de la première édition de We Love Watches, la moyenne d’âge des visiteurs n’était pas aussi élevée : il y a un vrai regain perceptible et c’est encourageant pour l’avenir de l’horlogerie. Les plus jeunes commencent par des jeunes marques ou des marques qui proposent des produits accessibles : comme Orient ou Tissot avec une PRX ou encore une Citizen avec la Tsuyosa. Avec le temps, les clients montent en gamme et c’est possible aussi aussi par le fait que les paiements sont facilités par exemple chez nous avec le 10 ou 12 fois ce qui permet à des personnes d’avoir accès à des montres dans une gamme de prix supérieure à 1000 euros.

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Illustration avec la collaboration Ralf Tech x Ocarat WRB Full Lume Black : une édition limitée à 50 exemplaires pour un prix de 1690 euros



Ce phénomène des marques qui augmentent les prix, même pendant les périodes où clairement il y a de l’inflation qui vient grever les budgets des clients, me fascine. J’écrivais moi-même un billet sur une marque que je connais très bien : Quand Tudor m’endort. Si beaucoup de marques augmentent les prix, certaines poussent les limites encore davantage. En 10 ans, certaines références ont pris 100%. En comparant l’évolution des matières premières ou du franc suisse qui peuvent expliquer une part de cette augmentation, on voit néanmoins qu’il y a un fossé qui se creuse car une part conséquente de ces augmentations tarifaires n’ont aucune justification conjoncturelle ou structurelle, c’est la volonté d’augmenter les prix pour augmenter la part d’un gâteau qui est déjà fort généreux. Comment vois-tu l’augmentation tarifaire réalisée par les marques horlogères ?
 
AP : Pour moi, les trop grosses augmentations tarifaires ne sont pas justifiées. Il y a des chocs externes qui peuvent avoir bien sûr un impact sur les prix mais je pense surtout qu’on est dans une dérive du système et d’ailleurs certaines marques – que je ne mentionnerai pas – sont déjà en train de payer les effets de trop grandes augmentations des prix. Après la crise inflationniste que nous avons connu, il y a une décrue de l’inflation, il y a eu des baisses aussi dans les coûts de transport, le prix des montres en acier ne devrait pas suivre les courbes des cours des métaux précieux. A trop vouloir suivre cette tendance funeste, je suis persuadé que bien des marques risquent d’avoir un réveil douloureux. Un de tes confrères, Grégory Pons dans Business Montres, avait fait un billet qui rappelait qu’il y a une dizaine d’années il y avait 32 millions de montres exportées de Suisse et qu’aujourd’hui c’est 16 millions de montres exportées soit une division par 2 des volumes. Rien que ce chiffre, qui est masqué par l’évolution des prix des montres, devrait sérieusement faire réfléchir les marques car moins il y a de clients, plus le risque est grand et plus encore en cas de retournement du marché.
 
Grégory Pons a entièrement raison de le rappeler. De même, j’avais fait un billet, le grand bilan horloger 2023, qui décortiquait les chiffres de la FHS, les volumes de toutes les catégories de montres sont en baisse, celles des montres en acier – qui reste quand même l’étalon de référence pour le secteur – en particulier. C’est très inquiétant de voir des évolutions de prix littéralement hors-sol, complètement décorrélées par rapport à l’environnement économique. Les évolutions de prix ne sont pas une nouveauté mais le fait qu’elles persistent et surtout de manière disproportionnée par rapport à un environnement économique fragile et surtout une demande qui elle aussi change structurellement me fait penser que certains états-majors des marques ont de très courtes vues sur l’avenir du secteur. Mais au-delà de ma propre observation et de mon analyse, après avoir collecté les données sur l’évolution de la demande, est-ce que tu perçois la même chose ? Perçois-tu les symptômes d’une crise en 2024 ?
 
AP : Les données nous permettent clairement de voir les symptômes d’une crise en 2024 pour le secteur horloger. Je pense aussi que les chiffres sur les exportations de nos voisins helvétiques sont à prendre avec des pincettes car il suffit d’un trait comptable pour déplacer des stocks dans des localisations en Suisse ou en UE aussi les chiffres peuvent minorer des problèmes plus grands.  
 
Ce qui va à l’inverse des discours officiels qui sont faits pour être généralement rassurants. Il y a eu quelques alertes néanmoins, comme celle de Jean-Frédéric Dufour. Le patron de Rolex a ainsi déclaré : « 2024 sera un défi. Une phase dans laquelle tous les constructeurs se portaient bien touche à sa fin ». Cette déclaration faite lors du Watches & Wonders avait le mérite de la sincérité ce qui n’est pas la règle dans le secteur. Et d’ailleurs, en parlant du Watches & Wonders, quel est ton point de vue sur les messes horlogères actuelles ?
 
AP : Le Watches & Wonders est un événement qui reste très centré sur le luxe. Bien sûr les marques qui sont positionnées sur ce créneau essaient de surprendre, d’en mettre plein les yeux avec des prodiges de moyens mais pour ma part, par rapport à cet événement en particulier, je n’ai pas trop d’attentes précises. Je préfère de mon côté les événements comme Time to Watches qui est un peu le satellite du précédent. Le lieu du Time to Watches n’est peut-être pas idéal mais j’y vois pour ma part plus de surprises qui m’interpellent davantage. Chez Ocarat, nous avions fait une réflexion de fonds par rapport aux événements horlogers et nous avons conçu le nôtre : We Love Watches. Notre ambition était de faire ressortir des marques qui sont quelques fois moins connues que d’autres alors qu’elles proposent des produits qui à mon avis sont susceptibles de rencontrer un public qui recherche quelque chose de différent et qui proposent des choses intéressantes par rapport à leur prix. Cet événement nous le voulons comme un point de rencontre entre les vrais clients et beaucoup de jeunes marques qui s’avèrent très dynamiques et qui apportent un bol de fraicheur au secteur.



Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat We_lov11
Les marques présentes pour le prochain We Love Watches. Source : https://www.welovewatches.fr/


Quand aura lieu le prochain We Love Watches ?
 
AP : Ça sera le 12 octobre 2024 à la Samaritaine, la billetterie vient d’ouvrir : https://www.welovewatches.fr/
 
Il y a eu auparavant des événements horlogers en France.
 
AP : Oui dans le passé mais depuis quelques années j’ai regretté qu’il n’y ait plus en France d’événements horlogers majeurs. Il y avait Les Belles Montres mais je pense que cela s’était un peu perdu en route en insistant trop sur le lifestyle sur la fin. De notre côté, nous voulions réaliser un événement avant la fin d’année avec comme spécificité que toutes les marques soient à la même enseigne, qu’elles puissent disposer de la même surface que les autres. Le but c’était d’essentialiser, de mettre en avant les produits plutôt qu’un spectacle. D’ailleurs, au début, les marques étaient sceptiques car pour elles les événements rimaient avec de grands shows destinés à attirer l’attention des médias alors que notre ambition était vraiment de mettre l’accent sur l’interaction entre le public et les produits et leurs représentants et souvent d’ailleurs les créateurs des marques. Le but n’était pas de faire non plus un Ocarat Show avec toutes les marques que nous distribuons, il y a aussi des marques que nous ne distribuons pas car encore une fois le but est d’établir un point de rencontre récurrent entre le public et les montres souvent issues de marques qui à notre avis méritent d’être davantage connues.
 
Pour avoir été présent lors de la 1ère édition, j’ai pu constater qu’il y avait une majorité de marques indépendantes représentées lors du We Love Watches et à contrario les marques issues des grands groupes traditionnels étaient moins représentées. C’était voulu ?
 
AP : Oui c’était parfaitement voulu de notre part.
 
Aviez-vous refusé certaines marques bien connues qui voulaient faire partie de la première édition ?
 
AP : Oui, des marques très connues. Je ne les cite pas pour des raisons évidentes mais nous avions une ambition claire et nous avons tenu l’engagement que nous avions fait.
 
Les marques reprennent leur distribution en mains. Rolex a fait l’acquisition de Bucherer par exemple. Comment vois-tu ce phénomène toi qui est du côté de la distribution ? Vois-tu une mise en péril de ton travail en tant que distributeur si toutes les marques se mettent à faire du commerce en ligne ?
 
AP : Alors ce n’est pas aussi novateur que cela de se passer de distributeurs. Il y a eu Hayek qui a fait l’expérience des boutiques physiques tenues en propres. Cela ne s’est pas avéré rentable et les coûts se sont avérés trop importants. Ensuite, bien entendu des marques ont voulu organiser leur propre commerce en ligne, c’est totalement leur droit. De ce que j’observe de mon côté c’est que l’expérience est mitigée car je vois des marques qui reviennent en arrière à l’exemple de ZRC qui finalement a préféré fermer la boutique en ligne de la marque car au-delà de la désintermédiation, il y a la grande charge de travail que cela représente derrière. Gérer une clientèle c’est une compétence particulière, les profils sont très différents, les exigences aussi, il y a des clients avec lesquels tout se passe bien et il y a d’autres qui peuvent être plus difficiles. On imagine que tout est rose mais en fait c’est beaucoup de temps et de ressources.
En outre, avec son propre commerce en ligne, la marque n’a pas accès à la totalité du marché. Se passer des distributeurs peut se traduire par un chiffre d’affaires bien moindre. Ensuite, certaines qui arrivent à capter le plus de chiffre d’affaires avec leur propre boutique en ligne, il faut savoir aussi qu’il y a des coûts supplémentaires à gérer et pour le coup un autre intermédiaire apparaît et c’est Google pour le référencement web. Au final, même en récupérant la marge du distributeur, est-ce que la marque va accepter de faire moins de chiffre d’affaires tout en assumant plus de coûts pour s’occuper elle-même de la distribution et des coûts liés au référencement et de la boutique en ligne ? Cette équation, c’est aux marques de la résoudre. La vraie question se pose là pour toutes les marques. Certaines peuvent peut-être s’en passer, d’autres ont calculé que ce n’était pas rentable ou moins rentable de le faire.
 
Quel est ton regard sur l’horlogerie française et son avenir ? Vois-tu des faiblesses ? Des améliorations ?
 
AP : Il y a un avenir pour l’horlogerie française. Cependant, j’ai aussi quelques regrets : je vais prendre l’exemple du Calibre Initial de Pequignet. Je trouve d’un côté que c’est formidable de voir la venue d’un nouveau calibre français (après le Calibre Royal) mais de l’autre côté je regrette beaucoup que ce même calibre ne soit pas conçu en tenant compte des dimensions des calibres utilisés en grande majorité par le secteur. Commercialement, je pense qu’il fallait tenir en compte de cette compatibilité dimensionnelle avec les montres qui prenaient auparavant du 2824 et sont passées au SW200 ou au Soprod P024 pour justement ouvrir le champ des possibles à un mouvement intéressant comme le Calibre Initial. Clairement, il y avait un créneau mais il fallait répondre aux besoins du marché. C’est ainsi que des calibres français pourront à terme se répandre à nouveau en masse.
Le G100 de La Joux-Perret joue sur cette compatibilité dimensionnelle standard et donc occupe progressivement la place qu’un fabricant français aurait pu avoir. Bien sûr, derrière La Joux-Perret, il y a le groupe Citizen qui pèse de tout son poids mais à la différence de nos maisons françaises, ils prennent en considération le côté industriel et commercial. Je suis français, j’aime la France, sa culture et son histoire, si je peux contribuer à soutenir les initiatives françaises je le fais et j’aimerais voir le tissu industriel horloger se redévelopper en France mais commercialement il faut être plus au fait des attentes du marché.
 
Je reste sidéré quelques fois par l’amateurisme dans la communication et plus globalement de la stratégie marketing de certaines marques que je ne citerais pas. Des visuels obsolètes qui tendent même pour certains vers le moche, le recours à des influenceurs qui n’influencent personne, des campagnes de publicité dispendieuses et absconses, des erreurs de communication basiques en appelant Manufacture des mouvements qui sont manufacturés ailleurs… Il y a de bons exemples bien sûr mais je vois trop souvent les mauvais exemples.
 
AP : Les erreurs aujourd’hui se voient beaucoup plus facilement : c’est lié au numérique et le fait que la concurrence est devenue exacerbée. Les erreurs de base en communication et marketing ressortent bien davantage qu’auparavant. Certaines marques françaises s’en sortent bien comme Ralf Tech dont le patron à un œil pour la photo, il a développé un univers autour de la marque. De même Alain Marhic, le créateur de March Lab, il a vraiment développé l’image et le concept esthétique autour de la marque, c’est très cohérent par rapport à son marché d’où le développement de March Lab.
 
Je pense aussi qu’on ne peut pas nier la cohérence d’Alain Marhic. Je n’étais pas parmi les fans de March Lab à ses débuts puis un jour un authentique créatif et fondateur d’une très belle marque m’avait dit que March Lab était une marque intéressante avec un délire créatif très typé années 70. Quoiqu’on dise au sujet de la marque, elle a su développer une image propre et qui marche du fait de sa cohérence. Aujourd’hui la marque embarque du G100 de La Joux-Perret alors qu’à ses débuts c’était du Miyota plus basique en comparaison. Cette évolution de la marque est positive je pense.
 
AP : L’arrivée du G100 de La Joux-Perret est une bonne nouvelle pour le secteur car il permet d’avoir une réserve de marche qui atteint presque les 70h. Une réserve de marche étendue devient un critère d’achat pour une partie du public.
 
Le G100 a surtout pour avantage d’augmenter la réserve de marche sans pour autant sacrifier la fréquence. Le Swatch Group a été lui aussi à l’avant-garde avec l’arrivée du Powermatic 80 mais les 80h de réserve de marche se sont faits au détriment de la fréquence abaissée à 21,600. Bien sûr, la question de la fréquence idéale pour une montre est un vieux et long débat. Il y a eu du 18,000 dans les années 40, puis cela a monté jusqu’à atteindre les 36,000 à la fin des années 60 mais au final c’est le 28,800 qui a incarné en quelque sorte un compromis optimal entre la précision et la durabilité d’un mouvement de montre. Voir un mouvement redescendre à 21,600 c’est un peu revenir en arrière en quelque sorte même si on peut arguer que les débats sur la fréquence des montres sont des débats réservés aux passionnés.
Il y a un autre sujet sur lequel j’aimerais t’interroger : l’horlogerie vit en quelque sorte sur l’idée que plus les prix augmentent, plus les montres se vendent. Toi qui es distributeur, penses-tu que ce quasi-dogme en horlogerie et plus particulièrement appliqué par nombre de marques traditionnelles issues des grands groupes est vrai ?
 
AP : Non je pense que dans la période que nous vivons c’est faux. Même les statistiques des exportations suisses le prouvent à mon avis : l’augmentation de la valeur des montres cache la chute des volumes et je pense que la chute des volumes est causée en grande partie par cette course tarifaire effrénée.
 
Les marques nous parlent de «l’émotion horlogère » qu’elle souhaite susciter chez les clients (comprendre : passer à un acte d’achat sans regarder le prix sur l’étiquette). Ce que j’observe de mon côté c’est que la clientèle actuelle veut le maximum pour son argent. Avant de craquer pour un modèle contemporain, il faut un beau design certes mais aussi un bon contenu : un boitier solide, un mouvement beau, fiable, etc… Cette clientèle qui recherche un bon équilibre contenant/contenu dans une montre, le vois-tu dans les données d’Ocarat ?
 
AP : Oui je le vois. La clientèle en veut pour son argent et recherchent bien sûr des spécificités particulières, un cadran qui sorte de l’ordinaire par exemple mais pas seulement. Les marques réagissent différemment par rapport aux exigences de la clientèle. Même dans les modèles plus haut de gamme, je vois des efforts notables qui ont été faits par les marques, un bon exemple c’est Sartory-Billard qui fait de l’excellent travail et propose beaucoup dans leurs modèles. Mais que cela soit dans l’entrée de gamme ou le haut de gamme, je vois que la clientèle a évolué et recherche une meilleure qualité pour un prix correspondant.
 
C’est intéressant ce que tu dis car en parallèle des marques – sans les citer – hauts de gamme ou très hauts de gamme négligent l’expérience client en se révélant hautaines dans leur accueil alors que leurs produits – s’ils connaissent le succès – méritent un service qui correspond au niveau de prix atteint. Antoine de Macedo, autre distributeur très connu à Paris, me l’avait confié aussi dans un entretien précédent : un client n’oublie jamais son expérience dans une boutique. Le jeune qui a 18 ans et qui pousse la porte d’une boutique mérite autant d’attention qu’un client multimillionnaire d’âge mûr car un client évolue dans le temps. Un client qui fait l’expérience du mépris le garde ensuite en mémoire pendant de très longues années, ce qui le conduit par la suite à se tourner vers d’autres marques. Tu as une boutique physique rue de Rivoli à Paris, Ochrono. Comment un client doit être traité dans ta boutique ?


Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat Magasi10
La boutique physique Ochrono rue de Rivoli à Paris, le point de vente ou de collecte physique d’Ocarat qui aussi fait office de showroom pour essayer de nombreux modèles et notamment des marques indépendantes plus difficiles à trouver dans les autres boutiques

 
AP : Tout d’abord il est essentiel de bien connaître les produits que l’on vend. Il faut avoir la connaissance nécessaire sur l’offre actuelle disponible pour faire des comparaisons afin de pouvoir conseiller un client vers un produit qui répond à ses attentes. Je ne pense pas qu’on puisse être un bon distributeur sans connaître ses propres produits. Cela paraît basique mais c’est un point essentiel. Il y a des clients qui connaissent très bien les produits, il faut qu’on soit capables de les conseiller et aussi bien qu’une personne qui franchit pour la première fois les portes d’une boutique de montres. Pour le cas du commerce en ligne, nous disposons d’un service de conseil intégré afin de répondre le plus rapidement possible aux questions.
 
J’ai testé Ocarat dans le passé – je précise en mode caché c’est-à-dire en me faisant passer pour un client on ne peut plus normal. J’avais pris un modèle d’entrée de gamme, à savoir une Citizen Tsuyosa, j’ai passé ma commande en ligne pour ensuite récupérer ma commande en pick & collect via la boutique physique. De mon côté tout s’était bien passé de bout en bout, jusqu’à l’adaptation du bracelet à mon poignet.
 
AP : En tant que distributeurs de montres ou en tant que marques horlogères, les acteurs doivent toujours comprendre ce point fondamental : nous ne vendons pas des produits de première nécessité. Tout client doit être traité de la meilleure manière possible. Il n’y a pas de petites montres, il n’y a pas de petits clients, il y a des êtres humains avec leur sensibilité propre qui recherchent par rapport à leurs moyens des montres pour se faire plaisir. C’est notre métier et c’est également notre passion.
 
Que portes-tu actuellement ?
 
Je porte une The Citizen (Note de Don : le haut de gamme de Citizen), une marque qui se développe de plus en plus. J’aime beaucoup la finition, elle est en titane et c’est pour moi une montre utilitaire, je l’utilise souvent au quotidien.
 
Je te remercie beaucoup Arnaud Poujade pour ce véritable échange, libre de toutes contraintes, qui nous permet de découvrir certains aspects qui sont très rarement évoqués par la quasi-totalité des médias actuels. Si l’horlogerie peut et doit faire rêver, elle doit toujours se souvenir que ce qu’elle vend n’est pas un produit de première nécessité pour reprendre tes mots. Aucune clientèle n’est acquise, aucun dogme marketing n’a valeur de loi éternelle, nous vivons une époque de profonds changements et l’horlogerie doit à son tour changer encore et toujours pour continuer à séduire, prospérer et faire plaisir à sa clientèle.
 
A bientôt à tous pour un prochain billet avec toujours la volonté de sortir des sentiers battus et vivre ensemble notre amour pour les montres, en mêlant nos rêves horlogers à un regard réaliste sur un secteur qui reste profondément intéressant à (re)découvrir.
 
Don, tous droits réservés.

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Virgile
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MessageSujet: Re: Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat   Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat EmptySam 15 Juin - 9:50

Merci pour cette interview intéressante  Chinois thumright
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MessageSujet: Re: Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat   Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat EmptySam 15 Juin - 19:41

Extrement interessant comme article.
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MessageSujet: Re: Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat   Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat EmptySam 15 Juin - 22:40

Virgile a écrit:
Merci pour cette interview intéressante  Chinois thumright

Je te remercie Virgile Chinois

J’aime beaucoup ce format qui permet un vrai débat sans aucune contrainte et avec des acteurs que je choisis par leur connaissance du secteur et qui peuvent se permettre de dire les choses clairement alors que le secteur est plutôt habitué aux non-dits et même je dirais un secteur où la qualité des représentants est très variable.

Tout le monde regrette la hausse des tarifs mais il faut des intervenants de qualité pour dire enfin les choses avec des chiffres ou du moins qui ont l’accès aux données qui permettent de contredire des pratiques qui si elles sont nécessaires pour une petite partie, peuvent mettre en danger le long terme à force d’avoir trop d’appétit.

Le chiffre le plus inquiétant c’est évidemment la division par deux des volumes exportés de montres par la Suisse alors que nous sommes dans un monde globalisé et donc avec une demande globalisée. On pourra dire que vendre des montres deux fois plus chères ce n’est pas mal mais à un moment cette logique tiendra de moins en moins. Le fait que les montres en acier soient en recul en volumes reste un signe très inquiétant qui n’affectera pas un trio de tête mais on imagine les dégâts sur la grande majorité des marques qui suivent une mode. Attention, je ne parle pas le fait d’augmenter les prix en suivant l’inflation par exemple mais le fait de faire évoluer les prix bien plus vite.

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MessageSujet: Re: Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat   Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat EmptySam 15 Juin - 23:20

Merci beaucoup Don pour ce beau billet.
Je ne peux que plussoyer le point sur l'accueil en boutique, ayant déjà eu un accueil désagréable alors que je venais pour acheter une montre (je suis quand même reparti avec), je n'ai plus très envie de retourner faire mes emplettes là-bas.
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MessageSujet: Re: Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat   Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat EmptySam 15 Juin - 23:25

Merci pour cette interview, 
Je ne sais pas pour l'avenir, en France en particulier, ou les montres de luxe sont de plus en plus difficiles à porter, 
Hier je portais une Panerai sur une terrasse de café ou je sirotais tranquillement un demi, j'ai du faire face à une sorte d'agressions verbales venant d'adeptes politiques du monsieur costume noir cravate rouge .. Je suis encore bien vigoureux et sans peur, j'ai refoulé ces imbéciles mais c'est tout de même ennuyeux et contrariant. 
Je crois que je vais remettre mes Swatch, avoir la paix n'a pas de prix.
Aussi le segment des montres moins visibles, dans le segment à moins de 2000 balles, qui me semble être le créneau de Ocarat va mieux résister, tant mieux pour eux.
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MessageSujet: Re: Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat   Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat EmptyDim 16 Juin - 1:50

Merci pour cet interview très agréable à lire.

Du coup -> Visite du site.

Et là c'est le drame!

Je vais dans la barre de recherche, glisse la souris sur "Montres' et le menu déroulant apparait.

Patatra, tout s'écroule en découvrant: Montres à Gousset.

J'ai bien failli fermer la page...

Cependant je dois reconnaître avoir été impressionné par l'étendue du catalogue sur la page des chronos.
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MessageSujet: Re: Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat   Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat EmptyDim 16 Juin - 3:20

Neutralys a écrit:
Merci beaucoup Don pour ce beau billet.
Je ne peux que plussoyer le point sur l'accueil en boutique, ayant déjà eu un accueil désagréable alors que je venais pour acheter une montre (je suis quand même reparti avec), je n'ai plus très envie de retourner faire mes emplettes là-bas.

Je te remercie Chinois

Des accueils désagréables, je n'en ai pas eu beaucoup dans le luxe. Le plus mauvais accueil que j'ai eu, c'est en fait dans la boutique d'une marque qui fait le grand écart dans le prix de ses montres (et vraiment pas de quoi pavaner)... Je n'y suis plus jamais retourné de ma vie même si la boutique se situe au milieu d'une rue où j'avais mes habitudes. De même, un jour j'ai eu au téléphone un mal-comprenant caractériel représentant une marque, l'individu s'est avéré vraiment impoli, ce fut de mon côté un au revoir définitif. Depuis j'ignore complètement cette marque car je pars du principe qu'un mauvais service / contact implique des produits qui n'ont vraiment aucun intérêt. Que l'on soit acheteur, vendeur ou manager, la courtoisie n'est pas qu'une option, c'est à mon sens le strict minimum.

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MessageSujet: Re: Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat   Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat EmptyDim 16 Juin - 3:36

jacno1977 a écrit:
Merci pour cette interview, 
Je ne sais pas pour l'avenir, en France en particulier, ou les montres de luxe sont de plus en plus difficiles à porter, 
Hier je portais une Panerai sur une terrasse de café ou je sirotais tranquillement un demi, j'ai du faire face à une sorte d'agressions verbales venant d'adeptes politiques du monsieur costume noir cravate rouge .. Je suis encore bien vigoureux et sans peur, j'ai refoulé ces imbéciles mais c'est tout de même ennuyeux et contrariant. 
Je crois que je vais remettre mes Swatch, avoir la paix n'a pas de prix.
Aussi le segment des montres moins visibles, dans le segment à moins de 2000 balles, qui me semble être le créneau de Ocarat va mieux résister, tant mieux pour eux.

La violence, la bêtise et la jalousie cachées sous le couvert d'idéologies qui ont conduit à des millions de morts historiquement est devenue omniprésente dans une société qui laisse passer des comportements qui rappellent des temps barbares au sens antique du terme.

Je n'ai pas eu de problèmes pour autant en France à cause des montres, même en métaux précieux, mais du fait de la multiplication des "faits divers" ayant affecté des proches - dont un fut agressé en pleine rue et un autre fut cambriolé - il est impossible de nier aujourd'hui qu'il existe quelque chose qui va bien au-delà d'une "impression d'insécurité".
Fort heureusement, il y a des montres pour toutes les occasions et effectivement le moyen de gamme et aussi l'entrée de gamme permet de se faire encore toujours plaisir et d'éviter les problèmes. Après, je pense qu'il y a des montres de luxe qui passent aussi largement sous les radars du fait d'une moindre notoriété publique.

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MessageSujet: Re: Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat   Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat EmptyDim 16 Juin - 5:57

Oui, merci pour ce billet, c'est intéressant. L'augmentation saisissante du prix du neuf (ou de l'occasion sur les modèles devenus des must have, parfois par la magie du marketing) correspond à une baisse du revenu disponible pour le "non nécessaire" de mon côté et je me refuse désormais à porter des montres valant deux ou trois fois mon salaire mensuel. 
Il me semble qu'il y a 10 ans et plus, un passionné de la classe moyenne (ou moyenne sup) pouvait économiser, trouver et porter une Moonwatch ou une Submariner sans donner le sentiment de faire partie des privilégiés, c'est désormais terminé. Moi qui allais souvent à Paris pour le boulot, me baladant partout avant de manger dans un petit bistrot et rentrer à pied ou en métro dormir dans mon petit hôtel près de la gare de Lyon avec une Sub au poignet, je ne le ferai plus aujourd'hui. C'est dommage. 
Sinon, à propos de l'accueil en boutique, les plus désagréables ont été le fait d'enseignes de stations de ski huppées genre Crans Montana ou Verbier. Comme quoi les clichés ont parfois un fond de vérité. En ville, notamment chez Bucherer, j'ai toujours été plutôt bien reçu. J'ai cependant constaté que la boutique qui a longtemps été mon adresse favorite avait restreint l'accès à son horloger après une grande rénovation et la représentation de la marque à la couronne. Alors que l'on se retrouvait à 2 ou 3 clients à discuter avec lui autour d'un café, avec des vendeuses qui ne connaissaient que le très basique de ce qu'elles vendaient et qui montraient rapidement leur agacement devant une vente qui ne serait visiblement pas immédiate, mon "expérience client" en a pris un coup. Chez Bucherer aussi, l'accès à l'horloger est devenu beaucoup plus compliqué. Question de rendement j'imagine. 
Et sinon, mention spéciale à Longines dont la maison mère m'a rappelé personnellement à propos d'une question d'étanchéité avant l'achat de ma Marine Nationale, m'envoyant par la suite un véritable petit dossier technique sur le sujet tel qu'abordé par la marque.
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MessageSujet: Re: Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat   Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat EmptyDim 16 Juin - 6:45

Raxevis Arcofin a écrit:
Merci pour cet interview très agréable à lire.

Du coup -> Visite du site.
Et là c'est le drame!
Je vais dans la barre de recherche, glisse la souris sur "Montres' et le menu déroulant apparait.
Patatra, tout s'écroule en découvrant: Montres à Gousset.

J'ai bien failli fermer la page...

Cependant je dois reconnaître avoir été impressionné par l'étendue du catalogue sur la page des chronos.


Je te remercie Raxevis pour ton commentaire Chinois

Il ne faut pas fermer une page pour une lettre en moins. Ils corrigeront certainement par la suite cette coquille Wink
De mon côté, je préfère dire montres de poche, je pense aussi de mémoire qu'il est préférable de dire montre de gousset plutôt que montre à gousset même si cette dernière appellation semble la plus populaire alors que peu de personnes savent ce qu'est un gousset (mais toi je sais que tu sais).

Oui, le nombre de références est impressionnant, le choix semble très large chez Ocarat.

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MessageSujet: Re: Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat   Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat EmptyDim 16 Juin - 21:44

Piotr65 a écrit:
Oui, merci pour ce billet, c'est intéressant. L'augmentation saisissante du prix du neuf (ou de l'occasion sur les modèles devenus des must have, parfois par la magie du marketing) correspond à une baisse du revenu disponible pour le "non nécessaire" de mon côté et je me refuse désormais à porter des montres valant deux ou trois fois mon salaire mensuel. 
Il me semble qu'il y a 10 ans et plus, un passionné de la classe moyenne (ou moyenne sup) pouvait économiser, trouver et porter une Moonwatch ou une Submariner sans donner le sentiment de faire partie des privilégiés, c'est désormais terminé. Moi qui allais souvent à Paris pour le boulot, me baladant partout avant de manger dans un petit bistrot et rentrer à pied ou en métro dormir dans mon petit hôtel près de la gare de Lyon avec une Sub au poignet, je ne le ferai plus aujourd'hui. C'est dommage. 

Merci pour ton commentaire !

Quelques marques ont réussi à tirer leur épingle du jeu du fait de leur stratégie mais aussi très aidée en cela par la demande mondialisée qui a fait que la demande envers leurs produits s’est démultipliée par rapport à une offre qui ne peut pas être accrue de manière exponentielle. De plus, cette demande est encore augmentée par le marché de spéculation : une masse d’acquéreurs/spéculateurs achètent les produits disponibles pour faire de la culbute à la revente. Aussi, la demande est comme surmultipliée. Ne parlons pas des politiques de rareté ou de distribution exclusive qui contribuent à la touche finale.

Mais, in fine soyons clairs : ce phénomène ne concerne que quelques marques de luxe et ne se comptent sur sur les doigts d’une main. Le reste du secteur imite avec moins de talent ce qui se passe en tête. Avec le même succès ? Oui pendant les périodes de croissance, beaucoup moins pendant les périodes de crise. Le niveau des stocks des marques a atteint des proportions qui inquiète dans tous les cas et je pense que c’est lié à ce qu’Arnaud Poujade évoqué : depuis 2019, il n’y a jamais eu d’année normale.

Mais d’un autre côté, le milieu et l’entrée de gamme représentent des portes d’entrée plus accessibles : il y a de belles marques qui se développent ou se redéveloppent et cela se voit dans les collaborations d’Ocarat pour donner un exemple illustré en images dans le sujet.

J’aime Omega qui est une très belle marque mais je pense qu’à un moment, le prix de la Moonwatch est devenu hallucinant par rapport à une montre dont le contenant et le contenu n’ont quasiment pas varié et ont été mille fois amortis. C’est un cash cow pour la marque (et pour le groupe aussi). C’est là que des marques comme Formex ou un Vulcain ressuscité peuvent faire valoir leur offre.

Il y aura je pense à terme deux visages dans l’horlogerie : une horlogerie pour le moins hors-sol qui continuera de surfer sur les mécanismes qui ont fait leur succès (ou non) et un panel de marques jeunes ou ressuscitées qui apportent de la fraîcheur dans le marché et permettront à une majorité de clients de continuer à se faire plaisir.

bravohap

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MessageSujet: Re: Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat   Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat EmptyLun 17 Juin - 8:45

Bonjour @Don,


Merci pour ce nouveau billet! Très intéressant comme toujours. Une vision réaliste du marché je pense et en adéquation avec le salon We love Watches.
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MessageSujet: Re: Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat   Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat EmptyLun 17 Juin - 16:59

Une lecture intéressante, merci. 
Je partage le problème de l’abandon progressif par beaucoup de « grandes » marques du « moyen de gamme » - je dirais 3-5k€. (Oui, je sais, pour beaucoup c’est déjà très élevé). La baisse des volumes vient certainement de là - et les plus jeunes acheteurs se détournent des ces marques, ce qui sera un problème pour elles à moyen/long terme.

Ps : je viens de lire l’article mis en lien sur les augmentations de prix « excessives » de Tudor, c’est bien la même idée…
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MessageSujet: Re: Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat   Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat EmptyMar 18 Juin - 0:17

Merci pour cette interview.
Je me reconnais en tant qu'ancien possesseur de Rolex, je vis au bord de la Méditerranée, en manches courtes, une bonne partie de l'année, je porte une Formex Essence 39 (acquise chez Ocarat d'ailleurs), qui attire moins la convoitise des malfaisants, un modèle polyvalent, d'un bon rapport qualité/prix, parfait pour le quotidien.
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MessageSujet: Re: Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat   Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat EmptyMar 18 Juin - 7:43

Baki95 a écrit:
Bonjour @Don,

Merci pour ce nouveau billet! Très intéressant comme toujours. Une vision réaliste du marché je pense et en adéquation avec le salon We love Watches.

Je te remercie Baki  Chinois

La qualité d’une interview dépend de la qualité de la personne interviewée : je choisis les intervenants en tenant compte de leur connaissance du marché (expérience et compétence) mais aussi par leur solide bon sens et la liberté de ton qu’ils s’autorisent.

Le format interview type 3 questions envoyées par mail pour ensuite avoir 3 réponses pour remplir un encadré ne m’intéresse pas, j’aime que l’échange soit étendu et que les personnes interviewées disposent de l’espace nécessaire pour détailler leur point de vue. Le but est que cela soit un vrai échange.

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MessageSujet: Re: Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat   Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat EmptyMar 18 Juin - 8:06

Nono132 a écrit:
Une lecture intéressante, merci. 
Je partage le problème de l’abandon progressif par beaucoup de « grandes » marques du « moyen de gamme » - je dirais 3-5k€. (Oui, je sais, pour beaucoup c’est déjà très élevé). La baisse des volumes vient certainement de là - et les plus jeunes acheteurs se détournent des ces marques, ce qui sera un problème pour elles à moyen/long terme.

Ps : je viens de lire l’article mis en lien sur les augmentations de prix « excessives » de Tudor, c’est bien la même idée…

On imagine que les marques prennent des décisions purement rationnelles mais en fait ce n’est pas aussi simple : que cela soit chez les être humains ou les entreprises, les décisions sont quelques fois prises en dépit du bon sens ou dans un esprit très court-termiste. Il y a des idées préconçues comme « augmenter les prix fait vendre plus » : c’est vrai pour quelques marques qui ont trouvé le bon filon mais je pense que la plupart des marques copient ce que les têtes de gondoles pratiquent, en moins bien.

Le cas de Tudor est intéressant à plus d’un titre : il y a d’un côté des augmentations de prix qui ont fait doubler les prix de leurs références. De l’autre il y a une certaine augmentation de la qualité des pièces mais à mon avis celle-ci n’est pas proportionnelle, dire par contre qu’il n’y a pas d’effort serait faux. Il y a aussi d’importants investissements réalisés en marketing/communication. Un ambassadeur comme Beckham ce serait tout de même près de 10 millions d’euros (le chiffre de 8 millions a été évoqué au début du partenariat) à sortir pour qu’il affiche ses tatouages et lui portant les montres… déjà pour atteindre la rentabilité, il faut écouler 2000/3000 pièces rien que pour un contrat ! C’est peu pour une marque qui peut écouler des dizaines pour ne pas dire des centaines de milliers de pièces mais imaginez pour une marque de taille petite ou moyenne cela serait insurmontable.
En tout état de cause : une Tudor entre 4000 et 5000 euros, de mon côté je commence à regarder ailleurs pour ce prix-là.

Ensuite, il ne faut pas être dupe et Antoine de Macedo le disait bien précédemment : les marges du secteur sont déjà énormes, vouloir encore les étendre à mon avis cela comporte un risque sur le long terme et déjà les effets sont là avec une baisse des volumes de moitié ! Quelques marques du petit peloton de tête continueront à en tirer profit mais je pense que la majorité risque de se réveiller douloureusement un jour comme le dit Arnaud Poujade.

Chinois

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MessageSujet: Re: Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat   Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat EmptyMar 18 Juin - 8:59

Bonsoir @Don,
Je me posais la question de l'environnement de l'interview. Je ne sais pas si cela fût précisé auparavant.
Est ce dans un studio, chez vous, un hotel ? Avec un verre d'alcool pour libérer la parole ? L'interviewé qui vous reçoit ? Avec ou sans équipe com' ? Je suppose que sans vu la teneur des échangeurs. Avec ou sans enregistreur pour éviter la prise de note ?
Lorsque vous retranscrivez, faites vous un léger filtre pour ne pas citer de marque, etc...
Bonne soirée
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Yajoan
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MessageSujet: Re: Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat   Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat EmptyMar 18 Juin - 10:00

Encore une fois merci Don pour cette nouvelle interview, très enrichissante avec un vrai débat d'idée, tellement rare dans les papiers horlogers.
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NikolasT
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MessageSujet: Re: Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat   Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat EmptyMar 18 Juin - 10:07

Merci pour l'interview.

J'aurais aimé savoir leur secret à propos des descriptifs de montres : qui rédige ? Car c'est surement le plus exhaustif et précis du marché, tous sites et marques confondus. Au vu du volume des références, cela semble une tâche immense.

J'ai pu apprécier l'amabilité et le savoir des vendeuses/vendeurs de la boutique à laquelle j'aime souvent passer voir les nouveautés. 

Quant au sujet des prix, justement Ocarat se positionne très bien et sur une large gamme ainsi qu'avec de belles promotions... Je me tourne souvent vers ce site quand je veux faire un cadeau, je sais que le trouverai facilement.

En effet, des amateurs d'horlo que je connais autours de moi, beaucoup se lassent des augmentations ridicules de tarifs. Surtout quand on voit le marketing débile à coup de champagne déversé sur les parcours de golf. Tout ça pour ça ?

Pour tempérer, je suis quand même toujours stupéfait par la débauche de technologie des grandes "manufactures" comme Tudor ou Omega : l'architecture et le confort des nouveaux bâtiments, les robots et écrans partout ou encore la sophistication des outillages mis en œuvre. 
Pour un objet si banal et futile dans le monde actuel, il faut reconnaitre qu'il y a un certain goût de l'effort et de pousser la qualité toujours plus haut.

Et puis l'horlogerie sait encore trouver un large public, à l'image des moonswatch et PRX que je vois sur des poignets toujours plus nombreux.
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Burno
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MessageSujet: Re: Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat   Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat EmptyMar 18 Juin - 19:51

Merci pour cet interview qui me laisse l'impression de lire le FAM d'il y a 10 ans (dans le sens de l'intérêt de la lecture ! )
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barney
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MessageSujet: Re: Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat   Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat EmptyMar 18 Juin - 20:22

Burno a écrit:
Merci pour cet interview qui me laisse l'impression de lire le FAM d'il y a 10 ans (dans le sens de l'intérêt de la lecture ! )

Pas mieux  
Merci beaucoup pour vos différents sujets  Chinois

Si je peux me permettre, j’aimerais bien une interview de Stef.
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isosta
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MessageSujet: Re: Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat   Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat EmptyMar 18 Juin - 21:39

Merci pour cette interview très intéressante qui met bien en avant le décalage important qu'il y a entre certaines marques et leur marché ... ou plutôt leurs clients qui ne sont pas ou plus au "coeur" de leur marché.

la distribution en ligne est complémentaire avec les boutiques et il faut que les deux perdurent.

Isosta
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G&N
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MessageSujet: Re: Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat   Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat EmptyMar 18 Juin - 22:36

NikolasT a écrit:
J'aurais aimé savoir leur secret à propos des descriptifs de montres : qui rédige ? Car c'est surement le plus exhaustif et précis du marché, tous sites et marques confondus. Au vu du volume des références, cela semble une tâche immense.

+ 1 : difficile de faire mieux effectivement.
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DON
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MessageSujet: Re: Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat   Billet & Grande Interview : Échange avec Arnaud Poujade, cofondateur d’Ocarat EmptyMer 19 Juin - 2:20

CAldo a écrit:
Bonsoir @Don,
Je me posais la question de l'environnement de l'interview. Je ne sais pas si cela fût précisé auparavant.
Est ce dans un studio, chez vous, un hotel ? Avec un verre d'alcool pour libérer la parole ? L'interviewé qui vous reçoit ? Avec ou sans équipe com' ? Je suppose que sans vu la teneur des échangeurs. Avec ou sans enregistreur pour éviter la prise de note ?
Lorsque vous retranscrivez, faites vous un léger filtre pour ne pas citer de marque, etc...
Bonne soirée


Bonjour Caldo,

Je vais essayer de répondre point par point :

- Généralement cela se passe dans le bureau de l'interviewé mais cela peut se faire dans un lieu plus informel mais sans brouhaha en toile de fond

- Pas d'alcool, ce n'est pas comme dans le Grand Journal avec des intervenants qui pouvaient finir complètement souls dans les loges et qui allaient ensuite faire le show, je suis pour ma part quelqu'un de très sobre, je prends une eau minérale si besoin par exemple

- Il n'y a aucune équipe de communication derrière qui chercherait à canaliser l'interview, les échanges sont spontanés, il n'y a pas de liste de questions envoyées au préalable ce qui joue favorablement sur la spontanéité des réponses. J'aime poser des questions qui sortent de l'ordinaire pour aller sur des sujets de fonds qui généralement ne sont jamais ou presque jamais évoqués en public

- Je peux utiliser de temps en temps un dictaphone quand la durée de l'échange est long de type 1h

- Il n'y a pas de filtres appliqués après coup. Eventuellement il y a du "off" avant ou après l'interview en elle-même pour appronfondir ou évoquer des sujets chauds qui ne peuvent pas être retranscrits pour des questions juridiques évidemment mais c'est le propre du "off". Il n'y a pas non plus de relecture qui serait imposée par l'interviewé avant la publication

Que cela soit Antoine de Macedo ou Arnaud Poujade, ce sont des personnes très expérimentées et qui se sentent beaucoup plus libres dans leur parole tout en restant courtois. Ils connaissent parfaitement le secteur et ses pratiques et ils peuvent en connaissance de cause dire les choses plus clairement et plus en profondeur que beaucoup d'autres acteurs qui seraient contraints de répéter un quasi-prompteur pour tenter d'éviter de faire des vagues

Chinois




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